Géographie des data centers dans le monde


Le site Visual Capitalist propose une carte des 50 plus grands data centers dans le monde d'après leur consommation énergétique. La carte met en évidence une répartition très inégale selon les continents. La concentration est forte aux Etats-Unis, en Europe et en Asie du sud et de l'est, tandis que l'Afrique et l'Amérique du Sud sont peu représentées.

Répartition des 50 plus grands data centers en 2023 (source : VisualCapitalist)

Les données proviennent de la société Cushman & Wakefield qui a publié en 2023 un rapport destiné à mettre en lumière, dans un but économique et financier, les plus grands marchés des centres de données. Il s'agit de données très évolutives tant le nombre de data centers évoluent rapidement chaque année. On estime qu’il existe plus de 8 000 data centers dans le monde. L'équipe de Brightlio a compilé une liste complète de statistiques sur les centres de données. On peut se référer également à la Data Center Map qui recence les centres de données depuis 2007.

Répartition des data centers dans le monde (source : Data Center Map)



A titre de comparaison, on peut comparer avec la carte des data centers de l'Atlas Espace mondial publié par Sciences Po en 2018.  

Une étude de l'AIE voit l'IA et la crypto-monnaie doubler la consommation d'énergie des centres de données d'ici 2026 (DatacenterFrontier.com).
Pour compléter

« Qu'est-ce qu'un data center ? » (Numérama)

« L’expansion des data centers dans le monde » (Veille Carto 2.0)

« Data-centers : les ogres énergivores d'Internet » (France Culture)

« Carte. Découvrez les régions qui accueilleront les 35 nouveaux data centers d’IA en France » (Ouest-France)

« Data centers et intelligence artificielle : la course au gigantisme » (Le Monde). Risque pour la transition énergétique, adaptabilité du réseau électrique, enjeu de souveraineté… L’essor des centres de données pose de nombreux défis.

« IA : les Emirats arabes unis annoncent la construction en France d’un data center géant » (Le Monde)

« Comment l’intelligence artificielle et ses data centers s’accaparent l’eau » (Basta)

« Comment l'IA change la façon dont le monde construit des ordinateurs » (The New York Times)

« Intelligence artificielle : la consommation d’énergie et d’eau des centres de données est jugée affolante » (Le Figaro)
 
« La consommation d’eau, nécessaire au fonctionnement des mécanismes de refroidissement des serveurs qui émettent beaucoup de chaleur, est un autre facteur d’inquiétude. Et c’est sans compter l’eau requise pour la génération d’électricité utilisée par les centres. Une vingtaine de requêtes sur un site comme ChatGPT engendre la consommation d’environ deux litres d’eau et un grand centre de données engloutit facilement plus de 2 millions de litres d’eau par jour, soit presque autant qu’une piscine olympique.

La recherche d’une IA plus frugale, c’est-à-dire moins consommatrice d’énergie pour des performances équivalentes, et moins émettrice de CO2, émerge. Les législateurs commencent à réclamer des comptes. Dans l’UE, la directive sur l’efficacité énergétique exige désormais des rapports sur la performance énergétique des centres de données. Aux États-Unis, la Californie a créé un système d’encadrement de leurs émissions. La Chine en a fait autant, en y ajoutant un objectif de recours aux énergies renouvelables, à hauteur d’au moins 10 %, d’ici à fin 2025.

La prise de conscience est en marche dans les entreprises. Amazon Web Services veut rendre ses usines du monde entier « positives en termes d’eau d’ici 2030 », ce qui implique de rendre aux communautés locales plus d’eau qu’elles n’en utilisent. De nouvelles technologies de refroidissement sont en cours de développement et les modèles d’IA deviennent plus efficaces. 

Les responsables d’Apple, Microsoft et autres Gafam préfèrent souligner que l’IA est aussi un outil puissant pour lutter contre le changement climatique. Elle permet d’accélérer l’innovation, par exemple dans l’agriculture ou les économies d’énergie. »


Lien ajouté le 16 septembre 2024

Lien ajouté le 26 septembre 2024
Lien ajouté le 12 octobre 2024

Lien ajouté le 12 février 2024

Carte - non carte Découvrez les régions qui accueilleront les 35 nouveaux data centers d’IA en France" (Ouest-France) Transmise par l'Elysée le 6 février 2025, la carte se veut illustrative "les localisations définitives ne pouvant pour l'instant être divulguées" www.ouest-france.fr/high-tech/in...

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 12 février 2025 à 11:06
Lien ajouté le 15 février 2025

Cartographie critique de l'IA générative (collectif Estampa) cartography-of-generative-ai.net/cartografiai... La carte met bien en évidence le parcours long et complexe des données lorsqu'on interroge une IA générative, avec tout ce que cela représente en termes de coût financier et environnemental
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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 15 février 2025 à 11:14
Lien ajouté le 17 mars 2025
Lien ajouté le 19 mars 2025
Lien ajouté le 8 avril 2025


Liens ajoutés le 10 avril 2025

« Les nouveaux centres de données des grandes entreprises technologiques vont prélever l'eau dans les zones les plus sèches du monde » (The Guardian). Amazon, Google et Microsoft construisent des centres de données sur les cinq continents dans des régions pauvres en eau.
« Data centers et IA : la consommation d'électricité dédiée devrait plus que doubler d'ici 2030 » (rapport de l'AIE). Déjà énergivores, les centres de données ont redoublé en appétit avec le développement récent de l'IA générative, qui nécessite des capacités de calcul colossales pour traiter les informations accumulées dans des bases de données gigantesques. En 2024, ces infrastructures ne représentaient qu'environ 1,5% de la consommation électrique mondiale (415 TWh), mais celle-ci a déjà augmenté de 12% par an dans les cinq dernières années. Et ce n'est pas fini. "La demande d'électricité des centres de données dans le monde devrait plus que doubler d'ici 2030 pour atteindre environ 945 térawattheures (TWh), soit un peu plus que la consommation totale d'électricité du Japon aujourd'hui", selon l'agence internationale de l'énergie (AIE). À cette échéance, les centres de données consommeront un peu moins de 3% de l'électricité mondiale. La course aux centres de données entraînera inéluctablement une hausse des émissions liées à la consommation électrique, de 180 millions de tonnes de CO2 aujourd'hui à 300 millions de tonnes d'ici 2035, une part toutefois minime à l'échelle des émissions mondiales estimées en 2024 (41,6 milliards de tonnes de CO2), tempère l'AIE.

