Il s'agit d'une estimation de l'empreinte carbone par habitant à travers 189 pays. L'étude est présentée dans un article scientifique de Moran, D., Kanemoto K; Jiborn, M., Wood, R., Többen, J., and Seto, K.C. (2018),
Carbon footprints of 13,000 cities,
Environmental Research Letters.
Le modèle GGMCF (
Global Gridded Model of Carbon Footprint), établi à partir d'un quadrillage de 250 m de résolution, intègre également des modèles existants pour les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l'Union européenne.
Top 100 des villes qui ont la plus forte empreinte carbone dans le monde
Sur la base de ce modèle, il est possible d'observer qu'à l'échelle mondiale, les empreintes carbone sont fortement concentrées dans un petit nombre de villes denses : 100 villes contribuent à elles seules à 18% des émissions mondiales de carbone. Dans la plupart des pays (98 sur 187 évalués), les trois premières zones urbaines contrôlent plus d'un quart des émissions nationales. Les villes sont définies ici comme des grappes de population, sans tenir compte des limites territoriales ou administratives.
Les données disponibles pour 500 villes sont téléchargeables au format txt (pour les intégrer dans un tableur) ou au format geotiff (pour les intégrer comme une couche raster) :
http://citycarbonfootprints.info/
Émissions de carbone des villes européennes (en valeurs brutes)
Émissions de carbone en Europe (par habitants)
Les villes ayant les empreintes de carbone les plus élevées sont en général celles qui ont à la fois une forte population et une forte émission de carbone par habitant. Le Caire et Jakarta, qui ont des empreintes par habitant relativement faibles ont en revanche une population importante, tandis que Miami et Al-Ahmadi au Koweït ont des populations moindres avec des empreintes moyennes plus élevées, et donc des empreintes carbone similaires :
Top 20 des villes ayant les plus fortes émissions de carbone
(les traits verticaux correspondent aux écarts-types)
L'intérêt de cette étude est notamment d'aboutir à une typologie des villes classées selon 4 grands types :
- Type i. : villes très peuplées, avec PIB élevé et forte empreinte carbone (Scope 3 > Scope1). Exemples : Londres, Paris, Séoul.
- Type ii. : villes plus petites, avec un PIB moyen. Par exemple : Oslo
- Type iii. : villes plus importantes, à faible PIB, mais très grosses productrices de carbone. Exemples : de nombreuses villes manufacturières chinoises.
- Type iv. : de petites villes, principalement résidentielles, avec Scope 3 > Scope 1.
Typologie des villes en fonction de leur taille, de leur richesse et de leur dégré d'émission
Ajouté le 10 octobre 2018
Le maintien d'une fracture Nord-Sud dans les émissions de CO² par pays ?
(source :
Reddit)
Lien ajouté le 24 février 2019
Une anamorphose animée des émissions de carbone par pays entre 1971 et 2014. Le dégradé de couleurs indique les émissions de CO² par personne. Source :
Data is beautiful
Lien ajouté le 25 mai 2026
Hassani, A., Moran, DD, Kummu, M. et al. "Global mapping of city-level economic growth decoupling from fossil fuels" [Cartographie mondiale de la croissance économique des villes découplée des énergies fossiles]. Nature Cities (2026). https://doi.org/10.1038/s44284-026-00440-0
Les villes cherchent à générer de la prospérité économique tout en réduisant leur dépendance aux énergies fossiles. Cependant, le suivi de ces progrès à l'échelle urbaine demeure complexe en raison du manque de données économiques et d'émissions cohérentes et limitées. Les chercheurs présentent ici un cadre objectif et harmonisé à l'échelle mondiale pour mesurer le découplage entre l'utilisation des énergies fossiles et la croissance économique, que ce soit par une réduction de la consommation de combustibles ou par une transition vers une combustion plus propre et plus efficace. Ce découplage est approché par les colonnes de dioxyde d'azote troposphérique, combinées au PIB administratif de second niveau par habitant, calculé en parité de pouvoir d'achat. L'analyse de 5 435 villes dans le monde entre 2019 et 2024 a permis d'identifier des tendances significatives pour 2 475 d'entre elles et de les classer en quatre catégories de découplage. Ils constatent que 80 % de ces villes, principalement situées en Chine, en Europe et en Amérique du Nord, bénéficient d'un découplage relatif, tandis que 16 %, principalement situées en Inde et au Moyen-Orient, connaissent une croissance dépendante des énergies fossiles. Au-delà de ces tendances, la méthodologie satellitaire évolutive décrite ici peut être régulièrement réexaminée pour suivre la croissance verte à l'échelle urbaine et soutenir l'efficacité des politiques publiques.
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