Atlas des pays qui n'existent plus. 50 États que l'histoire a rayés de la carte


Atlas des pays qui n'existent plus. 50 États que l'histoire a rayés de la carte (éditions Autrement)

Traduction (Norvégien) : Jean-Baptiste Coursaud, Sophie Jouffreau
https://www.autrement.com/Catalogue/hors-collection/atlas-des-pays-qui-nexistent-plus

 
Connaissez-vous la Carélie de l’Est, le royaume des Deux-Siciles, le Biafra, l’État libre d’Orange ? Aux XIXe et XXe siècles, de nombreux États ont vu le jour, mais d’autres ont proprement disparu. Qu’ils aient subsisté des dizaines d’années ou quelques semaines, les 50 pays présentés ici ont en commun une histoire surprenante : celle de ne plus exister.

Au départ l'auteur de cet atlas Bjørn Berge est un collectionneur de timbres anciens. Ces timbres évoquent parfois des pays qui n'existent plus. Pour conduire son enquête, il y a ajouté des témoignages individuels souvent littéraires et des interprétations historiques postérieures. 

Un atlas insolite qui convie à une géographie divagante et poétique...






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Quand l'essor de l'aviation faisait basculer la géographie dans l'ère aérienne


« Suspendu dans les airs, le Géographe peut tout voir » (Emmanuel De Martonne, Géographie aérienne, 1948, p.107).

Ce billet fait suite à une discussion initiée sur Twitter à partir d'une image extraite de l'ouvrage The Human Geography in the Air Age publié en 1942 par George T. Renner. Selon l'auteur de cet ouvrage consacré à la géographie à enseigner à l'ère de l'aviation, l'essor de l'aviation au XXe siècle doit nous conduire à changer la façon d'enseigner la géographie par une nouvelle lecture du monde vu d'en haut.

Figure extraite de The Human Geography in the Air Age  - George T. Renner (1942)
(Consulter l'ouvrage)


« Nous avons considéré à tort la géographie comme une discipline secondaire [..]. Le saut mental du monde bidimensionnel vers le monde tridimensionnel de l'aviation sera beaucoup plus difficile qu'il ne l'aurait été si nous avions été habitués à penser géographiquement, au moins dans une certaine mesure [..]. Il est temps que nous commencions à prendre conscience de l'aviation. Nous devons, le plus rapidement possible, former des centaines de milliers d'aviateurs américains pour la guerre et le commerce. Nous devons faire encore plus, nous devons comprendre et apprendre à vivre à l'ère de l'aviation » (George Renner, Chapitre 1: Géographie et enseignement de l’aviation, 1942).

L'idée que l'essor de l'avion au XXe allait changer la façon d'enseigner la géographie (comme plus tard les satellites) est déjà présente dans cette leçon de géographie "aérienne" (article du New York Times, 1927).

Image extraite d'un article du New York Times
“To-day’s Aerial Geography Lesson”
(1927)
 

L’image montre une enseignante faisant une leçon de géographie dans un avion. Debout à l'avant de la cabine près d'un petit tableau noir, elle montre de sa baguette un globe terrestre. Face à elle, sept élèves sagement assis devant leur bureau écoutent cette "leçon de chose", sans même penser ni oser observer directement la Terre par les hublots de l’avion. La juxtaposition d'une salle de classe aérienne - le sommet de la technologie en 1927 - avec un professeur de géographie faisant la classe de manière très classique, semble montrer les illusions et les désillusions qui ont toujours accompagné l’introduction de chaque « nouvelle » technologie (Genevois, 2008). Larry Cuban a utilisé cette image dès les années 1980 pour montrer qu'il ne suffisait pas de transplanter la classe dans les airs pour changer de pédagogie (Cuban, L. (1986). Teachers and Machine : the Classroom Use of Technology since 1920, New York, Teachers college press).

