La géomatique, ça sert aussi à faire des cartes 3D en légo

Qui a dit que le numérique avait mis au placard les bons vieux outils d'autrefois pour aider les élèves à se construire une représentation de l'espace en 3D ? 

C'est le défi relevé par Yann SLOSTOWSKI (pari réussi !) qui propose une méthode complète pour élaborer une carte topographique de la France réalisée en Lego. Cette cartographie créative a valu à son auteur le 1er prix au concours CartoCrea lors de la Conférence francophone ESRI SIG 2017.


La méthode décrite pas à pas sur Oui are makers (le nom du site donne le ton) montre qu'il n'y a pas de contradiction entre la cartographie numérique et la cartographie traditionnelle papier-crayon, puisque dans les deux cas est mobilisée la méthode classique et éprouvée du carroyage. A ceci près tout de même que l'on peut difficilement se passer des outils numériques aujourd'hui si l'on veut travailler rapidement et efficacement. 

L'objectif est de produire une vraie maquette 3D bien palpable. Mais pour réaliser le carroyage, rien de tel qu'un SIG pour fixer la taille de la maille, superposer les données altimétriques (issues de la BDAlti mises à disposition par l'IGN), calculer l'altitude moyenne et choisir la symbologie. Si l'on est quelque peu allergique à la géomatique, il vous reste une autre solution, celle d'utiliser l'application Lego Digital Designer (LDD) qui est une solution de Conception Assistée par Ordinateur (CAO) assez standard pour les projets Lego moyennement complexes.

SIG ou CAO : il devient difficile de se passer complètement des technologies numériques aujourd'hui. L'auteur est même prêt à donner quelques conseils si vous n'arrivez pas à vous en sortir. Une suggestion tout de même : une fois la carte conçue, il serait intéressant d'avoir des retours du côté élèves dans la construction - déconstruction de cette maquette 3D. L'auteur indique en légende le nombre précis de briques légo et la couleur correspondante à chaque zone d'altitude. C'est bien vers la notion de courbes de niveau que l'on est censé aller progressivement, une notion abstraite difficile à acquérir par de jeunes élèves qui doivent passer de la "vision du dedans" en 3D à la "vision du dessus", celle de la carte en 2D. Avis aux enseignants expérimentateurs qui s'intéressent à la construction et à la structuration de l'espace chez l'enfant...


Sur les questions de représentations cartographiques et de construction de l'espace, on ne peut que recommander un très précieux ouvrage paru il y déjà une 20e d'années : MOTTET, G., dir. (1997). Image et construction de l’espace, apprendre la carte à l’école. Paris, INRP.

Sur le passage de la vue 2D à la vue 3D de la surface terrestre, voici une application qui ouvre des perspectives intéressantes sur le plan pédagogique : Map to Globe est un globe en 3D sur lequel il est possible de draper vos propres cartes en deux dimensions. L'application en ligne offre un grand choix de projections, permet de travailler sur l'alternance jour/nuit, de dessiner également en surcouche des éléments apparaissant directement sur le globe en 3D. Preuve que les globes 3D sont à la mode, voici une autre application en ligne de globe géologique virtuel : The Lithological Map Viewer.

Et pour les adeptes de la cartographie classique, il vous reste toujours la possibilité de contempler les magnifiques globes anciens de Coronelli sur le site de la BNF.


Liens ajoutés le 25 octobre 2019

Une méthode pour réaliser des cartes en légo avec QGIS et Studio.io à partir des données de l'Ordnance Survey. La méthode est applicable à partir d'autres bases de données cartographiques.
http://www.ordnancesurvey.co.uk/blog/2019/10/lego-cartography/

How to create Lego Map Style in QGIS


Liens ajoutés le 29 novembre 2020
Liens ajoutés le 5 avril 2021
Lien ajouté le 23 avril 2021
Lien ajouté le 31 mai 2021
Lien ajouté le 22 juin 2021
Lien ajoutés le 6 août 2021

Lien ajouté le 11 septembre 2021
Lien ajouté le 7 novembre 2022
Lien ajouté le 18 novembre 2024
Lien ajouté le 3 novembre 2025

#30DayMapChallenge Day 1: Point 🍑✨ This was one of my early explorations in #LEGO mapping, back in Spring 2024. Now I turned this design into a 3D model using round tiles (flat points), creating this "flat" 3D map of #Georgia. View more: cartoguophy.com/maps/lego_ge...

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— Atlas Guo (@cartoguophy.bsky.social) 3 novembre 2025 à 08:05
Lien ajouté le 23 novembre 2025

De briques et de blocs On vous explique le processus de fabrication de la carte de la Corse en relief. #30DayMapChallenge – J23 Process Retrouvez l'ensemble des créations des collègues : www.ign.fr/mag/30DayMap... ✍️ Maureen Chatel

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— Frédéric Cantat (@canfre.bsky.social) 23 novembre 2025 à 12:55
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Strava et les enjeux des Big data

Si vous êtes abonnés à des réseaux sociaux, l'information ne vous a peut-être pas échappé...

