GeoPl@ntNet, une application en ligne pour localiser les espèces végétales sur un territoire de votre choix


Vous connaissez peut-être déjà Pl@ntNet, l'application mobile qui permet d'identifier une plante ou un arbre à partir de son téléphone en envoyant une simple photographie sur le site Plantnet.org.

Il est désormais possible d'utiliser l'application en ligne GeoPl@ntNet pour localiser les espèces végétales sur un territoire choisi. Il suffit pour cela d'aller sur le site et de sélectionner une zone rectangulaire sur la carte (à la taille que l'on souhaite). Le service renvoie une liste des espèces végétales qui peuvent s'y trouver.

GeoPl@ntNet , une appli en ligne pour localiser les espèces végétales


Pour chaque espèce, le système fournit le nombre d'occurrences connues de l'espèce dans la zone sélectionnée en interrogeant l'API du portail GBIF (Global Biodiversity Information Facility). Les données sont classables par espèces ou familles. Elles sont également téléchargeables au format csv ou xlxs.

Exemple pour l'île de La Réunion à la très riche biodiversité



En sélectionnant une zone du monde, GeoPl@ntNet indique sa flore la plus probable selon les variables climatiques, les types de sols et les données du Global Biodiversity Information Service

Accès aux données détaillées à partir du portail GBIF



La communauté d'utilisateurs de Pl@ntNet est composée de scientifiques et citoyens intéressés par l'identification et la connaissance des plantes, ainsi que de développeurs d'applications et de logiciels pour l'identification des plantes, le jardinage, la gestion de la biodiversité, l'agroécologie ou d'autres domaines connexes.

Le site Plantnet.org et l'application mobile s'inscrivent dans le cadre d'un projet de sciences participatives sur la biodiversité (Cirad, INRAE, INRIA, IRD). Les photos prises par les utilisateurs viennent alimenter une base de données participative.




L'application utilise le service AI-GeoSpecies développé par l'équipe Pl@ntNet dans le cadre de l'European Research Cloud basé sur des algorithmes d'intelligence artificielle 

Le service est disponible sur le  catalogue du portail EOSC et a été développé dans le  cadre du projet Cos4Cloud .

Pour compléter :
« PlantNet, eBird, Spipoll, iNaturalist… ces applis au service de l’i-écologie » (The Conversation)


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Qu'est-ce que le Listenbourg, ce nouveau pays fictif qui enflamme les réseaux sociaux ? (fake map)


Rattaché à l'Espagne et au Portugal, le territoire est  assez récent : il a été créé le 30 octobre 2022 sur Twitter et relayé par des internautes français pour se moquer des Américains. A l'origine du phénomène, une blague de @Gaspardoo :


L'auteur a publié une carte fictive de l'Union européenne pour se moquer des Américains, souvent raillés pour leurs lacunes en géographie. Un pays imaginaire est ainsi né : le Listenbourg prolongeant l'Europe à l'extrémité de la péninsule ibérique dans l'océan Atlantique (la physionomie ressemble à une sorte de France retournée). La publication a rapidement fait le tour des réseaux sociaux devenant l'un des mots clés les plus recherchés et les plus cliqués sur Twitter. Depuis lors, elle a atteint plus de 9 000 retweets et 98 000 likes (voir le hashtag #listenbourg).


Un internaute a voulu exporter la tendance vers les télévisions américaines. On trouve sur Twitter un photomontage montrant un présentateur de Fox News évoquant le sujet. Il s’agit d’un faux puisque la blague de Gaspardo ne semble pas avoir franchi les frontières françaises (du moins pour le moment). La blague est aussi adressée aux Français qui se permettent de vanner les Américains mais ne savent pas toujours eux-mêmes situer d'autres territoires. Une blague géographique qui renvoie également à ce qu'Hervé Théry met en évidence concernant les stéréotypes nationaux qui sont souvent véhiculés (cf son article Géographie mondiale des blagues paru en octobre 2022 dans Mappemonde).


En quelques heures, une flopée de comptes Twitter ont vu le jour afin de créer un pays « réaliste ». L'auteur du message original a été nommé président de cet Etat fictif. Des « comptes officiels » de gouvernement et de différents ministères ont été créés. Le Listenbourg a ses ambassades, son Parlement et même son Ministère de l'Education. Assimilé par son climat chaud à un paradis pour retraités (comme le Portugal) ou encore à un paradis fiscal (comme le Luxembourg), le #Listenbourg, parfois aussi nommé #Listemburg, présente toutes les caractéristiques géographiques d'un vrai Etat. Certains afficionados ont même ouvert une page Wikipédia afin de partager l'existence de ce pays avec le monde entier. Depuis, les internautes et les modérateurs ont engagé une bataille acharnée pour garder cette page web accessible (mais celle-ci a été fermée). 

Un exemple de la lutte pour la visibilité : la page Wikipédia (pastiche) ouverte pour partager l'existence de ce pays imaginaire. Rapidement fermée, cette page est encore visible sur Wiki fandom.


Le drapeau a été choisi par la "communauté listenbourgeoise". Il est composé de deux bandes, l'une rouge et l'autre blanche, sur lequel sont apposés "pour la blague" les emblèmes de Napoléon Bonaparte

La question qui se pose : peut-on créer un pays à partir de rien ? Au vu de l'effervescence autour de ce Etat imaginaire d'environ 60 millions d'habitants (comme la France ?), une chose est sûre : le Listenbourg est devenu un puissant outil de communication pour des firmes ou des organismes désirant se faire de la publicité. Pour beaucoup, il s'agit simplement de faire un peu d'humour en jouant avec le dérisoire et le contre-factuel. En filigrane, on peut y voir une lutte pour se rendre visible mais aussi une manière de tourner en dérision les comptes officiels qui se servent des réseaux sociaux comme une simple vitrine. 

Lien ajouté le 10 novembre 2022

Lien ajouté le 15 novembre 2022
Lien ajouté le 30 novembre 2022
Lien ajouté le 24 janvier 2025
Lien ajouté le 9 mai 2026
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L’histoire de la cartographie et son écriture à l'épreuve du renouvellement (Journée d'étude, 25-11-22)


La commission “Histoire” du Comité français de cartographie organise sa journée d’étude 2022.


Depuis les années 1980, l’histoire de la cartographie a vu ses concepts, ses objets, ses méthodes d’investigation et ses manières d’écrire se transformer profondément sous l’influence des analyses de John Brian Harley et de ses émules (D. Woodward, C. Jacob, M. Edney, etc.). Une nouvelle manière d’écrire l’histoire de la cartographie s’est progressivement installée, y compris en France, en lien avec une réflexion plus générale sur les représentations de l’espace.

Quarante ans après, la journée d’étude organisée par la Commission « Histoire » du Comité Français de Cartographie se propose de revenir sur ces évolutions et le tournant « déconstructionniste », mais aussi d’interroger de façon élargie la cartographie et son histoire en la confrontant aux apports récents des sciences humaines (histoire, histoire de l’art, littérature, anthropologie, sociologie, etc.) et à la dématérialisation massive tant des modes de production et usages de la cartographie que des méthodes permettant de l’explorer et de l’analyser.

