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Rapport 2026 sur la paix positive dans le monde (Institut pour l’économie et la paix)

 

L'Institut pour l’économie et la paix (IEP) a publié son Rapport sur la paix positive et la résilience dans le monde pour l'année 2026. L’Indice mondial de la paix (GPI) 2026 révèle un monde aux prises avec les conséquences économiques d’un nombre record de conflits, de plus en plus interconnectés et difficiles à résoudre. Cette détérioration est alimentée par un profond bouleversement géopolitique, caractérisé par l'essor des puissances moyennes et l’affaiblissement des puissances européennes traditionnelles, phénomène connu sous le nom de « Grande Fragmentation ». À cela s’ajoute une révolution technologique rapide dans le domaine de la guerre, qui relègue le droit international et la diplomatie au second plan.

I) Qu'est ce que la paix positive ?

Contrairement à la "paix négative" (qui se limite à l'absence de guerre ou de violence directe), la "paix positive" décrit un environnement optimal permettant le plein épanouissement du potentiel humain. Elle repose sur une approche systémique où la paix n'est pas un sous-produit d'une société qui fonctionne bien, mais la fondation même de sa régénération. La paix positive définit les attitudes, institutions et structures qui créent et soutiennent des sociétés pacifiques. Loin d'être un simple sous-produit du développement, elle en constitue le fondement, favorisant la résilience sur le plan économique, sociétal et environnemental. 

Pour mesurer la paix positive, l'IEP s'appuie sur une taxonomie empirique composée de huit piliers interconnectés :

  1. Un bon fonctionnement du gouvernement : des institutions publiques efficaces, transparentes, qui garantissent l'état de droit et gèrent équitablement les services.
  2. Un environnement commercial sain : la solidité des conditions économiques et institutionnelles qui soutiennent l'activité des entreprises et la productivité.
  3. Une distribution équitable des ressources : un accès juste à l'éducation, à la santé et aux opportunités économiques pour limiter les inégalités flagrantes.
  4. Une libre circulation de l'information : des médias indépendants et des infrastructures qui permettent aux citoyens d'accéder facilement à des informations de qualité.
  5. De bonnes relations avec les voisins : l'ouverture à l'échange international combinée à une coexistence pacifique entre les différents groupes culturels ou régionaux.
  6. Des niveaux élevés de capital humain : une population éduquée, en bonne santé et capable de répondre aux besoins économiques et scientifiques de la société.
  7. L'acceptation des droits d'autrui : l'existence de lois et de normes sociales qui garantissent l'égalité des genres et l'absence de discriminations sociales ou ethniques.
  8. De faibles niveaux de corruption : des structures qui limitent le détournement des fonds publics et maintiennent la confiance des citoyens envers leurs institutions.
La paix positive dans le monde en 2026 (source : IEP)


II) Principaux enseignements du rapport 2026

Les principales conclusions du rapport 2026 sont les suivantes :

  • La paix mondiale est à son plus bas niveau depuis la création de l'Indice en 2007, tandis que les conditions qui précèdent les conflits sont les pires depuis la Seconde Guerre mondiale.
  • 99 pays ont connu une détérioration de la paix au cours de l'année écoulée, soit le nombre le plus élevé depuis la création de l'indice il y a 20 ans.
  • 119 pays, soit 73 %, sont aujourd’hui moins pacifiques qu’au moment de la première publication de l’IPG en 2007.
  •  Le nombre de pays impliqués dans des conflits extérieurs a presque doublé, passant de 59 en 2008 à 103 dans l’Indice mondial de la population (GPI) de 2026.
  • L’impact économique mondial de la violence a augmenté de 3,2 % pour atteindre 21,81 billions de dollars américains en 2025, soit l’équivalent de 10,5 % du PIB mondial.
  • Les attaques de drones ont augmenté de plus de 11 500 % entre 2018 et 2025, tandis que l’IA a réduit les délais de ciblage d’une journée à quelques secondes.
  • Le nombre de morts dues aux conflits mondiaux reste à des niveaux historiques, avec plus de 181000 personnes tuées en 2025, soit une augmentation de six fois depuis 2008.
  • Sous l’impulsion de l’Europe, les dépenses militaires mondiales ont atteint un niveau record de 2900 milliards de dollars américains en 2025. Si l’on exclut les États-Unis, les dépenses militaires ont augmenté de 9,2 %.
  • Une diplomatie réussie qui empêcherait la reprise de la guerre en Iran représenterait une valeur d'environ 2 200 milliards de dollars américains pour l'économie mondiale.

Tendances globales de la décennie 2015-2024
  • Une amélioration de façade : l'Indice de paix positive (PPI) mondial s'est amélioré de 1,7 % sur dix ans, avec une progression dans 112 pays sur 163.
  • La fracture sous-jacente : ce résultat positif cache une réalité très contrastée. L'amélioration repose uniquement sur l'indicateur des infrastructures de télécommunication (+36,8 %). Sans lui, l'indice mondial aurait reculé de 0,1 %, plombé par 84 pays en déclin.
  • Structures versus Institutions : les conditions matérielles et structurelles (connectivité, capital humain, santé) se sont renforcées partout. À l'inverse, les piliers institutionnels et informationnels (liberté de la presse, gouvernance, confiance) se sont fortement dégradés.

Évolution des 8 piliers de la paix positive
  • La libre circulation de l'information : c'est le pilier qui progresse le plus (+8,4 %) grâce au boom technologique. Pourtant, son indicateur lié à la liberté de la presse s’est effondré de 22,1 % (141 pays en déclin), une détérioration majeure exacerbée après la pandémie de COVID-19.
  • Le recul de la gouvernance : le pilier "Bon fonctionnement du gouvernement" enregistre la pire baisse (-3 %). L'ouverture et la transparence gouvernementales ont reculé dans près de trois fois plus de pays qu'elles n'ont progressé. Le niveau de corruption s'est également aggravé dans 60 % des pays.

Dynamiques des puissances et des régions
  • Le déclin des leaders occidentaux : les États-Unis enregistrent la deuxième plus forte détérioration mondiale (-8,8 %), marqués par une chute de 26,4 % de leur indicateur de lutte contre la corruption. En Europe de l'Ouest, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Autriche reculent en raison de l'effritement de la cohésion sociale et de la confiance envers l'État.
  • La progression des géants asiatiques : la Chine et l'Inde progressent d'environ 6 %, stimulées par leur croissance économique et leur capital humain, bien que l'Inde subisse une baisse brutale de sa liberté de la presse (-45,4 %).
  • Analyse régionale : toutes les régions progressent légèrement. L'Europe de l'Est et l'Asie centrale affichent la plus forte hausse (+3 %), tandis que l'Amérique du Nord et l'Amérique centrale ferment la marche (+0,6 %).

