Cartes et données sur les séismes en Turquie et en Syrie (février 2023)


Une série de tremblements de terre de forte magnitude (supérieure à 7,5 sur l'échelle de Richter) a frappé la Turquie et la Syrie le 6 février 2023, causant des destructions massives et faisant plus de 45 000 morts (bilan au 1er mars 2023). Les secousses ont été enregistrées dans une bonne partie de l'Europe et jusqu'au Groenland, avec de nombreuses répliques dans les jours qui ont suivi. Ces séismes se sont produits dans des régions assez démunies, à l'est de la Turquie et au nord de la Syrie. 

L'aide humanitaire peine à être acheminée et beaucoup de victimes n'ont pu être secourues. Des immeubles entiers ne respectant pas les normes anti-sismiques se sont effondrés. Le président Erdoğan se retrouve sous le feu des critiques pour avoir approuvé un vaste programme d'amnistie en 2018, qui a régularisé des millions de bâtiments non conformes aux normes sismiques, en dépit des précédents qu'a connus la Turquie en matière de catastrophe (le séisme d'Izmit en 1999 avait fait plus de 17 000 morts). En Syrie, la population, déjà très affectée par la guerre civile, se retrouve dans une situation de vulnérabilité accrue. Dans un contexte géopolitique très difficile à gérer, l'enjeu humanitaire se transforme en enjeu politique.

Face à une catastrophe de cette ampleur, il est important, en tant que géographes, de proposer des pistes d'analyse scientifique et des ressources didactiques qui sortent du catastrophisme ambiant. Ce billet de recension n'a pas vocation à être exhaustif, mais seulement à proposer des ressources pour enseigner. Il vise tout d'abord à distinguer les dimensions de traitement médiatique d'une catastrophe, des pistes d'analyse scientifique en termes d'aléa / risque / vulnérabilité mais aussi d'enjeux (économiques, sociaux, politiques, environnementaux...). Il propose également de montrer l'usage (et les limites) des outils de cartographie numérique pour la mise en visibilité des zones à risques, l'organisation de l'aide humanitaire mais aussi la modélisation et la simulation pour d'autres séismes (notamment à Istanbul).


Données de secousses sismiques enregistrées par l'Observatoire Kandilli et
l'Institut de recherche sur les tremblements de terre (KOERI)


1) Traitement médiatique de la catastrophe

« Séismes en Turquie et en Syrie : visualisez l'épicentre et les zones touchées » (Le Monde). 

« La Turquie, une longue histoire de séismes dévastateurs » (RFI). Il s'agit du cinquième séisme le plus meurtrier du XXIe siècle (Le Monde-Les Décodeurs). 

« Les séismes du 6 février 2023 en Turquie et Syrie » (carte-infographie de Visactu). Voir le graphique des principaux séismes en Turquie depuis 1900.

« En Turquie et en Syrie, secousses sismiques, répliques politiques » (Le Monde). L’acheminement de l’aide à la Turquie et à la Syrie est conditionné à la fois à l’accessibilité des routes, à la météo, mais aussi au morcellement géopolitique de la région. Voir la carte du journal Le Monde et sa présentation par Delphine Papin dans le cadre de l'émission Cartes en mouvement (France Culture).

« Séismes, histoire d'un cataclysme politique » (Radio-France). De Voltaire à Aznavour jusqu’au drame humanitaire qui sévit aujourd'hui en Turquie et en Syrie, les séismes sont toujours, aussi, des cataclysmes politiques.

Les zones touchées par les séismes à l'échelle de la France (France Bleu). Si ce type de comparaison visuelle (#mapcomparison) permet de donner une idée générale de l'importance de la catastrophe, on compare ici des territoires et pas des populations dont la vulnérabilité, rappelons-le, n'est absolument pas la même.

« Comment la Turquie a été secouée par plus de 10 000 répliques depuis le tremblement de terre du 6 février » (Reuters). La datavisualisation proposée par Reuters Graphics permet de comparer quelques grands séismes avec leur nombre de répliques et de montrer que ces dernières peuvent être nombreuses, même si leur intensité décline progressivement. De grandes répliques peuvent se produire, mais elles ne sont pas la norme - et elles deviennent moins probables avec le temps.

La comparaison entre un article du New York Times et un article de la BBC permet d'observer deux types de traitement médiatique : le premier repose plutôt sur des cartes et des données satellitaires (data journalism), le deuxième est basé davantage sur des photographies au sol (visual journalism) à hauteur d'hommes. Dans les deux cas, on observe le rôle important de la géolocalisation. Au delà des images, Reuters propose un storytelling plus pédagogique avec des cartes montrant la fréquence des séismes et des schémas explicatifs concernant les types de failles (voir également cette storymap). Kenneth Field (@kennethfield) compare, à travers une revue cartographique, la manière dont les médias ont cartographié la catastrophe.

Comparateurs d'images aériennes et satellitaires avant et après la catastrophe : images Planet (voir le montage vidéo). Vue avant/après d'un impressionnant glissement de terrain dans une oliveraie près d'Hatay.

Reconstitution par le New York Times des façades de rues d'Antakya en surimpression des images de drones prises après le tremblement de terre. Cela fait penser aux images d'anastylose que l'on trouve d'habitude dans le domaine de l'archéologie (New York Times). Dans le même style, le journal propose une reconstitution en 3D de l'effondrement de l'immeuble Renaissance : un complexe d'appartements haut de gamme censé transformer l'enclave rurale d'Ekinci en banlieue animée et qui s'est effondré du fait d'une série de mauvaises décisions architecturales (« Comment un immeuble d'appartements haut de gamme est devenu un piège mortel », New York Times)

Densité de population et intensité des secousses (carte 3D par @Kontur Inc). Voir également la carte en relief proposée par @Riccarto pour rendre visuellement la forte intensité des séismes.

« Un village syrien d'Idlib emporté par une inondation après l'effondrement d'un barrage » (Arabnews). Voir la cartographie de la zone inondée par l'UNOSAT.

« Séisme en Turquie : un barrage fissuré fait craindre une nouvelle catastrophe » (reportage vidéo TF1-Info)

Séismes et effet de ricochet. Peu relayée pour l'instant, la question de la vulnérabilité des barrages (souvent en terre) en Turquie. Ils pourraient avoir joué eux-mêmes un rôle dans les mouvements  tectoniques (Jordan News).

« La ville qui ne s'est pas effondrée : comment Erzin est devenue un refuge après le tremblement de terre en Turquie » (NBCNews) Cette ville de la province de Hatay, dans le sud de la Turquie, n'a subi aucun décès et n'a vu aucun bâtiment s'effondrer du fait de la décision de longue date de ne pas autoriser les constructions qui violent les lois du pays.

