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Utiliser le tableau de bord du tourisme de l'UE


Le tableau de bord du tourisme de l'UE propose des visualisations interactives de données et des indicateurs pour étudier l'écosystème touristique européen. Son objectif principal est « de  promouvoir et de suivre les transitions écologique et numérique ainsi que la résilience socio-économique du tourisme européen, et d' aider les décideurs et les opérateurs du secteur à élaborer des politiques et des stratégies fondées sur des données probantes ».

1) Présentation du tableau de bord du tourisme de l'UE

La plateforme fournit un ensemble de descripteurs de base sur les caractéristiques des destinations touristiques en termes de demande, d'offre et de proposition touristique. Elle couvre tous les pays de l'UE, ainsi que l'Islande, la Norvège et la Suisse. Les indicateurs sont répartis selon trois piliers (environnemental, socio-économique et numérique). 

Lancé en 2022, le tableau de bord du tourisme de l'UE a été développé par la Commission européenne, suite à une demande des États membres de l'UE visant à concevoir un outil de suivi de la double transition et de la résilience de l'écosystème touristique. Ce tableau de bord est élaboré en coopération avec Eurostat et en coordination avec les États membres de l'UE. Il contribue à la trajectoire de transition pour le tourisme, fixée en collaboration avec les acteurs publics et privés du tourisme de l'UE afin d'identifier les axes d'action pour la transition écologique et numérique et pour l'amélioration de la résilience du secteur touristique dans l'UE. Le tableau de bord est constamment enrichi de nouveaux indicateurs. La prise en compte de facteurs supplémentaires, tels que le nombre de visiteurs à la journée dans les sites très touristiques, permettrait d'effectuer des analyses encore plus approfondies des impacts d'un tourisme déséquilibré.

2) Piste d'utilisation : la carte d'intensité touristique de l'UE

L'intensité touristique se calcule en divisant le nombre de nuitées dans les hébergements touristiques par la population résidente. Indicateur de la dépendance économique au tourisme, elle peut révéler un surtourisme, une pression accrue sur les ressources et une vulnérabilité aux fluctuations de la demande lorsque ses valeurs sont très élevées. À l'inverse, des valeurs très faibles signalent une faible activité touristique, possiblement due à la faible attractivité de la destination ou à un potentiel de développement touristique inexploité. Les destinations touristiques dont les valeurs de cet indicateur se situent autour de la moyenne de l'UE-27 sont considérées comme ayant une dépendance au tourisme plus équilibrée. Cet indicateur fait partie du pilier socio-économique.

Carte de l'intensité touristique dans l'UE au niveau infra-régional (source : Commission européenne)

La carte (carte interactive et données en ligne) illustre l'intensité touristique au niveau infra-régional. Les 100 destinations les plus touristiques affichent une moyenne de 44 nuitées par habitant, contre 6 nuitées en moyenne dans l'UE. La plupart de ces destinations se situent en Allemagne, en Grèce, en Italie, en France, en Espagne, en Autriche et en Croatie, généralement le long des côtes et dans les zones montagneuses de l'UE. Des pics de 115 à 145 nuitées sont enregistrés en Istrie (Croatie) et sur les îles de Corfou, Kalymnos, Karpathos, Kos et Rhodes (Grèce), ainsi qu'à Fuerteventura et Lanzarote (Espagne). Les pays nordiques présentent également des scores élevés en matière d'intensité touristique. Les destinations les moins touristiques se trouvent dans les pays d'Europe de l'Est.

La carte est également consultable par année à partir du serveur de données d'Eurostat.

Pour compléter : 

« Tourisme déséquilibré : quelles destinations européennes sont potentiellement vulnérables ?  » (Commission européenne). De nouvelles données issues du tableau de bord du tourisme de l'UE mettent en lumière des facteurs de risque potentiels tels qu'un nombre trop élevé de visiteurs, la saisonnalité et l'intensité du tourisme.

Batista e Silva, F., Marin Herrera, MA, Rosina, K., Barranco, R., Freire, S., Schiavina, M. (2018) « Analysing spatiotemporal patterns of tourism in Europe at high-resolution with conventional and big data sources » [Analyse des schémas spatio-temporels du tourisme en Europe à haute résolution à l'aide de sources de données conventionnelles et massives]. Tourism Management, 68. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S026151771830044X

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Cartes et données sur les parcs nationaux aux Etats-Unis


Le premier parc naturel créé aux Etats-Unis est le parc de Yellostowne en 1876. Le National Park Service (NPS) a été fondé en 1916 pour gérer les espaces protégés, qui comptaient alors 35 parcs. Au cours du XXe siècle, le NPS a vu son champ d'action s'étendre à 63 parcs nationaux et à plus de 400 autres sites historiques à travers les 50 États des Etats-Unis. Parmi les sites protégés, outre les parcs naturels, on compte des rives de lacs, des rivières, des sentiers, des champs de bataille, des monuments et des mémoriaux. 

Le service SIG et cartographie permet d'accéder à toutes les cartes du National Park Service. Ces cartes produites par le Harpers Ferry Center sont gratuites et disponibles au format JPEG, PDF et AI (fichiers de production Adobe). Le catalogue, qui comporte plus de 1 000 cartes, est interrogeable à partir d'un téléphone pour organiser une randonnée ou un ordinateur pour télécharger les cartes, les intégrer dans une application ou les imprimer.

Trouver une carte du National Park Service (source : National Park Service)


Les cartes du National Park Service sont produites par le gouvernement et sont dans le domaine public. Toute personne peut, sans restriction en vertu des lois américaines sur le droit d'auteur : reproduire l'œuvre sous forme imprimée ou numérique ; créer des œuvres dérivées ; exécuter l'œuvre en public ; afficher l'œuvre ; distribuer des copies ou transférer numériquement l'œuvre au public par vente ou autre transfert de propriété, ou par location, bail ou prêt. A noter : un utilisateur qui modifie et/ou réédite les cartes du National Park Service est responsable de tout problème rencontré avec les cartes, en raison de leur changement ou de leur modification.

Le portail des applications de gestion intégrée des ressources (IRMA) fournit des données sur :

Symboles cartographiques du Service des parcs nationaux optimisés pour le web (au format SVG et PNG)

Portfolio cartographique de Joe Milbrath qui a travaillé comme cartographe pour le Service des parcs nationaux des États-Unis.

En complément

Comment le National Park Service parvient à créer des cartes réalistes

Shade Relief, le site de Thomas Patterson consacré aux cartes en relief

Le parc national le plus proche en fonction des régions des Etats-Unis

Cartes narratives (storymaps) sur les parcs nationaux

Carte interactive montrant les terres fédérales par État et par comté

Cartes anciennes des parcs nationaux (Bibliothèque du Congrès)

Cette collection de cartes anciennes de la Bibliothèque du Congrès documente l'histoire, les formations géologiques et les aspects culturels des territoires qui sont devenus par la suite des parcs nationaux. Elle comprend environ 200 cartes datant du XVIIe siècle à nos jours, reflétant les premières cartographies des zones qui allaient former les parcs eux-mêmes. 