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Rapports annuels sur l'Indice mondial du terrorisme (Institut pour l'économie et la paix)

Les dépenses militaires dans le monde à partir des données du SIPRI

Guide visuel des bases militaires étrangères par pays (World beyond War)

Analyser et discuter les cartes des "pays à éviter" pour les voyageurs

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La carte, objet éminemment politique : les cartes de manifestations à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux

La carte, objet éminemment politique : la Société des Nations en 1927


L'inégal côut d'abonnement à Netflix selon les pays


Source : Colin von Negenborn (2026). « Implicit Price Discrimination : The Netflix Index » [Discrimination implicite par les prix : l'indice Netflix], Nightingale, Journal of the Data Vizualisation Society, 24 septembre 2026. URL : https://nightingaledvs.com/implicit-price-discrimination/

Netflix est moins cher dans les pays les plus pauvres, mais est-ce suffisamment bon marché ? Les prix de Netflix varient considérablement d'un pays à l'autre. Un abonnement standard coûte environ 29 dollars en Suisse, environ 7 dollars en Inde et seulement 2,84 dollars au Pakistan. À première vue, cela semble presque équitable : les pays les plus riches paient plus cher que les pays les plus pauvres. Mais est-ce vraiment le cas si l'on tient compte du pouvoir d'achat local ? Ce projet crée un indice Netflix, une mesure relative des prix qui établit les coûts d'abonnement en fonction du PIB par habitant de chaque pays. Le résultat bouleverse en partie la situation initiale et met en lumière ce que les économistes appellent la discrimination par les prix au troisième degré : la segmentation des marchés par les entreprises et la pratique de prix différents selon les segments.

Prix ​​absolu (à gauche) et indice Netflix (à droite). Sources : Netflix, Banque centrale européenne, XE.com et Banque mondiale. Cartes réalisées par l'auteur.


Le contraste est frappant entre les deux cartes : les pays qui paient le plus cher par mois ne sont pas ceux pour qui Netflix est le plus onéreux par rapport à leurs revenus. Le fardeau pèse de manière disproportionnée sur les pays à faible revenu.

Ouvrir la carte interactive dans un nouvel onglet.

Tout le code est disponible sur GitHub.

Le processus est entièrement reproductible : le notebook récupère automatiquement toutes les données actualisées auprès de Netflix, de la Banque mondiale, de la BCE et de XE. Les données géographiques, les prix Netflix et l’indice calculé sont également stockés dans le dépôt, ce qui garantit la reproductibilité de l’analyse même en cas de modification des sources en amont.

L'auteur de l'étude, Colin von Negenborn, est économiste quantitatif et chercheur postdoctoral spécialisé en théorie des jeux et modélisation informatique. Il s'intéresse particulièrement aux questions d'équité, d'efficacité et autres problématiques de distribution.

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La carte de la pauvreté en France en trois dimensions (Observatoire des inégalités)

Cartographier les inégalités en France à partir des données carroyées de l'INSEE


Qui est le plus exposé aux risques climatiques dans le monde ? (Banque mondiale)


Source : « Who is at high risk from climate hazards ? A new map to explore exposure and vulnerability » [Qui est le plus exposé aux risques climatiques ? Une nouvelle carte pour explorer l’exposition et la vulnérabilité]. (Blog de la Banque mondiale)

En juin 2026, le Groupe de la Banque mondiale a introduit un nouvel indicateur dans son tableau de bord recensant les personnes les plus exposées aux risques climatiques. Les recherches récentes montrent que, dans les conditions climatiques actuelles, plus de la moitié de la population mondiale – soit plus de 4,5 milliards de personnes – risque de subir au moins une inondation, une sécheresse, une vague de chaleur ou un cyclone majeur au cours de sa vie. En combinant ces estimations d'exposition avec les données sur la vulnérabilité des ménages, la Banque mondiale estime qu'environ 1,2 milliard de personnes dans les pays disposant de données sont fortement exposées. Un chiffre qui atteint 1,5 milliard – soit près d'une personne sur cinq – si l'on extrapole ces données à l'échelle mondiale. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que ces personnes vivent en situation de vulnérabilité et auront du mal à s'en remettre car elles sont pauvres, n'ont pas accès aux services essentiels ou ne disposent d'aucun filet de sécurité.

La carte actualisée des personnes exposées aux risques liés au climat (PARCH), disponible sur le portail géospatial de la pauvreté du Groupe de la Banque mondiale (Plateforme sur la pauvreté et les inégalités), illustre les deux aspects de cette problématique : les zones où les populations sont exposées aux aléas climatiques et celles où elles manquent de ressources et de services pour y faire face. Les utilisateurs peuvent explorer séparément l’exposition aux aléas climatiques et la vulnérabilité socio-économique, ou observer leurs points de convergence.

La carte des personnes exposées aux risques liés au climat montre les zones où l'exposition aux inondations, aux sécheresses, aux vagues de chaleur et aux cyclones coïncide avec une vulnérabilité socio-économique. 

Personnes à haut risque face aux aléas climatiques (source : PARCH, Banque mondiale)

Que peut-on faire avec cette carte ?

Cette carte interactive permet d'explorer les points de convergence entre les risques climatiques et les vulnérabilités socio-économiques. Elle aide à identifier les zones où les populations sont à la fois exposées aux risques et confrontées à des difficultés telles que la pauvreté ou un accès limité aux services essentiels, mettant ainsi en évidence les lieux où des interventions comme les transferts monétaires, les infrastructures résilientes ou les systèmes d'alerte précoce sont les plus nécessaires. Les utilisateurs peuvent explorer différents indicateurs de risques et de vulnérabilité, comparer les tendances entre les lieux et examiner l'évolution des résultats en fonction de leurs choix. La carte illustre également pourquoi l'exposition à un risque ne signifie pas nécessairement être en danger. Elle fournit des estimations du nombre de personnes exposées à des risques spécifiques et du nombre d'entre elles qui vivent également dans la pauvreté ou qui souffrent de carences en services essentiels.

Deux questions : qui est exposé et qui est vulnérable ?

La carte permet de distinguer deux questions. La première concerne les personnes exposées : celles qui vivent dans des zones où une inondation, une sécheresse, une vague de chaleur ou un cyclone tropical grave est suffisamment probable et intense pour causer des dommages importants. Par exemple, la population vivant dans des zones où il y a au moins 1 % de chances que les inondations dépassent 0,5 mètre chaque année, ou qu’un cyclone tropical d’au moins catégorie 2 soit touché. Ainsi, les utilisateurs de données peuvent se concentrer sur les zones où les risques sont plus fréquents en ajustant le seuil de fréquence.

Le second critère concerne la vulnérabilité : les personnes qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour faire face aux aléas climatiques ou s’en remettre. La carte analyse sept domaines, en s’interrogeant par exemple sur le revenu des ménages (sous le seuil international de pauvreté de 3 dollars américains par jour), sur le niveau d’instruction primaire de leurs membres et sur leur accès à un compte bancaire ou de paiement mobile, à l’électricité et à l’eau potable. Ces seuils sont délibérément fixés à des niveaux minimaux, à l’instar du seuil d’extrême pauvreté, afin d’identifier les personnes les moins à même de se remettre d’un choc.