« Le président Erdoğan sous le feu des critiques pour avoir supervisé un vaste programme d'amnistie en 2018 ». Ce programme a régularisé des millions de bâtiments non conformes aux normes sismiques du pays, en dépit des précédents en matière de catastrophes (Financial Times). Les amnisties en la matière sont fréquentes en Turquie, surtout à l'approche des élections pour séduire les habitants et les promoteurs. Mais la campagne de régularisation de 2018 était sans précédent : plus de 7 millions de logements devenus "conformes" du jour au lendemain. Jusqu'à 75 000 bâtiments dans la zone du tremblement de terre ont bénéficié d'un tel sursis » (The Guardian).

« Pourquoi l’armée turque a-t-elle si peu réagi et est intervenue aussi tard après les tremblements de terre ? » (Foreign Policy).

Si le terme de résilience revêt un sens fort dans le domaine de la géographie des risques, il convient de noter que le terme est récupéré politiquement par Erdogan qui a annoncé un "programme de reconstruction d’urgence et de résilience au profit des provinces sinistrées" (sic). Ce programme prévoit la fin des immeubles de grande hauteur (avec des petites unités limitées à 3 ou 4 étages maximum) ainsi que des études préalables tenant compte des conditions géologiques, géophysiques, géotechniques, hydrogéologiques, sismotectoniques et morphologiques.  « Nous ne pouvons laisser nos villes se vider... Nous construirons et remplacerons chaque maison détruite par une nouvelle maison meilleure, plus belle et plus sûre », a déclaré le président de la Turquie.

Kenneth Field passe en revue les cartes produites par les médias ayant couvert l'événement (presse anglophone).

« Le dessous des images. Turquie : le drame vu de l'espace » (Arte - Le dessous des images).

Deux images satellite de l'épicentre du séisme turco-syrien, prises avant et après la catastrophe, révèlent son ampleur. Pourquoi le fait de regarder notre planète depuis l'espace nous donne-t-il l'impression de mieux voir ? Six mois séparent ces deux images de Kahramanmaras : la première date de juillet 2022, la seconde du 8 février 2023, soit deux jours après le séisme de magnitude 7,8 qui a frappé la Turquie et la Syrie. Quand on déplace le curseur d'une image à l'autre, des immeubles disparaissent sous nos yeux. Ce type d'images circule aujourd'hui largement. Stephen Wood, de l'entreprise privée Maxar, détaille les coulisses de ces photos prises à 500 ou 700 kilomètres de la Terre. L'historien des sciences Sebastian Grevsmühl explique pourquoi les images satellite bouleversent notre perception du monde.

2) Pistes d'analyse scientifique en termes d'aléa / risque / vulnérabilité et enjeux

« Séismes en Turquie et en Syrie : l'une des pires catastrophes naturelles depuis un siècle » (Radio-France). Avec Leïla Vignal géographe, professeure et directrice du département de géographie à l'École normale supérieure (ENS), spécialiste de la Syrie et du Moyen-Orient.

« Trois questions à Robin Lacassin sur les séismes du 6 février 2023 en Turquie ». Robin Lacassin, chercheur CNRS et géologue à l'IPGP et Université Paris Cité, revient en vidéo sur les mécanismes à l'origine de ces secousses (Chaîne IPGP). 

« Séisme en Turquie et en Syrie : où sont les failles ? ». Avec Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du Globe de Paris et Michel Campillo, sismologue, professeur à l’Université Grenoble Alpes (Radio-France).

« Turquie / Syrie : les grands séismes de février 2023, entre aléa, risque vulnérabilité et résilience » (Géoimage). Un dossier proposé par Laurent Carroué et Pierre Ferrand à partir d'images satellites interprétées, qui montre que "cette catastrophe n’est en rien fatale ; elle témoigne des profondes impasses d’un modèle de croissance spéculatif, extensif et court-termiste. Elle pose surtout en termes nouveaux la question d’une véritable sortie de crise fondée sur une nouvelle résilience systémique".

« Un séisme qui intéresse autant la politique que la géologie ». Entretien vidéo avec Pierre Raffard qui analyse les conséquences immédiates et à plus long terme de cette tragédie (Société de Géographie).

« Série Turquie, Syrie : après le séisme » (France-Culture). Dans l'épisode 1 ("L’Etat turc face à ses responsabilités"), Yoann Morvan explique qu'"au-delà des bâtiments individuels et commerciaux, un certain nombre d’infrastructures publiques - l’une des fiertés du régime - ont aussi été détruites. Cela pose la responsabilité de l'État car certains bâtiments étaient censés servir de refuge aux populations comme des hôpitaux ou permettre l’arrivée des secours comme l’aéroport d’Antioche ». Pour Gülçin Erdi, « ce séisme est le miroir des dysfonctionnements du régime présidentiel et suscite de nombreuses interrogations sur les conditions de réalisation des élections [présidentielles de mai 2023] notamment dans les régions touchées par la catastrophe ».  Pour Nouran Gad, "dans une société déjà en situation de crise économique avec une xénophobie antisyrienne latente, des rumeurs de pillages commises par des Syriens se sont rapidement diffusées et les cas de discriminations ont explosé". Dans l'épisode 2 ("Les sinistrés otages du régime syrien"), Ziad Majed rappelle que "les Nations unies ont souvent eu une politique attentiste vis-à-vis de la Syrie, les négociations avec son allié russe étant très lentes. Là, l’aide est urgente et elle va être nécessaire pendant longtemps sans attendre que la Syrie ou la Russie soient d'accord". Dans l'épisode 3 ("La puissance régionale turque ébranlée ?"), selon Jana Jabbour "ce séisme crée un contraste entre l’efficacité du gouvernement turc et l’apathie des gouvernements arabes en Syrie, au Liban et en Jordanie. Paradoxalement, ce séisme a relancé le débat autour du modèle turc." Pour Aurélien Denizeau, "chacun a des intérêts à envoyer ces aides humanitaires. Elles peuvent favoriser et accélérer la normalisation des relations avec certains États comme l’Egypte, Israël mais aussi l’Arménie. Elles servent aussi à des États comme la Grèce à montrer à l’opinion publique turque qu’on les aide et que les rivalités diplomatiques sont mises en scène par le président Erdogan."

« Séismes, inondations : penser le risque naturel » (France Culture, Géographie à la carte). Pour Magali Reghezza-Zitt géographe spécialiste des risques naturels, de la vulnérabilité urbaine et des stratégies de gestion, « il n'y a pas d'un côté une culture du risque et de l'autre un déni absolu du risque, ce n'est pas si simple. Ce n'est pas parce qu'on connaît le risque qu'on en a une mémoire, ce n'est pas parce que l'on sait en partie comment résoudre le problème que cela va marcher le jour J [...]. Il y a une dimension politique dans la gestion des risques et en amont dans la prévision des catastrophes. Dans certains cas, l'inaction, la non prise en compte des décisions, est un choix. Il y a, dans la catastrophe et l'après catastrophe, un récit de légitimation du pouvoir. Quels que soient les époques et les régimes, dans les Etats modernes et pré-modernes, la sécurité fait vraiment partie des prérogatives régaliennes. [...] Vous acceptez à un moment donné de vivre en société parce qu'un pouvoir vous garantit cette sécurité. Et donc la vacance du pouvoir est quelque chose de terrible qui rompt le pacte social. [...] Vous avez une mise en scène du pouvoir qui va se réaffirmer à travers la gestion de crise...».