Mais l'aviation peut-elle au moins conduire à changer nos représentations ? George T. Renner, auteur de Human Geography in the Air Age (1942), est l’un des premiers à substituer des projections polaires à la projection Mercator. Celles-ci permettent de mieux représenter les flux aériens qui dépassent les frontières et aboutissent à l'émergence d'un monde global. cf V. Capdepuy, "Le monde en étoile : genèse d’une projection cartographique (Mappemonde, 2013) http://mappemonde-archive.mgm.fr/num39/lieux/lieux13301.html

"Une carte centrée sur le pôle Nord permet de mieux représenter les relations
dans un monde aéronautique" (La monosphère créée par Renner, 1942)



Vincent Capdepuy montre que la guerre globale a ouvert l'ère de la cartographie globale. C'est dans les années 1940, à la faveur du conflit mondial, que l'on prend conscience qu'il faut changer notre vision classique du planisphère et utiliser de nouvelles projections géographiques plus à même de représenter notre monde interconnecté. « A partir de 1942, on constate aux États-Unis une multiplication des atlas et des ouvrages qui ne sont pas reliés directement au conflit mondial, mais bien au développement de l’aviation. Les titres et les couvertures sont explicites : Toward New Frontiers of Our Global World (Engelhardt 1943), Our Global World : A Brief Geography for the Air Age (Hankins 1944), Atlas of Global Geography (Raisz 1944), Our Air-Age World : A Textbook in Global Geography (Packard et al. 1944)... Ce rétrécissement du monde est d’abord analysé comme étant le résultat du développement de l’aviation. »

"La guerre globale enseigne la cartographie globale" par V. Capdepuy, Blog Histoire globale



En France, Emmanuel de Martonne se fait l'écho de ces changements de perspectives. Il publie en 1948 un ouvrage intitulé Géographie aérienne, dont la conception est née d’une commande exprimée par les milieux de l’industrie aéronautique lors d’un congrès de « géographie aérienne » en 1938. Il s'agit pour lui de "faire le point à un moment décisif de l'humanité comparable à celui de la Renaissance où les grands marins ont sillonné tous les océans". Le géographe distingue la carte que l'on peut réaliser grâce à l'avion et celle qui est faite spécialement pour les aviateurs.

Olivier Orain. Emmanuel de Martonne, figure de l’orthodoxie épistémologique postvidalienne ? 

« À première vue, cet ouvrage relève d’une sorte d’exercice de style : décliner tout ce que la navigation aérienne et la géographie de l’époque peuvent avoir en commun. Sous la plume de De Martonne, cela suggère une interprétation alternative... L’ouvrage est composé de quatre parties : une « géographie de l’atmosphère » (d’inspiration essentiellement climatologique), une « cartographie aérienne » (qui décline toutes les relations carte / avion), une « physiographie aérienne » (qui examine les différents types de connaissance qu’apporte la photographie aérienne à la géographie) et enfin une histoire-géographie des lignes aériennes, intitulée « La circulation aérienne », qui examine l’évolution des flux de passagers et de marchandises par avion dans le monde. »

"Par les conquêtes de l'aviation, l'homme s'est annexé la troisième dimension." (voir le CR de L'Information géographique)

Dans son ouvrage, Emmanuel De Martonne semble faire directement référence au diagramme de George T. Renner qui montre que l'aviation a ouvert une 3e dimension. Schéma extrait de The Human Geography in the Air Age publié en 1942 (consulter l'ouvrage).

"Avec l'avion, l'homme accède à la troisième dimension"
The Human Geography in the Air Age (Renner, 1942)



Paul-Henri Chombart de Lauwe, qui a passé son brevet de pilote d'avion à l'âge de 18 ans et qui s'est engagé dans les forces françaises en Afrique du Nord, commence à la même époque à réaliser des études des populations et des milieux géographiques à partir de photographies aériennes. En 1948, il publie La découverte aérienne du monde, un volume de 413 pages destiné à montrer tout ce que la photographie aérienne peut apporter à la science. Préfacé par Emmanuel De Martonne, l'ouvrage comporte 300 photographies par avion. Si la photographie aérienne était déjà utilisée en archéologie depuis la fin de la guerre de 1914-1918, c'est véritablement après 1945 qu'elle prend son essor et qu'elle est de plus en plus utilisée pour des études géographiques.

