Palestine Open Maps, un site pour obtenir des cartes et des données spatiales sur la Palestine


Le site Palopenmaps (Palestine Open Maps) permet d'explorer, rechercher et télécharger des cartes historiques et des données spatiales sur la Palestine.

L’idée de cette plateforme a été inspirée par une vaste collection de cartes topographiques des années 1940 à l'époque où la Palestine était sous mandat britannique. Ces cartes, toutes désormais dans le domaine public, couvrent le territoire à des échelles allant jusqu’au 1:20 000, offrant un aperçu saisissant de la géographie humaine et naturelle de la Palestine juste avant la Nakba. Elles permettent de conduire des analyses à un niveau de détail inégalé en ce qui concerne les centres de population, les routes, les caractéristiques topographiques et les limites de propriété.

La Palestine en 1946 et Israël en 1951 (source : palopenmaps.org)

À gauche : carte de la Palestine de 1946 à l’échelle 1:250 000, produite par le Survey of Palestine, un organisme mandataire britannique. À droite : carte d’Israël de 1951, produite par le Survey of Israel, à partir de la carte précédente.

L'utilité de ces cartes était jusque-là limitée car il n'existait pas de moyen simple de recherche pour consulter les nombreuses feuilles ou pour les combiner avec d'autres sources de données (statistiques de population, photographies aériennes, cartes et données numériques actuelles). L'objectif de cette plateforme est d'offrir une ressource pour cartographier les transformations de la Palestine depuis 1945. Ce projet a été lancé lors de l'Impact Data Lab, un atelier organisé par Visualizing Palestine et Columbia University Studio-X Amman en mars 2018. L'application a été développée par Visualizing Palestine avec le soutien d'un certain nombre d'autres personnes. Le site Visualizing Palestine diffuse des infographies et dataviz afin de mettre en évidence les inégalités qui existent entre Juifs et Palestiniens.

Les cartes ont été produites par le Survey of Palestine, une institution du mandat britannique, et par le Palestine Exploration Fund, et ont été tirées de sources telles que la  collection de cartes David Rumsey, la bibliothèque nationale australienne et la bibliothèque nationale israélienne. Toutes les cartes de ce site web sont considérées comme appartenant au domaine public en vertu de la loi britannique sur le droit d'auteur, les dessins et modèles et les brevets de 1998, et ont été marquées comme telles sur les sites web sources.

Outre la visualisation de cartes anciennes, l'application en ligne proposée sur le site Palestine Open Maps permet d'effectuer des analyses par date et par groupe de population. Déplacez le curseur temporel pour voir comment le territoire a été radicalement transformé au cours des 140 dernières années.

Pour compléter

Le Survey of Palestine était le département gouvernemental chargé de l'arpentage et de la cartographie de la Palestine pendant la période du mandat britannique. Les cartes produites ont été largement utilisées dans la « cartographie des réfugiés palestiniens » par les chercheurs documentant l' expulsion et la fuite des Palestiniens en 1948, notamment dans l'Atlas de la Palestine de Salman Abu Sitta et dans All That Remains de Walid Khalidi. En 2019, les cartes ont servi de base au site Palestine Open Maps, soutenues par la Bassel Khartabil Free Culture Fellowship.

Les cartes produites par le département Survey of Palestine sont disponibles sur Wikipédia :

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Beyond the map. Descriptions du monde non-européen dans l'Atlas Maior de Joan Blaeu


Des étudiants en histoire ont analysé des textes sur 20 régions non-européennes dans l'Atlas Maior de John Blaeu. Leurs essais sont présentés dans le livre Beyond the map ainsi que dans une exposition virtuelle de l'Université de Groningue.

Beyond the map. Descriptions of the non-European World in Joan Blaeu’s Atlas Maior
(Jeroen Bos Ed., Creative Commons Attribution)


Ce livre a été créé à la suite du séminaire Voorbij de Kaart: Beschrijvingen van de buiten-Europese wereld in Joan Blaeu's Grooten Atlas [Au-delà de la carte : descriptions du monde non-européen dans l'Atlas Maior de Joan Blaeu], qui a été enseigné à l'Université de Groningue pendant l'année universitaire 2023-24. Au cours du séminaire, les étudiants ont analysé de manière critique des textes sur les régions non européennes dans le célèbre Atlas de Blaeu. Sur la base de leurs conclusions, ils ont rédigé de courtes contributions destinées à un public plus large. Ces contributions étudiantes ont été présentées dans une exposition numérique, organisée par le département des collections spéciales de la bibliothèque de l'Université de Groningue, et ont été réutilisées ici sous ce format comme manuel ouvert. Éditeur : Jeroen Bos

L'Atlas Maior, dit Atlas Blaeu ou Theatrum Orbis Terrarum, est un recueil de cartes géographiques, de gravures et de dessins publié en 1662 et en 1665 par l'éditeur amstellodamois Joan Blaeu (1599-1673). L'édition en langue néerlandaise de l'Atlas Maior, le Grooten Atlas, contient près de 4 000 pages de texte. En 2004, l’Atlas Blaeu, conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne, est officiellement inscrit au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO. « Mémoire du monde » est un programme créé en 1992, sous l'égide de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), visant à sensibiliser la communauté internationale à la richesse du patrimoine documentaire, à la nécessité d’assurer sa conservation pour les générations futures et à le rendre accessible à un large public.

Les textes de 20 régions extra-européennes sélectionnées ont été soumis à une analyse minutieuse par des étudiants en histoire de l'Université de Groningue et présentés dans une belle exposition numérique.
Sur le site Internet des Collections spéciales de la Bibliothèque universitaire, vous pouvez découvrir le détail de ces contributions. Blaeu a souvent utilisé des informations obsolètes. Dans la contribution de chaque étudiant, des suggestions de lectures complémentaires sont faites, par exemple sur la région en question ou sur un thème plus large, comme la manière dont les peuples autochtones non européens ont été systématiquement marginalisés dans la littérature du début de l'époque moderne. Chaque contribution commence par un numéro, le titre de la carte et le titre du texte tel qu'il figure dans l'Atlas Maior.

Pour compléter

Atlas Blaeu-Van der Hem : Atlas secret de la VOC, vers 1666 (Bibliothèque nationale d'Autriche)
L'atlas secret de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) contient 174 cartes manuscrites superbement conçues et magnifiquement colorées. Elles font partie de l'Atlas Blaeu-Van der Hem et représentent des zones des océans Indien et Pacifique. Outre le monopole commercial, la VOC, fondée en 1602, disposait également d'une autorité administrative exclusive. Elle a gardé tous les documents et matériels cartographiques strictement secrets pour des raisons de concurrence. En 1665, des copies devaient être réalisées à partir des archives. Lorsque le projet de publication échoua, Joannes Vingboons avait copié 180 cartes que Joan Blaeu, cartographe en chef du VOC, offrit à son ami Laurens van der Hem.

