Cartes et données sur les élections législatives en Allemagne (23 février 2025)


Dimanche 23 février 2025, les Allemands ont été appelés aux urnes pour élire 630 parlementaires destinés à siéger au Bundestag. La réforme électorale de juillet 2023 a encore renforcé le système proportionnel, les électeurs votant deux fois sur le même bulletin, une fois pour leur circonscription et une fois pour leur Land. Du fait de ce mode de scrutin, il est extrêmement rare qu’un parti obtienne la majorité à lui tout seul. La vie politique allemande est donc rythmée par la formation de coalitions entre partis qui se rassemblent pour gouverner après s’être affrontés dans les urnes (Le Monde). 

La coalition conservatrice (CDU/CSU) a remporté le scrutin national avec 28,5%, tandis que l'l'extrême droite (AfD) a enregistré son plus haut score depuis 1945 (20,8%), en gagnant des voix et en s'implantant durablement dans la partie est de l'Allemagne. Les socialistes du SPD (16,4%) sont en net recul. Les Verts arrivent en 4e position avec 11,6%, tandis que le parti plus à gauche Die Linke fait un score inattendu de 8,8%. Les jeunes électeurs se sont déplacés massivement vers l’extrême gauche (Die Linke) et l’extrême droite (AfD). Les partis conservateurs (CDU/CSU) et socialistes (SPD) ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

1) Cartes des résultats diffusées par les médias

Les cartes de résultats éléctoraux témoignent d'un fort différentiel est-ouest pour les « deuxièmes voix » (au niveau des Länder). Au niveau local, la « première voix » montre l’ancrage territorial du SPD dans ses bastions (Ruhr, Basse-Saxe, Hambourg, Brême), malgré la débâcle électorale au niveau national. L’AfD avec plus de 20% renforce son ancrage à l’Est (38,6% en Thuringe, 37,3% en Saxe ; à Görlitz, le chef du parti Tino Chrupalla fait 48,9%). Mais l’AfD progresse aussi à l’Ouest dans des « bastions » du SPD, notamment industriels : pour la première fois le parti arrive premier pour la « deuxième voix » dans des circonscriptions de l’Ouest à Kaiserslautern et Gelsenkirchen. Alors que l’AfD a renforcé son implantation à l’Est, Die Linke, malgré son fort succès (8,8%), a perdu, en partie, cette spécificité face à la concurrence de la BSW. Néanmoins le « plan » Silberlocken du parti Die Linke a doublement fonctionné : il gagne 6 circonscriptions directes (dont Bodo Ramelow en Thuringe et Gregor Gysi à Berlin) sur les 3 visées et nécessaires en cas d’échec pour dépasser la barre des 5%… qu’il dépasse largement (8,8%). Fait nouveau, Die Linke arrive en tête à Berlin où le parti gagne pour la première fois une circonscription à l’ouest (Neukölln). Il devient le premier parti des jeunes au détriment des Verts. Les libéraux du FDP sortent du parlement pour la deuxième fois de leur histoire. Malgré leur affaissement, les « bastions » restent inchangés (bourgeoisie-libérale à Bonn ou Cologne, Mittelstand du Bade-Wurtemberg…). Les Verts (Die Grünen) restent un parti ouest-allemand implanté dans les villes moyennes libérales et universitaires (Freiburg, Heidelberg…). Ils n’emportent aucune circonscription « rurale », pas même celle de Robert Habeck dans le Schleswig-Holstein (voir l'analyse de Paul Maurice, @Pl_Maurice).

Comparaison des résultats entre 2021 et 2025 (source : Le Monde - Les Décodeurs)

Les libéraux du FDP ainsi que la gauche populiste de l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW, 4,97%) manquent leur entrée au parlement. Avec les « petits » partis, près de 15% des électeurs ne seront pas représentés. Mais cela facilite la tâche pour la constitution d'une « grande coalition » par Friedrich Merz (CDU/CSU). Ayant exclu de s’allier avec l’AfD, Friedrich Merz devra probablement s’appuyer sur le SPD pour rassembler une majorité au Parlement. Une alliance avec les Verts (85 sièges) serait en effet insuffisante, et ils ne pourront pas compter sur les libéraux du FDP, qui ont perdu toute représentation parlementaire, faute d’avoir atteint le seuil de 5 % des voix nécessaire. Comme en France, cela va être compliqué pour les Allemands d'avoir un gouvernement stable.

On observe un clivage Est/Ouest très marqué pour l'ensemble des partis, et notamment pour le BSW, un peu moins pour l'AfD. L'électorat Die Linke est toujours ancré à l'est, mais nettement moins que dans le passé.

Les cartes codées par couleur selon le vainqueur local peuvent être trompeuses dans la mesure où les partis peuvent gagner des voix en restant en dessous du seuil nécessaire pour l'emporter au niveau de la circonscription. Le fait de choisir le bleu pour représenter l'AfD d'extrême droite à la place du noir (utilisé pour le CDU/CSU) peut également poser question. Depuis 2017, le soutien à l'AfD a augmenté parallèlement à l'Est et à l'Ouest à partir de bases différentes. 

Les bastions par parti en Allemagne (source : Zeit-online)


Le vote différe beaucoup selon les tranches d'âge. Les jeunes électeurs se sont déplacés massivement vers l’extrême gauche (Die Linke) et l’extrême droite (AfD). Les plus de 60 ans ont voté davantage pour les partis traditionnels (CDU/CSU et SPD).

La répartition du vote par tranches d'âge (source : Tagesschau.de)


