Atlas archéologique de la France


Coédité par Tallandier et l'Inrap, l'Atlas archéologique de la France présente et répertorie en une centaine de cartes et de plans inédits plusieurs dizaines de milliers de fouilles archéologiques. Conçu par Dominique Garcia, président de l'Inrap, et Marc Bouiron, conservateur en chef du patrimoine, l'atlas met en perspective plus de 500 000 ans d’occupation du territoire hexagonal et ultramarin.

Dominique Garcia, Marc Bouiron, (dir.), Atlas archéologique de la France, Paris, Tallandier, 2023, cartes d’Aurélie Boissière. Site de l'éditeur.

Résumé

Des milliers de découvertes surgissent sans cesse sous la truelle des archéologues. Les vestiges d’habitats, de tombes, de sanctuaires ou d’ateliers enrichissent notre patrimoine comme notre compréhension des sociétés passées. Jamais encore ces archives du sol, du Rhin au Finistère, de la baie de Somme à la Corse et dans les terres d’outremer, n’avaient été cartographiées et illustrées avec une telle ampleur. Page à page, nous explorons les strates archéologiques telles que chaque époque nous les a léguées. Cartes en mains, cet ouvrage nous emmène sur les sentiers de la préhistoire, nous montre les usages des femmes et des hommes du Néolithique, l’empreinte des Gaulois et de Rome, le Moyen Âge des fermes et des cathédrales, les traces de l’esclavage, les vestiges de notre activité industrielle et les marques laissées par la violence des guerres. Chaque objet, chaque pan de mur, chaque sépulture, chaque reste de repas mis au jour vient documenter le récit d’un million d’années et permet d’écrire une nouvelle histoire de la France.

Les auteurs de Atlas archéologique de la France :

Dominique GARCIA
Professeur d’archéologie à l’université d’Aix-Marseille, Dominique Garcia est président de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Archéologue de terrain, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur les sociétés protohistoriques de la Méditerranée nord-occidentale au Ier millénaire. 

Marc BOUIRON
Conservateur en chef du patrimoine, Marc Bouiron est directeur scientifique et technique de l’Institut national de recherches archéologiques préventives. Ses publications portent sur l’évolution urbaine des villes du midi de la France, de la protohistoire à la période moderne.

Quelques extraits sur le site de l'INRAP :

Pour aller plus loin :

  • Dominique Garcia présente l'Atlas archéologique de la France (INRAP)
  • L’archéologie mise en cartes, avec Marc Bouiron et Muriel Gandelin (Paroles d'histoire)
  • La France archéologique en cartes (Carbone14, le magazine de l'archéologie - France Culture)


Articles connexes








Décrire la carte, écrire le monde


La revue scientifique à comité de lecture international Phantasia porte une attention spécifique à l’imagination sous toutes ses formes, rigoureusement articulée à des problématiques et des thèmes aussi variés que la conscience, la perception, l’affectivité, la corporéité, la représentation, l’image, l’expérience esthétique, le langage, la textualité, l’écriture, le politique, le social, le droit, l’histoire, la culture ou la connaissance en général. Elle consacre son volume 13 à la carte et à l'écriture du monde : 

Ost,  I., d'Avout, A. (dir.). « Décrire la carte, écrire le monde », Phantasia, vol 13, 2023. L'ensemble des articles de la revue est accessible en open access.

Extrait de l'introduction

« Si la carte constitue un système de signes complexe méritant un décodage patient, il arrive qu’elle s’impose à l’observateur dans un régime d’immédiateté esthétique. Par la richesse de ses lignes, de ses formes, de ses couleurs, de ses noms, l’image cartographique semble moins s’offrir comme un instrument de connaissance que comme la source d’un émerveillement spontané, emblématique de l’étendue et de la diversité du monde [...]. Dès l’origine conçue comme une œuvre d’art digne des plus grands maîtres, la carte n’a pas manqué, sinon de fasciner, du moins d’interpeller les autrices et les auteurs, qui ont cherché à rendre compte de sa beauté. Mais à y regarder de plus près, jusqu’où ceux-ci ont-ils véritablement entrepris de la décrire, de traduire son scintillement graphique comme sa rigueur scientifique en des termes aussi clairs que précis ? [...] Représentation du monde située à mi-chemin entre l’image (par son caractère visuel) et le langage (par sa nomenclature, ses toponymes et la légende qu’elle contient), la carte engage une lecture progressive et patiente, qu’une plume trop alerte serait en peine de restituer. [...] Représentation elle-même difficilement représentable, la carte résiste au mouvement de la description littéraire : dans les lignes de tel roman ou de tel essai, elle apparaît plus souvent sous la forme d’esquisses que de compositions abouties... Au fond, l’intérêt de la description littéraire des cartes repose sur la nature spéculaire de l’objet : la carte ne constitue-t-elle pas elle-même, avec ses codes et ses conventions spécifiques, une manière d’écrire le monde ? En faire l’objet d’un texte ne revient-il pas à proposer de facto une mise en abyme, à redoubler l’interprétation du réel dont tout support cartographique est porteur ? »

