Théo Sanderson (@theo.io) propose une carte des 3,4 millions d'utilisateurs de Bluesky (chiffres de février 2026). La carte permet de visualiser les utilisateurs de Bluesky en fonction de leurs abonnements. Elle fait apparaître un monde en archipels en fonction des centres d'intérêt et des appartenances par pays.
Cartographie des utilisateurs du réseau social Bluesky (source : bluesky-map.theo.io)
La carte a été créée en ajustant un modèle de type moteur de recommandation avec des ajustements scalaires pour prédire la probabilité qu'une personne X suive une personne Y en fonction de ses « abonnements » et « abonnés », puis en représentant les abonnés en 2D avec diverses itérations de l'application t-SNE. Les « groupes » sont constitués de 30 profils biographiques choisis aléatoirement au sein de chaque groupe, parmi lesquels un LLM doit identifier les points communs. Le nom attribué à un groupe ne s'applique donc pas à tous ses membres et l'on peut être surpris du groupe auquel on est rattaché.
Saisissez votre identifiant en haut à gauche de l'écran pour sélectionner et afficher des comptes spécifiques. La seule information utilisée pour vous situer sur la carte est que les types de personnes qui vous suivent suivent également d'autres personnes dans cette zone de la carte. Si vous ne souhaitez pas apparaître sur la carte, il est possible de se désinscrire en indiquant à Bluesky que vous souhaitez désactiver la visibilité des profils déconnectés. Vous serez alors désinscrit lors de la prochaine importation de vos données de profil.
Il existe d'autre projets similaires pour visualiser la communauté des utilisateurs de Bluesky comme par exemple Aurora (présenté par Joel Gustasfon sur cette page).
Jaz propose des graphiques statistiques sur le nombre de publications Bluesky ainsi qu'un atlas des relations entre utilisateurs. Bluesky compte 43 millions d'inscrits et plus de 2,5 milliards de messages échangés. Le nombre de posts par utilisateurs unique s'élevait à environ 650 000 par jour fin 2025. Le site Exploding Topics fournit des statistiques par âge, sexe et données démographiques des utilisateurs de Bluesky.
Lancé en tant qu'entreprise indépendante en 2021, le réserau social Bluesky a conquis de nombreux utilisateurs, enregistrant une croissance rapide à partir de 2023, date à laquelle de nombreux anciens utilisateurs de X ont quitté la plateforme d'Elon Musk. Cette croissance s'est poursuivie, même si le trafic a légèrement ralenti en 2025.
Pour compléter
Awais, M. « Digital diaspora : mapping emotional migration and user personas from X to Bluesky » [Diaspora numérique : cartographie des migrations émotionnelles et des profils d’utilisateurs de X à Bluesky]. Quality & Quantity 60 , 1279–1296 (2026). https://doi.org/10.1007/s11135-025-02292-7
Cette étude explore les dimensions émotionnelles et discursives de la migration de la plateforme X vers Bluesky à partir d'un corpus d'avis (n = 21 400) sur l'application Bluesky publiés sur le Google Play Store. S'appuyant sur la théorie de la migration médiatique, le concept de public affectif et la notion de confiance algorithmique, l'étude utilise l'analyse lexicale des émotions, le clustering K-means et la modélisation thématique pour identifier quatre profils d'utilisateurs distincts : les migrants mécontents, les utilisateurs optimistes, les observateurs sceptiques et les fidèles de la plateforme. Les avis mentionnant Twitter (désormais X) présentent une intensité émotionnelle significativement plus élevée – tant positive (confiance, anticipation, etc.) que négative (colère, tristesse, etc.) – que ceux qui n'y font pas référence, ce qui indique un transfert affectif. Chaque profil reflète des préoccupations spécifiques liées à la modération, à la stabilité de la plateforme et aux attentes normatives. Les résultats de l'étude soulignent que la migration numérique n'est pas un acte neutre, mais un processus émotionnellement chargé, façonné par des griefs antérieurs, des espoirs pour l'avenir et des représentations algorithmiques.
Mikael Robertsson et Olov Lindberg n'avaient pas initialement prévu de créer l'un des principaux outils de surveillance de l'espace aérien mondial. Afin d'accroître la visibilité de leur portail de comparaison de prix de vols, les entrepreneurs ont ajouté une page affichant les données du trafic aérien. Cette page est devenue Flightradar24, le portail vers lequel se tournent désormais les gens du monde entier lorsqu'il y a des incidents dans le ciel. La plateforme suédoise est devenue un outil majeur d’observation du trafic aérien mondial. Elle permet aujourd’hui de suivre en temps réel les crises aériennes et les perturbations de l’espace aérien. Le système repose sur un réseau mondial d’environ 58 000 récepteurs radio, dont certains installés par des bénévoles et même une douzaine en Antarctique. Chaque avion transmet sa position, altitude, vitesse et trajectoire. Ces données permettent de cartographier en direct l’espace aérien mondial.
La plateforme s’est imposée lors de crises majeures. En 2010, l’éruption du volcan Eyjafjallajökull en Islande a fermé plus de 300 aéroports et annulé plus de 100 000 vols. Des millions d’utilisateurs ont alors suivi l’arrêt du trafic aérien européen en temps réel. D’autres événements ont confirmé ce rôle d’observatoire global. La disparition du vol Malaysia Airlines MH370 en 2014 ou la paralysie du transport aérien pendant la pandémie de 2020 ont attiré des audiences massives sur la plateforme. En mars 2026, la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran provoque une fermeture partielle de l’espace aérien du Moyen-Orient. Les vols sont redirigés vers deux corridors principaux, l’un au nord par le Caucase et l'Azerbaïdjan (crucial pour les vols entre l'Europe et l'Asie), l’autre au sud via l'Égypte, l'Arabie saoudite et Oman. Flightradar24 compte aujourd’hui environ 1,5 million d’abonnés payants et près de 60 millions d’utilisateurs mensuels. Selon son dirigeant Fredrik Lindahl, ces cartes aériennes révèlent comment les crises géopolitiques reconfigurent immédiatement les routes aériennes au niveau mondial.
Flightradar24 combine des données provenant de plusieurs sources, notamment ADS-B, MLAT, satellite et radar. Ces données de position sont agrégées avec les informations sur les horaires et le statut des vols fournies par les compagnies aériennes et les aéroports. Face à la recrudescence du brouillage et de l'usurpation de GPS à travers le monde, Flightradar24 a adapté le suivi des vols afin d'afficher la trajectoire la plus précise possible. Grâce à l'utilisation de plusieurs technologies de suivi des aéronefs, le site garantit un suivi précis même pour des vols affectés par le brouillage et l'usurpation de GPS.
En raison des crises politiques et des conflits, le nombre de "no fly zone" (zone d'exclusion aérienne) a tendance à se multiplier dans le monde. Les perturbations aériennes peuvent durer plus ou moins longtemps en fonction de la durée des conflits et des tensions. Les espaces aériens peuvent être complètement ou partiellement fermés, ou fermés par intermittence. Les flux aériens sont en général détournés sur des itinéraires plus sécures, ce qui a tendance à augmenter le trafic sur les couloirs aériens alternatifs. Avant même d'être déclarés officiellement zones d'exclusion, les zones dangereuses pour la circulation aérienne font l'objet de NOTAM (notices d'aviation) signalant aux pilotes d’aéronefs les dangers potentiels le long d’une route ou à un endroit susceptible d’affecter le vols. Les secteurs où les flux aériens se tarissent subitement peuvent être pris comme annonciateurs de crises majeures (#BlancsDesCartes). En 2026, les couloirs aériens entre l'Europe et l'Asie sont fortement perturbés par les deux guerres en Ukraine et en Iran.