  • « Législatives en Allemagne : visualisez le score historique du parti d’extrême droite AfD en graphiques » (Le Monde)
  • « Les élections allemandes ravivent de vieilles divisions » (Politico)
  • « Allemagne : tous les résultats de l’élection par circonscription » (Le Grand Continent)
  • « Les résultats des élections en détail par circonscription » (source : Zeit-online)
  • « Résultats des élections fédérales allemandes » (Bloomberg)
  • « La frontière Est/Ouest renaît de ses cendres après la victoire historique de l'AfD » (Rtbf.be)
  • « Les résultats des élections allemandes expliqués en graphiques » (Deutsche Welle)
  • « Les résultats des élections en données et graphiques » (Süddeutsche Zeitung)
  • « Voici comment l'Allemagne a voté  »  (Berliner Morgenpost)
  • « Elections allemandes : les résultats et la composition du nouveau Bundestag » (Toute l'Europe)
  • « Élections fédérales allemandes anticipées de 2025 : le comparatif des programmes des partis »  (IFRI)
  • « Élections fédérales allemandes anticipées de 2025 : le comparatif des programmes des partis »  (The Conversation)
  • « Élections en Allemagne : quelles fractures ? Avec Bénédicte Laumond » (Arte)
  • « Avec un œil au beurre noir » (Republik). L’Allemagne se déplace vers la droite. Mais il y a aussi beaucoup de mouvements à gauche – et la démocratie est vivante. Six thèses sur la classification des élections fédérales.
  • « Les électeurs du bloc de l'Est ont-ils voté de manière radicale ? Pas exactement » (Datajournalism.studio)
  • « Allemagne, semaine 1 : les leçons positives des élections au Bundestag » (Le Grand Continent)
  • « La fragmentation politique de l'Allemagne complique la formation d'une coalition » (Bloomberg)
  • « Sélection de cartes et datavisualisations » (Datawrapper du 25 février et du 4 mars 2025)
  • « Composition du Bundestag en 2021 et en 2025 » (Visactu)
  • « La CDU s’est-elle imposée sur le SPD ? Une analyse statistique des 2 740 phrases du contrat de coalition allemand » (Le Grand Continent)
  • « Pour la première fois, les femmes ont voté davantage à gauche que les hommes » (ZdF.de). Ce qui se cache derrière l’écart croissant entre les sexes.
  • « En Allemagne, la mémoire s’estompe et l’AfD donne le tempo » (OrientXXI). Au sein d’une Europe en proie à la montée des extrêmes droites, l’Allemagne a longtemps fait figure d’exception. Depuis quelques années cependant, les digues de la vertueuse exception germanique paraissent s’affaisser devant la montée du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), qui constitue désormais la deuxième force du pays. 


Afin de montrer certains héritages, le site Brilliant Maps propose une comparaison des élections de 1932 avec celles de 2025. L'élection de 1932 a marqué un tournant car c'était la première fois que les nazis remportaient la plus grande part des voix, même s'ils étaient loin d'avoir la majorité, ce qu'ils n'avaient jamais obtenu auparavant lors d'élections libres. 

« Les premières élections d'après-guerre en Allemagne de l'Ouest (14 août 1949) » sur Rare Maps.

« Ces cartes des résultats des élections en Allemagne montrent les divisions héritées de l’histoire du pays » (Huffington Post).

Si on compare les résultats avec la carte de la répartition des étrangers en Allemagne, on s'aperçoit que l'Allemagne de l'est où le score de l'extrême droite est le plus élevé est la partie où il y a le moins d'étrangers.

Les partis d'extrême droite deviennent « les plus populaires en Europe ». A ce stade, ils restent exclus du pouvoir (car minoritaires dans l'absolu). Mais selon The Economist, plus leurs idées sont reprises et plus le cordon sanitaire s'effrite, plus ils se développent.

Le déclin des partis traditionnels et la montée de l'extrême-droite en Europe (source : The Economist)

Répartition de la population étrangère en Allemagne (carte à commenter sur Reddit). On observe une corrélation négative étroite entre la présence réelle d'étrangers et le vote pour le parti radical anti-immigrants. Cela pourrait être dû au fait que le sentiment anti-immigrant est principalement alimenté par les récits médiatiques et les dirigeants politiques, moins par l'expérience réelle des immigrants, qui tend à être plus nuancée.

2) Données et fonds de carte à télécharger

Les données officielles du scrutin législatif 2025 sont publiées sur le site Bundeswahlleiterin.de. Elles sont disponibles par Land et par circonscription sous forme de tableaux (voir l'atlas interactif donnant le nom des circonscriptions).

Il est possible de télécharger directement les résultats par candidats élus (fichier pdf et csv) ou par circonscriptions (pdf). En outre un fichier de synthèse permet de comparer les résultats 2021 et 2025. Pour avoir un aperçu de l'ensemble des données mises en open data, voir la page récapitulative par ici.

Le site Zeit-online donne également le détail des résultats par circonscription et par candidat. En cliquant sur une circonscription dans le tableau proposé, on accès à un grahique donnant l'évolution des scores par parti depuis 1949. 

Les cartes avec la géométrie des circonscriptions pour les élections fédérales sont disponibles sous différents formats (ai, svg, shp, kml + descriptif en csv) :

Gregor Aisch, journaliste en données visuelles au journal Zeit.de, a documenté la manière de produire des cartogrammes sur un bloc-notes Observable.

Ansgar Wolsing partage son code R pour une animation qui superpose une carte choroplèthe et une carte par points de taille égale pour chaque circonscription : une manière de montrer que ce sont les populations qui votent, non les territoires.

Patrick Stotz revient sur les cartes politiques qu'il a créées pour le journal Der Spiegel. Consacrées aux élections primaires allemandes, ces cartes illustrent les régions où des coalitions potentielles ont réussi à obtenir une majorité. 

Liens ajoutés le 3 novembre 2025

@cart0graf a cartographié les élections fédérales de 2025, marquées par la défaite du SPD, des Verts et du FDP, la montée de la droite et de l'extrême droite, et le retour du parti Die Linke. Les clivages est-ouest, les traditions religieuses et les divisions entre groupes sociaux s'entremêlent dans la géographie du vote.

La base de données électorales allemande (GERDA) fournit un ensemble complet de données sur les résultats des élections locales, régionales et fédérales en Allemagne, permettant ainsi d'étudier le comportement électoral, la représentation et les évolutions politiques à différents niveaux administratifs. Chaque ensemble de données inclut les taux de participation et les parts de vote pour les principaux partis. Les ensembles de données harmonisés tiennent compte des modifications des limites municipales et des circonscriptions de vote par correspondance, garantissant ainsi la comparabilité dans le temps.

Heddesheimer, Vincent, Hanno Hilbig, Florian Sichart et Andreas Wiedemann. 2025. GERDA : Base de données électorales allemandes . Nature : Scientific Data, 12 : 618, https://www.nature.com/articles/s41597-025-04811-5

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Résultats des élections au Bundestag en Allemagne (26 septembre 2021)

Cartes et données sur les communes allemandes à partir du recensement de 2022 (Wahlatlas.net)

Mapping Prejudice, un projet pour cartographier les préjugés raciaux à Minneapolis


Mapping Prejudice est un projet mené par une équipe de chercheurs et d'activistes de l'Université du Minnesota. Le projet identifie et cartographie les clauses raciales, c'est-à-dire les clauses insérées dans les actes de propriété pour empêcher les personnes qui n'étaient pas blanches d'acheter ou d'occuper des maisons.

La page de cartographie contient une animation qui montre la croissance de ces clauses raciales dans la région métropolitaine de Minneapolis-Saint Paul (de 4 en 1910 à plus de 32 000 en 1963).


Après le meurtre de George Floyd en 2020, Mapping Prejudice s'est retrouvé au centre d'un mouvement mondial en faveur de la justice raciale alors que des gens du monde entier essayaient de comprendre pourquoi cela avait commencé à Minneapolis. Une équipe interdisciplinaire collabore avec les membres de la communauté pour exposer l'histoire du racisme structurel et soutenir le travail de réparation.