Le 25 novembre 2022. Campus Condorcet - Centre des colloques - Salle 100 - Aubervilliers (Métro Front Populaire). Entrée libre.

Programme

9 h : Accueil et introduction

9 h 30 -11 h : Table-ronde : Comment écrire aujourd’hui l’histoire de la cartographie ? Débats et perspectives, avec Christian Jacob, Josef Konvitz et Gilles Palsky

Animée par Jean-Marc Besse (CNRS-EHESS)

11 h -11 h15 : Pause-café

11 h15 -12 h 30 : Première session : l’histoire de la cartographie à la rencontre de la littérature et de l’histoire des savoirs

Sous la présidence d’Emmanuelle Vagnon (CNRS-LAMOP)

Isabelle Ost (Université Saint-Louis, Bruxelles) : Littérature et cartographie : épistémologies croisées

Zoé Pfister (Université de Bourgogne) : « Lieux, objets et gestes » du savoir cartographique. Approches spatiale, matérielle et pragmatique du projet de Lannoy de Bissy (1873-1889)

12 h 30 -14 h : Déjeuner

14 h -15 h 30 : Deuxième session : l’histoire de la cartographie et son écriture

Sous la présidence d’Émilie d’Orgeix (EPHE-PSL)

Monika Marczuk (BnF, Dép. des Cartes et plans) : Approche processuelle et approche pragmatique de l’histoire de la cartographie. Convergences et limites

Carolina Martinez (CONICET, Buenos Aires) : « Ibérisation », « atlantisation », américanisation : l’histoire de la cartographie des « mondes ibériques » au début du XXIe siècle

Anca Dan (CNRS, Paris) : De l’histoire de la cartographie à l’histoire des représentations spatiales : de l’utilité du postcolonialisme à l’ère numérique

15 h 30 -16 h : Pause-café

16 h -17 h 30 : Troisième session : les usages de l’histoire de la cartographie dans l’enseignement et dans la construction des savoirs

Sous la présidence d’Isabelle Warmoes (Musée des plans reliefs)

Jordana Dym (Skidmore College, NY, USA) : Leçons de la salle de classe : la pédagogie comme travail de terrain pour l’enseignement de l’histoire de la carte et de la cartographie

Félix de Montety (Université Grenoble Alpes) : Le langage, des cartographes. Comment écrire l’histoire des méthodes de représentation et approches visuelles en cartographie linguistique

Fanny Madeline et Alexis Lycas (Université Paris I et EPHE-PSL) : Cartographier l’Europe et la Chine médiévales : productions et usages de la carte chez les médiévistes

17 h 30 : Conclusions de la journée.


Cartes-posters sur les tsunamis, tremblements de terre et éruptions volcaniques dans le monde (NOOA, 2022)


Source : Visualizing Disasters : New Hazardous Event Posters Available (NOAA).


Les bases de données historiques mondiales du National Centers for Environmental Information (NCEI) sur les tsunamisles tremblements de terre et les éruptions volcaniques fournissent des informations précieuses pour les agences chargées d'émettre des alertes lorsque des phénomènes naturels potentiellement mortels ou dommageables se produisent. Ces bases de données jouent un rôle essentiel dans l'information du public sur les risques naturels. En 2008, à la demande du Centre international d'information sur les tsunamis (ITIC), le NCEI a commencé à produire une affiche sur les sources mondiales des tsunamis. Depuis, trois affiches sur les risques naturels ont été élaborées et mises à jour, la dernière en avril 2022.

La première affiche, en 2008, présentait une carte de toutes les sources historiques confirmées de tsunamis et mettait en évidence les événements les plus importants. En 1984, le NCEI avait déjà produit une carte historique des sources de tsunamis pour le Pacifique. Cette carte montrait l'emplacement des sources historiques de tsunamis pour le bassin du Pacifique. 

Le défi en 2008 était de cartographier plus de 1 100 tsunamis mondiaux confirmés, soit plus du double de ceux répertoriés sur la carte de 1984. Une fois terminé, l'ITIC a distribué des copies physiques de l'affiche sur les sources mondiales de tsunamis à travers les États-Unis et dans le monde.

En 2010, l'ITIC et le NCEI ont de nouveau collaboré pour développer deux affiches mondiales montrant les tremblements de terre et les éruptions volcaniques significatives. Les trois affiches - tsunamis, tremblements de terre et éruptions volcaniques - sont mises à jour environ tous les deux ans, offrant aux experts et au grand public un aperçu des bases de données historiques. 

Les affiches sont régulièrement distribuées au personnel d'alerte et d'intervention par l'ITIC et disponibles sous forme numérique via le NCEI et l'ITIC. Des versions PDF de ces affiches peuvent être téléchargées à partir du NCEI :

Pour compléter

Il peut être intéressant de comparer cette carte-poster avec une plus ancienne de 1994. Celle-ci, dénommée The Dynamic Planet, représentait déjà le monde des volcans et des séismes en lien avec les dynamiques de la tectonique des plaques. Elle peut être consultée et téléchargée sur le site de la Division de la géographie et des cartes de la Bibliothèque du Congrès.

Lien ajouté le 24 juin 2025

« Enquête sur l’impact des éruptions volcaniques sur les projections climatiques » (CarbonBrief)

Il est bien connu que les éruptions explosives peuvent provoquer un refroidissement soudain à la surface de la Terre et que des éruptions répétées façonnent la variabilité du climat au fil des décennies et des siècles. Lorsque du dioxyde de soufre est injecté dans la stratosphère lors d’une éruption, il forme des aérosols qui empêchent la lumière du soleil d’atteindre la surface de la Terre. Contrairement aux influences humaines sur le changement climatique, qui se produisent lentement et peuvent être prises en compte dans les modèles climatiques dans le cadre d’une gamme de scénarios socio-économiques, la nature sporadique des éruptions volcaniques pose un défi pour les projections climatiques. Dans une étude récente, publiée dans Communications Earth & Environment, des chercheurs montrent que les éruptions volcaniques contribuent de manière substantielle à l’incertitude des projections des températures mondiales. Les résultats suggèrent que, lorsque les éruptions volcaniques sporadiques sont incluses dans les projections climatiques, le dépassement de la limite de réchauffement de 1,5 °C fixée par l’Accord de Paris est légèrement retardé – mais un niveau élevé d’activité volcanique au cours du XXIe siècle ne contribuerait à compenser qu’une petite fraction du réchauffement climatique – ce qui signifie que la réduction des émissions reste essentielle pour atteindre les objectifs climatiques à long terme. 

Lien ajouté le 12 octobre 2025

« Les tsunamis déclenchés par des glissements de terrain – un aperçu » (Natural Hazards).

