La liberté de la presse dans le monde selon Reporters sans frontières


L’édition 2019 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) montre que la liberté de la presse recule en Europe et dans le monde. Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias. 

Pour accéder à la carte de Reporters sans frontières (en français) : http://rsf.org/fr/classement
 

Le classement est établi selon un indice composite, le World Press Freedom Index qui prend en compte le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures soutenant la production de l’information (voir la méthodologie).

Les pays sont colorés en fonction de leur classement. Les pays de couleur jaune pâle sont jugés « satisfaisants ». Les pays de couleur orange sont considérés comme « problématiques ». Les pays rouges sont dans une  « situation difficile » et les pays noirs sont dans une « situation très difficile ». En cliquant sur un pays au choix, on affiche son rang de classement, son score global et son évolution depuis 2018. Le site fournit en outre des analyses par continent. Les données sont téléchargeables au format CSV. La page archives permet d'accéder aux données des années précédentes avec possibilité de remonter jusqu'en 2002, date du premier rapport de RSF.
Extrait du rapport 2019 :

Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation “bonne” (zone blanche) ou “plutôt bonne” (zone jaune) contre 26% l’année dernière. Les Etats-Unis (48e), où un climat toujours plus hostile s’est installé au-delà des propos de Donald Trump, perdent trois places en 2019 et basculent dans la zone orange, ce qui signale une situation problématique.

Plusieurs régimes autoritaires perdent des places au classement. C’est le cas du Venezuela (148e, -5 places), où les journalistes ont été confrontés aux arrestations et violences infligées par les forces de l’ordre. Et de la Russie (149e, -1 place), où le Kremlin a accentué la pression contre internet et les médias indépendants, à coup d’arrestations, de perquisitions arbitraires et de lois liberticides. Le Vietnam (176e), talonné par la Chine (177e, -1), perd également une place. Dans la Corne de l’Afrique, l’Erythrée atteint l’antépénultième place (178e, +1), malgré la pacification de ses relations avec l’Ethiopie, tandis que le Turkménistan (180e, - 2) est désormais dernier, à la place de la Corée du Nord (179e, +1).

Les plus fortes dégradations affectent des régions en principe vertueuses. Cette année, c’est la zone Amérique du Nord et du Sud qui enregistre la plus grande dégradation de son score régional (+3,6%). Ce mauvais résultat n’est pas seulement dû aux piètres performances des Etats-Unis, du Brésil et du Venezuela. Le Nicaragua (114e), qui dévisse de 24 places, subit l’une des baisses les plus significatives en 2019. Les journalistes nicaraguayens qui couvrent les manifestations anti-gouvernement Ortega, considérés comme des opposants, sont fréquemment agressés.  

L’Union européenne et les Balkans enregistrent la deuxième plus forte dégradation du Classement  (+1,7%). Dans cette zone qui reste celle où la liberté de la presse est la mieux respectée et qui est en principe la plus sûre, les journalistes doivent aujourd’hui faire face aux pires menaces : le meurtre à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie (111e), des attaques verbales et physiques notamment en Serbie ou au Monténégro (104e, -1), ou un niveau inédit de violences lors des manifestations de “gilets jaunes” en France (32e, +1), au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps. La stigmatisation des journalistes s’affiche aussi désormais de façon décomplexée : en Hongrie (87e, -14), les responsables du parti de Viktor Orban refusent de répondre aux questions des journalistes qui ne travailleraient pas pour des médias considérés comme des “amis du Fidesz”. En Pologne, ce sont les médias publics transformés en instruments de propagande qui permettent, de façon de plus en plus intensive, d’exercer des pressions sur les journalistes.

Articles connexes

Carte de l'indice de perception de la corruption (Transparency International)

Notre-Dame de Paris au coeur de la fabrique de l'image et de l'information


L'incendie spectaculaire qui a complètement détruit la toiture et la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 a donné lieu à une importante production de photographies, de plans, de cartes, d'infographies, d'images de drone... En voici une sélection thématique qui permet d'évaluer les dégâts, d'envisager les possibilités de reconstruction, mais aussi d'interroger le rôle de l'image et de l'information à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux.


Images et traitement médiatique de l'information :

Notre-Dame de Paris : émotion et stupeur en une des journaux partout dans le monde :  JDD
Notre-Dame de Paris ravagée par un incendie, émotion internationale : Agence France Presse

"Notre-Dame, notre drame" : Libération, France24, LCI, L'Express

Notre-Dame de Paris : « C'est le cœur de la nation qui est en flammes » : Le Figaro

La cathédrale des cathédrales : La Vie

De la fragilité du monde : Reporterre

Le rôle clé des médias en ligne dans le traitement de l’information : Upday

Moins de 5 heures après le début de l’incendie de Notre-Dame, Wikipédia avait déjà un article en 32 langues sur le sujet : Zdnet.

Incendie de Notre-Dame : les théories du complot et fake news se multiplient : BFM TV et AFP Factuel 

Notre-Dame de Paris, défigurée mais encore debout, sera "rebâtie" promet Macron : Agence France Presse

Hommages en dessins : Le Figaro, France Info, Huffington Post, Pure Break, CNews 

Images et caricatures de presse  : Le Canard enchaînéCharlie Hebdo, France TV InfoOuest France, Médiapart


Images et évaluation des dégâts liés à l'incendie

Images prises par un drone de la police et utilisées par les pompiers pendant l'incendie : Numérama

Une vue aérienne en 3D de Notre-Dame-de-Paris après l’incendie : Gigarama

Une image de drone en haute définition prise à la verticale montrant l'ampleur des dégâts : Stéphane Larue

Images avant / après l'incendie : France TV info

Infographies montrant les parties détruites, souvent accompagnées de commentaires décomposant les étapes de l'incendie :
Les Echos
, Statista, Le Monde, Le Journal de Montréal, New York Times, Graphic News, The Guardian, AFP, Reuters, Reddit.

Une sélection d'infographies en 3D issues de différents journaux : Inconsolata

Pourquoi Notre-Dame de Paris était une poudrière : une infographie animée en 3D par le New York Times

Une story map sur la plateforme d'Arcgis (en anglais) : ESRI 



Images et plans anciens : l'histoire de la cathédrale

Sélection d'images et plans anciens : Gallica et BNF

La charpente en chêne (appelée "la forêt") était constituée de 1 300 arbres dont certains remontaient au XIIe siècle : site officiel de Notre-Dame

Les plus vieilles photographies de la cathédrale : un daguerrotype de 1838 et un autre de 1842 lors des funérailles du duc d'Orléans.

