Un niveau de la mer plus élevé que ce qui est pris en compte dans les évaluations des risques côtiers


Source :  Katharina Seeger & Philip SJ Minderhoud (2026). « Sea level much higher than assumed in most coastal hazard assessments » [Le niveau de la mer est bien plus élevé que ce que prennent en compte la plupart des évaluations des risques côtiers]. Nature (2026), https://www.nature.com/articles/s41586-026-10196-1

Les impacts de l'élévation du niveau de la mer et autres aléas sur les côtes du monde sont déterminés par la hauteur du niveau de la mer et l'altitude du littoral. L'intégration correcte de ces deux aspects est fondamentale pour des évaluations fiables de l'impact de l'élévation du niveau de la mer et des aléas côtiers, mais elle est souvent négligée ou mal réalisée. Les auteurs montrent que plus de 99 % des évaluations d'impact analysées ont traité les données relatives au niveau de la mer et à l'altitude du littoral de manière inadéquate, ce qui conduit à une estimation erronée du niveau de la mer par rapport à l'altitude du littoral. D'après leur analyse de la littérature, 90 % des évaluations des aléas supposent des niveaux de la mer côtiers basés sur des modèles de géoïde, plutôt que sur des mesures réelles. Leurs méta-analyses à l'échelle mondiale montrent que le niveau de la mer côtier mesuré est supérieur à celui supposé dans la plupart des évaluations des aléas (écarts moyens [écart-type] de 0,27 m [0,76 m] et 0,24 m [0,52 m] pour deux géoïdes couramment utilisés). À l'échelle régionale, et principalement dans les pays du Sud, le niveau moyen de la mer mesuré peut dépasser le géoïde global d'un mètre, les écarts les plus importants étant observés dans la région indo-pacifique. Comparées aux hypothèses de niveau marin côtier basées sur le géoïde, les valeurs mesurées suggèrent qu'une élévation relative du niveau de la mer de 1 mètre entraînerait la submersion de 31 à 37 % de terres supplémentaires et de 48 à 68 % de personnes supplémentaires (soit une estimation de 77 à 132 millions de personnes). Ces résultats soulignent la nécessité de réévaluer les études d'impact côtier existantes et d'améliorer les normes de la communauté scientifique, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les décideurs politiques, le financement climatique et l'adaptation côtière.

Différence entre la hauteur du niveau de la mer côtière et les géoïdes les plus utilisés à travers le monde (source : Seeeger et al., 2026)


Ces nouvelles découvertes ne remettent pas en cause les conclusions générales des études concernant le rythme de la montée du niveau de la mer ou les dommages qu'elle pourrait engendrer. Le niveau des mers côtières s'élève effectivement sous l'effet du réchauffement climatique. Ces nouvelles découvertes révèlent simplement que les scientifiques ont souvent utilisé un point de départ erroné pour calculer l'étendue des zones et des populations qui pourraient être affectées à l'avenir. Il est difficile d'imaginer qu'à l'ère du GPS et de l'imagerie satellitaire, on puisse se méfier des cartes. Pourtant, cette nouvelle étude met en lumière un problème majeur dans la méthode souvent employée par les chercheurs pour comprendre les littoraux et leur évolution face au réchauffement climatique. Robert Kopp, climatologue et spécialiste du niveau de la mer à l'université Rutgers, qui n'a pas participé à l'étude, a déclaré que ces travaux abordent un problème technique qui aura bien plus d'importance pour les scientifiques que pour les décideurs locaux. « En général, les personnes exposées aux inondations dues aux grandes marées savent où se situe l'océan », a expliqué le Dr Kopp. Les scientifiques affirment depuis longtemps que la montée du niveau de la mer affectera de nombreuses personnes, et cette nouvelle étude ne change rien à cela, a-t-il ajouté. Toutefois, d'un point de vue global, les résultats indiquent que des centaines de millions de personnes supplémentaires — notamment au Vietnam, aux Philippines, en Indonésie, aux Maldives et dans d'autres pays d'Asie du Sud-Est et du Pacifique — vivent plus près du niveau de la mer que ne le supposaient généralement les experts et les décideurs politiques occidentaux.

Les MNT, les données MDT et les données démographiques originales utilisées dans cette étude sont disponibles dans leurs dépôts en ligne respectifs :

Les MNT globaux traités, convertis en niveaux de surface moyens locaux (MSL) à l'aide des données MDT et utilisés pour les méta-analyses de cette étude, sont disponibles pour réutilisation et accessibles sur Zenodo


Dark Light Viewer, un outil pour repérer les changements à partir d'images satellites (OSINT)


Source : « Quand les lumières s'éteignent, les satellites veillent » (benjaminstrick.com).

Depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011, les images et vidéos en ligne provenant des zones de conflit sont devenues monnaie courante. Cependant, ces images ne sont pas toujours fiables ni exactes. Benjamin Strick, responsable de la recherche au Centre for Information Resilience (CIR) de Londres, utilise des techniques open source et l'imagerie satellite pour analyser les zones de conflit à travers le monde. Entre octobre 2023 et janvier 2024, 84% de la lumière nocturne de Gaza avait disparu. Que l'on interprète ce changement comme des dommages au réseau électrique, une pénurie de carburant, des déplacements de population, des couvre-feux ou un mélange de tout cela, le fait est que l'obscurité est mesurable.

1) Dark Light Viewer, un outil d'observation dérivé de Google Earth Engine

Dark Light Viewer est un outil gratuit et open source qui permet de suivre l'évolution nocturne des villes, des zones de conflit, des secteurs d'aménagement ou de transformation de l'espace. Basé sur Google Earth Engine, l'outil permet de repérer, puis de télécharger au format geojson, les zones de changement perceptibles à partir des images satellites. Dark Light Viewer génère une couche de détection des changements en comparant la capture VIIRS la plus récente à une période antérieure de son choix. Par défaut, on peut sélectionner une période d'un mois, d'un an, de cinq ans ou de dix ans. Pour une période plus précise, les paramètres avancés permettent de définir une plage personnalisée.

Interface de l'outil Dark Light Viewer dérivé de Google Earth Engine (source : Dark Light Viewer)

L'idée de base est simple : la nuit, là où il y a des gens, il y a généralement de la lumière. Usines, maisons, routes, magasins, presque toute activité économique humaine produit une forme d'éclairage visible depuis l'espace. Les scientifiques savent depuis des décennies que cette lueur peut servir à mesurer des phénomènes autrement très difficiles à quantifier. Par exemple, des chercheurs ont établi des corrélations entre la luminosité nocturne et le PIB. Cette observation a été formalisée par les économistes Henderson, Storeygard et Weil dans un article de référence publié en 2012 dans l'American Economic Review, démontrant que les données lumineuses satellitaires pouvaient permettre de mesurer indépendamment la croissance économique dans des pays où les statistiques officielles étaient peu fiables. Dans le cadre des conflits et de l'aide humanitaire, les applications sont encore plus directes. L'outil qui rend ces données particulièrement utiles est VIIRS, actuellement embarqué sur trois satellites : Suomi NPP, NOAA-20 et NOAA-21. Contrairement aux capteurs satellitaires précédents, VIIRS effectue des mesures précises de l'intensité lumineuse avec une résolution d'environ 750 mètres. Il peut distinguer un village d'une autoroute. Ses mesures restent nettes même dans les centres-villes très lumineux. Et il couvre l'ensemble du globe chaque nuit. Toutes ces données sont hébergées gratuitement sur Google Earth Engine , une plateforme de cloud computing pour l'analyse des données satellitaires.