Séisme en Turquie : « ce sont 400 kilomètres de faille qui ont été brutalement réactivées » (Futura Sciences). Mustapha Meghraoui, chercheur en paléosismologie à l’université de Strasbourg, apporte des éclaircissements sur ces terribles événements, qui étaient prévisibles en considérant les contraintes tectoniques accumulées.

Les données satellitaires montrent à quel point le séisme de 6,8 qui s'est produit en 2020 était proche géographiquement des récents séismes de 2023 (écart d'environ 55 km seulement entre les deux). Est-ce que l'on aurait pu s'y attendre ? C'est une question sur laquelle de nombreux scientifiques travailleront dans les semaines et les mois à venir (Dr Chris Milliner).

« Temporary seismic quiescence : SE Turkey » (Geophysical Journal). Même si le XXe siècle a été une période d'une relative quiétude, la mémoire du risque est à prendre en compte. 

Le professeur de géophysique Diego Melgar (@geosmx) a reconstitué une modélisation 3D des tremblements de terre à partir des enregistrements.

Erdik, M., Tümsa, MBD, Pınar, A., Altunel, E. et Zülfikar, A preliminary report on the February 6, 2023 earthquakes in Türkiye (Tremblor). Le rapport commence par l'étude des mécanismes géologiques, mais aborde ensuite le problème du non respect des règles de construction (d'où des effondrements de bâtiments en crêpes particulièrement meurtriers), l'impact sur les infrastructures (routes, barrages, hôpitaux...), les questions spécifiques liées aux phénomènes de liquéfaction, l'absence de dispositif d'alerte précoce (le séisme a eu lieu de nuit) ainsi que la faible couverture du  risque par les assurances (les pertes assurables sont difficiles à estimer mais pourraient dépasser les 4 milliards de dollars). Depuis 2000, l'assurance tremblement de terre est obligatoire pour les habitations privées situées en zones à risque. Elle est couverte par le pool turc d'assurance contre les catastrophes (TCIP, DASK en turc). Le système d'assurance obligatoire contre les tremblements de terre en Turquie devrait permettre de couvrir environ 55 % des bâtiments endommagés. Le pool couvre les montants jusqu'à un certain niveau, mais au-delà l'assurance est facultative et couverte par des assureurs privés.

Rashmin G, Escudero I., Anil O, Edward D-J. & al., Global Rapid Post-Disaster Damage Estimation (GRADE Report), 2023, februar 6, Kahramanmaraş Earthquakes, Türkiye Report, Washington, DC (Banque mondiale). Ce rapport de la Banque mondiale estime à plus de 34 milliards de dollars les dommages causés par les séismes en Turquie, soit l'équivalent de 4 % du PIB du pays en 2021. Ce montant pourrait être deux fois supérieur du fait des coûts liés à la reconstruction. Les baisses de PIB dues aux perturbations économiques engendrées par les tremblements de terre en Turquie (plus de 10 000 répliques en un mois) viennnent s’ajouter aux dommages directs.

Taftsoglou M., Valkaniotis S., Karantanellis E., Goula E., Papathanassiou, Preliminary mapping of liquefaction phenomena triggered by the February 6 2023 M7.7 earthquake, Türkiye / Syria, based on remote sensing data (Zenodo). Ce rapport préliminaire sur la cartographie des phénomènes de liquéfaction est basé sur l'imagerie satellitaire optique (imagerie VHR Maxar, Planet, Copernicus Sentinel-2 et autres) ainsi que sur les orthophotos Copernicus Sentinel-1 SAR et UAV. Il cartographie 750 sites avec liquéfaction et étalement latéral. En raison de limitations (couverture de neige, disponibilité en images VHR), la cartographie a été limitée au tremblement de terre M7.7 le long de la zone de faille de l'Anatolie orientale et n'inclut pas la liquéfaction déclenchée par le tremblement de terre M7.6 d'Ekinözü.

Stein, R.S., Toda, S., Özbakir, A. D., Sevilgen, V., Gonzalez-Huizar, H., Lotto, G., Sevilgen, S., 2023, Interactions, stress changes, mysteries, and partial forecasts of the 2023 Kahramanmaraş, Türkiye, earthquakes. Selon ce rapport, la rupture de la faille d'Anatolie orientale était prévue par deux études scientifiques depuis 20 ans. Mais aucune des deux études ne donnait de prévision au sens strict. Si les moyens techniques actuels permettent de mesurer les contraintes qui s'exercent sur les failles, il n'est pas possible de dire à quel moment il peut y avoir rupture. Ces deux études identifiaient néanmoins les lieux où un séisme était le plus susceptible de frapper le long de la faille de l'Anatolie orientale (Tremblor).

Ce ne sont pas les séismes qui tuent. À propos des séismes de Kahramanmaras (Turquie) du 6 février 2023 (L'Information géographique). Jean-François Pérouse montre que « ce sont des facteurs très humains, trop humains qui expliquent la transformation de ces séismes en catastrophe sans précédent pour le pays dans une région au développement urbain rapide et incontrôlé ces trois dernières décennies ».

« Séismes de Turquie du 6 février 2023 : apports de la télédétection » (Planet-Terre). Caractérisation du rejet des failles par interférométrie RADAR et corrélation d’images. Contexte géodynamique de la plaque anatolienne.


3) Cartes et données SIG à visualiser en ligne ou à télécharger

Cartographie préliminaire des ruptures de faille réalisée à partir d'une analyse des données satellitaires post-séisme (USGS). Voir aussi la storymap qui donne l'essentiel des interprétations  :
https://usgs.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=5229bb842bd64b688d769abbefe43b46

Cartographie des zones impactées à partir d'images satellites en open data :
https://ouutu.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=86251995abe0496da17122a1b7a1c562

Carte des dommages élaborée par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA et le California Institute of Technology en Californie du Sud à partir des images satellites Copernicus Sentinel-1 de l'Agence spatiale européenne (ESA) :
https://aria-share.jpl.nasa.gov/20230206_Turkey_EQ/DPM/

Images mises en téléchargement par l'Observatoire de la Terre (EOS-RS) et le Centre d'imagerie et d'analyse rapides avancées de Singapour (ARIA-SG) :
https://eos-rs-products.earthobservatory.sg/EOS-RS_202302_Turkiye_Syria_Earthquake/

Données de secousses sismiques enregistrées par l'Observatoire Kandilli et l'Institut de recherche sur les tremblements de terre (KOERI) - Université du Bosphore :
http://udim.koeri.boun.edu.tr/zeqmap/hgmmapen.asp#

