Evolution des installations humaines en Espagne à partir de données multi-temporelles (1900-2020)

 

Source : Uhl, J. H., Royé, D., Burghardt, K., Aldrey Vázquez, J. A., Borobio Sanchiz, M., and Leyk, S.: HISDAC-ES : Historical Settlement Data Compilation for Spain (1900–2020), Earth System Science Data, 2 Mar 2023, https://essd.copernicus.org/articles/15/4713/2023/essd-15-4713-2023.html

Résumé

Les mesures multi-temporelles permettant de quantifier les changements à la surface de la Terre sont essentielles pour comprendre de nombreux processus naturels, anthropiques et sociaux. Les chercheurs utilisent généralement des données de télédétection pour quantifier et caractériser ces changements dans l'utilisation des terres et la couverture terrestre (LULC). Cependant, ces sources de données sont limitées dans leur disponibilité avant les années 1980. Alors qu'une fenêtre d'observation de 40 à 50 ans est suffisante pour étudier les changements LULC les plus récents, des processus tels que l'urbanisation, l'aménagement du territoire et l'évolution des systèmes urbains opèrent souvent sur des périodes plus longues couvrant plusieurs décennies, voire des siècles. Ainsi, pour quantifier et mieux comprendre ces processus, des sources de données historiques et géospatiales alternatives sont nécessaires pour remonter plus loin dans le temps. Cependant, de telles données sont rares et le traitement est à forte intensité de main-d'œuvre, impliquant souvent un travail manuel. 

Nombre de bâtiments et densité de surface bâtie par municipalité en 1900, 1960 et 2020 (source : HISDAC-ES)

Pour surmonter le manque de connaissances quantitatives sur les systèmes urbains et l'environnement bâti qui en résulte avant les années 1980, les auteurs ont exploité les données cadastrales qui comprennent l'utilisation du bâtiment et l'année de construction. Ils ont scrappé, harmonisé et traité plus de 12 000 000 d'empreintes de bâtiments, y compris les années de construction, pour créer une série de surfaces quadrillées à multiples dimension, décrivant l'évolution des établissements humains en Espagne de 1900 à 2020, avec une résolution spatiale de 100 m et une résolution temporelle de 5 ans. Ces surfaces comprennent des mesures de la densité de construction, de l'intensité bâtie et de l'utilisation des terres bâties. Les auteurs ont évalué leurs données par rapport à une variété de sources, y compris des données de télédétection sur les établissements humains et des données sur la couverture terrestre, des représentations historiques de l'utilisation des terres basées sur des modèles, ainsi que des cartes historiques et des images aériennes historiques, et trouver des niveaux élevés de correspondance. 

Les données concernant les établissements humains pour l'Espagne (HISDAC-ES) sont disponibles en téléchargement sous forme de fichiers raster :
https://doi.org/10.6084/m9.figshare.22009643

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Un modèle géologique retraçant l'évolution de la surface de la Terre au cours des 100 derniers millions d'années

 
Source :  Cent millions d'années de dynamique des paysages, du bassin versant à l'échelle mondiale ( Science , 2023, vol. 379, n° 6635, p. 918-923)

Des scientifiques australiens dévoilent le modèle géologique le plus détaillé à ce jour. Ce modèle retrace l'histoire de la Terre par tranche de million d'années, avec une résolution de 10 km. 

Le projet a débuté il y a environ trois ans lorsque les auteurs ont commencé à développer un nouveau modèle d'évolution du paysage à l'échelle mondiale, capable de simuler des millions d'années de changement. Ils ont également pu y ajouter d'autres informations de paléogéographie retraçant l'histoire des paysages de la Terre. Pour cette nouvelle étude, ils ont utilisé des reconstructions tectoniques de pointe et des simulations des climats passés à l'échelle mondiale.

Les simulations informatiques ont mobilisé l'infrastructure informatique nationale de l'Australie qui repose sur des centaines de processeurs informatiques. Chaque simulation a pris plusieurs jours, construisant une image complète pour reconstruire les 100 derniers millions d'années de l'évolution de la surface de la Terre. Cette puissance de calcul a permis d'aboutir à des cartes mondiales en haute résolution qui montrent les paysages terrestres en élévation, ainsi que les flux d'eau et de sédiments.