Panoramas des parcs américains par Heinrich Berann

Les panoramas de parcs peints par l'Autrichien Heinrich Berann (1915-1999), notamment ceux des North Cascades (1987), de Yosemite (1989), Yellowstone (1991) et Denali (1994) montrent que les artistes et les territoires gérés par le Service des parcs nationaux des États-Unis entretiennent une relation depuis longtemps. Au cours de ses cinquante ans de carrière, Berann a peint plus de 500 panoramas. Il était alors en fin de carrière et au sommet de son art, lorsque le Service des parcs nationaux (NPS) lui a commandé les panoramas de ces quatre parcs. Il a pris sa retraite en 1994 après avoir peint le Denali, le plus haut sommet d'Amérique du Nord – un chef-d'œuvre qui couronne une carrière prolifique. Les versions numériques disponibles ont été reproduites avec soin afin de restituer fidèlement les couleurs éclatantes chères à Berann.

Liens ajoutés le 27 novembre 2025

« Une nouvelle tarification est mise en place au 1er janvier 2026 afin de préserver les intérêts américains. L'entrée des parcs nationaux coûtera plus cher pour les visiteurs internationaux » (USAToday).

« Grand Canyon, Yellowstone… Ces parcs américains mythiques qui vont devenir hors de prix » (La Croix). 

L’administration Trump a annoncé le 25 novembre 2025 que les touristes étrangers devraient s’acquitter d’un important supplément pour visiter les parcs nationaux. Ces parcs devenus monuments de la culture américaine existent pour certains depuis plus d’un siècle, témoignant d’une certaine vision de la nature. Juliette Vienot de Vaublanc analyse la décision de tripler les tarifs des parcs nationaux pour les étrangers. Dès 2026, un passe coûtera 250 dollars contre 80 dollars pour les Américains. Cette mesure recompose l’accès à des territoires emblématiques comme Yellowstone ou le Yosemite. Les parcs s’inscrivent dans la longue histoire territoriale de l’Ouest. Yellowstone est créé en 1872 sur plus de 800 000 ha. Ces espaces, perçus comme wilderness, effacent pourtant la présence amérindienne exclue des droits d’usage après leur protection. Les premières lois imposent un régime strict d’interdiction d’exploitation. La fin de la chasse ou du bois modifie l’équilibre écologique. À Yellowstone, la prolifération de wapitis appauvrit saules et trembles, fragilisant les castors et leurs barrages. Le National Park Service (NPS) naît en 1916 pour gérer ces vastes territoires. En 1919, le Grand Canyon devient parc national. Cette institutionnalisation professionnalise la surveillance et organise durablement l’occupation humaine et écologique de ces espaces protégés. La fréquentation explose avec l’automobile. De 350 000 visiteurs en 1916, les parcs dépassent 3 millions dans les années 1920 et atteignent 300 millions en 2015. Les aires protégées deviennent des destinations touristiques structurantes pour le territoire américain. Les années 1990 marquent un tournant écologique. La réintroduction du loup à Yellowstone réduit les herbivores, permettant la régénération des végétaux. Cet exemple illustre la capacité de gestion adaptative à rétablir des dynamiques écosystémiques complètes. Mais les parcs font face à de nouvelles vulnérabilités. Un mégafeu a brûlé 50 000 ha au Grand Canyon en 2025. Le National Park Service a perdu 1 000 employés en période d’essai et le shutdown a coûté 41 millions de dollars. Les capacités de gestion se fragilisent. La hausse des tarifs interroge l’équité d’accès à des paysages devenus icônes nationales. Elle reconfigure flux touristiques, revenus locaux et conservation dans des espaces où se croisent identité, économie et risques environnementaux (lien signalé et article résumé par @pmarques35.bsky.social‬).

Lien ajouté le 7 décembre 2025

« L'administration Trump retire le jour de Martin Luther King et le Juneteenth de la liste des jours d'entrée gratuits dans les parcs nationaux » (Newsweek).

Le ministère de l'Intérieur a annoncé des journées d'entrée gratuite dans les parcs nationaux en 2026 dans le cadre de ses objectifs visant à moderniser l'accès aux parcs et à donner la priorité à l'accessibilité financière pour les familles américaines, ce qui est conforme aux politiques « America first » de Trump. L'administration Trump a retiré le Martin Luther King Jr. Day et le Juneteenth de la liste des jours d'entrée gratuite dans les parcs nationaux pour 2026. Au lieu de commémorer ces journées dédiées à l'histoire américaine, aux droits civiques et à l'égalité, l'administration Trump a choisi de célébrer les anniversaires d'autres anciens présidents et la Journée du drapeau, qui est aussi l'anniversaire du président Donald Trump.

Lien ajouté le 12 janvier 2026

« Le personnel des parcs nationaux américains affirme que le nouveau droit d'entrée de 100 dollars pour les non-résidents risque de « dissuader les visiteurs pour des décennies » (The Guardian).

Oliver Milman analyse la mise en place au 1er janvier 2026, d’un droit d’entrée de 100 $ pour les touristes étrangers dans 11 parcs nationaux américains. Les agents du National Park Service décrivent une mesure aux effets spatiaux et sociaux immédiats. Dans des parcs majeurs comme le Grand Canyon, Yellowstone ou les Everglades, les files d’attente s’allongent. Les contrôles de nationalité ralentissent l’accès et provoquent incompréhensions et tensions. Des visiteurs renoncent à entrer face à des coûts jugés excessifs. La hausse est brutale. Le pass annuel pour non-résidents passe de 80 à 250 dollars. Des bus de touristes doivent parfois payer plus de 600 dollars. Les agents évoquent des scènes de colère et une baisse probable de la fréquentation étrangère. Les personnels soulignent un malaise professionnel. Demander passeports ou cartes de séjour modifie la relation d’accueil. Certains agents parlent d’une mesure contraire à l’esprit des parcs nationaux, fondés sur l’accès universel à des paysages patrimoniaux. L’administration justifie la réforme par le financement de l’entretien. Le National Park Service fait face à un important retard de maintenance et a perdu environ 25% de ses effectifs. Des ONG estiment toutefois la tarification contraire au droit fédéral. L’article montre en définitive que la tarification différenciée transforme les parcs en espaces sélectifs. À long terme, elle pourrait modifier les flux touristiques internationaux et l’image mondiale des paysages protégés américains. 

Lien ajouté le 26 janvier 2026

« Comment le Service des parcs nationaux efface l'histoire américaine » (The New York Times).
Aux États-Unis, les employés du Service des parcs nationaux retirent des documents relatifs à l'esclavage, au changement climatique et à l'histoire du travail, conformément à un décret du président Trump. Première réaction en justice : la ville de Philadelphie a porté plainte contre l'administration Trump. 

Lien ajouté le 4 février 2026

The Geography Teacher, U.S. National Parks and Protected Areas, volume 23, n°1, 2026, https://www.tandfonline.com/toc/rget20/23/1

The Geography Teacher consacre un numéro spécial aux parcs et aires protégées des États-Unis avec plusieurs articles proposant des idées de leçons pour les enseignants du primaire et du secondaire. Les parcs nationaux constituent des ressources éducatives essentielles pour tous les niveaux et toutes les disciplines. La diversité de leurs paysages, la richesse de leur histoire et la complexité de leurs contextes géographiques offrent des opportunités uniques d'apprentissage par l'expérience et d'enseignement interdisciplinaire. Grâce aux excursions, aux projets de recherche, aux récits, aux représentations cartographiques et aux innovations numériques, les parcs aident les élèves à appréhender les concepts géographiques fondamentaux (espace, lieu, échelle, interaction homme-environnement) tout en les incitant à préserver les ressources publiques partagées. "Explorer les parcs nationaux américains comme autant de salles de classe s'inscrit pleinement dans l'esprit des valeurs américaines. Les parcs nationaux symbolisent l'engagement de la nation envers la préservation de l'environnement et l'égalité d'accès aux merveilles naturelles et culturelles. Véritables salles de classe à ciel ouvert, ils invitent chaque élève à s'interroger sur les notions de territoire, d'héritage et d'appartenance dans une Amérique en pleine mutation. À l'occasion du 250e anniversaire de la fondation du pays, ce numéro spécial place les parcs au cœur de ce que signifie apprendre, vivre et participer en tant que citoyens d'une démocratie diverse".