Comme le rappelle Thierry Joliveau, The Association of American Geographers consacrait en 1954 un ouvrage collectif, American Geography, Inventory and Prospect, au bilan d’un premier demi-siècle de géographie aux États-Unis et à un essai de prospective (consulter l'ouvrage). Un chapitre spécial, le dernier, y est consacré à la "cartographie géographique" et à son développement dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale. "Selon les auteurs, 1950 marque le début d’un nouvel âge, dans lequel, comme l’imprimerie au XVIe siècle, les innovations techniques vont produire une « explosion » (outburst) de l’activité cartographique. Les facteurs novateurs sont l’avion, la photographie, l’électronique et la technologie des plastiques, qui vont offrir simultanément des modes nouveaux de production et de diffusion des cartes. En particulier, le mode de production des cartes en relief devrait passer de l’artisanat (processus lent, coûteux, limité en nombre) à l’industrie (production de masse) grâce à la technologie des plastiques, ce qui permettrait de répondre à la demande pour un prix acceptable".

Dès 1946, le département d'éducation de l'état de Floride mettait à disposition des élèves du premier et du second degré un Guide pédagogique pour développer une compréhension des enjeux techniques, économiques, sociaux et politiques de l'aviation et leur permettre de "vivre à l'ère aérienne" : Developing understandings for living in an air age. A curriculum guide for air age education in Florida elementary and secondary schools, Florida - State Dept. of Education, 1946 (consulter l'ouvrage).

Guide pédagogique pour "vivre à l'ère aérienne"
(Developing understandings for living in an air age, 1946).


« Il n'y a plus de régions éloignées ou isolées du monde comme autrefois. Les Brésiliens, les Russes, les Malais sont littéralement nos voisins. Qu'on le veuille ou non, nous sommes soudainement devenus un peuple international [..]. La Floride va sans doute être particulièrement influencée par l'aviation. Avec de bonnes conditions météo et moins de risques naturels qu'ailleurs, la Floride a tout pour faciliter les voyages en avion, elle est au carrefour des routes aériennes entre l'Amérique, l'Afrique, l'Europe et l'Asie. De la Floride sont exportés par avion les légumes d'hiver, les fraises, les pamplemousses, les oranges, les fruits tropicaux, les fleurs aussi bien dans en Amérique qu'en Europe [..]. Il est nécessaire de modifier les programmes d'études pour tenir compte de l'impact de l'aviation dans notre monde moderne, il s'agit maintenant d'agir [..]. Il a été démontré, à la fois par la recherche et par l'expérience, que le meilleur moyen de surmonter l'inertie naturelle dans les changements de curriculum est de les faire travailler par les enseignants eux-mêmes plutôt que par des experts distants. »

Et le Guide de proposer toute une série de mesures concrètes : réalisation de maquettes pédagogiques, étude de l'impact concret du développement des transports aériens sur l'essor de différentes régions agricoles ou industrielles (comme par exemple la Floride), enseignement des sciences et des technologies à partir de l'étude des avions, approche renouvelée des cartes en lien avec les méthodes utilisées par l'aviation et les nouvelles projections cartographiques...


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Une datavisualisation sur les migrants décédés dans le monde entre 2014 et 2019


Mohamad A. Waked a élaboré une datavisualisation impressionnante sur les migrants décédés aux frontières de 2014 à 2019 : alhadaqa.com/wp-content/upl


Sous le titre "The Unwelcomed", la carte localise tous les migrants et réfugiés qui ont perdu la vie en essayant de franchir des frontières dans le monde. On peut utiliser la carte en mode dynamique pour voir les évolutions (cliquer sur l'animation) ou en mode statique en faisant apparaître les migrants en fonction de leurs origines ou en fonction des causes qui ont provoqué leur décès.