L'étude a révélé des détails sur le rôle que la surface de la Terre a pu jouer dans le mouvement des sédiments du sommet des montagnes aux bassins océaniques, régulant le cycle du carbone et les fluctuations climatiques de la Terre dans le temps.

L'évolution du paysage de la Terre au cours des 100 derniers millions d'années (licence Creative Commons)


Le logiciel scientifique goSPL utilisé pour cette étude est disponible sur https://github.com/Geodels/gospl et la documentation du logiciel se trouve sur https://gospl.readthedocs.io.

Les auteurs fournissent également une série de blocs-notes Jupyter utilisés pour le pré- et le post-traitement des ensembles de données et des sorties de modèles qui peuvent être suivis pour reproduire certaines des simulations et des sorties présentées dans l'article et sont accessibles sur :
https://github.com /Geodels/gospl-global-workflows

La reconstruction de la paléoélévation PALEOMAP et les fichiers de rotation et de géométrie GPlates associés peuvent être téléchargés à partir de :
https://www.earthbyte.org/paleodem-resource-scotese-and-wright-2018

Les cartes de paléo-précipitations du modèle HadCM3BL-M2.1aD sont disponibles auprès de la Bristol Research Initiative for the Dynamic Global Environment (BRIDGE) :
https://www.paleo.bristol.ac.uk

Les résultats des simulations fournis sous forme de fichiers netcdf contiennent quatre paramètres : élévation, accumulation de débit rempli (rivières avec lacs), accumulation de débit (rivières uniquement) et bassin versant (bassins de drainage). Ils sont disponibles à un intervalle de 5 Myr à partir de ce référentiel.

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La moitié des zones humides d'Europe, des États-Unis et de la Chine ont disparu en trois siècles


Source : Fluet-Chouinard, E., Stocker, B.D., Zhang, Z. et al., Extensive global wetland loss over the past three centuries (Nature, 2023, vol. 614, p 281–286).

L'étude scientifique, parue dans la revue Nature en février 2023, montre une perte mondiale de 20 % depuis 1700 - ce qui est moins que prévu. En Europe, aux États-Unis et en Chine c'est toutefois plus de la moitié des zones humides qui ont disparu depuis 1700. Ce qui équivaut à la disparition d'un territoire de la superficie de l'Inde. 

Jusqu'à présent, on ne savait pas combien il restait de zones humides. Les estimations depuis 1700 variaient entre 28% et 87%, soit une fourchette énorme. Les chercheurs ont combiné des archives historiques à l'échelle mondiale avec des cartes de zones humides actuelles afin de pouvoir se forger une idée plus précise. Ils estiment qu'environ 20% des zones humides à la surface de la Terre ont été détruites. L'Europe est la zone la plus touchée, l'Irlande ayant perdu plus de 90 % de ses zones humides, l'Allemagne, la Lituanie et la Hongrie plus de 80 %, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Italie plus de 75 %.

Reconstruction des superficies de zones humides drainées, perdues ou converties entre 1700 et 2020
(source  : Fluet-Chouinard, E., Stocker, B.D., Zhang, Z. et al., Nature, 2023)


Bien que certaines régions soient très durement touchées, l'analyse d'ensemble montre qu'il reste encore des espaces à sauvegarder. « C'est une bonne nouvelle, il n'est pas trop tard pour protéger la majorité des zones humides dans le monde », a déclaré l'auteur principal de l'étude Etienne Fluet-Chouinard (Université de Stanford). Pendant des milliers d'années, les zones humides ont été considérées par les agriculteurs comme des terres improductives. Au cours du siècle dernier, le taux de destruction a rapidement augmenté. Combiné à l'impact de la crise climatique, le prélèvement en eaux souterraines, les incendies et l'élévation du niveau de la mer ont contribué, selon les chercheurs, à faire des zones humides l'un des écosystèmes les plus menacés au monde.