Lien ajouté le 10 février 2026

Britta Schroeder, pilote d'avion en Alaska et cartographe pour le Service des parcs nationaux, a cartographié les méandres de la rivière Koyukuk dans le style des cartes de dépôt du fleuve Mississippi de 1944 réalisées par Harold Fisk. Pourquoi la rivière Koyukuk ? « Je souhaite mettre l'Alaska à l'honneur et j'ai longtemps considéré la rivière Koyukuk comme l'archétype d'une rivière alaskienne sinueuse. De plus, la région semble toujours susciter un vif intérêt, peut-être en raison de la présence de nombreux Alaskiens autochtones célèbres : Eliza Jones (linguiste), Catherine Attla (aînée), George Attla et Jimmy Huntington (mushers), et John Sackett (législateur), pour n'en citer que quelques-uns. https://akmapplications.com/2026/01/25/koyukuk-river-meanders/

Lien ajouté le 8 mars 2026

« Bâtiments privés, terres publiques : comment les parcs nationaux australiens sont devenus un champ de bataille entre conservation et commerce » (The Guardian).

Un débat est en cours en Australie : faut-il autoriser des infrastructures touristiques privées dans les parcs nationaux ? Le projet de cabanes dans la réserve des Gardens of Stone cristallise ce conflit entre préservation et développement. Situé dans les Blue Mountains, ce site protège des formations rocheuses de grès appelées "pagodas". Le projet prévoit 18 cabanes touristiques et un sentier de randonnée sur plusieurs jours, au cœur d’une zone naturelle proche d’un site classé au patrimoine mondial. Les autorités affirment que ces infrastructures auront un impact limité. Selon le service des parcs de Nouvelle-Galles du Sud, les bâtiments occuperaient moins d’un hectare et seraient conçus pour s’intégrer au paysage naturel. Brett Mitchell, dirigeant de Intrepid Travel, défend ce modèle. L’écotourisme générerait des revenus pour des parcs "sous-financés". Certaines randonnées guidées peuvent toutefois coûter plus de 4000 dollars par personne pour quatre jours. Le professeur Ralf Buckley, de Griffith University, observe un tournant. Historiquement, les parcs australiens étaient accessibles gratuitement aux visiteurs indépendants. Aujourd’hui, des opérateurs privés obtiennent des concessions pour construire des lodges. Cette évolution transforme la gestion des espaces protégés. Sur certains itinéraires comme le Scenic Rim Trail, des hébergements privés ont été construits dans le parc national. Une randonnée guidée peut dépasser 3000 dollars, contre environ 22 dollars pour un accès autonome. L’ancien leader écologiste Bob Brown critique vivement ces projets. Selon lui, la construction d’hébergements privés dans des espaces sauvages menace les derniers territoires préservés et transforme la nature en produit touristique. Le débat oppose deux visions du territoire. Pour certains, l’écotourisme finance la protection des milieux. Pour d’autres, les parcs nationaux doivent rester des espaces publics dédiés à la protection et accessibles à tous, sans infrastructures privées permanentes.*

Lien ajouté le 4 avril 2026

« Environnement. La réorganisation du Service des forêts par Trump sème la confusion et l'inquiétude » (Mother Jones).

Le 31 mars 2026, le Service des forêts des États-Unis a annoncé son intention de transférer son siège social de Washington, D.C., à Salt Lake City, dans l'Utah. Il prévoit également de fermer ou de réaffecter ses neuf bureaux régionaux, de créer 15 bureaux d'État et de fermer des centres de recherche et développement dans plus de 30 États. Selon la nouvelle proposition, certains États disposeront de leurs propres bureaux, tandis que d'autres seront regroupés, à l'instar du Bureau of Land Management. Cette approche inédite concernera les 154 forêts nationales du pays, gérées depuis longtemps par neuf bureaux régionaux qui seront fermés ou réaffectés. Désormais, les forêts de Washington, de l'Oregon, du Montana, de l'Alaska et de l'Idaho seront chacune gérées par un bureau d'État distinct. En revanche, celles du Nevada et de l'Utah seront gérées conjointement, de même que celles du Colorado et du Kansas. Certains centres de recherche du Service des forêts, comme la station de recherche des montagnes Rocheuses à Fort Collins (Colorado), resteront ouverts. D'autres, notamment la station de recherche de Portland (Oregon), qui mène des travaux essentiels sur des espèces telles que la chouette tachetée, fermeront leurs portes. Cette réorganisation pourrait également conduire à un rôle encore plus important des États dans la gestion forestière. Des représentants tribaux ont exprimé leurs inquiétudes.

Lien ajouté le 15 avril 2026

« L'administration Trump a plongé le Grand Yellowstone dans le chaos. Que nous réserve l'avenir ? » (High Country News). Avec carte des pressions exercées sur l'écosystème du Grand Yellowstone.

Que devient un écosystème lorsque ses principaux garants – en l'occurrence, les agences fédérales – sont mis à genoux ? Alors que les parcs nationaux de Yellowstone et de Grand Teton ont connu moins de licenciements que certains de leurs homologues plus petits et moins connus, Grand Teton, dont le taux de postes vacants se situe normalement entre 6 et 8 %, se retrouve aujourd'hui privé d'un quart de son personnel permanent. Pour préserver la faune sauvage de la région, le gouvernement fédéral doit jouer un rôle aussi important dans la conservation des terres privées qu'il l'a fait par le passé, surtout compte tenu de la valeur des terres dans la région, qui est extrêmement élevée et ne cesse d'augmenter (voir l'interview de Christine Peterson « Un aperçu de l'écosystème du Grand Yellowstone sous Trump »)

Lien ajouté le 5 mai 2026

« La Californie se dote de trois nouveaux parcs d'État » (planetizen.com).

L'article décrit une Californie qui élargit sa géographie des parcs naturels. Trois nouveaux sites publics entrent dans le réseau d'État, la plus forte extension depuis des décennies, afin de rapprocher la nature des territoires peu desservis de l'intérieur. Feather River Park, près d'Olivehurst, San Joaquin River Parkway, entre Fresno et Madera, et Dust Bowl Camp, près de Bakersfield, déplacent la protection vers la Vallée Centrale, espace agricole et populaire longtemps moins visible dans la carte officielle des parcs. Armando Quintero rappelle que les 280 parcs d'État dessinent surtout un "collier" sur les marges de la Californie. Cette image dit une forte inégalité spatiale, car l'intérieur dispose de moins d'espaces protégés accessibles aux habitants au quotidien. Cette extension associe conservation écologique et accès social à la nature. Les parcs ne sont pas seulement des paysages à préserver, ils deviennent des lieux publics proches des habitants, pensés pour des comtés où l'offre de plein air reste plus rare. D'ici 2030, la Californie veut ajouter environ 12.100 ha à son système de parcs. Cette croissance accompagne la stratégie "30x30", qui vise à conserver 30% du territoire et à mieux répartir les bénéfices écologiques, paysagers et récréatifs. Ces créations donnent une portée territoriale à la protection environnementale. Dans la Vallée Centrale, préserver des rivières, des corridors et des lieux de mémoire revient aussi à réduire l'éloignement des habitants face à la nature ordinaire. 