Cartes et données SIG mises à disposition par le service de gestion des urgences de Copernicus :
https://emergency.copernicus.eu/mapping/node/155224
https://emergency.copernicus.eu/mapping/list-of-components/EMSR648

Cartographie polygonale des zones impactées à partir de l'analyse des images Maxar (changements entre 2019 et 2023) :
https://maxar-opendata.s3.amazonaws.com/events/Kahramanmaras-turkey-earthquake-23/building_change/DataDescription.txt

Analyse d'images du CNES par le Service régional de traitement d'image et de télédétection (SERTIT) https://sertit.unistra.fr/rms/?action=783
https://sertit.unistra.fr/rms/?action=777

Carte d'évaluation des dommages aux bâtiments par Gece Yazilim, Yer Cizenler et İhtiyaç Haritası :https://hasar.6subatdepremi.org/

Il s'agit d'une évaluation préliminaire au 20 février 2023 en fonction du niveau d'endommagement. Il peut y avoir plus de bâtiments endommagés que ceux représentés sur la carte. Cette cartographie d'estimation ne se substitue pas aux enquêtes détaillées qui ont lieu dans un deuxième temps (voir cet article).

Une autre application en ligne peut être utilisée en complément. Il s'agit du géoportail de la Turquie qui fournit les images satellites suite aux tremblements de terre :
https://atlas.harita.gov.tr/#6.99/37.498/37.15

Carte des risques sismiques en Turquie élaborée en 2018 par l'AFAD (Agence chargée de la gestion des urgences et catastrophes au sein du Ministère turc de l'Intérieur). Destinée à remplacer la carte de 1996 qui n'était plus à jour, cette carte était censée aboutir à un renforcement des règles de construction parasismiques après le terrible séisme d'Izmit en 1999 (17500 morts). Mais l'absence de contrôles en a limité l'application.
https://www.thbb.org/media/474741/turkiye_deprem_tehlike_haritasi.pdf



« Earthquake Insurance in Turkey ». Ce rapport de la Banque mondiale, publié en 2006, cherche à évaluer les critères de prise en charge du risque sismique par les assurances. Suite au séisme de 1999, il s'agit de réévaluer la sinistrabilité à l'échelle de tout le territoire de la Turquie (la carte en 5 zones reprend le même zonage que la carte des risques ci-dessus) :
https://www.alnap.org/system/files/content/resource/files/main/turkeyeqinsurance-book.pdf



En l'absence de cartographie exhaustive concernant l'âge et la résistance des batiments à l'échelle de la Turquie, on peut néanmoins disposer de ce type de données pour Istanbul. Un article récent, publié en 2022, donne des modèles de simulation en cas de séisme.

Carte mondiale des risques sismiques (Global Earthquake Model). Cette carte de 2018 décrit la distribution géographique de l'accélération maximale du sol (PGA) avec une probabilité de 10 % d'être dépassée dans 50 ans. La carte a été élaborée à partir de modèles probabilistes de risques sismiques développés par diverses institutions et projets à l'échelle nationale et régionale ainsi que par des scientifiques de la Fondation GEM. 

La carte interactive de Seismic Explorer permet de visualiser 40 ans d'activité sismique à la surface du globe, avec des informations sur la magnitude, la profondeur et l'emplacement de chaque tremblement de terre enregistré.

La base de données Active Faults of Eurasia (AFEAD), sortie fin 2022, dispose d'une carte interactive. En cliquant sur les failles, on accède à des descriptifs avec les articles scientifiques correspondant.

Des images et des analyses à partir d'images satellites Pléiades (CNES) sont mises à disposition dans le cadre de la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures ». Cartes réalisées par UNITAR / UNOSAT.

4) Utilisation de la cartographie pour organiser l'aide humanitaire

« La région n'était pas prête à endurer cela : après le séisme en Syrie, le défi des secouristes pour acheminer l'aide humanitaire aux victimes » (France-Info).

« Acheminer l’aide humanitaire en Syrie après le séisme : le casse-tête devenu course contre la montre ».  L'article pose plusieurs questions : faut-il rouvrir tous les points de passage, suspendre les sanctions, dépolitiser l'aide ? (RTBF). 

« Après la catastrophe, le difficile déploiement de l’aide humanitaire en Syrie et en Turquie » (National Geographic). Au total, la Turquie a reçu des offres d’assistance de 103 pays et a coordonné l’arrivée de 11 320 personnels de 90 pays. […] À l’inverse, en Syrie, peu d’aide gouvernementale a été envoyée dans les zones les plus sinistrées, la région étant sous contrôle rebelle. L’aide bilatérale a été réduite et l’accès des ONG strictement limité.

« Séisme en Turquie : la colère de membres d'ONG empêchés de faire leur travail » (Géo). Dès le 15 février 2023, les autorités turques appliquent brutalement la politique gouvernementale de centralisation du contrôle de l'aide. Les centre de distribution "non-officiels" sont repris en main par de nombreux militaires, forces armées et de police. Plusieurs centres de distribution, pourtant très bien gérés par les Kurdes, sont aussi été fermés par la gendarmerie. 

« Craindre le politique : la réponse humanitaire aux catastrophes dites "naturelles" » (Cahiers d'Outre-Mer). "Le rapport des humanitaires au politique lors de la réponse aux catastrophes en zones de conflit : un cercle vicieux ?" Le schéma explicatif proposé dans cet article prend tout son sens si l'on se réfère aux difficultés rencontrées par l'aide humanitaire lors des séismes en Turquie et Syrie.

« Les satellites, précieux alliés dans l’organisation des secours en Turquie et en Syrie » (Le Courrier International).

Cartographie collaborative à partir des données d'OpenStreetMap (HotOsm). Données SIG à télécharger sur le site Data.humdata.org (couches bâtiments, routes, zones peuplées, établissements de santé, ports et aéroports...).

A compléter par les rapports très détaillés du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (UNOCHA) qui publie des bulletins réguliers sur l'impact des séismes en Turquie et en Syrie.

Impact Initiatives est un "think-and-do tank" basé à Genève qui vise à améliorer l'impact de l'action humanitaire. Il montre, par une série de cartes, la grande vulnérabilité et les besoins des personnes résidant dans le nord-ouest de la Syrie.

Comment le système d'information rapide sur les tremblements de terre LastQuake, conçu par des sismologues du Centre Sismologique Euro-Méditerranéen (CESM), et le système de crowdsourcing ont-ils été utilisés immédiatement après le tremblement de terre ? Voir le projet « Médias sociaux, sismologie citoyenne et réduction des risques sismiques » (SCOR).