« Les centres de données mondiaux sont confrontés à des risques climatiques croissants », prévient un rapport XDI sur les risques climatiques et l'adaptation aux changements climatiques pour les centres de données mondiaux (XDI). 
Ce rapport classe les principaux centres de données selon leur exposition à huit risques climatiques (inondations, cyclones tropicaux, incendies de forêt, inondations côtières, etc.), aujourd'hui et à l'avenir, selon différents scénarios climatiques. Il s'appuie sur l'analyse de près de 9 000 centres de données opérationnels et planifiés dans le monde. Les centres de données du New Jersey, de Hambourg, de Shanghai, de Tokyo, de Hong Kong, de Moscou, de Bangkok et de Hovestaden figurent parmi les 20 premiers en termes de risques climatiques d'ici 2050, avec 20 à 64 % des centres de données de ces centres qui devraient être exposés à un risque élevé de dommages physiques dus aux dangers du changement climatique d'ici 2050. Sans investissement urgent dans la réduction des émissions et l’adaptation physique, les opérateurs pourraient être confrontés à des primes d’assurance en hausse, à des perturbations croissantes de leurs opérations et à des milliards de dollars de dommages, affirment-ils.

Lien ajouté le 16 avril 2025

Le secteur du numérique n’est pas soutenable, et les prévisions d’ici 2030 ne présagent rien de bon. Doublement de la conso des data centers, explosion de l’IA… Va-t-on sortir de l’aveuglement général ou l’objectif c’est de regarder un effondrement en 4K ? bonpote.com/ia-generativ...

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— Bon Pote (@bonpote.com) 16 avril 2025 à 12:15
Lien ajouté le 4 mai 2025

« Etats-Unis : Elon Musk et son supercalculateur accusés de polluer l'air et l'eau de quartiers noirs de Memphis » (France Culture).

xAI, l'entreprise d'Elon Musk qui développe le chatbot Grok, est critiquée par Justin Pearson, cofondateur de Memphis Community Against Pollution. Elon Musk et sa start-up d'intelligence artificielle générative xAI installée à Memphis (sud des Etats-Unis) sont accusés de "violer le droit des habitants à un environnement propre et sain", en aggravant une pollution de l'air et de l'eau près de quartiers historiquement noirs et défavorisés.

La pollution engendrée par ce data center, du fait de sa localisation, affecte surtout les populations afro-américaines et s'inscrit dans une forme de "racisme environnemental". La question prend aussi un aspect politique dans la mesure où il y aurait davantage de turbines en activité que ce Musk affirme. Cette situation est dénoncée par certains élus alors que d'autres vantent la création d'emplois. Ce sujet peut être abordé dans sa dimension spatiale en exploitant deux ressources toujours utiles : la Racial dot map issue du recensement de 2020 et le site City-data.com qui fournit des données sur la ville de Memphis (et d'autres villes américaines).

Lien ajouté le 16 mai 2025

Près des deux tiers des nouveaux centres de données construits ou en développement depuis 2022 se trouvent dans des zones déjà confrontées à un stress hydrique élevé. Si ces installations se multiplient dans touts les Etats-Unis, cinq États concentrent à eux seuls 72 % des nouveaux centres situés dans des zones à fort stress hydrique (Bloomberg).

Lien ajouté le 30 mai 2025

« La fracture mondiale en matière d'IA. Où sont situés les centres de données d'IA » (The New York Times)
Seuls 32 pays, principalement dans l’hémisphère nord, disposent de centres de données spécialisés dans l’IA. En avril 2025, l'ONU a averti que la fracture numérique allait se creuser en l'absence d'action sur l'IA. Selon ce rapport de l'ONU "Inclusive artificial intelligence for development", seules 100 entreprises principalement aux États-Unis et en Chine, sont à l'origine de 40 % des investissements mondiaux dans cette technologie. Les plus grandes entreprises technologiques « prennent le contrôle de l'avenir de la technologie ».

Lien ajouté le 21 juin 2025

Les habitants du canton d'Ypsilanti dénoncent le « plus grand et le plus terrible » centre de données, celui de l'Université du Michigan (Planetdetroit). Ce projet de centre de données soulève des inquiétudes en matière de climat, de bruit et de surveillance.

Lien ajouté le 26 juin 2025

La consommation des 400 data centers reliés à Enedis augmente régulièrement depuis 2019 : elle est passée de 2,34 TWh en 2019 à 2,94 TWh en 2024, soit une augmentation de 26 %. En France pour l'instant, on est loin de l'explosion de la consommation électrique souvent dénoncée. Les projections à horizon 2050 semblent toutefois prévoir une montée en puissance (Observatoire français de la transition écologique)

Lien ajouté le 4 juillet 2025

Laurent Carroué, « L’essor des centres de données : intelligence artificielle, cyberespace, pouvoir et territoire », juillet 2025 (Géoconfluences).

1. Les centres de données : des entrepôts spécialisés
2. La révolution de l’intelligence artificielle : la course au gigantisme des centres géants ou hyperscales
3. Des enjeux énergétiques, territoriaux et géopolitiques brûlants 

Répartition mondiale des centres de données : un système extrêmement hiérarchisé (source : Géoconfluences)


Liens ajoutés le 15 juillet 2025

« Leurs robinets d'eau se sont taris lorsque Meta a construit à côté » (The New York Times)
Dans la course au développement de l'intelligence artificielle, les géants de la technologie construisent des centres de données gourmands en eau. Cela engendre des problèmes pour les riverains. Après que Meta a lancé la construction d'un centre de données de 750 millions de dollars à la périphérie du comté de Newton, en Géorgie, les robinets d'eau de la maison de Beverly et Jeff Morris se sont taris. La maison du couple, alimentée par l'eau d'un puits, se trouve à 300 mètres du nouveau centre de données de Meta. 

« Les centres de données se multiplient dans les Grands Lacs, à quel prix ? » Par Helena Volzer, responsable principale de la politique de l'eau de source (Alliance for the Great Lakes). 
Les centres de données devraient être transparents sur leur empreinte hydrique totale dès les premières étapes du projet de développement. Ils devraient également disposer de systèmes permettant de mesurer précisément leur consommation d'eau. On estime que moins d'un tiers des centres de données suivent actuellement leur consommation d'eau. Dans les États des Grands Lacs, lorsqu'un grand consommateur d'eau s'approvisionne auprès d'un réseau municipal, l'obligation de suivre et de déclarer sa consommation incombe à ce réseau, et non à l'utilisateur.

Lien ajouté le 9 novembre 2025

Une façon de parvenir à se représenter l'ampleur des projets IA aux Etats-Unis est de les observer depuis l'espace (Distilled Earth). Le centre de données Stargate d'OpenAI à Abilene, au Texas, est un exemple de ce type de projet. Il y a un peu plus d'un an, le promoteur ne disposait que de quelques permis et de quelques centaines d'hectares de terrain dans l'ouest du Texas. Aujourd'hui, les deux premiers bâtiments abritent 100 000 puces NVIDIA de pointe, consommant 200 MW d'électricité. Stargate n'est pas le seul projet à l'échelle du gigawatt à progresser rapidement aux États-Unis.