Les personnes à la fois exposées et vulnérables sont considérées comme à risque. Les utilisateurs peuvent sélectionner « dangers uniquement » pour afficher la part de personnes exposées ; sélectionner « zones difficiles » pour afficher la part de personnes vulnérables ; ou sélectionner les deux pour afficher la part de personnes à risque.

Interroger les données en fonction de ce qui compte pour vous

Les utilisateurs peuvent choisir les dangers et les domaines difficiles sur lesquels se concentrer, ainsi que la manière de les combiner.

L'opérateur OU comptabilise les personnes touchées par au moins une des catégories sélectionnées (par exemple, l'exposition aux inondations ou aux vagues de chaleur), tandis que l'opérateur ET comptabilise uniquement les personnes touchées par toutes les catégories sélectionnées (par exemple, l'exposition aux inondations, aux sécheresses et aux vagues de chaleur). Au fur et à mesure que les utilisateurs effectuent leur sélection, la page explique clairement qui est pris en compte.

L'indicateur Vision du tableau de bord du Groupe de la Banque mondiale utilise le cadre le plus large : il comptabilise les personnes exposées à TOUT danger ET vulnérables dans N'IMPORTE QUELLE zone.

Ce que révèle la carte

Le risque varie considérablement d'une région à l'autre. L'exposition est la plus forte en Asie du Sud et de l'Est, mais la vulnérabilité y est moindre, notamment grâce à un meilleur accès à la protection sociale et aux services financiers. En Afrique subsaharienne, la situation est inverse : 90 % de la population est très vulnérable sur au moins un point, ce qui signifie que presque toutes les personnes exposées sont également à risque.

Les risques varient également. À l'échelle mondiale, les vagues de chaleur sont le risque le plus répandu, tandis que la plupart des populations rurales sont confrontées à la sécheresse agricole, souvent dans un contexte de vulnérabilité accrue. La carte permet aux utilisateurs de consulter ces tendances pour chaque pays et d'identifier les risques et les difficultés qui expliquent ces chiffres.

En regardant en arrière

En comparant les années précédentes et suivantes, on constate l'évolution de la situation. Les progrès réalisés depuis 2010 sont mitigés. La part de la population à haut risque a diminué, passant d'environ une personne sur trois à une personne sur cinq, principalement grâce à une baisse de la vulnérabilité socio-économique, tandis que l'exposition aux aléas climatiques est restée globalement stable au sein de la population. Cependant, le nombre de personnes exposées a augmenté de 461 millions, ce qui reflète en partie la croissance démographique.

Il est important de noter que cette carte comptabilise les personnes vivant directement sur la trajectoire d'un danger, et non celles qui sont affectées indirectement. Les pays ne disposant pas de données récentes d'enquêtes auprès des ménages ne sont pas inclus, et les chiffres les plus récents accusent un retard de quelques années.

Ces conclusions ne représentent qu'une partie du tableau. Le prochain rapport « Pauvreté, prospérité et planète » (3PR) analysera plus en détail l'ampleur et la répartition des risques climatiques, ainsi que la manière dont l'exposition et la vulnérabilité interagissent pour façonner les défis auxquels sont confrontées les populations du monde entier.

Plus d'informations

• Consultez le document « Qui est le plus à risque ? Un indicateur de vision mondiale pour mesurer la vulnérabilité climatique » pour découvrir les conclusions mondiales et leurs implications politiques.

• Voir l’indicateur sur le tableau de bord du Groupe de la Banque mondiale.

• La note méthodologique du tableau de bord du Groupe de la Banque mondiale explique étape par étape comment les personnes à haut risque sont comptabilisées.

• Le document de travail de la Banque mondiale sur la recherche en matière de politiques publiques expose les recherches qui sous-tendent la méthode.

• Un article précédent du blog de données examine quelles régions sont les plus à risque et comment cela se compare à leurs émissions de gaz à effet de serre.

Comment citer la carte PARCH : 

Banque mondiale. (2026). Personnes exposées aux risques liés au changement climatique (PARCH) [Données ou carte interactive]. Plateforme Pauvreté et Inégalités, Banque mondiale. Consulté le [Jour Mois Année] sur https://pip.worldbank.org/map/climate-risk

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Risques interconnectés de catastrophe (rapport de l'ONU)

Cartes et données sur l'indice des risques climatiques pour les enfants (UNICEF)

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Les déchets augmentent à un rythme alarmant dans le monde (rapport de la Banque mondiale)

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Ce que la révision de la carte des argiles déplace en Île-de-France


La carte nationale d'exposition au retrait-gonflement des argiles a été revue par l'arrêté du 9 janvier 2026, applicable depuis le 1er juillet. À l'échelle de la France hexagonale, les zones d'exposition moyenne et forte passent de 48 % à 55 % du territoire. Le chiffre dit qu'il y a davantage de surface classée. Il ne dit pas où, et c'est pourtant la seule question qui change quelque chose pour un propriétaire, un notaire ou un service instructeur.

Nous suivons ce risque commune par commune en Île-de-France. Pour mesurer la révision, les polygones d'aléa des deux millésimes ont été intersectés avec les contours des 1 266 communes franciliennes, en projection Lambert 93. Chaque commune reçoit une part de surface en aléa moyen et une part en aléa fort, converties en un score de 0 à 50 points où l'aléa fort pèse le double de l'aléa moyen. Le barème est identique pour 2020 et pour 2026, donc l'écart entre les deux ne mesure rien d'autre que le redécoupage. Les écarts inférieurs à un demi-point sont écartés, ils relèvent du lissage des contours plutôt que d'une décision de zonage. Paris reste en dehors du calcul, la carte nationale ne couvre pas la ville.

Le résultat régional tient en trois nombres. 295 communes gagnent en exposition, 72 en perdent, 898 ne bougent pas. La révision n'est donc pas une extension uniforme du zonage, c'est un redécoupage qui laisse les sept dixièmes de la région là où ils étaient.

Sa géographie ne ressemble pas à celle du risque. La Seine-et-Marne et l'Essonne, les deux départements que l'on cite chaque été quand les maisons fissurent, ne bougent presque pas, 11 communes sur 507 pour la première et 10 sur 194 pour la seconde. Le Val-de-Marne n'en compte aucune. Le mouvement est ailleurs, dans les Yvelines avec 148 communes sur 259, et dans le Val-d'Oise avec 102 sur 183. Plus d'une commune sur deux dans chacun de ces deux départements.

Part des communes dont l'exposition surfacique augmente de plus d'un demi-point entre les deux cartographies, par département, puis en ne retenant que les communes qui atteignaient de 15 à 30 points sur 50 en 2020 (source : Expert Fissure IDF, d'après les deux millésimes de la cartographie BRGM de l'aléa retrait-gonflement des argiles).