Les pactes raciaux ont été un outil puissant pour établir une ségrégation résidentielle qui reste enracinée aujourd'hui. Le lieu de résidence détermine l'accès aux biens communautaires et l'exposition aux risques. Les communautés de couleur ont plus de risques environnementaux comme les décharges et les autoroutes, avec un accès moindre aux soins médicaux et aux écoles bien dotées en ressources. Les quartiers à majorité blanche ont plus de parcs et de couvertures arborées. 

À Minneapolis, les propriétés qui ont été soumises à des restrictions raciales valent 15 % de plus que les maisons identiques qui n’ont jamais été soumises à des restrictions raciales. À l’inverse, les maisons des quartiers « redlined », où les Noirs ont pu acquérir des biens, sont considérablement dévaluées.

La carte des restrictions raciales dans le comté de Hennepin a été la première visualisation complète des conventions raciales pour une ville américaine. En 2020, l'équipe a élargi son champ d'action pour inclure le comté voisin de Ramsey, où elle travaille avec un projet frère Welcoming the Dear Neighbor ? pour impliquer les membres de la communauté autour de cette histoire et de ces données.

Parallèlement, l'équipe de chercheurs bénévoles traite les registres fonciers de différentes régions du pays. Ils identifient et cartographient activement les conventions raciales dans les comtés de Dakota et d'Anoka au Minnesota, ainsi que dans le comté de Milwaukee au Wisconsin (au total 7 comtés déjà recensés). Ils travaillent également à la création d'une base de données complète des conventions raciales dans la zone métropolitaine de Twin Cities et chechent à établir des collaborations dans d'autres comtés du Minnesota. 

Les ressources de Mapping Prejudice sont générées par la communauté et sont destinées à être partagées en libre accès.

  • Accès aux données : 33 000 conventions raciales du Minnesota recensées par les bénévoles de Mapping Prejudice

  • Story maps : une série d'histoires montrant le racisme structurel à Minneapolis et comment les pactes raciaux ont façonné la vie des habitants de la ville.

  • Hystoryapolis : un projet pour mettre en lumière l'histoire de Minneapolis, inspirée par l'idée que l'histoire est un outil puissant pour le développement d'une communauté.

Lien ajouté le 1er avril 2025

« Les clauses restrictives sont un cruel rappel du passé raciste de Wake. Voyez comment elles se propagent » (The News & Observer). Une nouvelle carte vidéo en accéléré, publiée en mars 2025, montre la propagation des conventions raciales dans le comté de Wake entre 1906 et 1950. Ces conventions, qui ont créé des inégalités historiques à travers le pays, ont finalement été rendues inapplicables par une décision de la Cour suprême de 1948 et la loi sur le logement équitable de 1968. La vidéo fait désormais partie de ressources archivées dans le cadre du projet Racially Restrictive Covenants du comté de Wake en Caroline du Nord.

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La projection cartographique Liquid Earth : une nouvelle projection à surfaces presque égales


Source : Introducing the Liquid Earth projection (Robert Sargent) 

La projection de la Terre liquide (Liquid Earth) est une nouvelle projection cartographique proposée par Robert Sargent, étudiant diplômé en mathématiques de l'Université du Maryland. Cette projection présente une distorsion exceptionnellement faible au niveau des masses continentales (y compris les îles), tout en conservant une orientation classique (nord en haut) avec une forme assez familière. Elle convient donc assez bien pour des cartes du monde à usage général, des cartes physiques ou politiques. Bien que la projection ne soit pas exactement à surfaces égales, les écarts de surface sur terre sont imperceptibles à l'œil nu. Cela signifie qu'elle peut être utilisée pour toute application nécessitant des surfaces strictement équivalentes, comme par exemple les cartes de distribution de points. Liquid Earth représente chaque pays de manière équitable. La projection est en revanche plus déroutante en ce qui concerne les océans qui sont déformés afin de préserver la taille et la forme des continents.

La projection Liquid Earth avec les frontières politiques des pays (source :  Robert Sargent


1) Une projection qui déforme les océans, mais pas (ou peu) les masses continentales

Il existe d’autres projections qui présentent une très faible distorsion, telles Elastic I, Dymaxion et Cahill-Keyes. Cependant, ces projections ne sont pas orientées vers le nord et/ou présentent beaucoup plus d’interruptions que Liquid Earth, ce qui les rend moins pratiques. Ces projections sont également loin d’être rectangulaires, ce qui entraîne une perte d’espace importante lors de l’enregistrement sous forme d’image ou de l’impression. Si l'on s'en tient à ces critères, la projection Danseiji III serait la plus performante, mais elle divise l’Antarctique et présente une forme irrégulière. Ces quatre projections sont également beaucoup plus éloignées d’une surface égale que la projection Liquid Earth.

Liquid Earth déforme cependant fortement les océans. De ce fait, ce n'est pas un bon choix pour les cartes qui se rapportent à la longitude ou à la latitude, telles que les cartes des fuseaux horaires ou les cartes climatiques. De manière similaire aux projections élastiques, Liquid Earth fonctionne en commençant par un maillage du globe, puis en transformant le maillage. Cependant, alors que les projections élastiques placent directement les sommets du maillage sur le plan, Liquid Earth transforme le maillage sur la sphère, puis mappe la sphère sur le plan à l'aide d'une projection pseudo-cylindrique standard. C'est ce qui lui permet de conserver un bord extérieur régulier.

La projection Liquid Earth utilise deux maillages, le maillage initial et le maillage transformé. Le globe est projeté sur le maillage initial, puis chaque triangle est mappé sur le triangle correspondant sur le maillage transformé. Enfin, le résultat est mappé sur le plan à l'aide de la projection Equal Earth. Le maillage transformé anticipe la distorsion causée par Equal Earth, de sorte que le résultat présente le moins de distorsion possible des masses terrestres. Le maillage initial est octaédrique, avec les sommets de l'octaèdre alignés sur les axes de coordonnées. 

2) Comment utiliser la projection Liquid Earth

Les fichiers de maillage Liquid Earth (au format csv et npy), ainsi que les modèles svg et png de la carte, sont disponibles ici. Ces fichiers sont tous dans le domaine public, bien que le fait de créditer soit apprécié. Le moyen le plus simple de créer une carte Liquid Earth est de modifier l'un des modèles svg. En utilisant un éditeur svg tel qu'Inkscape, il est facile d'ajouter une couleur personnalisée à chaque pays pour créer une carte choroplèthe. Il existe un choix de graticules de 5°, 10°, 15° et 30°.

Pour créer une carte Liquid Earth à partir de données vectorielles ou raster personnalisées, on peut utiliser les l'application outils de projection cartographique de Justin Kunimune qui propose la projection en option. Si quelqu'un souhaite l'implémenter dans un autre programme et souhaite obtenir de l'aide pour le faire, veuillez contacter Robert Sargent (rsargent@umd.edu).