Table des matières 

Aurélien d’Avout & Isabelle Ost Introduction

PARTIE 1. APPROCHES PANORAMIQUES


PARTIE 2. DYNAMIQUES DESCRIPTIVES


PARTIE 3. NAVIGATIONS NUMÉRIQUES


COMPTES RENDUS


A propos des auteurs

Aurélien d’Avout

Ancien élève de l’ENS (Paris), agrégé de Lettres modernes et docteur en Littérature française, il est actuellement chargé de recherches du F.R.S.-FNRS à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Ses recherches portent principalement sur la prose narrative du xxe siècle, les rapports entre littérature et géographie, la poétique du récit de guerre et la génétique des textes. Il a notamment publié l’ouvrage La France en éclats. Écrire la débâcle de 1940 d’Aragon à Claude Simon (Impressions Nouvelles, 2023). 

Isabelle Ost

Elle est professeur ordinaire en littérature et en philosophie à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Elle y co-dirige le Centre Prospéro. Langage, image et connaissance ainsi que l’École des sciences philosophiques et religieuses. Ses recherches et publications portent principalement sur les rapports entre philosophie et littérature ainsi que sur la littérature contemporaine de langue française. Elle supervise actuellement un programme de recherche (PDR du F.R.S.-FNRS) consacré aux rapports entre littérature et cartographie : dans ce cadre, elle a dirigé un ouvrage collectif intitulé Cartographier. Regards croisés sur des pratiques littéraires et philosophiques contemporaines (PUSL, 2018) et a co-dirigé le présent numéro de la revue Phantasia (Décrire la carte, écrire le monde). 

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Écrire avec les cartes

Cartographie et littérature

Hors du monde : la carte et l'imaginaire - Exposition cartographique

Un océan de livres : un atlas de la littérature mondiale


Cinquième édition du défi cartographique #30DayMapChallenge (novembre 2023)


La 5e édition du défi cartographique du #30DayMapChallenge s'est terminée fin novembre 2023. Parmi les thèmes proposés, on retrouve un certain nombre de classiques de la cartographie et de la sémiologie graphique. Cette année, les couleurs ont été un peu laissées de côté au profit des figurés (points, lignes, polygones, hexagones). L'édition 2023 introduit des thèmes nouveaux concernant les continents, la population, l'atmopshère. Enfin quelques thèmes originaux à souligner : les cartes rétros, les cartes de navigation, les cartes du dehors, "Le Nord n'est pas toujours en haut", "Est-ce un graphique ou une carte ?"


Les réalisations peuvent être retrouvées sur X (Twitter) à partir du hashtag #30DayMapChallenge et sur Github. Chaque année, un portfolio est mis à disposition sur le site officiel du 30DayMapChallenge.

Bravo à tous les auteurs, anciens ou nouveaux, qui ont participé à cette édition 2023 ! Voici une sélection parmi nos coups de coeur






















🗺️#Day28 (chart or map) of #30DayMapChallenge



Suite au #30DayMapChallenge 2023, cet article revient sur cet évènement où la cartographie est à l'honneur:https://t.co/OjL7rEwHqB. Pour cette 5ème édition les Makiniens se sont impliqués pour : proposer 3 cartes, créer un site interne de votes, vous partager nos cartes préférées pic.twitter.com/XCv0O0ab6E

Articles connexes





Cartographier les inégalités en France à partir des données carroyées de l'INSEE


L'Insee publie régulièrement de nouvelles données carroyées à 200m ou 1km. Ces données proviennent du dispositif sur les revenus localisés sociaux et fiscaux (FiLoSoFi). La base contient 31 variables sur la structure par âge des individus, sur les caractéristiques des ménages et des logements et sur les revenus. Le champ géographique est constitué de la France métropolitaine, de la Martinique et de La Réunion. La publication des nouvelles données donne l'occasion de cartographier les inégalités en France à l'échelle infra-communale.