Le reclassement se concentre à l'ouest et au nord. L'explication qui vient d'abord est arithmétique. La Seine-et-Marne et l'Essonne étaient déjà largement classées en 2020, il leur restait peu à gagner. Elle ne tient pas. En ne gardant que les communes qui partaient d'un niveau comparable, entre 15 et 30 points sur 50, l'écart subsiste et s'accentue : 73,6 % des 110 communes concernées dans les Yvelines sont reclassées à la hausse, contre 2,8 % des 211 communes de Seine-et-Marne et 1,8 % des 57 communes d'Essonne. À niveau de départ égal, une commune des Yvelines a donc été redessinée vingt-six fois plus souvent qu'une commune de Seine-et-Marne. La révision est géographiquement ciblée, elle n'est pas un rattrapage mécanique.

Ce qu'elle ajoute n'est pas non plus la même chose d'un endroit à l'autre. Dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine, le gain se fait en aléa fort. Sur les 148 communes yvelinoises reclassées, 144 comptent désormais de l'aléa fort sur plus d'un dixième de leur surface, et la part médiane atteint 42 %. Mareil-Marly passe de 26,4 à 48,6 points, avec 97 % de sa surface en aléa fort. Meudon, Clamart, Vaucresson, Bougival, Le Port-Marly, Marly-le-Roi et La Celle-Saint-Cloud suivent le même mouvement, le long des coteaux de la Seine et des buttes de l'ouest parisien.

Dans le Val-d'Oise, le gain reste en aléa moyen. Sur 102 communes reclassées, 62 n'ont pratiquement pas d'aléa fort et 43 n'en ont aucun. Neuf d'entre elles se retrouvent classées en aléa moyen sur la quasi-totalité de leur surface alors que la carte de 2020 n'en classait pas un cinquième : Villiers-le-Sec passe de 0,4 à 25,0 points, Villaines-sous-Bois de 0,8 à 25,0, Le Mesnil-Aubry de 1,0 à 24,9, Puiseux-en-France de 1,2 à 24,9. Ce sont les communes de la plaine de France, autour de Roissy. Dugny, en Seine-Saint-Denis, connaît la même bascule.

Nature du reclassement des communes dont l'exposition surfacique augmente entre la cartographie de 2020 et celle de 2026 (source : Expert Fissure IDF, intersection des contours communaux et des polygones d'aléa du BRGM en Lambert 93).

Sous un même chiffre, deux révisions différentes. La conséquence n'est pas cartographique. Le classement en exposition moyenne ou forte déclenche l'étude géotechnique préalable à la vente d'un terrain non bâti constructible, et les règles de construction qui l'accompagnent, pour les contrats conclus depuis le 1er juillet 2026. Les 295 communes concernées comptent 2,29 millions d'habitants et 133 527 maisons individuelles achevées avant 1971, bâties avant que ce risque soit pris en compte. Dans notre indice, 70 communes changent de classe d'exposition du seul fait de la révision, 68 vers le haut et 2 vers le bas, sans qu'aucun sinistre nouveau ni aucune construction ne soit intervenu. Seule la connaissance du sous-sol a changé.

Reste une précaution de lecture. Un écart entre deux millésimes ne dit rien du niveau atteint. Après révision, l'aléa moyen ou fort couvre 83 % de la surface de la Seine-et-Marne et 74 % de celle du Val-d'Oise, alors que la première n'a presque pas bougé et que la seconde a beaucoup changé. Lire la révision comme un déplacement du risque vers l'ouest et vers le nord serait une erreur. Ce qui s'est déplacé, c'est le trait.

Les chiffres de ce billet sont tirés de l'indice Fissure Île-de-France, un indice communal d'exposition au retrait-gonflement des argiles tenu à jour pour les 1 266 communes de la région, consultable commune par commune avec le détail des parts de surface et l'écart entre les deux cartographies. Il est publié sous licence CC BY 4.0.

Ce billet a été rédigé par Kharti Mick, architecte DPLG et expert en pathologie du bâtiment spécialisé dans le diagnostic des fissures et des désordres structurels en Île-de-France (Expert Fissure IDF).

Ressources utilisées

Arrêté du 9 janvier 2026 modifiant l'arrêté du 22 juillet 2020 définissant les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux, NOR TECP2527988A, JO n° 0026 du 31 janvier 2026 : texte sur Légifrance.

Géorisques, retrait-gonflement des argiles version 2026, données par département au format Shapefile en Lambert 93, licence etalab-2.0 : base de données.

Géorisques, Présentation de la révision et des chiffres nationaux, 4 février 2026.

Géorisques, Cartographie de l'aléa annexée à l'arrêté du 22 juillet 2020, pour le millésime antérieur.

Insee, Recensement de la population, logements ordinaires en résidence principale selon la période d'achèvement, pour le dénombrement des maisons individuelles achevées avant 1971.

Articles connexes

Cartographie d'exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux

Carte de répartition des risques naturels en France métropolitaine (IGN)

Nappes d'eau souterraine : bilan de l’évolution des niveaux 2022-2026 (BRGM)

Carte lithologique de la France au 1/50 000e sur InfoTerre (BRGM)


Étudier les zones transfrontalières en Europe (Atlas CROSSGOV)


L'Atlas CROSSGOV (« Vivre, travailler et voyager par-delà les frontières en Europe ») constitue un recueil de 21 indicateurs territoriaux destiné aux utilisateurs souhaitant explorer les résultats du projet. Plutôt que de proposer des interprétations prédéfinies ou des analyses statiques, l'atlas est conçu pour permettre aux utilisateurs d'explorer les données de manière autonome et d'adapter leurs observations à leurs propres besoins. Chaque entrée thématique repose sur une série de cartes avec des commentaires.

Les fiches thématiques CROSSGOV proposent des analyses thématiques approfondies à l'échelle paneuropéenne. Elles sont organisées selon cinq dimensions thématiques qui correspondent aux sept dimensions principales du projet CROSSGOV. Notamment, les trois dimensions liées à la gouvernance sont traitées de manière intégrée afin d'obtenir des résultats analytiques plus clairs. Ces fiches thématiques visent à guider les utilisateurs dans une démarche analytique structurée, combinant données territoriales et évaluations des potentiels et opportunités de développement.

Si on prend par exemple l'accessibilité et la mobilité, ce sont des enjeux clés pour la fonctionnalité transfrontalière, qui influencent directement le potentiel d'interaction entre les régions et leurs habitants, voire la nature même de cette interaction. Aujourd'hui encore, en Europe, les frontières constituent souvent des barrières physiques et fonctionnelles, allongeant les temps de trajet, interrompant (ou ralentissant) les réseaux de transport et réduisant la portée effective des services et des marchés du travail. Par conséquent, la compréhension de l'accessibilité et de la mobilité transfrontalières est essentielle pour évaluer le potentiel d'intégration en matière de marchés du travail, de disponibilité des services et des infrastructures, et d'interactions sociales.