Les estimations précédentes étaient probablement erronées car les scientifiques avaient tendance à se concentrer sur les régions où la perte était la plus importante (celles où vit la majorité de la population), puis à extrapoler ces chiffres. Mais de vastes quantités de tourbières et de plaines inondables existent encore dans des régions peu peuplées telles que le nord du Canada, la Sibérie, le Congo et l'Amazonie. Il y a aussi beaucoup de zones humides en Alaska, ce qui ramène la perte moyenne aux États-Unis à environ 40 %.

À l'échelle mondiale, plus de 60 % des pertes ont été causées par le drainage des terres destinées à la culture, suivi par la conversion pour faire des rizières (18 %) et la création de zones urbaines (8 %). Moins de 1 % a été perdu pour l'extraction de la tourbe. À l'échelle mondiale, les tourbières stockent deux fois plus de carbone que les forêts du monde , ce sont donc des écosystèmes cruciaux à préserver si l'on veut atteindre les objectifs climatiques.

Les zones humides sont importantes pour la biodiversité : jusqu'à 40 % des espèces de la planète y vivent et s'y reproduisent. Ils purifient également l'eau, protègent contre les inondations et améliorent le bien-être physique des habitants des zones urbaines.

« Maintenant que nous connaissons l'ampleur de la perte - et les avantages perdus avec les zones humides - nous pouvons prendre des décisions plus éclairées sur la façon dont nous voulons gérer nos paysages.

Les scripts utilisés pour traiter les données d'entrée, modéliser et calibrer la reconstruction de la perte des zones humides et produire les chiffres sont disponibles sur Github.


Lien ajouté le 11 juillet 2023
Lien ajouté le 9 janvier 2026

Xi Zhang, Jinwei Dong, Xinxin Wang, Xiangming Xiao (2026). Location matters: Rethinking wetland restoration for combating floods in China [L’importance du lieu : repenser la restauration des zones humides pour lutter contre les inondations en Chine], Geography and Sustainibility, https://doi.org/10.1016/j.geosus.2026.100408

Des chercheurs analysent comment la restauration des zones humides peut réduire les inondations en Chine. Leur thèse démontre que la localisation des zones humides compte plus que la surface restaurée.  Plus de 90% des catastrophes naturelles récentes sont liées à l’eau. En 20 ans, les inondations ont touché plus de 2 millions km² et plus de 250 millions personnes dans le monde, pour des pertes dépassant 651 milliards de dollars. Les zones humides sont identifiées comme des solutions fondées sur la nature. Une zone humide peut stocker environ 9 000 à 14 000 m³ d’eau par hectare lors de fortes pluies. Pourtant, 21% des zones humides mondiales ont disparu depuis 1700. Cette érosion rapide réduit fortement la capacité naturelle des territoires à amortir les crues extrêmes. Toutes les zones humides ne régulent pas les crues de la même façon. En amont des bassins versants, certaines zones déjà saturées peuvent amplifier les pics de crue. À l’inverse, les zones humides de plaines alluviales et d’aval jouent un rôle tampon plus constant et plus efficace. La Chine concentre environ 10% des zones humides mondiales mais a perdu 12,6% de leur surface entre 1700 et 2020. Malgré des politiques ambitieuses, l’augmentation récente des zones humides repose surtout sur des milieux artificiels souvent - performants pour réguler les flux hydrologiques. Les chercheurs critiquent la politique chinoise de "zéro perte nette". Elle compense les surfaces détruites sans tenir compte de leur position dans le bassin versant. Résultat, des zones humides restaurées loin des rivières qui offrent peu de bénéfices face aux inondations majeures. Les auteurs plaident pour une restauration ciblée spatialement. Prioriser les zones hydrologiquement stratégiques permettrait de réduire les crues à moindre coût. Les bénéfices économiques de la protection des zones humides dépassent souvent les coûts en 6 à 22 ans selon les études citées. Protéger les zones humides existantes est + efficace que restaurer sans stratégie. La gestion des inondations doit intégrer l’échelle du bassin versant et faire des zones humides un investissement prioritaire pour l’adaptation climatique et la résilience.