Les géologues Katrin Dohmen, Philipp Blum, Anika Braun et Tomas Fernández-Steeger (Université d'Aix-la-Chapelle) ont recensé 317 tsunamis déclenchés par des glissements de terrain (Landslide-triggered tsunamis ou LTT). Leur étude montre que ces phénomènes sont mondiaux, multicausaux et difficiles à prévoir. Environ 10% des tsunamis connus sont causés par des glissements de terrain sous-marins ou côtiers. Le plus extrême, à Lituya Bay (Alaska, 1958), a généré une vague de 524 m. Ces "mégatsunamis" montrent la puissance géomorphologique des effondrements terrestres. Les LTT sont principalement déclenchés par des séismes (44%) et des volcans (8%), mais aussi par la fonte des glaciers, les fortes pluies ou l’activité humaine, notamment les barrages. Les tsunamis les plus meurtriers combinent souvent plusieurs de ces facteurs. Les plus hautes vagues se forment dans les lacs, fjords ou baies fermées, où l’énergie reste piégée. Les réservoirs artificiels, comme celui du Vajont en 1963 (2 043 morts), montrent que les aménagements humains peuvent amplifier les risques de tsunamis locaux. La distribution spatiale des LTT révèle une forte concentration le long des marges actives du Pacifique et dans les fjords polaires. L’Indonésie et le Japon sont les plus touchés : près de 70 000 morts cumulés depuis 1700, en raison d’une forte densité côtière. Les LTT marins liés à des séismes ou volcans menacent les littoraux denses, tandis que ceux des lacs ou barrages touchent localement mais brutalement. Les vagues dépassant 100 m surviennent surtout dans les fjords du Groenland, de Norvège ou de Colombie-Britannique. Les auteurs soulignent les limites de la prévision : la plupart des glissements sous-marins restent invisibles. Ils appellent à généraliser la bathymétrie haute résolution et les systèmes d’alerte combinant surveillance des pentes et du niveau marin. 

Lien ajouté le 15 mai 2026

« Sept raisons pour lesquelles la géologie est essentielle dans la transition énergétique » (The Conversation).

Ana María Alonso-Zarza, professeur de pétrologie et géochimie à l'Université Complutense (Madrid) rappelle que la transition énergétique commence dans le sous-sol. Eau, minerais, stockage et risques exigent une lecture géologique précise du territoire. Les cartes géologiques fonctionnent comme une radiographie du territoire profond. En localisant roches, failles, ressources et structures, elles orientent le tracé des routes, l'implantation des ouvrages, la recherche d'eau et la prévention des aléas. L'eau souterraine donne à la transition sa condition première. Les aquifères alimentent villes, cultures, industries et écosystèmes. La géologie indique où ils se trouvent, comment ils se rechargent et quels volumes peuvent être prélevés sans épuisement. La transition bas-carbone reste une géographie très matérielle. Un téléphone peut contenir jusqu'à 50 ressources différentes. Vouloir renouvelables et numérique tout en refusant toute mine impose de penser une extraction contrôlée, transparente et responsable. L'énergie dépend de terrains bien connus. La géologie évalue les gisements fossiles encore exploités, développe la géothermie du sous-sol proche aux zones volcaniques actives, et sécurise le stockage souterrain d'hydrogène, de gaz naturel ou de CO₂. La géodiversité conserve la mémoire longue de la Terre. Roches, fossiles, sols et reliefs deviennent aussi des ressources locales lorsque les Géoparcs mondiaux UNESCO soutiennent géotourisme, éducation scientifique et revitalisation d'espaces ruraux. Les catastrophes naissent de la rencontre entre aléas et sociétés exposées. Séismes, volcans, crues, glissements, subsidence ou houles extrêmes deviennent destructeurs au contact des villes et réseaux, comme l'a montré la DANA valencienne de 2024. Planifier avec la géologie revient à lire le territoire dans son épaisseur. Transports, logements, eau, conservation et prévention gagnent en cohérence lorsque le sous-sol est traité comme un bien public de connaissance et de décision collective. 

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Carte-poster des tremblements de terre dans le monde de 1900 à 2018 (USGS)


Quatrième édition du défi cartographique #30DayMapChallenge (novembre 2022)


Comme lors des précédentes éditions, le #30DayMapChallenge se déroule pendant tout le mois de novembre. Chacun est invité à partager ses créations cartographiques sur Twitter en fonction du thème du jour :



L'édition 2022 de ce concours cartographique reprend les catégories des années antérieures avec quelques nouveautés concernant l'Ukraine, OpenStreetMap, la nourriture et les boissons, la musique, "sa carte préférée", celle au contraire "en dehors de sa zone de confort"...

Certains auteurs ont commencé à mettre en ligne leurs propositions de cartes. En voici quelques exemples (liste non exhaustive) :
@XemartinLaborde@BorisMericskaycartolycee@Kartokobri@RGuedonGH@LM_enCartes@JulesGrandin@oliviermarchon@Lubin_Picard@CécileMatusiak@Artisans_Cartos@LatidudeMaps@shadfrigui@mapsbyp@issa_madjid, @_ansgar, @gisXiaoWang@Julian_H0ffmann, @milos_agathon...

Productions cartographiques rassemblées sur Github et plus particulièrement pour l'édition 2022 :
tjukanovtgkaramanis, asjadnaqvi...

Un autre concours cartographique est lancé selon le même principe de proposer une carte par jour pendant un mois  : il s'agit du #MapFailbruaryChallenge. Il aura lieu en février vu que le #30DayMapChallenge est en novembre. Une mauvaise carte est aussi une carte : il s'agira de proposer les pires réalisations cartographiques. Avec tous les exemples de #mapfail que l'on recense depuis des années sur Internet, le choix devrait être large !


Lien ajouté le 6 novembre 2022
Lien ajouté le 18 novembre 2022
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Géographie mondiale des blagues

Hervé Théry, « Géographie mondiale des blagues », Mappemonde [En ligne], 134 | 2022, mis en ligne le 27 octobre 2022. http://journals.openedition.org/mappemonde/7814

Résumé

Les blagues entre pays sont de bons révélateurs des ethnotypes existants dans chacun d’entre eux, les représenter sous forme cartographique permet de percevoir leur distribution et la projection spatiale des moqueries : de qui se moque-t-on, qui sont les « têtes de Turcs » des habitants de chaque pays ? Fondé sur l’analyse d’une base de données ad hoc portant sur plus de 60 % des pays et territoires du monde et de 90 % de sa population, le texte montre que ces blagues sont des constructions sociales, ont une temporalité et se divisent pour l’essentiel en deux catégories, « surplombantes » et « de revanche ».

Commentaire

Hervé Théry livre dans cet article une approche originale sur les stéréotypes nationaux et les visions du monde qu'ils peuvent véhiculer. Selon le principe qu'on se moque davantage de ses voisins, il y aurait de quoi dresser une cartographie des distances et des proximités entre États à travers les blagues. Une distance/proximité qui s'avère d'ailleurs souvent plus culturelle que géographique. Les sources utilisées sont variées et en partie subjectives puisqu'il s'agit d'un échantillon ad hoc. La bibliographie renvoie à des sites intéressants pour aborder un sujet a priori peu sérieux, mais qui débouche de fait sur une géographie (et quasiment une géopolitique) des représentations. D'autres articles de ce numéro 134 de la revue Mappemonde traite également des questions de représentations subjectives à travers les cartes

Pour compléter

« Cartographie des stéréotypes » (Vivid Maps).