2) Comment fonctionne l'outil Dark Light Viewer ?

Dark Light Viewer est basé sur Google Earth Engine mais élimine tout besoin de programmation. Vous l'ouvrez dans un navigateur, vous vous rendez sur la carte, vous choisissez une période de comparaison (de un mois à dix ans) et vous cliquez sur « Analyser ». L'outil se charge du reste. Vous obtenez ainsi une carte en écran partagé. À droite, l'image satellite nocturne de la période de départ choisie. À gauche, la vue satellite hybride de Google Maps. Un calque de changement de couleur met en évidence précisément les zones où la lumière a augmenté ou diminué, et de combien. Les couleurs chaudes indiquent une forte diminution de la luminosité (généralement entre 30 et 70 % de réduction). Les couleurs vertes/froides signalent les zones de croissance. Cliquez n'importe où sur la carte et l'outil génère un graphique montrant comment les niveaux de lumière à cet endroit précis ont évolué sur l'ensemble des données VIIRS, mensuellement, depuis 2012.

L'outil dispose également d'une bibliothèque de lieux préchargés permettant aux nouveaux utilisateurs d'explorer immédiatement des exemples avant d'effectuer leurs propres recherches où bon leur semble. C’est cette caractéristique qui distingue un déclin économique progressif d’un effondrement soudain, ou une fluctuation saisonnière d’une véritable crise. Le site propose cinq études de cas : 1) Gaza après octobre 2023, l'un des exemples les plus alarmants de l'évolution de la luminosité nocturne jamais documentés, 2) la ville de Sumy plongée dans l'obscurité dès le début de la guerre en Ukraine, 3) les serres regroupées de la province de Flevoland aux Pays-Bas, 4) la frontière Thaïlande/Myanmar après les combats au Myanmar, 5) la nouvelle capitale adminsitrative de l'Egypte.

Nouveau Caire : l'arrivée progressive de la lumière, quartier par quartier, année après année, avant même toute annonce officielle déclarant la ville achevée (source : Dark Light Viewer)


3) Interpréter les données avec objectivité : ce que l’outil peut et ne peut pas révéler

Les données satellitaires sur la luminosité nocturne sont précieuses, mais elles présentent des limites réelles que tout utilisateur se doit de comprendre.

Le problème le plus fréquent est la couverture nuageuse. Le capteur VIIRS ne peut pas voir à travers les nuages ; par conséquent, dans les régions constamment nuageuses, comme une grande partie des tropiques ou le nord de l’Europe en hiver, les composites satellitaires mensuels peuvent présenter des lacunes importantes. Comparer des images de deux saisons présentant une couverture nuageuse très différente peut donner des résultats trompeurs.

Les incendies et les torchères à gaz apparaissent comme des sources de lumière intense et peuvent être confondus avec l'éclairage urbain. Les régions où s'effectuent des brûlis agricoles, où se trouvent des plateformes pétrolières en mer ou en activité volcanique présentent des variations de luminosité sans lien avec les zones habitées ou les infrastructures.

Les régions polaires présentent un problème particulier : durant l’été, le soleil ne se couche pas complètement aux hautes latitudes, ce qui empêche le capteur de détecter la moindre lumière artificielle. L’outil émet une alerte pour les zones situées au-delà de 65 degrés de latitude.

Surtout, il est essentiel de contextualiser les variations en pourcentage. Une étude universitaire de 2025 a révélé que près d'un quart de la population mondiale vit dans des zones totalement dépourvues d'éclairage nocturne, ce qui rend cet outil intrinsèquement moins pertinent pour le suivi des communautés les plus pauvres et les plus rurales. Une réduction de 50 % de la luminosité nocturne n'a pas la même signification dans une ville européenne densément éclairée que dans une zone rurale faiblement éclairée.

Le Dark Light Viewer doit être considéré comme un outil parmi d'autres, et non comme une preuve définitive de l'état du terrain. Il est particulièrement efficace pour signaler un changement. Déterminer la cause exacte de ce changement exige des recherches complémentaires, des rapports et un jugement éclairé.

Pour compléter

« Les images satellites cartographient avec précision les conséquences de la violence » (interview de Benjamin Strick pour le site MO).

« Documenter la guerre israélo-gazaouie : réflexions et perspectives d'avenir » (Centre for Information Resilience).
La carte du conflit israélo-palestinien est une carte des incidents documentés par le CIR couvrant les territoires palestiniens occupés (la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est), Israël et le Liban depuis le 7 octobre 2023. Le CIR publie et met à jour régulièrement cette carte afin d'améliorer l'accès du public et sa compréhension des informations vérifiées relatives au conflit.

« Cartographie et visualisation des incidents de frappes aériennes au Soudan » (story map).
Le Centre de ressources sur les frappes aériennes au Soudan présente l'ampleur et l'impact des frappes aériennes menées par les Forces armées soudanaises (FAS) à travers le Soudan depuis le début du conflit armé qui les oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) rivales en avril 2023, comme documenté par Sudan Witness. En décembre 2025, le projet Sudan Witness avait recensé 384 frappes aériennes des FAS à travers le Soudan, ayant entraîné au moins 1 719 morts et plus de 1 000 blessés parmi les civils.

Articles connexes

Les cartes d'émission ou de pollution lumineuse : quelles différences ? quels usages ?

OSINT, conflit et impact sur l'environnement. L'épandage d'herbicide par les forces de défense israélienne

OSINT, enquêtes et terrains numériques (revue Hérodote)

L'histoire par les cartes. Les archives numériques du royaume de Ryukyu


Les îles Ryūkyū constituent un ensemble d'îles japonaises de la mer de Chine orientale, situé entre les îles Satsunan au nord et Taïwan au sud. Comprenant l'île principale d'Okinawa, ces îles ont formé un royaume quasi indépendant pendant plus de quatre siècles de 1429 à 1879. L'Université de Tokyo met à disposition une visionneuse numérique en haute résolution, qui permet d'explorer les cartes du royaume de Ryūkyū avec une précision remarquable, jusqu'aux noms de lieux et aux détails cartographiques les plus imperceptibles.

Le Ryukyu Kuniezu se compose de trois grandes cartes dessinées à la main représentant le royaume de Ryukyu et ses archipels. Datant du XVIIe siècle, chaque carte mesure plusieurs mètres de large, ce qui les rend difficiles à exposer ou à étudier physiquement. Ces cartes présentent les îles Ryukyu comme un monde maritime unifié. De longs chapelets d'îles s'étendent entre le sud du Japon et Taïwan, avec Okinawa en son centre. La précision du rendu des côtes et l'espacement entre les îles permettent de saisir clairement comment la géographie a façonné la vie politique et économique. Sans même lire chaque légende, on perçoit la mise en valeur de certaines zones, l'aménagement des littoraux et la manière dont le royaume envisageait son territoire.