1) Accès et mode d'utilisation des données carroyées de l'INSEE

L'Insee fournit des informations socio-économiques sur près de 30 millions de ménages. Il diffuse ces informations à différentes échelles dont la plus petite est celle d’un carreau de 200 mètres de côté. Ces statistiques locales permettent d’observer finement la situation socio-économique de la population de zones géographiques très ciblées. Elles représentent une source d’information précieuse pour aller au-devant des besoins des habitants et des acteurs économiques et accompagner la mise en œuvre de politiques publiques.

Exemple de carte carroyée à 200 m à partir des données de revenus localisés sociaux et fiscaux (Filosofi)

Les archives contiennent les données pour les trois zones géographiques du champ (France métropolitaine, Martinique et Réunion). Trois formats de fichier sont proposés : shapefile, geopackage ou csv. Les carreaux constituent un périmètre d’intérêt plus fin que les IRIS. L'objectif est d'aller vers une maille carroyée d'1 km² à l’échelle de l’Union européenne. C'est déjà le cas pour certaines données Eurostat.


2) Géovisualiser les données sur le site du Géoportail

Si l'on ne souhaite pas télécharger les données ni effectuer de traitement cartographique, il est possible de visualiser les données directement sur le site du Géoportail.

Niveau de vie en France selon les données carroyées 2019 (Géoportail - Insee FiLoSoFi 2019)

Ménages propriétaires en France selon les données carroyées 2019 (Géoportail - Insee FiLoSoFi 2019)

Part des ménages pauvres en France selon les données carroyées 2019 (Géoportail - Insee FiLoSoFi 2019)


3) Construire ses propres cartes à partir du module cartographique de l'INSEE

Pour les données carroyées à 1km, on peut utiliser le module cartographique Statistiques locales fourni par l'INSEE. Les données récentes sont déjà intégrées et il est possible de superperposer d'autres données en utilisant le menu "Données externes" (il est conseillé de télécharger le modèle csv pour intégrer ses données). L'application permet de jouer sur les seuils de discrétisation et de croiser avec d'autres données de la base Filosofi.

 Niveau de vie winsorisé des individus en euros en 2019  (Statistiques locales - INSEE)


Le terme "winsorisé" fait référence à une technique statistique de traitement des valeurs extrêmes d'une distribution consistant à ramener à un seuil donné toutes les valeurs situées au-delà, ou en deçà, de ce seuil.

 Part des personnes âgées de 65 ans et plus en 2019 (Statistiques locales - INSEE)



4) Prolonger l'analyse dans un outil de cartographie numérique ou dans un SIG

Utilisation de l'application Gridviz

Gridviz (licence EUPL 1.2) est une bibliothèque JavaScript basée sur WebGL développée par Julien Gaffuri et Joe Davies. Il permet de visualiser des données maillées (ou tout ensemble de données tabulaires avec position x/y) dans un navigateur avec une grande variété de styles cartographiques. Contrairement aux outils de cartographie Web raster traditionnels, Gridviz restitue tout à la volée côté client. Le dépôt Github est ici. La référence API est .

Gridviz : une bibliothèque pour la cartographie en ligne de données carroyées par Julien Gaffuri, Eurostat (Webinaire Carte Blanche #8, jeudi 5 octobre 2023). 



Nombreux exemples d'utilisation de Gridviz à partir des données carroyées de l'INSEE sur la population française.


Intégration des données dans un outil SIG

Il est possible d'utiliser les données carroyées de l'INSEE dans un SIG. Voici le documentation sur la méthodologie pour les données 2019.


Lien ajouté le 17 juin 2024

Lien ajouté le 8 juillet 2024

Lien ajouté le 29 janvier 2026

Temps de trajet jusqu'à la petite ville la plus proche (plus de 5000 habitants) en Europe

Nicolas Lambert propose, à partir de l'outil Gridviz, une interface cartographique pour visualiser les temps de trajet jusqu'à la petite ville la plus proche en Europe. La documentation relative au traitement des données est disponible ici, et celle relative à l'agrégation des données ici. Ces référentiels donnent également accès aux données brutes utilisées par cet outil de visualisation.

Articles connexes


Données carroyées de 2015 sur le site de l'INSEE

Données carroyées concernant l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne

Données carroyées de population à l'échelle mondiale sur le site WorldPop




Atlas du permafrost arctique


Le permafrost ou pergélisol, occupe le quart des terres émergées de l’hémisphère nord. Il est aujourd’hui sujet à de profonds changements en raison du réchauffement climatique. L'Atlas du permafrost arctique constitue une somme de connaissances sur le sujet, avec de nombreuses cartes, illustrations, images de drone et photographies. 