Le site Vivid Maps propose des cartes stéréotypées pour de nombreux pays : France, Italie, EspagneSuisse, BelgiqueAllemagne, Royaume-UniIrlandePays Baltes, Russie, Turquie, Israël, États-UnisCanada, MexiqueBrésil, ArgentineJapon, ChineAustralie... Les découpages géographiques reposent sur des lignes de fractures politiques, culturelles, linguistiques, religieuses, ... ou tout simplement sur des préjugés et des visions satiriques.

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La carte, objet éminemment politique



Vidéos des présentations au congrès cartographique NACIS 2022


La North American Cartographic Information Society (NACIS) réunit chaque année un congrès cartographique qui est devenu un peu une institution aux Etats-Unis. La 42e édition a eu lieu du 19 au 22 octobre 2022 à Minneapolis dans le Minnesota (voir le programme complet).

Les vidéos des présentations faites lors du congrès NACIS 2022 sont accessibles à partir de la chaîne YouTube #Nacis. Les 118 vidéos disponibles portent sur des sujets très variés : de la cartographie collaborative aux jeux cartographiques et aux storymaps, de conseils techniques pour fabriquer ses propres cartes avec des outils numériques à des exemples d'applications sur différentes thématiques, etc...


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La carte, objet éminemment politique : les formes du soulèvement en Iran


L'Iran est en proie à des manifestations depuis la mort en détention le 16 septembre 2022 de Mahsa (Zhina) Amini, une Iranienne d'origine kurde de 22 ans qui avait été arrêtée trois jours plus tôt pour avoir enfreint le code vestimentaire islamique imposé aux femmes. En quelques semaines, les manifestations se sont propagées à l'ensemble du pays, comme le montrent les données disponibles qui permettent d'établir une cartographie du soulèvement face au pouvoir militaro-religieux de Téhéran. Le régime intensifie sa répression des manifestations d'une manière qui pourrait alimenter un soulèvement durable et de plus en plus violent contre l'establishment politique.

Ce ne sont pas les premières manifestations auxquelles Raïsi est confronté en tant que président, la hausse du coût de la vie ainsi que la répression à l'égard des minorités ethniques ayant déjà provoqué des soulèvements depuis deux ans. Mais ces manifestations sont devenues beaucoup plus importantes et concernent désormais les 31 provinces du pays. Le gouvernement iranien a introduit des restrictions sur Internet et sur les télécommunications, ce qui rend difficile d'évaluer l'ampleur du mouvement. Des villes comme la capitale Téhéran, des groupes ethniques minoritaires tels que les Kurdes, des étudiants et des lycéens sont impliqués dans un soulèvement qui concerne désormais la défense des droits de l'homme dans un pays frappé tout à la fois par le manque de libertés publiques, l'absence d'égalité des sexes et les crises économiques récurrentes.

La sélection ci-dessous permet de documenter ces soulèvements en Iran et de fournir des ressources (données, cartes et graphiques) pour aborder la question.

Lien ajouté le 21 juin 2025

Frédérick Douzet , Kavé Salamatian , Kévin Limonier (2021). The geopolitics behind the routes data travel: a case study of Iran Loqman Salamatian, Journal of Cybersecurity, Volume 7, Issue 1, 2021. 
https://academic.oup.com/cybersecurity/article/7/1/tyab018/6353268
En novembre 2019, à la suite de manifestations politiques contre le régime, l'Iran a réussi à couper sélectivement la majeure partie du trafic de l'Internet mondial tout en exploitant pleinement son propre réseau national. Cela semble confirmer l'hypothèse principale selon laquelle l'architecture de connectivité iranienne permet une censure sélective du trafic international. 

Lien ajouté le 12 janvier 2026

« En Iran, la révolte se propage et Trump entre dans la danse » (Les Echos).
Au huitième jour de révolte contre le régime des mollahs, les manifestants se propagent dans la plupart des villes moyennes aux prix d'affrontements parfois sanglants. Le pouvoir à Téhéran a annoncé un geste sur le pouvoir d'achat le 11 janvier 2026. Les protestataires ont reçu un soutien de poids avec la déclaration, vendredi matin, du président américain Donald Trump selon laquelle les Etats-Unis pourraient intervenir en cas de répression sanglante. 

« L’Iran est-il déjà entré en guerre civile ? Par Fariba Adelkhah » (AOC).
Alors que la rapporteuse de l’ONU, Mai Sato, vient d’estimer à plusieurs dizaines de milliers le nombre de morts durant la répression des récentes manifestations, la violence politique en Iran semble avoir franchi un seuil irréversible. Pris en étau entre un régime prêt à tout et une opposition en exil déconnectée, le pays s’avance vers un scénario dont les conséquences humaines, sociales et géopolitiques pourraient dépasser celles des guerres régionales récentes.

Lien ajouté le 27 février 2026

« Manifestations en Iran : menaces américaines, répression, retour médiatique de l’héritier du Shah d’Iran… Point de situation » (Les Clés du Moyen-Orient).
Le site publie une carte des manifestations recensées depuis le début du mouvement contestataire initié le 28 décembre 2025 (manifestations pacifiques ou violentes, dispersées ou réprimées). Ce mouvement social massif - le plus substantiel depuis les manifestations de septembre 2022 à septembre 2023 ayant suivi la mort de la jeune Kurde Maha Jîna Amini - a, de fait, pris une tournure géopolitique, à l’aune de la guerre opposant Israël à divers rivaux régionaux, et, encore récemment - durant l’été 2025 - à l’Iran : le président américain Donald Trump a en effet menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement contre le régime des mollahs -sans précision sur la nature de cette intervention - en cas de répression meurtrière ou d’exécution de manifestants, dans un contexte plus large de négociations sur le nucléaire iranien qui, depuis plusieurs mois, stagnaient au point que les appareils sécuritaires américains et israéliens n’excluaient pas de frapper, à nouveau, le sol iranien. Parcourues de tensions politiques de plus en plus fortes et contestatrices de la légitimité des autorités, la société iranienne se trouve de surcroît, aux prises avec une économie traversant une crise profonde.

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Cartes et données sur les élections de 2022 au Brésil


Lors du 2nd tour de l'élection présidentielle au Brésil le 30 octobre 2022, le travailliste Luiz Inácio Lula a totalisé 50,9 % des suffrages contre 49,1 % pour Jair Bolsonaro. C’est un peu plus de deux millions de voix d’écart sur un total de 124 millions de votes. Il s’agit de l’écart le plus serré entre deux finalistes de la présidentielle depuis le retour à la démocratie après la dictature militaire (1964-1985). La marge est bien plus étroite que ce que prédisaient les sondages, qui avaient déjà sous-estimé le score de Jair Bolsonaro avant le premier tour. 