Lien ajouté le 23 août 2026

« Cartographie de l'accaparement des terres par les milliardaires à Big Bend. Cela concerne 250 millions d'acres de parcs et forêts aux Etats-Unis » (The Democracy Labs).

"Les républicains ont permis aux milliardaires d'exploiter des mines, de forer, d'abattre du bois et de faire paître du bétail, et d'installer des centres de données d'IA sur des terres fédérales. Trump imite la stratégie de Poutine qui consiste à s'accaparer les ressources publiques au profit des oligarques".

Lien ajouté le 1er septembre 2026

« Trump œuvre discrètement pour céder une partie du parc national de Yosemite à un promoteur immobilier privé » (Notus).

À Yosemite, l’administration Trump soutient depuis 2025 un échange foncier inédit. Une bande d’environ 400 m du parc national pourrait être cédée à un promoteur privé. Le projet remet en jeu la frontière entre espace fédéral protégé et propriété privée. Kingsbarn Realty Capital possède près de 34 ha juste à l’ouest de Yosemite, acquis pour 4 M$ en 2024. Le terrain se situe à environ 8 km d’une célèbre forêt de séquoias géants. L’entreprise veut ouvrir une route directe vers l’un des grands axes du parc et valoriser ce foncier. L’accessibilité transforme ici la valeur du territoire. Aujourd’hui, la route vers la propriété rejoint une entrée du parc après plus de 16 km. Gagner Yosemite Valley impose environ 1 h 30 de détour. Une nouvelle voie rapprocherait directement ce terrain privé des grands sites touristiques. Le projet rompt avec 150 ans de politique territoriale. Depuis la naissance du système des parcs nationaux, l’État fédéral cherche surtout à agrandir et protéger ces espaces. Cicely Muldoon, ancienne responsable de Yosemite, rappelle que leur vocation est de les préserver sans les dégrader. Le Park Service avait déjà refusé cette privatisation pendant plus de 20 ans. Un précédent propriétaire avait réclamé la même route puis perdu devant les tribunaux en 2007 et en appel en 2012. Les juges avaient estimé qu’un accès existant suffisait et qu’aucune nouvelle voie n’était due. L’échange obéirait à une règle foncière. Toute terre cédée par le Park Service doit être remplacée par un terrain de valeur équivalente. Mais aucun site californien n’est encore choisi. Évaluer une parcelle de Yosemite reste délicat, car sa valeur dépend aussi de son usage futur. Le conflit oppose deux conceptions de l’aménagement. L’avocat de Kingsbarn juge la route compatible avec l’environnement. Des élus californiens et la National Parks Conservation Association dénoncent au contraire l’ouverture d’un espace protégé au développement privé et envisagent un recours. Yosemite révèle ainsi un enjeu classique de gouvernance : qui contrôle, aménage et valorise un espace protégé ? Le projet pourrait créer un précédent national en déplaçant la limite entre patrimoine public, accessibilité touristique et intérêts fonciers privés.

Articles connexes


Cartographie des incendies en Californie



Cartographier la trajectoire des éclipses solaires

 

Le spectacle des éclipses solaires suscite depuis longtemps la curiosité et l'admiration des hommes. Aujourd'hui les scientifiques sont en mesure de produire des cartes donnant la trajectoire précise de l'éclipse sur un globe terrestre. Ces cartes sont largement relayées par les médias et sur Internet. Elles participent à la popularité de ce phénomène céleste et favorisent l'attraction touristique autour de ce type d'événement. Entre outils de prévision, instruments de visualisation scientifique, supports de communication, quel est le statut et l'usage de ces cartes d'éclipses solaires ?

1) Les cartes d'éclipse, quesako ?

D'après l'Observatoire de Paris, on distingue deux types de cartes d'éclipes, les cartes générales et les cartes locales.

  • Pour chaque éclipse, on trace généralement une ou deux cartes générales de l'éclipse. Sur ces cartes on fait figurer les courbes suivantes : la bande de centralité (lorsqu'elle existe), les limites boréale et australe de l'éclipse, les courbes de commencement, de fin et de maximum au lever et au coucher du Soleil, ainsi que les courbes de commencement et fin pour des instants donnés (toutes les heures en général). Pour le tracé de ces cartes, on utilise une projection stéréographique, c'est-à-dire une projection azimutale conforme. Cette projection, qui conserve les angles mais pas les distances, déforme les continents mais permet d'avoir une représentation des pôles terrestres sur la carte. On utilise également une projection orthographique, elle permet de représenter la trajectoire de l'éclipse sur un globe terrestre vu de l'espace.

  • On trace également un certain nombre de cartes locales. Sur ces cartes, on donne également les courbes de commencement, de fin et de maximum pour des instants donnés (avec un pas plus adapté à la carte), et parfois on trace aussi la projection de l'ombre pour des instants donnés. Les cartes locales sont tracées à l'aide de différentes projections en fonction des lieux représentés (projection conforme de Lambert, projection de Mercator...).
Globe terrestre représentant la trajectoire de l'éclipse du 11 août 1999 (source : CLEA)
Voir des exemples de cartes générales et de cartes locales sur le site Astronomy.com

Eclipse solaire totale, partielle ou annulaire : comment ça marche ? (Le Monde - Les Décodeurs)

2) Depuis quand cartographie-t-on la trajectoire des éclipses ?

L'astronome Edmund Halley a été l'un des premiers à cartographier la trajectoire d'une éclipse solaire en 1715, particulièrement visible depuis l'Angleterre. D'après cet article qui brosse l'histoire des cartes d'éclipse solaire, la carte la plus ancienne représentant une éclipse serait celle d'Erhard Weigel (1654). Mais d'un point de vue scientifique, la carte de Halley serait vraiment novatrice en projetant l'ombre portée du corps céleste sur la Terre et en donnant une vue d'en haut. Une carte d'éclipse solaire de 1738 présente d'ailleurs la carte comme "le miroir astronomique du ciel : où l'on peut observer les phénomènes célestes les plus remarquables". Auparavant on représentait les éclipses vues d'en bas à travers des descriptions d'almanachs ou dans des oeuvres artistiques. On note cependant que, dès  l’époque médiévale, des érudits comme Johannes Sacro Bosco ont placé la Lune entre le Soleil et la Terre, montrant le cône d'ombre provenant de la Lune.