La « carte post-séisme » des tremblements de terre de février 2023 en Turquie par Seda Şalap-Ayça (Université Brown). Cette crise a souligné le rôle essentiel des données géospatiales dans la réponse aux catastrophes, tout en révélant les disparités d'accès et de représentation des données à l'échelle mondiale. De nombreuses communautés vulnérables ne disposent pas des ressources nécessaires pour bénéficier équitablement de ces efforts, ce qui crée un vide critique souvent comblé par des organisations bénévoles. L'article met en lumière les inégalités présentes dans les situations de catastrophe et plaide en faveur d'approches plus équitables et inclusives en matière de secours. 

Données de population 2021 de la Turquie par sexe, par âge et par niveaux administratifs sur le site Human data (Hdx).

L’académie de Toulouse explique comment utiliser un SIG pour "amener les élèves, à travers une étude de cas contextualisée, à produire une carte narrative (story map) sur une image satellite d’une ville frappée par un aléa".

Lien ajouté le 13 novembre 2025

Görüm, T., Bozkurt, D., Korup, O. et al. (2025). La catastrophe sismique de 2023 en Turquie et en Syrie a été exacerbée par une rivière atmosphérique. Commun Earth Environment 6 , 151 . https://doi.org/10.1038/s43247-025-02111-9

Des chercheurs montrent qu’en 2023 un séisme majeur en Turquie-Syrie a été aggravé 36 jours plus tard par une rivière atmosphérique qui a intensifié les dégâts et complexifié la gestion. Le séisme a déclenché plus de 3500 glissements de terrain et déplacé 3 millions de personnes. La géographie montagneuse a renforcé la vulnérabilité des pentes déjà fragilisées par la rupture tectonique. La rivière atmosphérique venu de la mer Rouge a apporté jusqu’à 183mm en 20h. Ce flux d’air chaud et humide s’est heurté aux reliefs du Taurus, créant une orographie propice à des pluies extrêmes qui ont réactivé des glissements et généré des laves torrentielles. Les pentes affaiblies ont vu leur résistance diminuer de 52% à 77%. L’excès d’eau a remobilisé les matériaux sismiques, comblé des chenaux et provoqué des crues soudaines qui ont tué 12 personnes supplémentaires et perturbé les secours. ‪L’étude montre un enchaînement d’aléas. Séisme, neige, redoux puis pluie extrême ont augmenté l’humidité des sols et la fonte nivale. Ce cumul a accru la pression dans les terrains instables, favorisant un basculement rapide vers la catastrophe. Les rivières atmosphériques deviennent plus fréquents en Anatolie. Depuis 1979 leur présence augmente d’environ 1 jour par décennie et 94% des pluies extrêmes de mars coïncident avec ces phénomènes, ce qui modifie la géographie des risques régionaux. La modélisation montre que l’impact d’un séisme dépend de sa saison. Un choc en période de pic de rivières atmosphériques, comme en 2023, crée un risque post-sismique beaucoup plus élevé qu’un séisme en été ou en automne. L’étude révèle une dynamique de risques en cascade. Elle montre que la combinaison séisme et rivière atmosphérique reconfigure durablement les paysages et complique la gestion d’urgence, appelant à intégrer ces enchaînements dans les stratégies futures. 

Lien ajouté le 11 décembre 2025

« Istanbul. Le risque sismique, prétexte à une gentrification forcée » (OrientXXI).

Florian Pichet et Julien Grohar analysent comment le risque sismique devient un moteur de transformation urbaine. Ils montrent qu’à Istanbul, la peur d’un séisme majeur accélère des projets qui reconfigurent l’espace social. La mégapole de 16 millions d’habitants vit sous la menace d’un séisme de magnitude 7, estimé à 64% de probabilité d’ici 2030. Après les 18 000 morts d’Izmit en 1999 et les 50000 morts de 2023, l’impératif de sécurisation structure les politiques urbaines et justifie des rénovations massives. À Fikirtepe, premier quartier utilisé comme laboratoire, l’État invoque le risque pour exproprier. Les Gecekondu sont remplacés par des tours. Mais la crise économique laisse de nombreux bâtiments inachevés et révèle un décalage entre objectifs affichés et production réelle de sécurité. Depuis 2012 la loi sur les zones menacées de catastrophe permet d’accélérer les chantiers. Les « zones de réserve » facilitent l’expropriation dans des quartiers populaires densifiés, où le foncier devient stratégique. Ce cadre légal recentre le pouvoir d’aménagement entre les mains de l’État. Les habitants sont relogés loin du centre ou doivent payer des compléments prohibitifs. Avec une inflation supérieure à 35%, beaucoup quittent Istanbul. Cette relégation spatiale correspond à un processus de gentrification forcée, qui modifie la composition sociale des quartiers centraux. Le président Erdoğan veut faire de Fikirtepe le «  nouveau Manhattan  ».Les locataires, sans droits dans ces procédures, subissent des hausses massives de loyers après rénovation. Les immeubles reconstruits deviennent des actifs spéculatifs. Les opérations valorisent les propriétaires et les promoteurs beaucoup plus que la réduction du risque sismique. Le secteur de la construction, près de 5% du PIB, est central dans la stratégie du gouvernement. TOKI et de grandes entreprises proches du pouvoir bénéficient d’appels d’offres massifs. La logique d’accumulation prime souvent sur la cartographie réelle des zones de vulnérabilité urbaine. Cette politique transforme Istanbul par densification sélective, déplacements forcés et renforcement des inégalités socio-spatiales. Le risque sismique devient un outil de recomposition territoriale au profit des acteurs immobiliers. Fikirtepe est le premier quartier où le risque sismique a été utilisé pour justifier des expropriations.

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Cartes et données sur le séisme au Maroc (septembre 2023)

Cartes et données sur les tremblements de terre au Japon depuis 1923

Simuler des scénarios de tremblement de terre en utilisant des cartes





Une sélection d'atlas maritimes issus de la Harvard Map Collection


La bibliothèque de l'université de Harvard propose depuis 2015 une sélection d'atlas maritimes représentatifs de l'évolution des techniques de la navigation et de la cartographie entre 1590 et 1735.

Les premiers marins comptaient sur la transmission orale concernant les dangers de la navigation, les méthodes d'orientation et les mouillages le long des routes maritimes. Les Grecs et les Romains ont commencé à codifier ces informations dans des journaux manuscrits (péripli), qui énuméraient les distances entre les ports et les points de repère le long des côtes. Avec les progrès des techniques d'orientation et de navigation en Europe à la fin du Moyen Âge, ces guides textuels ont évolué en cartes portulans qui offraient des outils graphiques pour tracer un cap et suivre un itinéraire côtier. À partir de la fin du XVIe siècle, l'industrie naissante de l'édition cartographique a trouvé un marché réceptif pour les livres de pilotage et les atlas marins, qui ont fourni des collections de cartes détaillées et d'instructions nautiques pour les itinéraires les plus fréquemment empruntés. 