Les perturbations de l'espace aérien en Afghanistan (16 août 2021) :
Les perturbations de l'espace aérien au Moyen-Orient (28 février 2026) :
With Iran’s and Iraq’s airspace closed, this narow corridor over Türkiye, Georgia, Armenia, and Azerbaijan has become the main artery connecting Europe with Asia. pic.twitter.com/ScWYG4N2xE
This map feels like a metaphor for how we live our lives. We carefully step around conflicts (that are in no way inevitable in the first place) and carry on with our banalities. I’m not saying we shouldn’t but it does feel representative of our condition. pic.twitter.com/e8yy030Jzv
— Simon Kuestenmacher (@simongerman600) March 8, 2026
Liens ajoutés le 15 avril 2026
« Le corridor vers l’Asie est de plus en plus étroit : l’espace aérien se réduit toujours plus et la facture grimpe pour éviter les zones dangereuses » (Challenges). Des trajets plus longs, encombrés, et une facture plus élevée : après un premier rétrécissement des zones de survol de 20 % depuis le début du conflit russo-ukrainien, la guerre en Iran complique la donne. C’est une carte du monde que les directeurs sûreté des compagnies aériennes françaises surveillent au jour le jour : celle des « zones à risques de survol » réalisée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Un planisphère où, depuis peu, les taches colorées se multiplient au point de se demander, en scrutant certaines parties du globe : mais par où les avions peuvent-ils encore bien passer ?
Mapinou est un jeu sur mobile pour aider les chercheurs à mieux comprendre comment nous interagissons avec les cartes en ligne. But du jeu : aider un lapin à retrouver son ami à travers la carte de France, en évitant les ennemis.
Ce jeu mobile a été développé par un équipe de recherche à l'IGN au sein du laboratoire LASTIG et dans le cadre du projet européen LostInZoom, dirigé par Guillaume Touya. Objectif ? Proposer un format vidéoludique pour collecter des données anonymes qui vont permettre de mieux comprendre comment nous interagissons avec les cartes en ligne. Une véritable expérience de cognition liée à notre capacité à nous localiser dans l’espace.
Il est fréquent qu'un utilisateur de carte multi-échelles se sente désorienté pendant quelques secondes après un zoom. Le projet LostInZoom (Ne pas se perdre dans les cartes multi-échelles : explorer la théorie de l'ancrage dans les interactions de zoom cartographiques dans le contexte de la gestion de crise) vise à établir un nouveau paradigme de zoom pour les cartes multi-échelles, basé sur des repères visuels multi-échelles servant d'ancrage pendant le zoom. Pour parvenir à ce nouveau paradigme, il est nécessaire de mieux comprendre comment les utilisateurs perçoivent et comprennent les cartes interactives multi-échelles, afin de concevoir des cartes et des interactions qui rendent la navigation à travers ces différentes échelles plus fluide. Le projet LostInZoom s'articule autour de trois axes principaux. Le premier consiste à explorer la perception des cartes interactives multi-échelles par une approche expérimentale, afin d'identifier les points de repère qui aident l'utilisateur à se situer lors d'un zoom. Le deuxième axe vise à concevoir de nouvelles techniques de généralisation cartographique pour générer des cartes multi-échelles mettant en évidence les points de repère essentiels à l'exploration multi-échelle. Enfin, le troisième axe est consacré à la conception de nouvelles interactions de zoom centrées sur ces points de repère, pour une exploration encore plus fluide.
Les chercheurs utilisent les données de déplacement (nombre de zooms avant/arrière, déplacements latéraux, clics, etc.) pour étudier la manière dont nous interagissons avec la carte. Les différentes parties sont séparées par des expériences de cognition spatial qui vont leur permettre de faire un lien entre le sens de l'orientation et la capacité à se déplacer dans une carte. Nous ne collectons pas de données personnelles et respectons le RGPD.
Vous pouvez ouvrir le jeu sur ordinateur également, mais les chercheurs analysent plutôt les parties jouées sur mobile. Le QRcode de l'affiche est à scanner pour un accès direct vers le jeu. Il est recommandé d'installer le jeu sur votre téléphone afin de pouvoir y revenir. Finir toutes les parties aide beaucoup pour les analyses statistiques.
La carte est l'objet de pouvoir par excellence. Comment pourrait-on connaître, administrer ou défendre son territoire sans l'avoir cartographié avec précision ? En France, c'est la mission de l'IGN, dont le modèle économique est en train de basculer du papier vers les pixels. Cette enquête est déclinée sous forme de vidéo sur YouTube.
"La carte est, et a toujours été, une affaire d’Etat. Depuis les premières campagnes de cartographie lancées sous Louis XIV jusqu’à la mission de l’IGN aujourd’hui, l’enjeu a toujours été le même : il faut être maître de la carte de son territoire. Bienvenue dans notre nouveau Plan Carte." (Jules Grandin)
Le 8 juillet 2025, la secrétaire d'État à l'Agriculture Brooke Rawlings a tenu une conférence de presse devant le siège du ministère de l'Agriculture, mettant l'accent sur la protection de la sécurité foncière américaine. Elle a annoncé la mise en place d'un « Plan d’action national pour la sécurité agricole ». Il s’agit d’une série de mesures prises pour protéger l’approvisionnement alimentaire des États-Unis, directement reliée ici à la question de la défense nationale. Selon ce plan, le gouvernement fédéral devra collaborer avec les États afin d'empêcher les capitaux chinois et étrangers d'acquérir de nouvelles terres aux États-Unis et de renforcer la surveillance des terres agricoles appartenant déjà à des étrangers. La prise de position et la carte qui l'accompagne s'inscrivent dans le cadre de l'affirmation d'un véritable nationalisme économique face à la Chine et au reste du monde :
« L’agriculture américaine ne se résume pas à nourrir nos familles, mais vise également à protéger notre pays contre les adversaires étrangers qui achètent nos terres agricoles, volent nos recherches et créent de dangereuses vulnérabilités dans le système qui assure nos moyens de subsistance... Interdisons (au PCC) d'acheter des terres agricoles américaines. » (Brooke Rawlings, secrétaire d'État à l'Agriculture, 8 juillet 2025).
Comtés des États-Unis avec des terres agricoles détenues par des Chinois (source : USDA)
La carte publiée par le ministère américain de l'Agriculture montre en jaune les terres déjà acquises par des entreprises chinoises et en rouge les bases militaires situées à proximité. Les entreprises chinoises possèdent 265 000 acres de terres, dont une grande partie serait située à proximité d'installations militaires sensibles. En réalité, la carte est trompeuse car elle indique non pas les terres agricoles appartenant à des Chinois mais les comtés où des Chinois possèdent des terres (ce qui n'est pas tout-à-fait la même chose en termes de superficie réelle). De fait, la Chine possède moins de 1% des terres agricoles détenues par des étrangers.