Source des données :
http://migrationdataportal.org/?i=stock_abs_&t=2019


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Une data visualisation pour étudier les vagues d'immigration aux Etats-Unis (1790-2016)




Drôle de planète. 99 cartes pour voir le monde autrement


Drôle de planète est l'alas de Frank Têtart paru en novembre 2019 aux éditions Autrement :
http://www.autrement.com/Catalogue/atlas/drole-de-planete

Notre drôle de planète se révèle avec des projections inhabituelles ou insolites, des caricatures, des cartes utopiques et uchroniques, des cartes imaginaires... Cartes à l'appui, apprenons à regarder le monde sous toutes ses coutures et dans tous les sens. Un atlas surprenant, pour les curieux de tout âge !

Comment les Australiens représentent-ils la planète ? Comment serait l'Europe si Napoléon avait gagné Waterloo ? Quels sont les pays qui passent à l'heure d'été et ceux où l'ion peut voyager ans passeport ? La Polynésie est-elle vraiment aussi grande que l'Europe ? Où le Père Noël habite-t-il ?
L'atlas contient 99 cartes pour "voir le monde autrement" (cartographie : Thomas Ansart). Il se divise en 3 parties :

1) Représenter le monde
- La vérité, rien que la vérité
- Représenter son monde
- Mesurer le monde

2 Histoire de cartes ou cartes en histoire
- Avec des si, on peut faire de la cartographie
- Des possibles
-Vraies, fausses, braies-fausses, le pouvoir de la carte

3) La planète dans tous ses états
- Lieux insolites
- Modes de vie
- Lieux imaginaires)

Pour accéder à un extrait de l'atlas :
http://www.edenlivres.fr/p/543296

Frank Têtard est également l'auteur d'un Atlas des religions chez Autrement :
http://www.autrement.com/Catalogue/atlas/atlas-megapoles/atlas-des-religions


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Comprendre la mégapole japonaise en utilisant le site "Tôkyô, portraits et fictions"


Manuel Tardits propose une superbe découverte de la métropole japonaise, à travers le site "Tôkyô, portraits et fictions" :
http://www.tokyofictions.com/

Ce site Internet est le complément visuel de son essai du même nom. Il peut se visiter indépendamment de l'ouvrage. Le site, disponible en français, anglais et japonais, reprend les trois  thèmes de l'ouvrage : la structure du chaos, les mécanismes et les artefacts. A travers de nombreux documents, l'auteur propose des grilles de lecture pour comprendre Tôkyô.

La navigation s'effectue à partir du plan urbain de Tôkyô avec des icônes cliquables qui donnent accès à beaucoup de documents très intéressants (photographies aériennes, vues au sol, schémas explicatifs, etc...). 


1) Les données sur le Grand Tôkyô

Cette première entrée donne les grands repères sur cette ville japonaise tentaculaire, qui est ordre et chaos. Elle regroupe des données quantitatives et esquisse une analyse macro-urbaine.
"Chaos ou pas chaos, telle est la question. Je pouvais bien voir, apprécier et aimer me perdre dans la multitude dense des détails de Tôkyô, je ne pouvais toutefois admettre les notions d’irrationnel, d’arbitraire et d’ineffable, l’absentéisme de l’ordre. Par-delà l’immensité urbaine, déménagements, promenades, projets et lectures m’ont révélé le paradoxe apparent de l’infinie répétition, l’itération et l’ubiquité de Tôkyô. Il me fallait saisir à travers la nuée des petits faits urbains caduques les grandes structures persistantes."

2) Les mécanismes

La deuxième partie explore les mécanismes qui ont abouti à cette mégapole gigantesque. Tôkyô copie, invente, se renouvelle et se perpétue, continuellement. Tôkyô est multiple et pourtant remarquablement claire dans sa fabrication. Il s'agit de conduire une analyse des dynamiques à l’oeuvre dans la ville, d'en comprendre aussi les fondements culturels.