  • Le flambeau de la navigation (1623) - Blaeu, Willem Janszoon
    Instruction détaillée sur la navigation céleste; 41 cartes pour l'orientation vers les côtes des Pays-Bas, de la France, de l'Espagne, du Portugal, des îles britanniques, de la Norvège, de la mer Baltique et de la mer du Nord. Accès au visualiseur. A voir également sur Gallica.

  • Dell'arcano del mare (1646) - Dudley, Robert
    Premier atlas anglais imprimé de cartes marines couvrant toutes les parties du monde connu ; il a été pionnier dans l'utilisation de la projection de Mercator. Accès au visualiseur. 

  • Atlas marin hollandais (1654) - Wit, Frederik de
    Petit atlas marin, allant du Spitzberg au nord au cap de Bonne-Espérance au sud ; il comprend les côtes de l'Europe occidentale ainsi que l'Afrique occidentale et australe, les Caraïbes et la côte est de l'Amérique du Nord, l'Asie du Sud-Est et de l'Est. Accès au visualiseur. 

  • Le grand & nouveau miroir ou flambeau de la mer (1662) - Pierre Goos
    Reproduites ici, les deux premières parties se concentrent sur la navigation de l'ouest et du nord, y compris les îles britanniques, les Pays-Bas, la France, la péninsule ibérique et les îles Canaries. Accès au visualiseur. 

  • De nieuwe groote lichtende zee-fakkel (1734) - Keulen, Gérard van
    En son temps, le livre pilote le plus complet disponible. Les deux volumes présentés ici se concentrent sur la Baltique et la mer du Nord, les îles britanniques, la Manche, la péninsule ibérique et les îles Canaries. Accès au visualiseur (volume 1 et volume 2)

  • Atlas van zeevaert en koophandel door de geheele weereldt (1745) - Renard, Louis
    Cet atlas était destiné à une utilisation réelle en mer ainsi qu'à une consultation à terre ; bien qu'il ne contienne que 32 cartes, il offre une couverture mondiale d'un pôle à l'autre, y compris les côtes d'Afrique, d'Asie et des Amériques. Accès au visualiseur. 

Fondée en 1818, la collection de cartes de Harvard contient plus de 500 000 cartes anciennes et modernes. Une importante bibliographie sur l'histoire de la cartographie assortie de nombreuses cartes est proposée par l'Université de Harvard dans le cadre du projet History 1952.

Articles connexes

L'histoire par les cartes : une série de 14 films documentaires sur les cartes portulans (BNF)

L'histoire par les cartes : les créatures marines monstrueuses d'Olaus Magnus

La route maritime de la soie. Connectivités mondiales, nœuds régionaux, localités (ouvrage en open edition)

Le site Marine Traffic permet de visualiser la densité des routes maritimes

40 ans de piraterie maritime dans le monde (1978-2018) à travers une carte interactive

Comparer l'image aérienne de l'Île-de-France en 1949 avec celle d'aujourd'hui (Institut Paris Région)


À partir de photographies aériennes argentiques de l'IGN datant de 1949, l'Institut Paris Région propose une application web qui permet de comparer l'image aérienne de l'Île-de-France d'après-guerre avec celle d'aujourd'hui. 

Consulter la carte en plein écran

L'Institut a également réalisé une opération de photo-interprétation des clichés de 1949 afin de produire un Mode d'occupation du sol historique de l'Île-de-France. Ce dernier apporte des éclairages précieux sur les différentes mutations de l’espace régional francilien depuis 70 ans. 

Le Mos (Mode d’occupation du sol) est un inventaire numérique de l'occupation du sol de l'Île-de-France. Actualisé régulièrement depuis sa première édition en 1982, le millésime 2021 est sa dixième mise à jour. Au-delà d'un état des lieux à un instant T, c'est aussi un outil unique de suivi et d'analyse de l'évolution de l'occupation du sol francilien. Réalisé à partir de photos aériennes qui couvrent l'ensemble du territoire régional, le Mos distingue les espaces agricoles, naturels, forestiers et urbains (habitat, infrastructures, équipements, activités économiques, etc.) selon une classification allant jusqu’à 81 postes de légende.

Pour Jacques Lévy, "le Mos nous dit que l'intérêt pour la ville dense et diverse a progressé et inversement pour la dispersion".

Lien ajouté le 20 noembre 2025

Le MOS 2025 présente des évolutions majeures destinées à rendre la donnée plus fiable. Le nouveau millésime du Mode d'Occupation des Sols, disponible début 2026, ne se limite pas à une mise à jour : il améliore la qualité et la précision des données. 

Amélioration de la géométrie :
• Intégration des espaces publics (voirie, trottoirs, talus) dans le découpage.
• Corrections topologiques pour une base géographique nettoyée.
• Une granularité plus fine et des polygones mieux redécoupés.

Évolution de la nomenclature :
• Définitions clarifiées des postes de légende pour éviter les confusions et les ambiguïtés.
• Regroupements et création de nouveaux postes pour répondre aux besoins actuels (espaces verts, esplanades et places, stockage des données, tri et valorisation des déchets) et à l'évaluation du ZAN.

Ces changements seront rétroactifs et s'appliqueront à tous les millésimes. Zoom sur les évolutions.

Articles connexes

Atlas collaboratif de la mégarégion parisienne

Cartes et données du projet Grand Paris Express

Plans et rues de Paris d'hier à aujourd'hui

Les plans historiques de Paris de 1728 à nos jours (APUR - Cassini Grand Paris)

Atlas du mobilier urbain de Paris (APUR)

Portail des mobilités dans le Grand Paris (APUR)

Tableau de bord de la mobilité en Île-de-France




La parcelle dans tous ses états (ouvrage en open access)


Florence Bourillon, Corinne Jaquand (dir.). La parcelle dans tous ses états. Presses universitaires de Rennes, 2022. https://books.openedition.org/pur/164833

Résumé

La parcelle en ville est un objet historique qui s’inscrit dans le temps long sous diverses appellations. À la fois projection au sol d’un rapport de propriété légal ou coutumier et « petite partie d’un tout » à des fins d’exploitation et d’investissement, elle est propice aux approches pluridisciplinaires. Son étude renvoie en effet à la question cruciale du changement urbain, mais aussi aux idéologies politiques et modernistes à l’encontre du droit de propriété qui ont pu entraîner sa remise en cause au xxe siècle, comme en URSS et dans les États socialistes ou dans les ensembles d’habitat collectif de l’entre-deux-guerres et des Trente Glorieuses. À rebours, elle constitue un enjeu prégnant dans les projets urbains contemporains, sans que d’ailleurs les discours développés à son sujet ne fassent toujours l’objet de questionnements approfondis. Cet ouvrage se propose de reconstituer l’histoire longue de la parcelle car elle est susceptible de rendre compte, à bien des égards, des transformations contemporaines.