Lien ajouté le 11 novembre 2025

« Les centres de données se heurtent à des résistances liées aux préoccupations environnementales alors que l'essor de l'IA se propage à l'Amérique latine » (The Guardian).

Blake Montgomery interroge la chercheuse Paz Peña, de la Mozilla Foundation, sur la contestation croissante des centres de données en Amérique latine. Ces infrastructures, moteurs de l’IA mondiale, se multiplient dans des zones arides où l’eau et l’énergie sont rares. Au Chili et au Brésil, les gouvernements de gauche encouragent les investissements étrangers dans ces data centers par des exemptions fiscales. Mais la dérégulation environnementale inquiète, car les évaluations d’impact ne prennent plus en compte la consommation massive de diesel. En Uruguay, la construction d’un centre de données Google à Montevideo en pleine sécheresse a conduit la population à attaquer l’État pour obtenir des informations sur l’usage de l’eau. Le tribunal a donné raison aux citoyens en s’appuyant sur l’accord d’Escazú sur la transparence. Ces infrastructures cristallisent une tension géographique entre développement numérique et justice environnementale. Les populations locales réclament un droit d’accès à l’information et une gestion durable des ressources dans des territoires déjà fragilisés par le stress hydrique. Paz Peña voit néanmoins une opportunité. Les géants du numérique, soucieux de leur image, pourraient devenir des acteurs de référence en matière d’exigence écologique locale. Ces conflits redéfinissent le rapport entre technologie, environnement et gouvernance territoriale. 

Lien ajouté le 25 novembre 2025

« États-Unis - Virginie. La Data Center Alley : le 1er pôle mondial de centres de données au cœur du cyberespace et de l’hégémon étatsunien » (Géoimage - CNES).

Dans l’ouest de l’aire métropolitaine de Washington, au bout du Dulles Technology Corridor, se trouve la Data Center Alley. Elle s’étend sur les comtés de Loudoun et de Fairfax, en plein boom démographique et immobilier, appartenant au NoVa (Northern Virginia). Avec 350 centres de données de très grande puissance, c’est le premier pôle mondial de stockage et de traitement des données numériques, alors que les États-Unis contrôlent plus de 60 % de la puissance mondiale. On y trouve aussi, par exemple, le siège de l’Internet Society ou l’un des principaux sites de la Wikimedia Foundation. C’est donc un levier majeur d’affirmation et de défense de l’hégémonie mondiale des États-Unis au cœur du cyberespace et de la bataille de l’intelligence artificielle, en particulier face à la Chine ou à l’Europe. Organisé par les GAFAM, ce petit territoire cristallise les rapports de domination actuels ; il y a en effet de fortes probabilités qu’il accueille une partie notable des 70 % des données numériques françaises et européennes abritées aux États-Unis.

Liens ajoutés le 12 décembre 2025

« La crise énergétique qui menace les ambitions américaines en matière d'IA » (The Financial Times).
Le manque d'électricité pour les nouveaux centres de données pourrait faire éclater la « bulle » de l'IA. Les géants de la tech investissent des milliards dans des centres de données aux États-Unis pour alimenter le développement de l'intelligence artificielle. Mais ces projets ambitieux se heurtent à un problème : l'accès à l'énergie. L'activité frénétique des géants du cloud a attiré l'attention des autorités de régulation. En novembre, la North American Electric Reliability Corporation (NERC) a averti que l'expansion des centres de données mettait à rude épreuve l'infrastructure du réseau électrique et augmentait les risques de coupures de courant lors d'événements climatiques extrêmes. Plusieurs développeurs de centres de données se tournent vers la production d'électricité à partir de gaz naturel sur site afin de respecter leurs délais. Les analystes prévoient que ce type d'activité persistera tant que le réseau ne pourra pas répondre à la demande des centres de données. On observe également une volonté de rouvrir certaines centrales nucléaires mises à l'arrêt ces cinq dernières années. 

La crise énergétique qui menace les ambitions américaines en matière d'IA ig.ft.com/ai-power/ Belle carte du Financial Times assortie d'images satellites montrant l'extension rapide des data centers + graphique sur leurs besoins énergétiques

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 11 décembre 2025 à 15:26

« Donald Trump signe un décret pour réguler l’IA au niveau fédéral et écarter les Etats américains » (Le Monde).
Washington entend freiner la multiplication des lois locales et renforcer la position américaine face à la Chine. Plus de cent lois ont déjà été adoptées dans une trentaine d’Etats, à majorité démocrate et républicaine, et, en théorie, un décret ne peut pas primer sur un texte voté au Congrès ou par le Parlement d’un Etat américain. Par ailleurs, Washington a annoncé avoir signé un accord avec ses principaux alliés de la région Asie-Pacifique, à savoir le Japon, la Corée du Sud, Singapour et l’Australie, ainsi qu’Israël, pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement pour l’intelligence artificielle et garantir que les pays ne dépendent pas de la Chine. Ce partenariat a été surnommé « Pax Silica », en référence aux termes latins signifiant « paix » et « silicium », un matériau essentiel à l’IA. « Pax Silica est un nouveau type de regroupement et de partenariat international qui vise à unir les pays qui accueillent les entreprises technologiques les plus avancées au monde afin de libérer le potentiel économique de la nouvelle ère de l’IA », a déclaré le département d’État dans un communiqué. La Chine domine la course dans ce domaine en pleine expansion de l’intelligence artificielle, exploitant environ 70 % des terres rares essentielles. La signature à Washington intervient malgré l’annonce faite dans la semaine par Donald Trump de son intention d’autoriser l’exportation vers la Chine des puces d’intelligence artificielle avancées de Nvidia.

Lien ajouté le 27 décembre 2025

« En graphiques. Comment l’IA dévore la planète » (Le Monde).
Les data centers, dont une partie sert à l’IA, émettent plus de gaz à effet de serre que la France : 369 millions de tonnes en équivalent CO₂, en 2024, selon le ministère de la transition écologique. L’incroyable essor de l’intelligence artificielle, technologie particulièrement vorace en énergie, en eau et en terres rares, interroge à l’heure où les géants du secteur sont lancés dans une course au gigantisme.

Lien ajouté le 19 janvier 2026

« Les data centers : des infrastructures au cœur des rivalités géopolitiques » (La revue Demos).
Dans quelle mesure les data centers représentent-ils aujourd’hui un enjeu majeur de souveraineté et de sécurité pour les États et les régions du monde ? De nombreux acteurs extra-européens possèdent nos data centers. Invisibles du grand public, que représentent ces infrastructures pour l’Union européenne ? Menacent-elles la souveraineté numérique des 27 pays qui la composent ? En quoi les data centers sont-ils devenus des infrastructures de pouvoir, au cœur des rapports de force économiques, politiques et géopolitiques actuels ?