Itinéraire pratique de l'étranger dans Paris (1848) : Bibliothèque du Congrès

Notre-Dame, le coeur de Paris. Documents d'archives de l'INA notamment lors du 800e anniversaire de la cathédrale en 1963.

Vues anciennes de Notre-Dame par le compte Twitter des Archives nationales : plan de l'île de la Cité en 1610, photos aériennes de 1955.

Notre-Dame de Paris : les dates qui ont marqué l’histoire de la cathédrale en 12 photos : Géo

De la Reine Margot à la Libération, Notre-Dame ou l’église de la nation : Libération

Notre-Dame de Paris, joyau gothique : revue L'Histoire

Comment Notre-Dame est devenue un monument national - entretien avec Yann Potin pour la revue L'Histoire

Notre-Dame, une émotion patrimoniale (entretien avec Nathalie Heinich) : La Vie des Idées

Notre-Dame : un incendie et ses instrumentalisations. Interview de Julien Théry, historien spécialiste du Moyen-Age : Le Media TV

Un thread sur Twitter racontant la longue histoire de la cathédrale à partir d'images (par Actuel Moyen Age) :
L'incendie de Notre-Dame de Chartres en 1836 : Retronews

La cathédrale de Reims détruite... et reconstruite : The Huffington Post

Incendie de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes en 1972 : le temps de l'émotion n'est pas celui de la reconstruction : En Envor


Images et plans pour la reconstruction

Plan simplifié pour expliquer les différentes parties de la cathédrale : L'Histoire de France

Plan en sections 3D : Imgur

Notre-Dame de Paris : les reconstitutions en 3D peuvent aider à la reconstruction : Le Monde

Sur des disques durs américains, le modèle en 3D le plus précis de Notre-Dame. Voir aussi la vidéo du National Geographic : L'Internaute

Non, le jeu vidéo « Assassin’s Creed Unity » ne servira pas à reconstruire Notre-Dame de Paris : Le Monde

Les joueurs PC peuvent récupérer une copie du jeu vidéo Assassin's Creed Unity gratuitement : Numerama

De l’émotion à la reconstruction d’un patrimoine mondial : The Conversation

Notre-Dame, c'est "l'incendie de trop" : pourquoi les historiens de l'art et spécialistes du patrimoine sont en colère : FranceTvInfo

Les projets qui devraient « réenchanter » l’île de la Cité d’ici à 2040 : Le Parisien

Notre-Dame de Paris : pour ou contre la reconstruction de la flèche de Viollet-le-Duc à l'identique ? LCI


Ressources pédagogiques :

Ressources pédagogiques et articles sélectionnés sur le site Eduscol

Ressources proposées par le Café pédagogique

L'actualité à hauteur des enfants, n°231 d'1jour1actu sur Notre-Dame en téléchargement libre.

Notre-Dame de Paris, source de la littérature et des arts : LeVif.be et Techno-Sciences

De Victor Hugo à Assassin's Creed, comment Notre-Dame s'est enracinée dans notre imaginaire culturel : France Inter

Notre-Dame de Paris, le roman de Victor Hugo (1831) en e-book libre et gratuit : CRDP de Strasbourg

L’hommage de Victor Hugo à Notre-Dame de Paris : Mediapart

La cathédrale humaine par Paul Le Bohec (inspiré par Célestin Freinet) :
"Ce qu'il faut viser, c'est l'élévation harmonieuse, l'assise solide qui permettra à la flèche de monter et de braver le temps. Et nous ne pourrions mieux comparer notre projet qu'à la structure merveilleuse des cathédrales moyenâgeuses."


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Une cartographie historique du Paris populaire de 1830 à 1980

Les story maps : un outil de narration cartographique innovant ?



La cartographie des déchets plastiques dans les fleuves et les océans


Signalé par Maps Mania, 16 avril 2019

Environ 8 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans. Ce plastique constitue un danger pour la vie marine et pour la santé des personnes. Les déchets de plastique non collectés ou intentionnellement déversés dans les fleuves se retrouvent dans les océans. Des études commencent à être conduites afin de cartographier les zones concernées et déterminer l'origine de ce plastique.

Litterbase est une organisation qui rassemble des études scientifiques sur les niveaux de pollution plastique présents dans les océans du monde. Litterbase fournit un aperçu des résultats de plus de 1900 études sur la quantité et la composition des déchets et leur effet sur les environnements marins. OpenLittermap constitue un projet de cartographie collaborative pour recenser et collecter les déchets plastiques à l'échelle mondiale.


L'une des façons de combler ces lacunes dans nos connaissances consiste à modéliser la densité de la pollution dans les océans à partir des résultats d'études scientifiques. Sailing Seas of Plastic est une carte par densité de points qui indique la concentration estimée de plastique flottant dans les océans sur la base des résultats de 24 expéditions effectuées entre 2007 et 2013 et de modèles de dérive des vents et des courants marins. 

Chaque point représente 20 kg de plastique flottant. Selon la carte, 550 milliards de pièces de plastique dérivent sur les mers du monde. Les données proviennent d'un modèle lagrangien de suivi des particules qui simule 30 années d'intrants, de transports et d'accumulation de débris de plastique flottants dans le monde. Le modèle suit les trajectoires des particules plastiques de la terre à la mer et estime la taille relative de chacun des cinq grands gyres de plastique en circulation dans les océans Pacifique Nord, Atlantique Nord, Indien, Atlantique Sud et Atlantique Nord.

La visualisation inclut également un diagramme alluviale (de Sankey) qui indique la quantité de débris de plastique selon les  pays et à leur contribution à chacun des cinq grands gyres. Ce diagramme révèle que la Chine est de loin le plus gros pollueur des océans dans le monde, suivie de près par l'Europe. L'idée selon laquelle la Chine est à l'origine d'une grande partie de la pollution des océans est corroborée par les campagnes de nettoyage.