Arctic permafrost Atlas (à télécharger en anglais - version numérique)


Plus de 150 scientifiques ont contribué à l'Atlas avec des données, des commentaires, des analyses. Il s'agit d'une collaboration entre de nombreux partenaires dans le cadre du
 projet Nunataryuk, destiné à rassembler des connaissances de pointe sur les pergélisols et les impacts du dégel sur les communautés humaines de l'Arctique. L'Atlas est disponible en version papier et en version numérique.

Plan

  • Earth’s Freezer: Introduction to Permafrost
  • Awakening Giant: Permafrost and Climate Change
  • Moving Grounds: Permafrost Changes
  • Arctic Ripples: Impacts of Permafrost Thaw
  • Holding Tight: Adaptation to Permafrost Thaw
  • Going South: Permafrost in Other Areas
  • Over the Horizon
Bases de données utilisées
Lien ajouté le 22 août 2024
Lien ajouté le 9 février 2026

« Sur les traces du changement climatique en Arctique. Manuel à l’usage des enseignants du primaire et du collège » (OCE).
L’Office for Climate Education (OCE) présente « Sur les traces du changement climatique en Arctique », un guide pédagogique à destination des enseignants du primaire et du début du secondaire (7 à 15 ans), pour explorer l’Arctique, le pergélisol et les grands enjeux climatiques actuels. Ce manuel clé-en-main accompagne les enseignants dans la mise en œuvre d’activités interdisciplinaires fondées sur la démarche d’investigation, la pédagogie de projet, et la collaboration entre élèves de différentes cultures. À travers des activités de classe variées (ateliers scientifiques, échanges culturels, analyses de données), les élèves y découvrent le rôle essentiel de l’Arctique dans la régulation du climat mondial, les conséquences du dégel du pergélisol, et la richesse des cultures française et nord-canadienne. Le manuel s’appuie sur les résultats du projet scientifique international PRISMARCTYC, mené conjointement par des chercheurs en France, au Canada et ailleurs.

Lien ajouté le 25 février 2026

« Evolution de l’épaisseur et du volume de la banquise en Arctique de 1979 à 2026 » (© Zacharie Labe).
Zacharie Labe, climatologue, propose une animation cartographique montrant l’évolution de l’épaisseur et du volume de la banquise en Arctique. Bien que les observations de l’épaisseur de la banquise soient rares, il utilise ici le modèle océanique et de banquise PIOMAS (Zhang et Rothrock, 2003) pour visualiser l’épaisseur et le volume de la banquise en janvier de 1979 à 2026. 

Lien ajouté le 25 mars 2026

« Suivi des flux d'eau douce arctiques depuis l'espace » (Agence spatiale européenne).
Des chercheurs de l’Université de Pérouse, en collaboration avec le CNR italien et l’ESA, analysent les flux d’eau douce arctiques depuis l’espace. Leurs travaux révèlent comment le cycle de l’eau se transforme sous l’effet du réchauffement. À l’échelle du bassin arctique, les fleuves drainent chaque année environ 4.760 km³ d’eau douce vers l’océan. Près de 80% de ces flux proviennent des bassins eurasiens, ce qui souligne le rôle majeur des grands fleuves sibériens dans le climat global. Les chercheurs montrent que le suivi des débits devient difficile sur le terrain. Les stations hydrométriques disparaissent dans ces espaces isolés. Les satellites offrent une solution pour observer en continu des territoires vastes et peu accessibles. Le modèle STREAM combine plusieurs données spatiales. Gravité terrestre, humidité des sols, neige et précipitations. Cette approche permet de reconstituer les écoulements quotidiens sur toute la région arctique entre 2003 et 2022. Les résultats remettent en cause une idée simplifiée. Le réchauffement ne rend pas uniformément l’Arctique plus humide. Certaines régions voient leurs débits augmenter, tandis que d’autres, comme le bassin du Mackenzie au Canada, enregistrent une baisse. Cette diversité spatiale s’explique par plusieurs facteurs. Hausse des températures, modification des précipitations, fonte du pergélisol et évolution du manteau neigeux. Le cycle de l’eau arctique se transforme de manière différenciée selon les régions. Les satellites deviennent des outils déterminants pour comprendre ces dynamiques. Les missions GRACE ou Sentinel permettent de mesurer les variations de masse d’eau. Les futures missions offriront une précision accrue pour suivre ces transformations. L’étude montre que le cycle hydrologique arctique se reconfigure à l’échelle régionale, avec des contrastes marqués entre bassins. Ces évolutions influencent les océans, les écosystèmes et le climat global sur le long terme.