Lien ajouté le 26 janvier 2026

« La France est le pays qui a reçu le plus d’investissements étrangers pour la construction de centres de données en 2025 » (Le Grand Continent).
Selon un rapport des Nations unies publié le 20 janvier 2026, les entreprises étrangères ont investi 69 milliards de dollars dans la construction de centres de données et d'infrastructures liées à l'intelligence artificielle en France l'an dernier. Ce montant est deux fois supérieur à celui enregistré aux États-Unis et trois fois supérieur à celui de la Corée du Sud. Ces chiffres ne concernent pas les investissements réalisés par des entreprises domestiques, et exclut ainsi la plupart des méga-projets annoncés par Amazon, Google ou Meta aux États-Unis. Les chiffres de l’UNCTAD soulignent néanmoins l’attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers. Source : rapport de l'UNCTAD sur les investissements directs étrangers (IDE) en 2025.

Lien ajouté le 10 février 2026

« Mapping 2026 des startups françaises de l'IA » (France Digitale).
France Digitale, première association de startups et investisseurs en Europe, publie la cartographie 2026 des startups de l'intelligence artificielle. Elle recense 1114 start-up d’IA en France, premier écosystème européen, devant l’Allemagne. Cette géographie de l’IA est très polarisée. L’Île-de-France concentre 63% des start-up, confirmant le rôle central de Paris comme hub technologique. Mais l’innovation ne se limite pas à la capitale et s’organise aussi dans les régions. Les territoires développent des spécialisations marquées. Grenoble se distingue dans la robotique et l’IoT, Toulouse dans l’aérospatial, Sophia-Antipolis dans la santé et le climat, Lyon et Bordeaux dans l’agro-tech. L’IA s’ancre ainsi dans les économies locales. L’écosystème atteint un stade de maturité économique. Les start-up françaises ont levé près de 16 milliards d’euros depuis leur création. En 2025, 40% des investissements proviennent de grands groupes, surtout pour industrialiser des solutions existantes. Cette dynamique révèle un modèle européen spécifique. Une start-up sur deux est déjà rentable ou proche de l’être. L’IA devient un levier d’aménagement et de compétitivité territoriale, structurant des réseaux d’innovation ancrés dans les régions. 

Lien ajouté le 20 février 2026

« Carte des data centers, des projets et des contestations en France  » (Le nuage était sous nos pieds).

En décembre 2025, le collectif marseillais @lenuageetaitsousnospieds sortait sa carte participative des implantations de data centers, des projets à venir et des contestations qui fleurissent. L'objectif est de favoriser l'émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient. Le site recense 351 data centers déjà existants et 56 data centers en cours de déploiement à travers la France (32 annoncés, 16 en cours d'instruction par les services de l'Etat et 9 en cours de construction). À cela, il faut ajouter les 63 sites « clés-en-main » proposés par le gouvernement aux industriels de la tech pour faciliter l'implantation et la construction de nouveaux data centers - dont seulement 26 localisations précises sont publiques à ce jour. RTE et EDF mettent également 8 sites à disposition des promoteurs avec des procédures de raccordement électrique accéléré.
Il est important de noter que le nombre de data centers ne permet pas de se faire une idée adéquate de l'accroissement des infrastructures. Les technologies impliquées sont en forte mutation, et la consommation énergétique des data centers ou le nombre de serveurs qu'ils abritent donne une indication plus ajustée des évolutions du secteur. Ainsi, les data centers actuels peuvent avoir une consommation énergétique jusqu'à plusieurs milliers de fois plus importante que les data centers historiques. Et les serveurs qu'ils abritent sont toujours plus nombreux et intenses en technologies. Le site a recensé une quinzaine d'oppositions locales à ces déploiements, menées par des collectifs, des individus ou des associations. « Il est important de ne pas considérer les data centers de manière isolée, ils n'ont de sens que dans un système mondialisé. Chaque acteur a sa propre stratégie d'expansion et cherche tout autant à développer l'infrastructure générale qu'à tirer sa propre épingle du jeu. Les cartographier permet de se donner une idée des logiques à l'oeuvre derrière leur déploiement, qui ne répondent ni à des besoins spécifiques exprimés par les habitant·es et les territoires, ni à des enjeux de souveraineté nationale, comme on essaie de nous le faire croire ».

Données de géolocalisation des data centers en France (à télécharger sur Umap)



Lien ajouté le 1er mars 2026

« Infographie. Data centers : une expansion planétaire » (Courrier international).
Les centres de données se multiplient partout sur la planète pour répondre aux besoins et aux ambitions des géants du numérique, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Une croissance qui va de pair avec une consommation d’énergie de plus en plus importante. Stargate, Chevron et Exxon planchent sur des data centers alimentés par des centrales de gaz naturel ou associant la captation et le stockage du carbone.

Lien ajouté le 16 mars 2026

« Les nouveaux enjeux des espaces productifs industriels : terres rares, I.A et Datacenters » (Académie de Toulouse).
Il s’agit de proposer des pistes d’actualisation au travers de deux propositions pédagogiques. En collège il s’agira d’aborder le thème 1 Dynamiques territoriales de la France contemporaine de la classe de 3eme et notamment la partie sur les espaces productifs et leurs évolutions. En lycée, nous abordons le thème 2 : Une diversification des espaces et des acteurs de la production du programme de première à travers la question des espaces de production dans le monde : une diversité croissante.

Lien ajouté le 23 mars 2026

« Les émissions de CO2 des centres de données britanniques pourraient être « des centaines de fois » supérieures aux estimations actuelles » (Carbon Brief).
Des dizaines de centres de données sont en cours de développement à travers le pays, ce qui pourrait entraîner une forte augmentation de la demande en électricité. Face à l'incertitude quant à l'ampleur et au rythme de cette expansion, les inquiétudes grandissent quant au fait que les nouveaux centres de données pourraient menacer les objectifs climatiques du pays. Si l'expansion des centres de données atteint 20 GW et que ces centres dépendent fortement du gaz, les émissions pourraient atteindre 70 MtCO2, soit les émissions annuelles de la Suède. Ce chiffre serait près de 500 fois supérieur à l'estimation haute du gouvernement, qui, selon lui, repose sur un scénario de décarbonation pessimiste. Il règne une grande incertitude quant à la consommation énergétique et aux émissions des centres de données, la plupart des informations pertinentes n'étant pas publiques. Carbon Brief a effectué des calculs approximatifs à partir des données disponibles.