Le plus ancien atlas nautique couvrant l'ensemble du globe (1646)
L'ouvrage cartographique de Robert Dudley, Dell'Arcano del Mare en trois parties, est le plus ancien atlas nautique couvrant l'ensemble du globe (1646). C'est également le premier atlas nautique établi selon la projection de Mercator. Cet atlas rassemble toutes les connaissances de l'époque en matière de navigation.


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Cartapaname, une émission consacrée à l'art et la manière de faire des cartes


Cartapaname est une émission de radio « consacrée aux cartes, à toutes les cartes, surtout aux cartographes qui les fabriquent ». Une fois par mois, elle explore le travail d'un ou d'une cartographe. À travers ses productions, l'invité nous promène sur les territoires qu'il explore. Manipulation de données, techniques de création, choix graphique, ... autant de thèmes abordés pour mieux comprendre ce métier, pour mieux appréhender les savoir-faire de celles et ceux qui nous donnent à voir le monde. L'émission  est animée par Maximes Salles, soutenu par Les Artisans Cartographes.

  • Cartapaname 01 - Lucas Destrem
    Lucas Destrem, fondateur de GéoGraphismes et cartographe passionné, se distingue par son approche originale, traitant toujours des données singulières. Grâce à cela, ses cartes sont toujours une découverte, offrant un regard inédit sur les territoires qu'il explore. Son exposition sur la compagnie des ZooDépartements, où il révèle comment les formes animales peuvent être trouvées dans la géographie des départements français. Son plan culturel et artistique du métro de Paris, où chaque station est renommée en fonction du lieu culturel le plus proche. Son travail de recherche sur les panneaux routiers, explorant les histoires et les significations derrière ces symboles du quotidien.

  • Cartapaname 02 - Gaëlle Sutton
    Gaëlle Sutton, cartographe indépendante, explore et représente avec autant de facilité et de poésie son quartier quotidien que le Grand nord canadien. Elle nous emmène dans une déambulation cartographique au départ de chez elle jusqu'au confin de l'Arctique. Vous pouvez retrouver son travail sur ses réseaux sociaux : twitter et linkedin.

  • Cartapaname 03- Perrin Remonté 
    Perrin Remonté, cartographe indépendant, est passionné par son environnement. Ses cartes, toujours originales et poétiques, reflètent sa sensibilité au monde qui l'entoure. Des cartes fictives aux cartes exploratoires en passant par sa passion pour la photo et les côtes bretonnes, Perrin nous  emmène dans un petit tour d'horizon de ses productions. Vous pouvez retrouver l'ensemble de son travail sur ses différents réseaux sociaux twitter et linkedin. Toutes les cartes abordées pendant l'émission sont visibles sur son site internet perrinremonte.com (notamment ses rivières arborescentes)

  • Cartapaname 04 - Jean Leveugle
    Jean Leveugle - géographe, auteur et dessinateur de bandes dessinées - est passionné de médiation scientifique et par l'histoire de la cartographie. Il est le fondateur du studio Les Savoirs Ambulants (www.lessavoirsambulants.fr/). Sa bande dessinée Geographia, l'odysée cartographique de Ptolémée plonge le lecteur dans une fresque cartographique au fil des siècles. Avec l'appui scientifique d'Emmaunelle Vagnon (du CNRS), le récit historique fait découvrir une trentaine de chef d'œuvre cartographique, tous redessinés et mis en situation par Jean Leveugle.
    Les cartes originales sont (presque) toutes visibles sur Gallica (gallica.bnf.fr)

  • Cartapaname 05 - Laurent Gontier
    Laurent Gontier, cartographe plurimédia et artiste accompli, nous emmène dans un voyage poétique de Ouessant à Berlin en passant par la Creuse et la frontière irlandaise. Il nous parle de la carte comme outil de matérialisation d'histoire vécue sur les territoires représentés, de la carte comme vecteur de voyage, de la carte pour jouer, ... tout un univers à découvrir. Vous pouvez retrouver son travail sur son site internet https://laurentgontier.com/, et le suivre sur BlueSky https://bsky.app/profile/laurentgontier.bsky.social. Pendant l'émission, nous avons particulièrement évoqué le leporello sur le mur de Berlin : https://laurentgontier.com/berlin-beyond-the-wall.html et la balade sonore à Ouessant : https://www.ouessons.com/.

  • Cartapaname 06 - Morgane Gloux
    Morgane Gloux, artiste-cartographe, dessine minutieusement à la main des cartes qui racontent des lieux, des histoires : des îles Bretonnes aux quartiers de Bruxelles, des artères Nantaises ou Grenobloises. Elle nous parle aujourd'hui des Cartes Narratives, structurées à travers lesquelles elle explore les lieux et les représentations cartographiques. Vous pouvez retrouver son travail sur son site lescartesnarratives.com et son intagram. Pendant l'émission, nous avons particulièrement évoqué la carte St-Gill.i.es, Chouke ! et la carte Leur route de Vannes.

  • Cartapaname 07 - Anne Lacambre
    Anne Lacambre est géographe, éditrice d'atlas, passionnée par les cartes et les arts créatifs. Usant de diverses techniques (borderie, couture, gravure) elle créée tout un univers graphique pour mettre en valeur les cartes qu'elle fabrique. Dans l'émission, elle nous emmène (virtuellement) dans son atelier et revient sur la dernière exposition qu'elle a réalisée.

  • Pour cette émission spéciale du 4 février 2026, Maxime Salles a reçu 5 cartographes : Lou Hamonic, Tasnîme Louartani, Florence Troin, Gaëlle Sutton et Benjamin Saglio. Ils ont imaginé des jeux et des chroniques pour mettre en valeur cet objet si singulier qui nous unit toutes et tous, la carte. Le film dont parle Florence Troin est disponible ici. Le jeu évoqué par Tasnîme, c'est par là.

  • Cartapaname 09 - Xémartin Laborde
    Xémartin Laborde est cartographe pour le journal Le Monde. Prolifique et passionné, il produit aussi des cartes pour de nombreux atlas. Pour le plaisir, il passe volontiers de l'écran à la table lumineuse pour créer des cartes plus sensibles. Dans cette émission, il nous parle de son quotidien dans un grand quotidien. Et nous explique comment la contrainte libère son imaginaire et l'oblige à tester de nombreuses techniques graphiques.