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Ancien atlas scolaire et vision nationale. L'exemple de l'Atlas de la République mexicaine (1899)


Cet "Atlas méthodique de l'enseignement de la géographie de la République mexicaine" par Antonio Garcia Cubas est consultable sur le site de cartes historiques de David Rumsey. Edité d'abord en noir et blanc lors de la première édition (1874), puis en couleur lors de l'édition de 1899, il constitue un ouvrage de référence pour enseigner la géographie du Mexique à la fin du XIXe siècle. On peut le voir comme un véritable programme politique pour célébrer la jeune nation mexicaine.  

« Atlas metodico para la ensenanza de la geografia de la Republica Mexicana » (source : David Rumsey)


L'atlas vise à donner une vision nationale unifiée de la jeune République fédérale avec ses "Estados Unidos" (à l'image des États-Unis d'Amérique) qui apparaissent en couleurs vives sur la carte générale du Mexique qui ouvre l'atlas. 

 
Cette unité nationale est cependant relative. A l'époque, la frontière sud-est du Mexique n'est pas encore bien stabilisée. La frontière a été établie par un traité en 1882 par lequel le Guatemala renonce définitivement au Chiapas. Mais le Mexique contrôle encore assez peu ce territoire à la fin du XIXe siècle.



La péninsule du Yucatan et la région du Chiapas restent encore aujourd'hui une zone de contentieux (cf zone de confins à la fois pour le Mexique). Jan de Vos, qui a participé aux pourparlers entre le gouvernement mexicain et l'Armée zapatiste de libération nationale dans les années 1990, aborde cette dimension dans son ouvrage Les frontières de la frontière sud :

Vos, Jan de, Las fronteras de la frontera sur : Resena de los proyectos de expansion que figuraron la frontera entre Mexico y Centroamérica, Universidad Juarez Autonoma de Tabasco-Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropologia Social, 1993. 

Voir également cet ouvrage collectif qui contient de nombreuses contributions sur le sujet : 
Philippe Bovin (dir.), Las Fronteras del Istmo. Fronteras y sociedades entre el sur de Mexico y America Central, Geografía, Sociología y Ciencias Políticas, Centro de estudios mexicanos y centroamericanos, 2005.  

L'atlas d'Antonio Garcia Cubas est entièrement en espagnol, qui est la langue nationale du Mexique. Il mentionne toutefois la présence de "certaines langues et dialectes anciens des nations qui habitaient autrefois cette partie riche et étendue des Amériques" (otomite, tarasque, mazahua, popoloco et maya).



Malgré l'emploi de l'espagnol, les cartes reprennent des toponymes indigènes. C'est le cas de la carte du Yucatan, où on observe par exemple la présence de la lettre Ↄ sur plusieurs noms de lieux. Cette lettre était utilisée pour transcrire le son "ts" en maya.


L'atlas reflète donc largement son époque et montre les différentes perspectives de l'enseignement de la géographie, entre finalités civiques et culturelles. Cette exaltation du sentiment national se retrouve dans beaucoup d'autres altas scolaires du XIXe et du début du XXe siècle. 

L'auteur de cet atlas, Antonio Garcia Cubas (1832-1912) était à la fois historien, géographe et cartographe. Il est l'auteur de nombreuses cartes et de différents manuels à l'usage des écoles publiques. Il a produit en 1863 une grande carte du Mexique. Il est l'auteur d'une carte générale des Etats Unis mexicains en 1889 (visible sur la Bibliothèque du Congrès). Il a écrit également une Étude géographique, statistique, descriptive et historique des États-Unis mexicains, traduite en français et destinée à l'Exposition de Paris de 1889 (à découvrir sur Gallica).

Pour compléter

Il peut être intéressant de comparer avec la carte française du Mexique établie quelques décennies plus tôt par A. H. Brue :

Nouvelle Carte du Mexique et d'une partie des Provinces Unies de l'Amérique Centrale (1839). Dédiée à l'Académie Royale des Sciences de l'Institut de France. Par A.H. Brue, Géographe du Roi, Membre de la Société de Géographie de Paris, membre-honoraire de celle de Londres. Revue et augmentée par Ch. Picquet (à découvrir sur David Rumsey).

