Lorsque deux câbles de télécommunications sont abîmés en mer Baltique en 48 heures, entre la Finlande et l'Allemagne d'une part, la Suède et la Lituanie d'autre part, cela ravive les soupçons de sabotage à l'égard de la Russie. "La Russie est un pays qui a l'habitude de s'intéresser aux câbles sous-marins, ce qui fait grincer des dents les membres de l'OTAN" selo,n Louis Duclos, analyste géopolitique. Le lieu des récents incidents n'est pas anodin : la mer Baltique est au cœur des tensions avec la Russie, depuis la décision de la Suède et de la Finlande de rejoindre l’Alliance atlantique après l’invasion de l’Ukraine.
Le journal South China Morning Post annonce que la Chine a conçu un appareil capable de sectionner des câbles sous-marins jusqu’à 4.000 m de profondeur, couvrant la quasi-totalité des câbles mondiaux. C’est la première fois qu’un pays déclare ouvertement qu’il a développé cet équipement. Ce dispositif, initialement prévu pour l’exploitation minière, peut être déployé par sous-marins habités ou non. L’outil a été initialement conçu pour le renflouage ou l’exploitation minière au fond de la mer. Leur vulnérabilité inquiète en cas de crise géopolitique majeure.
Lien ajouté le 8 décembre 2025
« OTAN et câbles sous-marins : une vulnérabilité ignorée
» (
zmscable.fr).
En mai 2025, une audition parlementaire britannique a révélé que le « Commandement maritime allié » (Marcom), l’une des bases militaires clés de l’OTAN, encourait un « risque de paralysie » en raison de sa forte dépendance aux câbles sous-marins transocéaniques, susceptibles d’être ciblés par des attaques coordonnées de l’ennemi. Cet article propose une analyse approfondie de ces câbles sous-marins, en explorant leur fonctionnement technique, leur valeur stratégique, les menaces auxquelles ils sont exposés, ainsi que les mesures de protection mises en place — afin de comprendre pourquoi ils constituent aujourd’hui l’une des infrastructures critiques les plus vulnérables au monde.
Lien ajouté le 15 février 2026
« La Commission renforce la sécurité des câbles sous-marins grâce à un investissement de 347 millions d’euros et à une nouvelle boîte à outils » (
Commission européenne).
Alors que l’UE est confrontée à des risques croissants pour cette infrastructure critique, la Commission européenne intensifie ses efforts pour renforcer sa sécurité et sa résilience. Elle a introduit une nouvelle boîte à outils pour la sécurité des câbles contenant des mesures d’atténuation des risques et une liste de projets de câblodistribution d’intérêt européen. Elle a également modifié le programme de travail numérique du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) afin d’allouer 347 millions d’euros à des projets stratégiques de câbles sous-marins, y compris un appel de 20 millions d’euros visant à renforcer les capacités de réparation de l’Europe, qui s’ouvre aujourd’hui. L'Europe a annoncé un investissement significatif pour sécuriser ses infrastructures numériques critiques. Cet investissement vise à assurer la navigation Internet et le commerce en ligne, essentiels pour l'économie numérique. Cette décision fait suite à
un rapport d'octobre 2025, qui recense les points de faiblesse des connexions du continent européen. On y relève des menaces physiques sur les équipements : les points d’ancrage sur les côtes, les pannes d’alimentation électrique, les coupures physiques des câbles qui peuvent intervenir en haute mer. Il existe aussi le risque d'intrusions ou de perturbations numériques, tant sur le réseau en lui-même que sur les terminaux qui y sont connectés.
Lien ajouté le 17 avril 2026
« Pourquoi les ingénieurs réseau s'inquiètent de la crise du détroit d'Ormuz » (
Maritime Executive).