La campagne a été marquée par de nombreuses tensions et des incidents au point que le Tribunal supérieur électoral du Brésil a dû prendre un éventail de mesures destinées à lutter contre la désinformation dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle, notamment une résolution pour retirer plus rapidement des contenus faux ou diffamatoires (voir la recension des violences politiques faite par l'ACLED). Un partisan du président sortant est parvenu à devenir gouverneur de l’Etat de São Paulo, l'Etat le plus riche du Brésil. Pour Lula, qui n'a pas la majorité dans les deux chambres, c'est le retour, 12 ans après avoir quitté le pouvoir, à la tête d’un pays profondément divisé. Cet ancien ouvrier, icône de la gauche latino-américaine, entend restaurer la « paix et l’union » dans un pays endetté et isolé sur la scène internationale. 


1) Les résultats du 1er tour des élections présidentielles au Brésil à travers les médias






2) Les résultats du 2nd tour des présidentielles au Brésil à travers les médias

« Présidentielle au Brésil: Luiz Inácio Lula da Silva élu à la tête du pays » (RFI)

« Election présidentielle au Brésil : Lula élu d’une courte tête face à Bolsonaro au second tour » (Le Monde, 31 octobre 2022).

« Présidentielle au Brésil : pourquoi Lula ne va pas avoir les mains libres pour gouverner » (Ouest-France, 31 octobre 2022).

« L’élection de Lula, un tournant nécessaire mais pas suffisant » (20 minutes, 31 octobre 2022)









Pour compléter

  • « Pourquoi l'élection présidentielle au Brésil est primordiale » par Jules Grandin - Le Cartographe (Le Quotidien, TF1, 6 octobre 2022).
  • « Brésil : lire l'élection présidentielle à travers la géographie ? » (France Culture).
  • « Élection présidentielle au Brésil : les conséquences désastreuses pour la forêt amazonienne en cas de victoire de Jair Bolsonaro » (Le Monde - Les Décodeurs). 
  • « Bolsonaro election loss could cut Brazilian Amazon deforestation by 89% » (CarbonBrief). Cet article paru en septembre 2022 estimait que la défaite de Bolsonaro pouvait réduire la déforestation de l'Amazonie brésilienne de 89 %, à condition que le code forestier soit renforcé sous le mandat du nouveau président élu (voir les différents scénarios proposés).
  • En Amérique latine, une « nouvelle gauche » au pouvoir (Le Monde, 5 août 2022). Voir la carte réalisée par le Monde en cartes (@LM_enCartes).
  • « Lula : Quelle place pour le Brésil dans le monde de demain ? » (Le Grand Continent, 26 novembre 2021).
  • « Les années Lula : naissance d'un Grand » (L'Histoire, 2011).
  • Hervé Théry, Analyse cartographique de l'élection présidentielle de 2018, Confins [En ligne], 501, 2019.
  • Hervé Théry, Quels sont les facteurs associés à la propagation de l’épidémie de Covid-19 au Brésil ? Diploweb, 5 juillet 2020.
  • Statistiques électorales publiées sur le site du Tribunal supérieur électoral du Brésil depuis 2004.
  • Résultats électoraux 2022 à télécharger à l'échelle des municipes par Nexo jornal. Pour intégration des données dans un SIG, voir les codes des municipes sur le site de l'IBGE.

Lien ajouté le 11 janvier 2022

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Atlas géopolitique de la Russie (Les Arènes)


L’Atlas géopolitique de la Russie est publié en octobre 2022 aux éditions Les Arènes. Son élaboration a mobilisé pendant six mois toute une équipe de cartographes issus du journal Le Monde (@LM_enCartes) sous la direction de Delphine Papin. L'atlas propose une centaine de cartes et d'infographies  pour comprendre la complexité des enjeux.

Depuis 1991, l’onde de choc de la fin de l’URSS n’en finit pas d’ébranler le monde. Le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine, au petit matin du 24 février 2022, a remis Moscou au centre de la carte. La Russie de Vladimir Poutine n’est plus que l’ombre de ce que fut l’URSS. Diminuée géographiquement, amoindrie par une crise démographique et économique, elle dispose cependant d’une puissance de feu redoutable et de leviers de chantage : les matières premières agricoles et les hydrocarbures. 

Chaque jour, le service Infographie du Monde décrypte l’actualité en étroite collaboration avec les reporters, les éditorialistes et les meilleurs experts du journal. Certaines illustrations ont fait le tour du monde et ont été reprises par de nombreux médias étrangers. 

Parmi les 100 cartes et infographies rassemblées dans l’ouvrage, on retrouve notamment : les ondes de choc depuis la chute de l’URSS ; le déclin démographique ; la rente pétro-gazière ; le schisme dans le monde orthodoxe ; la confrontation Otan-Russie ; la RussAfrique ; la géopolitique spatiale ; les guerres de Poutine ; l’invasion de l’Ukraine…

L'Europe du Nord, épicentre des attaques non conventionnelles : tout comprendre en une carte (Les cartes en mouvement, France Culture).

🗺 « Cartographier la Russie, c'est cartographier un grand pan des enjeux géopolitiques mondiaux. »

La présence de la Crimée sur la couverture a provoqué de vives réactions parfaitement légitimes. Il convient cependant de noter que, partout ailleurs dans l’atlas, l’annexion de la Crimée est appelée annexion, et la péninsule a systématiquement droit à un code couleur spécifique.

Pour compléter

Marchand Pascal, Atlas géopolitique de la Russie, Autrement, 2020.

Eltchaninoff Michel, Dans la tête de Vladimir Poutine, Actes sud, 2014.


Lien ajouté le 30 avril 2026


Géopolitique. Moscou en perte d’influence dans ses anciennes “zones d’intérêts légitimes” (Courrier International).

Du Caucase à l’Asie centrale, Moscou voit son ancien glacis postsoviétique se fragmenter. La guerre en Ukraine devait consolider cette zone d’influence. Elle accélère au contraire des stratégies d’autonomie, d’équilibre et de contournement. En Asie centrale, aucun État ne soutient ouvertement l’invasion de l’Ukraine. Le Kazakhstan refuse dès 2022 de reconnaître Donetsk et Louhansk. La région reste liée à Moscou par l’économie, mais regarde davantage vers la Chine, l’Europe et les États-Unis. Le Kazakhstan avance sur une ligne de crête. Il diversifie ses routes pétrolières et ses partenaires, mais ménage un voisin russe avec lequel il partage près de 7.000km de frontière. L’indépendance géopolitique progresse, sans rupture brutale. Le Kirghizistan reste plus étroitement arrimé à Moscou. Les transferts des travailleurs migrants, l’Union économique eurasiatique et l’OTSC maintiennent une dépendance forte. Des lois sur les ONG et les médias reprennent même le modèle russe. La Biélorussie illustre l’intégration contrainte. Après la crise politique de 2020, Loukachenko dépend davantage du Kremlin. Depuis 2022, son territoire sert de base arrière contre l’Ukraine et 90% de son commerce extérieur passe par la Russie. Dans le Caucase du Sud, Moscou perd son rôle d’arbitre. L’Arménie, déçue par l’absence de soutien face à Bakou, gèle l’OTSC et vote en 2025 pour viser l’UE. L’Azerbaïdjan, appuyé par la Turquie, défie plus ouvertement le Kremlin. La Géorgie reste dans l’ambiguïté. Candidate à l’UE depuis 2023, elle gèle pourtant les négociations jusqu’en 2028. Le pouvoir exploite la peur d’une guerre avec la Russie, qui occupe encore 20% du territoire géorgien depuis le conflit de 2008. L’influence russe ne disparaît pas, mais elle change d’échelle et de forme. Moscou conserve des relais, de Minsk à Budapest, Bratislava ou Belgrade, tout en perdant sa capacité à imposer seule l’ordre régional. L’ancien empire devient un espace disputé. 