Introduction

Première partie. Plasticité

Deuxième partie. Verticalité
Troisième partie. Effacement et recomposition

Présentation publique du livre “La parcelle dans tous ses états” (source : Ecole supérieure d'arhitecture de Paris-Belleville)





L’école, la carte et les territoires


Hugo Botton est doctorant en sociologie. Il a suivi des études d’économie à l’ENS Paris-Saclay et est diplômé du master politiques publiques et développement (PPD) de l’École d’Économie de Paris (PSE). Il réalise actuellement une thèse Cifre, co-financée par le bureau d’études Le Compas et Nantes Métropole sur les trajectoires résidentielles des habitants des quartiers prioritaires. Ses recherches portent sur les inégalités socio-spatiales en milieu urbain et leurs implications en termes de politiques publiques. L'auteur s'intéresse en particulier à la question des inégalités scolaires qu'il aborde dans deux articles publiés en novembre 2022 et février 2023 dans La Vie des idées. Ces deux publications, en accès libre, présentent un grand intérêt du point de vue de la cartographie et des méthodologies mises en oeuvre. 

Le premier article, publié par Hugo Botton et Youssef Souidi, s'intitule Le collège d’à côté. Il s'agit de s'interroger sur la manière dont la ségrégation sociale se reproduit entre établissements scolaires parfois très proches. La publication en octobre 2022 des données de position sociale (IPS) des collèges permet d’ouvrir de nouvelles perspectives d’actions pour favoriser la mixité sociale. Le système d’affectation des élèves aux collèges se caractérise par le principe de la sectorisation scolaire (également appelé carte scolaire) selon lequel chaque élève est affecté à un collège public à proximité de son domicile. Cette méthode d’affectation est donc susceptible de reproduire au sein des collèges la ségrégation résidentielle. Les auteurs montrent de nombreuses configurations où des collèges très défavorisés se trouvent à proximité de collèges favorisés (moins de 15 mn à pied). L’existence de configurations où des collèges proches géographiquement scolarisent des élèves au profil social opposé rend possible une action sur la mixité sociale de ces établissements à moyen terme. Une sectorisation scolaire qui consisterait à affecter les élèves venant de quartiers proches, mais au profil social différent à un même collège favoriserait ainsi la mixité sociale dans le secteur de recrutement de ce collège. À l’inverse, en assignant les élèves d’un quartier défavorisé à un collège et ceux d’un quartier favorisé à un autre collège, la sectorisation scolaire reproduit à l’identique la ségrégation résidentielle. Le tracé de la sectorisation scolaire n’est donc pas neutre et au centre de luttes politiques entre parents d’élèves et décideurs. Par ailleurs, l’existence de collèges privés favorisés à proximité de collèges très défavorisés interroge sur le rôle du secteur privé dans la dégradation de la composition sociale de certains établissements publics.

Nombre de collèges très défavorisés à proximité d’un collège favorisé, par département en 2021
(source : Hugo Botton & Youssef Souid, 2022)


Le deuxième article, intitulé L’école, la carte et les territoires, concerne la carte scolaire ele-même. Instrument de répartition des élèves dans le secondaire, la carte scolaire fait l’objet de controverses régulières, autour de son rôle dans l’amplification de la ségrégation urbaine, et de son contournement possible. Peut-elle aussi être une solution aux inégalités sociales dans l’espace scolaire ? Il convient tout d'abord de rappeler que l’objectif premier de la carte scolaire n’est pas la recherche de mixité sociale, mais l’allocation des enseignants, l’ouverture et la fermeture de classes en fonction des besoins démographiques des territoires. Dans cette étude, Hugo Botton exploite de façon inédite les données de la carte scolaire à l’échelle nationale pour identifier des secteurs scolaires à proximité ayant une composition sociale très différente. Les frontières séparant ces secteurs pourraient être redécoupées pour favoriser la mixité sociale entre ces secteurs. La méthodologie s’inspire de celle utilisée par T. Monarrez et C. Chien aux États-Unis, qui a fait apparaître plus de 2 300 frontières qui séparent des secteurs aux compositions ethniques très différentes. A l'échelle de la France, cette démarche empirique permet d’identifier 135 frontières discriminantes (avec un écart des taux de pauvreté de 26 points en moyenne pouvant dépasser 40 points dans certains secteurs). Si le redécoupage des frontières discriminantes n’est pas la panacée pour favoriser la mixité sociale dans les collèges, celui-ci peut offrir des pistes pour l'action publique, notamment à travers l'exemple des secteurs multi-collèges dans certains contextes, notamment à Paris.

Illustration d’une frontière discriminante de la carte scolaire
(source : Hugo Botton, 2023)



A l'heure de possibles remaniements de la carte scolaire en lien notamment avec l'expérience des collèges multi-secteurs, ces deux articles ont le mérite d'ouvrir des pistes de réflexion et d'action pour plus de mixité sociale. Même si cette dernière n'est pas facile à atteindre en raison de l'absence de mixité résidentielle et des formes de séparatisme qui perdurent dans la société française, la mise en carte de ces données permet de rendre visible les disparités et de favoriser le débat autour des (re)découpages de la carte scolaire.

Sources des données

Carte scolaire des collèges publics avec une base adresse à l'échelle nationale (pour l'année 2022, le jeu de données couvre 86 départements) : 
https://www.data.gouv.fr/en/datasets/carte-scolaire-des-colleges-publics/

Taux de pauvreté à l’échelle de carreaux de 200m de côté (données Filosofi 2017, INSEE) :
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4176290?sommaire=4176305

Indices de position sociale dans les collèges de France métropolitaine et DROM (Data.education.gouv) :
https://data.education.gouv.fr/explore/dataset/fr-en-ips_colleges/information/

Adresse et géolocalisation des établissements d'enseignement du premier et second degrés (Data.education.gouv) :
https://data.education.gouv.fr/explore/dataset/fr-en-adresse-et-geolocalisation-etablissements-premier-et-second-degre/information/

Références

Botton, H. & Souidi, Y. (2022). « Le collège d’à côté ». La Vie des idées, 15 novembre 2022.
https://laviedesidees.fr/Le-college-d-a-cote.html

Botton, H. (2023). « L’école, la carte et les territoires ». La Vie des idées, 7 février 2023.
https://laviedesidees.fr/L-ecole-la-carte-et-les-territoires.html

La méthodologie détaillée et le code utilisé sont disponibles sur Github.
https://github.com/bottonh/CarteSco

Botton, H. et Miletto, V. (2018). Quartiers, égalité, scolarité. Des disparités territoriales aux inégalités scolaires en Île-de-France. Paris. Cnesco.
https://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2018/10/181026Cnesco_Botton_Miletto_IDF.pdf


Articles connexes

Étudier les inégalités entre établissements scolaires à partir de l'Indice de position sociale (IPS)


Les anciens millésimes de la BD Topo disponibles en téléchargement sur le site de l'IGN


L'Institut national de l'information géographique et forestière (IGNF) permet d'accéder à d'anciens millésimes de la BD TOPO® de 2009 à 2022. Les formats de téléchargement sont le format shapefile par lots départementaux depuis 2008, le format SQL pour les lots France depuis 2017 ou encore le format geopackage pour les lots départementaux depuis 2020.


