Des tentatives pour cartographier les lieux affectés par le sur-tourisme


Signalé par Maps Mania - The Over-Tourism Map (article du 4 avril 2019)

L'objectif du projet est clair : lutter contre une forme de "disneylandisation" du monde (des villes muséifiées, des plages polluées, des sites patrimoniaux saturés...) en montrant les lieux qui sont les plus affectés par le sur-tourisme. Pour accéder à la carte : 



Les données utilisées proviennent de la Banque mondiale (chiffres 2017) et concernent le nombre de touristes (définis comme ceux qui ont visité le pays au cours des 12 dernier mois) proportionnellement au nombre d'habitants. Plus la couleur va vers le jaune-orangé, plus il y a risque de sur-tourisme. Le gris signifie l'absence de chiffres disponibles. En rouge sont indiquées les villes qui pourraient souffrir d'un nombre excessif de touristes (sur le site, cliquer sur les points rouges pour faire apparaître leur nombre de touristes).

La carte se veut une tentative pour mettre en évidence les lieux où le sur-tourisme peut avoir un impact négatif sur la population locale et sur les espaces visitées. Elle ne donne pas vraiment d'éléments sur le seuil (existe-t-il ?) à partir duquel il y aurait sur-tourisme.

Dans la FAQ mise à disposition sur le site, le sur-tourisme est défini comme le fait de trouver un grand nombre de visiteurs en un même lieu de sorte que cela entraîne un impact négatif sur les locaux et / ou sur les touristes eux-mêmes. Parmi ces effets négatifs (non visibles en tant que tels sur cette carte statistique) sont cités plusieurs cas de figure :
  • lorsque les habitants et les touristes sont coincés dans les rues, les espaces publics ou les transports en commun
  • lorsque la gentrification touristique aboutit à faire disparaître les traditions et les activités locales remplacées par des boutiques de souvenirs
  • lorsqu'il y a des impacts négatifs pour l'environnement

Cependant, le sur-tourisme ne se confond pas complètement avec le tourisme de masse. Comme il est utilement rappelé, certains lieux sont en mesure de faire face à des millions de touristes, tandis que d'autres ont du mal à surmonter une augmentation, même légère, de la fréquentation. Les villes et les lieux marqués d’un point rouge ont été retenus du fait qu'ils étaient souvent mentionnés dans des articles de presse et dans des recherches concernant le sur-tourisme. Les points rouges ont été ajoutés manuellement, cette liste n’est donc pas exhaustive et a vocation à être complétée.

Un forum a été ouvert sur Reddit pour inviter les utilisateurs à commenter la carte et à faire part de leurs remarques : http://reddit.com/r/overtourism

Top 10 des pays qui ont le plus de touristes par habitant :
  1. Islande : 6,2 touristes/habitant
  2. Croatie : 3,78 touristes/habitant
  3. Les Bahamas : 3,64 touristes/habitant
  4. Autriche : 3,34 touristes/habitant
  5. Chypre : 3,01 touristes/habitant
  6. Monténégro : 3,02 touristes/habitant
  7. Grèce : 2,53 touristes/habitant
  8. Estoniie : 2,47 touristes/habitant
  9. Irlande : 2,15 touristes/habitant
  10. Danemark : 2,04 touristes/habitant
Top 10 des sites qui ont le plus de touristes par habitant.
  1. Cinque Terre (Italie) : 4 800 touristes/habitant
  2. Hallstatt (Autriche) : 1 283 touristes/habitant
  3. Dubrovnik (Croatie) : 1 000 touristes/habitant
  4. Venise (Italie) : 364,64 touristes/habitant
  5. Santorin (Grèce) : 128,62 touristes/habitant
  6. Salzbourg (Autriche) : 45,94 touristes/habitant
  7. Kyoto (Japon) : 36,39 touristes/habitant
  8. Palma de Majorque (Espagne) : 32,26 touristes/habitant
  9. Ile de Jeju (Corée du sud) : 24,8 touristes/habitant
  10. Amsterdam (Pays-Bas) : 22,5 touristes/habitant

En complément : 

-  The Guardian: How tourism is killing Barcelona
- UNTWTO : Overtourism ? – Understanding and Managing Urban Tourism Growth beyond Perceptions
- Spotted by locals : Overtourism, an antidote
- Conde Nast traveler : How Amsterdam is solving its overtourism problem
- Research4Committees : Overtourism: impact and possible policy responses. A consulter pour les exemples fournis et surtout pour ce modèle conceptuel sur l'"overtourism" :


Ce schéma montre les différents indicateurs statistiques qui peuvent être utilisés pour mesurer le sur-tourisme et témoigne des facteurs psychologiques, sociaux, politiques... qui sont également à prendre en compte. Des réponses sont proposées pour diminuer la pression touristique (à Amsterdam par exemple, les touristes sont invités à visiter des zones extérieures à la ville-centre).

L'agence Voyageons Autrement qui promeut un tourisme durable, propose une carte collaborative des lieux souffrant de sur-fréquentation touristique : http://www.voyageons-autrement.com/carte-du-monde-tourisme-de-masse-surtourisme

Réalisée avec Google Maps (possibilité de télécharger le fichier KML), cette carte propose une typologie différente qui permet de distinguer :
    • En noir : lieux dont l’accès est à présent interdit à cause du tourisme de masse.
    • En rouge : lieux souffrant du tourisme sans aucune mesure mise en place.
    • En orange : lieux souffrant du tourisme de masse où des mesures sont prises.
    • En jaune : lieux à surveiller, on commence à parler de tourisme de masse.
    • En bleu : lieux ajoutés collaborativement par les internautes à trier : chercher un article dans les médias, mettre dans la bonne catégorie et de la bonne couleur.
      En cliquant sur un lieu sur-fréquenté, on accède à des informations sur le lieu. Les lieux listés sur cette carte sont le fruit de recherches menées par les étudiants en tourisme d’Excelia Group La Rochelle et encadrés par Florie Thielin. Il ne s’agit pas d’une étude scientifique, mais plutôt d’un observatoire qui recense des informations à partir des médias. La carte est destinée à être complétée de manière collaborative. Les lieux sont classés en 5 types :
      • Villes
      • Sites de patrimoine culturel / historique / villages
      • Côtes et plages
      • Nature
      • Événements