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Étudier les inégalités entre établissements scolaires à partir de l'Indice de position sociale (IPS)


Le Ministère de l'Éducation Nationale a publié en open data les données concernant l'Indice de position sociale (IPS) des écoles et des collèges. Cette publication sous la contrainte fait suite à une décision du tribunal administratif de Paris du 13 juillet 2022 obtenue par le journaliste Alexandre Léchenet de La Gazette des communes. Même si beaucoup de données en matière d'éducation sont loin d'être accessibles, cela traduit un progrès notable dans le mouvement d'ouverture des données publiques. Pour la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), la publication de ces IPS est une bonne nouvelle. « Il va y avoir plus de transparence. Avoir les chiffres permettra de montrer certaines inégalités entre certaines zones, notamment rurales et citadines. Cela va sans doute ouvrir le débat à travers toute la France et lever le voile sur le mode de calcul de cet indice qu’on ne connaît pas très bien aujourd’hui ».

L'IPS constitue un indicateur quelque peu sensible dans la mesure où il reflète la position sociale de chaque établissement scolaire. C'est l'un des motifs invoqués par le ministère qui considère dans sa réponse au tribunal de Paris que « communiquer les indices [...] conduirait inévitablement à la publication de classements, hiérarchisant les établissements scolaires selon leur composition sociale ». Le tribunal a décidé malgré tout que le Ministère de l'Éducation Nationale devait fournir, à des fins de transparence, lesdites données « dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement ». Dans le tableau de données mis en ligne le 6 octobre 2022 sur le site Data.education.gouv.fr, le ministère n'a ajouté qu'un seul critère au-delà de l'IPS, celui des établissements publics et privés sous contrat (attirant de fait le regard sur un type spécifique d'inégalités public / privé). Bien que l'on ne dispose pas des écarts-types ni des évolutions au sein de chaque établissement, ces données permettent de conduire des analyses socio-territoriales à l'échelle de la France métropolitaine et des Départements et Régions d'Outre-Mer.


I) L'indice de position sociale : un indicateur sensible qui met en évidence les inégalités scolaires

1) Mode de calcul de l'IPS

L'indice de position sociale des élèves (IPS) est selon les termes du ministère « un outil de mesure quantitatif de la situation sociale des élèves face aux apprentissages dans les établissements scolaires français. Plus l'indice est élevé, plus l'élève évolue dans un contexte familial favorable aux apprentissages. Cet indice est construit à partir des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) des représentants légaux des élèves ». L'indice a été créé en 2016 par la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du Ministère de l'Education Nationale (voir cet article d'Éducation & formations de 2016 sur les origines et la construction de cet indice).

L’indice de position sociale (IPS) permet d'appréhender le statut social des élèves à partir des professions et catégories sociales (PCS) de leurs parents, mais aussi d’autres attributs socio-économiques et culturels susceptibles de déterminer la réussite scolaire tels que les diplômes des parents, les conditions matérielles du foyer, la composition familiale, le capital culturel, le niveau d’ambition et d’implication des parents et les pratiques culturelles de la famille et de l’élève. Il s'agit de prendre « la mesure des effets de contexte qui sont au coeur de la problématique actuelle de la sociologie de l'éducation » (voir la composition détaillée de l'indicateur sur Wikidata). L'indice va de 38 à 179

Les jeux de données sur les écoles et les collèges de France métropolitaine et DROM (publics et privés sous contrat) ont été construits à partir des données de la rentrée 2021. Il s'agit de moyennes qui ne reflètent pas les écarts à l'intérieur même de chaque établissement. Le calcul des IPS des écoles est effectué à partir des élèves de CM2, dont on connaît les PCS lorsqu’ils sont en 6ème. Il correspond plus exactement à la moyenne de l’IPS des anciens élèves de l’école sur les cinq dernières années. En outre, les IPS sont fournis uniquement pour les écoles ayant eu plus de 5 élèves de CM2 sur les cinq dernières années. De ce fait les écoles maternelles sont exclues du champ puisqu’elles n’ont pas d’élèves de CM2.

2) Types d'utilisations et limites de cet indicateur

L'IPS est utilisé pour décrire les populations scolaires dans les écoles, collèges et lycées (milieu social plus ou moins favorable et degré de mixité sociale), mais aussi pour classer les établissements scolaires et leur attribuer des moyens en conséquence. L'IPS est utilisé par exemple pour affecter les élèves dans le cadre d'Affelnet, notamment à Paris où a été mis en place un système de bonus IPS de 600 et 1 200 points. « Ce bonus peut faire basculer le dossier d’un élève dans le lycée de ses rêves ou, au contraire, lui fermer les portes d’un établissement ». Pour Alexandre Léchenet, il est « normal que l’on ait accès à ces éléments, surtout s’ils sont utilisés pour prendre toutes ces décisions » (interview pour Le Monde, 15 juillet 2022).

Avant d’être utilisé depuis 2021 pour calculer les points de chaque élève parisien pour l’affectation au collège via la procédure Affelnet, l’IPS était déjà employé pour déterminer l’attribution de moyens aux établissements (écoles, collèges et lycées) dont les familles sont les plus défavorisées, pour analyser les résultats scolaires ou encore mesurer la mixité sociale. Ce qui tend à faire de l'IPS un indicateur central, appelé potentiellement à se substituer aux critères utilisés habituellement pour déterminer les REP et REP+. Pour la FCPE, « la prise en compte de ce nouvel indicateur est à mettre en perspective avec les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’éducation prioritaire ».

En principe, cet indicateur n'est pas destiné à comparer des établissements entre eux ; il vise plutôt à fournir des outils d'analyse pour favoriser la mixité sociale. De fait, il est souvent utilisé pour souligner les fractures sociales (et si possible essayer de les réduire). Son mode de calcul peut être discuté dans la mesure où il accorde une place importante aux PCS des parents. Rapporté ici à une moyenne par établissement, il ne permet pas de conduire des analyses concernant la diversité sociologique des élèves au sein de chaque établissement pris individuellement. Pour évaluer la mixité sociale des élèves, il faudrait disposer de la dispersion (ou écart-type) de l'indice de position sociale (IPS) par établissement, ce que réclame l'association No Ghetto engagée dans la lutte pour plus de mixité sociale à l'école. Cet indice a par ailleurs vocation à être croisé avec d'autres données qui ne se limitent pas au seul critère de la réussite des élèves.