L'organisation Ocean Cleanup estime qu'entre 1,15 et 2,41 millions de tonnes de plastiques déversées dans les océans proviennent des cours d'eau. Les deux tiers proviennent des fleuves d'Asie. Pour aider à expliquer comment et où le plastique finit dans les océans du monde, Ocean Cleanup a publié une carte interactive, River Plastic Emissions to the World’s Oceans.
http://www.theoceancleanup.com/sources/

Le National Geographic a créé une story map pour savoir où va le plastique que nous jetons. Il identifie le fleuve Yangtsé comme le fleuve le plus pollué au monde. La majeure partie de la pollution du Yangtsé finit par se retrouver dans le Pacifique via la mer de Chine : http://www.nationalgeographic.com/magazine/2018/06/the-journey-of-plastic-around-the-globe/


Prolongements :

Pollution plastique planétaire : quelles responsabilités et solutions ? Notre-Planete-info, 6 mars 2019.
http://www.notre-planete.info/actualites/348-pollution-plastique-responsables-solutions

D'ici 2030, la production mondiale de déchets plastiques pourrait augmenter de 41 % et la quantité accumulée dans l'océan pourrait doubler. En cause, notre système de production, d'utilisation et d'élimination du plastique, système défaillant dans lequel aucun acteur n'est tenu pour responsable. Dans son dernier rapport "Pollution plastique, à qui la faute ?", le WWF tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme et formule des propositions pour sortir de cette crise mondiale.

Pollution plastique des océans : les pays membres du G7 divisés. Sciences et Avenir, 11 juin 2018.
http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution-plastique-des-oceans-les-pays-membres-du-g7-divises_124856

Le Japon et les États-Unis ont refusé de signer une charte contre la pollution plastique des océans, lors du sommet du G7, organisé au Canada.

Le site Septième Continent organise des expéditions scientifiques et fournit des ressources pédagogiques afin de comprendre et réduire la pollution des océans par les plastiques.
http://www.septiemecontinent.com/pedagogie/

95% des déchets plastiques proviennent de 10 fleuves dans le monde selon une étude récente :
https://www.defendevropa.com/2019/news/95-of-the-plastic-in-the-oceans-comes-from-third-world-countries/



Articles connexes :

La carte de protection des océans proposée par Greenpeace pour 2030 : utopie ou réalisme ?

Données cartographiques sur les énergies marines renouvelables consultables sur le Géoportail

Une carte réactive de toutes les ZEE et des zones maritimes disputées dans le monde

Les villes les plus polluées dans le monde en 2018



La baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : un révélateur des écarts entre les revenus ?


Signalé par @gmapsmania (15 avril 2019).

L'espérance de vie baisse au Royaume-Uni et aux États-Unis. Une série de cartes thématiques permet de montrer que la baisse de l’espérance de vie est liée à l’augmentation du fossé entre les revenus.

Pour consulter l'article du site Maps Mania qui recense de nombreux liens :
http://googlemapsmania.blogspot.com/2019/04/why-are-we-dying-younger.html 




"Un cartogramme comparant les espérances de vie à l'échelle mondiale peut engendrer une autosatisfaction présomptueuse ou susciter un sentiment de culpabilité compassionnelle " (Mark Monmonier, Comment faire mentir les cartes, réédition 2019). Voir notre présentation.


Articles connexes :

Cartographie de l'espérance de vie par pays (1800-2018) sur Mapipedia

Numbeo, une banque de données et de cartes sur les conditions de vie dans le monde

Cartographier et comparer l'accès aux soins dans le monde

 

Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l'ère numérique


Avec l'essor de la cartographie en ligne, de l'infographie, de l'imagerie 3D et des nouvelles techniques de géovisualisation, y aurait de nouvelles façons de faire mentir les cartes ?

La réédition de l'ouvrage de Mark Monmonier est l'occasion de s'interroger sur les façons, anciennes ou nouvelles, de « faire mentir les cartes » comme nous invite à le faire le titre de son célèbre ouvrage. La première édition  publiée en 1991 et traduite en 1993 s'est vue ajouter, dans la traduction française, un sous-titre assez ambigu Du mauvais usage de la géographie, qui a pu faire penser qu'il s'agissait seulement de dénoncer les dérives de la cartographie à travers ses usages grand public. 

Mark Monmonier affirmait au contraire : « Non seulement le mensonge est facile avec les cartes, mais il est même essentiel ». Autrement dit loin d'être une dérive, le "mensonge" serait consubstantiel à la carte, un attribut essentiel et inhérent au processus de re-présentation. Si on voulait filer la métaphore, on pourrait dire qu'il y a plusieurs façons de mentir : par facilité, par arrangement, par exagération, par omission... Il existe de petits et de grands mensonges. Comme les blancs de la carte, il y a également tous ces petits oublis, ces mensonges "blancs" dont on pense qu'ils ne portent pas à conséquence pour l'interlocuteur, du moins en apparence. Les mensonges, petits ou grands, sont particulièrement répandus dans notre société de l'information et de la communication qui cherche souvent à marquer les esprits, à frapper l'opinion, à jouer sur nos imaginaires. Mais on ne peut pas éduquer avec des mensonges : cela empêche d'exercer sa pensée critique et de s'émanciper. La métaphore vaut pour la cartographie qui mérite décryptage et sens critique.


 


Dans l'introduction à la réédition de l'ouvrage de Monmonier, Christian Grataloup appelle à une vigilance cartographique à l’ère d’une omniprésence renouvelée des cartes dans nos environnements quotidiens. Depuis les années 1980-90, avec les travaux de cartographie critique de Mark Monmonier, de Brian Harley ou de Denis Wood, la cartographie est entrée dans l'ère du soupçon. Il ne faudrait pas pour autant tomber dans l'approche hyper-critique qui consisterait à se défier systématiquement de toutes les cartes puisque toutes mentiraient d'une certaine façon. Comme le notait Yaïves Ferland dès 1997 :

« Tout le monde sait maintenant qu’il existe cinq sortes de mensonges : les petits, les gros, les statistiques, les cartes et les arguments de vente. En paraphrasant Sir Winston Churchill, avec l’aide de Mark Monmonier (1991), on en vient à couvrir à peu près tout les maux dont les cartographes seraient coupables, en tant que communicateurs de réalités géographiques par des représentations graphiques. »

