Chaque hiver, en France, près de 500 000 enfants de moins de 2 ans sont touchés par la bronchiolite du nourrisson et 30 000 d’entre eux subissent une hospitalisation. Cette incidence varie cependant énormément d’un bébé à l’autre, avec de fortes disparités géographiques. Pour la première fois, une étude, pilotée par une équipe pluridisciplinaire lyonnaise, en collaboration notamment avec l’université de Princeton (Etats-Unis), a analysé les déterminants urbains de ces particularismes territoriaux, en cartographiant les principaux facteurs de risque, quartier par quartier, dans les 58 communes de la métropole de Lyon. Publiée le 14 octobre 2025 dans la revue internationale BMC Public Health, l’étude confirme - c’est le premier enseignement - des inégalités territoriales marquées : les communes du Sud-Est de la métropole (Vénissieux, Bron, Feyzin, Saint-Fons) présentent un taux d’hospitalisation nettement supérieur à celui des quartiers du Nord-Ouest (Écully, Caluire, Tassin).
Incidence cumulée des infections respiratoires aiguës sévères à virus respiratoire syncytial chez les
enfants de moins de 2 ans, par commune de la métropole lyonnaise (source : teamHCL)
- Le niveau socio-économique. Une corrélation linéaire forte a été observée entre le revenu médian (du code postal de résidence) et le risque d’hospitalisation. Plusieurs éléments peuvent l’expliquer, même si ce n’était pas l’objet de l’étude, comme une exposition plus forte à la fumée de tabac, un nombre de contacts plus importants des nourrissons en lien avec le mode de garde, ou encore l’accès des parents au système de santé ».
- Le logement surpeuplé ("crowding"). Les foyers sur-occupés (comptant moins de pièces que le nombre de pièces théoriquement nécessaires) présentent un risque accru, en raison de contacts inter-enfants plus fréquents, favorisant la transmission.
- Les conditions climatiques. Une corrélation été observée entre la température de l’air et le risque d’hospitalisation. Le bâti urbain, la présence de parcs et d’eau modifient la température de l’air (comme dans le cas des ilots de chaleur). Les écarts de température et d’humidité, parfois importants au sein d’une métropole, pourraient influencer la susceptibilité aux infections et la transmission du VRS.
- La pollution atmosphérique. Une corrélation forte été observée entre le taux de PM10 (particules d’un diamètre inférieur à 10 μm) et le risque d’hospitalisation. Cette pollution atmosphérique, plus forte dans les centres-villes, les zones densément urbanisées ou industrialisées, accroît la sévérité des symptômes de la bronchiolite et le risque d’hospitalisation.
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