Deux encarts y montrent les environs de Mexico et de Vera Cruz, ainsi que la péninsule du Yucatan. Le Texas faisait à l'époque encore partie du Mexique. Le Bolsón de Mapimí, assez désertique et servant de refuge pour des rebelles indiens, y est représenté comme un État spécifique par rapport à l'Etat de Durango dont il fait normalement partie. C'est une erreur cartographique répétée sur de nombreuses cartes qui remonte aux problèmes rencontrés par Humboldt pour cartographier la région. Le géographe explorateur considérait sans doute que ce territoire insoumis ne faisait pas partie de la Nouvelle-Espagne. A moins qu'il ait simplement manqué des moyens techniques pour dresser une cartographie plus précise de la région :

Chantal Cramaussel (2001). Humboldt et la cartographie du nord de la Nouvelle-Espagne. Cahiers de l'Amérique latine, 36 | 2001, p. 163-181. https://journals.openedition.org/cal/6589

Dans son ouvrage Mexique cartographique, Raymond B. Craib analyse le rôle puissant que l'exploration, l'arpentage et la cartographie ont joué dans la création de l'État mexicain moderne au XIXe et au début du XXe siècle :

Raymond B. Craib (2004). Cartographic Mexico. A History of State Fixations and Fugitive Landscapes. Latin America Otherwise https://www.dukeupress.edu/cartographic-mexico

La Carta Geografica General de la Republica Mexicana établie par le ministre de la guerre Pedro Garcia Conde (1845) constitue la première carte imprimée grand format produite à partir de sources mexicaines indigènes :
https://collections.leventhalmap.org/search/commonwealth:4m90fj03p

Comme le montre Raymond B. Craig, après la guerre américano-mexicaine, la nouvelle Carta General proposée par Garcia Cubas offrira "une image iconographique du nouvel État mexicain et remplira ce territoire des fantômes du passé, créant ainsi l'image d'un esprit national unifié" (pour plus de détails, voir le commentaire de la carte sur le site Rare Maps).

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Cartographie de la mémoire : espace et histoire au Mexique au XVIe siècle




Quand l'armée dressait des cartes pour l'école : la carte murale de l'AOF par Édouard de Martonne (1922)

MetroDreamin', une application en ligne pour imaginer le système de transports que vous aimeriez pour votre ville


L'application en ligne MetroDreamin' permet de concevoir et de visualiser le système de transports que vous aimeriez pour votre ville. L'utilisateur a le choix entre deux possibilités : 

Choisissez une ville parmi les nombreux plans de métro proposés. Cliquez sur le plan pour ajouter une nouvelle station de métro à l'endroit de votre choix. MetroDreamin' nomme automatiquement votre nouvelle station en utilisant le nom de la rue la plus proche (vous pouvez lui attribuer aussi un nom de votre choix). Une fois que vous avez ajouté une station, il vous suffit de sélectionner la ou les lignes de métro que vous souhaitez qu'elle desserve et elle sera automatiquement connectée au reste de votre réseau. Il est possible inversement d'enlever des stations à partir du plan existant.


Ajoutez des points sur la carte. L'application les relie automatiquement et simule des mouvements de rames de métro sur le réseau que vous avez créé. La carte est ensuite partageable sur Internet. Il faut cependant ouvrir un compte sur le site pour pouvoir l'enregistrer. 


On dit qu'un qu'un système de métro commence à être rentable lorsqu'une ville dépasse le million d'habitants. Mais avec MetroDreamin', on peut implanter un métro où l'on veut et selon la configuration que l'on souhaite, sans se préoccuper du coût financier. Avis aux spécialistes des transports et de l'aménagement mais aussi aux imaginatifs. De quoi faire de l'aménagement urbain et également de la géographie prospective... 

Pour compléter

"Les grandes villes où l'on circule le mieux sans voiture" (source : Statista, licence Creative Commons)

Le transport public est le moyen le plus efficace et le plus durable de véhiculer de grands groupes de personnes en milieu urbain, comme le rapporte l'étude "Urban Mobility Readiness Index 2022" du cabinet de conseil Oliver Wyman. Comme les prévisions indiquent que près de 70 % de la population mondiale vivra dans des villes en 2050, il est d'autant plus important que les métropoles conçoivent leurs systèmes de transport public en conséquence.


La guerre à l’époque moderne par les cartes

 
Source : « La guerre à l’époque moderne par les cartes ». Par Anthony Guyon (Nonfiction).