Dans le cadre du projet ESPON CROSSGOV, le contexte d'accessibilité et de mobilité des régions transfrontalières a été analysé à l'aide de 6 indicateurs spécifiques : 

  • franchissement des frontières par les infrastructures de transport, 
  • accessibilité du temps de trajet transfrontalier, 
  • qualité des liaisons transfrontalières sélectionnées, 
  • zones de chalandise transfrontalières basées sur les flux de mobilité, 
  • les navetteurs sortants 
  • les services publics transfrontaliers dans le domaine des transports

Part de travailleurs effectuant des trajets domicile-travail transfrontaliers (source : Atlas CROSSGOV)

L'analyse des infrastructures de transport aux frontières offre une vue d'ensemble de la disponibilité des points de passage physiques, mettant en évidence les zones où ces infrastructures sont concentrées ou, au contraire, inégalement réparties. Cet indicateur est analysé conjointement avec la qualité comparative de liaisons transfrontalières sélectionnées, soulignant les schémas d'accessibilité et les temps de trajet liés aux transports routier et ferroviaire pour certaines villes. Enfin, l'accessibilité en termes de temps de trajet transfrontalier illustre la dimension spatiale de l'accessibilité sur l'ensemble de la zone frontalière. Ces indicateurs permettent d'identifier les points de congestion et les tronçons de frontière où l'accessibilité est structurellement limitée par les infrastructures, les services et la topographie.

Comparaison de la rapidité des connexions par le train versus l'automobile (source : Atlas CROSSGOV)

Une seconde perspective est offerte par les flux transfrontaliers réels, illustrés par la zone de chalandise transfrontalière basée sur les flux de mobilité. Cet indicateur montre comment le potentiel d'accessibilité théorique est exploité en pratique et comment les flux transfrontaliers s'étendent au-delà de la frontière. Conjugué à l'indicateur relatif aux déplacements domicile-travail, il permet de dresser un tableau clair des interconnexions, pour le travail et d'autres raisons, de part et d'autre des frontières. Enfin, l'existence de services publics transfrontaliers dans le secteur des transports est présentée afin de souligner un aspect essentiel du potentiel de mobilité non automobile dans les régions frontalières. Il convient de noter que plusieurs aspects liés à l'accessibilité et à la mobilité dans les zones transfrontalières sont analysés dans d'autres fiches thématiques, notamment celles consacrées aux interconnexions sociales et culturelles.

La plateforme CROSSGOV rassemble tous les produits numériques et interactifs développés dans le cadre du projet CROSSGOV (2024-26) qui porte sur les mécanismes de gouvernance pour les domaines fonctionnels transfrontaliers. Elle comprend tout d'abord l'Atlas pan-européen, qui visualise les indicateurs collectés accompagnés de brèves descriptions textuelles. Ensuite, la plateforme propose 5 fiches thématiques offrant des analyses thématiques approfondies et des interprétations détaillées. Enfin, 40 zooms régionaux complètent la plateforme, illustrant les domaines fonctionnels transfrontaliers identifiés dans l'espace ESPON .

Descriptif du projet CROSSGOV-ESPON

Rapport final publié en mars 2026

Pour compléter

Hippe, S., Chilla, T., Günther, E., Paul, H., Wein, T., Gaugitsch, R. et Järv, O. (2026). « Cross-border functional areas (CBFA) : a multi-indicator definition at the European level » [Zones fonctionnelles transfrontalières (ZFT) : une définition multi-indicateurs à l’échelle européenne]. European Planning Studies, 1–24. https://doi.org/10.1080/09654313.2026.2661064

L'intégration transfrontalière fonctionnelle en Europe s'est intensifiée ces dernières décennies, les processus de libéralisation ayant accru la perméabilité des frontières. Compte tenu de son importance politique, ses mécanismes sous-jacents ont fait l'objet de nombreuses études. Cependant, les approches existantes pour mesurer la fonctionnalité transfrontalière et identifier les zones fonctionnelles transfrontalières (ZFT) restent fragmentées et méthodologiquement diverses. Le manque de données paneuropéennes à une échelle fine a également limité les analyses quantitatives exhaustives. S'appuyant sur une analyse exploratoire de l'intégration transfrontalière fonctionnelle, cet article examine comment mesurer la fonctionnalité transfrontalière. Afin de combler les lacunes de la littérature, l'étude mesure la fonctionnalité transfrontalière à travers l'Europe à l'aide de données municipales et d'un ensemble d'indicateurs multisectoriels conçus pour saisir les interactions transfrontalières avec la plus grande précision possible. Elle présente également la première approche systématique de délimitation des ZFT dans les pays de l'UE et de l'AELE. En fournissant une base empirique solide, l'étude soutient les politiques frontalières et régionales ciblées grâce à une meilleure compréhension des schémas fonctionnels transfrontaliers.

Valeurs de fonctionnalité transfrontalière pour les municipalités frontalières dans les pays
de l'UE et de l'AELE (source : Hippe et al, 2026 © ESPON)

Articles connexes

Atlas cartographique de l'Arc jurassien

Utiliser l'Atlas statistique du canton de Genève et de la région transfrontalière

La place de la région Bruxelles-Capitale dans la structure urbaine belge


Source : La structure urbaine belge : quelle est la place de la Région de Bruxelles-Capitale ? Cahier de l'Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse, n°17, mai 2026.  

Au cours de ces deux derniers siècles, les villes ont connu une croissance sans précédent de leur population et dans l’espace. Ce phénomène est universel : cette croissance urbaine a démarré à des moments différents et s’effectue avec des rythmes différents selon les pays et les régions. En Belgique, ce double mouvement s’est amorcé dès l’industrialisation au XIXème siècle (croissance de la population) et s’est prolongé avec un étalement urbain prononcé au XXème siècle. Désormais, une ville se définit par une agglomération morphologique, un continu bâti, et par une périphérie fonctionnelle, c’est-à-dire une zone d’influence au sein de laquelle s’exerce l’attraction de la ville. La délimitation des principales villes dépasse largement les limites communales. Délimiter les villes dans l’espace permet de suivre l’évolution de ces dernières, notamment sur un plan statistique. Cela permet également d’identifier le territoire pertinent pour traiter des problématiques urbaines comme l’aménagement du territoire, la mobilité, le développement économique, les infrastructures… L’objectif de ce Cahier est de délimiter l’étendue des villes belges en général et de Bruxelles en particulier. En Belgique, la méthode de délimitation des régions urbaines permet de suivre l’évolution de cette délimitation dans le temps, car elle fait l’objet d’actualisations à la suite des recensements/Census décennaux. Cette méthode, appliquée sur le découpage communal en vigueur au 1er janvier 2025 avec les données du Census 2021, délimite 17 villes en Belgique, dont Bruxelles, au travers de trois composantes, à savoir :

  • le Pôle Urbain Majeur (PUM), correspondant à l’agglomération ;
  • la banlieue, qui est la périphérie fonctionnelle avec d’importantes interactions avec le PUM ;
  • la Zone Résidentielle des Migrants Alternants (ZRMA), qui est la périphérie fonctionnelle où les navettes domicile-travail se font en grande partie vers le PUM.