Lien ajouté le 31 mars 2026

« Des expériences montrent que le dégel du pergélisol le rend 25 à 100 fois plus perméable » (Phys.org).
Des chercheurs (University of Leeds) montrent comment le dégel du pergélisol transforme les sols arctiques en sources actives de GES. L’objectif est d’expliquer précisément comment ces milieux gelés, longtemps stables, deviennent des systèmes qui libèrent rapidement du carbone vers l’atmosphère. Le pergélisol constitue un immense réservoir de carbone. Il stocke environ 1.700 milliards de tonnes, soit près de trois fois le carbone présent dans l’atmosphère. Sa dégradation représente donc un basculement majeur dans le système climatique global. Les expériences montrent un changement physique spectaculaire. En se réchauffant, le pergélisol devient 25 à 100 fois plus perméable. Les gaz piégés peuvent alors s’échapper plus facilement vers l’atmosphère, notamment le CO₂ et le méthane. Les tests ont été réalisés entre -18°C et +5°C. Le seuil critique se situe entre -5°C et +1°C, où la perméabilité augmente fortement. Cette zone correspond aux conditions actuelles de réchauffement rapide dans les régions arctiques. Le phénomène s’inscrit dans une dynamique d’emballement. L’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du globe. D’ici 2050, jusqu’à 42% du pergélisol pourrait disparaître, libérant des quantités massives de gaz climatiques. L’étude souligne un double risque : l'accélération du réchauffement global et les impacts locaux, comme la libération de radon, gaz radioactif dangereux pour les popu. Le pergélisol apparaît ainsi comme un élément clé de l’équilibre climatique mondial. 

PWJ Glover et al., Mesure de la fraction gazeuse et de la perméabilité aux gaz du pergélisol en dégel sous l'effet du changement climatique, Earth's Future (2026). https://dx.doi.org/10.1029/2025ef007232

Lien ajouté le 23 avril 2026

« Rivières rouillées : l’inquiétude grandit face à l’augmentation de l’acidification des eaux arctiques  » (Yale Environment 360).
Les changements climatiques ont fait fondre le pergélisol et accru les précipitations dans le Grand Nord, produisant de l'acide sulfurique qui colore les rivières et les lacs en jaune ou en orange rouille. Les scientifiques s'efforcent d'évaluer les répercussions sur la faune, les poissons et l'eau potable des communautés autochtones.

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Rapport du Giec 2021 : le changement climatique actuel est « sans précédent »

Comment le changement climatique a déjà commencé à affecter certaines régions du monde

Quels sont les États qui ont le plus contribué au réchauffement climatique dans l’histoire ?

Un globe 3D pour explorer le climat et ses évolutions vus de l'espace (site de l'ESA)

Étudier les migrations à l'échelle infranationale pour l'ensemble des pays du monde


Niva, V., Horton, A., Virkki, V. et al. (2023). World’s human migration patterns in 2000–2019 unveiled by high-resolution data. 
Nature Human Behaviorhttps://www.nature.com/articles/s41562-023-01689-4

Bien qu’elle soit devenue une question d’actualité dans le débat public et qu'elle soit à l’agenda politique de nombreux pays, l'étude quantitative des migrations et de leurs principaux facteurs à l'échelle mondiale faisait jusque-là défaut. Les modèles de migration humaine dans le monde viennent de faire l'objet d'une étude scientifique à partir de données en haute résolution sur la période 2000-2019. Publiée en septembre 2023 dans la revue Nature, cette étude souligne l'importance de l'analyse des migrations à l'échelle infranationale.

Migration nette et tendances migratoires cumulées au sein des zones administratives communales, provinciales et nationales (source : Niva et al, 2023, Creative communs licence)


Les auteurs de cette étude ont créé une base de données à l'échelle mondiale sur la migration nette annuelle entre 2000 et 2019 à partir d'une grille d'environ 10*10 km, couvrant 216 pays ou États souverains et basée sur les taux de natalité et de mortalité déclarés. Ils montrent qu'à l'échelle mondiale, environ 50 % de la population vit dans des zones où la migration accélère la croissance de la population urbaine, tandis qu'un tiers de la population mondiale vit dans des zones rurales qui connaissent une migration nette positive. Ils montrent aussi que, globalement, les facteurs socio-économiques sont plus fortement associés aux schémas migratoires que les facteurs climatiques. Bien que la méthode dépende de la qualité des données de recensement (d'où des incertitudes notables dans les régions où la couverture ou la qualité des données de recensement sont faibles), les auteurs ont pu appréhender les schémas de migration à l'intérieur des pays, ainsi que par zonage socio-économique et géophysique. Les résultats soulignent l’importance de l’analyse infranationale de la migration – une nécessité pour la mise au point de politiques de coopération internationale et de responsabilité partagée dans la gestion des migrations.