En utilisant des techniques similaires, Robert Sargent a créé la projection Solid Earth. Semblable à Danseiji V et Elastic III, cette carte montre les terres à une plus grande échelle tout en comprimant les océans (projection dite "élastique"). Par rapport à Elastic III, Solid Earth est plus au nord et intègre les terres émergées plus efficacement dans un rectangle. Cette projection est un bon choix pour les cartes où l'espace est limité et où les seules informations pertinentes concernent les surfaces terrestres. Bien que cette carte ne soit pas de surfaces égales, l'échelle de surface est assez cohérente sur les terres non antarctiques. La formulation est la même que pour Liquid Earth, sauf que les maillages sont différents et le résultat assez différent. Les fichiers de maillage sont disponibles sur Github

La projection Solid Earth avec les frontières politiques des pays (source :  Robert Sargent

Pour en savoir plus

Présentation des projections élastiques sur le blog Wuslopebologie.

En utilisant un tableau de nombres arbitrairement grand pour définir chaque projection plutôt que de simples formules mathématiques, les projections élastiques sont capables de contrôler leur distorsion avec une précision jusqu’alors inconnue, produisant des formes organiques qui se courbent autour des côtes pour mettre en évidence – et parfois même agrandir – les parties de la carte jugées les plus importantes. Bien qu'il existe encore de nombreuses situations qui justifient le choix d'une projection cartographique conventionnelle (cartes régionales, cartes des étoiles, cartes avec des caractéristiques terrestres et maritimes, cartes de données corrélées avec la latitude ou la longitude), les projections élastiques remplissent plusieurs niches beaucoup plus efficacement que les projections cartographiques existantes. La projection Elastic I présente une disposition similaire à celle de la projection Dymaxion de Fuller ou de la projection Danseiji IV, mais elle comporte moins d'interruptions au niveau des océans que ces deux dernières. 

Si le sujet vous intéresse, le site Mapthematics propose un forum de discussion consacré aux projections cartographiques. On y trouve des projections originales, parfois surprenantes.

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Quand l'Administration Trump fait disparaître des données sur les sites gouvernementaux


L'Administration Trump a fait retirer des données sur le réchauffement climatique et différents sujets jugés sensibles (diversité, équité, inclusion) sur les sites gouvernementaux des Etats-Unis. En réaction, des chercheurs, des militants ou de simples citoyens s'organisent pour dénoncer cette censure et garantir un accès à ces données.

1) De nombreux sites gouvernementaux censurés par l'Administration Trump

Un des premiers sites concernés par ces mesures de « mise  à jour »  (censure) de données semble être celui du CDC (Center for Disease Control and Prevention), très impliqué dans la diffusion de données publiques au moment de la crise Covid et critiqué par les anti-vax. La suppression de ces directives crée une lacune majeure dans les informations scientifiques et met des patients en danger en ce qui concerne la prévention des infections et l’utilisation appropriée des antibiotiques, argue la Society for Healthcare Epidemiology of America. Dans une déclaration commune, les responsables de l'Infectious Diseases Society of America et de l'HIV Medicine Association ont déclaré que la suppression des ressources liées au VIH et aux LGBTQ du site Web du CDC « est profondément préoccupante et crée une lacune dangereuse dans les informations et les données scientifiques permettant de surveiller et de répondre aux épidémies de maladies » (Cidrap). La disparition des données inquiète particulièrement la Dre Rasmussen, qui est virologue. Par exemple, les données sur la propagation de la grippe aviaire aux États-Unis sont particulièrement importantes en ce moment pour le monde entier (Radio-Canada).


Cela concerne aussi certaines pages du ministère américain de l'Éducation (DEI), notamment celles consacrées au genre et aux discriminations raciales (Yahoo News). L'administration Trump a lancé un ultimatum : cesser d'utiliser les « préférences raciales » comme facteurs d'admission, sinon les écoles qui le font risquent de perdre de l'argent. Trump a même évoqué une possible suppression du ministère de l'Éducation (The Guardian). L'Université d'Hawaï a d'ores et déjà supprimé sa rubrique « diversité » dans le but de préserver son financement fédéral. Ces mesures sont liées à un décret de Trump, selon lequel il n'existe que deux genres (hommes et femmes) et qui impose aux agences de « supprimer toutes les déclarations, réglementations, communications ou autres messages » sur « l'idéologie du genre ».  La censure s'étend aussi aux écoles. Les États-Unis subissent une vague inédite d'interdictions de livres ciblant principalement les ouvrages destinés à la jeunesse abordant les sujets de genre, racisme ou les questions LGBTQ+ (France 24).

En raison de cette censure morale et politique, la page « Erreur 404 » s'affiche sur de plus en plus de sites officiels des États-Unis. On retrouve des pages vidées de leur contenu sur les sites du département d’Etat, de la défense, des transports ou de l’agriculture. Les données se sont pour ainsi dire évaporées. Sur le site de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), la partie sur le changement climatique n’est plus accessible sur la page d’accueil, ni dans les onglets sur les « sujets environnementaux ».


Il arrive même que des sites complets soient désactivés. Le site web de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) a été mis hors ligne, alors que le gel de l'aide étrangère par Trump s'intensifie, suscitant des craintes que l'USAID perde son indépendance et soit absorbée par le département d'État (Le Monde). Par ailleurs, Trump a ordonné au ministère américain de l’Agriculture (USDA) de supprimer les sites Web faisant référence à la crise climatique (The Guardian).

L'Administration Trump a également licencié Colleen Shogan, l'Archiviste des États-Unis. Avant de devenir « Archivist of the United States », Colleen Shogan était vice présidente de la White House Historical Association (ArchiMag). Son « tort » ? Avoir accompli son devoir en exigeant que l’administration Trump transmette l’ensemble des documents et traces numériques de son premier mandat, y compris les messages échangés sur WhatsApp. Cette démarche, conforme aux principes fondamentaux de la démocratie américaine, avait notamment permis de révéler le scandale des documents classifiés retrouvés dans la résidence personnelle du Président à Mar-a-Lago (Le Soir).

La National Science Foundation (NSF), qui finance des recherches dans le monde entier, fait face à des licenciements potentiellement massifs et à des coupes budgétaires. L'agence du FBI n'est pas non plus épargnée par les licenciements. Emporté par sa vague de purge, le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dirigé par Elon Musk a été jusqu'à licencier 300 personnes de la National Nuclear Security Administration, sans se rendre compte qu'une partie d'entre elles avaient en charge la gestion du stock d'armes nucléaires des États-Unis (CNN).