Le PUM et la banlieue forment la région urbaine. La région urbaine et la ZRMA forment le Complexe Résidentiel Urbain (CRU) des villes. Sur la base de l’actualisation, une analyse statistique de la population et de l’emploi intérieur permet de dégager la hiérarchie urbaine belge. Bruxelles (au sens de son CRU) reste la principale ville du pays, avec 2,9 millions d’habitants et 1,3 millions d’emplois. Anvers est la seconde ville du pays (1,2 millions d’habitants et 540 000 emplois dans le CRU). Liège et Gand suivent avec 700 000 à 800 000 habitants et 300 000 emplois dans leurs CRU. Enfin, Charleroi est la 5ème grande ville du pays (450 000 habitants et 150 000 emplois dans le CRU). Douze autres villes sont suffisamment polarisantes sur leurs alentours pour qu’au moins une commune puisse être considérée comme leur banlieue et forment, ensemble, une région urbaine. À l’occasion de cette actualisation, Genk perd le statut de région urbaine.

L’analyse des dynamiques démographiques et de l’emploi permet d’identifier des évolutions contrastées au sein des CRU (Complexes Résidentielles Urbains). Ces dernières années sont marquées par le dynamisme observé à Gand et à Louvain et par le déclin relatif observé à Charleroi, à Tournai ou à Verviers. Sur le plan démographique, les CRU de Flandre et de Bruxelles ont connu des croissances démographiques plus fortes au centre des villes (les PUM ou les banlieues, selon les cas) qu’en périphérie (les banlieues ou les ZRMA, selon les cas). Quant aux CRU de Wallonie, la croissance de la population a favorisé une dispersion de la population, au profit des ZRMA plutôt que des PUM. Ce schéma se vérifie dans le cas du CRU de Bruxelles : la population s’est davantage concentrée dans le PUM et la banlieue en RBC et en Flandre qu’en Wallonie. Dans la partie wallonne du CRU de Bruxelles, la croissance de la population (et de l’emploi) est plus forte à mesure qu’on s’éloigne du centre de Bruxelles. Cela engendre des divergences de développement urbain de Bruxelles (au sens large) entre la RBC, la Flandre et la Wallonie.

Ce cahier de l'IBSA analyse la structure urbaine sous deux angles : une mise à jour des régions urbaines belges avec les données du Census 2021 et un aperçu complémentaire par la méthode de l'INSEE des aires urbaines appliquées à la Belgique. Cette publication est l'occasion de réfléchir aux différentes méthodes d'analyse (régions urbaines monocentriques versus aires urbaines multipolarisées type INSEE).

En appliquant la méthode des aires urbaines développée en France par l’INSEE, la représentation de la structure urbaine belge tient davantage compte des villes « secondaires », notamment dans l’hinterland de Bruxelles, permettant d’identifier une hiérarchie urbaine plus exhaustive ainsi que des territoires (des communes) soumis à la polarisation vers plusieurs pôles, dont Bruxelles, permettant de sortir d’une approche monocentrique avec une ville unique qui influence un hinterland.

L'étude propose plusieurs cartes qui représente l'extension des principales villes belges :

  • Bruxelles, première ville du pays (un complexe résidentiel urbain de 2,9 millions d'habitants) ;
  • de nombreux pôles secondaires importants autour de Bruxelles (Termonde, Alost, Malines, Ninove, Zaventem, Nivelles & Ottignies-LLN) ;
  • des évolutions contrastées des villes entre la Flandre et la Wallonie ;
  • la multipolarisation d'un grand nombre de communes entre Bruxelles et plusieurs autres villes ;
  • des villes en croissance, d'autres en déclin...

Un glossaire très utile accompagne la publication. Les données ayant servi à cette étude seront prochainement mises à disposition en accès libre, dans la limite des règles de protection des données :  

"Sur le plan des données, le Census pourrait être davantage exploité à l’occasion d’une prochaine actualisation. Par exemple, la géolocalisation des logements est une source de données qui n’a pas pu être exploitée dans le cadre de cette actualisation. Ces données permettraient de s’affranchir de sources différentes selon les régions administratives. Il s’agit d’un arbitrage à opérer entre l’accès à des données open access et l’exploitation maximale des possibilités offertes par le Census. En effet, la géolocalisation précise de la population ou des logements est soumise à la protection des données".

Pour compléter

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Atlas cartographique de l'Arc jurassien


L'Arc jurassien est une région franco-suisse au cœur de l'Europe qui s'étend sur 300 km entre le Rhin au nord, le Rhône et les Alpes au sud. Pour la partie française, ce périmètre comprend 28 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) des trois départements frontaliers de la région Bourgogne-Franche-Comté : Doubs, Jura et Territoire de Bel­fort. Pour la partie suisse, il couvre 15 districts appartenant aux cantons de Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud. L’expression « Arc jurassien suisse / Arc jurassien français » est utilisée pour désigner respectivement la zone observée en Suisse et en France.

L'Atlas cartographique de l'Arc jurassien est le fruit d'une collaboration entre l'Observatoire statistique transfrontalier de l'Arc jurassien (OSTAJ) et le système d'information du territoire neuchâtelois (SITN). Cet outil cartographique constitue un élément incontournable pour la connaissance du territoire de l'Arc Jurassien. Il permet d'analyser les données statistiques relatives à ce territoire transfrontalier et de les représenter sous forme de cartes, tableaux, graphiques et rapports. Ce sont ainsi plusieurs cartes thématiques qui peuvent être réalisées et combinées entre elles via l'application Geoclip. 

Population résidente et part de la population étrangère par commune en 2022
(source : Atlas cartographique de l'Arc jurassien)



Proportion de frontaliers dans la population active et nombre de frontaliers dans le tertiaire en 2022
(source : Atlas cartographique de l'Arc jurassien)



Économie, emploi, démographie, services, santé, mobilités, environnement, agriculture, tourisme : ce recueil en ligne propose de nombreuses représentations cartographiques enrichies de commentaires concis et de tableaux statistiques permettant d’appréhender les particularités et la structure de l’Arc jurassien franco-suisse. Les cartes et données présentées dans ce document sont organisées autour des quatre territoires de coopération qui forment le cœur de cet espace transfrontalier. 