3) Mise à disposition des données géolocalisées

Le jeu de données sur la France métropolitaine et les DROM est disponible sur le site Data.gouv.fr qui archive sur une page les différents types de réutilisations. La géolocalisation des données a été conduite à partir d'une jointure sur le code UAI des établissements scolaires (fichier à télécharger au format csv).

Jérémy Garniaux (@jeremy@mapstodon.space), que nous remercions vivement, a mis à disposition une carte des données IPS des établissements scolaires (écoles + collèges). 

Cartographie de l'Indice de position sociale des établissements scolaires (source : Jérémy Garniaux)



II) Représentations graphiques et cartographiques des données

1) Mise en graphiques des données IPS

L'outil de représentation graphique fourni sur Data.education.gouv.fr permet quelques comparaisons entre académies, mais cela reste un peu limité en termes de data visualisation.



Denis Vannier (@denisvannier) a mis en ligne une série de graphiques permettant de comparer les indices de position sociale des collèges en fonction des académies et du clivage public/privé . Chaque point correspond à un établissement, placé le long de la ligne suivant la valeur de son IPS en 2021. Plus l'IPS est élevé, plus nombreux sont les élèves qui vivent dans un contexte familial qui "favorise les apprentissages" selon l'Education Nationale. Il est basé pour l'essentiel sur la profession déclarée des parents. Plus la courbe grisée est épaisse, plus il y a d'établissements partageant un IPS similaire.

L'indice de position sociale moyen en France est de 103 en 2021 avec des écarts selon les académies. Le clivage public / privé est important aussi bien dans les écoles que dans les collèges. Alors que la moyenne nationale des IPS dans les écoles est de 102,7, celle des 4242 écoles privées sous contrat est de 112 ; 71% d'entre elles ont un indice égal ou supérieur à la moyenne nationale. La moyenne des IPS des 27 548 écoles publiques est de 101,2 ; 47% d'entre elles ont un indice égal ou supérieur à la moyenne nationale. Alors que la moyenne nationale des IPS du niveau collège est de 103,3, celle des 1 662 collèges privés sous contrat est de 114,2 points ; 72% d'entre eux ont un indice supérieur ou égal à la moyenne nationale. La moyenne des IPS des 5 305 collèges publics est de 99,9 points ; 41% d'entre eux ont un indice supérieur ou égal à la moyenne nationale. 

2) Mise en cartes des données IPS

Alexis Bernard (@politedata), que nous remercions pour son autorisation à reproduire son travail, a établi une première cartographie à partir des données IPS des établissements scolaires (écoles et collèges réunis). L'auteur a également mis en cartes et en graphiques les données de mixité sociale pour les collèges publics de la métropole de Lyon. On peut observer que le statut REP / REP+ des écoles et collèges n'est pas toujours accordé selon la sociologie des effectifs. 

Indice de position sociale des établissements scolaires par Alexis Bernard


Jérémy Garniaux (
@jeremy@mapstodon.space) que nous remercions également, a géolocalisé les quelque 32000 établissements scolaires du fichier et établi une cartographie permettant de zoomer à une échelle très fine. La spatialisation de cet "indice de position sociale" raconte une certaine géographie sociale du pays. La carte fait ressortir les écoles privées sous contrat qui sont entourées d'un halo blanc. L'ouest, de la Bretagne à la Vendée, en concentre le plus - mais les IPS y restent généralement bas.


III) Croisement avec d'autres sources de données

Alexis Bernard  (@politedata) a cherché à établir la performance des établissements publics et privés au Brevet des collèges selon leur indice de position sociale. Les graphiques en nuages de points croisent le taux de réussite au Diplôme national du brevet (DNB) par mention, ainsi que le taux d'absence aux épreuves parmi les candidats inscrits, selon l'indice de position sociale moyen des établissements.

Performance croisée des établissements publics et privés au brevet des collèges selon leur indice de position sociale.
Comparaison entre la métropole et l'outre-mer (source : Alexis Bernard



Le choix de la maille territoriale peut avoir une incidence sur la manière de représenter l'IPS et d'analyser les écarts comme le montre Fabrice Murat dans cet article : "Les inégalités territoriales en matière d’éducation : les écarts entre communes en termes de milieu social et de réussite au diplôme national du brevet" (Éducation & formations, Depp, 2021)


Avoir un IPS inférieur à 90 ne garantit pas à l’établissement ou à l’école les moyens supplémentaires destinés aux écoles et collèges en Réseaux d’éducation prioritaire (données sur l'éducation prioritaire à télécharger sur le site Data.education.gouv.fr). Par ailleurs, plus de la moitié des collèges en zone rurale se trouve en précarité sociale et d'éloignement important.

Répartition des collèges classés selon le secteur géodémographique (source : La Gazette des communes). 


En 2020, la Depp a conduit une étude dans le but de croiser l'origine sociale et géographique des élèves. L'étude a permis de distinguer 6 groupes de collèges en fonction de leur profil socio-territorial :

Sylvain Maugis, Six types de collèges différenciés par la population accueillie et la situation géographique (Depp, Notes d'information, janvier 2020).

Le paysage des collèges de France, constitué de quelque 7 000 établissements publics et privés sous contrat, présente un aspect divers. Certains scolarisent des élèves socialement et scolairement favorisés dès leur entrée dans l’établissement ;  d’autres accueillent un public moins favorisé. Certains se caractérisent par une forte homogénéité sociale ; d’autres se distinguent par une certaine mixité. Certains, implantés en territoire rural, scolarisent un petit nombre d’élèves ; dans d’autres, le nombre d’élèves dépasse le millier. À partir de variables décrivant l’effectif, l’origine sociale et le niveau  scolaire des élèves accueillis ainsi que la situation géographique de chaque établissement, six groupes de collèges distincts ont ainsi été mis en évidence. Ces six groupes se répartissent de manière hétérogène sur le territoire :

  • Groupe 1 : les collèges très favorisés et de taille importante,
  • Groupe 2 : les collèges plutôt favorisés,
  • Groupe 3 : les collèges plutôt mixtes socialement,
  • Groupe 4 : les collèges plutôt éloignés et de petite taille,
  • Groupe 5 : les collèges plutôt défavorisés,
  • Groupe 6 : les collèges très défavorisés.