L'apport principal de Monmonier et Harley est de nous avoir montré qu'il fallait apprendre à se défaire du réalisme apparent de la carte, à prendre conscience des formes de pouvoir et de domination qu'elle peut exercer. S'il n'y a point d'objectivité de la carte, ce n'est pas pour autant qu'elle n'obéit pas à certaines règles. Mark Monmonier distinguait, parmi les formes de "mensonges", ceux liés aux choix sémiologiques et ceux correspondant davantage à la volonté de manipuler ou de convaincre. Parmi ces éléments, figure notamment le choix :
  • de la projection cartographique
  • de l'échelle de représentation
  • de la taille, de la forme ou de la couleur des figurés
  • du message que le cartographe souhaite délivrer...
Dans l'épilogue de son ouvrage, Mark Monmonier invite à dépasser l'opposition entre les cartes qui se contentent de "pieux mensonges" et celles qui cherchent à manipuler l'opinion. Et l'auteur de conclure par un avertissement concernant la versatilité de la carte, en particulier dans les journaux : « lorsqu'une carte doit avoir un double rôle d'informer et d'impressionner son public, elle risque de plus en plus de déformer la réalité de ce qu'elle prétend représenter... Les cartes ayant un double rôle ne sont pas intrinsèquement mauvaises. Certaines d'entre elles, parfaitement exactes, existent avant tout pour donner une allure de vérité aux faits, tandis que d'autres ne sont là qu'à titre décoratif... Les cartes, comme les bâtiments, souffrent lorsque le concepteur place la forme au dessus de la fonction... S'il n'est pas maîtrisé par un savant aux intentions honnêtes, le pouvoir des cartes peut échapper à tout contrôle. » (p. 280-283).

Maarten Lambrechts (@maartenzam), data journaliste et consultant en visualisation, s'est appuyé sur l'approche critique de Monmonier pour analyser les cartes que l'on peut trouver aujourd'hui sur Internet. Son constat est intéressant : ces cartes numériques "mentent" pour les mêmes raisons, mais aussi pour de nouvelles raisons non forcément mises en avant dans la première édition de l'ouvrage de Monmonier (d'où les compléments ajoutés dans la réédition de 2019 concernant les cartes numériques, les images satellitaires et la cartographie en ligne).

Maarten Lambrechts, The essential lies in news maps, 8 February 2019
http://datajournalism.com/read/longreads/the-essential-lies-in-news-maps


L'auteur recense plusieurs problèmes récurrents dans les cartes que l'on peut trouver dans les médias ou sur Internet  :
  • Les cartes de localisation utilisées sur Internet ou dans les reportages sont généralement trop petites pour être lisibles. A quoi bon vouloir étudier un espace si on ne peut d'abord le localiser ? Parmi la règle des 5 W (What, Who, Where, When, Why), la question "Où" est essentielle, sachant que la capacité à (géo)localiser ne préjuge pas d'une autre capacité encore plus importante, celle de situer par rapport à un ensemble plus large, ce qui est plus difficile et suppose d'avoir soi-même quelques repères et connaissances géographiques.
  • Les cartes et images issues de globes virtuels ainsi que les infographies produites dans les médias comportent souvent des vues obliques ou en 3D, difficiles à orienter si on n'est pas familier des lieux ; les images aériennes et satellitaires sont difficiles à distinguer. Souvent drapées sur un modèle numérique de terrain, elles donnent l'illusion du réel. En l'absence de dates précises, elles sont difficilement interprétables. 
  • Les cartes visant à comparer des espaces par leur taille (voir notre recension de comparison map) ont tendance à proliférer. Mais là encore, la zone utilisée pour la comparaison doit être familière. A quoi bon comparer l'étendue des glaces qui se détachent de l'Antarctique à celle du Delaware si on n'a aucune idée de la superficie de cet état américain ?
  • Les cartes-images de comparaison avant / après sont souvent prises dans des conditions différentes (cf notre présentation). Avez-vous remarqué que le soleil brille toujours après une catastrophe, cela veut-il dire qu'on exclut généralement les régions qui sont sous les nuages ?
  • Les cartes par aplats de couleur qui utilisent des valeurs brutes au lieu de pourcentages (cf rappel des règles de la sémiologie sur Néocarto).
  • La projection cartographique utilisée par Google Maps ou dans des SIG a longtemps été la projection Mercator, très déformante. Depuis 2018, Google Maps l'a remplacé par un globe : le Groenland a cessé (enfin !) d'être plus grand que l'Afrique. Il vaut mieux utiliser des projections plus récentes comme par exemple les projections Robinson, Winkel-Tripel ou Equal Earth
  • Les cartogrammes et autres infographies censées simplifier la compréhension d'un phénomène finissent par le complexifier si elles sont trop sophistiquées. L'esthétique ne doit pas l'emporter sur la clarté des explications.
Comme le rappelle Maarten Lambrechts, les cartographes doivent prendre des décisions et faire des choix pour rendre leurs cartes claires et utiles. Ce faisant, ils omettent ou simplifient des choses, soulignent des éléments, en mettent d’autres en arrière-plan. Ce que résumait Mark Monmonier en affirmant : « Une seule carte n'est qu'un nombre infini de cartes pouvant être produites pour la même situation ou à partir des mêmes données » . Et l'auteur de rappeler dans une formule célèbre :

« Les cartes sont comme le lait : l’information est une denrée périssable et il est prudent de vérifier sa date de validité »
Mark Monmonnier (1993)

Une chose est sure : à l'ère du numérique, il convient de continuer à décrypter les cartes, à déchiffrer l'information, à interroger les sources de données, à analyser leurs traitements et à décoder les nouvelles formes de data- ou de géo-visualisation.


Références

Monmonier, Mark (2019). Comment faire mentir les cartes [How to Lie with Maps]. Édition revue et augmentée. Préface de Christian Grataloup. Traduction (Anglais) : Denis-Armand Canal
http://www.autrement.com/Catalogue/atlas/comment-faire-mentir-les-cartes

Monmonier Mark (1991). Comment faire mentir les cartes, ou du mauvais usage de la géographie. Chicago. [Traduction française par Denis-Armand Canal. Paris : Flammarion, 1993, 233 p.]
Voir le CR fait par Yves Guermond dans L'Espace géographique (1994)

Réédition de "Comment faire mentir les cartes" de Mark Monmonier, site Géoconfluences.
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/parutions/reedition-comment-faire-mentir-les-cartes

Gould, Peter, Bailly, Antoine (1995). Le pouvoir des cartes - Brian Harley et la cartographie. Economica.

Harley, J. B. (2002). The New Nature of Maps : Essays in the History of Cartography. The Johns Hopkings University Press, Baltimore and London.

Wood, Denis (2010). Rethinking the Power of Maps, New York / London, The Guilford Press.