Étude des migrations à l'échelle infranationale. Accès au module cartographique en ligne proposé par l'Université d'Aalto (Finlande)


Lien ajouté le 19 avril 2026

Bui, MHT et K.Heo (2026). « Go to the Bustling South: Intra-Asian North-South Migration in South Korean Mobilities to Vietnam » [Cap sur le Sud animé : migrations intra-asiatiques Nord-Sud dans les mobilités sud-coréennes vers le Vietnam].  Population, Space and Place 32 : e70263. https://doi.org/10.1002/psp.70263

Des chercheurs en mobilités internationales analysent les migrations sud-coréennes vers le Vietnam. Ils montrent que les flux intra-asiatiques ne se limitent pas aux trajectoires Sud-Nord. Un « Sud dynamique » devient une destination centrale. Cette mobilité s’inscrit dans une recomposition géoéconomique rapide. Depuis 1992, les relations Corée-Vietnam favorisent investissements et circulations. La Corée est aujourd’hui le premier investisseur avec plus de 92 milliards de dollars cumulés en 2024. Le Vietnam attire d’abord pour ses opportunités économiques concrètes. Les grandes firmes coréennes, notamment industrielles, entraînent l’arrivée d’expatriés, d’entrepreneurs et de sous-traitants. Ces flux contribuent à transformer les villes et leurs économies locales. Mais ces déplacements répondent aussi à des dynamiques de départ. La crise asiatique de 1997 ou la pression professionnelle en Corée ont poussé de nombreux actifs à chercher ailleurs des conditions de travail et de vie perçues comme plus favorables. Le « Sud » est aussi décrit comme un espace de vie plus accessible et plus apaisé. Les migrants évoquent un rythme de travail moins intense et un environnement social jugé plus équilibré. Cette perception transforme les logiques classiques de migration. L’étude met en lumière une dimension familiale importante. Le Vietnam devient un espace éducatif stratégique. Les écoles internationales y offrent des coûts plus faibles et permettent d’envisager des parcours vers des universités coréennes ou occidentales. Toutefois, ces mobilités restent marquées par des inégalités. Les migrants disposent d’avantages liés à leur capital et à leur nationalité, mais rencontrent aussi des obstacles. La langue, l’accès au marché local ou la concurrence limitent parfois leurs projets. Cette étude montre que le « Sud global » devient un pôle attractif à part entière. Les mobilités intra-asiatiques redéfinissent les hiérarchies spatiales et économiques. Le Vietnam illustre un espace en recomposition, au cœur des circulations contemporaines. 

Lien ajouté le 20 avril 2026

« États-Unis : les « sanctuaires » sous la pression de Trump » (Areion24 News - Magazine Carto)

La géographe Charlotte Recoquillon (IFG) analyse le durcissement des politiques migratoires sous Trump et la résistance des "sanctuaires". Elle souligne les tensions entre échelles de pouvoir, révélant une recomposition territoriale où villes et États contestent l’autorité fédérale. Charlotte Recoquillon décrit une intensification des contrôles. Entre octobre 2024 et août 2025, près de 60000 migrants ont été arrêtés par l’ICE. À Los Angeles, des raids ciblent lieux de travail et espaces publics, traduisant une présence accrue de l’État dans les territoires urbains. Face à cette pression, environ 170 juridictions se déclarent « sanctuaires ». Elles limitent leur coopération avec Washington. À Los Angeles, 35,4% des 3,89 millions d’habitants sont nés à l’étranger, ce qui explique l’importance de ces politiques locales de protection. Ces territoires incarnent un conflit politique et spatial. Les autorités locales cherchent à protéger les migrants, tandis que l’État fédéral impose une logique sécuritaire. Le déploiement de 4000 soldats en Californie illustre cette confrontation entre niveaux de pouvoir. La stratégie fédérale repose sur une criminalisation des migrants. Arrestations, expulsions et transferts vers des prisons comme le CECOT au Salvador traduisent une politique de dissuasion, visant à contrôler les flux migratoires par la contrainte et la peur. Cette politique mobilise des moyens massifs. Un budget de 170 milliards de dollars finance la détention, la surveillance et le renforcement du mur frontalier. Le recrutement de 15000 agents montre une militarisation croissante de la gestion migratoire. Un véritable marché des expulsions se développe. Entreprises privées de surveillance, de logistique ou de détention signent des contrats de plusieurs milliards. La gestion des migrants devient un secteur économique structuré, lié à des intérêts industriels. Ces dynamiques redessinent les territoires américains. Entre politiques locales d’accueil et stratégie fédérale de contrôle, les mobilités migratoires deviennent un enjeu central, révélant des fractures sociales et spatiales au cœur du pays. 