« Nous entrons dans un âge d’or de l’ignorance », prévient le professeur à l’université Stanford (Californie), tandis que la climatologue Valérie Masson-Delmotte, ex-coprésidente du groupe 1 du GIEC, y voit de l’« obscurantisme ». « Pour cette administration, les faits scientifiques sont dangereux, il faut les faire taire », observe-t-elle. Et de peser ses mots : « C’est l’héritage des Lumières qui est menacé. C’est sans précédent dans un pays démocratique, en dehors de périodes fascistes » (Le Monde). « Imaginez un immense autodafé numérique, où ce ne sont plus des livres qu’on brûle, mais des sites web, des pages Internet, des index, des bases de données » (Radio France).

Dans un livre publié en 2007, La Stratégie du choc (Actes Sud), l’essayiste et militante canadienne Naomi Klein montre que cette méthode, consistant à « intervenir immédiatement pour imposer des changements rapides et irréversibles à la société éprouvée par le désastre », a été théorisée depuis longtemps aux États-Unis. Les économistes néolibéraux préconisaient des thérapies de choc. Les cadres des services de renseignement et les militaires appliquaient des méthodes de torture par électrochocs afin de rendre les suspects amnésiques et parfaitement manipulables. Les libertés étaient rognées au nom de la lutte contre le terrorisme. « Les partisans de la stratégie du choc, affirme Naomi Klein, croient fermement que seule une fracture radicale – une inondation, une guerre, un attentat terroriste – peut produire le genre de vastes pages blanches dont ils rêvent. C’est pendant les moments de grande malléabilité – ceux où nous sommes psychologiquement sans amarres et physiquement déplacés – que ces artistes du réel retroussent leurs manches et entreprennent de refaire le monde » (Philosophie Magazine).

Les récentes déclarations outrancières de Donald Trump concernant Gaza, le Canada ou le Mexique font partie d’une stratégie de communication bien ficelée. Théorisée par l’ancien président américain Richard Nixon, la « madman theory » (théorie du fou, en français) joue sur l’imprévisibilité et la folie de son utilisateur pour s’assurer un avantage dans les rapports de force (Ouest-France).

2) La riposte s'organise pour continuer à assurer un accès à ces données

La bibliothèque de la faculté de droit de Harvard collecte des documents gouvernementaux et les met à la disposition de ses usagers depuis des siècles, et poursuit ce travail. Le Harvard Law School Library Innovation Lab a créé un coffre-fort de données permettant de télécharger, de signer comme authentiques et de mettre à disposition des copies des données gouvernementales publiques les plus utiles aux chercheurs, aux universitaires, à la société civile et au grand public dans tous les domaines. Ils ont commencé à collecter des parties importantes des ensembles de données suivis par Data.gov, les référentiels fédéraux Github et PubMed. Une source coopérative a été mise en place pour archiver les données de Data.gov. La collecte des données avait commencé avant le début du 2e mandat de Trump. Elle atteint 311 000 jeux de données récoltés entre 2024 et 2025. Les archives Internet disposent également d'un utilitaire la Wayback Machine, qui permet de parcourir et de capturer immédiatement les pages Web afin qu'elles soient intégrées sur Internet Archive (une mémoire du web elle-même menacée).


Les scientifiques réagissent en proposant des sites miroirs. C'est le cas par exemple pour les données environnementales de l'EPA qui dispose d'un groupe appelé « Environmental Justice Screening and Mapping ». L'application EJScreen est très utile pour mettre en évidence les zones de recensement défavorisées et marginalisés à partir de différents indicateurs socio-environnementaux. Ce visualiseur n'étant plus accessible, une version 2 a été déposée sur GitHub. Elle peut être directement consultée à partir d'un site miroir.

EJScreen. Environmental Justice Screening and Mapping Tool (Version 2.3)



« Des décennies de recherche ont montré que les communautés défavorisées se situent à l’intersection de niveaux élevés d’exposition aux risques et de pauvreté. Les outils géospatiaux de justice environnementale (JE), tels que l’outil de dépistage de la justice climatique et économique (CEJST) développé par le Conseil de la Maison-Blanche sur la qualité de l’environnement, sont conçus pour intégrer différents types de données sanitaires, sociales, environnementales et économiques afin d’identifier les communautés défavorisées et d’aider aux décisions politiques et d’investissement qui s’attaquent aux problèmes omniprésents, persistants et largement non résolus associés aux disparités environnementales aux États-Unis » (Constructing Valid Geospatial Tools for Environmental Justice, 2024).

On peut également retrouver des ensembles de données et des outils archivés sur le climat et la justice environnementale sur le site web des Public Environmental Data Partners. D’autres groupes archivent les données du portail américain Data.gov et les rendent accessibles ailleurs. Certains chercheurs mettent également en ligne des jeux de données dans des dépôts publics consultables comme OSF, géré par le Center for Open Science. « Si vous craignez que certaines données encore disponibles ne disparaissent, consultez cette checklist des bibliothèques du MIT. Elle indique les étapes à suivre pour contribuer à la sauvegarde des données fédérales. Ce qui n’est pas clair, c’est de savoir jusqu’où l’administration Trump ira pour supprimer, bloquer ou dissimuler les données et la science du climat, et surtout dans quelle mesure elle y parviendra. Le juge d’un tribunal fédéral a d’ores et déjà estimé que la suppression par les Centers for Disease Control and Prevention de ressources de santé publique sur lesquelles s’appuient les médecins était préjudiciable et arbitraire. Ces ressources ont été remises en ligne grâce à cette décision » (The Conversation). Pour rappeler leur droit à la liberté d’expression et protester contre des licenciements massifs dans les parcs nationaux, des employés du Yosemite Park ont accroché le drapeau américain à l'envers en guise de protestation (Explorersweb). Le fait de renverser le drapeau américain est très symbolique et n'est utilisé qu'en cas de danger extrême (AmericanFlags).

« Les informations sur Internet semblent être là pour toujours, mais elles ne sont permanentes que dans la mesure où certaines personnes choisissent de les rendre permanentes. Lorsque les ressources internet sont modifiées ou mises hors ligne, la méfiance s’installe à l’égard du gouvernement et de la science ».  (The Conversation). Le maintien de l'accès aux données officielles constitue un enjeu majeur. Il ne peut y avoir d'étude scientifique sans disposer de jeux de données complets et pérennes. Ces suppressions de pages, parfois remises en ligne après avoir été expurgées de certains éléments, inquiètent de nombreux scientifiques. Passé le choc de la sidération, il s'organisent progressivement pour organiser la riposte. 