L'entreprise Strava est au coeur d'une vaste controverse concernant la publication massive de données géolocalisées, en l'occurrence des parcours GPS (plus d'un milliard de traces) enregistrés par les sportifs du monde entier qui utilisent ce site. L’application Strava permet en effet de partager sur un réseau social les parcours avec les performances associées (vitesse, allure, distance...). Pour chaque segment de parcours, il est possible de comparer ses performances par rapport aux autres utilisateurs, ce qui en fait un site très apprécié par les sportifs, notamment les militaires. Collectées et analysées par de puissants algorithmes, ces données nettoyées sont mises en ligne chaque année par l’entreprise Strava sous la forme de cartes de chaleur (Heat maps) interrogeables par activité (Activity Type) :


Les cartes produites permettent d’identifier les parcours les plus utilisés (plus la trace est blanche, plus elle est utilisée), de nouveaux chemins peu usités ou peu connus, des parcours dans des zones non habitées ou non occupées... sauf peut-être par des bases militaires. Plusieurs sites militaires apparaissent dans des pays où l'activité enregistrée par Strava est quasi nulle. Cela concerne surtout des bases militaires américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie. En Syrie par exemple, on peut apercevoir près d'un barrage des trajets qui dessinent une possible base militaire américaine, là où les images satellites ne montrent que des champs. La France n'est pas en reste. Au Mali, où elle est engagée depuis 2014 pour l'opération Barkhane, plusieurs sites montrent une activité intense au milieu du désert, comme le poste avancé de l'armée française à Tessalit, au nord du pays :


Comme l'a révélé sur Twitter Nathan Ruser, un étudiant australien qui s'intéresse à la sécurité internationale et au Moyen-Orient, la géolocalisation de Strava qui montre les « points chauds » d'utilisation, permet de tracer des parcours de footing autour de bases militaires, les soldats étant très friands de l'application. Ce problème de géolocalisation et d’utilisation des réseaux sociaux est pris au sérieux par le Ministère français des armées. En 2012, un code de bonne conduite pour les réseaux sociaux a été diffusé à l’attention des militaires et des personnels civils de la défense, ainsi qu’à leurs familles. Concernant la géolocalisation, l’armée demande la désactivation du smartphone lors d’un déploiement en opération. Mais il semble que les militaires l'activent encore souvent lors de leur jogging hors opération. L'entreprise Strava a rapidement réagi par un communiqué où elle s'engage à "travailler conjointement avec l’armée et les membres du gouvernement pour dresser une liste des données potentiellement sensibles" et à "une simplification de gestion des paramètres de confidentialité et de sécurité pour que les membres Strava puissent y avoir recours encore plus facilement. » (Lettre à la communauté des utilisateurs de Strava, 29 janvier 2018).

D'autres usages peuvent cependant être faits de cette énorme base de données cartographiques. Cela ouvre des possibilités intéressantes pour repérer les hauts-lieux sportifs (hotspots), pour mieux comprendre la fréquentation de certains parcs naturels ou de certains espaces d'accueil. Les zones délaissées où presque aucun utilisateur n'est connecté à Strava révèlent également les "trous noirs" d'Internet, comme par exemple ici la Corée du Nord par rapport à la Corée du Sud :


La galerie de hotspots sélectionnés par le site Strava permet de découvrir les nouveaux terrains de jeu des sportifs qui ne concernent plus seulement la terre, mais aussi la mer avec des courses de natation ou des championnats de kitesurf. Il est même possible d'approfondir l'analyse en comparant les pratiques sportives sur un même lieu :

Comparaison entre les pratiques des VTTistes (à gauche) et les pratiques des skieurs (à droite) à Whistler en Colombie-Britannique 

Comparaison entre les pratiques des cyclistes (à gauche) et les pratiques des coureurs (à droite) à la Réunion

 La presqu'île de Quiberon avec son célèbre triathlon dont une partie se déroule en mer et l'autre à terre.

Les cartes sont accessibles sur le site de Strava et incorporables directement dans QGis sous forme de service WMS. Avec la multiplication des objets connectés, on peut s'attendre à d'autres fuites involontaires d'informations sensibles, notamment au travers des outils de Data vizualisation. Le cas de Strava est néanmoins intéressant par son ampleur et par l'importance des questions liées à la géolocalisation et à la masse d'informations géospatiales mises à disposition. Il permet de dégager quelques enjeux des Big data sur le plan individuel et collectif :

Un enjeu ethique. Conçu comme un véritable comparateur d'efforts, Strava permet d'évaluer en continu ses performances et de se mesurer à celles des autres : c'est la course aux "KOM" (traduisez "King of Montain") qui sont les meilleurs temps enregistrés par segment et qui vous donnent en quelque sorte le maillot jaune. Cela interroge les comportements que Strava et d'autres sites similaires sont en train d'imprimer, dans un rapport à soi et aux autres qui semble en partie remodelé par les outils de géolocalisation (un enjeu donc également identitaire). Le risque est de rendre le sportif accro au point de vouloir repousser sans cesse ses limites... quitte parfois à piller les données de ses adversaires ou à contourner l'esprit sportif par la triche (voir parmi les liens ci-dessous).