Lien ajouté le 5 décembvre 2025

Paris et le #30DayMapChallenge (Cartapaname).

La production de cartes sur Paris a connu un pic d’activité au mois de novembre 2025. De nombreux cartographes professionnel.les ou amateurs ont profité du #30DayMapChallenge pour jouer avec la géographie parisienne. Ce challenge propose un thème par jour pendant un mois, laissant libre le choix des données, des traitements et des lieux représentés. Un formidable défi créatif pour qui s’astreint à respecter les règles de ce mois exigeant. Maximes Salles a regroupé ce qu'il a trouvé sur une seule page. Pas d’ordonnancement particulier, juste un assemblage. Cliquer sur l’une des miniature vous emmène sur la carte originale, souvent accompagnée d’un texte de l’auteur de la carte.

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Comment les ordinateurs et les cartographes ont redessiné notre monde (Leventhal Map & Education Center)

La carte avant les cartographes. L’avènement du régime cartographique en France au XVIIIe siècle

Cartes et illustrations de villes historiques rassemblées sur Papertowns


Le site /r/papertowns propose une collection de plus de 360 ​​cartes et illustrations de villes historiques, représentant de nombreuses villes du monde, de l'Antiquité jusqu'à nos jours.

Papertowns est dédié aux cartes illustrées, aux paysages urbains, aux larges vues aériennes ou panoramiques, aux vues à vol d'oiseau, voire aux reconstructions 3D de villes, villages et citadelles.

Ce subreddit privilégie les documents en haute résolution. Le moteur de recherche interne permet de chercher par nom de lieu, par genre, par date ou par pays.

Tokyo, Japon 1680 (source : /r/papertowns)



Pour information, les paper towns ou villes de papier, sont des villes qui apparaissent sur les cartes mais qui n'existent pas réellement. Il s'agit d'erreurs involontaires ou au contraire de détails ajoutés volontairement pour attester d'une sorte de droit d'auteur. Parmi les exemples notables, on peut citer Argleton dans le Lancashire au Royaume-Uni, Beatosu et Goblu aux États-Unis. Agloe, dans l'état de New York, a été inventé sur une carte des années 1930 comme un leurre. En 1950, un magasin général y a été construit et nommé Agloe General Store, car c'était le nom vu sur la carte. Ainsi, le lieu fictif est devenu un lieu réel.

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Les plans historiques de Paris de 1728 à nos jours (APUR - Cassini Grand Paris)



Cartes et données sur les parcs nationaux aux Etats-Unis


Le premier parc naturel créé aux Etats-Unis est le parc de Yellostowne en 1876. Le National Park Service (NPS) a été fondé en 1916 pour gérer les espaces protégés, qui comptaient alors 35 parcs. Au cours du XXe siècle, le NPS a vu son champ d'action s'étendre à 63 parcs nationaux et à plus de 400 autres sites historiques à travers les 50 États des Etats-Unis. Parmi les sites protégés, outre les parcs naturels, on compte des rives de lacs, des rivières, des sentiers, des champs de bataille, des monuments et des mémoriaux. 

Le service SIG et cartographie permet d'accéder à toutes les cartes du National Park Service. Ces cartes produites par le Harpers Ferry Center sont gratuites et disponibles au format JPEG, PDF et AI (fichiers de production Adobe). Le catalogue, qui comporte plus de 1 000 cartes, est interrogeable à partir d'un téléphone pour organiser une randonnée ou un ordinateur pour télécharger les cartes, les intégrer dans une application ou les imprimer.

Trouver une carte du National Park Service (source : National Park Service)


Les cartes du National Park Service sont produites par le gouvernement et sont dans le domaine public. Toute personne peut, sans restriction en vertu des lois américaines sur le droit d'auteur : reproduire l'œuvre sous forme imprimée ou numérique ; créer des œuvres dérivées ; exécuter l'œuvre en public ; afficher l'œuvre ; distribuer des copies ou transférer numériquement l'œuvre au public par vente ou autre transfert de propriété, ou par location, bail ou prêt. A noter : un utilisateur qui modifie et/ou réédite les cartes du National Park Service est responsable de tout problème rencontré avec les cartes, en raison de leur changement ou de leur modification.

Le portail des applications de gestion intégrée des ressources (IRMA) fournit des données sur :

Symboles cartographiques du Service des parcs nationaux optimisés pour le web (au format SVG et PNG)

Portfolio cartographique de Joe Milbrath qui a travaillé comme cartographe pour le Service des parcs nationaux des États-Unis.

En complément

Comment le National Park Service parvient à créer des cartes réalistes

Shade Relief, le site de Thomas Patterson consacré aux cartes en relief

Le parc national le plus proche en fonction des régions des Etats-Unis

Cartes narratives (storymaps) sur les parcs nationaux

Carte interactive montrant les terres fédérales par État et par comté

Cartes anciennes des parcs nationaux (Bibliothèque du Congrès)

Cette collection de cartes anciennes de la Bibliothèque du Congrès documente l'histoire, les formations géologiques et les aspects culturels des territoires qui sont devenus par la suite des parcs nationaux. Elle comprend environ 200 cartes datant du XVIIe siècle à nos jours, reflétant les premières cartographies des zones qui allaient former les parcs eux-mêmes. 

Panoramas des parcs américains par Heinrich Berann

Les panoramas de parcs peints par l'Autrichien Heinrich Berann (1915-1999), notamment ceux des North Cascades (1987), de Yosemite (1989), Yellowstone (1991) et Denali (1994) montrent que les artistes et les territoires gérés par le Service des parcs nationaux des États-Unis entretiennent une relation depuis longtemps. Au cours de ses cinquante ans de carrière, Berann a peint plus de 500 panoramas. Il était alors en fin de carrière et au sommet de son art, lorsque le Service des parcs nationaux (NPS) lui a commandé les panoramas de ces quatre parcs. Il a pris sa retraite en 1994 après avoir peint le Denali, le plus haut sommet d'Amérique du Nord – un chef-d'œuvre qui couronne une carrière prolifique. Les versions numériques disponibles ont été reproduites avec soin afin de restituer fidèlement les couleurs éclatantes chères à Berann.

Liens ajoutés le 27 novembre 2025

« Une nouvelle tarification est mise en place au 1er janvier 2026 afin de préserver les intérêts américains. L'entrée des parcs nationaux coûtera plus cher pour les visiteurs internationaux » (USAToday).