D'après le New York Post, la Chine possèderait des terres agricoles à proximité de 19 bases militaires américaines à travers le pays, ce qui ferait craindre des actes d'espionnage et de sabotage de la part d'agents communistes. Les bases adjacentes aux terres appartenant à la Chine comprennent certaines des installations les plus importantes sur le plan stratégique, notamment Fort Liberty à Fayetteville en Caroline du Nord, Fort Cavazos à Killeen au Texas, la base du Corps des Marines de Camp Pendleton à San Diego en Californie ou encore la base aérienne de MacDill à Tampa en Floride. « La proximité de sites stratégiques est préoccupante », a déclaré au Washington Post le général de brigade Robert S. Spalding spécialiste des relations sino-américaines. « Ces lieux peuvent servir à installer des centres de collecte de renseignements et leurs propriétaires peuvent exercer une influence considérable sur la politique locale, comme nous l'avons constaté par le passé... Il est alarmant de constater l'absence de lois empêchant les Chinois d'acquérir des biens immobiliers aux États-Unis. » Selon les sources du Washington Post, les propriétaires terriens chinois pourraient utiliser l'agriculture comme couverture pour repérer les bases, installer des technologies de suivi, effectuer des reconnaissances et tenter de faire voler des drones au-dessus des installations.
La propriété étrangère des terres agricoles américaines est recensée en vertu de l'Agricultural Foreign Investment Disclosure Act (AFIDA), qui oblige depuis 1978 les entités étrangères à déclarer leurs propriétés foncières au Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA). Si les agriculteurs américains restent les principaux propriétaires, la propriété étrangère des terres agricoles n’a cessé d’augmenter soulevant des questions complexes concernant l’utilisation des terres, la sécurité nationale et la production alimentaire. Le site Landvalues note à cet égard trois éléments importants :
1. Les énergies renouvelables et le bois sont le moteur des acquisitions foncières
La principale motivation derrière les acquisitions foncières étrangères réside dans les énergies renouvelables. Entre 2018 et 2023, 76 % de la croissance des terres agricoles détenues par des étrangers était liée à des projets éoliens ou solaires. Parallèlement, les terres forestières détenues par des étrangers aux États-Unis gagnent en popularité en raison de leur valeur sur les marchés du carbone et pour la diversification des portefeuilles. Ces actifs jouent un rôle stratégique dans les tendances d'investissement liées au climat et sur les marchés fonciers ruraux.
2. La Chine n'est pas le seul pays à investir dans les terres agricoles américaines
Si les gros titres se concentrent souvent sur les terres agricoles appartenant à des Chinois, la Chine possède moins de 1 % des terres agricoles détenues par des étrangers aux États-Unis. Les principaux investisseurs étrangers sont en réalité originaires du Canada, des Pays-Bas, d'Italie et d'autres pays d'Europe occidentale.
3. La propriété foncière agricole étrangère répond à une stratégie d'investissement étranger
Les investisseurs étrangers considèrent généralement les terres agricoles américaines comme un actif stratégique à long terme. Bien que certains acheteurs paient jusqu'à 13,7 % de plus que les acheteurs nationaux, leur part totale reste trop faible pour pouvoir influencer la valeur des terres à l'échelle nationale. Néanmoins, les préoccupations liées à la sécurité nationale et à la propriété foncière étrangère ont alimenté le débat et conduisent à un examen plus approfondi des exigences de déclaration de l'AFIDA.
Dans le cadre de son Plan d’action national pour la sécurité agricole, le ministère de l'Agriculture des États-Unis (USDA) a publié une carte des acquisitions de terres agricoles par des étrangers. La carte montre la répartition des acquisitions foncières par des entités étrangères dans les 50 États, "ce que de nombreux élus considèrent en soi comme une menace pour la sécurité nationale". La carte indique quels pays possèdent des terres aux États-Unis et précise le comté où elles se situent. La carte réalisée à l'échelle des comtés ne permet cependant pas de conduire une analyse à l'échelle des parcelles agricoles. Le ministère de l'Agriculture des États-Unis (USDA) indique qu'il travaillera à l'amélioration continue des données afin de les rendre plus précises et en temps réel au cours des prochains mois.
Les acquisitions de terres agricoles par des étrangers aux États-Unis (source : USDA)
D'après le rapport de l'AFIDA du Département de l'Agriculture des États-Unis, 45,85 millions d'acres de terres agricoles étaient détenues par des investisseurs étrangers en 2023, soit 3,61 % de la superficie totale des terres agricoles privées aux États-Unis. Cela représente une augmentation de 1,58 million d'acres (3,6 %) par rapport à 2022 et de 5 millions d'acres (12,2 %) par rapport à 2021. Les investisseurs canadiens possèdent la plus grande part des terres agricoles américaines détenues par des étrangers, avec 33,5 % (15,35 millions d'acres) du total et 1,21 % de l'ensemble des terres agricoles américaines. Viennent ensuite les investisseurs néerlandais, italiens, britanniques et allemands, qui détiennent respectivement 0,41 % (5,2 millions d'acres), 0,22 % (2,7 millions d'acres), 0,11 % (2,6 millions d'acres) et 0,20 % (2,5 millions d'acres) des terres agricoles américaines.
Des entreprises et des investisseurs chinois possèdent plus de 277 000 acres de terres agricoles réparties dans 30 États. D'autres pays adversaires des États-Unis ont également acquis des terres agricoles et forestières américaines. Le Venezuela possède plus de 90 000 acres de terres dans 17 États, l'Iran en a acheté plus de 3 000 dans 10 États et le Pakistan possède 2 100 acres dans trois États. Sous l'administration Biden, une nouvelle réglementation a déja été mise en place afin d'obliger les ressortissants ou entreprises étrangères à obtenir l'autorisation du gouvernement américain avant de pouvoir acheter des terrains situés à proximité de huit bases militaires américaines. Il semble que sous l'administration Trump, le protectionnisme se soit largement renforcé.
Pour Jason Lewris, le problème est beaucoup plus large et touche les investissements étrangers qui disposent d'un réseau sophistiqué de prospecteurs fonciers aux États-Unis, chargés d'acquérir des terrains avant leur prise de contrôle. L'auteur, qui étudie depuis cinq ans comment les gouvernements russe, chinois et iranien acquièrent des terres et des logements résidentiels aux Etats-Unis, a créé Parcl Labs, dont la mission est de rendre les données immobilières en temps réel, transparentes et accessibles. Le site propose un jeu de simulation "Propriétés étrangères et menaces de drones". Le joueur choisit une plateforme de drones pour simuler des frappes tactiques contre des installations militaires sensibles situées à moins de 15 mn. Dans ce scénario de simulation de guerre, 36 % des 743 institutions militaires et de recherche américaines les plus sensibles se trouveraient à une distance de frappe de 15 minutes si elles sont lancées depuis des lieux ayant des liens potentiels avec des entités gouvernementales chinoises, russes ou iraniennes. "Cette simulation de jeu de guerre est basée sur des données et des renseignements matériels accessibles au public. Les résultats sont fournis à des fins éducatives, de recherche et de planification stratégique uniquement". Ce type de jeu de simulation entend favoriser une prise de conscience. Il contribue en même temps à alimenter la peur de la menace étrangère.