Lien ajouté le 31 mars 2026

« Des scientifiques ont découvert un impact environnemental alarmant des grands centres de données. » (CNN). Les immenses centres de données qui alimentent l'intelligence artificielle consomment d'énormes quantités d'énergie, mais ils ont aussi un autre impact inquiétant. Ils créent des « îlots de chaleur urbains », réchauffant les terres environnantes jusqu'à 16 degrés Fahrenheit et rendant la vie plus difficile pour plus de 340 millions de personnes. Lien vers l'article scientifique :
Andrea Marinoni, Pietro Lio Erik, Cambria Erik & al. (2026). « The data heat island effect: quantifying the impact of AI data centers in a warming world » [L’effet d’îlot de chaleur des données : quantifier l’impact des centres de données d’IA dans un monde qui se réchauffe], mars 2026, https://www.researchgate.net/publication/403073048_The_data_heat_island_effect_quantifying_the_impact_of_AI_data_centers_in_a_warming_world

Lien ajouté le 31 mars 2026

DCWatch est un projet de recherche collaborative et ouverte sur la prospective, la stratégie, l'analyse et l'évaluation de l'empreinte des datacenters (France, Suisse, Belgique et Luxembourg). Des images satellites sont utilisées pour mesurer les dimensions des datacenters, estimer les empreintes foncières et la puissance de chacun en fonction de leur catégorie. Ces données sont croisées avec le cadastre ou le registre équivalent en fonction du pays concerné. Cette première collecte permet ensuite d’estimer l’empreinte environnementale et les consommations d’énergie et d’eau de ces datacenters. Les données sont librement exploitables dans le respect de la licence ObDL. Elles donnent des informations sur le nom, l'adresse, les coordonnées géographiques, la puissance, la date de démarrage, l'emprise au sol et l'opérateur chargé du fonctionnement de ces data centers (plus de 500 centres opérationnels ou en projet début 2026). À compléter si vous connaissez des datacenters qui n'y figurent pas.


Liens ajoutés le 14 avril 2026

« Consommation énergétique des data centers : la France à la croisée des chemins » (The Conversation).
La France a la volonté d’être une terre d’accueil pour les data centers dans les prochaines décennies. L’Agence de la transition écologique, l’Ademe, a réalisé un travail de prospective à l’horizon 2060 pour évaluer plusieurs scénarios de montée en puissance sur le territoire national de ces infrastructures très gourmandes en énergie et les choix de société qu’ils impliquent. Entretien avec Bruno Lafitte, expert data centers à l’Ademe, qui a coordonné cette étude.

« Un data center près de chez soi, bonne ou mauvaise nouvelle ? » (The Conversation).
Les annonces se multiplient en France et à l’étranger sur la construction de centres de données gigantesques, dédiés à répondre aux besoins en puissance de calcul de plus en plus colossaux requis par l’intelligence artificielle (IA). En France, il apparaît urgent de planifier et de réguler ce déploiement sur le territoire, qui n’est pas sans risque de créer des conflits dans l’allocation des ressources en électricité.

Le site Visual Capitalist a mis à jour sa carte des centres de données par pays (2026). 
Les États-Unis arrivent toujours en tête avec 3 960 centres de données. Cela représente plus de centres de données que les 14 pays suivants réunis. L'Europe présente une forte concentration (le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France en tête), tandis que l'influence de l'Asie s'accroît (Chine, Inde, Japon). On notera au passage le mapfail lié à la représentation de chiffres bruts en aplats. Les données sont mises à disposition sur le site. 

Nombre de data centers par pays en 2026 (source : Visual Capitalist)


Lien ajouté le 18 avril 2026

« Un bruit constant : en Virginie, les riverains des data centers paient le prix fort de l’IA » (Reporterre).

L'article décrit la région d’Ashburn en Virginie comme un cœur numérique mondial. Près de 150 data centers concentrent environ 70% du trafic internet. Cette concentration transforme un territoire résidentiel en infrastructure stratégique de l’économie numérique. Les habitants vivent au contact direct de ces infrastructures. À Sterling, certains mesurent jusqu’à 82 décibels, bien au-dessus des 55 recommandés. Ce bruit constant, lié aux turbines et aux serveurs, modifie profondément les conditions de vie quotidiennes. Les experts et riverains soulignent une transformation rapide des paysages. Grues, béton et bâtiments remplacent un espace autrefois boisé. Le comté de Loudoun, qui compte 420 000 habitants, voit ses quartiers absorbés par cette urbanisation numérique. Nastasia Peteuil montre que les impacts dépassent le bruit. Les habitants signalent fumées, particules fines et générateurs diesel. Les effets sanitaires évoqués incluent irritations, toux et maux de tête, même si les liens scientifiques restent difficiles à établir. Les chercheurs alertent aussi sur la consommation énergétique. La demande d’électricité a augmenté de 166% entre 2021 et 2025 et pourrait doubler en cinq ans. Cette croissance repose sur des sources externes, comme le charbon ou le nucléaire. Une étude du Center for Secure Water de l’université de l’Illinois souligne une autre pression. Le refroidissement des data centers consomme d’importants volumes d’eau, souvent peu documentés, ce qui accentue les tensions sur les ressources locales. Les acteurs locaux dénoncent un transfert de coûts. Les habitants paient des factures en hausse, environ 25 dollars supplémentaires en un an et demi, tandis que les bénéfices fiscaux profitent surtout aux grandes entreprises du numérique implantées dans la région. Ce territoire illustre un paradoxe spatial. Les data centers soutiennent l’économie mondiale mais dégradent les milieux locaux. Entre emplois, revenus fiscaux et nuisances, la cohabitation reste conflictuelle et questionne les choix d’aménagement futurs.

Lien ajouté le 19 avril 2026

« Comment les géants de la tech ont intégré le secret dans la législation européenne pour dissimuler l'impact environnemental des centres de données » (Investigate Europe).

Microsoft et DigitalEurope, un groupe de pression dont les membres incluent Amazon, Google et Meta, ont obtenu une clause de confidentialité dans la législation européenne pour bloquer l'accès du public à des informations cruciales sur l'impact environnemental des centres de données, révèle Investigate Europe. Alors que l'UE s'apprête à tripler sa capacité de centres de données dans les cinq prochaines années, la Commission européenne a commencé à collecter des indicateurs clés tels que l'efficacité énergétique et la consommation d'eau de ces installations. Cependant, les informations relatives à l'empreinte carbone de chaque installation restent confidentielles, suite aux pressions exercées par le secteur pour modifier la législation de 2024 et la classer comme confidentielle et commercialement sensible.

Liens ajoutés le 21 avril 2026

« Le mouvement anti-IA prend de l’ampleur » (L'ADN). Attaque contre le domicile de Sam Altman, lutte contre l’implantation de data centers et incitation à ne plus l’utiliser au travail : un peu partout dans le monde, un vent de révolte se lève contre l’IA.

« Les centres de données se multiplient à travers le pays. Désormais, les interdictions de centres de données se multiplient également » (CNN). L'opposition aux centres de données se développe. L'Assemblée législative de l'état du Maine a approuvé un moratoire de 18 mois. Au moins six autres états des États-Unis envisagent également de restreindre les modalités, le calendrier et le lieu de construction des centres de données. Les législateurs s'inquiètent notamment de la consommation d'eau et d'électricité de ces installations, des risques de pollution et de l'augmentation potentielle des factures d'énergie des ménages.