Un enjeu sécuritaire. En surlignant les trajets parcourus par ses utilisateurs, l’application Strava a involontairement révélé l’emplacement de certaines bases militaires censées rester ignorées du grand public. Il ne s'agit pas forcément de sites secrets, mais l’activité de Strava a « pour effet de détourer des bâtiments qui s’avèrent être des bases militaires ou d’autres sites sensibles, pas nécessairement référencés avec cette précision jusqu’à présent » comme le pointe Olivier Desbiey, chargé des études prospectives à la Commission nationale de l’informatique et des libertés. On peut affirmer plus généralement que la sécurité des données personnelles est remise en cause. Quel peut être le degré de confidentialité lorsque l'on dépose des données personnelles sur des réseaux sociaux qui pourront à leur tour les réutiliser à d'autres fins ? La question ne se pose pas seulement pour Strava, mais pour tous les réseaux sociaux (Facebook, Whatsapp, Instagram, Twitter, Google+...), a fortiori lorsque ceux-ci ont tendance à s'intéresser à la géolocalisation de leurs utilisateurs (voir par exemple les utilisateurs tracés dans Citymapper suite à une faille de sécurité ou encore les données de géolocalisation enregistrées par Google Timeline). Tel est pris par le GPS activé de son téléphone celui qui croyait prendre les traces des autres utilisateurs : on est surveillé en même temps qu'on surveille les autres. A ce jeu du chat et de la souris où les rôles peuvent s'inverser, certaines organisations criminelles commencent à s'adapter en organisant un brouillage GPS pour ne pas être repérées.

Un enjeu informationnel. Si la géolocalisation a servi initialement les intérêts de l’armée (le système GPS est resté volontairement dégradé par l'armée américaine jusqu'au début des années 2000), cette technologie a largement été ouverte au grand public. L'information spatiale géolocalisée est devenue une information sensible, qui peut affecter aussi bien la vie privée d'un individu que la sécurité d'une nation. En diffusant des masses d'informations géolocalisées jusque-là souvent gardées jalousement par les Etats ou par les grandes sociétés, les réseaux sociaux donnent à voir le monde tel qu'il est, son fonctionnement, sa face parfois cachée. En cela ces cartes peuvent constituer des instruments de pouvoir et de contre-pouvoir.

Un enjeu stratégique. Pour les gestionnaires, les associations, les entreprises, c'est l'occasion d'avoir un retour des usagers qui donnent à voir leurs pratiques, leurs goûts, leurs préférences (voir par exemple la cartographie du running à Paris en 2016). Autant dire un formidable outil stratégique pour augmenter son audience ou son impact et nombre de sociétés spécialisées ont bien compris les enjeux économiques de la géolocalisation. Soixante-seize villes et régions dans le monde utilisent les données de Strava métro pour évaluer et définir leur politique de transport. Ces bases de données géolocalisées peuvent servir également comme outils d'aide à la décision, pour optimiser la gestion des infrastructures existantes, faire des choix d'aménagement, mieux répondre en somme à nos besoins collectifs... quand bien même l'individu géolocalisé de plein gré ou à son insu n'a souvent rien demandé ! Le Conseil d'Etat a de ce point de vue rappelé le 15 décembre 2017 l'interdiction de contrôler le temps de travail des salariés par la géolocalisation.

http://www.geluck.com/actu-geluck-285.html
Philippe Geluck ®


 Paris, Rues Sportives
Cartographie du running à Paris en 2016, via les données de Running Heroes.


 Carte des traces des coureurs à Sydney sur le site Flowing Data

Liens à consulter
  • Cartes accessibles en géovisualisation sur le site de Strava et incorporables directement dans QGis sous forme de service WMS.
  • Strava : les bracelets connectés révèlent des données militaires confidentielles. Article du 29 janvier 2018 consultable sur Le magazine Cloud et Big data.
  • L'usage détourné des big data de Strava met en danger les militaires. Article du 1er février 2018 consultable sur Le Monde informatique.
  • Quand le big data provoque une big cata. Article à lire sur le blog @Korben 
  • Strava : ce que préconise l’armée française sur la géolocalisation. Consultable sur le site Numerama. A compléter par un 2e article concernant la désactivation du partage de données dans l'application Strava, une nouvelle option mise en place en février 2018.
  • Le jeu du chat ou de la souris ou le brouillage au sein des groupes criminels. Consultable sur le Journal du Net (octobre 2015).
  • Big Data, Big Problems: How Strava's Heat Map Uncovers Military Bases. Vidéo à consulter sur Wral.com.
  • En quoi les Big Data sont-elles personnelles ? Consultable sur le site InternetActu.net
  • Strava, le réseau social qui rend les cyclistes accros. Consultable sur le blog Social Cycling.
  • How to spot a Stravasshole. Vidéo humoristique sur Youtube montrant le comportement des cyclistes avant et après Strava.
  • Ce que les big data peuvent apprendre aux sportifs de haut niveau. Consultable sur le site de Sciences & Avenir.
  • Cartographie du running à Paris en 2016, via les données de Running Heroes. Consultable sur le site Paris rues sportives.
  • Where People Run in Major Cities. Cartes des traces des coureurs dans les grandes métropoles sur Flowing Data.
  • Les données des sportifs : utiles aux gestionnaires d'espaces naturels ? Consultable sur le site Pôle Lagune Méditerranée.
  • City planners tap into wealth of cycling data from Strava tracking app. Consultable sur le site du journal The Guardian
  • Galerie de hotspots (haut-lieux de pratiques sportives) sélectionnés par le site Strava.