Plan d’action national pour la sécurité agricole (USDA). Le plan fait de la sécurité alimentaire une question de sécurité nationale. Il fixe sept priorités : 1) sécuriser et protéger les terres agricoles américaines 2) renforcer la résilience de la chaîne d'approvisionnement agricole 3) Protéger le filet de sécurité alimentaire américain contre la fraude, les abus et les ingérences étrangères 4) renforcer la sécurité de la recherche 5) évaluer les programmes de l'USDA afin de garantir le respect des priorités américaines 6) préserver la santé des végétaux et des animaux 7) protéger les infrastructures critiques.
Les États-Unis interdisent les achats de terres agricoles par des entreprises chinoises, invoquant des raisons de sécurité nationale (The Washington Post).
Une nouvelle carte révèle la superficie des terres appartenant à des entités étrangères dans chaque comté (Nothernag).
Point saillant de la carte : la cartographie des terres agricoles appartenant à des étrangers (Landvalues).
Rapport de l'AFIDA sur les propriétés étrangères de terres agricoles américaines au 31 décembre 2023 (USDA). Le rapport permet d'analyser les données d'acquisitions agricoles par comtés et par pays investisseurs étrangers.
Rapport : la Chine possède des terres agricoles à proximité de 19 bases militaires (Newsmax).
Démocrates et Républicains s'allient pour limiter les achats de terres agricoles américaines par les Chinois (NBCNews).
Simulation de jeu de guerre : propriétés étrangères et menaces de drones (Parcl Labs).
Maxime Blondeau (2024). Géoconscience, un nouveau regard sur le territoire, Allary éditions (voir le site de l'éditeur).
Et si l'humanité changeait de regard sur son territoire ? Savez-vous que le sommet de la planète n'est plus l'Everest mais le mont Chimborazo dans les Andes ? Que la moitié de la population humaine vit à moins de cent kilomètres d'un littoral ? Que la masse totale du béton et du ciment sur Terre vient de dépasser celle du vivant ? Ou encore que soixante-six départements français portent le nom d'une rivière ?
Avec des cartes surprenantes et des photos immersives, Maxime Blondeau nous révèle le caractère vital et fascinant de notre habitat commun. Un voyage scientifique et poétique pour éveiller notre conscience géographique, notre géoconscience.
Maxime Blondeau enseigne la cosmographie à Sciences Po Paris et à l’École des Mines de Paris. Ses publications sur LinkedIn sont suivies par 200 000 abonnés et cumulent 160 millions de vues. Géoconscience est son premier livre.
« Géographie ? Cosmographie ? Maxime Blondeau se passionne pour une réécriture de la Terre qui marie les vieilles (et nouvelles) cartes, les photos et les images satellites. C’est sur les réseaux sociaux qu’il a capté une partie de son public. Rencontre avec un cosmographe, version XXIe siècle » (Gilles Fumey, Faut-il réécrire la Terre ?Géographie en mouvement).
Véritable atlas sonore de 10 minutes, la chronique du cosmographe Maxime Blondeau, diffusée chaque mois sur RFI dans "C’est Pas du Vent", explore les forces et fragilités des territoires. Chaque épisode raconte la rencontre d’un lieu avec le temps, un voyage sensible où la géographie devient récit. En conclusion, un morceau musical intégral incarne le territoire et sa langue. Par cette approche singulière, Maxime Blondeau unit géographie, écologie et culture, invitant à changer notre regard sur les lieux que nous habitons. Une chronique réalisée par François Porcheron.
La Cour des comptes a publié en septembre 2025 un rapport sur « La contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains». Elle indique qu’en 2019, le coût moyen d’un déplacement en transport collectif urbain (TCU) est de 3,55 €, avec 0,76 € (22% seulement) couverts par l’usager, 1,82 € (51%) par les employeurs et 0,97 € (27% par les subventions publiques). Sur les seuls coûts de fonctionnement, la part des usagers est de 41 % des financements, avec de forts contrastes selon les villes, de 0 % (gratuité) à 61 % (Lyon) comme l’indique la carte. La part des usagers a baissé ces dernières années, au vu des moindres tarifs appliqués, et de réseaux de plus en plus étendus en lien avec la périurbanisation. Ce qui pose la question de la gratuité des transports en commun, très appréciée par les usagers mais encore peu mise en oeuvre en raison du coût pour les entreprises et les collectivités.
La carte
Ratio « R/D » de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes tarifaires, par réseau en 2019 (source : Cour des comptes)
La carte fournit un aperçu des ratios recettes-dépenses (R/D) pour 88 Autorités organisatrices de la mobilité (AOM). Il convient de préciser que plusieurs organismes publient des statistiques relatives au ratio R/D et des écarts de plusieurs points sont couramment constatés. Ces différences proviennent des variations dans les définitions et les périmètres utilisés. Le réseau de Lyon présente un ratio « R/D » (Recettes/Dépenses) qui se détache largement de celui des autres réseaux, avec 61 % en 2019. Avec l’Île-de-France, seuls quelques autres réseaux avaient une couverture supérieure à 30 %, comme Nantes, Montpellier, Tours, Bordeaux, Toulouse, Lille, Strasbourg.
Le débat
Aurélien Bigo, chercheur sur la transition énergétique, avance plusieurs éléments de débat en ce qui concerne la pertinence de la gratuité des Transports collectifs urbains (TCU) :
Ses effets sur l’usage du bus ou le report modal : s’il y a de nouveaux usagers, quelle part provient de la gratuité, ou de l’éventuel renforcement concomitant de l’offre ? quelles parts viennent de la voiture, de la marche, du vélo ?
Le prix n’est que rarement la première raison de non usage des TCU (6 % seulement)…
C’est bien plus souvent le manque d’offre, de fréquence, la qualité de service… la priorité pour augmenter l’usage devient alors d’augmenter l’offre.
Dans ce contexte, par rapport à une tarification solidaire, faut-il se priver des recettes des usagers qui ont les moyens de financer les TCU ?
Alors que la mesure est généralement bien perçue par la population et notamment les usagers, ne souffre-t-elle donc que de défauts ? On peut citer comme avantages :
Le côté pratique pour les usagers
Les tarifications sociales présentent un risque de non recours aux aides
Des économies sur la gestion de la billettique
Enfin, dans certaines petites villes, la contribution des usagers est tellement faible que la gratuité n’y est pas forcément très coûteuse
Aurélien Bigo en retient les éléments de synthèse suivants :
La pertinence de la gratuité dépend du contexte local, en particulier de la taille des villes et de la part de financement qui vient des usagers
Mais à un moment où la priorité doit être de financer un choc d’offre, et alors que les finances publiques sont particulièrement sous contraintes, ce n’est pas la priorité pour la plupart des réseaux
La tarification doit viser un subtil équilibre entre augmentation du financement de l’offre et accessibilité du réseau, en particulier pour les plus vulnérables. D'aucuns proposent une tarification sociale basée sur le revenu...