Lien ajouté le 22 avril 2026

« Sénégal : Une décennie de déplacements climatiques non résolus. Élaborer une politique nationale de relocalisation planifiée » (Human Rights Watch).

Erica Bower montre qu’au Sénégal, le déplacement climatique devient une réalité durable. À Saint-Louis, des familles déplacées depuis 2015 vivent encore ds des sites précaires, révélant l’incapacité à produire des solutions stables. Sur la Langue de Barbarie, des submersions marines ont détruit des villages de pêcheurs en 2015-2016. Environ 1000 personnes ont été relogées à Khar Yalla, un site temporaire inadapté, exposé aux inondations et dépourvu d’infrastructures essentielles. Dix ans après, la situation reste bloquée. Les habitants ne disposent que de permis temporaires et vivent dans des logements précaires. L’accès aux services reste limité, avec seulement une douzaine de foyers raccordés à l’électricité en 2026. Le phénomène dépasse ce cas local. En 2024, plus de 57000 personnes ont été déplacées au Sénégal par les inondations. Cette dynamique illustre une recomposition rapide des littoraux africains sous l’effet du changement climatique et de la montée des eaux. Les experts insistent sur la nécessité d’une relocalisation planifiée. Cela suppose des sites non exposés, des droits fonciers durables et la participation des populations. Fatoumata Kine Mbodji souligne l’importance d’intégrer les habitants aux décisions. L’absence de cadre national transforme les déplacements en crises durables. Le Sénégal pourrait devenir un modèle africain en structurant une politique de relocalisation respectueuse des droits, face à l’augmentation attendue des mobilités climatiques. #geography #climate #migration

Articles connexes



Images satellites Spot 6-7 accessibles en open data


Le site DINAMIS (Dispositif Institutionnel National d'Accès Mutualisé en Imagerie Satellitaire) diffuse en open data l’ensemble des images satellites Spot 6-7 orthorectifiées depuis 2013. Les satellites SPOT-6 et SPOT-7 forment avec les deux satellites PLEIADES une constellation de satellites optiques d’Observation de la Terre, assurant la continuité et la disponibilité des données haute et très haute résolution

Sélectionnez l'année recherchée ainsi que le mode (multispectral, avec une résolution de 6 mètres - ou panchromatique, avec une résolution de 1,5 mètres). La couverture correspondante apparaît sur la carte interactive.

Accès à l'open data couvertures Spot 6-7 France (source : DINAMIS)

Sélectionnez sur la carte les produits à télécharger. Vous pouvez sélectionner plusieurs produits avec la touche SHIFT (sélection multiple) ou CTRL (sélection par rectangle)

Sur la page suivante, vous devrez remplir vos coordonnées pour accéder aux liens de téléchargement.

La couverture Spot 6/7 est également consultable sur le Géoportail pour les années 2015 à 2021.

Articles connexes





Images satellites Landsat 9 mises à disposition par l'USGS

Le programme Landsat, lancé en 1972, fête ses 50 ans d'observation de la Terre

La carte, objet éminemment politique. La Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 : qu’en reste-t-il 40 ans plus tard ?

 

Partie de Marseille le 15 octobre 1983, la Marche pour l'égalité et contre le racisme est l’un des événements les plus marquants en France concernant la défense des droits des immigrés et la lutte contre la discrimination.

1) Remettre la carte dans son contexte

« Vivre ensemble avec nos différences dans une société solidaire » est le slogan derrière lequel partent les trente-deux marcheurs de Marseille le 15 octobre 1983. Les marcheurs ont choisi comme point de départ le quartier de La Cayolle où des meurtres racistes, dont celui d’un enfant, avaient eu lieu peu de temps auparavant. Les marcheurs ont organisé leur mouvement avec l’aide de différents organismes comme la CIMADE de Lyon ou le MAN (Mouvement pour une alternative non violente). Un planning des villes étapes est instauré, des collectifs d’accueil se constituent, composés d’associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, d’organisations politiques et syndicales mais aussi de mouvements spontanés.

Étapes de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (1983)

Partie dans l’indifférence quasi-générale, la Marche devient de plus en plus populaire. Les médias s’intéressent progressivement à ce mouvement non-violent et non politique et lui font une couverture médiatique favorable. Les personnalités politiques se bousculent pour accueillir les marcheurs dans leur commune. Les marcheurs se méfient pourtant de toute récupération et rejettent tous slogans ou messages trop politiques. A l’arrivée sur Paris, les familles et les jeunes ont défilé avec les portraits des victimes des crimes racistes et sécuritaires, en scandant « Égalité des droits, justice pour tous ». Plus de 100 000 personnes ont rejoint les marcheurs lors de leur défilé à Paris le dimanche 3 décembre 1983. 