Lien ajouté le 8 avril 2019

Un nouveau scandale de type Strava concerne l'application de fitness Polar qui révèle l'emplacement de sites sensibles : http://www.01net.com/actualites/une-appli-sportive-revele-de-nouveau-les-secrets-sur-des-bases-militaires-1486305.html

Liens ajoutés le 1er mai 2019

Le GPS drawing est à la mode. Il consiste à dessiner une forme volontaire sur son GPS à partir d'un parcours sportif prévu pour reproduire une figure. Ce challenge a été popularisé grâce à l'application Strava, qui permet d'enregistrer ses performances sportives et de tracer son parcours. C'est un usage nouveau de la célèbre application Strava, où l'utilisateur cherche à déposer des traces qui sont volontaires et non plus subreptices.  Lire l'article du Huffinghton Post du 22 février 2019 : Ce coureur a marché 34 km pour dessiner la France à Paris


Un article pour approfondir la réflexion sur la représentation de ces traces géolocalisées et les (nouvelles) formes de spatialités auxquelles elles renvoient :
Xavier Bernier, Olivier Lazzarotti et Jacques Lévy, « Point à la ligne ! Quand le Petit Poucet apprend à dessiner… », EspacesTemps.net, 1er mai 2019.
http://www.espacestemps.net/articles/point-a-la-ligne/
Erreur de navigation en votre (dé)faveur. Qui métrise quoi ?. De l'utilisation des GPS dans les mobilités

Lien ajouté le 20 septembre 2019
Lien ajouté le 24 septembre 2020

Strava Metro devient gratuit : le plus vaste jeu de données sur la mobilité active est désormais en libre-service et se décline dans les villes et régions. La Ville de Paris, l’Institut Paris Région et l’Agence d’Urbanisme de l’Aire Métropolitaine Lyonnaise ainsi que d’autres organisations à travers le monde, comme la Mairie de Barcelone sont aujourd’hui en contact avec Strava Metro afin d’étudier les différentes possibilités d’exploitation des données sur des problématiques de transport. http://blog.strava.com/fr/press/metro/

Lien ajouté le 11 décembre 2020

Lien ajouté le 22 février 2023
Lien ajouté le 4 mars 2023

Comment les données de Strava font apparaître en creux les processus de ségrégation et de gentrification urbaine :
Lien ajouté le 22 mars 2023
Lien ajouté le 12 juillet 2023
Article ajouté le 25 mars 2024
Lien ajouté le 7 avril 2024
Lien ajouté le 28 octobre 2024
Lien ajouté le 22 novembre 2024
Lien ajouté le 23 novembre 2024

« Comment Strava utilise les données collectées de ces utilisateurs ? »

"Il ne suffit pas de cacher la géolocalisation des utilisateurs ou de « flouter » certains détails ; Strava devrait s’engager à cesser de monétiser les données personnelles produites par ses utilisateurs. La vente de données biométriques ou de géolocalisation expose les utilisateurs à des risques de surveillance et de manipulation qui vont bien au-delà de ce qu’ils pourraient imaginer en téléchargeant une application de fitness. À mon avis, la sécurité et la vie privée de chaque individu doivent primer sur les bénéfices financiers".

Lien ajouté le 5 mars 2025

« TrackingFiles : comment la vie privée de militaires, de diplomates et du personnel politique français est exposée par les données de géolocalisation » (France-Info). Avec "L'Œil du 20 heures", Franceinfo.fr  a enquêté sur des données de géolocalisation de millions de téléphones en France, permettant d'identifier la vie privée de salariés de l'armée, de la DGSE, de lieux de pouvoir ou d'autres sites sensibles.

Lien ajouté le 23 juin 2025

« Les réseaux sociaux et les applications de cartographie sont responsables d'une augmentation record des interventions de secours en montagne » (The Guardian). Le nombre de jeunes de 18 à 24 ans ayant besoin d'aide en Angleterre et au Pays de Galles a doublé en cinq ans, les services recevant des appels chaque jour en 2024. Mountain Rescue attribue cette augmentation à la popularité croissante des lieux « pot de miel » – des sites de beauté et des lieux photogéniques populaires sur TikTok et Instagram – ainsi qu’au fait que les jeunes s’appuient moins sur des cartes papier et davantage sur des applications qui manquent de détails ou ne fonctionnent pas hors ligne.

Lien ajouté le 20 octobre 2025

« Les dérives du trail, loin des promesses de sport nature » (Reporterre)
Dopé par les réseaux sociaux et l’attrait du dépassement de soi, le trail est devenu un sport de masse. Mais derrière son image de communion avec la nature se cache un tourisme sportif délétère pour la planète. Les réseaux sociaux, d’Instagram à l’application sportive Strava, jouent un rôle central dans le développement de la discipline comme dans l’envie de destinations lointaines des amateurs de course.

Lien ajouté le 26 octobre 2025

« Strava poursuit Garmin pour violation présumée de brevet » (The Verge).