« Grand Canyon, Yellowstone… Ces parcs américains mythiques qui vont devenir hors de prix » (La Croix). 

L’administration Trump a annoncé le 25 novembre 2025 que les touristes étrangers devraient s’acquitter d’un important supplément pour visiter les parcs nationaux. Ces parcs devenus monuments de la culture américaine existent pour certains depuis plus d’un siècle, témoignant d’une certaine vision de la nature. Juliette Vienot de Vaublanc analyse la décision de tripler les tarifs des parcs nationaux pour les étrangers. Dès 2026, un passe coûtera 250 dollars contre 80 dollars pour les Américains. Cette mesure recompose l’accès à des territoires emblématiques comme Yellowstone ou le Yosemite. Les parcs s’inscrivent dans la longue histoire territoriale de l’Ouest. Yellowstone est créé en 1872 sur plus de 800 000 ha. Ces espaces, perçus comme wilderness, effacent pourtant la présence amérindienne exclue des droits d’usage après leur protection. Les premières lois imposent un régime strict d’interdiction d’exploitation. La fin de la chasse ou du bois modifie l’équilibre écologique. À Yellowstone, la prolifération de wapitis appauvrit saules et trembles, fragilisant les castors et leurs barrages. Le National Park Service (NPS) naît en 1916 pour gérer ces vastes territoires. En 1919, le Grand Canyon devient parc national. Cette institutionnalisation professionnalise la surveillance et organise durablement l’occupation humaine et écologique de ces espaces protégés. La fréquentation explose avec l’automobile. De 350 000 visiteurs en 1916, les parcs dépassent 3 millions dans les années 1920 et atteignent 300 millions en 2015. Les aires protégées deviennent des destinations touristiques structurantes pour le territoire américain. Les années 1990 marquent un tournant écologique. La réintroduction du loup à Yellowstone réduit les herbivores, permettant la régénération des végétaux. Cet exemple illustre la capacité de gestion adaptative à rétablir des dynamiques écosystémiques complètes. Mais les parcs font face à de nouvelles vulnérabilités. Un mégafeu a brûlé 50 000 ha au Grand Canyon en 2025. Le National Park Service a perdu 1 000 employés en période d’essai et le shutdown a coûté 41 millions de dollars. Les capacités de gestion se fragilisent. La hausse des tarifs interroge l’équité d’accès à des paysages devenus icônes nationales. Elle reconfigure flux touristiques, revenus locaux et conservation dans des espaces où se croisent identité, économie et risques environnementaux (lien signalé et article résumé par @pmarques35.bsky.social‬).

Lien ajouté le 7 décembre 2025

« L'administration Trump retire le jour de Martin Luther King et le Juneteenth de la liste des jours d'entrée gratuits dans les parcs nationaux » (Newsweek).

Le ministère de l'Intérieur a annoncé des journées d'entrée gratuite dans les parcs nationaux en 2026 dans le cadre de ses objectifs visant à moderniser l'accès aux parcs et à donner la priorité à l'accessibilité financière pour les familles américaines, ce qui est conforme aux politiques « America first » de Trump. L'administration Trump a retiré le Martin Luther King Jr. Day et le Juneteenth de la liste des jours d'entrée gratuite dans les parcs nationaux pour 2026. Au lieu de commémorer ces journées dédiées à l'histoire américaine, aux droits civiques et à l'égalité, l'administration Trump a choisi de célébrer les anniversaires d'autres anciens présidents et la Journée du drapeau, qui est aussi l'anniversaire du président Donald Trump.

Lien ajouté le 12 janvier 2026

« Le personnel des parcs nationaux américains affirme que le nouveau droit d'entrée de 100 dollars pour les non-résidents risque de « dissuader les visiteurs pour des décennies » (The Guardian).

Oliver Milman analyse la mise en place au 1er janvier 2026, d’un droit d’entrée de 100 $ pour les touristes étrangers dans 11 parcs nationaux américains. Les agents du National Park Service décrivent une mesure aux effets spatiaux et sociaux immédiats. Dans des parcs majeurs comme le Grand Canyon, Yellowstone ou les Everglades, les files d’attente s’allongent. Les contrôles de nationalité ralentissent l’accès et provoquent incompréhensions et tensions. Des visiteurs renoncent à entrer face à des coûts jugés excessifs. La hausse est brutale. Le pass annuel pour non-résidents passe de 80 à 250 dollars. Des bus de touristes doivent parfois payer plus de 600 dollars. Les agents évoquent des scènes de colère et une baisse probable de la fréquentation étrangère. Les personnels soulignent un malaise professionnel. Demander passeports ou cartes de séjour modifie la relation d’accueil. Certains agents parlent d’une mesure contraire à l’esprit des parcs nationaux, fondés sur l’accès universel à des paysages patrimoniaux. L’administration justifie la réforme par le financement de l’entretien. Le National Park Service fait face à un important retard de maintenance et a perdu environ 25% de ses effectifs. Des ONG estiment toutefois la tarification contraire au droit fédéral. L’article montre en définitive que la tarification différenciée transforme les parcs en espaces sélectifs. À long terme, elle pourrait modifier les flux touristiques internationaux et l’image mondiale des paysages protégés américains. 

Lien ajouté le 26 janvier 2026

« Comment le Service des parcs nationaux efface l'histoire américaine » (The New York Times).
Aux États-Unis, les employés du Service des parcs nationaux retirent des documents relatifs à l'esclavage, au changement climatique et à l'histoire du travail, conformément à un décret du président Trump. Première réaction en justice : la ville de Philadelphie a porté plainte contre l'administration Trump. 

Lien ajouté le 4 février 2026

The Geography Teacher, U.S. National Parks and Protected Areas, volume 23, n°1, 2026, https://www.tandfonline.com/toc/rget20/23/1

The Geography Teacher consacre un numéro spécial aux parcs et aires protégées des États-Unis avec plusieurs articles proposant des idées de leçons pour les enseignants du primaire et du secondaire. Les parcs nationaux constituent des ressources éducatives essentielles pour tous les niveaux et toutes les disciplines. La diversité de leurs paysages, la richesse de leur histoire et la complexité de leurs contextes géographiques offrent des opportunités uniques d'apprentissage par l'expérience et d'enseignement interdisciplinaire. Grâce aux excursions, aux projets de recherche, aux récits, aux représentations cartographiques et aux innovations numériques, les parcs aident les élèves à appréhender les concepts géographiques fondamentaux (espace, lieu, échelle, interaction homme-environnement) tout en les incitant à préserver les ressources publiques partagées. "Explorer les parcs nationaux américains comme autant de salles de classe s'inscrit pleinement dans l'esprit des valeurs américaines. Les parcs nationaux symbolisent l'engagement de la nation envers la préservation de l'environnement et l'égalité d'accès aux merveilles naturelles et culturelles. Véritables salles de classe à ciel ouvert, ils invitent chaque élève à s'interroger sur les notions de territoire, d'héritage et d'appartenance dans une Amérique en pleine mutation. À l'occasion du 250e anniversaire de la fondation du pays, ce numéro spécial place les parcs au cœur de ce que signifie apprendre, vivre et participer en tant que citoyens d'une démocratie diverse".