L’époque moderne s’est construite par la guerre, comme en témoignent la guerre de Trente Ans (1618-1648) et la guerre de Sept Ans (1756-1763). L’ensemble des continents ont porté des innovations et repensé la place de la conflictualité dans le système politique par le recrutement, puis le financement. La guerre reste l'un des thèmes les plus abordés pour l'époque moderne mais son approche par la cartographie demeure limitée. Un Atlas remédie à cette lacune. Les éditions Autrement consacrent un tome à cette thématique et l’historienne Caroline Le Mao, qui a co-dirigé l’ouvrage, revient sur quelques spécificités de la guerre entre les XVIe et XVIIIe siècles (interview à lire sur Nonfiction).

ATLAS DES GUERRES A L'ÉPOQUE MODERNE (XVIᵉ - XVIIᵉ - XVIIIᵉ siècles)

Par Olivier Aranda, Julien Guinand, Caroline Le Mao. Cartographe : Mélanie Marie

Atlas - Atlas Mémoires. Paru le 01/02/2023

A découvrir sur le site des éditions Autrement.

Pour feuilleter un extrait de l'Atlas.

Marignan, Lépante, Vauban, Pierre le Grand, Bonaparte… Ces noms résonnent dans l’histoire de la guerre moderne et ont traversé les époques : les XVIᵉ, XVIIᵉ, XVIIIᵉ siècles restent les grands siècles de l’innovation dans le domaine de la guerre. La guerre moderne déferle sur terre et sur mer. Aucun lieu du globe n’est épargné. Les Européens, dans leur expansionnisme colonial, se confrontent d’abord aux populations locales. Puis ces champs de bataille deviennent des lieux de conflits entre les nations occidentales elles-mêmes, donnant à la guerre une dimension mondiale. Les révolutions scientifiques et techniques, les réformes tactiques et stratégiques vont servir empires et royaumes et favorisent le développement de nouvelles façons de combattre : poudre noire et canon, artillerie de campagne, guerre de course, création d’une administration étatique structurée…

Toutes ces transformations, représentées par plus de 230 cartes et documents, s’inscrivent dans un contexte de mutations politiques, financières, sociales et culturelles fondamentales qui feront basculer l’Europe et le monde dans la modernité.

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La carte des accidents de la route en France (ONISR) : un bel exemple d'artefact lié à l'outil de géovisualisation en ligne


L'outil cartographique de l'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR) permet de visualiser les accidents corporels de la circulation enregistrés par les forces de l'ordre, ainsi que les victimes de ces accidents, en France métropolitaine sur les dix dernières années. Il est aussi possible de superposer les emplacements des radars automatiques fixes. Par défaut, la carte affiche les accidents mortels en 2020.

La carte par interpolation (heatmap) proposée sur le site fait ressortir les lieux les plus accidentogènes qui correspondent aux grandes agglomérations. En réalité, cette carte thématique ne fait que refléter les densités de population, avec très logiquement une concentration des accidents en ville là où la population est la plus nombreuse.

Outil cartographique du site de l'ONISR montrant la distribution des accidents de la route mortels en 2020

Lorsqu'on zoome sur la carte, celle-ci fait apparaître plus précisément deux types de lieux d'accidents, dans les villes-centres et dans les périphéries. 


A un niveau de zoom plus important, les données sont désagrégées et on accède à chaque lieu d'accident individuellement. Ce qui change complètement la vision du phénomène qu'on pouvait avoir initialement. En passant d'une carte par zones continues à une carte par points, la distribution des accidents semble beaucoup plus éparse et liée à des emplacements bien spécifiques (carrefours urbains, grands boulevards ou voies rapides...). De quoi mettre en évidence un bel artefact numérique créé par l'outil de géovisualisation en ligne qui change le mode de réprésentation en fonction du niveau de zoom !


Parallèlement, le Cerema a développé un outil de datavisualisation en ligne qui permet de visualiser l'évolution des données de mortalité routière sur un temps long (depuis 1968) et selon plusieurs types de variables. Cet outil permet de proposer des graphiques simples d'utilisation qui mettent en avant des enjeux forts de sécurité routière. Le graphique qui concerne la période 1968-2019 témoigne d'une baisse globale du nombre d'accidents mortels, même si le chiffre a tendance à stagner ces dernières années.