Carte du royaume de Ryukyu. Source : Institut historiographique de l'Université de Tokyo  (licence CC BY 4.0) 

Les cartes ont été numérisées en 2020 par l'Institut d'historiographie de l'Université de Tokyo et un site d'archives numériques mis en ligne en 2025. Le professeur Satoru Kuroshima, qui a dirigé le projet, explique que son équipe « s'est donné pour mission de réaliser des copies fidèles de documents historiques en se rendant sur les lieux où sont conservés les originaux. Ces dernières années, nous avons travaillé à la numérisation de ces documents et à la mise à disposition du public de leurs images. »

Le royaume de Ryukyu s'est constitué à la fin du Moyen Âge. En 1429, Okinawa fut unifiée sous un seul souverain, donnant naissance à un royaume centré sur Shuri. Dès lors, Ryukyu devint un État maritime commerçant reliant le Japon, la Chine, la Corée et l'Asie du Sud-Est. Grâce à ses liens tributaires avec la Chine des Ming et à un commerce maritime florissant, il prospéra pendant des siècles comme intermédiaire diplomatique et commercial.

Il est possible de superposer les trois cartes du royaume de Shoho Ryukyu sur une carte moderne. Un moteur de recherche permet de conduire des analyses détaillées à partir de thèmes (villages, ports, routes maritimes ou terrestres, rivières, points de passage...). Les trois cartes du royaume de Ryukyu de l'ère Shoho peuvent être exposées côte à côte avec les cartes du royaume de Ryukyu de l'ère Genroku (1702) et de l'ère Tenpo (1838), qui ont été produites dans un style presque identique :

Les données et métadonnées des cartes sont téléchargeables au format csv, json et xls. La liste des rendements rizicoles (kokudaka) est fournie pour chaque village, île et magiri (district administratif des Ryukyu) enregistrés sur la carte du pays Shoho Ryukyu. Une carte interactive permet d'accéder directement aux informations pour chaque élément de détail. Grâce à leur code manifest IIIF, il est possible de comparer ces cartes avec celles conservées par d'autres institutions et de les superposer à des cartes modernes. 

Les Shoho Kuni Ezu (Cartes nationales) sont des cartes de chaque province dont la production fut ordonnée à l'échelle nationale par le shogunat d'Edo en 1644. La Ryukyu Kuni Ezu (Carte nationale des îles Ryukyu) est une carte à grande échelle divisée en trois sections, représentant les îles du royaume de Ryukyu de l'époque, des îles Amami aux îles Yaeyama. On ignore où se trouve l'original remis au shogunat, mais une copie fidèle à l'échelle 1:1, réalisée par le domaine de Satsuma environ cinquante ans après sa production, est conservée parmi les documents de la famille Shimazu, un trésor national détenu par l'Institut historiographique de l'Université de Tokyo. Il s'agit de la plus ancienne carte à grande échelle des îles Ryukyu ; elle recèle une mine d'informations sur la topographie, la toponymie, les rendements rizicoles, les transports, etc. Sa grande valeur historique en fait une ressource de recherche précieuse dans divers domaines, dont l'histoire et la géographie.

Les noms officiels, les numéros de cote et les dimensions des trois cartes de pays Shoho Ryukyu sont les suivants :

Le shogunat d'Edo ordonna que les cartes nationales de l'époque du souverain Shoho (1621-1640) soient produites selon des normes uniformes, précisant le style jusque dans les moindres détails. Les trois cartes nationales Shoho des îles Ryukyu suivent également ce style. La carte est dressée à l'échelle de 6 sun 1 ri (environ 1:21 600). Les villages sont représentés par des ovales, et Shuri, le château du roi qui régnait sur le royaume de Ryukyu, par un grand rectangle. Les routes et les voies maritimes sont indiquées par des lignes vermillon, les distances étant clairement précisées. Des cercles noirs, symbolisant les bornes kilométriques, sont marqués tous les ri. Le kokudaka (rendement du riz) est indiqué pour chaque village et magiri (unité administrative du royaume de Ryukyu), et le kokudaka total de chaque île principale est inscrit dans un cadre carré (appelé tsumegami) en périphérie de la carte. Ce kokudaka est conforme à celui transmis par le shogun au clan Shimazu, seigneurs du domaine de Satsuma, et atteste formellement que le royaume de Ryukyu était également sous l'autorité du shogun.

Si la représentation des montagnes et des arbres à terre semble avoir été laissée à la discrétion de l'artiste, les zones côtières et les ports se distinguent par la précision de leur représentation topographique. Outre les informations relatives à la taille et aux caractéristiques des ports, les cartes comprennent également des représentations détaillées des vasières côtières et des récifs coralliens, influencées par les relations internationales de l'époque de la production du Shoho Kuni Ezu. À cette époque, le shogunat d'Edo était en train de rompre ses liens avec les puissances chrétiennes dans le cadre d'une politique d'isolement national. Les îles Ryukyu, géographiquement proches de l'Asie du Sud-Est et bastion du pouvoir chrétien, étaient constamment menacées par l'arrivée de navires étrangers, et le shogunat s'intéressait de près aux informations géographiques concernant les ports et les zones côtières.

Outre les cartes des îles Ryukyu, l'institut met également  à disposition une autre œuvre de grande envergure : le Wako Zukan, un rouleau illustré représentant des pirates japonais opérant le long des côtes de Chine et de Corée. Ce rouleau, qui s'étend sur plus de cinq mètres, date lui aussi du XVIIe siècle. Ensemble, les cartes et le rouleau illustrent comment des documents historiques de grande taille – autrefois difficiles à consulter – peuvent être désormais accessibles avec une simple connexion Internet. Les détails des scènes et des personnages peuvent être explorés à travers une story map

Scène de combat entre des soldats de la dynastie Ming et des pirates japonais appelés Wako, extraite du Wako Zukan, un rouleau illustré du XVIIe siècle en Chine. Source : Institut historiographique de l'Université de Tokyo  (licence CC BY 4.0)


Les pirates qui infestaient la mer de Chine étaient originaires des pays environnants. Les Japonais, les « wakô » dits aussi « kairagi » (Démons des mers déchaînées) s’étaient fait une réputation en la matière mais ils n’étaient pas les seuls à écumer les parages. Les Chinois et les Coréens leurs emboîteront le pas. Au plus beaux jours de la piraterie, le pays d’origine sera sans réelle importance et les groupes ainsi formés seront souvent un agrégat de nationalités uni dans la même quête de butin. La nécessité de pouvoir se défendre contre les pirates de le mer de Chine et des îles Ryukyu serait l'une des origines du karaté okinawaien.

Articles connexes

L'histoire par les cartes : la collection de cartes japonaises de la Manchester University Library

L'histoire par les cartes : une carte japonaise de l'Afrique du début de l'ère Meiji (1876)

L'histoire par les cartes : les représentations cartographiques de Kyoto pendant la période Tokugawa (1603–1868)

L'histoire par les cartes : la carte retraçant les voyages du navigateur chinois Zheng He au XVe siècle en version interactive



Forêts et coupes rases en France à partir de la détection satellitaire (rapport Canopée)


Malgré la place croissante des coupes rases dans le débat public, leur suivi demeure lacunaire : les données disponibles sont le plus souvent agrégées et n’offrent pas d’information quant à leur répartition territoriale. Pour répondre à ce manque, Canopée a développé l’Observatoire des coupes rases : un suivi des coupes rases fondé sur la détection satellitaire.