Lien ajouté le 10 février 2026

Britta Schroeder, pilote d'avion en Alaska et cartographe pour le Service des parcs nationaux, a cartographié les méandres de la rivière Koyukuk dans le style des cartes de dépôt du fleuve Mississippi de 1944 réalisées par Harold Fisk. Pourquoi la rivière Koyukuk ? « Je souhaite mettre l'Alaska à l'honneur et j'ai longtemps considéré la rivière Koyukuk comme l'archétype d'une rivière alaskienne sinueuse. De plus, la région semble toujours susciter un vif intérêt, peut-être en raison de la présence de nombreux Alaskiens autochtones célèbres : Eliza Jones (linguiste), Catherine Attla (aînée), George Attla et Jimmy Huntington (mushers), et John Sackett (législateur), pour n'en citer que quelques-uns. https://akmapplications.com/2026/01/25/koyukuk-river-meanders/

Lien ajouté le 8 mars 2026

« Bâtiments privés, terres publiques : comment les parcs nationaux australiens sont devenus un champ de bataille entre conservation et commerce » (The Guardian).

Un débat est en cours en Australie : faut-il autoriser des infrastructures touristiques privées dans les parcs nationaux ? Le projet de cabanes dans la réserve des Gardens of Stone cristallise ce conflit entre préservation et développement. Situé dans les Blue Mountains, ce site protège des formations rocheuses de grès appelées "pagodas". Le projet prévoit 18 cabanes touristiques et un sentier de randonnée sur plusieurs jours, au cœur d’une zone naturelle proche d’un site classé au patrimoine mondial. Les autorités affirment que ces infrastructures auront un impact limité. Selon le service des parcs de Nouvelle-Galles du Sud, les bâtiments occuperaient moins d’un hectare et seraient conçus pour s’intégrer au paysage naturel. Brett Mitchell, dirigeant de Intrepid Travel, défend ce modèle. L’écotourisme générerait des revenus pour des parcs "sous-financés". Certaines randonnées guidées peuvent toutefois coûter plus de 4000 dollars par personne pour quatre jours. Le professeur Ralf Buckley, de Griffith University, observe un tournant. Historiquement, les parcs australiens étaient accessibles gratuitement aux visiteurs indépendants. Aujourd’hui, des opérateurs privés obtiennent des concessions pour construire des lodges. Cette évolution transforme la gestion des espaces protégés. Sur certains itinéraires comme le Scenic Rim Trail, des hébergements privés ont été construits dans le parc national. Une randonnée guidée peut dépasser 3000 dollars, contre environ 22 dollars pour un accès autonome. L’ancien leader écologiste Bob Brown critique vivement ces projets. Selon lui, la construction d’hébergements privés dans des espaces sauvages menace les derniers territoires préservés et transforme la nature en produit touristique. Le débat oppose deux visions du territoire. Pour certains, l’écotourisme finance la protection des milieux. Pour d’autres, les parcs nationaux doivent rester des espaces publics dédiés à la protection et accessibles à tous, sans infrastructures privées permanentes.*

Lien ajouté le 4 avril 2026

« Environnement. La réorganisation du Service des forêts par Trump sème la confusion et l'inquiétude » (Mother Jones).

Le 31 mars 2026, le Service des forêts des États-Unis a annoncé son intention de transférer son siège social de Washington, D.C., à Salt Lake City, dans l'Utah. Il prévoit également de fermer ou de réaffecter ses neuf bureaux régionaux, de créer 15 bureaux d'État et de fermer des centres de recherche et développement dans plus de 30 États. Selon la nouvelle proposition, certains États disposeront de leurs propres bureaux, tandis que d'autres seront regroupés, à l'instar du Bureau of Land Management. Cette approche inédite concernera les 154 forêts nationales du pays, gérées depuis longtemps par neuf bureaux régionaux qui seront fermés ou réaffectés. Désormais, les forêts de Washington, de l'Oregon, du Montana, de l'Alaska et de l'Idaho seront chacune gérées par un bureau d'État distinct. En revanche, celles du Nevada et de l'Utah seront gérées conjointement, de même que celles du Colorado et du Kansas. Certains centres de recherche du Service des forêts, comme la station de recherche des montagnes Rocheuses à Fort Collins (Colorado), resteront ouverts. D'autres, notamment la station de recherche de Portland (Oregon), qui mène des travaux essentiels sur des espèces telles que la chouette tachetée, fermeront leurs portes. Cette réorganisation pourrait également conduire à un rôle encore plus important des États dans la gestion forestière. Des représentants tribaux ont exprimé leurs inquiétudes.

Lien ajouté le 15 avril 2026

« L'administration Trump a plongé le Grand Yellowstone dans le chaos. Que nous réserve l'avenir ? » (High Country News). Avec carte des pressions exercées sur l'écosystème du Grand Yellowstone.

Que devient un écosystème lorsque ses principaux garants – en l'occurrence, les agences fédérales – sont mis à genoux ? Alors que les parcs nationaux de Yellowstone et de Grand Teton ont connu moins de licenciements que certains de leurs homologues plus petits et moins connus, Grand Teton, dont le taux de postes vacants se situe normalement entre 6 et 8 %, se retrouve aujourd'hui privé d'un quart de son personnel permanent. Pour préserver la faune sauvage de la région, le gouvernement fédéral doit jouer un rôle aussi important dans la conservation des terres privées qu'il l'a fait par le passé, surtout compte tenu de la valeur des terres dans la région, qui est extrêmement élevée et ne cesse d'augmenter (voir l'interview de Christine Peterson « Un aperçu de l'écosystème du Grand Yellowstone sous Trump »)

Lien ajouté le 5 mai 2026

« La Californie se dote de trois nouveaux parcs d'État » (planetizen.com).