Évolution de la mortalité selon l'âge et le mode de transport sur la période 1968-2019 (source : Cerema)

La mortalité diffère très nettement en fonction des tranches d'âge, avec une surmortalité dans la tranche 18-25 ans :

De fait, contrairement à ce que semblait montrer la heatmap par interpolation (voir carte générale plus haut), ce sont plutôt les espaces hors agglomération qui s'avèrent les plus mortels, sans doute en raison des vitesses supérieures à celles enregistrées dans les agglomérations qui dénombrent néanmoins un plus grand nombre d'accidents. Les autoroutes restent en comparaison relativement plus sûres, bien que les accidents, moins nombreux, puissent s'y avérer très graves.

Comparaison de l'accidentologie selon le lieu, en nombre d'accidents et en nombre de tués 2015-2020
(source : datavisualisations du Cerema)



L'effet du couvre-feu lors de la crise Covid de 2020-21 est assez visible dans les statistiques du fait du recul général des mobilités. On observe une baisse passagère du nombre d'accidents et de tués sur la route, avant toutefois une nouvelle hausse en 2021-22 avec la reprise des mobilités en période post-Covid.


L’ONISR met en ligne chaque année une base détaillée extraite du fichier national des accidents corporels de la circulation, éliminant tout risque d’identification des personnes. Les indicateurs élaborés à partir de ces données sont labellisés par l'Autorité de la statistique publique.

Les bases de données annuelles (depuis 2010) sont à télécharger sur le site de l'ONISRavec le nombre de tués et de blessés, le type d'usagers, le milieu, la catégorie de route, la lumière et le sexe. Les données montrent que les accidents les plus mortels ont en fait souvent lieu hors agglomération et sont beaucoup plus le fait d'hommes que de femmes.

On trouve également des bases de données annuelles des accidents corporels de la circulation routière pour la période 2005-2022 sur le site Data.gouv.fr au format csv avec le fichier des métadonnées en pdf.

Lien ajouté le 16 avril 2024

Données d'accidentologie au Royaume-Uni sous la forme de carte en relief par Mike Bostock.

Lien ajouté le 5 novembre 2024


Lien ajouté le 13 novembre 2024

Accidentologie en 2023 et radars fixes en France métropolitaine par Jean-Michel Bernabotto
https://accidents-radars-2023-sbrtix7.gamma.site/

Ce que montre la carte, c'est que la probabilité d'avoir un accident est corrélée avec la densité d'habitants ou de voitures. C'est intéressant, mais une carte avec le nombre d'accidents en réduisant le biais de densité peut être encore plus révélatrice.

Lien ajouté le 21 avril 2025

Données d'accidentologie à l'échelle de la France et de grandes villes (par Loïc Bertrand)
https://www.loicbertrand.eu/accidentologie/


Le site de Loïc Bertrand est très utile pour faire des comparaisons  sur l'accidentologie en fonction des lieux et des modes de transport.  Les données proviennent de la Base de données annuelles des accidents corporels de la circulation routière disponibles pour les années 2005 à 2023 (Data.gouv.fr)

Carte des accidents de circulation routière

Victimes de la route à vélo en France, représentées par gravité, selon l'année de 2019 à 2023

Victimes de la route (tuées ou gravement blessées) à Paris, représentées par gravité, selon l'année de 2017 à 2023

Pour compléter :

Le site Baromètre-vélo indique les sites à améliorer en priorité pour réduire l'accidentologie (enquête annuelle de la Fédération des Usagères et des usagers de la Bicyclette - FUB)
https://www.barometre-velo.fr/2025/carte/#5.9/47.201/1.971

Carte de localisation des « vélos blancs » ou ghost bike en France (lieux de commémoration où un cycliste a été tué ou grièvement blessé) 
https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/velos-blancs-en-france_1268727#5/44.684/7.998

Lien ajouté le 11 octobre 2025

« Pourquoi tant de piétons sont-ils tués par des voitures aux États-Unis ? » (Construction Physics).