Des ingénieurs réseaux alertent sur un risque méconnu du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique pour le commerce mondial ne transporte pas seulement du pétrole, mais aussi une part majeure des flux internet mondiaux via des câbles sous-marins concentrés. La région du Golfe dépend de deux grands axes numériques. la mer Rouge et le golfe Arabo-Persique. Or ces deux corridors sont aujourd’hui fragilisés par les tensions. Cette double exposition crée une vulnérabilité systémique pour la connectivité de pays comme les Émirats ou le Qatar. Cinq câbles principaux traversent Ormuz. Ils arrivent par Oman, véritable porte d’entrée, puis redistribuent le trafic vers les États du Golfe. Mais ces infrastructures sont regroupées sur un même tracé sous-marin, ce qui transforme une logique de facilité en point critique unique. Cette concentration pose problème. Une seule perturbation physique dans ce corridor étroit pourrait affecter simultanément plusieurs câbles. Les ingénieurs soulignent que la redondance technique ne compense plus ce risque spatial, lié à la géographie même du détroit. La situation est aggravée par la saturation des réseaux. Le câble AAE-1, long de 25.000 km, absorbe déjà un surplus de trafic. D’autres, comme SMW5 ou Tata TGN-Gulf, fonctionnent à pleine capacité en raison de pannes ou d’insécurité en mer Rouge. Enfin, des projets majeurs sont bloqués. Le câble 2Africa Pearls, long de 45.000 km et financé par plusieurs géants, est suspendu à 90%. La crise montre que les flux numériques reposent aussi sur des points étroits et fragiles.
Lien ajouté le 19 avril 2026
« La Chine teste un système de découpe en eaux profondes pour les câbles et les pipelines jusqu'à 3 500 mètres de profondeur » (
Marine Insight).
La Chine teste un outil sous-marin capable de sectionner câbles et pipelines à 3 500 m de profondeur. Ce dispositif révèle la capacité d’intervention directe des États dans les grands fonds, désormais intégrés aux rapports de puissance. Le navire Haiyang Dizhi 2 expérimente un actionneur électro-hydrostatique compact. Il coupe un tuyau de 20 cm en 20 min, contre 5 h en 2025. Cette progression rapide réduit fortement les contraintes techniques et rapproche la recherche d’un usage opérationnel réel. Près de 99% du trafic internet intercontinental transite par plus de 500 câbles sous-marins. Ces infrastructures relient les continents et soutiennent l’économie numérique mondiale. Leur vulnérabilité place désormais les fonds océaniques au cœur des rivalités internationales. Des incidents récents confirment cette fragilité. En mer Baltique ou en mer Rouge, plusieurs câbles ont été endommagés. Un cas concerne 90 km de ligne. Chaque réparation coûte entre 1 et 3 millions de dollars, sans compter les pertes économiques indirectes. Les ingénieurs chinois évoquent un usage civil, notamment pour la maintenance énergétique. Mais la capacité d’intervention entre 1 500 et 4 000 m, profondeur des câbles, alimente les inquiétudes, en particulier dans des zones sensibles comme autour de Taïwan. Les fonds marins apparaissent comme un espace discret mais décisif. Les progrès techniques permettent d’agir directement sur les réseaux mondiaux, révélant une dépendance forte à ces infrastructures et une exposition croissante aux tensions entre puissance.
Lien ajouté le 6 mai 2026
« Infrastructures sous-marines critiques : un théâtre gris permanent » (
Areion24 News).
Christophe Gaie, chef de la division innovation et numérique au SGDSN, et Jean Langlois-Berthelot, lieutenant-colonel expert en données, lisent les fonds marins comme un théâtre gris, où numérique, énergie et sécurité se nouent. Les câbles, gazoducs, oléoducs, interconnexions électriques et capteurs sous-marins forment une trame discrète mais vitale. Les satellites ne font qu’appuyer ce système, car l’essentiel des données et une part croissante de l’énergie passent par le fond des mers. La fragilité est systémique. Un segment coupé peut ralentir des services critiques, déplacer les flux vers d’autres routes et créer des tensions politiques. Nord Stream en 2022 a montré qu’un choc localisé pouvait devenir, en quelques heures, une crise européenne. Les mers bordières européennes concentrent des ouvrages civils d’importance vitale dans des espaces denses et disputés. Stations d’atterrage, corridors côtiers et plateaux peu profonds mêlent risques physiques, cyber, juridiques, portuaires et environnementaux. La menace reste souvent ambiguë. Une ancre, un chalut, un drone sous-marin, une charge près d’un répéteur ou une télémétrie altérée peuvent produire une même panne apparente. Cette incertitude ralentit l’attribution et augmente le rendement stratégique de l’attaque. La protection ne peut être que hybride. Les infrastructures relèvent souvent de consortiums privés, mais leur défense engage marines, garde-côtes, agences cyber, régulateurs et assureurs. La directive NIS2 impose déjà sécurité, audits et notification rapide. L’innovation sert d’abord à raccourcir le temps d’alerte. Satellites RF, drones de surface, AUV, hydrophones, magnétomètres, fibres optiques capteurs et IA bathymétrique doivent être fusionnés, car aucune technologie isolée ne peut surveiller tout le fond marin. Les stations d’atterrage sont des seuils critiques, là où la mer rejoint les villes et les réseaux. Défense physique, contrôle d’accès, alimentation redondante, segmentation cyber, journaux inviolables et plans de repli doivent empêcher qu’un point discret paralyse un service. L’invulnérabilité est impossible. Les auteurs défendent plutôt une dissuasion par la réparation. Navires prépositionnés, stocks de pièces, équipes ROV, permis d’urgence, reroutage et contrats clairs doivent rendre la coupure courte, donc moins rentable. La robustesse se mesure par trois délais. Détecter l’anomalie, qualifier l’incident, réparer le service. Dans le Grand Nord, la Baltique, l’Atlantique ou la mer Rouge, la souveraineté passe par des exercices conjoints et une culture public-privé du fond marin.