3) Les artefacts

La troisième partie offre un début d’inventaire des objets ou typologies qui constituent le tissu construit. C'est la partie la plus originale. Le bâti urbain et l'architecture sont abordés sous l'angle de l’arachnée, des ectoplasmes, des labyrinthes-ryôkan, des Cendrillon-pachinko et de l’apologie du mitate. C'est la vision de l'ethnographe, oeil dans la ville, porté par le désir plus fondamental d’en saisir la subtile mécanique, les linéaments d'une urbanité différente.

Il faut parcourir Tôkyô et même souvent s’y perdre. Un site vraiment très utile pour comprendre la métropole japonaise, son organisation, ses dynamiques.
Pour en savoir plus sur l'ouvrage Tokyo, portraits et fictions de Manuel Tardits (2011)
https://livre.fnac.com/a10845025/Manuel-Tardits-Tokyo-portraits-et-fictions


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Les cartes saisissantes de l'artiste Mark Powell


L'artiste londonien Mark Powell utilise toutes sortes de matériaux anciens (enveloppes, cartes postales, vieilles cartes de géographie) et y superpose des portraits saisissants, en général des visages de personnes assez âgées avec des traits marqués. L'idée lui est venue d’une lettre de la Première Guerre Mondiale, qui l'a conduit à imaginer celui qui avait pu l’écrire et à dessiner un vieil homme, un ancien soldat.  

Mark Powell Maps :


C'est surtout son impressionnante série de cartes vintage qui a retenu notre attention. L'auteur a recours à une multitude de cartes différentes (près d'une 40e au total) : des plans de métro, des cartes de villes, des cartes de continents... avec toujours le même procédé d'un visage de vieil homme ou de vieille femme dessiné en superposition. On retrouve chez Mark Powell l'influence de Jean-Michel Basquiat et son obsession de la mortalité de l'homme.

Les contours ridés des visages de ses sujets, l'artiste les réalise avec un simple stylo à bille de couleur noire. Les cartes qui servent de supports ont été ramassées dans divers endroits (des cartes routières usées, des couvertures anciennes du magazine National Geographic). Bien que très réalistes, ces oeuvres dégagent un sentiment mystérieux. Powell dit ne pas connaître la plupart des gens qu’il dessine sur ces cartes, ce qui ajoute encore à leur profondeur et à leur mystère.

 © Mark Powell Art 2019

 

Pour en savoir plus

Mark Powell : un dessin pour une pluralité d’histoires
http://www.bewaremag.com/mark-powell/

Mark Powell Map Art (The Coolector)
http://www.thecoolector.com/mark-powell-map-art/

Des portraits au stylo Bic sur des vieilles cartes par Mark Powell (Dessein de dessin)
http://www.dessein-de-dessin.com/des-portraits-au-stylo-bic-sur-des-vieilles-cartes-par-mark-powell/


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Mesurer le rayonnement des grandes puissances à travers leurs réseaux diplomatiques


On mesure habituellement le poids des grandes puissances en fonction de la taille de leur économie, de l'importance de leurs relations commerciales et financières, ou encore de leurs forces militaires.

Il est plus rare de pouvoir les comparer du point de vue de leur rayonnement diplomatique. En 2019, la Chine a dépassé les Etats-Unis par l'importance de son réseau diplomatique comme le souligne l'article The New Geography of Global Diplomacy publié par Foreign Affairs. L'étude s'appuie sur l’index de diplomatie mondiale publié chaque année par le Lowy Institute qui permet de mettre en évidence l'implantation des missions diplomatiques dans le monde en fonction des pays.