Pour compléter
Rapport de la Cour des comptes sur "La contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains"
L’Observatoire des villes du transport gratuit fournit une carte des 46 villes ayant mis en place un transport gratuit pour la majorité des usagers (en France métropolitaine)
Yves Crozet, Bruno Faivre d’Arcier, Aurélie Mercier, Guillaume Monchambert, Pierre-Yves Péguy. Réflexions sur les enjeux de la gratuité pour le réseau TCL. [Rapport de recherche] SYTRAL et LAET, Lyon, 2019, pp.116
"Les bus plus rapides peuvent-ils vraiment être gratuits ?" (New York Times)
Le débat sur la gratuité des transports concerne d'autres pays que la France. Zohran Mamdani a construit sa campagne électorale à New York en exploitant la frustration suscitée par le système des bus. « Des bus rapides et gratuits », a-t-il promis, les deux objectifs étant liés. « Aujourd'hui, dans la ville la plus riche du pays le plus riche de l'histoire du monde, un New-Yorkais sur cinq n'a pas les moyens de payer le bus », a déclaré M. Mamdani, défendant son projet lors du dernier débat de campagne la semaine dernière. Si l'on rendait cet argent aux gens, et plus de leur temps, suggère-t-il, les retombées économiques pour la ville dépasseraient même le coût d'un programme de gratuité qui, selon lui, pourrait coûter 700 millions de dollars par an. Les critiques, et même certains défenseurs des transports en commun, mettent en garde contre l'incompatibilité de ses deux objectifs : dépenser des sommes aussi importantes pour subventionner les bus, et il ne restera pas grand-chose pour les améliorer, surtout à un moment où le gouvernement fédéral sape le soutien aux transports en commun et où l'économie est fragile.
Des millions d'Américains ont manifesté le samedi 18 octobre 2025. Rassemblés autour du mot d’ordre « No Kings » (Pas de rois), environ 7 millions de manifestants, selon les organisateurs, ont défilé pour dénoncer le pouvoir autoritaire du président Donald Trump. Plus de 2 700 rassemblements se sont tenus dans les grandes villes américaines ainsi que dans des petites villes du centre des États-Unis, et des bourgades d’Etats républicains. Le mouvement de contestation s'est également étendu à quelques grandes villes en Europe.
L'appel à l'action a été lancé à partir d'une carte publiée sur le site No Kings, largement diffusée sur Internet et sur les réseaux sociaux. Les cartes de manifestations jouent un rôle central dans la naissance et la propagation des mouvements sociaux, en raison du fait qu’elles sont conçues dès le départ pour être diffusées et reproduites à la fois par les médias et par les sites Internet. Ces cartes, souvent associées à des textes, des images ou des slogans, participent d’une forme de contre-pouvoir, voire de contre-culture. De la carte-slogan à l'action politique, voyons comment cette carte a circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux et comment elle peut être interprétée en lien avec d'autres symboles.
I) Au départ, une simple carte d'appel à l'action
La carte publiée sur le site No Kings est assez classique. Elle s'inscrit dans le répertoire d'actions utilisé aujourd'hui pour sensibiliser l'opinion publique et encourager à l'action. Il s'agit, pour les organisateurs, de répertorier les lieux prévus de manifestations plusieurs jours ou semaines avant qu'elles n'aient lieu. Elle a vocation au départ à informer pour trouver le lieu de rassemblement le plus proche de chez soi. Plus de 2500 rassemblements, réunions ou événements sont annoncés le 14 octobre dans 1700 villes des États-Unis. Même si cette « protest map » relève seulement d'un appel et ne présage pas du succès de la manifestation, elle a vocation à mobiliser un maximum d'opposants à la politique autoritaire de Trump, y compris en Europe. L'accumulation de gros points sur la carte accrédite l'idée d'un mouvement d'ampleur.
La carte d'appel à l'action sur le site No Kings - 2500 lieux de manifestation prévus le 14 octobre 2025
La mobilisation « No Kings » du 18 octobre s'inscrit dans une certaine continuité puisqu'il s'agit d'une deuxième journée de manifestation. Les premiers rassemblements No Kings ont eu lieu le 14 juin en réponse à un défilé militaire que Trump avait prévu pour le 250e anniversaire de l'armée américaine et son 79e anniversaire. Selon les estimations, la première manifestation avait réuni entre 2 et 4,8 millions de personnes au cours de 2 150 actions à l'échelle nationale. Elle était déjà elle-même supérieure aux manifestations « Hands Off » du 5 avril, qui avaient également mobilisé un nombre important de personnes, entre 919 000 et 1,5 million de personnes.
Il convient de noter que, par rapport à la première carte qui comptait 2 000 points de rassemblement, la nouvelle carte en compte 500 de plus. Il s'agit de montrer que le mouvement de contestation prend de l'ampleur. Cette nouvelle vague de manifestations survient dans un contexte de frustration croissante et d'opposition généralisée à la répression militaire du président Trump contre les villes dirigées par les démocrates à travers l'Amérique. Autre point de différence : lors de la manifestation du 14 octobre, la décision d'organiser des événements No Kings dans toutes les villes sauf Washington D.C correspondait au choix délibéré de mettre l'accent sur le contraste par rapport aux cérémonies officielles (cf forme de contre-événement) et de ne pas donner à l'administration Trump l'occasion d'attiser le conflit et de le mettre en avant. Lors de la manifestation du 18 octobre, toutes les villes sont concernées y compris Washington D.C.
La carte interactive « No Kings » n'est pas particulièrement intéressante en soi, si ce n'est comme visualisation de l'ampleur géographique du sentiment anti-Trump aux États-Unis. Il s'agit en apparence d'une simple carte interactive indiquant les lieux des manifestations contre l'autoritarisme croissant de l'administration Trump. Pourtant si on l'observe de plus près, on s'aperçoit qu'elle donne lieu à quelques variations. Ainsi en Europe notamment pour Londres, Madrid, Porto ou Stockohlm, le slogan "No Kings" a été remplacé par "No Tyrants" ou "No Dictators", de manière à élargir la contestation à toute forme de pouvoir autoritaire voire dictatorial. Le trumpisme ne concerne pas que les États-Unis. La montée de l'autoritarisme et la restriction des libertés concernent beaucoup d'autres pays dans le monde. Ce qui ferait de l'Amérique un symbole d'un mouvement de contestation beaucoup plus large à l'échelle mondiale.
La carte d'appel à l'action sur le site No Kings pour la partie Europe - "No Tyrants, No Dictators"
Le site No Kings ne permet pas de télécharger la liste des lieux prévus de manifestation. Il est conseillé d'utiliser le site We the people dissent qui recense tous les événements liés au mouvement No Kings à partir d'une carte et d'une base de données mise à jour quotidiennement depuis juin 2025. La carte distingue les lieux de manifestation en fonction de leur coloration politique à l'élection présidentielle (pro démocrate ou pro républicain).
Manifestations prévues le 18 octobre aux Etats-Unis à partir du site We the people dissent (en rouge les comtés favorables à Trump / en bleu ceux favorables à Harris / en violet plus mixtes)
II) Le message et sa diffusion sur les réseaux sociaux
A l'heure d'Internet et des réseaux sociaux, la carte entend faire passer un message. Elle n'est pas seulement destinée à informer sur les lieux de rassemblement les plus proches. Elle a vocation à être reprise et diffusée sur les réseaux sociaux. On la retrouve aux côtés d'autres images ou slogans destinés à renforcer le message.