Plus de 7 300 piétons ont été tués dans des accidents de la route aux États-Unis en 2023, soit environ 18 % de tous les décès liés à la circulation routière cette année-là. Jusqu'en 2009 environ, le nombre de décès de piétons aux États-Unis était en baisse, passant de 7 516 décès en 1975 à seulement 4 109 en 2009 (par habitant, cette baisse serait encore plus importante). Mais depuis 2009, le nombre de décès de piétons a explosé. Les autres pays n'ont pas constaté une telle augmentation des décès de piétons. Il existe diverses théories expliquant cette augmentation du nombre de piétons tués. La plus courante est peut-être que la popularité croissante et la taille croissante des camions et des SUV (en hauteur et en gabarit) ont entraîné une augmentation de la fréquence et de la mortalité des collisions avec les piétons. Une autre théorie (plus difficile à concilier avec la spécificité américaine du phénomène) est que les conducteurs sont de plus en plus distraits par leur smartphone, ce qui entraîne une augmentation des accidents. 

Liens ajoutés le 6 décembre 2025

« Bilan 2024 de la sécurité routière » (ONISR).
L'ONISR a publié son bilan 2024 de la sécurité routière. En France, on ne meurt pas partout de la même manière sur la route. Souvent, on meurt plus jeune, plus pauvre et plus loin des villes. Dans les territoires ruraux, la voiture est aussi, parfois, synonyme d’accidents. Si le nombre de morts sur les routes françaises a drastiquement diminué (de 18 034 décès en 1972, 8 079 en 2000, à 3 190 en 2024), le réseau routier hors agglomération se révèle bien plus accidentogène. Ce n’est pas tout : face à la mortalité routière, les inégalités selon l’âge ou le sexe sont très marquées.

« Partage de la route : encore trop de règles transgressées au mépris de la sécurité de tous les usagers

« Supprimer les feux rouges, et loi de Brandolini (ou pas) » (Freakonometrics).
Le récit relayé dans l’article « Ce qui tue les automobilistes, c’est l’assistanat »  présente la suppression des règles de circulation comme une innovation moderne ou une provocation stimulante. Mais ce scénario, loin d’être nouveau, est en réalité l’un des chapitres les plus documentés de l’histoire urbaine du XXᵉ siècle. En particulier, ce que montrent Sarah Seo, Peter Norton, Jane Jacobs et Donald Shoup, c’est que les rues sans règles ont été un désastre humain ; les automobilistes ne se coordonnent pas naturellement ; la « liberté » sans régulation renforce la domination des plus puissants (les automobilistes sur les vélos et les piétons) ; l’absence de règles explicites produit l’arbitraire policier ; l’espace urbain n’est jamais neutre : il doit être soigneusement organisé pour être vivable.

Liens ajoutés le 9 mars 2026

« Morta­lité cyclistes, chiffres 2025 » (In Velo).
"Oh lala… Tu as vu la catas­trophe des mobi­li­tés douces dans les chiffres de la sécu­rité routière ? Ils en parlent à la TV." Non, je n’ai pas vu. Ou plutôt je n’y ai pas vu la même chose qu’à la TV. Si on reprend les matrices de colli­sion du rapport de la sécu­rité routière, on voit plutôt une faible dange­ro­sité du vélo et même des EDP-m. Avec la respon­sa­bi­lité d’un piéton mort pour chaque, on est dans l’aléa statis­tique.


« Sécurité routière : La trottinette électrique est trois fois plus dangereuse que le vélo » (La Voix du Nord)
Frédéric Héran, chercheur en mobilités à l’université de Lille, dénonce le laxisme de la réglementation française concernant les trottinettes électriques. « Il ne faut pas l’interdire, sûrement pas. Mais il faut faire comprendre à ses usagers que ce n’est pas la panacée. Les fabricants prétendent qu’ils ont des solutions : améliorer le freinage, la largeur de la plateforme. Mais en faisant cela, on alourdit la trottinette. Je pense que c’est un mode qui va trouver sa niche, mais qui ne va pas remplacer la marche, le vélo ou les deux-roues motorisés. Car ce manque de sécurité va brider l’essor de la trottinette. »

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