Cette étude s’inscrit dans la continuité des évaluations existantes des surfaces de coupes rases en France. Elle apporte un éclairage complémentaire en mobilisant une approche par territoire et en croisant les données satellitaires avec différentes couches cartographiques caractérisant les enjeux écologiques. Elle vise à objectiver les dynamiques de transformation des forêts et à éclairer la décision publique via des données comparables et ouvertes.

Surfaces des coupes rases entre mi-2018 et mi-2024 en France hexagonale (source : © Canopée)

Après un pic observé entre mi-2018 et mi-2019, la surface de coupes rases en France hexagonale montre une tendance à la baisse. En l’absence de données antérieures, il n’est toutefois pas possible de déterminer s’il s’agit d’une évolution de long terme ou d’un simple retour à un niveau comparable à celui d’avant la crise des scolytes. Le taux de coupes rases demeure néanmoins élevé au regard des enjeux écologiques et climatiques, et se concentre particulièrement dans certains territoires soumis à une forte pression de coupes rases. 

La surface de coupes rases détectée en moyenne, entre mi-2018 et mi-2024, avec cette méthode basée sur l’utilisation d’images satellites, s'élève à environ 61 000 ha (un chiffre cohérent avec l’évaluation de l’Institut national de l’information géographique et forestière. Les coupes rases sont proportionnelle-ment plus fréquentes en forêt privée qu’en forêt publique ce qui révèle les failles de l’encadrement actuel. Les régions Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est concentrent environ 60 % des coupes rases entre mi-2018 et mi-2024. Plus les coupes rases sont grandes, plus elles ont des impacts environnementaux négatifs. La réduction des coupes rases constitue un levier politique majeur – et largement sous-utilisé – pour préserver le puits de carbone. 

Rapport de l'Observatoire des coupes rases (à télécharger en pdf)

Méthodologie d’analyse de la dynamique des coupes rases par suivi satellitaire (à télécharger en pdf)

Le suivi quantitatif et spatialisé des coupes rases constitue un enjeu méthodologique majeur pour documenter l’ampleur, la dynamique temporelle et la distribution territoriale de cette pratique. Ce rapport présente une méthodologie de détection par télédétection satellitaire visant à établir un suivi annualisé des coupes rases en France hexagonale sur la période mi-2018 à mi-2024, à partir d’indicateurs dérivés de la hauteur de la végétation. L’approche repose sur l’exploitation des produits issus de la méthode FORMS-T, qui combine des données radar (Sentinel-1), optiques (Sentinel-2) et LiDAR spatial (GEDI) au sein d’unmodèle d’apprentissage profond afin de produire des cartes annuelles de hauteur à une résolution de 10 mètres. Dans ce cadre, une coupe rase a été définie opérationnellement dans cette approche par deux critères : une diminution de hauteur supérieure ou égale 5 mètres entre deux saisons feuillues successives, interprétée comme une perturbation significative, et une hauteur médiane résiduelle inférieure ou égale à 8 mètres après perturbation, seuil calibré par analyses de sensibilité, confrontation à des observations de terrain et cohérence sylvicole. Cette définition vise à approcher au mieux la disparition de la quasi-totalité du couvert à l’échelle spatiale considérée, sans prétendre inférer l’intention sylvicole (type de coupe, transformation, défrichement) que la télédétection ne permet pas de discriminer directement.

Article scientifique :

Schwartz, M., Ciais, P., Sean, E. et al. (2025). Retrieving yearly forest growth from satellite data : A deep learning based approach. Remote Sensing of Environment, 330, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0034425725003633

Données utilisées

  • ADMIN EXPRESS (IGN)
  • BD ALTI (IGN)
  • BDIFF Base de données sur les incendies de forêts en France (IGN)
  • BD FORÊTS V2 (IGN)
  • BD TOPAGE (Eau France)
  • Forêts anciennes (IGN)
  • Forêts publiques (ONF)
  • Natura 2000. Zones de  protection  spéciales (INPN)
  • Natura 2000. Zones spéciales de conservation (INPN)
  • Parcs nationaux (Parcs nationaux de France)
  • Parcs naturels régionaux (IGN)
  • Sylvoécorégions (IGN)
  • Articles connexes

    Global Forest Watch, une plateforme en ligne pour la surveillance des forêts à l'échelle mondiale

    Cartes et données sur les forêts en France et dans le monde






    Atlas des zones importantes pour les requins et les raies dans le monde (ISRA)


    Source : « New Ocean Map Pinpoints 800+ High-Priority Areas Crucial for Shark and Rays Protection » [Une nouvelle carte des océans identifie plus de 800 zones prioritaires essentielles à la protection des requins et des raies], ISRA, 2026.

    Une équipe d'experts a identifié des zones océaniques prioritaires pour la protection des populations de requins et de raies. Ils ont recensé 816 zones dans 9 des 13 régions océaniques selon un rapport publié par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Ce rapport, intitulé « Voyageurs des océans », les désigne sous le nom de « Zones importantes pour les requins et les raies » (ISRA). Chacune de ces zones abrite des activités essentielles pour au moins une espèce de requin ou de raie menacée. Cette découverte est cruciale, car les populations de requins et de raies sont en difficulté à l'échelle mondiale en raison de la surpêche et d'autres menaces. Ces ISRA sont accessibles au public dans un atlas en ligne. Les autorités ont mené cette évaluation afin d'orienter les futures décisions politiques. 

    Atlas des zones importantes pour les requins et les raies (Source : ISRA)


    Actuellement, ces animaux ne constituent pas une priorité en matière de conservation. Cependant, les responsables de l'UICN estiment que ce statu quo doit évoluer, le Comité français de l’UICN s'étant prononcé contre l’abattage des grands requins, méthode de limitation du risque inefficace, non déontologique et impactante pour la faune marine locale. « Nous voulons changer la perception des choses, mais pour cela, nous avons besoin de données, et c'est le cœur de ce projet », a déclaré Rima Jabado, présidente du Groupe de spécialistes des requins de l'UICN. Nous effectuons ce travail pour le gouvernement, afin qu'il n'ait pas à le faire lui-même » (Mongabay).  Les chercheurs estiment que les sites identifiés dans le rapport constituent les habitats les plus importants au monde pour les requins et les raies. Ce rapport offre un tableau détaillé des lieux de vie, d'alimentation et de migration de ces espèces menacées. Il met en évidence plusieurs zones de regroupement, d'alimentation, de reproduction et de migration. La cartographie révèle que les requins et les raies parcourent de vastes distances, des monts sous-marins isolés aux eaux côtières, tout au long de leur vie. Cependant, au fil des ans, ce voyage est devenu de plus en plus difficile. Plus de 1 330 scientifiques de 100 pays ont apporté leurs contributions à l'élaboration de ce rapport.

    L'enquête révèle également l'interconnexion profonde des océans. Requins et raies se rassemblent sur des sites culturels importants des îles du Pacifique, tout en présentant des comportements uniques dans des archipels éloignés, comme la Polynésie française. Des couloirs de migration s'étendent de l'Afrique du Sud au Mozambique, côtoyant des systèmes d'upwelling riches en ressources dans le Pacifique tropical oriental. De nombreux habitats mentionnés dans le rapport figurent parmi les régions les plus fréquentées et les plus surexploitées de l'océan, telles que les zones de développement offshore, les voies de navigation et les zones de pêche industrielle. Ce constat souligne l'urgence d'agir pour concilier les besoins de la biodiversité océanique et les activités humaines. Le changement climatique et la destruction des habitats, conjugués à des pratiques d'exploitation telles que la surpêche, font des requins et des raies le deuxième groupe de vertébrés le plus menacé de la planète. Un tiers de ces espèces sont actuellement en danger d'extinction. Nombre d'entre elles ont été contraintes de migrer vers de nouvelles zones, leurs habitats d'origine étant devenus toxiques. Ce rapport met en lumière ces futurs refuges et ces zones clés de résilience qui nécessitent une protection.