Au début du XVIIIe, Halley entendait faire de sa carte un outil d'information pour les moins bien informés et souhaitait par là mettre en avant les principes de sa philosophie naturelle :

« Une éclipse semblable n'ayant pas été vue depuis de nombreux siècles dans les régions méridionales de la Grande-Bretagne, j'ai pensé qu'il n'était pas inapproprié d'en rendre compte au public, afin que l'obscurité soudaine dans laquelle les étoiles seront visibles autour du Soleil, ne puisse surprendre personne parmi le peuple, qui, si elle n'était pas annoncée, serait enclin à la considérer comme de mauvais augure et à l'interpréter comme un mauvais présage pour notre Souverain Seigneur le Roi George et son gouvernement, que Dieu préserve. Par là, ils verront qu’il n’y a rien de plus naturel, et rien de plus que le résultat nécessaire des mouvements du Soleil et de la Lune. Et cette éclipse montrera à quel point ces éléments sont bien compris. »

François Arago montre dans son ouvrage Astonomie populaire (chapitre XXII) que les choses ont bien changé au milieu du XIXe siècle : « Fontenelle rapporte qu’en l’année 1654, sur la simple annonce d’une éclipse totale, une multitude d’habitants de Paris allèrent se cacher au fond des caves. Grâce aux progrès des sciences, l’éclipse totale de 1842 a trouvé le public dans des dispositions bien différentes de celles qu’il manifesta pendant l’éclipse de 1654. Une vive et légitime curiosité avait remplacé des craintes puériles ».

« Une description du passage de l'ombre de la lune sur l'Angleterre
dans l'éclipse totale du soleil (Halley, avril 1715)

Pour les éclipses de 1715 et de 1724, l’astronome Edmund Halley dresse deux cartes similaires de la Grande-Bretagne où il superpose sur une partie de l’Angleterre (celle qui voit le passage de l’éclipse) un grand disque ovale représentant l’ombre de l’éclipse. Les éclipses deviennent alors le sujet principal de la carte et plusieurs cartographes produisent de telles cartes –prédictives ou rétrospectives - sur l’éclipse « anglaise » de 1724, les « écossaises » de 1737 et 1748, « l’européenne » de 1764. En France, alors pays en pointe dans le domaine de la cartographie, cette dernière éclipse est traitée par deux cartes, celle de Lepaute, Lattré et Tardieu, et une seconde en 1764 par Louis-Charles Desnos (1735/1805), alors principal concurrent des Lattré. Elles ont toutes deux l’originalité d’être en couleur. Néanmoins celle de Lepaute paraît en premier, deux ans avant l’éclipse. Elle offre d’autres particularités, que vous pouvez découvrir sur Gallica.

Pour en savoir plus : 

  • « Halley et ses cartes des éclipses totales de 1715 et 1724 » (Harvard.edu)
  • « La carte de l’éclipse solaire du 1er avril 1764 : une œuvre féminine » (Gallica)
  • « Historical solar eclipse maps » (eclipse-maps.com)
  • « Halley's Eclipse : a coup for Newtonian prediction and the selling of science » (The Guardian)

3) L'exemple de l'éclipse du 8 avril 2024 en Amérique du Nord

La très belle carte-infographie Total Eclipse de Kenneth Field montre les lieux où l'éclipse du 8 avril 2024 sera la plus visible aux Etats-Unis (à télécharger en haute résolution sur le site d'ESRI). Chaque symbole sur la carte montre « la position de la lune au moment de l'obscurcissement maximum », offrant une visualisation très précise de l'étendue de l'éclipse à travers tout le pays. La carte comprend également une bande sombre qui montre la trajectoire de l'éclipse totale.

Le carte de Bloomberg utilise également des symboles solaires pour représenter l'étendue de l'éclipse plus ou moins visible selon les endroits. Les symboles sont animés pour montrer le passage de la lune devant le soleil vu de différentes villes d'Amérique du Nord. Voir également le site eclipse2024.org qui propose un simulateur d'éclipse solaire.

Les outils informatiques permettent aujourd'hui de réaliser des simulations et des cartes animées. Greg Fisk a par exemple produit une carte animée corrélée à un histogramme montrant l'heure de passage dans chaque ville et le nombre d'Américains plongés dans l'obscurité à ce moment-là.

Une nouvelle carte du calculateur d'éclipse John Irwin affirme que le chemin de la totalité, large d'environ 185 milles, est en réalité légèrement plus étroit qu'on ne le pensait auparavant, ce qui signifie que les personnes situées au bord de cette bande pourraient ne pas vivre l'expérience d'éclipse à laquelle elles s'attendaient.


L’engouement des Américains pour l’éclipse solaire du 8 avril 2024 est à l'origine d'une importante fréquentation touristique. Le nombre de réservations Airbnb sur son trajet a explosé. Le taux d'occupation pour toutes les annonces de location actives aux États-Unis, au Canada et au Mexique est de 92,4 % pour la nuit du 7 avril, en forte hausse par rapport à ce qu'elle était quelques jours auparavant (autour de  30 %), selon la société de données de voyage AirDNA.

« Les réservations Airbnb illustrent la trajectoire de l'éclipse totale » (Axios

« L'éclipse stimule les agences de voyages pour des Américains à la recherche d'un événement céleste rare » (Reuters)

« La trajectoire de l'éclipse laisse aussi une trace sur les prix élevés des hôtels » (New York Times)

« Eclipse solaire : état d’urgence aux chutes du Niagara, où un million de visiteurs sont attendus » (20 minutes). La commune de Niagara Falls (Canada) a confié ne pas avoir « les infrastructures pour autant de monde au même moment ».

La précédente éclipse solaire qui a eu lieu en août 2017 aux Etats-Unis ne semble pas avoir mobilisé une telle ferveur. Mais déjà à l'époque, la trajectoire de l'éclipse était visible à travers les requêtes dans le moteur de recherche Google (Washington Post).



Du fait qu'ils ont connu déjà une éclipse le 21 août 2017, les résidents américains ont la chance d' observer deux éclipses solaires totales en un peu moins de sept ans. Les chasseurs d'éclipses du monde entier vont à nouveau converger vers ce que l'on appelle le chemin de la totalité, ou la bande traversant les États-Unis à partir de laquelle les gens verront la lune recouvrir complètement le soleil le 8 avril 2024. « L'éclipse de 2024 pourrait être encore plus excitante en raison des différences dans la trajectoire, le calendrier et la recherche scientifique...En plus de cela, les téléspectateurs auront une meilleure chance de voir des protubérances qui apparaissent comme des volutes roses et brillantes provenant du Soleil », déclare la NASA sur son site. Lors de l'éclipse solaire de 2024, la Lune sera plus proche de la Terre qu'elle ne l'était lors de l'événement de 2017, obscurcissant encore davantage les rayons du soleil et créant un chemin de totalité plus large. La principale incertitude reste souvent la météo car la couverture nuageuse est susceptible d'empêcher de voir correctement l'éclipse. Heureusement il y a les images diffusées dans les médias et sur Internet pour assister au spectacle à distance.

Les données de l'éclipse solaire du 8 avril 2024 sont disponibles au format SIG sur le site de visualisation scientifique de la NASA (voir par ici les données de l'éclipse totale de 2017 et par l'éclipse partielle de 2023).