L'article décrit une Californie qui élargit sa géographie des parcs naturels. Trois nouveaux sites publics entrent dans le réseau d'État, la plus forte extension depuis des décennies, afin de rapprocher la nature des territoires peu desservis de l'intérieur. Feather River Park, près d'Olivehurst, San Joaquin River Parkway, entre Fresno et Madera, et Dust Bowl Camp, près de Bakersfield, déplacent la protection vers la Vallée Centrale, espace agricole et populaire longtemps moins visible dans la carte officielle des parcs. Armando Quintero rappelle que les 280 parcs d'État dessinent surtout un "collier" sur les marges de la Californie. Cette image dit une forte inégalité spatiale, car l'intérieur dispose de moins d'espaces protégés accessibles aux habitants au quotidien. Cette extension associe conservation écologique et accès social à la nature. Les parcs ne sont pas seulement des paysages à préserver, ils deviennent des lieux publics proches des habitants, pensés pour des comtés où l'offre de plein air reste plus rare. D'ici 2030, la Californie veut ajouter environ 12.100 ha à son système de parcs. Cette croissance accompagne la stratégie "30x30", qui vise à conserver 30% du territoire et à mieux répartir les bénéfices écologiques, paysagers et récréatifs. Ces créations donnent une portée territoriale à la protection environnementale. Dans la Vallée Centrale, préserver des rivières, des corridors et des lieux de mémoire revient aussi à réduire l'éloignement des habitants face à la nature ordinaire. 

Lien ajouté le 23 août 2026

« Cartographie de l'accaparement des terres par les milliardaires à Big Bend. Cela concerne 250 millions d'acres de parcs et forêts aux Etats-Unis » (The Democracy Labs).

"Les républicains ont permis aux milliardaires d'exploiter des mines, de forer, d'abattre du bois et de faire paître du bétail, et d'installer des centres de données d'IA sur des terres fédérales. Trump imite la stratégie de Poutine qui consiste à s'accaparer les ressources publiques au profit des oligarques".

Lien ajouté le 1er septembre 2026

« Trump œuvre discrètement pour céder une partie du parc national de Yosemite à un promoteur immobilier privé » (Notus).

À Yosemite, l’administration Trump soutient depuis 2025 un échange foncier inédit. Une bande d’environ 400 m du parc national pourrait être cédée à un promoteur privé. Le projet remet en jeu la frontière entre espace fédéral protégé et propriété privée. Kingsbarn Realty Capital possède près de 34 ha juste à l’ouest de Yosemite, acquis pour 4 M$ en 2024. Le terrain se situe à environ 8 km d’une célèbre forêt de séquoias géants. L’entreprise veut ouvrir une route directe vers l’un des grands axes du parc et valoriser ce foncier. L’accessibilité transforme ici la valeur du territoire. Aujourd’hui, la route vers la propriété rejoint une entrée du parc après plus de 16 km. Gagner Yosemite Valley impose environ 1 h 30 de détour. Une nouvelle voie rapprocherait directement ce terrain privé des grands sites touristiques. Le projet rompt avec 150 ans de politique territoriale. Depuis la naissance du système des parcs nationaux, l’État fédéral cherche surtout à agrandir et protéger ces espaces. Cicely Muldoon, ancienne responsable de Yosemite, rappelle que leur vocation est de les préserver sans les dégrader. Le Park Service avait déjà refusé cette privatisation pendant plus de 20 ans. Un précédent propriétaire avait réclamé la même route puis perdu devant les tribunaux en 2007 et en appel en 2012. Les juges avaient estimé qu’un accès existant suffisait et qu’aucune nouvelle voie n’était due. L’échange obéirait à une règle foncière. Toute terre cédée par le Park Service doit être remplacée par un terrain de valeur équivalente. Mais aucun site californien n’est encore choisi. Évaluer une parcelle de Yosemite reste délicat, car sa valeur dépend aussi de son usage futur. Le conflit oppose deux conceptions de l’aménagement. L’avocat de Kingsbarn juge la route compatible avec l’environnement. Des élus californiens et la National Parks Conservation Association dénoncent au contraire l’ouverture d’un espace protégé au développement privé et envisagent un recours. Yosemite révèle ainsi un enjeu classique de gouvernance : qui contrôle, aménage et valorise un espace protégé ? Le projet pourrait créer un précédent national en déplaçant la limite entre patrimoine public, accessibilité touristique et intérêts fonciers privés.

Articles connexes


Cartographie des incendies en Californie



Israël-Hamas. Cartographie des massacres du 7 octobre 2023

 

Le site oct7map.com documente avec précision les massacres commis par le Hamas le 7 octobre 2023, lors d’attaques contre des communautés civiles et des postes militaires israéliens. L’attaque a commencé dès l’aube lorsque le Hamas a lancé plus de 5 000 roquettes depuis Gaza vers Israël, puis a utilisé ces barrages stratégiques comme couverture pour franchir la frontière. Dans cette attaque surprise contre le sud d’Israël, les terroristes du Hamas ont commis des atrocités, qui ont eu un fort impact sur l'opinion publique. 

Au delà du retentissement mondial de l'événement, il importe de pouvoir documenter, carte à l'appui, le déroulement des faits. Cette carte interactive se veut  « un  outil de réflexion et d'éducation, favorisant la prise de conscience de la gravité des horreurs ». Le site à pour but de fournir « une représentation accessible des événements tragiques du 7 octobre, en honorant la mémoire et les expériences des victimes ». 

Mapping The October 7th Massacres (source : oct7map.com)

Le festival de musique Supernova, organisé en plein air près du kibboutz Re'im, situé à 5 km de la frontière de Gaza, a constitué l'une des premières cibles des terroristes du Hamas. Mais d'autres massacres ont eu lieu dans les kibboutz voisins à Be'eri, à Nahal Oz ou Kfar Aza. Chaque victime est recensée avec son identité. En rouge apparaissent les victimes décédées, en bleu les personnes kidnappées. Les données, qui peuvent être incomplètes, sont mises à jour au fur et à mesure. Il est possible d'y apporter des contributions (appel à témoignages).

Les attaques ont coûté la vie à plus de 1 188 personnes, dont 800 corps ont été confirmés comme étant des civils. Elles ont fait plus de 4 834 blessés et plus de 251 prises en otage. En outre, certains corps sont restés non identifiés en raison de mutilations importantes. Depuis le 7 octobre, au moins 21 otages ont été assassinés par le Hamas ou le Jihad islamique palestinien, tandis que quelques corps d’otages assassinés en captivité ont pu être sauvés. Au total, 8 otages ont été libérés par l'armée israélienne et 111 autres ont été libérés dans le cadre de négociations. Parmi les survivants, 30 femmes ont été victimes d'abus sexuels de la part de leurs ravisseurs. 101 personnes sont toujours retenues en otage ; environ 40 d'entre elles sont mortes et leurs corps sont toujours en captivité. 