Une mobilisation s'organise pour défendre la science en tant que bien public et pilier du progrès social, politique et économique. Elle se structure autour du collectif Stand Up for Science 2025. Le mouvement défend trois objectifs : assurer et accroître le financement scientifique ; mettre fin à la censure et à l’ingérence politique dans la science ; défendre la diversité, l’équité, l’inclusion et l’accessibilité dans la science. En écho à la journée Stand-up for science initiée aux États-Unis, Stand up for Science France appelle à des actions de mobilisation (marches, rassemblements, colloques, présentations expérimentales, etc.) le 7 mars 2025, dans chaque ville universitaire de France.

Sources

« Les sites Web fédéraux américains suppriment les données sur les vaccins et les références LGBT » (BBC).

« Trump instaure son ministère de la vérité…». Le limogeage de Colleen Shogan, directrice des Archives nationales américaines, par Donald Trump ne relève pas d’un simple caprice. Il s’inscrit dans une dérive plus profonde, où le contrôle de l’histoire devient un outil de pouvoir, faisant écho au monde dystopique de «1984» de George Orwell (Le Soir).

« États-Unis. L’USAID pourrait passer de 10 000 à 290 employés ». Selon le New York Times, le gouvernement de Donald Trump veut réduire les effectifs de l’Agence des États-Unis pour le développement international à moins de 300 personnes, contre plus de 10 000 actuellement (Courrier international).

« Fin de l’USAID : conséquences internationales et multisectorielles » (IRIS)

« Le gel de l’aide des Etats-Unis met l’Afrique en danger : nos cartes pour comprendre » (Le Monde). L’Afrique est le premier continent concerné par la réduction massive du budget de l’Usaid. Six pays – Ethiopie, Soudan du Sud, Nigeria, Ouganda, Kenya et République démocratique du Congo (RDC) – figurent sur la liste des dix premiers pays récipiendaires des subsides américains. Pour chacun d’eux, l’aide des Etats-Unis constitue plus de la moitié de l’assistance étrangère perçue, contre 35 % en moyenne pour l’ensemble du continent, selon les derniers chiffres disponibles publiés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« La fin des programmes d’aide internationale des États-Unis (et leur baisse ailleurs) : une folle indifférence aux malheurs du monde » (The Conversation).

« Mon patron pleurait. La NSF fait face à des licenciements potentiellement massifs et à des coupes budgétaires ». Trump pourrait proposer de réduire le budget de l'agence de deux tiers (Science.org).

« Pourquoi les sociétés de prévision météorologique privées ne peuvent pas remplacer le service météorologique national ». La NOAA et le NWS fournissent des données météorologiques publiques que les entreprises privées ne peuvent pas recréer (American Scientific).

«  États-Unis : une censure conservatrice "sans précédent" prive les écoles de milliers de livres » (France 24).

« États-Unis : des preuves de l'assaut du Capitole ont disparu d'un site officiel du gouvernement  » (BFM-TV).

« Comment l’administration Trump censure les femmes et les minorités à l’université » (Mediapart).

« La liste des mots interdits par Trump qui pourraient faire signaler votre article à la NSF » (Gizmodo).

« DOGE a un accès en mode Dieu  aux données gouvernementales ». La commission spéciale du président dispose désormais d’une capacité sans précédent de consulter et de manipuler les informations de nombreuses agences fédérales (The Atlantic).

« Doge : la privatisation des services publics ». Le Doge ne vise pas tant à accroître l’efficacité gouvernementale, qu’à démanteler la fonction publique, en faisant des sous-traitants gouvernementaux les nouveaux décideurs politiques (Dans les algorithmes).

« Licenciements à la NOAA (National Oceanic Atmospheric Administration) : des centaines de météorologues et de prévisionnistes licenciés dans le cadre des dernières coupes budgétaires du DOGE » (NBC Chicago).

« DOGE a développé un outil d'IA sujet aux erreurs pour « détruire » les contrats des anciens combattants » (ProPublica).

« Connaissez-vous la "théorie du fou", utilisée par Trump pour instaurer un rapport de force ? » (Ouest-France).

« Contre la purge sans précédent des sites ordonnée par Trump, les archivistes du numérique à l’offensive ». Des décrets signés par le nouveau président des Etats-Unis ont entraîné la disparition de milliers de pages, liées notamment au changement climatique ou aux politiques d’égalité. Plusieurs initiatives coordonnées cherchent à les préserver (Le Monde). 

« Sauver les données scientifiques de la purge numérique de l’administration Trump ». Peu après l’assermentation de Donald Trump, des milliers de pages web du gouvernement fédéral américain ont disparu. Heureusement, des chercheurs canadiens et américains avaient déjà archivé numériquement une bonne partie de ces sites (Radio-Canada).

« Alors que l'administration Trump supprime les données en ligne, les scientifiques et les bibliothécaires numériques se précipitent pour les sauvegarder » (Salon.com).

« Des exemples de photos concernées par la purge » (Wikimedia). Pour avoir un aperçu du grand nettoyage ("Content Refresh") des bases de données publiques aux Etats-Unis, on peut prendre l'exemple de la DVIDS, immense bibliothèque numérique de l'armée américaine (plus de 6 millions de fichiers : articles, images, son, vidéos).

« Des héros de guerre et des premières militaires figurent parmi les 26 000 images signalées pour suppression dans le cadre de la purge DEI du Pentagone » (Associated Press).

« Comment retrouver les informations climatiques effacées par l’administration Trump » (The Conversation).

« Comment un important rapport du DOE cache toute la vérité sur le changement climatique » (Politico).

« La bibliothèque de droit de Harvard agit pour préserver les données gouvernementales dans un contexte de purges massives  ». Les universitaires et chercheurs de domaines tels que la santé publique, les études climatiques et la sociologie se sont retrouvés dans une situation difficile. Le New York Times a rapporté avoir découvert que plus de 8 000 pages Web gouvernementales avaient été supprimées à la suite de la transition présidentielle. L'Innovation Lab a réussi jusqu'à présent réussi à préserver 311 000 ensembles de données copiés entre 2024 et 2025, soit 16 téraoctets de données (Reuters).

« La résistance universitaire au trumpisme. Entretien avec Joan W. Scott » (Mouvements). L’historienne Joan W. Scott est professeure émérite à l’Institute for Advanced Study de Princeton, New Jersey. Mondialement célèbre pour avoir introduit l’idée d’une perspective de genre en histoire, autrice de travaux importants sur les usages politiques de la laïcité en France, elle est également une spécialiste reconnue de la question des libertés académiques. Quelques jours après la deuxième élection de Donald Trump en novembre 2024, Joan Scott a publié un article dans le Chronicle of Higher Education, une revue très lue par les universitaires aux Etats-Unis, intitulé “We will have to resist”, "Nous allons devoir résister".

« Résister à Trump avec un manuel de sabotage des années 1940, un étonnant retour  ». L’ouvrage gratuit qui caracole en tête des téléchargements actuellement est le “Simple Sabotage Field Manual”, écrit en 1944 par l'ancêtre de la CIA. Un succès qui n’étonne pas les historiens des services de renseignements à l'heure où une certaine résistance s'organise face aux premières actions de Donald Trump et d'Elon Musk. (France 24).