Ferland, Yaïves (1997). Les défis théoriques posés à la cartographie. Colloque "30 ans de sémiologie graphique" (Paris, 12-13 décembre 1997). Revue du Comité Français de Cartographie, n°156, juin-août 1998.
http://www.lecfc.fr/new/articles/156-article-8.pdf


Joliveau Thierry, Noucher Matthieu, Roche Stéphane (2013). La cartographie 2.0, vers une approche critique d’un nouveau régime cartographique. Information géographique, Armand Colin, 77 (4), pp.29-46.
http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00923443/document

Noucher, Matthieu (2015). De la trace à la carte et de la carte à la trace. Pour une approche critique des nouvelles sources de fabrique cartographique. Marta Severo, Alberto Romele. Traces numériques et territoires, Presses des Mines.
http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1474/files/2015/09/Noucher.pdf

Desbois, Henri (2015). La carte et le territoire à l’ère numérique, Socio, 4 | 2015, http://socio.revues.org/1262

Bord, Jean-Paul (dir). La face cachée des cartes. Cartes et géomatique, n° 235-236 - mars-juin 2018.

Lambert, Nicolas (2018). Cartographie radicale. Blog Néocarto :
http://neocarto.hypotheses.org/15


Pour compléter

La collection de "persuasive maps" de la Cornell University Library
http://persuasivemaps.library.cornell.edu/
Plus de 800 cartes de propagande classées par thème et par époque. Il s'agit d'un ensemble de cartes "persuasives" destinées principalement à influer sur l'opinion publique plutôt qu'à communiquer des informations géographiques. Les cartes de cette collection abordent un large éventail de messages : religieux, politiques, militaires, commerciaux, moraux et sociaux.

Pour Nicholas Carr, il faut se méfier des fake maps comme des fake news. L'auteur est connu pour son approche critique d'Internet à travers l'ouvrage qu'il a publié en 2001, Ce qu'Internet fait à nos cerveaux. L'essayiste tient le blog Rough Type où il consacre plusieurs articles aux mensonges cartographiques. Il prend l'exemple d'Uber qui n'a pas hésité à utilisé des cartes mensongères. Le site Radionova complète avec d'autres exemples, notamment Google Maps qui produit différentes cartes des frontières en fonction des pays.
http://www.nova.fr/radionova/79384/episode-mensonges-cartographiques

Sortir de la carte. Comment les cartes formatent notre vision du territoire. Extrait du mémoire de fin d'études d'Hugo Poirier (2017) : http://www.en-dehors.fr/sortir-de-la-carte.html
« Les cartes détiennent un pouvoir particulier : celui de ne jamais mentir. Ou plutôt, elles s'arrangent pour qu'on les croie sur parole. Si quelqu'un est perdu, on supposera qu'il avait la tête ailleurs, on mettra en cause son piètre sens de l'orientation ou son incapacité à déchiffrer correctement un plan. Mais la carte ne sera pas mise en défaut, puisqu'elle ne se trompe jamais. Depuis l'école primaire, nous sommes éduqués à nous fier aux cartes : elles sont objectives, car tracées à partir de relevés techniques précis et selon des principes mathématiques fiables... Sortir de la carte passerait alors peut-être par le fait de retrouver une prise sur le support. Malgré l'écran, avoir la possibilité de plier, déchirer, raturer, corriger, surligner cette représentation figée et partielle du territoire. Laisser sa marque sur la carte pour la déborder. »


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Que valent toutes ces cartes sur Internet qui comparent des pays par leur taille ?

La projection Equal Earth, un bon compromis ?

Une cartographie mondiale des points de connexion Wi-Fi réalisée dans le cadre du projet WiGLE


WiGLE (Wireless Geographic Logging Engine) est un site Web qui permet de collecter des informations sur les différents points d'accès sans fil dans le monde. Les données correspondent aux SSID (Service Set Identifier), l'identifiant à 32 caractères qui permet de se connecter au réseau sans fil (Wi-Fi) selon la norme IEEE 802.11. Cette cartographie mondiale des points de connexion Wi-Fi est l'occasion d'aborder les questions d'analyse géographique et de sécurité des réseaux numériques "invisibles".

Pour accéder au site de WiGLE : http://wigle.net/

Ces points Wi-fi sont encryptés, mais certains sont laissés ouverts pour être partagés entre utilisateurs. En obtenant des informations sur le cryptage des différents points d'accès, WiGLE tente de faire prendre conscience depuis des années de la nécessité de sécuriser les réseaux Wi-fi.


A l'échelle mondiale, la carte reproduit l'architecture des grands réseaux de communication et met en évidence les principaux foyers urbains qui sont les mieux dotés en réseaux Wi-fi (cf zones en jaune). Entre ces noeuds (hubs de connexion) se dessinent des réseaux plus ou moins importants et centralisés (traits violets et rouge).


Un système de filtres permet de n'afficher que les points wi-fi à usage commercial ou de choisir ceux laissés en accès libre par des administrations, des entreprises ou des particuliers qui souhaitent partager leurs réseaux wi-fi.


Le premier point d'accès enregistré sur WiGLE a été mis en ligne en septembre 2001. En mars 2019, WiGLE compte plus de 542 millions de points Wi-Fi enregistrés dans sa base de données, dont seulement 76% sont encryptés et 64% en WPA2, considéré comme une norme mieux sécurisée. Le site affiche en temps réel le nombre de points Wi-fi connectés chaque jour à Internet, ainsi que le nombre d'antennes cellulaires et de points Bluetooth.






Les utilisateurs peuvent s'inscrire sur le site Web et télécharger des données des points d'accès tels que les coordonnées GPS, l'identifiant SSID, l'adresse MAC et le type de cryptage utilisé sur les points d'accès détectés. 

Bien que les applications utilisées pour collecter des informations soient en code source ouvert, la base de données elle-même est accessible et distribuée sous une licence propriétaire gratuite. 

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La carte mondiale de l'Internet en 2018 selon Telegeography

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Des images aériennes déclassifiées prises par des avions-espions U2 dans les années 1950 ouvrent une nouvelle fenêtre pour l'étude du Proche-Orient


Signalé sur le site de la Federation of American Scientist (avril 2019) : Declassified U2 Photos Open a New Window into the Past : http://fas.org/blogs/secrecy/2019/04/declass-u2-photos/

Des archéologues ont utilisé des images déclassifiées capturées par les avions-espions U2 dans les années 1950 pour localiser et étudier des sites d’intérêt historique qui ont été recouverts ou détruits. "Les photographies de U2 nous ont permis de brosser un tableau du paysage archéologique plus complet qu'il n'aurait été possible de le faire avec d'autres moyens", déclarent  les archéologues Emily Hammer et Jason Ur.