Strava poursuit en justice son partenaire de longue date Garmin et souhaite l'empêcher de vendre la plupart de ses appareils de fitness et de cyclisme actuels. La plainte déposée devant le tribunal de district du Colorado le 30 septembre 2025, initialement rapportée par DC Rainmaker, allègue que Garmin a violé un accord entre les deux entreprises en violant les brevets de Strava relatifs aux segments (sections d'itinéraires où les athlètes peuvent comparer leurs temps de performance) et aux cartes thermiques (heatmaps) indiquant les zones d'activité les plus prisées. Ce procès est surprenant, sachant que ces deux marques figurent parmi les plus reconnues dans le domaine des technologies de fitness et partagent de nombreuses intégrations entre leurs plateformes respectives. Le brevet pour la fonctionnalité de segments Strava a été déposé en 2011 et accordé en 2015. Il décrit un système permettant aux athlètes de comparer leurs performances sur des itinéraires définis par l'utilisateur. Garmin a lancé le compteur de vélo Edge 1000 en 2014, équipé de son propre système de segments Garmin Connect. L'entreprise a ensuite signé un accord-cadre de coopération (MCA) avec Strava en 2015 pour intégrer Strava Live Segments aux appareils Garmin. A travers ce contentieux, se joue une bataille pour le contrôle des données des sportifs.

Lien ajouté le 3 novembre 2025

« Analyse des données issues de 10 000 incidents Garmin inReach® SOS » (Garmin.com)

Garmin a publié une analyse détaillée basée sur les données de 10 000 incidents SOS recensés dans le monde entre 2011 et 2021. La carte de répartition géographique des incidents SOS ne représente pas les lieux les plus dangereux du monde. Elle illustre simplement la concentration d'utilisateurs de la technologie Garmin inReach qui ont activé une alerte. Une densité élevée reflète une forte utilisation dans cette zone. Les principales catégories d'incidents sont les blessures et les problèmes médicaux, les activités les plus fréquentes étant la randonnée/le trekking et les incidents routiers (hors couverture cellulaire).

Liens ajoutés le 2 décembre 2025

« Des cartes sur l'utilisation des vélos électriques » (Strava)
La nouvelle IA de Strava analyse les activités téléchargées pour détecter les vélos électriques et autres véhicules dans les classements. Le modèle d'apprentissage automatique prend en compte 57 facteurs afin de garantir une compétition équitable. La carte mondiale fait apparaître le vélo électrique comme un phénomène réservé plutôt aux pays développés et aux usagers urbains.

« Strava va couper court à toute tricherie à vélo électrique » (Frandroid)
Strava déploie une mise à jour de son application mobile, centrée sur la refonte de son outil de création d’itinéraires. La plateforme se veut aussi plus intuitive, plus riche en données et est désormais capable de détecter automatiquement les sorties en vélo électrique pour lutter contre les cas de tricherie. L’outil de création d’itinéraires bénéficie désormais d’une refonte partielle, avec une interface plus claire, plus fluide et surtout plus précise. Certains petits malins pouvaient jusqu’ici s’amuser à intégrer leurs sorties en VAE dans des segments réservés aux cyclistes traditionnels ou aux courses à pied, faussant ainsi les classements. Désormais, Strava identifie automatiquement les sorties réalisées en électrique, qui seront cantonnées aux classements des vélos électriques. Une évolution qui paraît logique, et qui met fin à une pratique qui était quelque peu déloyale.  

Lien ajouté le 10 décembre 2025

« Espions, policiers ou militaires d’élite français trahis par les données publicitaires de leurs smartphones » (Le Monde).
Espions de la DGSE, protection de Macron, militaires de bases nucléaires, cadres de l'armement... En exposant leurs déplacements et habitudes ainsi que ceux de leurs proches, les données publicitaires géolocalisées posent un problème de sécurité nationale.

Lien ajouté le 20 mars 2026

« StravaLeaks : le porte-avions Charles-de-Gaulle localisé en temps réel par Le Monde grâce à l’application de sport » (Le Monde).
Alors que le groupe aéronaval français se rapproche de l’Iran, « Le Monde » a identifié un militaire français utilisant l’application sportive au milieu de la Méditerranée. Une faille de sécurité qui n’a pas été corrigée malgré nos précédentes révélations.

 
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Big data et choix d'aménagement urbain pour les piétons et les cyclistes

Quels apports du Géoweb et de la géolocalisation pour représenter les mobilités touristiques ?

 

Le site Marine Traffic permet de visualiser la densité des routes maritimes


On ne présente plus Marine Traffic, le célèbre site qui fournit gratuitement et en temps réel des informations sur l'emplacement et le déplacement des navires dans le monde entier. Grâce à leur système de balises AIS (voir l'article d'Hervé Théry dans M@ppemonde), les navires donnent en permanence leur position, leur vitesse, leur origine et leur destination.

Le projet universitaire Marine Traffic, qui a pour but la collecte et la diffusion de ces données en vue de leur exploitation dans divers domaines, s'est doté d'un service d'analyse en intelligence artificielle pour exploiter tout ce Big data. L'agrégation de milliards de points de données à partir de 2017 et la refactorisation des données de l'année 2016 réinterrogées avec de nouveaux algorithmes ont permis d'établir de nouvelles cartes de densités des routes maritimes, très intéressantes pour mesurer tout à la fois l'importance et l'évolution du trafic. Ce nouveau format de carte de densité créée à partir des trajectoires des navires au lieu de leurs positions permet le suivi des navires même dans les endroits les plus difficiles, où la couverture AIS n'est pas aussi précise. A terme, il est prévu de dégager plus d'informations à partir des données brutes AIS notamment pour savoir, quand un navire s'arrête, s'il est immobilisé à un terminal offshore ou s'il est en train de charger ou décharger des marchandises dans un port.