Pour information, la BD TOPO® est une description vectorielle 3D (structurée en objets) des éléments du territoire et de ses infrastructures, de précision métrique, exploitable à des échelles allant du 1 : 2000 au 1 : 50 000. Elle couvre de manière cohérente l’ensemble des entités géographiques et administratives du territoire national. Elle permet la visualisation, le positionnement, la simulation au service de l’analyse et de la gestion opérationnelle du territoire. La description des objets géographiques en 3D permet de représenter de façon réaliste les analyses spatiales utiles aux processus de décision dans le cadre d’études diverses.

Depuis 2019, une nouvelle édition (mise à jour) est publiée chaque trimestre. Les objets de la BD TOPO® sont regroupés par thèmes guidés par la modélisation INSPIRE :

  • Administratif (limites et unités administratives) ;
  • Bâti (constructions) ;
  • Hydrographie (éléments ayant trait à l’eau) ;
  • Lieux nommés (lieu ou lieu-dit possédant un toponyme et décrivant un espace naturel ou un lieu habité) ;
  • Occupation du sol (végétation, estran, haie) ;
  • Services et activités (services publics, stockage et transport des sources d'énergie, lieux et sites industriels) ;
  • Transport (infrastructures du réseau routier, ferré et aérien, itinéraires) ;
  • Zones réglementées (la plupart des zonages faisant l'objet de réglementations spécifiques).


Articles connexes

Depuis le 1er janvier 2021, l'IGN rend ses données libres et gratuites

Lidar HD : vers une nouvelle cartographie 3D du territoire français (IGN)


Carto quiz : savez-vous situer les stations du métro parisien ?


Le journal Le Parisien propose un jeu en ligne pour voir si vous parvenez à localiser le plus rapidement possible les stations du métro parisien. La distance cumulée de vos réponses déterminera votre classement.

Vous connaissez Alexandre Dumas, Victor Hugo, Charles de Gaulle ou Rosa Parks ? Vous arpentez un Chemin Vert, un Sentier, un Grand boulevard ? Vers Rennes, Anvers, Liège ou Rome ? Si vous êtes familier de tout cela à la fois, c’est sans doute que vous êtes un fervent usager du métro parisien. Mais à quel point ?

On vous donne le nom d'une station, cliquez au plus près dans la carte (Carto Quiz - Le Parisien)


Le niveau de difficulté de ce questionnaire dépend du temps disponible pour répondre (10, 6 ou 4 secondes). Le nom d'une station va s'afficher au-dessus de la carte, en cliquant au plus près, vous obtiendrez la distance par rapport à sa localisation réelle. Après dix questions tirées au sort, c'est le cumul de ces distances qui déterminera votre classement.

« Carto quiz » a été réalisé grâce aux informations publiées par Ile-de-France Mobilités (données disponibles en open data).

Lien ajouté le 10 novembre 2025

[#30DayMapChallenge 2025] Paris en toute autonomie : accessibilité du métro, par Kevin Prieur.
Chaque station équipée d’un ascenseur est représentée par un contour bleu. La carte met en évidence les disparités d’accessibilité entre les lignes : certaines sont bien équipées, d’autres beaucoup moins. La carte est disponible en haute résolution sur ESRI Géo Communauté.

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Pouvez-vous localiser ces pays sur une carte ?

Worldle, le jeu géographique qui cartonne sur Internet

Countryle, un jeu pour acquérir des repères géographiques

Qu'est-ce que le Listenbourg, ce nouveau pays fictif qui enflamme Twitter ? (fake map)

Jeux de devinettes géographiques

Connaissez-vous les régions naturelles de France ? (Wedodata)

Délimiter le Nord et le Sud en France : une affaire de représentations ?


La répartition des noms de famille en Allemagne et dans d'autres pays


Source : The Distribution of Surnames (Maps Mania, 29 janvier 2023)

La Namensverbreitungskarte proposée par la Société de généalogie informatique est une carte interactive qui met en évidence la répartition des noms de famille en Allemagne. En saisissant un nom de famille dans la barre de recherche, on peut visualiser sur la carte où vivaient les personnes portant ce nom en 1890 et en 1996. Les données proviennent des listes de victimes allemandes de la Première Guerre mondiale et de l'annuaire téléphonique allemand de 1996.

Carte de distribution des noms en Allemagne (source : Société de généalogie informatique)



L'intérêt est de pouvoir visualiser plusieurs noms à la fois et faire ainsi des comparaisons. A chaque nouvelle recherche, le nom et sa distribution sont ajoutés avec une nouvelle couleur. Par exemple, la carte ci-dessus montre la répartition des noms Kruse, Kraus et Krause en 1890. La ligne de Benrath (une ligne qui divise grosso modo les dialectes du nord et du sud de l'Allemagne) apparaît dans la distribution des variations du nom. Si vous cliquez sur le lien À propos de la carte de distribution des noms, vous pouvez accéder à d'autre exemples concernant la distribution des noms de famille en Allemagne. Pour supprimer un nom de famille, cliquez sur l'entrée dans la légende.

La Germany Surname Map constitue un autre outil pratique pour visualiser la répartition géographique des noms de famille en Allemagne. Entrez un nom de famille dans l'outil et vous pourrez voir une carte indiquant où les personnes portant ce nom sont réparties dans tout le pays. Si vous entrez le nom Merkel dans la carte (le nom de l'ex-chancelière allemande), vous pourez découvrir qu'il s'agit d'un nom de famille courant en Allemagne, avec une répartition assez uniforme dans tout le pays. Angela Merkle est née à Hambourg. Il semble y avoir pas mal de Merkles à Hambourg, bien que ce nom de famille soit concentré surtout dans des länder du sud.

Vous pouvez également utiliser GeoGe pour afficher la répartition géographique des noms de famille. La recherche de Merkel sur GeoGen semble suggérer que la plus forte concentration de Merkel en Allemagne se trouve à Baden-Baden. Cependant, comme aucune des cartes n'utilise d'étiquettes de noms de lieux, il n'est pas toujours facile de déterminer les villes exactes. 

Si vous souhaitez rechercher la répartition géographique des noms de famille dans d'autres pays, vous pouvez utiliser (là aussi les sources de données peuvent être assez disparates) :

Vous pouvez également explorer la distribution mondiale de votre nom de famille en utilisant Forebears. Si vous entrez un nom de famille, le site vous indiquera la signification de votre nom et vous montrera une carte de sa distribution à l'échelle mondiale. Sous la carte, une liste vous indique le nombre d'occurrences par pays. Elle montre également le ratio de personnes portant votre nom de famille ainsi que le rang de votre nom par rapport à tous les noms de famille dans chaque pays.

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Cartographie des noms qui servent à désigner les couleurs en Europe (Mapologies)

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