Atlas géopolitique de la Russie (Les Arènes)


L’Atlas géopolitique de la Russie est publié en octobre 2022 aux éditions Les Arènes. Son élaboration a mobilisé pendant six mois toute une équipe de cartographes issus du journal Le Monde (@LM_enCartes) sous la direction de Delphine Papin. L'atlas propose une centaine de cartes et d'infographies  pour comprendre la complexité des enjeux.

Depuis 1991, l’onde de choc de la fin de l’URSS n’en finit pas d’ébranler le monde. Le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine, au petit matin du 24 février 2022, a remis Moscou au centre de la carte. La Russie de Vladimir Poutine n’est plus que l’ombre de ce que fut l’URSS. Diminuée géographiquement, amoindrie par une crise démographique et économique, elle dispose cependant d’une puissance de feu redoutable et de leviers de chantage : les matières premières agricoles et les hydrocarbures. 

Chaque jour, le service Infographie du Monde décrypte l’actualité en étroite collaboration avec les reporters, les éditorialistes et les meilleurs experts du journal. Certaines illustrations ont fait le tour du monde et ont été reprises par de nombreux médias étrangers. 

Parmi les 100 cartes et infographies rassemblées dans l’ouvrage, on retrouve notamment : les ondes de choc depuis la chute de l’URSS ; le déclin démographique ; la rente pétro-gazière ; le schisme dans le monde orthodoxe ; la confrontation Otan-Russie ; la RussAfrique ; la géopolitique spatiale ; les guerres de Poutine ; l’invasion de l’Ukraine…

L'Europe du Nord, épicentre des attaques non conventionnelles : tout comprendre en une carte (Les cartes en mouvement, France Culture).

🗺 « Cartographier la Russie, c'est cartographier un grand pan des enjeux géopolitiques mondiaux. »

La présence de la Crimée sur la couverture a provoqué de vives réactions parfaitement légitimes. Il convient cependant de noter que, partout ailleurs dans l’atlas, l’annexion de la Crimée est appelée annexion, et la péninsule a systématiquement droit à un code couleur spécifique.

Pour compléter

Marchand Pascal, Atlas géopolitique de la Russie, Autrement, 2020.

Eltchaninoff Michel, Dans la tête de Vladimir Poutine, Actes sud, 2014.


Lien ajouté le 30 avril 2026


Géopolitique. Moscou en perte d’influence dans ses anciennes “zones d’intérêts légitimes” (Courrier International).

Du Caucase à l’Asie centrale, Moscou voit son ancien glacis postsoviétique se fragmenter. La guerre en Ukraine devait consolider cette zone d’influence. Elle accélère au contraire des stratégies d’autonomie, d’équilibre et de contournement. En Asie centrale, aucun État ne soutient ouvertement l’invasion de l’Ukraine. Le Kazakhstan refuse dès 2022 de reconnaître Donetsk et Louhansk. La région reste liée à Moscou par l’économie, mais regarde davantage vers la Chine, l’Europe et les États-Unis. Le Kazakhstan avance sur une ligne de crête. Il diversifie ses routes pétrolières et ses partenaires, mais ménage un voisin russe avec lequel il partage près de 7.000km de frontière. L’indépendance géopolitique progresse, sans rupture brutale. Le Kirghizistan reste plus étroitement arrimé à Moscou. Les transferts des travailleurs migrants, l’Union économique eurasiatique et l’OTSC maintiennent une dépendance forte. Des lois sur les ONG et les médias reprennent même le modèle russe. La Biélorussie illustre l’intégration contrainte. Après la crise politique de 2020, Loukachenko dépend davantage du Kremlin. Depuis 2022, son territoire sert de base arrière contre l’Ukraine et 90% de son commerce extérieur passe par la Russie. Dans le Caucase du Sud, Moscou perd son rôle d’arbitre. L’Arménie, déçue par l’absence de soutien face à Bakou, gèle l’OTSC et vote en 2025 pour viser l’UE. L’Azerbaïdjan, appuyé par la Turquie, défie plus ouvertement le Kremlin. La Géorgie reste dans l’ambiguïté. Candidate à l’UE depuis 2023, elle gèle pourtant les négociations jusqu’en 2028. Le pouvoir exploite la peur d’une guerre avec la Russie, qui occupe encore 20% du territoire géorgien depuis le conflit de 2008. L’influence russe ne disparaît pas, mais elle change d’échelle et de forme. Moscou conserve des relais, de Minsk à Budapest, Bratislava ou Belgrade, tout en perdant sa capacité à imposer seule l’ordre régional. L’ancien empire devient un espace disputé. 

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