La carte des rassemblements accompagnée du slogan "No Thrones, No Crowns, No Kings" (« Pas de trônes. Pas de couronnes. Pas de rois ») - Source : @indivisible.org
Les membres de la génération Z, qui ont grandi à l'ère d'Internet, utilisent couramment les médias sociaux comme plate-forme pour organiser et coordonner les manifestations. La diffusion de la carte est le fait d'activistes, mais aussi de simples manifestants ou sympathisants du mouvement. Cette diffusion est variable en fonction des réseaux sociaux et mériterait une étude plus poussée. On remarque par exemple une diffusion bien moindre sur le réseau Twitter contrôlé par Elon Musk, proche du président républicain.
Ces rassemblements, nés à Portland avant de s’étendre au pays entier, marquent le retour d’une opposition organisée. "Les démocrates montrent enfin de la colonne vertébrale", souligne Ezra Levin, cofondateur du mouvement Indivisible (une carte recense les nombreuses actions conduites par ce groupe). Plus de 200 organisations se sont engagées comme partenaires des manifestations du 18 octobre ; aucune n'a abandonné par crainte d'une réaction négative de Trump. L'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union), association de défense des droits civiques, est partenaire, tout comme le groupe de défense Public Citizen. Des syndicats, dont la Fédération américaine des enseignants (American Federation of Teachers) et le SEIU, font partie de la coalition. Le nouveau mouvement de protestation 50501, né auparavant d'un appel à manifester dans les 50 États sur une seule journée, est également partenaire. Parmi les autres partenaires figurent la Human Rights Campaign, MoveOn, United We Dream, la League of Conservation Voters et Common Defense.
III) Le traitement de l'information par les médias
Les médias ont également relayé la carte publiée par le site No Kings. Mais à la différence des réseaux sociaux, ils ne reprennent pas la carte telle quelle. Afin d'éviter de servir de relais de propagande et sans doute aussi par souci d'assurer un traitement de l'information, les médias proposent en général des versions reconstruites à partir des données fournies par le site officiel No Kings, qui reste malgré tout la source des données. Cela peut aller de la simple carte par points afin de conserver une certaine neutralité ou lisibilité de l'information jusqu'à un traitement plus poussé mettant en lumière les hauts-lieux de la contestation. Ce faisant, le but des organisateurs de voir largement circuler le message via les medias est en partie atteint.
Le journal The Guardian diffuse une carte par points uniformes en ajoutant quelques noms faisant ressortir les zones concentrant le plus de rassemblements. Le message se veut assez neutre, nonobstant le titre qui ne prend pas la précaution de mentionner qu'il s'agit seulement des lieux prévus pour les rassemblements.
« Les manifestations No Kings aux États-Unis » (source : The Guardian)
La chaîne d'information CNN s'en tient à une carte également assez minimaliste indiquant le nombre de manifestations prévues par comté, ce qui a tendance à uniformiser l'information à l'échelle du territoire. Les cercles sont pourtant proportionnels au nombre d'événements (de 1 à 30). Mais ils sont de taille beaucoup plus petite que sur la carte du site officiel No Kings. Sous la carte est ajoutée une note : « L'ampleur et la portée de chaque événement prévu sont inconnues et le site web du groupe indique qu'il s'engage à mener une action non violente ». De fait, CNN semble avoir conscience du risque de répression et de la peur éventuelle que peut inspirer ce type de carte (d'où aussi la volonté de neutraliser le message et de lisser l'information).
« Des manifestants se rassemblent contre l'administration Trump lors d'événements No Kings à travers le pays » (source : CNN)
A partir des mêmes données, Axios propose une carte rapportant le nombre d'événements par ville (voir la carte déjà réalisée pour la manifestation du 14 juin). On y voit ressortir les grandes métropoles du Nord-Est et de la côte ouest des États-Unis qui ont voté contre Trump, mais aussi des villes de rang plus modeste.
« Rassemblements, réunions et événements de mise en visibilité No Kings prévus le 8 octobre 2025 » (source : Axios)
On retrouve parmi les lieux de rassemblement les places symboliques de défense des droits civiques, notamment Grant Park à Chicago, ville surveillée par la Garde nationale et où la mobilisation est particulièrement forte. « Même dans les villes où les troupes sont déployées, des millions de personnes devraient manifester contre le président dans le cadre d'une 2e manifestation... Nous ne nous laisserons pas intimider » (The Guardian).
IV) De la carte-slogan à son interprétation par rapport à d'autres symboles
Les Républicains ont qualifié les manifestations No Kings de « rassemblements de haine contre l'Amérique », en les assimilant à des ennemis de l'intérieur, des partisans du mouvement antifa, voire des terroristes (voir le témoignage de Mark Bray, menacé de mort pour ses travaux sur l’antifascisme et qui a fui les États-Unis pour l'Europe). Les manifestants ont répliqué avec des panneaux « We love America » comme symbole de défense de la liberté et de la démocratie ou encore « l'Amérique appartient à son peuple et non aux rois ». À Austin (Texas), le gouverneur Greg Abbott a déployé la Garde nationale, la division des Texas Rangers, des policiers d'État et le Département de la sécurité publique du Texas avant le rassemblement, avec le soutien d'avions et d'autres moyens tactiques. Il a déclaré dans un communiqué que « la violence et la destruction ne seront jamais tolérées au Texas » et qu'il avait donné l'ordre à tous les agents des forces de l'ordre et à toutes déployé toutes les ressources nécessaires pour assurer la sécurité des habitants ». Cette décision a suscité de vives critiques de la part des Démocrates.
Face à l'administration Trump qui souhaite réprimer les manifestations, le mouvement No Kings entend montrer qu'il s'agit de la « plus grande manifestation pacifique de l'histoire américaine ». Des manifestants ont rempli Times Square à New York, où la police a déclaré n'avoir procédé à « aucune arrestation liée aux manifestations », alors même que plus de 100 000 personnes se sont rassemblées pacifiquement dans les cinq arrondissements. De l'avis général, les manifestations étaient essentiellement festives, avec souvent des personnages gonflables et des manifestants costumés. La foule, d'une population diversifiée, comprenait des parents poussant des enfants en poussette, des retraités et des personnes accompagnées d'animaux de compagnie. Des manifestations comme celles-ci rassemblent des groupes multigénérationnels et leur côté ludique peut contribuer à créer un élan et à renforcer une communauté. Elles reflètent le malaise croissant de nombreux Américains face à des événements tels que les poursuites pénales contre les ennemis politiques de Trump, sa répression militarisée de l'immigration et l'envoi de troupes de la Garde nationale dans les villes américaines - une mesure qui, selon le président américain, visait à lutter contre la criminalité et à protéger les agents de l'immigration (les déploiements de la Garde nationale à Chicago et Portland ont été temporairement suspendus par décision de justice).
