« The Refugee Project » est une expérience pédagogique créée pour sensibiliser le public au sort de millions de personnes à travers le monde, qui n’ont eu d’autre choix que de fuir leur foyer. Le projet a été créé par Hyperakt et Ekene Ijeoma, qui remercient le HCR pour l'accès à plus de 50 ans de données sur les migrations de réfugiés, à ses archives numériques complètes de témoignages de réfugiés publiés et à des photographies originales.
Le nombre de réfugiés par pays d'origine et pays d'asile (therefugeeproject.org)
« En 2023, plus de 117 millions de personnes vivaient déplacées de leur foyer en raison de la guerre, des persécutions ou de la violence. Cela représente une personne sur 68 dans le monde. Lorsque des personnes déplacées franchissent les frontières internationales, on les appelle des réfugiés. En 2023, le nombre de réfugiés a atteint un niveau record de 37,6 millions de personnes. Découvrez comment et pourquoi les crises de réfugiés ont façonné notre monde au cours du dernier demi-siècle ».
Accès aux données du Haut commissariat aux réfugiés (HCR)
A noter : les données présentées ne concernent que les réfugiés relevant du mandat du HCR. Par ailleurs, six millions de réfugiés palestiniens relevant du mandat de l'UNRWA ne sont pas pris en compte ici.
Le site présente plusieurs intérêts. On peut comparer dans le temps de 1975 à 2023 (cliquer sur l'animation). On peut observer le phénomène sous l'angle des pays d'origine ou des pays d'asile. Il est possible de cibler l'étude sur un ou plusieurs pays (sélectionner des pays au choix). En cliquant sur "Explorer les données", on accède au détail des données (tableau + histogramme). Voici quelques exemples :
Près de 1,5 million de réfugiés originaires du Soudan en 2023 ont trouvé asile principalement dans les pays limitrophes.
On compte près de 350 000 réfugiés vénézuéliens en 2023, qui se dirigent surtout vers l'Espagne et le Brésil suivis des Etats-Unis et du Mexique.
Plus de 5 millions de réfugiés ukrainiens. La Russie est le premier pays d'asile, suivi de l'Allemagne, la Pologne, le RU, l'Espagne, l'Italie.
Lien ajouté le 15 janvier 2026
"Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), en mars 2023, plus de 8 millions d’Ukrainien-nes ont dû quitter leur pays en fuyant les bombardements et/ou l’occupation de leurs territoires par l’armée russe et près de 5 millions ont été contraint-es à se déplacer, à l’intérieur même de l’Ukraine, vers des régions moins affectées par les combats. Les pays de l’Europe centrale et orientale, alors qu’ils étaient traditionnellement réticents à une politique européenne de l’asile [Gemenne et Thiollet, 2022] et à s’ouvrir aux exilés syriens et afghans [Wihtol de Wenden, 2022], ouvrent immédiatement leurs portes... Exilés, réfugiés politiques, réfugiés de guerre, bénéficiaires de la protection temporaire, déplacés, migrants ou encore relokanty. Plusieurs termes sont utilisés pour désigner les ressortissant-es des trois pays concernés par la guerre qui ont pris les routes de l’exil. Certains renvoient directement aux catégories juridico-administratives qui, produit d’enjeux politiques, économiques et sociaux, « en disent bien plus sur les sociétés qui les mettent en œuvre que sur les individus qu’elles sont censées désigner » [Akoka, 2020]. Comme dans le cas d’autres formes de migrations forcées, ces catégories contribuent à conforter les hiérarchies rendant certains étrangers (réfugiés en l’occurrence) plus légitimes que d’autres (migrants) et occultent la diversité des expériences, des parcours et des profils de ceux et celles qu’elles regroupent [Agier et Le Courant, 2022]."
Lien ajouté le 14 mai 2026
« La mission secrète visant à sauver les archives vitales des Nations Unies sur les réfugiés palestiniens. Des millions de documents relatant des générations de traumatismes ont été sauvés à Gaza et à Jérusalem-Est lors d'une opération de 10 mois menée par l'UNRWA » (
The Guardian).
Roger Hearn à l’Unrwa, Jean-Pierre Filiu à Sciences Po et Anne Irfan à University College London rappellent que ces archives ne sont pas de simples papiers. Elles prouvent les lieux, les familles et l’exil palestinien. Fondée en 1949 pour aider environ 750.000 réfugiés palestiniens, l’UNRWA a accumulé des cartes d’enregistrement, des actes de naissance, de mariage et de décès. Pour beaucoup de familles, ces dossiers restent le lien matériel avec les villages quittés en 1948. À Gaza, des centaines de milliers de pièces existaient encore seulement sur papier en 2023, malgré des campagnes de numérisation. Leur conservation devenait urgente, car bombardements, incendies, saisies possibles et cyberattaques menaçaient une mémoire unique. Jean-Pierre Filiu souligne que ces documents éclairent l’expérience palestinienne de 1948. Environ 200.000 réfugiés arrivent alors à Gaza depuis toute la Palestine, avec des récits de fuite, des biens perdus, des maisons détruites et des lieux d’origine identifiables. Pour Roger Hearn, leur disparition aurait été catastrophique, car ces archives peuvent prouver qu’une famille vivait autrefois dans un lieu précis. Dans un conflit où la terre, le retour et la preuve sont disputés, l’archive devient un outil politique et territorial. Le sauvetage commence sous les frappes, après l’évacuation des bureaux de l’Unrwa à Gaza City. Une petite équipe revient en pickups loués et effectue trois trajets vers Rafah, pour mettre les boîtes à l’abri dans un entrepôt alimentaire près de la frontière égyptienne. La sortie de Gaza se fait discrètement, car Le Caire voulait consulter Israël et l’Unrwa craignait une saisie. Des agents munis de passeports internationaux transportent des enveloppes non marquées, avant l’acheminement vers Amman par des avions militaires jordaniens. À Jérusalem-Est, les archives deviennent à leur tour menacées par les pressions contre l’Unrwa, les incendies du compound et les lois israéliennes de janvier 2025 interdisant l’agence. Des employés transfèrent alors les dossiers vers la Jordanie, par étapes secrètes. À Amman, plus de 50 employés scannent les dossiers dans un sous-sol exigu, avec un financement surtout luxembourgeois. Près de 30 millions de documents sont déjà numérisés, pour reconstituer des arbres familiaux et cartographier les déplacements de 1948. Anne Irfan rappelle que les Palestiniens, peuple sans État, ne disposent pas d’archive nationale unifiée. Ces dossiers éclairent 80 ans d’exil et donnent aux familles une géographie vérifiable de leur mémoire.
Articles connexes
Rapport mondial sur les déplacements internes (Conseil norvégien pour les réfugiés)