La trajectoire de l'éclipse totale de 2024 aux Etats-Unis (source : © NASA)




Carte des autres éclipses qui se produiront au cours du XXIe siècle aux États-Unis (Statista, licence CC)


Grâce à leur prévisibilité, il est possible de cartographier avec précision les prochaines éclipses solaires. Science News a cartographié les 14 prochaines éclipses totales de Soleil dans le monde qui vont avoir lieu dans les 20 prochaines années. Pour réaliser sa carte interactive, Science News s'est appuyé sur la base de données Canon des cinq millénaires des éclipses solaires de la NASA, qui fait un recensement détaillé de toutes les éclipses solaires de 2000 avant JC à 3000 après JC.
Articles connexes






Les stations de montagne face au changement climatique (rapport de la Cour des comptes)


Source : Les stations de montagne face au changement climatique (Rapport de la Cour des comptes, février 2024)

Synthèse du rapport

Si la France est une destination majeure pour le tourisme hivernal (2e rang mondial après les Etats-Unis), le modèle économique du ski français s’essouffle. Ce phénomène est accentué par le changement climatique qui se manifeste en montagne de manière plus marquée qu’en plaine, avec une hausse des températures, en accélération depuis les années 2010. Inégalement vulnérables en fonction de leur exposition au risque climatique, du poids de l’activité économique et de la surface financière de l’autorité organisatrice, toutes les stations seront plus ou moins touchées à horizon de 2050. Quelques stations pourraient espérer poursuivre une exploitation au-delà de cette échéance. Celles situées au sud du massif des Alpes seront en revanche plus rapidement touchées que les autres. Avec une gouvernance centrée sur l’échelon communal et des regroupements insuffisants, l’organisation actuelle ne permet pas aux acteurs de la montagne de s’adapter aux réalités du changement climatique à l’échelle d’un territoire pertinent. Afin de permettre l’adaptation dans une approche non concurrentielle, les très fortes inégalités entre stations et le montant important des fonds publics déjà mobilisés justifieraient la mise en place d’une solidarité financière entre collectivités. Ainsi, devrait être mis en place d’un fonds d’adaptation au changement climatique destiné à financer les actions de diversification et de déconstruction des installations obsolètes, alimenté par la taxe locale sur les remontées mécaniques. 

Schéma systémique concernant l'altération du moteur de la croissance des stations de ski au début du XXIe siècle
(source : Rapport de la Cour des comptes, février 2024)

Récapitulatif des recommandations 

  1. Mettre en place un observatoire national regroupant toutes les données de vulnérabilité en montagne accessibles à tous les acteurs locaux (ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires). 

  2. Faire évoluer le cadre normatif afin que les autorisations de prélèvements d’eau destinés à la production de neige tiennent compte des prospectives climatiques (ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires). 

  3. Formaliser des plans d’adaptation au changement climatique, déclinant les plans de massifs prévus par la loi Climat et résilience (autorités organisatrices, ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires). 

  4. Conditionner tout soutien public à l’investissement dans les stations au contenu des plans d’adaptation au changement climatique (ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, régions, départements). 

  5. Mettre en place une  gouvernance des stations de montagne ne relevant plus du seul échelon communal (ministère de l’intérieur et des outremer, collectivités territoriales). 

  6. Mettre en place un fonds d’adaptation au changement climatique destiné à financer les actions de diversification et de déconstruction des installations obsolètes, alimenté par le produit de la taxe sur les remontées mécaniques (ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, ministère de l’économie et des finances et de la souveraineté industrielle et numérique). 

Données disponibles sur les stations de ski

S'il n'existe pas encore de véritable observatoire national permettant de regrouper toutes les données, le site du Stationoscope du massif des Alpes permet d'obtenir des informations sur les types de station, leurs altitudes moyennes, leurs remontées mécaniques, leur mode de gestion. Les données téléchargeables sous forme de fichier Excel concernent l'ensemble des massifs montagneux en France. 

Aperçu de l'interface de consultation du site du Stationoscope du massif des Alpes


Une base mondiale des stations de ski est disponible sur le site Openskimap, qui reprend les données collaboratives d'OpenStreetMap. Concernant les stations en Europe, l'Agence européenne de l'environnement fournit une cartographie des massifs montagneux en Europe (fichier shp à télécharger). Le site Esquiades.com, quant à lui, rassemble les cartes de grands domaines skiables dans le monde.

Pour compléter

« Les stations de ski vont-elles disparaître avec le réchauffement climatique ? » (Huffington Post). Une nouvelle étude donne l’alerte sur l’avenir des stations de ski européennes avec le réchauffement climatique. L’étude publiée dans Nature Climate Change (Le changement climatique exacerbe les défis liés à la neige, à l'eau et à l'énergie pour le tourisme de ski européen) n’annonce rien de bon pour celles situées sur le continent européen. Elles représentent la moitié des stations de ski dans le monde et sont toutes menacées par la raréfaction de la neige à cause du réchauffement climatique. Dans un scenario à +4 °C, la quasi-totalité d’entre elles devraient faire face à un manque de neige malgré l’utilisation de la neige artificielle.

François, H. et al. (2025). Enneigement des massifs montagneux et stations de sports d’hiver dans une France à +2,7 et +4 °C, La Météorologie, 129, 46-55. Cet article synthétise l'évolution de l'enneigement dans les massifs montagneux français et ses conséquences pour les stations de sports d'hiver, dans le cadre de la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (Tracc), qui considère des niveaux de réchauffement national de +2,7 °C et de +4 °C, depuis la période préindustrielle, en 2050 et 2100, respectivement

« Dans les Alpes, des vacances au ski de plus en plus élitistes » (Le Monde). Des résidences et des commerces plus luxueux, des forfaits de plus en plus chers, des prix de l’immobilier prohibitifs. Avec la « montée en gamme » des grandes stations d’altitude, la clientèle française ne cesse de se réduire.

« Les stations de ski fantômes : mythes et réalité d’un angle mort de la géographie du tourisme » par Pierre-Alexandre Metral (Les Cafés géographiques). La « fin touristique » : normalité ou anomalie ? Pourquoi un domaine skiable ferme-t-il ? Quelle est la géo-histoire du phénomène de fermeture ? Les stations fantômes sont-elles réellement des stations ? Une incarnation de la station fantôme : la friche touristique. Vers la fin des friches touristiques ? La reconversion des anciennes stations de ski. 

« Dans les Hautes-Alpes, les stations de ski à l’épreuve du changement climatique » (The Conversation). Une diversification ski-centrée. Une diversification hésitante. Des usages spontanés par les usagers.

« Les stations de ski survivent au changement climatique. Avec plus d'argent et moins de neige » (Bloomberg). Les stations de ski disposant de plus de ressources financières, situées à une altitude plus élevée ou dont la plupart des pistes sont orientées vers le nord sont en principe mieux placées pour résister aux chocs du réchauffement climatique, selon une étude. Le changement climatique n’est donc pas la fin pour l’industrie, mais seuls les plus aptes survivront.

« Production de neige : le piège de la dépendance pour les stations de ski ? » (The Conversation). Dans un article scientifique récemment publié, les auteurs ont décrypté les mécanismes de dépendance présents dans l’industrie des sports d’hiver vis-à-vis de cette production de neige. Voici les principaux enseignements de notre recherche.

« On ne peut pas abandonner le ski : dans les Pyrénées-Orientales, la station de Font-Romeu à fond sur la neige artificielle » (France Info). Dans un département confronté à une sécheresse historique, la station réalise une de ses meilleures saisons. Et compte sur ses canons pour survivre jusqu'en 2050.

« Les stations de ski, c’est fini ? » (France Culture). "Partir à la neige", c’est peut-être bientôt terminé. Changement climatique, disparition de la neige, sites inadaptés, la période de gloire des stations touche-t-elle à sa fin ? Et pourquoi les politiques de l’après-guerre ont-elles vendu à tout prix le rêve des fameuses vacances à la neige ?