    Les chercheurs estiment que cet Atlas constituera un outil essentiel pour les autorités, leur permettant de protéger les requins et les raies grâce à des stratégies de conservation adaptées au climat. Les requins et les raies migrateurs dépendent d'habitats océaniques sains et connectés. La délimitation des ISRA (aires de conservation des espèces menacées) repose sur un ensemble de critères élaborés spécifiquement pour représenter la vulnérabilité, l'aire de répartition géographique, le cycle de vie, le caractère distinctif et la diversité des chondrichtyens (Hyde et al.,  2022 ). Bien que non contraignantes juridiquement, les ISRA constituent « un outil précieux pour appuyer la gestion par zone et faciliter les actions de conservation adaptées aux besoins des espèces : une carte claire des habitats importants, dont la conservation nécessite une collaboration internationale ». Les données SIG de l'Atlas sont mises à disposition sur demande à partir d'un formulaire.

    Pour compléter 

    « L’ISRA, un nouveau cadre pour protéger requins, raies et chimères » (Longitude 181).

    Parmi les mesures de protection adoptées dans le milieu marin, les ISRA se démarquent par une approche empirique, parfois bien éloignée de celles des AMP. Dans le cadre de la planification et de la conception des aires marines protégées (AMP), l’UICN a estimé que les Chondrichtyens n’ont pas été suffisamment pris en compte au niveau mondial pour que ces dispositifs de préservation puissent également assurer la protection des populations de requins, raies et chimères (constituant la classe des Chondrichtyens, communément appelés poissons cartilagineux). Le travail de recherche mené par des experts des ces espèces, intitulé Important Shark & Rays Area (ISRA), est destiné à fournir un cadre permettant d’identifier les zones d’importance pour ces animaux marins, cruciales pour leur épanouissement et le rétablissement des populations. A l’inverse des AMP, les ISRA ne sont pas des espaces définis, dans lesquels des restrictions d’usage et des règlementations s’appliquent pour atténuer les atteintes portées à la conservation d’espèces cibles. Les ISRA sont par essence définies par les espaces naturellement importants pour certaines espèces de Chondrichtyens, selon des critères scientifiques, et dans lesquels il convient de mettre en place des mesures de protection renforcées (pouvant aboutir parmi d’autres mesures, à la création d’une AMP). Cette approche de conservation basée sur des critères géographiques est déjà utilisée pour les mammifères marins (IMMA), les oiseaux (IBA) et la biodiversité (KBA) et les scientifiques pensent qu’elle peut jouer un rôle essentiel dans la préservation des Chondrichtyens, en protégeant notamment de la pêche et des modifications d’habitat les sites identifiés comme essentiels.

    « Élaboration d'un plan pour la protection des requins et des raies menacés dans le monde - Identification des zones importantes pour les requins et les raies dans les eaux australiennes » (ISRA).

    L'Australie joue un rôle de refuge pour certaines des espèces de requins et de raies les plus menacées au monde. 158 zones importantes pour les requins et les raies (ISRA) ont été identifiées en Australie et dans le sud-est de l'océan Indien, dont 143 dans les juridictions des États et des territoires.  Parmi les zones sensibles à la biodiversité (ISRA) nécessitant une attention immédiate figurent le port de Macquarie, en Tasmanie, où l'élevage de saumon pousse la raie de Maugean vers l'extinction, et les systèmes fluviaux du Territoire du Nord où les poissons-scies sont menacés par la pêche commerciale au filet maillant du barramundi, qui n'a pas encore été progressivement éliminée par le gouvernement du Territoire du Nord. Les ISRA offrent aux gouvernements fédéral et étatiques une voie claire pour renforcer la protection du milieu marin et favoriser le rétablissement des populations de requins et de raies menacées.

    Cochran, JE, Charles, R., Temple, AJ, Kyne et al. (2026). « Only One Percent of Important Shark and Ray Areas in the Western Indian Ocean Are Fully Protected From Fishing Pressure » [Seul un pour cent des zones importantes pour les requins et les raies dans l'océan Indien occidental sont entièrement protégées de la pression de pêche]. Ecology and Evolution, vol 16, n° 1,  https://doi.org/10.1002/ece3.72690

    Les zones de conservation spécifiques (ZCS) abritent plus d'un tiers (n =104, 39 %) des 270 espèces de chondrichtyens recensées dans l'ouest de l'océan Indien, dont 76 % sont menacées d'extinction selon la Liste rouge des espèces menacées de l'UICN. Seules 7,1 % des ZCS se situent à l'intérieur d'aires marines protégées (AMP) désignées, et seulement 1,2 % dans des zones de non-prélèvement intégralement protégées. Le chevauchement le plus important entre les zones de non-prélèvement et les aires de pêche intégrales se rencontre aux Seychelles et dans l'archipel des Chagos. Ces résultats mettent en évidence les lacunes de la protection spatiale des habitats des chondrichtyens, mais offrent également une opportunité stratégique aux décideurs politiques et aux gestionnaires des ressources d'améliorer la couverture actuelle des AMP et de respecter leurs engagements en vertu d'accords internationaux, tels que le Cadre mondial pour la biodiversité.

    Articles connexes

    MPAtlas, un atlas de la protection marine pour évaluer les aires marines réellement protégées

    Cartographie du nationalisme chrétien aux États-Unis


    Source : « Mapping Christian Nationalism Across the 50 States : Insights from PRRI’s 2025 American Values Atlas » [Cartographie du nationalisme chrétien dans 50 États : enseignements de l’Atlas des valeurs américaines du PRRI paru en 2025], Public Religion Research Institute.

    Pour mesurer le nationalisme chrétien, le Public Religion Research Institute a utilisé un questionnaire portant sur les liens entre le christianisme, l'identité américaine et le gouvernement des États-Unis. D'après des entretiens menés auprès de plus de 22 000 adultes tout au long de l'année 2025, environ 11 % des personnes interrogées se sont déclarées nationalistes chrétiens, 21 % sympathisants, 37 % sceptiques et 27 % réfractaires. La proportion d'Américains se déclarant partisans ou sympathisants du nationalisme chrétien est restée stable depuis fin 2022. Une majorité des Républicains se qualifient d'adeptes du nationalisme chrétien (21 %) ou  sympathisants (35 %), contre un quart des indépendants (7 % d'adeptes et 18 % de sympathisants) pour  moins de 2 Démocrates sur 10 (5 % d'adeptes et 12 % de sympathisants). L'enquête 2025 du PRRI sur les valeurs américaines s'est intéressée aussi aux sources d'information auxquelles les Américains font le plus confiance pour obtenir des informations fiables sur la politique et l'actualité. Près des deux tiers des Américains qui font le plus confiance aux médias d'extrême droite se déclarent nationalistes chrétiens (34 %) ou sympathisants (31 %), tout comme une majorité de ceux qui font le plus confiance à Fox News (18 % des nationalistes et 37 % des sympathisants) et environ la moitié de ceux qui font le plus confiance aux sources d'information radio. 