Source : Emily Hammer et Jason Ur, Near Eastern Landscapes and Declassified U2 Aerial Imagery, Advances in Archaeological Practice, March 12, 2019 : http://doi.org/10.1017/aap.2018.38

Ces images sont une aubaine pour l'archéologie aérienne (lire cet article qui en donne les raisons). Elles peuvent être utilisées également pour mesurer les transformations urbaines des villes d'Alep et de Mossoul.

La ville d'Alep en Syrie en 1959 et aujourd'hui (source : ESRI)



La ville de Mossoul en Irak en 1958 et aujourd'hui (source : ESRI)


Comme d'autres sources d'images historiques, les photos prises par les avions-espions U2 ouvrent une fenêtre sur le passé, avant que l'agriculture et le développement modernes ne détruisent de nombreux sites archéologiques. Cette imagerie aérienne est plus ancienne et, dans de nombreux cas, d’une résolution supérieure à celle des images du satellite-espion CORONA, autre source majeure d’imagerie historique pour l’Eurasie, et peut donc élargir la gamme de sites archéologiques et d’éléments pouvant être étudiés par images aériennes. Bien que déclassifiées, ces images ont dues être géolocalisées et indexées.

Pour accéder aux images déclassifiées du programme CORONA, consulter le site de l'USGS.


Prolongements

En prolongement, vous pouvez consulter l'Atlas des destructions urbaines en Syrie élaboré à partir d'images satellitaires (mars 2019). Huit ans de guerre, de bombardements aériens et de combats en milieu urbain ont causé des dommages importants aux villes où vit 53% de la population syrienne. Cet atlas fournit un aperçu des dégâts causés aux infrastructures dans 16 villes de Syrie et dans la région de la Ghouta orientale (Douma, Arbin, Harasta, Misraba) et permet d'appréhender les conditions post-conflit.

Cartes et données produites par l'UNITAR :
http://www.unitar.org/unosat/map/2508



Dans le cadre de sa mission de renforcement de la protection des sites du patrimoine mondial (UNESCO), le site Antiquies Coalition a produit une cartographie des sites menacés de destruction par l'action de groupes terroristes en Afrique et au Moyen-Orient :
http://theantiquitiescoalition.org/culture-under-threat-map/



Articles connexes :

Des différents choix de visualisation pour comparer des images aériennes ou satellitaires

Consulter les articles sur les cartes historiques sur ce blog



Cartes des pistes cyclables en Europe et en France : vers une cartographie collaborative


Voici deux cartes qui permettent d'avoir une représentation du réseau des pistes cyclables en Europe. La première carte concerne les pistes cyclables spécialement aménagées (161 900 km). La deuxième montre les bandes cyclables et voies partagées avec d'autres usagers (69 400 km). Ces cartes ont été élaborées par Nicolas Frery (voir commentaires sur son compte Twitter @nfrery)

 Carte des pistes cyclables aménagées en Europe (source : Nicolas Fréry)



Carte des bandes cyclables et voies vertes partagées avec d'autres usagers (source : Nicolas Fréry)


Pour accéder à ces deux cartes en version interactive : http://cartographie.troyesenselle.fr/europe/

Ces cartes ont été élaborées à partir d'OpenStreetMap dont les données sont consultables et téléchargeables en accès libre sur OpenCycleMap : http://www.opencyclemap.org

Ces cartes montrent que l'Europe du Nord est bien mieux pourvue en pistes cyclables, particulièrement la Belgique et les Pays-Bas. Ces deux pays comportent cependant très peu de bandes cyclables ou de voies partagées, le choix étant de séparer nettement les cyclistes des automobilistes (ce qui évite des problèmes et des accidents).

A la différence de l'Allemagne et de la Suisse, la France ainsi que les pays d'Europe du sud et de l'est font figure de pays en retard concernant l'équipement de leur territoire en pistes cyclables. En 2017, la France disposait de 15 120 km d'itinéraires aménagés. En 2030 l'objectif est d'atteindre 22 780 km. On note également que les espaces urbains sont globalement mieux équipés en pistes cyclables. Le relief ainsi que la densité de population sont des critères en prendre en compte. La Flandre plus plate et plus dense que la Wallonie est plus propice au vélo, ce qui témoigne d'une Belgique coupée en deux sur la carte. Mais il y a aussi des dimensions politiques et culturelles. La République tchèque et la Slovaquie font un peu figure d'exception en Europe de l'Est).

Les itinéraires EuroVélo ne sont pas représentés sur ces cartes, soit parce qu'ils sont encore en projet ou en cours de construction, soit qu'ils sont composés de voies non dédiées aux cyclistes. Une Eurovélo-route désigne un itinéraire cyclable traversant plusieurs pays européens, avec une longueur minimum de 1000 km et une signalétique spécifique matérialisée par un numéro sur un fond de drapeau européen.

Pour consulter la carte des itinéraires balisés en Europe : http://cartographie.troyesenselle.fr/

 Eurovélo-routes : 17 itinéraires longue distance en Europe (source : Eurovelo.org)


Sur 17 Eurovélo-routes, la France a la chance d'en accueillir 9 (voir leur description détaillée sur le site France Vélo Tourisme). 

L'Association Française pour le développement des Véloroutes et Voie Vertes (AF3V) fournit une carte de ces itinéraires vélotouristiques. Elle met aussi à disposition une cartographie détaillée de ces itinéraires grande distance en décrivant chacun des segments et en permettant des  formes de cartographie collaborative sur l'application Umap d'OSM :


Wikipedia fournit un descriptif très complet des voies vertes et véloroutes pour chaque région française avec le type de voie (site propre ou voie partagée) et le type de revêtement (enrobé, gravillon, ciment ou autre...)

Geovelo est un calculateur d'itinéraire dédié au vélo qui permet d'avoir des options spécifiques pour les cyclistes (pistes réservées, guidage vocal, zones sécurisées, stationnements disponibles, etc.). L'application est disponible en version mobile comme Google Maps, Naviki ou encore OpenCycleMap qui proposent des services similaires.