Lien ajouté le 19 mai 2026
« L'Iran menace les câbles sous-marins, ces artères invisibles d'Internet » (
The Conversation).
Meredith Primrose Jones, chercheuse à l’Oceania Cyber Security Centre de la RMIT University, rappelle que l’Internet mondial repose sur des câbles sous-marins vulnérables. Le cas iranien montre que ces artères invisibles deviennent des objets géopolitiques. Les menaces iraniennes dans le détroit d’Ormuz rappellent que le cloud a une géographie concrète. Plus de 500 câbles sous-marins transportent plus de 95% du trafic mondial de données, reliant marchés, États, armées et sociétés. Les détroits deviennent des points d’étranglement numériques. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez et la mer Rouge concentrent des routes de câbles reliant Europe, Asie et Afrique. En 2024, des incidents en mer Rouge ont perturbé 25% du trafic Europe-Asie. La vulnérabilité vient de la concentration spatiale. De nombreux câbles suivent les mêmes fonds marins et convergent vers quelques passages. Une rupture, volontaire ou accidentelle, peut donc désorganiser plusieurs régions à partir d’un seul lieu. Les effets seraient très inégaux selon les territoires. Les régions disposant de peu de routes de secours, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, subiraient plus vite ralentissements, coupures de communication et isolement numérique. Les marchés financiers dépendent aussi de ces fonds marins. Trading à haute fréquence, paiements mondiaux et transactions bancaires exigent des flux rapides et fiables. Même une brève coupure peut retarder les échanges et accroître l’incertitude. La dimension militaire est centrale. Commandement, drones, logistique et coordination entre alliés passent par ces réseaux. Le sabotage reste ambigu, car l’attribution est difficile, comme en mer Baltique, ce qui augmente le risque d’escalade entre États. Les câbles sous-marins montrent que le numérique n’est jamais immatériel. Les fonds marins deviennent un espace de rivalité, où une panne locale peut toucher économie, sécurité et connectivité mondiale.
Lien ajouté le 15 septembre 2026
« La Russie met au point une méthode indétectable pour désactiver les câbles sous-marins » (
Maritime Executive).
L’OTAN dit avoir découvert une nouvelle méthode russe capable de neutraliser des câbles ss-marins à fibre optique sans laisser de trace visible. Ces infrastructures discrètes structurent les communications mondiales et deviennent des cibles de guerre hybride. Deux responsables occidentaux affirment que des sous-marins russes liés au GUGI ont été suivis au large du Svalbard. Cette direction secrète du ministère russe de la Défense est spécialisée dans les opérations profondes, l’espionnage sous-marin et le sabotage d’infrastructures maritimes. Selon ces responsables, l’opération russe devait tester une technologie "destructive" sur le fond marin. Une force de l’OTAN aurait intercepté l’exercice. Un tel procédé permettrait de désorganiser des réseaux sans signature visible et de rendre l’attribution du sabotage bien plus difficile. Le Royaume-Uni avait déjà annoncé en avril avoir perturbé une opération russe visant des câbles critiques. Un sous-marin d’attaque Akula aurait servi de diversion pendant que d’autres moyens du GUGI manœuvraient. Londres et Oslo ont suivi ces mouvements pendant près d’un mois. Le GUGI s’appuie notamment sur de petits sous-marins capables de plonger à grande profondeur. Le Losharik, à propulsion nucléaire, pourrait atteindre environ 1.800 à 2.400 m. Son incendie de 2019, qui tua 14 marins, avait exceptionnellement révélé l’existence de ces missions. L’Arctique apparaît ici comme un espace de confrontation stratégique. Autour du Svalbard, profondeur, discrétion et densité d’infrastructures ss-marines se combinent. La maîtrise des fonds marins devient ainsi un enjeu de sécurité, de souveraineté et de connectivité mondiale.