Portraits de territoires de coopération :
Cartes thématiques par commune :
L’OSTAJ a été mis en œuvre à partir de 2005 dans le cadre d’un partenariat entre la Région Bourgogne-Franche-Comté, l’État et l’Insee pour la partie française, la CTJ-Suisse (devenue aujourd’hui arcjurassien.ch) et les offices statistiques des quatre cantons frontaliers pour la partie helvétique (Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud). Il a, en outre, bénéficié du soutien du programme INTERREG IIIA. Cet observatoire est un outil d'observation et d'information statistique harmonisée entre les régions suisse et française. Il est destiné à fournir des éléments permettant une analyse de la situation économique et sociale transfrontalière jurassienne, en assurant notamment un suivi des répercussions des accords bilatéraux conclus entre l'Union Européenne et la Suisse, et en particulier de l'accord sur la libre circulation des personnes. Pour fonctionner, l'OSTAJ met en réseau les savoirs, les données, les infrastructures techniques.

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D’où viennent les étudiants étrangers en France et où vont les étudiants français à l’étranger ?


Source : Louis Bodelin, « Les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale en 2024-2025 », Note Flash du SIES, n°2025-22, 18 septembre 2025.

D’où viennent les étudiants étrangers en France et où vont les étudiants français à l’étranger ? Une carte permet d’y répondre via la note du SIES n°2025-22 sur les mobilités internationales par Louis Bodelin.


En 2024, 12 % des étudiants en France sont des étrangers en mobilité internationale, soit 330 000 étudiants venant étudier dans les établissements français. Cela correspond à une hausse, par rapport à 10 ans auparavant, de près de 100 000 étudiants venant de l’étranger (+3 % en un an, +13 % par rapport à 2019-2020 et +38 % en 10 ans). La croissance des effectifs d’étudiants mobiles entrants est portée par les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie. 

Sept étudiants internationaux sur dix s’inscrivent dans cinq régions académiques. Les régions Ile-de-France (119 700 étudiants mobiles), Auvergne Rhône-Alpes (42 300), Occitanie (29 700), Grand Est (24 600) et Hauts-de-France (23 700) concentrent à elles seules 73 % des étudiants internationaux inscrits à la rentrée 2024 dans l’enseignement supérieur, alors qu’elles n’accueillent que 65 % de l’ensemble des étudiants.

De nouvelles données viennent compléter ces informations sur la plateforme d'open data du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. Vous y trouverez le détail des étudiants accueillis en France par pays d’origine et par année de 2013 à 2024. Ce jeu de données présente les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale et les effectifs d’étudiants étrangers dans les établissements et les formations de l’enseignement supérieur, recensés dans les systèmes d’information et enquêtes des ministères en charge de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture, de la Pêche, de la Santé et des Sports selon différentes filières de formation et niveaux géographiques (au niveau national et régional). 

Les étudiants étrangers en mobilité internationale sont les étudiants de nationalité étrangère titulaires d’un diplôme d’études secondaires étranger ou d’un baccalauréat français obtenu à l’étranger. Ils correspondent à une population venant suivre des études supérieures en France après une scolarité à l’étranger. Les effectifs d’étudiants en mobilité internationale sont directement calculés à partir des informations collectées pour 97 % des étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur. Pour 3 % des étudiants principalement inscrits en formations paramédicale et sociale et en écoles privées hors contrat, la notion d’étudiant en mobilité internationale est estimée. Avec les étudiants résidents étrangers (étudiants de nationalité étrangère ayant obtenu leur baccalauréat sur le territoire français, non dénombrés dans cette table), ils forment l’ensemble des étudiants étrangers.

Lien ajouté le 27 avril 2026

Antonin Durand et Guillaume Tronchet (2025). Histoire et enjeux des mobilités étudiantes internationales à l’époque contemporaine, https://shs.cairn.info/revue-20-21-revue-dhistoire-2025-4-page-3?lang=fr

"Si la mobilité étudiante internationale est devenue un fait social total, c’est aussi parce qu’elle reconfigure les trajectoires biographiques, les identités et les appartenances. L’étudiant international n’est plus seulement un visiteur académique : il est un emblème de la mondialisation, à la fois sujet mobile, consommateur d’éducation et acteur de la circulation des savoirs [3]. Cette mobilité touche désormais toutes les régions du monde, et pas seulement les flux Sud-Nord traditionnels : de nouveaux pôles d’attraction (Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil, Émirats arabes unis) illustrent la diversification des espaces de formation et la multipolarité croissante du champ universitaire mondial... La mobilité étudiante internationale apparaît comme un terrain particulièrement fécond pour l’histoire. Parce qu’elle met en jeu des politiques d’État, des infrastructures éducatives, des trajectoires individuelles et des circulations symboliques, elle permet de relier les échelles micro et macro de l’analyse historique, et invite à penser, dans la longue durée, les liens entre formation, circulation et pouvoir."

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La langue française dans le monde (rapport 2026 de l'OIF)

La langue française dans le monde (rapport 2026 de l'OIF)


Source : « La langue française dans le monde », Organisation internationale de la francophonie (OIF), rapport 2026.

Forte de son statut de quatrième langue la plus parlée au monde avec 396 millions de Francophones, de deuxième langue la plus apprise sur les cinq continents, de quatrième langue présente sur Internet, de troisième langue de l’économie et des affaires, la langue française est bien une langue mondiale. L’OIF a missionné son Observatoire de la langue française (OLF) pour en comprendre les pratiques et les usages pluriels, les formes vivantes, les mutations éducatives ainsi que les imaginaires partagés et les recompositions identitaires. Dans cette vision, le français devient une langue de médiation entre univers linguistiques et culturels particuliers, une langue d’intersection entre générations différentes, une langue de rencontre entre disciplines et champs de connaissance éloignés, une langue de fusion entre expressions artistiques et culturelles. Cette édition 2026 s’inscrit dans la continuité d’un long travail d’observation qui consiste à affiner la connaissance des usages diversifiés du français dans le monde, mais aussi dans une nouvelle exigence : penser la mondialité de la langue tout en préservant sa diversité. Pluri/polycentrique, la francophonie y est considérée comme un réseau de cercles linguistiques ancrés à Dakar, Montréal, Port-au-Prince, Bruxelles, Beyrouth, Genève, Casablanca, Hanoï et dans des milliers d’autres espaces où se tissent au quotidien des pratiques et des créations en français. Elle revendique la vitalité d’un « français mondialisé » qui, loin d’être une simple juxtaposition de variétés locales, représente une manière de faire société à travers la langue. D’Abidjan à Paris, de Lomé à Djibouti, de Kinshasa à Fort-de-France, de Tunis à Antananarivo, les jeunes locuteurs réinventent les rythmes, les images et les registres du français, à travers les réseaux sociaux, les musiques urbaines, la recherche scientifique ou la littérature numérique. 