« Avec les JO d’hiver 2030, les Alpes sont sur la mauvaise pente » (Libération). En concentrant les moyens sur une infime partie du massif pour seulement quinze jours de compétition, les Jeux risquent d’aggraver les fractures territoriales et freiner l’adaptation de la région au réchauffement climatique. Un total contresens, estime la présidente de l’ONG Mountain Wilderness France, Fiona Mille.

« Du blanc sur beaucoup de vert, l'image des stations avec neige artificielle en hiver » (France Inter).

« Dessinateur de pistes : un métier qui sent bon le sapin » (Graphein). Pierre Novat est le dessinateur de plans de pistes de ski français. De l'autre côté de l'Atlantique, même métier pour un seul et unique homme à l'origine des plans des meilleures pistes de ski américaines : James Niehues.

« Cartes en 3D des grands domaines skiables dans le monde » (Esquiades.com).

Liens ajoutés le 22 novembre 2025

« Visualisez les 204 domaines de ski fermés depuis 1950 dans les massifs français » (France-Info).


Il s'agit essentiellement de petits sites en difficultés économiques, dans un contexte de réchauffement climatique et de baisse de l'enneigement en basse et en moyenne montagne. Les données proviennent des recherches du géographe Pierre-Alexandre Metral, dans le cadre d'une thèse soutenue en 2025. Ce chercheur de l'université de Grenoble a recensé les pistes de ski abandonnées dans les massifs français. Un travail inédit. "Quand j'ai commencé en 2018, je me suis aperçu qu'il y avait une profonde méconnaissance du sujet, aussi bien du côté de la recherche que de celui de la filière. Personne ne disposait d'une liste des stations fermées. Pas même les services de l'Etat", explique Pierre-Alexandre Metral. Le géographe a donc dressé cet inventaire en s'aidant de témoignages déposés sur des forums internet, de cartes postales, d'ouvrages anciens, de cartes topographiques, d'images aériennes et de témoignages de terrain.

Pierre-Alexandre Metral (2025). La montagne désarmée, une analyse des trajectoires territoriales des stations de ski abandonnées françaises. Thèse de doctorat de Géographie. Université Grenoble Alpes, https://theses.hal.science/tel-05140065v1

Loin des grands domaines skiables alpins faisant la renommée du ski français à l’échelle internationale, des dizaines de petits stades de neige de la moyenne montagne, bien secondaire dans la hiérarchie tacite des stations, ont été contraints de cesser leurs exploitations de manière définitive, mettant fin à une brève aventure locale dans « l’or blanc ». Longtemps négligés par les observateurs, ces modestes sites mis à l’arrêt ont récemment attiré l’attention des médias, suscitant nombre de controverses faute d’un phénomène de fermeture encore peu maîtrisé, ouvrant ainsi la voie aux exagérations. Partant de cette situation à la fois « floue » et d’actualité, cette thèse de doctorat porte l'ambition d'améliorer la compréhension de cet objet de recherche atypique et encore peu interrogé par la géographie du tourisme. Le questionnement général posé par cette recherche examinera les significations susceptibles d'être attribuées au mouvement français de « sortie du ski » suivant deux approches distinctes. La première lecture est purement géo-historique. À partir d’un recensement inédit des centres de ski français mis à l’arrêt, cette thèse souhaite caractériser le profil des sites ayant renoncé au ski, mesurer les évolutions de la dynamique de fermeture au cours du temps et identifier les incidences géographiques produites par la disparition des micro-développements sur la carte nationale du ski. Cette relecture de la grande histoire du ski par le prisme « désaménagiste » porte l'ambition de mieux appréhender la place des mises à l’arrêt au sein dans le cycle de vie général du ski, en tant que produit touristique. En ce sens, cette thèse vise à déterminer si la fermeture est une dynamique « ordinaire » du tourisme de neige, ou si elle esquisse un déclin plus généralisé du ski alpin. La seconde approche est territoriale, étayée par différents cas d’étude. Elle cherche à comprendre les facteurs ayant participé à l’obsolescence des exploitations et à mesurer les incidences induites par la « fin du ski » sur les territoires supports. Cette thèse souhaite enfin porter un regard approfondi sur trajectoires territoriales de « l’après-ski », confrontant les réalités du terrain à la représentation médiatique omniprésente de la « station de ski fantôme », souvent consacrée comme paysage inévitable du phénomène de fermeture. En dressant un ensemble de trajectoires post-touristiques caractéristiques, cette thèse souhaite relativiser le regard dépréciatif du renoncement au ski en l’envisageant plutôt comme un mode singulier de la transition récréative en montagne. Ainsi s’observeraient sur les cendres du ski disparu les signaux faibles de la montagne du futur ; les centres de ski fermés comme laboratoires du tourisme de demain.

Lien ajouté le 25 janvier 2026

Alexandre Tannai, « Quelle transition écologique du tourisme hivernal dans les territoires de montagne français ? », Géoconfluences, janvier 2026.

Le géographe Alexandre Tannai (Cittanova) analyse la transition écologique du tourisme hivernal dans les montagnes françaises. Il interroge la viabilité du modèle du ski face au changement climatique et compare les trajectoires des massifs. Le tourisme de montagne repose sur un héritage du XXe siècle centré sur le ski alpin. En France, il représente 82% du chiffre d’affaires touristique montagnard, avec 250 stations, 10 millions de touristes par an et près de 140.000 emplois, mais une forte dépendance à la neige. Le réchauffement climatique fragilise ce modèle. Une hausse moyenne de 1 à 2°C suffit à menacer l’enneigement et la biodiversité alpine. Le recul des glaciers, la mortalité forestière (+54% pour les sapins en dix ans) et les sécheresses accentuent la vulnérabilité territoriale. Les effets varient selon les massifs. Alpes et Pyrénées, très spécialisées dans le ski, sont les plus exposées. Jura, Vosges, Massif central ou Corse disposent d’une offre plus diversifiée, combinant randonnée, VTT ou tourisme estival, offrant des marges d’adaptation plus importantes. La transition écologique implique une recomposition des modes d’habiter et de produire. Dans le tourisme, elle passe par la diversification des pratiques, la valorisation des patrimoines naturels et une gouvernance renouvelée, afin de construire des trajectoires territoriales plus résilientes. Certaines stations anticipent cette mutation. À Métabief, des projections climatiques montrent la fin du ski alpin vers 2050. Le territoire engage une transformation en station de montagne quatre saisons, associant élus, habitants et acteurs économiques dans une démarche collective. Les politiques publiques accompagnent ces transitions de manière inégale. Le programme Avenir Montagnes mobilise 330 M€ et soutient 669 projets, majoritairement portés par les collectivités. Toutefois, la dépendance aux infrastructures lourdes et la concurrence entre territoires persistent. La transition du tourisme montagnard est nécessaire mais différenciée. Elle dépend du degré de spécialisation au ski, des ressources locales et de la gouvernance. Les montagnes deviennent ainsi des laboratoires territoriaux des adaptations à l’Anthropocène. 