Ce n'est pas tant le pays qui est célébré que l'Amérique en tant que symbole de liberté. « Pendant 250 ans, partout dans le monde, malgré toutes nos erreurs, les États-Unis sont restés un symbole de liberté, de démocratie, d’espoir et d’indépendance », selon le chanteur Bruce Springsteen. Dans les dessins et caricatures, on trouve de nombreuses références à la Déclaration d'indépendance de 1776, événement fondateur de la constitution et de la démocratie américaine.
Par son pouvoir performatif, la carte est à interpréter conjointement avec d'autres symboles brandis pendant les manifestations. Lors des défilés, elle laisse la place à une autre iconographie propre aux manifestants qui expriment leur point de vue à travers des affiches, banderoles et autres panneaux affichant leur réprobation.
Lors des manifestations à travers les États-Unis, certains manifestants portent du jaune – un symbole d’unité et une référence à d’autres mouvements de résistance non violente, selon les organisateurs. « Tout au long de l'histoire, les personnes qui se sont rassemblées pour protester contre les régimes autoritaires ont utilisé une couleur facilement reconnaissable parmi des milliers de personnes », peut-on lire sur un tract publié sur le site web No Kings. « Le jaune est un rappel éclatant et sans équivoque que des millions d'entre nous sommes unis par la conviction que l'Amérique appartient à son peuple, et non aux rois ». Le site du mouvement évoque également Hong Kong, où les manifestants portaient des parapluies jaunes, déclarant que les rubans jaunes sont des symboles d'espoir, de responsabilité et de réforme. Le mouvement des rubans jaunes des Ukrainiens est un signe de résistance à l'agression russe. On pourrait aussi faire allusion au mouvement des Gilets jaunes, bien que la symbolique soit quelque peu différente. Partout en Europe, des manifestations ont également eu lieu à Berlin, Madrid et Rome, en signe de solidarité avec leurs homologues américains. À Londres, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade des États-Unis.
Banderoles géantes, fanfares et pancartes ont envahi les rues (voir les images des manifestations populaires relayées par The Guardian). L'idée de porter des costumes d'animaux gonflables farfelus a fait son chemin après que Seth Todd, un membre de la communauté mexicaine, a été aspergé de gaz lacrymogène par un agent fédéral alors qu'il portait un costume de grenouille gonflable lors d'une manifestation devant un centre de l'ICE à Portland, dans l'Oregon. La nouvelle génération d’activistes, a choisi la voie de l’humour avec ces nouveaux costumes de la contestation.
Une immense bannière reprenant le préambule de la Constitution américaine "We the People" (Nous, le peuple) a circulé pour être signée, symbole d’un sursaut civique et d’une réaffirmation démocratique face à la concentration du pouvoir. Cette fois, la foule comprenait une nouvelle vague de manifestants, indignés par les raids des services d'immigration, le déploiement de troupes fédérales dans les villes, les licenciements gouvernementaux, les coupes budgétaires drastiques, la réduction progressive du droit de vote, la réduction des exigences vaccinales, l'annulation des traités avec les tribus et le projet de loi dit « One Big Beautiful Bill ». Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a repris à son compte le statut de roi dénoncé par les manifestants dans plusieurs vidéos générées par l'intelligence artificielle. Sur une vidéo, il s'imagine en Tom Cruise à bord de son avion de chasse - siglé King Trump - comme dans Top Gun. Alors que la bande originale du film résonne, Donald Trump survole les manifestants sur lesquels il largue un liquide brun qui ressemble à de la boue ou à des excréments. De son côté, Scared Ketchup a composé le clip No Kings 2.0en soutien aux manifestants (On ne s'arrêtera pas tant que la liberté n'aura pas sonné. Pas de rois ! Pas de couronnes ! Pas de trônes ! Hors de question !). Des publications sur les réseaux sociaux ont affirmé qu'une chaîne de télévision avait utilisé d’anciennes images pour gonfler les rangs des manifestations "No Kings", mais il s'agit d'une fausse information alimentée par l'IA d'Elon Musk.
Seth Abramson a réuni plus de 250 photographies lors de la 1ère manifestation « No Kings » du 14 juin 2025. Son but est de rassembler le plus grand nombre possible de photos de foules lors des manifestations qui ont lieu aux États-Unis, mais aussi dans le monde. Ces photos sont accessibles à travers une interface cartographique qui permet de les consulter par lieux. Une performance artistique a été réalisée sous la forme de banière humaine reproduisant le slogan « No Kings » sur la plage de San Francisco lors de la manifestation du 14 juin. La performance a été renouvelée le 18 octobre avec le slogan « No Kings Yes On 50 », en référence à la California proposition 50, un amendement constitutionnel visant à revoir le découpage électoral. La proposition, si elle est votée, entraînerait l'entrée en vigueur de la loi sur la lutte contre la fraude électorale, qui permettrait à l'État de Californie d'utiliser un nouveau découpage électoral établi par la législation pour les élections de 2026, 2028 et 2030. Les Démocrates souhaiteraient compenser le récent redécoupage électoral du Texas par les changements proposés en Californie. Les Républicains semblent avoir pratiquement abandonné leurs efforts pour empêcher le redécoupage électoral démocrate des districts de la Chambre des représentants de Californie, une semaine avant qu'il ne soit soumis aux électeurs. Les électeurs californiens ont finalement approuvé la Proposition 50 le 5 novembre 2025.
Bannière humaine réalisée à Ocean Beach (San Francisco) le 14 juin (source : Seth Abramson)
La même performance artistique réalisée le 18 octobre avec le slogan « No Kings, Yes On 50 » Ocean Beach est devenue
Affiche cartographique invitant à voter oui pour la proposition 50 visant à redécouper les circonscriptions électorales en Californie (source : @realTuckFrumper)
Selon l'étude d'Erica Chenoweth, Soha Hammam, Jeremy Pressman et Christopher Wiley Shay qui ont analysé les données à partir du décompte des manifestants, « No Kings » pourrait bien faire partie des plus grandes journées de protestation de l’histoire des États-Unis. Le nombre de participants et l’étendue géographique des manifestations sont des signes de l’opposition populaire persistante à la deuxième administration Trump. Leurs estimations suggèrent qu'entre 2 et 4,8 millions de personnes ont participé à plus de 2 150 actions à l'échelle nationale lors de la journée du 14 juin.
Avec 7 millions de personnes (estimations), la 2e journée de manifestation organisée le 18 octobre constitue une mobilisation encore plus importante. « Alors que l'attention des médias se concentre souvent sur les acteurs qui se plient aux exigences de Trump, dans la rue, le mouvement de protestation populaire continue de s'opposer à l'administration avec une persistance notable au fil du temps [...]. La mobilisation populaire par la protestation ne constitue ni l'intégralité de l'opposition à l'administration Trump, ni ne suffit à elle seule à imposer un changement. Pourtant, historiquement, le grand public, de concert avec d'autres acteurs sociétaux tels que les opposants politiques, les avocats, les syndicats et les tribunaux, continuera probablement à jouer un rôle crucial aux États-Unis et ailleurs dans la défense de l'État de droit et des normes démocratiques. »
Selon le journaliste et auteur spécialisé dans les données Elliott Morris, qui s'est appuyé sur des estimations de comptage participatif, la deuxième manifestation « No Kings Day » se situerait entre 5 et 6,5 millions de participants. L'estimation, basée sur les rapports des responsables et des organisateurs locaux ainsi que des participants, suggère que le chiffre des organisateurs – qui font état de 7 millions de participants à l'échelle nationale – est peut-être un peu optimiste (mais pas impossible). Que le nombre exact soit de 5, 6, 7 ou 8 millions, les manifestations de samedi constituent très probablement la plus grande manifestation sur une journée depuis 1970, surpassant même les manifestations de la Marche des femmes contre Trump en 2017. Ces estimations participatives sont accessibles gratuitement ici en espérant qu'elles seront utiles aux chercheurs et aux journalistes qui cherchent à améliorer la compréhension collective de l'activité politique et des manifestations aux États-Unis. Au 18 octobre 2025, Strength in Numbers estime qu'au moins 12,8 millions de personnes, soit 3,7 % de la population, ont manifesté contre le président depuis son entrée en fonction.