« Donald "se Trump" sur la science » (Le Monde). L’attaque anti-science du président américain pourrait accélérer le déclin des Etats-Unis, montre l’évolution de la production scientifique mondiale.

« L'obscurantisme est sans frontières » (Sciences Humaines). Dans une tribune à Sciences Humaines, le sociologue Bernard Lahire dénonce la « guerre contre la science » menée aux États-Unis, tout en rappelant que des mouvements similaires se développent en France.

« La destruction des données scientifiques aux États-Unis : un non-sens intellectuel, éthique mais aussi économique » (The Conversation). Dans un monde où l’information est devenue à la fois omniprésente et suspecte, la destruction délibérée de bases de données scientifiques évoque de sombres souvenirs historiques. Elle représente une menace sérieuse pour l’avenir de la connaissance partagée, le progrès scientifique global et, plus fondamentalement, la richesse des nations. L’Union européenne pourrait donc créer un véritable « sanctuaire numérique » pour les données scientifiques mondiales, garantissant leur préservation, leur accessibilité et leur utilisation éthique.

Liens ajoutés le 2 avril 2025

The Impact Project cartographie les effets directs et indirects des suppressions d'emplois par l'Administration Trump aux Etats-Unis theimpactproject.org/the-impact-m...

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 1 avril 2025 à 20:57

SCiMaP, une carte pour communiquer sur les coupes financières en recherche médicale via les NIH 
https://scienceimpacts.org/

Maps Mania a publié une liste de cartes gouvernementales interactives censurées et supprimées par l'Administration Trump. La carte interactive de l'indice des risques futurs de la FEMA a notamment été victime de cette purge. Cette carte de la FEMA a été conçue pour aider les collectivités des États-Unis à se préparer au changement climatique. Elle prévoyait les pertes économiques potentielles liées aux risques environnementaux. Cette carte, accessible gratuitement, permettait aux Américains d'explorer l'impact potentiel du changement climatique sur leurs quartiers. Des données que l'administration Trump a tenté de dissimuler au public. Le Guardian a utilisé des données « conservées par le cabinet de conseil Fulton Ring » pour recréer l'indice des risques futurs aux États-Unis. Tout comme l'indice original de la FEMA, cette carte permet d'explorer les pertes économiques probables liées aux risques environnementaux tels que les inondations côtières, les chaleurs extrêmes, les incendies de forêt, les ouragans et les sécheresses, à l'échelle des comtés.

Lien ajouté le 1er mai 2025

Fonds fédéraux octroyés pour la recherche par université Les mesures de Trump pour geler le financement fédéral des universités ont ciblé Harvard et Columbia De nb universités craignent que ces politiques ne menacent l'avenir des programmes de recherche et de devt www.nytimes.com/interactive/...

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 1 mai 2025 à 11:44

Lien ajouté le 29 mai 2025

« Mort, violences sexuelles et traite des êtres humains : les conséquences du retrait de l'aide américaine frappent les régions les plus fragiles du monde » (ProPublica). 

Pendant des décennies, les administrations américaines dirigées par les deux partis ont considéré la diplomatie humanitaire, ou « soft power », comme une mesure rentable pour stabiliser des régions instables mais stratégiquement importantes et pourvoir aux besoins fondamentaux de populations qui, autrement, pourraient se tourner vers des adversaires internationaux. Depuis son entrée en fonction, le président Donald Trump s'est engagé à rétablir la sécurité dans le monde. Parallèlement, son administration, en collaboration avec le Département de l'efficacité gouvernementale d'Elon Musk, a rapidement démantelé l'Agence américaine pour le développement international (USAID), annulant des milliers de programmes d'aide étrangère financés par l'État, jugés inutiles. Plus de 80 % des opérations de l'USAID ont été interrompues, ce qui a paralysé les efforts humanitaires vitaux dans le monde entier. Selon les experts, ces investissements contribuent à prévenir les conflits régionaux et les guerres qui pourraient impliquer les États-Unis. «Des documents du Département d’État montrent que, alors que l’administration Trump abandonne ses engagements humanitaires, les coupes budgétaires ont conduit à la violence et à l’instabilité tout en sapant les initiatives antiterroristes.

Lien ajouté le 8 juillet 2025

« La science est ancrée dans chaque ville, y compris la mienne et la vôtre » (Science Homecoming). L'objectif de cette carte est d'encourager les scientifiques à revenir dans leur ville natale et à écrire de courts articles d'opinion dans leur journal local, en faveur de l'investissement dans la science, notamment auprès des National Institutes of Health (NIH) et de la National Science Foundation (NSF).

Lien ajouté le 5 octobre 2025

« Les politiques de Trump remodèlent le rôle des terres fédérales, à contre-courant de l'opinion publique américaine
 » (Reuters Graphics).

Le Congrès américain a adopté des centaines de lois protégeant les terres publiques fédérales au cours du siècle dernier grâce à des efforts bipartites et avec le soutien des gouvernements locaux. Aujourd'hui, l'administration du président Donald Trump et certains élus républicains au Congrès prônent des politiques et des lois qui remettent en cause ces protections. Les projets d'ouverture de près de 23 millions d'hectares de forêts nationales à la construction routière et d'obligation de cession de baux pour le forage dans la réserve faunique nationale de l'Arctique en Alaska privilégient l'extraction d'énergie aux dépens de la conservation.

Lien ajouté le 6 octobre 2025

« Trump II : premier bilan. Détruire, dit-il… » par Corentin Sellin (Ramsès 2026, IFRI).
Déconstruire l’État fédéral, mener la guerre culturelle contre l’« État profond », affirmer la prééminence absolue du pouvoir présidentiel : Trump met en œuvre le programme annoncé, y compris dans ses incohérences économiques, avec un bilan ambigu. Mais une question demeure : la démocratie américaine peut-elle résister ?

Lien ajouté le 17 octobre 2025

« Trump a annulé 42 millions de livres d'aide alimentaire. Voici ce qui n'est jamais arrivé » (ProPublica). Données mises à dispoition sur Github.
ProPublica a obtenu des documents du ministère de l'Agriculture qui détaillent les millions de livres de nourriture, jusqu'au nombre d'œufs, qui n'ont jamais atteint les banques alimentaires en raison des coupes budgétaires de l'administration.

Lien ajouté le 26 octobre 2025

« Que se passerait-il si Trump ordonnait aux Gafam de cesser leurs services cloud à l’égard de nos gouvernements ? » (Le Monde).
Dans une tribune au « Monde », David Monniaux, directeur de recherche au CNRS souligne les dangers de la dépendance numérique européenne à l’égard des géants du Web, soumis à la législation américaine.