Lien ajouté le 31 janvier 2026

Valérie Masson-Delmotte et Nicolas Nova, « Montagnes en transition : regards croisés d’une climatologue et d’un anthropologue », Revue de géographie alpine, Transitions, http://journals.openedition.org/rga/16216

Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue au CEA et membre du Ht Conseil pour le climat, et Nicolas Nova, anthropologue à la Haute École d’art et de design de Genève, croisent leurs regards sur les montagnes comme laboratoires du changement climatique. Les montagnes concentrent et accélèrent les effets du réchauffement. Recul des glaciers, baisse de l’enneigement, déstabilisation des sols gelés modifient les paysages et les risques. Ces milieux révèlent plus vite qu’ailleurs les impacts climatiques globaux. La connaissance scientifique reste difficile en altitude. Le relief complique la modélisation climatique. Pour comprendre les phénomènes montagnards, il faut des données fines, parfois à l’échelle du kilomètre, encore rares pour le cycle de l’eau ou les vents. L’article insiste sur le décalage entre rapidité des transformations et lenteur des réponses. En montagne, l’adaptation reste souvent incrémentielle. Les stations de ski cherchent à maintenir les modèles existants, créant des effets de verrouillage territorial. Les transformations climatiques provoquent un sentiment de perte. Disparition de glaciers, mutation des paysages, fragilisation des pratiques agricoles et touristiques affectent les identités locales. Ces pertes écologiques et culturelles sont parfois irréversibles. Valérie Masson-Delmotte et Nicolas Nova soulignent l’importance de la justice sociale. Les impacts ne touchent pas tous les habitants de la même manière. Accès à l’eau, conflits d’usages et dépendance économique au tourisme accentuent les vulnérabilités territoriales. La science est appelée à devenir transformative. Au-delà de l’alerte, climatologues et sciences sociales doivent accompagner les territoires, éclairer les rapports de force, produire des outils de médiation et aider à construire des trajectoires collectives. La transition en montagne est autant sociale que climatique. Penser l’avenir implique d’articuler savoirs scientifiques, expériences locales et choix politiques pour transformer durablement les territoires face au changement climatique. 

Lien ajouté le 6 février 2026

« À La Sambuy, le ski, c'est fini » (France Culture).

L'émission de France Culture "Les Pieds sur terre" raconte la fermeture de La Sambuy, station de ski des Bauges à 1100 m d’altitude. La fermeture a été décidée par la commune en 2023. Faute de neige et lourdement déficitaire, ce territoire illustre la vulnérabilité des moyennes montagnes face au réchauffement climatique. Les témoignages montrent un système local fragilisé. Restaurateurs et saisonniers perdent une activité structurée par l’hiver. À La Sambuy, l’enneigement devient trop aléatoire depuis les années 2000, rendant le modèle économique du ski familial progressivement intenable. Les anciens professionnels décrivent une transition déjà engagée. Le recours au réenneigement artificiel ailleurs n’a pas été suivi ici. La station a conservé un modèle sans canons, respectueux du site, mais plus exposé à la hausse des températures et à la baisse durable de la neige. La fermeture accentue les inégalités d’accès à la montagne. Sans remontées mécaniques, la combe devient réservée aux sportifs aguerris ou à une clientèle aisée. Certains acteurs misent sur un tourisme quatre saisons, d’autres sur une montée en gamme peu compatible avec l’ancrage local. La Sambuy révèle un dilemme encore difficile pour les stations de moyenne altitude : soit abandonner des équipements de ski financés par près de 5 millions € et devenus inadaptés ; soit reconstruire sur 4 saisons un projet de montagne fondé sur d’autres usages. 

Lien ajouté le 10 février 2026

« Les stations de ski américaines ont recours aux drones pour faire neiger en pleine sécheresse » (Phys.org)

Kyle Stock montre comment les stations de ski de l’Ouest américain utilisent le cloudseeding ou ensemencement des nuages, pour limiter la baisse de l’enneigement. Face à la sécheresse et au réchauffement cette pratique s’impose comme une adaptation territoriale, aux effets discutés. Dans le Colorado, Winter Park utilise de l’iodure d’argent pour stimuler les précipitations. En 2023, ces dispositifs auraient ajouté l’équivalent de 60 cm de neige, soit environ 13% des chutes naturelles, permettant d’ouvrir les pistes malgré un début de saison très sec. La pratique s’étend car l’enjeu dépasse le ski. L’industrie du ski pèse environ 6 milliards de dollars aux États-Unis, mais l’objectif principal reste l’eau. La neige alimente rivières et réservoirs au printemps, essentiels pour l’agriculture, l’énergie et les villes de l’Ouest. Des chercheurs comme Katja Friedrich (Université du Colorado) rappellent cependant que l’efficacité réelle reste incertaine. Si le procédé fonctionne en laboratoire, les conditions atmosphériques complexes rendent difficile la preuve scientifique d’un gain significatif à grande échelle. De nouveaux acteurs privés, comme Rainmaker Technology en Utah, utilisent des drones pour ensemencer les nuages. Le coût est faible, environ 30 dollars par acre-foot d’eau, contre près de 1.000 dollars pour le dessalement, ce qui séduit États et agences locales. Le cloudseeding illustre une réponse technologique à la raréfaction de l’eau, mais aussi les limites très discutables d’une solution incertaine, révélant la vulnérabilité croissante des montagnes de l’Ouest face au changement climatique.

Lien ajouté le 10 mars 2026

« Le changement climatique ne sonnera peut-être pas le glas du ski. Mais il le rendra plus exclusif » (The Conversation);

Paolo Aversa (King’s College London) et Juliane Reinecke (University of Oxford) analysent les effets du changement climatique sur l’économie du ski. Ils montrent que le ski ne disparaît pas, mais devient progressivement plus coûteux et socialement plus exclusif. Dans les Alpes, le ski constitue une activité économique majeure. En Italie, les sports d’hiver génèrent environ 12 milliards d’euros par an, soit 0,5% du PIB national. Dans de nombreuses vallées de montagne, le tourisme a remplacé l’agriculture comme principal moteur économique. Le réchauffement climatique modifie l’enneigement. La neige tombe moins et fond plus vite. Pour maintenir les pistes, les stations investissent massivement dans la neige artificielle, utilisant de grandes quantités d’eau et d’énergie. Ces investissements renchérissent les prix. Dans le domaine Dolomiti Superski, le forfait journalier est passé de 67 euros en 2021 à environ 86 euros en 2026, soit une hausse de 28%. Depuis 2015, le coût du ski en Europe a augmenté de 34,8% au-dessus de l’inflation. Cette hausse transforme la géographie du ski. Les stations situées à haute altitude, plus froides et mieux équipées, concentrent les investissements et les touristes. Les petites stations de moyenne montagne voient leurs saisons raccourcir ou ferment. Cette évolution accentue les inégalités sociales. L’ancien champion Paolo De Chiesa observe que le ski devient un sport réservé aux plus riches. De nombreuses familles locales ne peuvent plus financer cette activité autrefois accessible. Les transformations touchent aussi les territoires. Les stations concentrant le tourisme attirent capitaux et visiteurs, mais connaissent congestion, hausse du logement et pression sur les infrastructures locales. Les travailleurs saisonniers peinent à se loger. Les chercheurs plaident pour une transition territoriale. Les stations de basse altitude doivent diversifier leur économie vers un tourisme toute l’année. Dans un climat plus chaud, le ski devrait survivre, mais dans moins de lieux et pour moins de personnes.  

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