En réaction aux massacres perpétrés par le Hamas, Tsahal a envahi et détruit une bonne partie du territoire de Gaza, avant de commencer à accentuer ses frappes sur le Liban. Les événements du 7 Octobre ont connu un grand retentissement dans le monde avec des manifestations pro-palestiniennes ou pro-israéliennes. Depuis octobre 2023, on observe une escalade de la violence au Proche-Orient.

Pour compléter 

Israël-Hamas : un an après l’attaque du 7 octobre, que retenir de la médiatisation du conflit ? (La revue des médias).

Parce que l’Histoire ne commence pas le 7 octobre. Palestine-Israël, une histoire visuelle (Visionscarto).

Carte animée des alertes de roquettes en Israël depuis le 23 octobre 2023 par @LittleMoiz (MapPorn). Une manière (indirecte) de recenser les frappes aériennes à travers les sirènes.

Carte des frappes israéliennes à partir d'images satellites enregistrant les incendies liés aux explosions (FIRMS).

Carte des frappes sur la période 7 octobre 2023-20 septembre 2024 par Al Jazzeera, à partir des données de l'ACLED.

L'OCHA (ONU) fournit des données sur l'intensité du conflit au Liban du point de vue humanitaire.

Articles connexes

Décrypter le conflit Israël-Hamas à partir de cartes




Rapport 2024 sur la paix dans le monde (Institut pour l’économie et la paix)


Source : Rapport 2024 sur la paix dans le monde (Institut pour l’économie et la paix).

L’Indice mondial de la paix 2024 révèle que le monde se trouve à la croisée des chemins. Sans effort concerté, le risque d’une recrudescence des conflits majeurs est réel. On compte actuellement 56 conflits, soit le nombre le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils sont devenus plus internationaux, 92 pays étant impliqués dans des conflits hors de leurs frontières, soit le nombre le plus élevé depuis la création de l’Indice mondial de la paix en 2008. Le nombre croissant de conflits mineurs accroît la probabilité d’autres conflits majeurs à l’avenir. Par exemple, en 2019, l’Éthiopie, l’Ukraine et Gaza étaient identifiés comme des conflits mineurs, alors qu'ils sont devenus aujourd'hui des foyers de conflits majeurs. Comme en témoigne un autre rapport publié également en 2024, la tendance actuelle est plutôt à la militarisation.

  • 97 pays ont vu leur niveau de paix se détériorer, soit plus que n’importe quelle année depuis la création de l’Indice mondial de la paix en 2008.
  • Les conflits à Gaza et en Ukraine ont été les principaux facteurs de la baisse mondiale du niveau de paix, le nombre de morts au combat ayant atteint 162 000 en 2023.
  • 92 pays sont actuellement impliqués dans des conflits au-delà de leurs frontières, soit plus qu’à n’importe quel moment depuis la création de l’IPG.
  • Le premier système de notation militaire en son genre suggère que les capacités militaires des États-Unis sont jusqu’à trois fois supérieures à celles de la Chine.
  • L’impact économique mondial de la violence a augmenté pour atteindre 19 100 milliards de dollars en 2023, ce qui représente 13,5 % du PIB mondial. L’exposition aux conflits représente un risque important pour la chaîne d’approvisionnement des gouvernements et des entreprises.
  • La militarisation a enregistré sa plus forte détérioration annuelle depuis la création de l’IPG, 108 pays devenant plus militarisés.
  • 110 millions de personnes sont soit des réfugiés, soit des déplacés internes en raison de conflits violents, 16 pays accueillant désormais plus d’un demi-million de réfugiés.
  • L’Amérique du Nord a connu la plus forte détérioration régionale, provoquée par une augmentation des crimes violents et de la peur de la violence.

Indice de la paix globale en 2024 (source : Global Peace Index 2024)


Créé en 2007, l’Institut pour l’économie et la paix (IEP) vise à influencer les discours mondiaux sur les questions de sécurité, de défense, de terrorisme et de développement. Son objectif est d'utiliser la recherche pour montrer que la paix est une mesure positive et réalisable en faveur du bien-être et du développement. Les recherches de l'IEP sont utilisées par des gouvernements, des institutions universitaires, des groupes de réflexion, des organisations non gouvernementales et des institutions intergouvernementales telles que l'OCDE, le Secrétariat du Commonwealth, la Banque mondiale et les Nations Unies.

Ses rapports, notamment sur l’Indice mondial de la paix, l’Indice mondial du terrorisme ou sur les menaces écologiques, sont essentiels pour les parties prenantes du monde entier. Au cœur de cette approche se trouve l'idée que la paix va au-delà de la simple absence de conflit. Le cadre des Piliers de la paix identifie huit facteurs essentiels pour établir une paix durable, sur la base d’une analyse approfondie des données.

Les 8 Piliers de la paix positive (source : Institut pour l’économie et la paix)

L'IEP publié également chaque année un Rapport sur la paix positive. La paix positive repose sur des attitudes, des institutions et des structures qui créent et maintiennent les sociétés pacifiques. En raison de sa nature systémique, les améliorations de la paix positive non seulement renforcent la paix, mais sont également associées à de nombreux autres résultats souhaitables pour la société, tels qu'une croissance plus élevée du PIB, de meilleures mesures du bien-être, des niveaux plus élevés de résilience et des sociétés plus harmonieuses. Il s’agit d’une théorie du changement social qui explique comment les sociétés se transforment et évoluent. La paix positive décrit un environnement optimal dans lequel le potentiel humain peut s’épanouir. L’Institut a élaboré un cadre conceptuel, connu sous le nom de Piliers de la paix, qui décrit un système de huit facteurs qui fonctionnent ensemble pour construire une paix positive. Dérivés d’une analyse statistique de plus de 40 000 ensembles de données, les Piliers de la paix fournissent une feuille de route pour surmonter l’adversité et les conflits et pour construire une paix durable.

L'état de la paix positive en 2024 (source : Positive Peace Report)

Les cartes concernant ces différents indicateurs sont à visualiser sur le site Vision of humanity avec possibilité de faire des comparaisons par pays et par année. 

Lien ajouté le 9 octobre 2024

Lien ajouté le 12 octobre 2024

« Les vraies leçons du Prix Nobel de la paix » (Le Temps). Le combat pour un monde débarrassé de la menace nucléaire mérite un immense respect. Mais est-ce vraiment cela qu’il fallait souligner en 2024 ?