Lien ajouté le 8 janvier 2026

« Les États-Unis se retirent de 66 organisations internationales dont un traité de référence sur le climat et le Giec (Libération - AFP).
Donald Trump a signé mercredi 7 janvier 2026 un décret ordonnant le retrait de son pays de 66 organisations internationales qui «ne servent plus les intérêts américains», notamment climatiques ou en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Les États-Unis font sécession notamment du GIEC et de la CCNUCC, de l'IBPES, de l'UICN, d'ONU Océans, d'ONU Eau... (voir la liste sur le site de la Maison Blanche).

Lien ajouté le 21 janvier 2026

« La science américaine après un an d'administration Trump » (Nature.com).

La célèbre revue scientifique Nature propose une série de graphiques montrant comment l'administration Trump a cherché à imposer des coupes historiques dans les domaines de la science et de la recherche. Au cours de l'année 2025, plus de 7 800 subventions ont été annulées ou suspendues. Au total, les agences scientifiques fédérales ont perdu environ 20 % de leurs effectifs en 2025 par rapport à l'année précédente, après de modestes augmentations au cours des dernières années. Certains employés ont été licenciés lors des vagues de licenciements massifs du début de l'année 2025, mais la plupart ont démissionné volontairement grâce à un programme incitant les fonctionnaires fédéraux à quitter leurs fonctions. L’administration Trump a choqué la communauté scientifique lorsqu’elle a proposé de réduire de plus de 18 milliards de dollars, soit environ 40 % du budget total, des National Institutes of Health (NIH), qui sont le plus important financeur de la recherche biomédicale au monde. Dans son projet de budget pour l'exercice 2026, l' administration Trump a demandé des coupes historiques de 35 % dans les dépenses de recherche et développement non liées à la défense. L'administration Trump avait également demandé des coupes budgétaires importantes à la Fondation nationale pour la science (57 %) et à la Direction des missions scientifiques de la NASA (47 %). Dans les accords budgétaires définitifs qui devraient être adoptés par la Chambre des représentants et le Sénat, les parlementaires se sont entendus sur des réductions bien moindres.

Lien ajouté le 28 janvier 2026

« Le gouvernement américain a perdu plus de 10 000 docteurs en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) depuis l’entrée en fonction de Trump » (Science.org).

Une analyse de Science révèle le nombre de personnes qui ont été licenciées, ont pris leur retraite ou ont démissionné dans 14 agences  Quelque 10 109 experts titulaires d'un doctorat en sciences et domaines connexes ont quitté leur emploi l'an dernier, alors que le président Donald Trump réduisait drastiquement les effectifs de la fonction publique fédérale. Cet exode ne représentait que 3 % des 335 192 fonctionnaires fédéraux ayant quitté leurs fonctions en 2025, mais 14 % du nombre total de docteurs en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) ou dans le domaine de la santé employés fin 2024, au moment où le président Joe Biden s'apprêtait à quitter ses fonctions. Ces chiffres proviennent des données sur l'emploi publiées en début de mois par l'Office de gestion du personnel (OPM) de la Maison Blanche. Dans 14 agences de recherche analysées en détail par Science, les départs ont été 11 fois plus nombreux que les embauches l'an dernier, soit une perte nette de 4 224 docteurs en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM). Les graphiques montrent que l'impact est particulièrement marqué dans des agences comme la Fondation nationale pour la science (NSF), qui comptent un grand nombre de scientifiques. Cependant, à l'échelle du gouvernement, ces docteurs qui quittent leurs fonctions emportent avec eux une expertise précieuse et une connaissance approfondie du fonctionnement des agences.

Lien ajouté le 29 janvier 2026

 « Le retrait des Etats-Unis du régime climatique international risque d’entraîner des conséquences dévastatrices en matière de financement » (Le Monde).

Carola Kloeck (Sciences Po) et Kari De Pryck (Université de Genève) analysent les effets du retrait des USA du régime climatique international. Elles montrent comment cette décision fragilise la gouvernance climatique mondiale et surtout le financement des pays du Sud. Le 7 janvier 2026, les États-Unis se retirent de la CCNUCC et du GIEC. Ces deux institutions structurent depuis 1988-1992 la coopération climatique mondiale. Leur affaiblissement réduit la capacité collective à produire des normes, des expertises scientifiques et des compromis multilatéraux. L’absence américaine peut sembler paradoxalement libératrice ds les négociations. Les Etats-Unis jouaient souvent un rôle bloquant, par exemple en 2025 à l’Organisation maritime internationale contre une tarification carbone du transport maritime. Les COP peuvent donc fonctionner, mais de manière incomplète. L’enjeu majeur est financier. Jusqu’en 2024, les États-Unis assuraient environ 22% du budget de base de la CCNUCC et près de 8% des financements climatiques mondiaux, avec des montants atteignant 11 milliards de dollars sous l’administration Biden. La finance climatique repose sur une géographie des responsabilités. Les pays du Nord sont historiquement les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, tandis que les pays du Sud subissent davantage les impacts climatiques. L’objectif de 300 milliards de dollars par an reste déjà insuffisant. Sans financements américains, de nombreux projets deviennent incertains. En Afrique du Sud, la transition énergétique, dans un pays très dépendant du charbon, était partiellement soutenue par les États-Unis. L’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 est désormais fragilisé. Ce retrait affaiblit aussi la crédibilité politique des objectifs climatiques. Dans un contexte géopolitique instable, les États privilégient la sécurité et les dépenses militaires. La lutte contre le changement climatique recule dans les priorités, au Nord comme au Sud. Cette défection ne stoppe pas la transition écologique, mais la ralentit fortement. Alors que le seuil de 1,5°C est déjà hors d’atteinte, les territoires et populations les plus vulnérables restent les plus exposés aux effets cumulatifs du réchauffement.

Lien ajouté le 31 janvier 2026

« L’ONU fait face à un risque d’effondrement financier imminent, alerte son patron  » (Le Monde).

Selon Antonio Guterres, l’organisation souffre des impayés de cotisations de plusieurs Etats membres. Elle se retrouve contrainte de supprimer de nombreux postes et de suspendre certaines de ses missions. Hostiles au multilatéralisme défendu par les Nations unies, les Etats-Unis, notamment, ont ces derniers mois refusé d’honorer ou retardé certains paiements obligatoires et réduit leurs financements à certaines agences onusiennes. Au début du mois de janvier 2026, Donald Trump a ordonné le retrait du pays de 66 organisations internationales « qui ne servent plus les intérêts américains », parmi lesquelles 31 liées à l’ONU. Le président américain a par ailleurs lancé un Conseil de paix, destiné au départ à la mise en œuvre de son plan pour Gaza mais qui vise en réalité, selon ses détracteurs, à devenir une organisation rivale de l’ONU.

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