    Six types de collèges différenciés par la population accueillie et la situation géographique (source : Depp, 2020)


Les données concernant l'IPS peuvent être recoupées avec les données concernant la typologie des communes rurales et urbaines (fichier à télécharger au format xls). « À l’entrée en sixième, l'indice de position sociale est le plus élevé, en moyenne, pour les élèves résidant dans les communes périphériques peu denses, qu’elles soient rurales ou urbaines. Il est le plus faible pour les élèves résidant dans les petites villes, alors que les communes rurales éloignées occupent une position intermédiaire. La différenciation des territoires selon le contexte socio-économique reflète avant tout la proximité des grandes villes. Ces dernières sont plus dynamiques en termes de créations d’emploi, et concentrent les fonctions d’encadrement et à forte valeur ajoutée. Les familles de milieux sociaux favorisés y sont surreprésentées. Dans l’urbain très dense, la proportion d’élèves de sixième dont au moins un parent est diplômé du supérieur atteint 41% contre 26% pour les élèves résidant dans une commune rurale éloignée peu dense. En revanche, il existe une forte hétérogénéité des situations au sein de chaque type de commune. Cette hétérogénéité est maximale pour les enfants résidant dans les communes urbaines très denses, où un quart des enfants ont des parents dont l’indice de position sociale est inférieur à 66 et un autre quart correspond à un indice supérieur à 145. Les territoires urbains sont traversés d’inégalités économiques fortes, entre villes et au sein des villes, où coexistent quartiers aisés et quartiers en difficultés. À l’inverse, c’est dans le rural éloigné très peu dense que l’hétérogénéité est la plus faible » (source : Une typologie des communes pour décrire le système éducatif, Note d’information - N°19.35 - octobre 2019).

De manière plus générale, les données IPS peuvent être recroisées avec les données INSEE sur le niveau de vie.

Références

  • Construction d’un indice de position sociale des élèves, Éducation & formations, Depp, n°90, 2016.
  • Six types de collèges différenciés par la population accueillie et la situation géographique, Depp,  Note d'information (janvier 2020).
  • La réussite des élèves : contextes familiaux, sociaux et territoriaux, Éducation & formations, Depp, n° 100, 2020.
  • Les inégalités territoriales en matière d’éducation : les écarts entre communes en termes de milieu social et de réussite au diplôme national du brevet. Éducation & formations, Depp, "Les territoires de l’éducation : des approches nouvelles, des enjeux renouvelés", 2021.
  • Construction d’un indice d’éloignement des collèges : une nouvelle approche de la ruralité pour les établissements scolaires. Éducation & formations, Depp, 2021.
  • Évolution de la mixité sociale des collèges, Depp,  Notes d'information (juillet 2022).
  • « La mixité sociale, une urgence pour l'École » (Le Café pédagogique, 2020).
  • « Les expérimentations de mixité sociale à l’école se heurtent aux résistances des familles et à la concurrence du privé ». Entretien avec Aziz Jellab (Observatoire des inégalités, novembre 2022).
  • « L’indice de position sociale des collèges et des classes de CM2, une donnée communicable » (La Gazette des communes, juillet 2022).
  • « Ségrégation scolaire : ce que révèle l’indice de position sociale (IPS) » (La Gazette des communes, octobre 2022).
  • « Affelnet : l’Éducation nationale condamnée à publier l’IPS des collèges » (Le Figaro étudiants, 2022)
  • « Indice de position sociale : cet indicateur qui met en lumière les inégalités à l'École » (BFM-TV, 2022).
  • « La très inégale répartition sociale des élèves dans l’enseignement privé et le public » (Libération, 2022).
  • « Education nationale | Entre public et privé, une fracture sociale de plus en plus visible » (Le Monde, 2022).
  • La réforme d’Affelnet-Seconde GT à Paris : premiers éléments de bilan et d’analyse (Comité de suivi d'Affelnet).
  • IPS : de fortes inégalités sociales entre les collèges de la métropole de Lyon (Rue89Lyon).
  • « Les nouveaux territoires de l'éducation (Rapport d'information n° 43 du Sénat, 2019). Le rapport invite à "revoir les indices pour une prise en compte effective des spécificités des territoires" et propose d'utiliser "un indice d'éloignement géographique pour une allocation plus juste des moyens" (p 17-18).

Lien ajouté le 5 novembre 2022

Les lignes commencent à bouger en matière de publication en open data des données sur l'éducation. L'académie de Versailles a mis en ligne les données d'IPS moyen mais aussi les écarts types au sein de chaque établissement (accès aux données 2020 et 2021). 



Une petite étude à partir des données publiées montre que les collèges classés REP et REP+ sont parmi ceux qui ont le moins de mixité sociale si l'on prend en compte les écarts-types de l'IPS. Autre fait remarquable : les établissements ayant un IPS très bas ne sont pas tous classés en zone d'éducation prioritaire (cf données mises en ligne par l'académie de Versailles permettant des analyses plus fines que le fichier national). 



Lien ajouté le 15 novembre 2022


« Le collège d’à côté ». L'article d'Hugo Botton et Youssef Souidi publié le 15 novembre 2022 dans La Vie des Idées se focalisent sur les collèges géographiquement proches (moins de 15mn à pied), mais socialement éloignés. Ils montrent que la lutte contre la ségrégation scolaire se heurte moins à un problème de faisabilité que de volonté. Une sectorisation scolaire qui consisterait à affecter les élèves venant de quartiers proches, mais au profil social différent à un même collège favoriserait la mixité sociale dans le secteur de recrutement de ce collège.


Lien ajouté le 3 décembre 2022

Lien ajouté le 10 janvier 2023

Lien ajouté le 6 février 2023
Lien ajouté le 10 avril 2023

Lien ajouté le 13 avril 2023


Lien ajouté le 9 décembre 2023
Lien ajouté le 15 mars 2025

« Une nouvelle carte scolaire en 2024 : une mesure en faveur de la mixité sociale ? » par Alexandra Filhon (Atlas social de la métropole rennais). 
La carte scolaire, instrument de répartition territoriale des élèves dans le secondaire fait l’objet de controverses régulières. Pour certain·es, elle ne fait que renforcer les inégalités sociales et la ségrégation spatiale tandis que d’autres y voient un levier pour favoriser la mixité sociale. Cette planche propose une analyse de la refonte en cours de la carte scolaire de la ville de Rennes par le prisme de l’analyse des indices de position sociale des écoles et des collèges publics.

Lien ajouté le 17 octobre 2025

« Paris et ses départements limitrophes : quelles inégalités dans les conditions d’enseignement ? » par Youssef Souidi (Blog des économistes de l'IPP)

Paris et ses départements limitrophes, en concentrant sur un espace restreint des populations aux caractéristiques sociales très hétérogènes, offrent un bon exemple de la manière dont les inégalités peuvent se manifester à un niveau très fin. C’est donc sur les écoles et collèges publics situés dans les départements de Paris (qui dispose de sa propre académie), des Hauts-de-Seine (académie de Versailles), de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne (appartenant tous deux à l’académie de Créteil) que se concentre cette note. Ce paysage institutionnel se trouve d’ailleurs questionné, des discussions ayant été entreprises pour rattacher le département de Seine-Saint-Denis à l’académie de Paris. De ce fait, une attention particulière sera portée à la comparaison entre ces deux départements.

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