Si vous ne voulez plus seulement vous contenter de regarder passer les navires (vu leur gigantisme, il n'est pas non plus interdit de rêver sur leur forme et leur taille !), alors suivez le guide : une fois sur la page d'accueil du site Marine Traffic, cliquer dans la barre menu à gauche sur l'icone "Density Maps" qui fait apparaître la boîte de dialogue suivante :


Choisir l'année de référence (2016 ou 2017), le type (porte-conteneurs, cargos, pétroliers, méthaniers...) ou la taille des navires (de moins de 500 à plus de 60 000 tonnes). Sinon par défaut cliquer sur "All traffic". La carte fait apparaître la densité des routes selon un dégradé de couleurs allant du bleu-vert (pour les moins denses) au ocre-orangé (pour les plus denses). Outre le caractère discutable de ce dégradé de couleurs qui renvoie à une hiérarchie de flux bien spécifique, ce type de carte n'échappe pas complètement à "l'effet spaghetti" dénoncé par Françoise Bahoken dans sa thèse : au delà d'un trop grand nombre de lieux de départ et d'arrivée, les flux sont peu lisibles. Noter cependant que les algorithmes utilisés parviennent en partie à agréger les flux et à réduire cette complexité graphique. En jouant sur le mode "on/off", il est possible également de faire apparaître en filigrane le trafic en temps réel des navires sillonnant ces routes au moment même où l'on est en train de consulter le site. Utiliser le curseur pour régler l'opacité ou, si vous avez coché les deux dates 2016 et 2017, pour voir les évolutions d'une année à l'autre.

Exemple de l'océan Indien : concentration des flux maritimes de la Mer rouge et du golfe arabo-persique à l'Inde (route nord) ainsi que de l'Afrique du Sud à l'Asie du Sud-Est (route sud). Les deux routes aboutissent au détroit de Malacca, sorte de goulot d'étranglement du trafic maritime :


Exemple de l'océan Pacifique : forte dissymétrie entre le Pacifique Nord et le Pacifique Sud avec concentration du trafic sur la façade de l'Asie (entre le Japon, la Chine et l'Asie du Sud-Est) :


Exemple de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique : une nouvelle "Méditerranée" de plus en plus saturée par les flux maritimes :


Exemple de l'Atlantique Nord et de la voie arctique : à comparer de "l'autoroute maritime" que constituent la Manche et la Mer du Nord, les passages par l'Arctique, qu'il s'agisse du passage Nord-Ouest par le Canada ou du passage Nord-Est par la Russie, semblent encore relativement peu empruntés. Noter cependant le grand nombre de traits bleus qui laissent penser qu'il n'y a pas encore de route bien établie dans le Grand Nord.


Zoom sur le détroit de Malacca entre la Malaisie et l'Indonésie : plus de 80 000 passages de navires par an, l'une des zones de trafic les plus denses au monde, à la jonction du triangle de l'océan indien et de la route de l'Asie-Pacifique  :



Par comparaison voici à quoi ressemblaient les flux de trafic maritime entre 1750 et 1850, tel qu'ils ont pu être reconstitués à partir des livres de bord des navires (source : CLIWOC). Il est possible d'accéder aux données par année et par navire. Si l'on croise cette carte avec celle du trafic actuel (Marine Traffic), il est possible de conduire des comparaisons intéressantes. Au milieu du XIXe siècle, le trafic se concentre essentiellement dans l'océan Atlantique et dans l'océan Indien. Avant l'ouverture du canal de Suez, la route de l'Orient passe par le sud-ouest de l'océan Indien. A partir du XXe siècle, on assiste à un basculement au profit du nord de l'océan Indien et les flux s'étendent jusqu'au Pacifique, particulièrement sur la façade orientale de l'Asie.


Le trafic maritime entre 1750 et 1850 (source : CLIWOC)



Grâce aux livrets de bord des navires, les routes maritimes ainsi que les saisons de navigation ont pu être reconstituées année par année entre 1750 et 1850. Voici l'animation cartographique proposée sur le site Sapping Attention.

Animation cartographique reconstituant les flottes par pays, les routes et les saisons
de navigation entre 1750 et 1850




Ces journaux de bord tenus par les marins depuis le XVe siècle présentent également un intérêt majeur pour étudier le changement climatique ; ils fournissent une signature du climat avant les changements majeurs induits par l'homme. La gravité des tempêtes, les changements relatifs à la direction du vent ou aux régimes pluviométriques figurent parmi les données intéressantes à observer avant même le XIXe siècle. Les modèles climatiques et les enregistrements anciens peuvent être combinés avec d'autres sources de données sur terre de manière à fournir des outils plus précis pour évaluer comment le climat a changé au cours des dernières périodes (voir des pistes sur le site Geography Realm).

Des planisphères montrant les routes maritimes sillonnées par les flottes anglaises, espagnoles et hollandaises au cours du XVIIIe siècle sont téléchargeables sur le site Spatial Analysis. Pour le XIXe siècle, on peut comparer en utilisant cette très belle carte de 1863 montrant les liaisons maritimes par bateaux à vapeur.

En complément, une carte des liaisons maritimes et des câbles dans l'océan Atlantique en 1905. Une autre carte sur les routes commerciales maritimes dans le Pacifique en 1938-39 à la veille de la 2e Guerre mondiale.