Lien ajouté le 29 novembre 2024
Lien ajouté le 27 octobre 2025

Le site Visual Capitalist propose une carte à partir de l'indice mondial de la paix 2025. L’IEP utilise 23 indicateurs à pondération égale pour évaluer la stabilité des pays, notamment les décès dus aux conflits internes, les manifestations violentes, la perception de la criminalité, l'impact du terrorisme, la sécurité et la sûreté. Le rapport 2025 révèle un déclin inédit de la paix : 59 conflits d’État actifs, 152 000 morts en 2024, et une chute moyenne de 0,36 % du niveau de paix par pays. L’Europe de l’Ouest reste la plus pacifique, l’Afrique de l’Est et le Moyen-Orient les plus fragiles. L'Islande occupe la première place du classement mondial, en tête depuis 17 années consécutives. Au total, seuls 12 pays se classent dans la catégorie « très élevé », dont neuf en Europe occidentale et centrale. Parmi les principaux cas atypiques figurent la Nouvelle-Zélande (n° 3), Singapour (n° 5) et le Japon (n° 12). En revanche, la Russie se classe au dernier rang, enregistrant l'une des plus fortes dégradations de la paix au cours de l'année. Elle est suivie par l'Ukraine et le Soudan, tandis qu'Israël se classe au 155e rang et la Palestine au 145e rang. Télécharger le Global Peace Index 2025 sur le site de l'IEP.

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L'Indice de paix mondiale est en baisse depuis plusieurs années

Cartes et données sur les conflits et violences dans le monde (ACLED)

Violences envers les enfants et violations de leurs droits à travers le monde

Cartes et données sur le terrorisme dans le monde (de 1970 à nos jours)

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Guide visuel des bases militaires étrangères par pays (World beyond War)

Analyser et discuter les cartes des "pays à éviter" pour les voyageurs

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Utiliser les cartes du CSIS pour étudier les grandes questions géopolitiques du monde contemporain

La carte, objet éminemment politique : les cartes de manifestations à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux

La carte, objet éminemment politique : la Société des Nations en 1927


L’autosuffisance alimentaire est-elle possible pour l'île de La Réunion ?


Billen, G., Garnier, J., Pomet, A. et al. Is food self-sufficiency possible for Reunion Island ? Regional Environnemental Change, 24, 58 (2024). https://doi.org/10.1007/s10113-024-02226-3

Résumé

Dans un contexte d’instabilité politique et économique, l’autosuffisance alimentaire des pays et territoires devient un enjeu brûlant. La Réunion est un petit territoire français densément peuplé et isolé au milieu de l’océan Indien. Le modèle GRAFS, qui permet d’établir des bilans cohérents en utilisant l’azote (N) comme métrique commune pour toutes les cultures et denrées alimentaires, a été appliqué à La Réunion en considérant 11 sous-régions pour tenir compte de la variété des paysages. La Réunion consacre 87 % de sa production végétale en termes de protéines récoltées à l’exportation de sucre et de fruits tropicaux, tandis qu’elle importe 67 % de son approvisionnement alimentaire, 54 % de l’alimentation du bétail et 57 % de tous les apports d’azote fertilisant pour les sols agricoles. Au total, l’approvisionnement d’une tonne d’azote en alimentation nécessite l’importation de 2,7 tonnes d’azote en alimentation humaine, animale et fertilisante. Le modèle a également démontré que l'action simultanée sur trois leviers de changement permettrait d’atteindre l’autosuffisance en termes d’alimentation humaine, animale et fertilisante :

  1. la généralisation des rotations agroécologiques alternant légumineuses à grains et fourragères, céréales et autres cultures vivrières ; 
  2. la reconnexion de l’élevage à l’agriculture et un meilleur recyclage des fumiers ainsi que des excréments humains ; 
  3. une réduction drastique de l’alimentation animale dans le régime alimentaire réunionnais, jusqu’à 20 % des produits animaux dans l’apport protéique total par habitant, au lieu de la part actuelle de 60 %. La surface dédiée à la culture de la canne à sucre devrait être réduite à 15-25 % de sa valeur actuelle.

Le principal intérêt de l'article est de présenter différents scénarios afin que La Réunion puisse atteindre la souveraineté alimentaire. Cet objectif est incompatible avec la spécialisation actuelle de l’Île dans la production sucrière. L’autonomie du système agro-alimentaire de la Réunion, est biophysiquement possible, moyennant des bouleversements structurels considérables.

Pour accéder à un article plus simple et en français présentant les principales conclusions de l'article, voir : « L’île de La Réunion pourrait-elle atteindre la souveraineté alimentaire ? » (The Conversation).


Lien ajouté le 10 octobre 2024

Conférence sur le développement durable et les risques à La Réunion (INSEE/DEAL). Jeudi 26 septembre 2024 (Université de La Réunion - INSPE).

Intervenantes : Caroline COUDRIN (DEAL Réunion) et Aurore FLEURET (INSEE Réunion)

La conférence présente l'évolution des indicateurs du développement durable à La Réunion sur ces 20 dernières années. Cette étude permet d'avoir un panorama social, économique et environnemental de La Réunion au travers d'une trentaine d'indicateurs. Leur évolution est analysée et comparée aux cibles réglementaires nationales ou locales quand elles existent. 

L'exposition de la population réunionnaise à certains risques et nuisances permet d'identifier les populations vivant dans des zones soumises à des risques (inondations et mouvements de terrain) et des nuisances (bruits routiers et mauvaise qualité de l'eau).

Pour accéder aux différentes parties de la conférence : 

0:00 - 0:18 : Introduction. Les enjeux éducatifs du développement durable et de l'éducation aux risques (S. Genevois) 
0:19 - 0:51 : Une économie en croissance, une pauvreté et des inégalités en baisse, mais toujours peu d’emplois (A. Fleuret)
0:52 - 1:16 : Une population davantage diplômée, une vie associative en essor, des violences plus fréquentes qu'ailleurs mais en baisse (A. Fleuret)
1:17 - 1:33 : Santé et conditions de logement s’améliorent, mais les enjeux d’environnement et d’accompagnement du vieillissement restent forts (A. Fleuret et C. Coudrin)
1:34 -2:08 : La Réunion face au défi du changement climatique (C. Coudrin) 
2:09 - 2:18 : Malgré les efforts de protection, la biodiversité est de plus en plus menacée (C. Coudrin) 
2:19 - 2:26 : À La Réunion, une même exposition aux risques et nuisances, quel que soit le niveau de vie (A. Fleuret)