    Part du soutien au nationalisme chrétien en fonction des appartenance politiques (source : © PRRI)

    L'Atlas des valeurs américaines 2025 du PRRI révèle également une corrélation positive entre le nationalisme chrétien et un faible niveau d'éducation, ainsi qu'un âge plus avancé. Les Américains ayant un niveau d'études secondaires ou inférieur (37 %) ou ayant suivi des études supérieures partielles (35 %) sont plus susceptibles d'adhérer au nationalisme chrétien, comparativement à 27 % des Américains titulaires d'un diplôme universitaire et à 21 % de ceux qui possèdent un diplôme de troisième cycle. De même, les Américains âgés de 50 ans et plus sont plus enclins à partager des opinions nationalistes chrétiennes que ceux de moins de 50 ans.

    La proportion d’Américains qui se déclarent adhérents et sympathisants varie considérablement d’un État à l’autre, allant d’un minimum de 15 % dans le Massachusetts à un maximum de 54 % dans l’Arkansas. La carte montre que les États où le nationalisme chrétien est le plus soutenu sont des États républicains, principalement situés dans le Sud et le Midwest : l’Arkansas (54 %), le Mississippi (52 %), la Virginie-Occidentale (51 %), l’Oklahoma (49 %) et le Wyoming (46 %). À l’inverse, les États où la proportion d’adeptes et de sympathisants du nationalisme chrétien est la plus faible sont des États démocrates, situés principalement sur les côtes : la Californie (22 %), le New Jersey (22 %), New York (21 %), l’État de Washington (18 %) et le Massachusetts (15 %). Les États indécis se situent entre les deux, avec environ un tiers de leurs habitants se déclarant adeptes ou sympathisants : la Caroline du Nord (36 %), la Pennsylvanie (34 %), le Michigan (33 %), le Wisconsin (32 %) et l’Arizona (30 %). Les habitants de la Géorgie (42 %) sont nettement plus susceptibles d’adhérer aux convictions du nationalisme chrétien que ceux du Nevada (25 %). L'Atlas permet également de faire des comparaisons sur la période 2014-2024.

    Soutien au nationalisme chrétien parmi les Blancs Américains et par État en 2024 (source : © PRRI)

    Les opinions favorables au président Donald Trump sont fortement corrélées aux opinions nationalistes chrétiennes au niveau des États. La carte des 50 États montre que les idéologies nationalistes chrétiennes prédominent dans le Sud et le Midwest, notamment dans les États où les élus républicains sont majoritaires. 

    En 2025, seulement un Américain sur trois (32 %) adhérait à la théorie du grand remplacement, selon laquelle « les immigrants envahissent notre pays et remplacent notre patrimoine culturel et ethnique ». Toutefois, cette croyance est beaucoup plus répandue parmi les partisans (67 %) et les sympathisants (53 %) du nationalisme chrétien que parmi les sceptiques (32 %) et les réfractaires (8 %).

    Télécharger le rapport complet (les données figurent dans les annexes).

    Le PRRI (Public Religion Research Institute) est une organisation à but non lucratif et non partisane qui se consacre à la réalisation de recherches à l'intersection de la religion, de la culture et des politiques publiques. En 2014, le PRRI a lancé l'American Values Atlas, un atlas en ligne très utile pour comprendre les transformations démographiques, religieuses et culturelles qui affectent les États-Unis aujourd'hui (données téléchargeables en CSV au niveau des métropoles, états et régions). L'Atlas des valeurs américaines s'appuie sur un échantillon d'au moins 40 000 entretiens annuels menés auprès d'un échantillon aléatoire d'Américains afin de fournir un niveau de détail sans précédent sur le paysage culturel et religieux des États-Unis. 

    Appartenance religieuse : part des protestants évangéliques blancs par État (source : © American Values Atlas)

    Pour compléter 


    Comme l’a théorisé le chercheur Robert Wuthnow, l’électorat religieux américain s’est reconfiguré sur de nouvelles lignes politiques depuis les années 1980. Désormais, chaque confession se divise entre conservateurs pratiquants, qui votent républicain ; et progressistes peu ou pas pratiquants, qui votent démocrate. Michele Margolis apporte une précision quant au comportement des chrétiens issus des minorités : ce sont les protestants et catholiques pratiquants blancs qui votent républicain ; la majorité des électeurs non blancs et/ou non chrétiens et moins ou non pratiquants vote démocrate. Cette réalité semble avantager Donald Trump en 2024 : il séduit bien entendu la « droite religieuse », qui représente encore 35 % de l’électorat, lui proposant au surplus les thèses du nationalisme chrétien. Mais d’autres groupes issus des minorités rejoignent le vote Trump, tels que les Latinos évangéliques et les pentecôtistes noirs. Enfin, l’affaire de Gaza vient renforcer le vote républicain chez les évangéliques sionistes et les juifs orthodoxes, tandis qu’elle pourrait provoquer une abstention punitive pour le camp démocrate chez les électeurs propalestiniens d’origine arabe ou musulmane. De son côté, le Parti démocrate compte sur le vote des « nones » (athées, agnostiques et sans église particulière) devenu dominant et privilégie des thèmes sociétaux qui leur conviennent, tels que la posture pro-choice et la défense des causes LGBTQ+. Ce faisant, il ignore trop souvent le reste de ses électeurs religieusement affiliés. Kamala Harris attire pourtant un électorat religieux renouvelé et en expansion démographique, grâce à sa vision plus positive, mélioriste de la religion et de la situation des États-Unis. 

    Articles connexes

    Cartographie des résultats à la présidentielle de 2024 aux États-Unis

    Simulateur de vote et résultats aux élections présidentielles aux États-Unis

    La carte, objet éminemment politique : le monde vu à travers les tweets de Donald Trump

    S'initier à la cartographie électorale à travers l'exemple des élections présidentielles de novembre 2020 aux Etats-Unis

    L'attaque du Capitole reconstituée en cartes et en vidéos

    Cartographie électorale, gerrymandering et fake-news aux Etats-Unis

    La suppression de la Racial Dot Map et la question sensible de la cartographie des données ethniques aux Etats-Unis


    OSINT, conflit et impact sur l'environnement. L'épandage d'herbicide par les forces de défense israélienne


    Source :  « Israel should stop spraying of controversial herbicide in Syria and Lebanon » [Israël devrait cesser d'épandre cet herbicide controversé en Syrie et au Liban] (PAX).

    L'organisation PAX (basée aux Pays-Bas), qui entend "protéger les civils des violences de la guerre et mettre fin aux conflits armés", publie un article sur l'épandage d'herbicide en Syrie et au Liban. En janvier 2026, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont survolé les zones frontalières de la Syrie et du Liban à l'aide d'avions épandeurs d'herbicides, pulvérisant des champs et des zones frontalières. L'utilisation de cette substance chimique au-dessus des zones occupées ou de part et d'autre des frontières internationales soulève de graves inquiétudes quant à l'exposition potentielle des civils, aux conséquences sur les moyens de subsistance des agriculteurs en raison de la dégradation des terres agricoles, et aux dommages environnementaux plus généraux. L'organisation exige l'arrêt immédiat de l'épandage d'herbicides et une indemnisation pour les agriculteurs ayant subi des pertes de revenus suite aux dégâts causés aux cultures.