La densité francophone dans le monde en 2025 (source : rapport 2026 de l'OIF)

Cette édition souligne la complémentarité entre langues autochtones et langue française dans la construction identitaire, l’innovation scientifique et économique et la création artistique. Au cœur de la vitalité de la langue française, cette pluralité participe à un renouvellement éthique, fondé sur la reconnaissance et la circulation des patrimoines culturels. Cet ouvrage tend ainsi à saisir ces transformations multiples qui posent un double défi : préserver cette langue en partage sans figer sa plasticité créatrice, et concilier unité et diversité du français, qui s’enrichit principalement par sa circulation planétaire. Avec un centre de gravité de la francophonie se déplaçant irréversiblement vers l’Afrique dont la population est majoritairement jeune, le français sera une langue de l’avenir s’il sait devenir vecteur de mobilité, de réussite et d’émancipation sociales et économiques. Mais cette jeunesse pose à la Francophonie des exigences nouvelles, celle d’une éducation de qualité et inclusive, d’une formation solide des enseignants, d’un accès généralisé au numérique, d’une promotion juste et équilibrée du français et des langues et cultures autochtones. Ces enjeux nécessitent d’investir massivement dans la formation, la littératie numérique et la Francophonie scientifique et économique, afin de faire du français non plus un simple héritage, mais un outil d’accès à la connaissance, à l’emploi, à l’innovation et à l’épanouissement individuel et collectif. Cette édition de La Langue française dans le monde présente une cartographie complète de l’enseignement du et en français dans l’espace francophone, croisée avec des indicateurs démographiques et économiques. Cette approche renouvelée met en lumière les corrélations entre la politique linguistique des États, la formation des enseignants et la vitalité du plurilinguisme dans les systèmes éducatifs. Cette cartographie illustre les progrès considérables accomplis par les pays francophones du Sud, mais aussi les défis persistants liés à la qualité et à la formation éducatives. Elle constitue un outil stratégique pour orienter les politiques publiques et les coopérations.

Nombre d'apprenants de franççais dans le réseau des Alliances françaises (source : rapport 2026 de l'OIF)

Pour compléter

« Le français devient la quatrième langue la plus parlée au monde » (France-Info).

La langue de Voltaire occupe la deuxième place au niveau de l'apprentissage, avec plus de 170 millions de francophiles répartis sur les cinq continents. Le monde compte 396 millions francophones, dont "près de 65%" sur le continent africain, souligne le dernier rapport sur la langue française dévoilé lundi 16 mars 2026 à Québec par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), à quelques jours de la Journée internationale de la francophonie célébrée le 20 mars. Le français est désormais la quatrième langue la plus parlée au monde. Il gagne une place dans le classement mondial en arrivant derrière l'anglais (qui réunit plus d'1,5 milliard de personnes), le mandarin (plus d'un milliard de locuteurs) ou encore l'espagnol (plus de 600 millions d'hispanophones) mais devance l'arabe standard. Au nombre des atouts de cette langue mondiale, "une forte légitimité dans la diplomatie, le droit international, les relations culturelles et dans certains espaces scientifiques et académiques". Elle puise également sa force "dans la littérature, la philosophie, les arts, la gastronomie, la mode et le cinéma d’auteur". Le français peut également se targuer d'être "la deuxième langue la plus apprise sur les cinq continents". En 2024, plus de 170 millions d’élèves dans 36 pays "ont reçu un enseignement en français ou ont appris le français en milieu institutionnel". Elle est également "la troisième langue de l’économie et des affaires".
Cependant, "sa position se fragilise dans les sciences exactes, les nouvelles technologies et l’enseignement supérieur à cause de l’hégémonie de l’anglais". Cette dernière reste la langue dominante sur la toile, avec "environ 20%" des contenus contre quelque 3,5% pour le français. C'est autant pour l'arabe, le hindi, le portugais et le russe avec lesquels la langue de Molière partage la quatrième place dans le classement des contenus sur Internet. Ainsi, "si l’on établit un palmarès complet des langues dans Wikimédia", l’anglais est "en première position, avec en moyenne 23% des entrées, l’allemand en deuxième position avec 10%, et le français en troisième place avec 8%, devant l’italien (5 %), l’hébreu (4%), le polonais et le russe (3 %)". Plus globalement, pointe le rapport de la Francophonie, si la langue de Shakespeare continue de damer le pion au français, cela tient d'abord au fait que "les débats sur l’usage des connaissances fiables dans l’élaboration des politiques publiques se déroulent principalement en anglais", notamment dans des revues comme Evidence & Policy ou Science Communication.
En 2050, le français devrait être utilisé "par 590 millions de personnes, dont 9 sur 10 vivront en Afrique", rappelle la secrétaire générale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo. À cet horizon, prédit la dernière édition de La Langue française dans le monde (2023-2026), le destin de la langue de Voltaire "ne se lira plus depuis Paris, mais se concevra plutôt à Abidjan, Beyrouth, Bruxelles, Dakar, Kinshasa, Montréal, Port-au-Prince, Tunis ou Yaoundé". Le français sera alors "une langue plurielle dont l’avenir se jouera dans sa capacité d’adaptation aux nouvelles réalités numériques et géopolitiques".

« Ciel ! Le français n’existe pas : il vit ! » (Le Café pédagogique).

Et si on se décentrait un peu ? Et si on considérait enfin que le français, langue de l’Ecole, discipline à part entière, est en réalité une langue d’autant plus vivante qu’elle se déploie, se transforme, se questionne à l’échelle du monde ? A l’occasion de la Journée internationale de la francophonie célébrée le 20 mars, l’Organisation Internationale de la Francophonie publie en ce sens son rapport 2026, éclairant et passionnant. Une ressource essentielle pour combattre le déclinisme, linguistique et culturel... D’une belle facture visuelle et pédagogique, le rapport de l’OIF livre de vigoureuses invitations : refuser « le mythe de la pureté et de l’homogénéité », « contribuer à la promotion et à la valorisation des langues locales et savoirs autochtones », promouvoir « le poly/pluricentrisme du français » et son « hybridité joyeuse, linguistique (lexicale, syntaxique, phonologique, prosodique) et culturelle. » Ces invitations, assurément, méritent de résonner aussi dans l’hexagonale Education nationale. Pour que s’y déploie une approche des langues qui se fasse plus vivante que normative. Pour que la pluralité des langues, des usages et des cultures y trouve mieux sa place. Pour que nous allions avec nos élèves nourrir internet de riches et créatifs contenus. Pour que nous saisissions enfin la chance, exaltante, de l’humilité : « Il faut que les Français acceptent l’idée d’être des francophones comme les autres » (Leila Slimani, France-Inter, 19 mars 2026). 

Taux d'encadrement dans l'enseignement primaire (source : rapport 2026 de l'OIF)


Taux d'encadrement dans l'enseignement secondaire (source : rapport 2026 de l'OIF)

Lien ajouté le 27 septembre 2026

« Francosphère » : population capable de tenir une conversation en français en 2024 (source : r/francophonie). La carte date de 2024 et certains chiffres sont soumis à caution. Les sources ne tiennent pas compte des dernières enquêtes menées par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), mais il s'agit du nombre de personnes effectivement capables de soutenir une conversation en français.

Articles connexes

Les visions multiples de la francophonie à travers le monde