Si vous souhaitez emprunter des itinéraires sans carte ni GPS, il ne vous reste qu'à utiliser les points-noeuds, un système de fléchage inventé en Flandre que l'on trouve de plus en plus en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne :
http://www.provelo.org/fr/page/points-noeuds-balisage-un-reseau-cyclable

L’Observatoire national des véloroutes et voies vertes (ON3V) est un système d’information géographique qui mutualise les données des collectivités. Les données sont téléchargeables au format KML, SHP et TAB  : http://www.velo-territoires.org/observatoires/observatoire-national-des-veloroutes-et-voies-vertes/

Les données concernant le réseau vélo-routes-on3V sont disponibles en opendata sur le site Datafrance ainsi que les données d'OSM.

Le site Data.gouv.fr fournit en outre plus de 300 jeux de données concernant le vélo (parcours cyclables, vélos en libre-service, fréquentation horaire, disponibilité, géolocalisation des stations, etc.) : http://www.data.gouv.fr/fr/search/?q=v%C3%A9lo

Des initiatives se développent pour développer l'usage du vélo en milieu urbain. C'est le cas par exemple du réseau des "vélotaffeurs" qui mettent à disposition leurs connaissances et leur expérience auprès de nouveaux cyclistes qui souhaitent trouver le meilleur itinéraire pour aller à leur travail.
http://mdb-idf.org/carte-covelotaf-les-cyclistes-confirmes-proposent-leur-aide-aux-debutants/

Le développement de la cartographie collaborative permet de recueillir les avis des usagers. L'association Droit au vélo teste par exemple des cartes de cyclabilité permettant de partager son expérience de cycliste et de noter la cyclabilité des routes de sa région : http://droitauvelo.org/La-carte-de-cyclabilite-du-Nord-et-du-Pas-de-Calais


http://cyclabilite.droitauvelo.org/

Le site Choisirlevelo.org qui cherche à développer l'usage du vélo dans les Alpes maritimes propose une carte participative pour référencer le réseau cyclable à partir d'OpenStreetMap :
http://www.choisirlevelo.org/carte-velo/

A Strasbourg, la cartographie collaborative est utilisée dans le but de géolocaliser les vélos volés  et de pouvoir faire le lien avec les vélos trouvés par la police  :
http://www.rue89strasbourg.com/carte-collaborative-velos-voles-strasbourg-132523


Liens ajoutés le 15 avril 2019

La ville de Paris devrait être équipée de deux fois plus de nouvelles pistes cyclables en 2019. Selon l’association Paris en selle, la Ville n’a réalisé que 23 % des aménagements cyclables promis en début de mandat. Mais, si les chantiers arrivent à leur terme, c’est 51 % du réseau qui sera bouclé fin 2019 : http://planvelo.paris/
Le plan vélo établi pour Paris - Schéma directeur 2015-2020 :
http://planvelo.paris/assets/images/pages/engagements_schema.jpg

La Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) a réalisé une enquête auprès de 14 000 cyclistes du Grand Paris montrant que de très nombreux axes et carrefours demeurent dangereux à la pratique du vélo. Le journal Le Parisien a cartographié ces "points noirs" :
http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/velo-dans-le-grand-paris-la-longue-liste-des-points-noirs-dressee-par-les-cyclistes-14-04-2019-8052921.php

Des données exclusives, fournies par le fournisseur d'outils de navigation TomTom au journal Zeit online, permettent de connaître la vitesse réelle à laquelle les Allemands conduisent sur leurs autoroutes et voies rapides. A 120 km/h il y a 38% des véhicules qui dépassent la limitation.
http://www.zeit.de/mobilitaet/2019-02/autobahnen-geschwindigkeit-tempo-schnelligkeit-raser-verkehr


Lien ajouté le 19 avril 2019

Le site des Chemins de Grandes Randonnées (GR) - Gîtes d'étapes, Chambres d'hôtes, Refuges, Hôtels, Auberges, Maison d'hôtes, Camping : http://www.gr-infos.com/gr-fr.htm
La carte de tous les sentiers de Grande Randonnée peut être consultée directement sur Google Maps avec possibilité de télécharger les parcours sous forme de fichier KML ou KMZ.


Article connexe :

Big data et choix d'aménagement urbain pour les piétons et les cyclistes



OpenDataSoft : une plateforme avec plus de 1800 jeux de données en accès libre


OpenDataSoft est une entreprise d’édition de logiciel fondée en 2011, spécialisée dans la transformation de données structurées en API et en visualisations interactives pour les entreprises ou les administrations :

Cette start-up française fournit surtout une plateforme de données publiques en open data :
http://public.opendatasoft.com/explore/

Au total ce sont plus de 1800 jeux de données ouverts avec un moteur de recherche pour les interroger. Les jeux de données, extrêmement variés, vont d'indicateurs économiques aux réseaux d'énergie ou à la qualité de l'air, en passant par des données sur l'urbanisme, sur l'immobilier, etc...

Interface de la plateforme OpenDataSoft (source : OpenDataSoft)



Les données peuvent être filtrées par thème, par année, par source de données ou par mots-clés. Elles sont téléchargeables dans différents formats (CSV, XLS, GEOJSON...).

Pour télécharger le catalogue de données :
http://public.opendatasoft.com/explore/download/

Une fois que l'on a choisi des données, on peut les visualiser directement sur la plateforme sous forme de tableaux statistiques, de graphiques ou de cartes. On peut choisir de les intégrer sur un site Internet en copiant le code d'intégration fourni directement par la plateforme.

Nombre de locations Airbnb à Paris (source : OpenDataSoft)



Evolution des locations Airbnb à Paris 2010-2015 (source : OpenDataSoft)



L'objectif d'OpenDataSoft est de rendre les villes intelligibles et accessibles à tous :

- un exemple d'utilisation à Rennes en ce qui concerne les parkings de stationnement et l'accès aux transports en commun. Voir l'ensemble des jeux de données mis à disposition par Rennes métropole.

- un autre exemple d'utilisation par la ville de Salinas : le nombre de pistes cyclables à Salinas est-il suffisant pour favoriser l'accès aux écoles ?


Articles connexes


Qualité de l'air et centrales thermiques au charbon en Europe : quelle transition énergétique vraiment possible ?


Signalé par Maps Mania - Europe's Coal Curtain (6 avril 2019)

Existerait-il encore un rideau de fer invisible entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est ? C'est ce que semble montrer la carte de la qualité de l'air en Europe.