Affiche officielle de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (source : Musée national de l'histoire de l'immigration)



2) Approfondir l'analyse à partir de fiches pédagogiques

« La Marche pour l’égalité et contre le racisme 1983-2013 » (Musée national de l'histoire de l'immigration). Cette fiche pédagogique a été réalisée par le département Éducation du Musée national de l’histoire de l’immigration, à l'occasion des 30 ans de l'événement en 2013. À partir d’une manifestation particulière, la Marche pour l’égalité et contre le racisme, il s’agit de montrer l’émergence d’une génération issue de l’immigration dans le débat public. Mettre en évidence également une forme d’engagement particulière, basée sur un mode d’expression peu courant en France, la non-violence ; une expression qui peut aussi trouver ses racines dans les marches de la faim des chômeurs des années 1930, les luttes pour les droits civiques des Noirs américains derrière le pasteur Martin Luther King aux Etats-Unis dans les années 1960, ou le mouvement de Gandhi en Inde. Il conviendra de montrer comment cette Marche répond de manière originale à des questionnements et des tensions en cours dans la société française de l’époque. C’est pourquoi l’étude de cet événement peut à la fois être intégré à l’histoire de l’immigration mais aussi aux différents programmes d’Education civique ou d’ECJS sur les différentes formes d’engagement et d’expression politique des citoyens. 

« La Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 : qu’en reste-t-il 40 ans plus tard ? » (Le Cafuron). Dossier documentaire et démarche pédagogique proposés par Louis Brun (lycée Jacob Holzer dans la Loire) dans le cadre de l'enseignement de l'histoire-géographie et de l'EMC en classe de Première.

« L’Histoire par les dates - La Marche pour l’égalité, 15 octobre 1983 » (Historicophiles). En un moment de tensions sociales croissantes, cette marche a offert une plateforme à ceux qui étaient souvent sans voix, réclamant la reconnaissance, le respect et l’égalité devant la loi. C’était une affirmation puissante de solidarité et de fraternité. Chapitre d'histoire Terminale : "Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988".

« Douce France, cher pays de mon enfance » par le groupe Carte de séjour, 1986  (L'histgéobox). Impliqué dans les marches de protestation, le groupe participe au concert qui clôt la "Marche des Beurs" à la Bastille en 1983. A l'occasion du concert géant de la Concorde du 15 juin 1985, Carte de séjour chante pour la première fois sa version de Douce France. La reprise du succès de Trenet permet au groupe d’accéder à une importante notoriété. L'interprétation introduit des sonorités orientales, tandis que le chant joue délibérément sur un accent maghrébin, transformant en véritable manifeste politique le morceau. 

Philippe Hanus, « Carte de séjour, des banlieues lyonnaises aux scènes internationales (1980-1990). Retour sur la trajectoire artistique et militante des zazous de la ZUP de Rillieux-la-Pape », Métropolitiques, 2 février 2026.


Lien ajouté le 3 décembre 2023


Lien ajouté le 10 avril 2025

Banlieues chéries. Une immersion artistique au coeur de l’histoire des banlieues pour dépasser les clichés (Exposition du Musée national de l’histoire de l’immigration, 11 avril au 17 août 2025)

Portes d’entrée sur les grandes villes, les banlieues sont perçues à travers des prismes souvent réducteurs. Le terme lui-même recouvre une grande diversité de réalités souvent réduites à l’opposition entre des cités résidentielles dites paisibles et des grands ensembles longtemps décriés. Les banlieues sont pourtant le reflet d’une richesse sociale et culturelle, constitutive de l’histoire de France. Rassemblant plus de 200 documents d’archives, peintures, installations, vidéos, photographies, témoignages, l’exposition explore ces banlieues chéries comme des lieux de mémoire et de transmission. De la ceinture rouge à la « crise des banlieues » en passant par la construction des grands ensembles, l’exposition donne à voir une multiplicité de points de vue de la fin du 19e siècle à aujourd’hui.Cette exposition et la programmation qui l’accompagne s’inscrivent dans l’engagement du Palais de la Porte Dorée à lutter contre les idées reçues à travers une compréhension juste de l’histoire et des enjeux sociaux et politiques contemporains.

Voir CR de l'expo sur le site Métropolitiques


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