Selon les politologues Erica Chenoweth (Université Harvard) et Maria Stephan (organisatrice en chef du projet Horizons), le taux important de participation représente un « seuil critique », celui qui peut conduire à l’expulsion d’un parti au pouvoir et de sa figure de proue. Elles ont étudié les mouvements de résistance civiques de 1900 à 2006 partout dans le monde pour en arriver à ce constat : la seule façon de contrecarrer ce genre de mobilisation citoyenne pacifique est finalement de s’assurer qu’elles deviennent violentes, la violence divisant par deux son pouvoir de changement.
Dana Fisher, professeure à l'Université de Washington DC et autrice de plusieurs livres sur l'activisme américain, estime que les marches du 18 octobre pourraient constituer l'une des plus grandes manifestations de l'histoire récente des États-Unis. Pour elle, ces manifestations « ne vont pas changer la politique de Trump, mais elles pourraient renforcer à tous les niveaux les élus qui s'opposent à Trump ». Un vent de résistance se lève, sera-t-il durable ?
Lien ajouté le 11 janvier 2026
Plusieurs centaines de personnes ont formé une banderole humaine proclamant « C'ÉTAIT UN MEURTRE — DEHORS L'ICE ! » à Ocean Beach, à San Francisco, lors d'une manifestation le 10 janvier 2026 en réaction à la mort par balle de Renée Nicole Good à Minneapolis, tuée par un agent fédéral de l'immigration. Ocean Beach à San Francisco semble devenu un haut-lieu de la résistance face à la politique répressive de Donald Trump.
Several hundred people form a human banner spelling out “IT WAS MURDER — ICE OUT!!” at San Francisco’s Ocean Beach during a protest Saturday in response to the recent fatal shooting in Minneapolis of Renee Nicole Good by a federal immigration agent.
Dans une vidéo générée par l’intelligence artificielle, Donald Trump bombarde d’excréments les millions d’Américains qui ont osé manifester contre lui. Si cette séquence surprend par sa vulgarité, elle illustre la nouvelle stratégie de communication transgressive du président. Aux millions d’Américains qui ont manifesté lors du mouvement "No kings" en octobre 2025, le président des États-Unis a choisi de répondre par une vidéo spectaculaire, générée par l’intelligence artificielle. Pour Donald Trump, l’IA est devenue une arme politique redoutablement efficace. Jake Lahut, journaliste politique, nous explique comment cette stratégie de communication permet au président de railler ses opposants tout en saturant l’espace médiatique. Andrew Rojecki, professeur en communication, revient sur cette communication décomplexée qui inspire d’autres dirigeants.
Lien ajouté le 30 janvier 2026
«"Streets of Minneapolis" : Bruce Springsteen critique la politique anti-immigration de Donald Trump dans une chanson en hommage aux victimes » (France-Info).
Après la mort de deux Américains tués par balles par les agents fédéraux, le "Boss" a sorti mercredi 28 janvier 2026 une chanson composée en une seule journée, intitulée "Streets of Minneapolis". Le "Boss" s’en prend à "l’armée privée du roi Trump", "aux voyous fédéraux" et nomme les membres de l’administration, comme le conseiller du président, Stephen Miller, ou la ministre de l’Intérieur, Kristy Noem. Il rend également hommage aux citoyens qui "se lèvent pour la justice". Et à ces deux personnes "laissées pour mortes dans les rues enneigées", Alex Pretti et Renee Good.
Streets Of Minneapolis - Bruce Springsteen (Youtube)
Lien ajouté le 30 mars 2026
« Feu rouge pour Trump : les rassemblements "No Kings" sont une démonstration de force politique » (Usa Today).
Les manifestations, reprenant le slogan révolutionnaire dénonçant le président Donald Trump comme un aspirant monarque et un dirigeant autoritaire, ont eu une portée géographique sans précédent pour une manifestation d'une seule journée aux États-Unis depuis plus d'un demi-siècle. Elles ont touché non seulement les quartiers habituels de New York, Los Angeles et Austin, mais aussi des communautés dans les 50 États et chaque circonscription électorale, y compris les zones rurales et républicaines. Bien que l'ambiance ait été généralement sereine et les marches largement pacifiques, les troisièmes manifestations « No Kings » ont constitué une démonstration indéniable de force politique qui pourrait avoir des répercussions lors des élections de mi-mandat de 2026 et au-delà. Le décompte des organisateurs, non
vérifié par des analystes indépendants, évaluait la foule à 8 millions de
personnes, dépassant les 7 millions estimés lors de la précédente Journée sans
rois, en octobre. Cette fois-ci, davantage d'événements étaient prévus
(3 300 contre 2 700) et une affluence plus importante a été constatée
dans certains endroits, en partie due à l'opposition à la guerre en Iran. Les manifestants étaient unis par leur opposition à Trump et leur soutien aux institutions démocratiques qu'ils l'accusent de mettre en danger. Mais le mouvement No Kings ne
dispose pas du programme détaillé d'un parti politique, et il y avait également
un mélange de priorités et de conflits potentiels concernant les tactiques et
les priorités. Les pancartes des manifestants dénonçaient la guerre en Iran, le coût du logement et des soins de santé, soutenaient l'Ukraine dans son conflit avec la Russie et évoquaient le scandale Jeffrey Epstein. Certains réclamaient la destitution de Trump. Lors de certains rassemblements, on pouvait voir des pancartes appelant à « Abolir l'ICE ». Un drapeau palestinien flottait au milieu de la foule lors d'une marche à Washington, D.C. L'unité contre Trump ne signifiait pas automatiquement que tous les membres de la foule étaient favorables aux démocrates. Les rassemblements terminés, les divergences idéologiques pourraient compliquer les efforts déployés pour obtenir leurs votes. L'histoire montre que les manifestations de masse peuvent avoir un impact lors des élections de mi-mandat, en libérant l'énergie politique et en stimulant la mobilisation des électeurs. Les manifestations contre la guerre du Vietnam ont galvanisé les jeunes électeurs et les démocrates libéraux. Mais la réaction négative des électeurs plus âgés et plus conservateurs a alimenté les discours de Richard Nixon, républicain, sur le maintien de l'ordre en 1968, une élection qu'il a remportée de justesse face au démocrate Hubert Humphrey.
Thank you for making No Kings 3 the biggest day of mass protest that America has ever seen. #NoKings