Avec la diminution progressive de la banquise, la navigation devient possible en Arctique durant une saison de plus en plus longue (voir carte montrant la rétraction de la banquise l'été sur la période 1970-2100). Dans le cadre du projet Panarcticoptions.org, des scientifiques ont cartographié les routes des navires à partir de leur balises AIS et en utilisant les images de la NASA qui montrent l'extension des glaces entre 2010 et 2016. La vidéo restitue sous forme d'animation le trafic intense des navires le long des passages du Nord-Ouest et du Nord-Est (vus ici depuis le détroit de Béring). Cette carte animée fait l'objet d'une analyse sur le site du master GéoNum.
 
Le logiciel QGIS comporte un module Trajectools qui permet de transformer une série de points avec leurs coordonnées géographiques en routes maritimes avec des indications de trajectoires journalières.

Le site European Marine Traffic rassemble les données cumulées du trafic maritime en 2017 et permet de visualiser la densité du trafic maritime européen. La carte indique les zones où le trafic maritime est le plus dense et les voies de navigation les plus utilisées par les navires. La Manche est la voie maritime la plus fréquentée au monde, avec plus de 500 navires la traversant chaque jour :



Carte du trafic maritime mondial en 2017 (plateforme Arcgis) :
http://arcg.is/15Tj5f



Le site Vessel Traffic est assez équivalent à celui de Marine Traffic. Les deux sont disponibles en version nomade sur Google Play et Apple Store. Bien que gratuit, Vessel Traffic semble cependant moins détaillé : http://www.vesselfinder.com/fr


Commerce mondial : les nouvelles routes maritimes (IFRI)
L’évolution des flux de transport mais aussi des considérations stratégiques poussent à l’émergence de nouvelles routes, qui permettraient de diversifier les possibilités (en contournant des points de passage stratégiques) et répondre au défi de sécurité. L'IFRI propose une dizaine de notes réalisées pour l'émission "Le Dessous des cartes" d'Arte sur des sujets de géopolitique tels que la transformation des routes commerciales maritimes.


Pour compléter

Présentation des cartes de densités des routes maritimes par le site Marine Traffic.
https://www.marinetraffic.com/en/p/density-maps

Blog du site Marine Traffic pour se tenir au courant des évolutions.
https://www.marinetraffic.com/blog/mapping-density-ship-routes-using-big-data/

Théry H. (2011). Marine Traffic Project, un outil d’observation des routes et des ports maritimes, Revue M@ppemonde, n°104. 
https://mappemonde-archive.mgm.fr/num32/internet/int11401.html

Dossier "Enseigner la mer" sur le site Eduscol.
http://eduscol.education.fr/histoire-geographie/se-former/actualiser-et-approfondir-ses-connaissances/par-theme-en-geographie/geographie-thematique/mers-et-oceans.html

Ducuret, C. (2016). Ports et routes maritimes dans le monde (1890-1925). M@ppemonde n°106, 2012.
http://mappemonde-archive.mgm.fr/num34/lieux/lieux12201.html

Genevois, S. (2017). La cartographie des espaces maritimes au prisme de la géographie scolaire. Actes du Grand Séminaire de l'océan Indien 2016. "Entre terres et mers, cartographies du sud-ouest de l'océan Indien", Sep 2016, Saint-Denis. Université de la Réunion. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01650707

Numa, J-P (2018). Océan Indien : étude géopolitique et stratégique des flux maritimes, risques et menaces. Site Diploweb. https://www.diploweb.com/Ocean-Indien-etude-geopolitique-et-strategique-des-flux-maritimes-risques-et-menaces.html

Bahoken F. (2021). Géo-graphie des circulations maritimes. Néocarto (d'après une communication à SAGEO'2016).  http://neocarto.hypotheses.org/11993

Bahoken F. (2016). Contribution à la cartographie d’une matrice de flux. Thèse de doctorat, Université Paris Diderot (Paris 7), Sorbonne Paris Cité, 408 p. + Annexe. Voir le résumé sur Mappemonde.


Lien ajouté le 18 septembre 2021

Lien ajouté le 17 décembre 2021

Lien ajouté le 4 mai 2022

Lien ajouté le 24 juin 2023


Lien ajouté le 3 mars 2024


Lien ajouté le 8 mars 2024
Lien ajouté le 15 avril 2026

«  Détroit d’Ormuz : MarineTraffic, le site de suivi des navires qui captive les internautes » (La Croix).

La guerre en Iran transforme le détroit d’Ormuz en un espace saturé, scruté en continu par des millions d’écrans. Elisa Brinai montre comment Marine Traffic révèle ce verrou stratégique par lequel transitent près de 20% du pétrole mondial. Les cartes produisent une lecture immédiate des blocages. Près de 2.000 navires restent immobilisés selon l’Organisation maritime internationale. L’accumulation de points colorés matérialise une congestion exceptionnelle dans cet espace clé de la mondialisation. La sémiologie graphique structure l’analyse. Les pétroliers apparaissent en rouge, les cargos en vert, les navires spécialisés en bleu. Cette lecture permet d’identifier la nature des flux et de comprendre la dépendance énergétique mondiale à ce passage étroit et vulnérable. Cette transparence repose sur les balises AIS imposées depuis 2002. Pensées pour éviter les collisions et sécuriser la navigation, elles ont transformé les routes maritimes en données ouvertes, alors qu’elles étaient auparavant protégées pour limiter piraterie et espionnage. Lancé en 2007 en Grèce puis intégré à Kpler, Marine Traffic illustre la montée en puissance des données dans la mondialisation. Experts, traders et médias s’appuient sur ces flux pour analyser crises, marchés et tensions géopolitiques. L’outil révèle efficacement les blocages civils mais reste limité pour les opérations militaires. Les navires de guerre coupent souvent leur signal, produisant une géographie partielle du conflit, entre visibilité des flux commerciaux et invisibilité stratégique. 