    Utilisation d'herbicide par Israël en Syrie et au Liban (source : PAX)

    Pour identifier les zones touchées et évaluer l'ampleur de l'utilisation d'herbicides, l'organisation a utilisé les données de géolocalisation de vidéos publiées en ligne et les a comparées à des images satellites. Les recherches montrent qu'une bande de terre d'au moins 55 kilomètres de long, située dans les zones frontalières de la Syrie, a été affectée. Elles révèlent également des dommages environnementaux plus importants liés à l'occupation israélienne du Sud-Liban et à ses activités militaires en Syrie. L'impact de ces épandages est visible sur les images satellites Sentinel-2 du 8 février et Planet du 7 février 2026. L'impact observé semble se limiter à une bande d'épandage d'environ 7 à 10 mètres de large le long de la frontière à l'intérieur de la Syrie, ou s'étendant sur plusieurs mètres au-delà de la ligne de démarcation. Ces épandages transfrontaliers semblent avoir pour but de maintenir une végétation dégagée afin d'empêcher les personnes et le bétail de s'approcher de la frontière. 

    Pour identifier les zones affectées, une interprétation visuelle et une analyse de l'indice de végétation (NDVI) par différence normalisée ont été utilisées. Cette analyse, réalisée par le Dr He Yin de l'Université d'État de Kent, a évalué l'état de la végétation en détectant les changements par comparaison des images Copernicus Sentinel-2 disponibles, à l'aide de compositions en fausses couleurs, avant et après le début des opérations de pulvérisation. Une comparaison d'images avant et après, datées du 19 janvier et du 8 février, a été effectuée, en utilisant ce type de décoloration et la largeur similaire de cette bande en bordure comme indicateur de traitement de la zone. Une autre approche a également été développée par l'expert SIG Sergio « Maps », qui a créé un script spécifique pour Copernicus EO Browser afin de distinguer les trajectoires d'épandage. L'indice Sentinel-2 créé par Sergio a été intégré à un script Google Earth Engine par Brian Perlman, spécialiste en télédétection. Son application propose une nouvelle option permettant de sélectionner un emplacement précis afin de vérifier la baisse rapide des valeurs NDVI, qui constituent ici un bon indicateur de l'utilisation du glyphosate. Il convient de noter que les outils et méthodes utilisés ne sont généralement pas applicables à la détection de l'utilisation du glyphosate, mais se sont révélés essentiels dans ce cas particulier, car ils ont corroboré d'autres éléments de preuve tels que la géolocalisation et l'imagerie au sol.

    Décoloration de deux longues bandes de végétation de part et d'autre de la frontière indiquant une pulvérisation probable de glyphosate (source : Copernicus Browser)

    L'histoire des dommages environnementaux transfrontaliers liés à l'épandage d'herbicides par Israël sur les terres agricoles palestiniennes à Gaza est bien documentée. Des organisations telles que Forensic Architecture ont montré comment les épandages aériens sur les terres agricoles de Gaza, ainsi que les épandages effectués du côté israélien de la frontière, pouvaient se propager de l'autre côté en raison des conditions de vent. Depuis 2014, de nombreux incidents ont été documentés par des organisations internationales et israéliennes de défense des droits humains, au cours desquels des avions israéliens ont épandu des mélanges d'herbicides qui ont endommagé les cultures à Gaza, entraînant des pertes de récoltes et de revenus pour les agriculteurs. Ces opérations se sont poursuivies de manière intermittente au cours des années suivantes. 

    L'un des exemples les plus graves d'utilisation d'herbicides s'est produit pendant la guerre du Vietnam, lorsque les États-Unis ont répandu d'importantes quantités de défoliants au Vietnam, au Laos et au Cambodge dans le cadre de l'opération Ranch Hand. L'utilisation d'herbicides dans les conflits est antérieure à cette période ; les forces britanniques ont déployé des défoliants similaires pendant l'insurrection malaise afin de réduire le couvert forestier utilisé par les insurgés. Cependant, la guerre du Vietnam a marqué un tournant en raison de l'ampleur des conséquences environnementales et sanitaires et de son impact sur le personnel américain

    Ces résultats de recherche ont été obtenus grâce à un travail de collaboration entre experts OSINT et SIG, ce qui montre l'utilité de la télédétection pour surveiller et suivre les dommages causés par les conflits et leurs impacts sur la santé et l'environnement.

    Pour compléter

    « Dark OSINT : quand les sources ouvertes deviennent des armes » (L'ADN). L’enquête en sources ouvertes, ou OSINT, est devenue un outil brillant au service des grandes enquêtes journalistiques. Mais l'OSINT est aussi détourné pour produire du doute, du ciblage et de la désinformation. Comment fait-on pour que l’OSINT reste un bon outil pour contrer l’ère de la post-vérité ? « Il faudrait enseigner l’OSINT et le fonctionnement des infrastructures d’Internet dès le collège. C’est, à mes yeux, un choix politique à assumer. Plutôt que d’interdire les réseaux sociaux aux jeunes ou de se contenter d’initiations très superficielles au numérique, il faudrait leur apprendre concrètement comment on enquête à partir de sources ouvertes » 

    Allan Deneuville (2025). OSINT : enquêtes et démocratie, éditions INA.
    Dans cet ouvrage publié en novembre 2025, Allan Deneuville, maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l’Université Bordeaux-Montaigne, s’intéresse à l’influence de l’OSINT sur notre société. Son ouvrage Copier-coller : le tournant photographique de l’écriture numérique est consultable en libre-accès (« Permettre une pédagogie du copier-coller comme geste de recherche, c’est concourir à refaire de la recherche un geste passionnel : réussir à savoir ce qui compte »). 

    Articles connexes 

    OSINT, enquêtes et terrains numériques (revue Hérodote)

    Dark Light Viewer, un outil pour repérer les changements à partir d'images satellites (OSINT)

    Des images satellites déclassifiées révèlent les impacts de la guerre du Vietnam

    Des images aériennes déclassifiées prises par des avions-espions U2 dans les années 1950




    Géographie des bibliothèques en France


    L'Atlas des bibliothèques territoriales, publié en 2024 par le Ministère de la Culture, fournit des cartes et des données très utiles pour dessiner une géographie des bibliothèques et des points d'accès aux livres en France. 

    Les 15 500 bibliothèques et points d’accès au livre permettent à 85 % des Français d’accéder à ce service culturel dans leur commune de résidence. La France compte en moyenne 23 établissements de lecture pour 100 000 habitants. Les collectivités urbaines sont plus équipées en lieux de lecture (neuf communes urbaines sur 10). Cependant, un tiers des communes rurales disposent d’un établissement de lecture publique, desservant ainsi près de 22 % des Français. La distribution dans l’espace métropolitain et ultramarin des bibliothèques publiques offre une remarquable couverture du territoire et un accès de grande proximité à la population. L’implantation des équipements est très liée à la densité de la population sur le territoire : les établissements majeurs (points en rouge) et les établissements de taille moyenne (points en orangé) se localisent généralement dans les zones les plus peuplées et urbanisées de la Métropole et de l’Outre-mer ; les espaces moins denses en population (zones très rurales, zones montagneuses, ou encore l’intérieur des terres en Outre-mer par opposition aux littoraux) accueillent moins d’établissements métropolitaine, ces zones peu peuplées disposent plutôt de points d’accès au livre (points en bleu), alors que dans les Outre-mer l’offre en bibliothèques se resserre autour d’établissements majeurs ou de taille moyenne. 