Lien ajouté le 26 septembre 2026
« Avec ce projet de câble transatlantique, la Bretagne au cœur de la souveraineté numérique » (
Le Télégramme). En quoi consiste le projet de câble sous-marin entre New York et la Bretagne qu’Emmanuel Macron a évoqué lors de son récent déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon ? Quels sont ses enjeux économiques et stratégiques ? Le futur
câble Naist doit à la fois remplacer des câbles en fin de vie et répondre aux besoins de connectivité grandissants du cloud et de l’intelligence artificielle.
La Bretagne, point de connexion du premier câble transatlantique sous ontrôle européen (infographie ©
Le Télégramme)
Caractéristiques principales :
Longueur : Environ 6 000 kilomètres pour le tronc principal.
Coût : Estimé à 300 millions d'euros.
Trajet : Relie directement New York à la Bretagne Nord, avec cinq options de raccordement (vers le Québec, Saint-Pierre-et-Miquelon, le Groenland, l'Irlande et l'Angleterre).
Calendrier prévisionnel :
Fin 2026 : Contrat de fourniture et décision pour le raccordement de Saint-Pierre-et-Miquelon.
2027-2028 : Études, obtention des permis et mesures marines.
2028-2029 : Production et fabrication du câble.
2029-2030 : Installation et pose du câble en mer.
2030 : Mise en service officielle du système.
Lien ajouté le 20 octobre 2026
« Séismes, tsunamis, chants des baleines : ces câbles sous-marins qui révèlent les secrets des océans » (
Sciences et avenir).
Les câbles sous-marins deviennent des observatoires des océans. Le géophysicien Anthony Sladen (CNRS) montre que leurs fibres enregistrent les séismes en temps réel, de la côte aux gds fonds. Une avancée pour comprendre les risques et anticiper les tsunamis. Près de 100% des communications intercontinentales empruntent plus de 1,5 million de km de câbles sous-marins. Pour Vincent Letellier, leur capacité se mesure en térabits par seconde, contre des gigabits pour les satellites. Ce réseau couvre tous les continents sauf l’Antarctique. La lumière qui circule dans la fibre révèle les vibrations du fond marin : c’est la détection acoustique distribuée (DAS). En 2018, au large de Toulon, l’équipe d’Anthony Sladen a enregistré un séisme de magnitude 1,9, à plus de 100 km d’un câble de 41,5 km. Un réseau télécom devient capteur. Au Chili, la physicienne Diane Rivet pilote Abyss : 400 km de câble et plus de 30.000 points de mesure surveillent une zone de subduction très active. Depuis 2023, le projet recueille des données pour mieux comprendre les séismes et préparer des alertes précoces aux tsunamis. Ces fibres captent aussi la vie marine. En Norvège, des chercheurs ont enregistré plus de 800 cris de baleines en 40 jours sur 120 km de câble, récoltant 250 téraoctets de données. Léa Bouffaut développe des algorithmes pour identifier les vocalisations au milieu de ces immenses signaux. L’observation s’étend aux tempêtes, aux glissements sous-marins, à la température de l’eau et au bruit des navires, perceptible au-delà de 2.000 m de profondeur. Mais la méthode DAS perd en portée après 150 km environ : couvrir l’océan impose de nouvelles solutions techniques. Les futurs câbles Smart associent télécommunications et capteurs scientifiques. Prévu fin 2027, TamTam traversera la fosse des Nouvelles-Hébrides : 411 km de câble, quatre nœuds d’observation et une zone où les plaques convergent de 12 cm/an. De quoi surveiller une faille majeure. Ces sentinelles soulèvent aussi des enjeux de souveraineté. Elles peuvent détecter des navires et restent exposées à l’espionnage et au sabotage. F. Cotton insiste sur la protection des données. La prévention des risques se heurte aux rivalités entre États.