Lien ajouté le 27 mai 2026

« Cartographie collaborative des centres de données aux États-Unis » (Brockovich AI Data Center Reporting). 

La course à la construction d'infrastructures d'IA se déroule ville après ville à travers l'Amérique. Dans certains endroits, les centres de données sont bien accueillis. Ailleurs, ils sont retardés, contestés ou tout simplement abandonnés. La carte illustre concrètement cette course, révélant des tendances de croissance, de conflits et d'incertitudes. Elle montre les principaux centres de données d'IA aux États-Unis (en exploitation ou en construction), sur laquelle sont superposés les lieux où des membres de la communauté ont signalé des problèmes par courriel. Le site est une initiative d'Erin Brockovich, militante écologiste. Il donne un classement par états et par villes ainsi que des statistiques sur ce qui inquiète le plus les communautés d'habitants (eau, électricité, bruit, santé, zonage...)


Lien ajouté le 31 août 2026

« L’IA repose sur une géographie concrète, mettant des territoires au service du calcul, selon une logique de comptoirs » (Le Monde).

Joseph Bohbot, géographe à Sorbonne Université, montre que l’IA a une géographie bien réelle : elle dépend de territoires, d’infrastructures et de ressources. Il analyse cette organisation mondiale comme une « logique de comptoirs ». L’IA n’est pas immatérielle. Elle repose sur une chaîne mondiale très concrète : mines en RDC, usines de semi-conducteurs à Taïwan, centres d’apprentissage à Nairobi, data centers en Irlande. Des territoires différents sont reliés par les besoins du calcul. Cette géographie ne se lit plus seulement avec l’opposition Nord/Sud. Les territoires sont spécialisés par fonctions : extraire, produire, traiter, stocker, refroidir, connecter. L’économie de l’IA organise donc l’espace mondial selon les besoins techniques du numérique. Les data centers forment souvent des enclaves. Ils utilisent beaucoup de foncier, d’électricité et parfois d’eau, mais créent peu de liens avec leur territoire d’accueil. En Seine-Saint-Denis, ils se multiplient dans un espace dense où le foncier est rare. L’IA extrait deux types de ressources : des ressources matérielles et nos données. Recherches, achats, conversations ou photos deviennent des matières numériques exploitables. Plus nos vies sont numérisées, plus il faut de bâtiments et de puissance de calcul. Paradoxe géographique, nos données circulent presque sans distance, mais cette "ubiquité virtuelle" dépend d’infrastructures très localisées, sécurisées et fixes. Le monde numérique repose donc sur des lieux concrets, souvent contrôlés par de grandes entreprises privées. Installer des data centers ne garantit pas la souveraineté numérique. Les États peuvent fournir terrains, énergie et procédures simplifiées, tandis que les modèles, la puissance de calcul et la valeur stratégique restent largement contrôlés par des acteurs étrangers. L’IA recompose les rapports entre territoires, États et entreprises. La vraie souveraineté dépend moins d’héberger des infrastructures que de négocier leur accès, leur contrôle et la valeur créée. 

Lien ajouté le 2 septembre  2026

« Consommation électrique, bilan carbone, nationalité des utilisateurs… Ce que l'on sait de la vague des data centers qui déferle en France » (Les Echos). Ce que l'on sait de la vague des data centers qui déferle en France.  La France accueille près de 350 data centers, mais leur suivi est complexe, alors que les données sur l'empreinte environnementale et leurs utilisateurs finaux restent floues. L'Arcep s'alarme déjà d'une hausse de 23 % des émissions de gaz à effet de serre de la filière à fin 2024. Une tendance qui devrait augmenter au fur et à mesure que les derniers data centers dédiés à l'IA seront pris en compte.
Lien ajouté le 2 septembre  2026

« L’essor de l’IA freine les ambitions des acteurs du numérique en faveur du climat » (Le Monde). 

Selon un rapport "Pour des entreprises numériques plus écologiques : suivi des émissions et des engagements climatiques" publié le 2 septembre 2026, les entreprises du secteur ne parviennent pas à réduire assez rapidement leurs émissions, dans un contexte de besoins accrus en énergie en raison du développement de l’intelligence artificielle. Publié par l'Union internationale des télécommunications (UIT) et la World Benchmarking Alliance (WBA), le rapport a pour objet d'évaluer les résultats en matière de protection du climat de 200 entreprises numériques dans le monde, à l'aide de données publiques relatives à l'année 2024. Malgré les progrès réalisés en matière de communication de données sur le climat et d'utilisation d'électricité d'origine renouvelable, les entreprises numériques ne parviennent pas à réduire leurs émissions au rythme nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques à l'échelle mondiale.

Liens ajoutés le 30 septembre  2026

« Quelle quantité d'énergie consomment les centres de données et l'intelligence artificielle ? » (OurWorlInData). 

Les centres de données consomment environ 1,5 % de l'électricité mondiale, mais la demande est très concentrée géographiquement. Aux États-Unis, 5 % de l'électricité est utilisée pour alimenter ces centres. Pour les centres dédiés à l'intelligence artificielle, ce chiffre avoisine probablement les 2 %. Mais en réalité, cette demande est encore plus concentrée localement. Derrière les 1,6 % enregistrés en Europe, on trouve l'Irlande, où les centres de données représentent plus de 20 % de la consommation d'électricité. Derrière les 5 % observés aux États-Unis, certains États affichent des taux de consommation d'électricité supérieurs à 10 %. Dans des États comme la Virginie, ce chiffre dépasse même le quart. Ce phénomène, combiné au rythme rapide de développement de l'IA, pourrait exercer une pression sur les réseaux électriques locaux, même si la demande totale d'électricité n'est pas excessive à l'échelle mondiale.


« L’IA émettra six fois plus de CO₂ en 2030 qu’en 2025, selon l’étude d’un collectif d’experts » (Le Monde). Les émissions globales de gaz à effet de serre du secteur de l’intelligence artificielle pourraient atteindre un niveau inquiétant à la fin de la décennie, d’après une étude publiée mercredi par le collectif français Green IT. Sans compter les dommages causés aux milieux aquatiques et la pollution aux particules fines.

« Empreinte environnementale du numérique mondial » (GreenIT). Cette étude porte sur la quantification de l’empreinte environnementale du numérique mondial et son évolution entre 2010 et 2025.Quatre indicateurs environnementaux ont été retenus : épuisement des ressources abiotiques , réchauffement global, bilan énergétique, tension sur l’eau douce. Ces quatre indicateurs ne témoignent que partiellement de l’empreinte environnementale du numérique. Parce que tout le monde le demande, nous avons aussi ajouté la consommation électrique, qui n’est PAS un indicateur environnemental.