    Implantation et types de bibliothèques en France (source : Atlas des bibliothèques territoriales)

    Les régions Île-de-France, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de la Loire, et en Outre-mer, La Réunion et la Guadeloupe, sont les mieux desservies : plus de 93 % des habitants résident dans une commune équipée d’au moins une bibliothèque, contre 85 % en moyenne en France. La qualité du service proposé peut cependant différer au sein d’une région selon leur lieu d’implantation. L’écosystème propre aux villes, permettant de concentrer et de polariser les acteurs économiques, culturels, éducatifs et institutionnels, favorise des partenariats plus nombreux et les bibliothèques desservent des populations plus importantes. A l’inverse, les populations habitant en milieu rural sont moins bien desservies, même si les bibliothèques offrent ce service culturel en France à 66 % des ruraux dans leur commune de résidence. Il y a cependant des différences : moins de quatre ruraux sur 10 à Mayotte ont accès à une bibliothèque dans leur commune et seulement cinq ruraux sur 10 en Corse, dans le Grand Est, en Normandie et dans les Hauts-de-France. 

    Concentration des bibliothèques selon le type d'établissement (source : Atlas des bibliothèques territoriales)

    L'Atlas comporte de nombreuses cartes assorties de chiffres et de graphiques concernant les périodes de création des bibliothèques, leur accessibilité, leur amplitude horaire, leur type de publics, la diversité et la qualité de leur offre documentaire, leurs moyens humains et financiers, leur patrimoine, leurs équipements informatiques et numériques, leurs actions culturelles et leurs partenariats. 

    Source : Françoise Lucchini, Lola Jordan (dir.). Atlas des bibliothèques territoriales. Direction de l'information légale et administrative (DILA), 2024, https://shs.hal.science/halshs-04444109v1

    L’Atlas des bibliothèques territoriales est une publication du Ministère de la Culture (Service du Livre et de la Lecture). Trois parties composent cet Atlas. La première présente un panorama national des bibliothèques en France : premier service culturel de proximité, la bibliothèque se déploie sur tout le territoire et propose de multiples services et activités à ses publics. La deuxième partie dessine des portraits régionaux de l’état de la lecture publique dans les territoires. Enfin, la dernière partie met en avant, d’une part, les mises en réseau des bibliothèques à différentes échelles (départementale, intercommunale, métropolitaine et municipale), et, d’autre part, illustre avec une photothèque les récentes évolutions en matière d’offres de services, d’aménagements et de constructions architecturales. Cet Atlas est issu d’un partenariat de recherche entre le Ministère de la Culture et le laboratoire IDEES UMR 6266-CNRS Université de Rouen Normandie qui a élaboré et rédigé les cartes et textes. Les données utilisées proviennent de l’enquête annuelle statistique du Ministère de la Culture auprès des bibliothèques territoriales qui s’appuie sur un partenariat avec les conseils départementaux.

    Les données ayant servi à constituer l'Atlas des bibliothèques des collectivités territoriales sont disponibles sur le site data.culture.gouv.fr. Les fichiers à plat sont au format CSV, JSON, Excel et Parquet. Toutefois ils ne comportent pas de données de géolocalisation. Il est possible de se reporter au site data.gouv.fr qui comporte les mêmes données, mais avec géolocalisation.


    Par ailleurs Victor Gayed propose une carte de recensement des bibliothèques (BXN - Bibliothèque eXpansion Numérique) via l'application Gogocarto. En zoomant sur la carte en ligne, on accède aux différentes informations. Les points sont partiellement renseignés.  Vous pouvez les modifier en cliquant sur [Proposer des modifications] après avoir sélectionné un point. 


    Les données géolocalisées de la BXN sont téléchargeables au format ods, csv ou xls à partir de cette pageLes données des établissements correspondent à l’ensemble des informations contenues dans les fiches des établissements renseignés grace au formulaire. Pour chaque établissement cela regroupe le nom, l'adresse, son type ainsi qu'une description éventuelle, la tranche de population desservie, le fonctionnement ou non en réseau, la présence ou non d'un portail internet, la possession ou non de labels liés au numérique, l'accès au ressources numériques via un tiers ou non, et enfin toutes les ressources numériques proposées par l'établissement.

    Les données géolocalisées du site Data.gouv.fr permettent de réaliser des cartes à partir d'un SIG (type QGIS) ou d'un logiciel de cartographie thématique (type Magrit ou autre). On peut par exemple représenter les bibliothèques en fonction de leur nombre d'entrées. 

    Importance des bibliothèques d'après leur nombre d'entrées en 2023 (source : Data.gouv.fr)

    Plus que le nombre d'entrées ou d'emprunteurs (il peut y avoir des abonnés qui empruntent peu de livres), il semble que ce soit le nombre réel de prêts qui soit à même de rendre compte du dynamisme des bibliothèques. Voici une carte qui rapporte le nombre de prêts à la population de la commune. Ce type de carte fournit des pistes d'analyse. Cela met en valeur les grandes bibliothèques à forte attractivité (bien qu'un peu minorées ici par la classification par quantiles réduite à 5 classes), mais aussi les petites bibliothèques intercommunales qui sont nombreuses en France et peuvent avoir un rayonnement assez large sur les communes limitrophes.


    La base de données permet de réaliser d'autres cartes en utilisant les nombreuses variables proposées. Nous proposons une série de cartes en version interactive à retrouver à partir de cette story map (cela permet d'inclure les territoires ultramarins).


    Pour compléter  

    « Cartographier les ressources numériques en bibliothèques » (BPI). Face au défi de la valorisation des offres de ressources numériques en bibliothèques, la cartographie se développe comme une solution visuelle efficace et attractive.

    Emmanuel AZIZA et Xavier SENÉ, « Éditorial : audiovisuel et multimédia en bibliothèque », Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 2025-1. Entre 2018 et 2023, le prêt de DVD chute de 27 % alors que celui des livres augmente de 14 points. La vidéo à la demande (VàD) est présente dans 446 bibliothèques. Deux cartes présentent l’offre des ressources numériques onéreuses (sous droit) proposée par les bibliothèques municipales (BM) et départementales (BD) en 2023. Les BM moyennes et grandes, les réseaux de BM, achètent et proposent des ressources directement ; les petites BM proposent généralement des ressources acquises par la BD de leur territoire.

    Carte des bibliothèques de France dotées d'un accès aux ressources numériques en IIIF (Chronoscope World). L'IIIF (International Image Interoperability Framework) est un ensemble de normes ouvertes permettant de manipuler en ligne des objets numériques en haute résolution. 

    « Les Français et la lecture en 2025 » (CNIL). Mis en œuvre depuis 2015 par le Centre national du livre (CNL) et confié à Ipsos, ce baromètre bisannuel porte sur un échantillon de 1 000 personnes, représentatives de la population française (dès 15 ans et plus) et interrogées par téléphone. Il a pour objectifs de mesurer, sur la durée, les pratiques et les perceptions des Français vis-à-vis du livre et de la lecture, mais aussi de mieux comprendre ce qui favorise ou au contraire freine la lecture.

    Articles connexes

    Atlas et cartes numériques conservés par des bibliothèques