Articles connexes



 



40 ans de piraterie maritime dans le monde (1978-2018) à travers une carte interactive

Lancement du Concours de Cartographie d'Actualité 2018

Sujet proposé en 2018 : "En Libye, des Subsahariens déchirés entre besoin d’argent, rêve d’Europe et peur de l’esclavage"

Consulter le blog où se trouvent tous les renseignements :

http://cartographieraucollege-cca.blogspot.fr

Les Pacs à l’Ouest, les mariages à l’Est : une répartition des types d’unions différente selon les territoires

"En 2016, en France, 7 % des personnes vivant en couple sont pacsées. Cette forme d’union est bien moins fréquente que le mariage, largement prédominant, et l’union libre. Le type d’union varie fortement avec l’âge des conjoints, leur niveau de diplôme, leur nombre d’enfants, le fait d’être immigré. Il varie aussi avec le département de résidence. Ainsi, le Pacs est plus présent dans les départements du Sud-Ouest et sur la façade atlantique. Le mariage reste plus fréquent sur la moitié est du territoire. Des différences existent aussi entre les grandes villes : l’union libre et le Pacs sont plus fréquents dans les métropoles estudiantines."

Pour en savoir plus : INSEE Première n° 1682 - 16/01/2018



Bien que le mariage y soit encore le plus souvent majoritaire, l'union libre est très courante dans les départements d'outre mer : elle atteint 51,1% des couples cohabitants en Guyane, 28,2% à la Réunion, 25,9% à la Martinique, 23,9% en Guadeloupe. D'après la carte et la légende ci-dessus, "l'effet départemental" y est présenté comme positif sur la part de l'union libre (cf présence d'un petit triangle rouge sur chaque DROM)  L'un des principaux intérêts des cartes statistiques produites dans cette étude de l'INSEE est en effet d'envisager le phénomène "toutes choses égales par ailleurs". Entendez par là en supposant que la structure sociodémographique du territoire est identique à celle de l’ensemble de la population résidant en France. Raisonner « toutes choses égales par ailleurs » revient à fixer tous les facteurs explicatifs sauf un, dont on mesure l’effet propre sur la probabilité d’être dans un type d’union donné. De là à penser qu'il y aurait un "effet départemental" il n'y a qu'un pas qu'il faudrait prendre garde de franchir comme le fait l'INSEE. Certes les analyses sont conduites à l'échelle des départements, mais cela n'implique pas un effet de la maille administrative en tant que telle ! Quand l'échelle de représentation des données guide l'analyse scientifique...

Carte des anomalies de températures à la surface du sol

Source : earthobservatory.nasa.gov - Observations du 26 décembre 2017 au 2 janvier 2018.

Cette carte des anomalies de température est basée sur les données du spectro-radiomètre imageur à résolution moyenne (MODIS) du satellite Terra de la NASA. Des températures anormalement basses ont été enregistrées au Canada et à l'est des Etats-Unis, tandis que l'ouest des Etats-Unis et l'Alaska bénéficiaient de températures très douces. Les Rocheuses forment une barrière importante dans la répartition des masses d'air. Cela est lié aux ondes de Rossby : lorsque l'air passe au-dessus d'obstacles du relief, il doit s'écouler dans une couche atmosphérique plus mince, ce qui accélère la rotation dans le flux. Ce phénomène est fréquemment observable au niveau du courant-jet qui sépare les masses d'air. Avec le changement climatique, il prend une dimension très spectaculaire.


Le courant-jet est orienté nord-ouest. Comme une balançoire, le courant-jet s'écrase sur l'est de l'Amérique du Nord et laisse s'échapper l'air glacial provenant de l'Arctique. Pendant ce temps, la circulation autour de l'énorme tempête océanique sur l'Atlantique (qualifiée de "bombe cyclonique")  renforce le flux d'air froid de l'Arctique sur la façade Est des États-Unis. Le terme de bombe cyclonique ("bomb cyclone") est discuté, mais le phénomène est bien là : une baisse exceptionnellement rapide de la pression atmosphérique qui creuse la dépression sur l'Atlantique. 
 

Pendant ce temps, l'Europe, une grande partie de l'Asie et le Moyen-Orient ont été anormalement chauds. Dans l'hémisphère sud, l'Antarctique, l'est de l'Australie, l'Afrique australe et la corne de l'Afrique ont été plus chaudes que d'habitude, tandis que l'Amazonie en Amérique du Sud, le Sahara en Afrique et l'ouest de l'Australie étaient fraîches.




Lien ajouté le 12 novembre 2025

Coulée d'air froid (coldwave) sur la moitié est des Etats-Unis en novembre 2025. Environ 200 millions de personnes à travers les États-Unis ont subi des températures glaciales. En raison de cette anomalie majeure, il faisait plus froid dans le nord de la Floride que dans certaines régions du Groenland. Le mercure est descendu jusqu'à -4 °C en Floride.


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