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Bruitparif, la plateforme cartographique du bruit en Île-de-France


La plateforme carto.bruitparif.fr est produite par Bruitparif, l'observatoire du bruit en Île-de-France. Bruitparif est une association à but non lucratif qui réalise différentes missions d'intérêt général :

  • Caractériser le bruit en Île-de-France par la réalisation de mesures et de modélisation du bruit sur le territoire régional, la conduite d'études et d'enquêtes ;
  • Faire progresser les connaissances relatives aux impacts sanitaires et socio-économiques du bruit ;
  • Accompagner les acteurs institutionnels dans l'élaboration et la mise en oeuvre de politiques efficaces de lutte contre le bruit, notamment pour établir des Plans de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) ;
  • Informer et sensibiliser le grand public en ce qui concerne les problèmes de nuisances sonores de manière à les réduire.

I) Présentation de la plateforme cartographique Bruitparif 

Interface de la plateforme cartographique Bruitparif (source : carto.bruitparif.fr)



Cette plateforme permet de consulter les cartes stratégiques de bruit (CSB) élaborées au sein de la région Île-de-France, dans le cadre de la mise en œuvre de la directive européenne 2002/49/CE. Il s’agit d’un outil de référence en matière d’information du public. Trois sources de bruit sont cartographiées (routes, voies ferrées, trafic aérien) avec la possibilité de les cumuler. Accès aux statistiques d'exposition des populations pour les différents échelons territoriaux, téléchargement des cartes, module de localisation par saisie d'adresse... les fonctionnalités de la plateforme sont nombreuses. Un tutoriel permet de découvrir les différentes fonctionnalités de la plateforme :

Tutoriel de présentation de la plateforme cartographique du bruit en Île-de-France Bruitparif


L'objectif des cartes de bruit est d'aider à la décision pour prévenir et réduire les expositions au bruit, l'objectif final étant d'améliorer le cadre de vie et la santé des riverains. Les cartes sont réalisées non par prélèvement direct du bruit, mais par modélisation informatique à partir de différentes sources (données de topographie, de trafic à différents horaires, de révêtement de chaussées ou de nature des voies ferrées, de composition du parc automobile...). Pour chaque zone, on peut obtenir des statistiques sur le niveau d'exposition de la population. Il est possible d’accéder aux données de la 4ème échéance, les plus récentes (produites en 2023), mais aussi aux données relatives à la période 2017-2022 (3ème échéance), et à la période 2007-2012 (1ère et 2ème échéances). 

D'après les données 2023, ce sont plus de huit millions et demi de Franciliens (soit 80% des habitants de la région) qui sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs à 53 décibels, objectif recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), en raison du trafic routier. Plus d'un million se situent au-delà de la limite réglementaire française, moins stricte. Si le nombre de personnes exposées au bruit ferroviaire a tendance à diminuer, les nuisances sonores aériennes, elles, se sont aggravées en raison de la densification de certaines communes survolées par les avions et de la hausse du trafic aérien. 

II) Les indicateurs utilisés pour élaborer des cartes de bruit

Le niveau sonore sur une carte de bruit est représenté à partir d'indicateurs de bruit. L’intensité sonore d’une source donnée varie au cours du temps sur une journée et la perception de l’intensité sonore par l’être humain est différente le jour, le soir et pendant la nuit. C’est la raison pour laquelle on décompose une journée de 24h en trois périodes : le jour entre 6h et 18h, le soir entre 18h et 22h et la nuit entre 22h et 6h et que l’on exprime les niveaux sonores à l’aide de moyennes énergétiques sur ces périodes de temps considérées :
  • Ld (pour Level day) correspond à la moyenne de bruit sur la période 6h-18h
  • Le (pour Level evening) correspond à la moyenne de bruit sur la période 18h-22h
  • Ln (pour Level night) correspond à la moyenne de bruit sur la période 22h-6h
Deux indicateurs réglementaires, définis au niveau européen, doivent être utilisés a minima pour produire les cartes de bruit. Ils sont issus ou dérivés de ces indicateurs par période. Il s’agit du :
  • Lden (pour Level day evening night) qui correspond à un indicateur de bruit global perçu au cours de la journée qui tient compte de la sensibilité plus forte des individus au bruit sur les périodes de soirée et de nuit. Ainsi, l’indicateur Lden est calculé à partir des indicateurs Ld, Le et Ln en appliquant des pondérations de +5 dB(A) et de +10 dB(A) respectivement aux niveaux de bruit de soirée et de nuit.
  • Ln ou Lnight qui correspond à la moyenne énergétique de bruit sur la période 22-6h.
Ces indicateurs sont exprimés en dB(A) – décibel pondéré A – qui est l’unité utilisée pour évaluer le niveau sonore perçu par l’oreille humaine. Il faut savoir en effet qu’un bruit émis est composé de plusieurs sons allant du grave à l'aigu (le spectre fréquentiel) et que notre oreille ne perçoit pas de la même manière ces différentes fréquences. Elle est plus sensible aux moyennes et hautes fréquences qu’aux basses fréquences. Le filtre A est utilisé pour représenter cette sensibilité de l’oreille aux différentes fréquences.

Les cartes de bruit représentent les valeurs de ces indicateurs évalués pour une journée moyenne annuelle sous la forme d’aplats de couleur par tranche de 5 en 5 dB(A). Afin de faciliter la lecture des cartes, une échelle de couleurs est appliquée aux différents niveaux de bruit. Sur l’échelle réglementaire, établie selon la norme NF S 31 130, les zones les plus bruyantes apparaissent en violet alors que le vert fait ressortir les secteurs plus calmes.

Des cartes de dépassement de seuil sont également produites. Elles permettent de représenter les zones susceptibles de contenir des bâtiments dont les façades sont exposées à un niveau sonore moyen qui excède les valeurs limites réglementaires définies par la France. Ces valeurs limites dépendent de la source de bruit et de l’indicateur.

Carte des zones de dépassement de la valeur limite réglementaire de 68 dB(A) pour l’indicateur Lden.


Lien ajouté le 28 mai 2024


Lien ajouté le 30 novembre 2024

Europe’s Noise Capital Tries to Turn Down the Volume. www.bloomberg.com/news/feature...

[image or embed]

— Veille Géographie Académie Lille (@veillegeolille.bsky.social) 30 novembre 2024 à 09:13
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Des outils d'IA gratuits pour identifer un lieu à partir d'une photographie

 

Vous connaissez peut-être le jeu Geoguessr (65 millions de joueurs en 2023) où le but est d'identifier son emplacement à partir d’une image issue de Google Street View. Il se pourrait que les nouvelles applications de géolocalisation en ligne viennent offrir une sérieuse concurrence à ce jeu. La géolocalisation d'images à l'échelle planétaire constitue un problème important en raison de la diversité des images et de la difficulté à les interpréter. Même si l'on en est encore à l'aube des outils de géolocalisation par intelligence artificielle, ceux-ci progressent rapidement et donnent des résultats de plus en plus précis. Ce billet présente quelques outils en ligne gratuits permettant d'identifier un lieu à partir d'une simple photographie.


