Source : Andre, P., Boneva, T., Chopra, F.
et al. (2024). Globally representative evidence on the actual and perceived support for climate action.
Nature Climate Change, 14, p. 253–259 (article disponible en open access),
https://doi.org/10.1038/s41558-024-01925-3 Des chercheurs ont interrogé environ 130 000 personnes dans 125 pays à travers le monde sur le changement et le réchauffement climatique. Ils ont constaté que 89 % des personnes souhaitaient davantage d’action politique pour lutter contre le changement climatique. Comme il s'agit de données déclaratives, l'enquête reflète plus des perceptions que des pratiques. Cette enquête mondiale sur le changement climatique permet malgré tout de remettre en cause la représentation commune selon laquelle l'opinion serait frileuse par rapport à l'action climatique.
Résumé
L'atténuation du changement climatique nécessite une coopération mondiale, mais les données mondiales sur la volonté d'agir des individus restent rares. Dans cette étude, les chercheurs ont conduit une enquête représentative dans 125 pays, auprès d'environ 130 000 personnes. Les résultats révèlent un large soutien à l'action climatique : 69 % de la population mondiale se déclare prête à contribuer à hauteur de 1 % de son revenu personnel, 86 % adhère aux normes sociales pro-climat et 89 % exige une action politique renforcée. Les pays confrontés à une vulnérabilité accrue au changement climatique affichent une volonté de contribuer particulièrement élevée. Malgré ces statistiques encourageantes, on constate que le monde est plongé dans une forme d'ignorance généralisée, où les individus sous-estiment systématiquement la volonté d'agir de leurs concitoyens. Ce décalage de perception, combiné à un comportement individuel coopératif conditionnel, pose des défis pour la poursuite de l'action climatique. Par conséquent, sensibiliser au large soutien mondial à l'action climatique devient crucial pour promouvoir une réponse unifiée au changement climatique.
Un soutien mondial généralisé à l'action climatique (source : Andre et al., 2024).
a, c, e Proportions moyennes mondiales de répondants disposés à contribuer à hauteur de 1 % de leur revenu (a), approuvant les normes sociales pro-climatiques (c) et exigeant une action politique (e). Des pondérations ajustées en fonction de la population sont utilisées pour garantir la représentativité au niveau mondial.
b, d, f Cartes du monde dans lesquelles chaque pays est coloré en fonction de sa proportion de répondants disposés à contribuer à hauteur de 1 % de leur revenu (b), approuvant les normes sociales pro-climatiques (d) et exigeant une action politique (f). Des pondérations ont été effectuées pour tenir compte de la procédure d'échantillonnage stratifié.
Les chercheurs ont conçu cette enquête mondiale sur le changement climatique afin d'obtenir des données représentatives à l'échelle mondiale sur la volonté d'agir contre le changement climatique. L'enquête a été menée dans le cadre du sondage mondial Gallup 2021/2022 auprès d'un ensemble vaste et diversifié de pays (N =125) en utilisant une méthodologie d'échantillonnage et d'enquête commune (voir la
méthodologie). Les pays inclus dans cette étude représentent 96 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), 96 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et 92 % de la population mondiale. Afin de garantir la représentativité nationale, chaque échantillon de pays a été sélectionné aléatoirement parmi la population résidente âgée de 15 ans et plus. Les entretiens ont été menés par téléphone (courant dans les pays à revenu élevé) ou en face à face (courant dans les pays à faible revenu), avec des numéros de téléphone ou des adresses tirés au sort. La plupart des échantillons nationaux comprennent environ 1 000 répondants, et l'échantillon mondial comprend un total de 129 902 personnes.
Les données de l'Enquête mondiale sur le changement climatique sont disponibles à l'adresse
https://doi.org/10.15185/gccs.1. Les références et la documentation des données externes et propriétaires, telles que celles du sondage mondial Gallup, sont disponibles dans les
Informations supplémentaires.
Lien ajouté le 15 octobre 2025
80 % des personnes dans le monde souhaitent une action plus forte pour le climat. Mais tous les choix ne se valent pas. La recherche sur le climat du WRI classe 19 actions pour le climat, en indiquant celles qui ont le plus d'impact.
19 actions pour le climat, en indiquant celles qui ont le plus d'impact (source :
WRI)

Lien ajouté le 1er février 2026« Un défi de taille, mais réalisable : l’Europe est invitée à se préparer à un réchauffement climatique de 3 °C » (
The Guardian).
En Europe, l'adaptation au changement climatique est insuffisante, largement incrémentale et souvent trop tardive, dénonce le Conseil consultatif scientifique européen sur le changement climatique. Maarten van Aalst, membre du Conseil consultatif scientifique européen sur le changement climatique (
European Scientific Advisory Board on Climate Change), a déclaré que le continent « payait déjà le prix » de son manque de préparation, mais que s’adapter à un avenir plus chaud relevait en partie du « bon sens et était une solution facile à mettre en œuvre ». L’ESABCC décrit les efforts actuels d’adaptation à la hausse des températures comme « insuffisants, largement progressifs [et] souvent trop tardifs » dans un
nouveau rapport qui conseille aux responsables de se préparer à un monde de 2,8 à 3,3 °C plus chaud que les niveaux préindustriels d’ici 2100. « Le GIEC est clair : l’avenir s’annonce très problématique, avec des risques qui augmentent rapidement », a-t-il déclaré. « Et pour un certain nombre de ces risques, nous atteindrons les limites de l’adaptation. »
Lien ajouté le 19 avril 2026« Crise climatique : l’inquiétant retard de la France face au mur d’investissement de 2030 » (
The Guardian).
Grégoire Normand montre que la France investit trop peu face au changement climatique. Le Réseau Action Climat estime que seulement 8% du budget de l’État est dédié à la transition, un niveau jugé insuffisant alors que l’échéance de 2030 se rapproche rapidement. Ce faible effort s’explique aussi par une méthode contestée. Le "budget vert" inclut des dépenses administratives peu liées à l’écologie. Résultat, la part réelle dédiée à la transition apparaît encore plus limitée face aux dépenses publiques classiques. Les besoins financiers sont pourtant massifs. Les économistes Pisani-Ferry et Mahfouz évoquent 66 milliards d’euros par an, dont 33 publics. L’I4CE estime même 103 milliards. Ces montants pourraient encore augmenter avec l’accélération des dérèglements climatiques. Le manque de visibilité freine l’investissement. L’absence de grande loi récente sur la transition limite l’engagement des acteurs publics et privés. Cette instabilité retarde la transformation des systèmes énergétiques, industriels et de transport à l’échelle nationale. Les coûts du changement climatique augmentent fortement. Adrien Bilal montre qu’ils pourraient être six fois supérieurs aux estimations passées. Inondations et tempêtes récentes illustrent déjà cette pression croissante sur les territoires et les économies. Plusieurs pistes sont proposées. Taxer les dividendes polluants, supprimer les avantages fiscaux sur l’aérien ou développer une fiscalité climatique. L’objectif est d’aligner budget et trajectoire climatique pour éviter un retard durable de la France.
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