Indice de la qualité de l'air en Europe (source : European Air Quality Index)


Le site de l'Espace économique européen sur l'indice de la qualité de l’air (AQI) permet de visualiser la qualité de l’air quasiment en temps réel sur tout le continent européen. La carte est basée sur les données de plus de deux mille stations de surveillance. Elle est actualisée toutes les 6 heures et permet de revenir sur les deux jours précédents. On peut ainsi conduire des analyses sur l'évolution de la qualité de l'air, liées aux lieux d'émission, aux conditions météorologiques, en particulier à la force et la direction des vents (la pollution de l'air pouvant recouvrir toute l'Europe du Nord) :


Pour accéder à la carte de la qualité de l'air en Europe :
http://airindex.eea.europa.eu/

L’indice européen de la qualité de l’air (AQI) témoigne d'une très mauvaise qualité de l’air en Europe de l'Est. L'une des principales raisons en est la dépendance de l'Europe de l'Est au charbon. L’Europe occidentale (à l’exception de l’Allemagne) a largement abandonné l’utilisation du charbon, tandis que les pays d'Europe de l'Est continuent à utiliser massivement cette énergie. 

On peut ainsi comparer la carte de la qualité de l'air en Europe à celle de l'implantation des centrales thermiques au charbon :

 Indice de la qualité de l'air (AQI) en Europe (source : Europe beyond coal)



Le site Europe Beyond Coal dresse une cartographie précise des centrales au charbon de manière à sensibiliser aux problèmes environnementaux posés par ces centrales thermiques souvent anciennes et à engager une réflexion sur la transition énergétique à réaliser. Sur la carte, on peut voir qu'il y a beaucoup plus de centrales au charbon en Europe orientale. Même si corrélation ne signifie pas causalité, force est de constater qu'il y a davantage de centrales au charbon dans les régions d'Europe où la qualité de l'air est la plus mauvaise.

Pour accéder à la carte des centrales au charbon en Europe (avec les données téléchargeables) :
http://beyond-coal.eu/data/

L'intérêt du site Europe Beyond Coal est de permettre de filtrer les centrales en fonction de leur taille, de leurs émissions de CO2 et de leur impact sur la santé. On peut faire apparaître les centrales les plus polluantes, celles au lignite. Le lignite est un charbon à faible pouvoir calorifique. Il a une faible teneur en charbon « pur ». Comme il a moins de pouvoir énergétique, il faut en brûler une quantité plus importante pour fournir la même quantité d’énergie que la houille. Selon le rapport Dark Cloud, 7 des 10 centrales au charbon les plus polluantes d'Europe sont alimentées au lignite. La majorité de ces 7 centrales se situent en Europe de l'Est.

En cliquant sur une centrale au choix, on obtient une fiche descriptive et un lien direct pour visualiser les infrastructures sur Google Maps :
Centrale au lignite de Jänschwalde à la frontière entre l'Allemagne et la Pologne 
(Puissance = 3250 MW, Age = 38 ans, Émissions = 23,76 millions de tonnes de CO2 en 2016)


La centrale au lignite de Jänschwalde constitue un cas intéressant. Alors qu'elle est estimée responsable de 450 morts prématurées par an, elle continue à fonctionner. La concession des terrains pour exploiter le lignite devait arriver à terme en 2019, mais le groupe suédois Vatenfall a demandé dès 2007 une extension des mines à ciel ouvert, entraînant le déplacement de villages (un cas dénoncé sur l'Atlas de la Justice environnementale). La mobilisation massive des habitants et des associations de défense de l'environnement a finalement conduit le groupe LEAG qui a racheté la centrale en 2017 à abandonner son extension.

Si la pollution de l'air n'est pas liée seulement au charbon (cf pollution par les transports routiers), celui-ci y contribue. Le charbon représente un quart de la production d'électricité en Europe, mais les trois quarts des émissions en CO2. Le site Europe Beyond Coal a modélisé le déplacement des nuages de pollution au dessus de l'Europe. On s'aperçoit qu'ils concernent également des centres urbains et industriels en Europe de l'Ouest.



Un plan de fermeture progressive de ces centrales au charbon a été mis en place : 26 centrales ont déjà fermé depuis 2016, 30 ont annoncé leur fermeture, 263 sont prévues pour continuer, 60 sont encore planifiées. Il va falloir être patient car la période de transition est prévue pour s'étendre jusqu'en 2030, voire 2050 pour les pays qui n'ont pas encore débuté leur transition. L'ère énergétique de l'après charbon ne semble pas pour demain...

Phases de transition des pays européens vis à vis du charbon dans le mix énergétique
(source : Europe Beyond Coal)



Dans le cadre des Accords de Paris sur le climat, un rapport a été publié en 2017 par Climate Analytics pour examiner les scénarios qui pourraient être mis en place pour sortir l'Europe de sa dépendance au charbon : http://climateanalytics.org/media/eu-coalstresstest-report-2017.pdf

D'après ce rapport, l'Union européenne dépassera en 2050 de 85% le quota d'émissions prévu par les Accords de Paris pour la production d'électricité, si toutes les centrales au charbon existantes continuent à fonctionner jusqu'à la fin de leur durée de vie. Si de nouvelles installations sont construites dans les années à venir, ce pourcentage atteindra presque 100%. Pour que l'UE puisse rester dans les limites de son budget carbone, les États membres doivent d'une part arrêter d'augmenter la capacité de production énergétique à partir du charbon et d'autre part fermer des unités en exploitation à un rythme accéléré. L’analyse suggère que 25% des centrales électriques au charbon actuellement en exploitation soient arrêtées d’ici 2020 et que l'on atteigne 72% d’ici 2025, avant un arrêt complet d’ici 2030.

La question cruciale est de savoir quelles sont les unités de production au charbon à fermer en priorité. Le rapport publié par Climate Analytics propose deux possibilités. La première méthode, la perspective de régulation, donne la priorité à la fermeture des installations les plus productrices de CO2, tandis que la seconde méthode, la perspective du marché, accorde la priorité à la fermeture des installations les moins rentables en termes de sources potentielles de revenus : logique environnementale et de santé  versus logique économique de marché ?
http://climateanalytics.org/briefings/coal-phase-out/




Et pendant ce temps la Chine continue à construire des centrales thermiques au charbon :


Articles connexes :

L'empreinte carbone des villes dans le monde selon le modèle GGMCF 

Le tourisme international et son impact sur les émissions de CO₂

Des cartes pour alerter sur la pollution de l'air autour des écoles à Paris et à Marseille