I) GeoSpy, un outil récent mais déjà prometteur

L'application GeoSpy est sortie fin décembre 2023 dans une version beta. La version 0.1 montre des résultats prometteurs, notamment en milieu urbain. L'utilisation est assez simple : il suffit de déposer une photographie d'un lieu et l'application en recherche les coordonnées géographiques. Les résultats ne sont pas toujours précis, mais le taux d'erreur reste acceptable. Il est conseillé d'utiliser des plans un peu larges prenant en compte plusieurs bâtiments, sinon l'application a tendance à se focaliser sur tel ou tel détail architectural. Malgré quelques imperfections, l'outil est en train de gagner en popularité auprès de la communauté du renseignement open source. Le site Bellingcat, qui s'intéresse également à la géolocalisation d'images par des chatbots, est en train de le tester pour l'intégrer à sa panoplie d'outils. L'application peut s'avérer très pratique pour lancer des défis ou accompagner des enquêtes OSINT. Cyber-Détective donne un exemple d'utilisation de GeoSpy avec Openstreetmap pour géolocaliser des panneaux routiers. 

Contrairement aux méthodes traditionnelles, GeoSpy ne nécessite aucune interrogation par écrit. Son efficacité est liée à la méthode CLIP de lecture d'image par clustering d'OPenAI décrite dans cet article "PIGEON : Predicting Image Geolocations". Le système utilise une combinaison de modèles : CLIP pour comprendre les images dans le contexte du langage naturel, OCR (Optical Character Recognition) pour extraire le texte des images et LLM (Large Language Models) pour comprendre et générer du texte. Dans les prochaines versions, Geospy utilisera des graphes de connaissances, ce qui devrait constituer une avancée significative.

Interface de l'application GeoSpy version 0.1 (source : GeoSpy)



II) Picarta, un service de base gratuit

Picarta, qui vend des services de géolocalisation aux entreprises, offre un service de base pour géolocaliser des images. Il faut cependant s'inscrire pour afficher les résultats sur une carte. Dans l'exemple pris ici, l'application a bien reconnu qu'il s'agissait d'une image de favela au Brésil. Elle a même réussi à indentifier la ville, Rio de Janeiro. Les coordonnées géograhiques restent toutefois un peu imprécises par rapport à la localisation exacte de la favela de Rocinha (écart d'environ 500m).

Interface de l'application Picarta (source : Picarta)



III) Geolocation Estimation, un outil adapté également aux paysages naturels

Alors que la plupart des outils d'IA sont plutôt adaptés au milieu urbain où les batiments sont plus facilement reconnaissables, Geolocation Estimation procède par détection automatique de scènes selon une méthode décrite dans cet article. Ce qui permet de l'utiliser pour des paysages ruraux ou naturels peu denses. L'application propose plusieurs lieux possibles selon les degrés de probabilité indiqués sur une heatmap. Elle permet aussi de récupérer les données EXIF de l'image, si elles sont disponibles. Comme dans les cas précédents, on relève quelques approximations dans la géolocalisation même si l'île de la Réunion a bien été identifiée pour la photographie choisie.

Interface de l'application Geolocation Estimation (source : Geolocation Estimation)



IV) Kosmos-2, une application utile pour commenter une image

Kosmos-2 ne permet pas de récupérer les coordonnées géographiques d'un lieu. Mais l'application peut s'avérer utile pour en obtenir une description sommaire. Une fois la photographie téléchargée et analysée, on obtient un commentaire de l'image où chaque élément du descriptif renvoie à une partie de l'image avec un code couleurs permettant d'associer les deux.

Interface de l'application Kosmos-2 (source : Kosmos-2)


V) Intégrer les photos géolocalisées dans QGIS

Le site Geography Realm propose un tutoriel pour intégrer des photos géolocalisées dans QGIS. 

Les logiciels SIG comme QGIS peuvent lire des images avec des coordonnées géographiques codées, permettant ainsi de cartographier le lieu de prise de vue. L'intégration de ces photographies à vos projets QGIS améliore la visualisation des informations de terrain et offre une connaissance approfondie des situations spatiales. L'intégration de photographies géolocalisées dans QGIS améliore également la compréhension visuelle dans des domaines tels que la surveillance environnementale, l'urbanisme et les relevés de terrain. Une fois que l'on a géolocalisé toutes les photos à l’aide des différentes solutions proposées, on peut ensuite cartographier les emplacements à l’aide du plugin « Importer des photos » dans QGIS.

Pour compléter

« A partir d'une simple photo, cette intelligence artificielle peut vous géolocaliser instantanément » (BFM-TV)

« PIGEON : Predicting Image Geolocations » (arXiv:2307.05845)

« Férus de Géographie » (@FerusdeGeo) propose de reconnaître des lieux géographiques à partir de photographies, avec le hashtag #geofinding. Il devient si facile d'utiliser des outils de géolocalisation pour résoudre les énigmes qu'il est bien préciser : "N’oubliez pas de justifier le mode opératoire qui vous a permis de trouver le lieu, c’est cela qui détermine la Victory".

« Enquête sur la géolocalisation, les métadonnées et les données de localisation implicites : conseils, astuces et outils » (Plessas.nrt). De plus en plus d'outils en ligne proposent une technologie de géolocalisation qui permet de déterminer un emplacement affiché sur des photos, des vidéos et d'autres formes de médias. Cela peut être une capacité essentielle pour les analystes OSINT qui cherchent à localiser un lieu ou une personne d'intérêt. Cependant, il est impératif de savoir quel outil répondra le mieux à vos besoins pour le type d'enquête que vous suivez. 

Lien ajouté le 4 novembre 2025

« Photo de presse ou pièce à conviction judiciaire ? Quand les photojournalistes enquêtent en zone de guerre » (La Revue des médias). Le travail des photographes peut constituer une aide précieuse pour documenter les lieux de crimes de guerre et aider une justice débordée, comme en Ukraine.

Lien ajouté le 4 novembre 2025

« Réel ou généré par IA ? Pourquoi les outils de détection d'image ne sont pas toujours fiables » (France 24). Alors qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer à l’œil nu une image générée par intelligence artificielle, de nombreux outils de détection en ligne assurent pouvoir les détecter. Mais un test mené par la rédaction des Observateurs de France 24 montre pourquoi leurs résultats doivent être interprétés avec prudence.

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Quand l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique permettent de repérer des bidonvilles à partir d’images satellitaires et aériennes

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