Lowy Global Diplomacy Index :
http://globaldiplomacyindex.lowyinstitute.org/


Les réseaux diplomatiques de 61 pays dans le monde (source : Lowy Institute)
Déplacer la souris sur un pays pour faire apparaître son rayonnement


Pendant longtemps, les Etats-Unis ont bénéficié du plus grand réseau diplomatique au monde. Aujourd'hui, la Chine dispose de 276 missions diplomatiques, qu'il s'agisse d'ambassades, de consulats ou de missions permanentes auprès d'organisations internationales. Le réseau des États-Unis, quant à lui, s’établit à 273 missions diplomatiques (un poste de moins depuis 2017). En 2017, la Chine s'est hissée à la deuxième place, dépassant la France, avant de conquérir la première place en 2019. 

Pékin a ouvert cinq nouvelles ambassades entre 2017 et 2019 : au Burkina Faso, en République dominicaine, au Salvador, en Gambie et à São Tomé et Príncipe. Cette liste de pays n'est pas due au hasard. La Chine compte également un très grand nombre de consulats. Après avoir longtemps pratiqué la « diplomatie du carnet de chèques », la Chine a réussi à récupérer une partie des partenaires diplomatiques de Taïwan. Récemment, deux pays de la région très controversée des îles du Pacifique - Kiribati et les Îles Salomon - ont rompu leurs relations diplomatiques avec Taïwan et ont rejoint la Chine, réduisant ainsi le nombre de pays reconnaissant Taïwan de 22 en 2016 à seulement 15 aujourd'hui (dont le Guatemala , le Honduras et la Cité du Vatican). Cette stratégie a renforcé l’isolement politique grandissant de Taïwan et augmenté la capacité de la Chine à faire avancer ses propres intérêts économiques et stratégiques.

Comparaisons entre pays ou entre villes (source : Lowy Institute)


Le Brexit a conduit également un certain nombre de gouvernements européens à apporter des changements dans leurs relations diplomatiques. L'Irlande a renforcé son réseau de huit missions, ce qui lui a permis de gagner trois places dans l'indice depuis 2017 (la plus forte augmentation de tous les pays européens). Les Pays-Bas ont également ouvert sept nouvelles missions en deux ans et de nouvelles ouvertures sont prévues pour 2021. Le Royaume-Uni, en revanche, a fermé ou déclassé 11 consulats et bureaux diplomatiques depuis 2016, passant de la neuvième place il y a trois ans à la onzième aujourd'hui. 

Le Japon s'est hissé à la quatrième place en 2019, dépassant pour la première fois la Russie. Face à un nouvel équilibre géopolitique dans son voisinage, lié notamment à l'affirmation de la Chine, le Japon renforce discrètement son réseau diplomatique depuis près de dix ans. L’ajout de sept nouvelles missions, avec des pays stratégiques comme le Cambodge, les Philippines, les Seychelles et le Vanuatu, porte à 247 le nombre total des missions diplomatiques pour le Japon.

La Turquie a elle aussi renforcé son réseau diplomatique en suivant une politique étrangère de plus en plus ambitieuse et en prenant des mesures pour se diversifier au-delà de ses alliés de l'OTAN. Elle a gagné six missions depuis 2017, se classant au sixième rang malgré le fait que son PIB représente moins de la moitié du PIB de la Russie au cinquième rang. À l'exception d'une nouvelle ambassade au Laos, la Turquie a orienté son expansion diplomatique vers l'Amérique latine et l'Afrique.

Si l'influence des pays ne se résume pas au nombre et à l'importance de leurs missions diplomatiques, ils peuvent constituer néanmoins un baromètre révélateur de leurs ambitions au niveau international.

Le Lowy Global Diplomacy Index est proposé pour 61 pays, 724 villes, 7 316 missions diplomatiques (avec la possibilité de distinguer les ambassades, les consulats ou les missions permanentes). Voir le détail de la méthodologie.

Le site permet de télécharger les données au format CSV et d'établir des comparaisons intéressantes entre pays ou entre villes sur la période 2016-2019.


Pour compléter

Carte des instituts Confucius dans le monde (voir leur rôle dans le soft power chinois) :
http://www.institutconfucius.fr/

Etat des lieux de la diplomatie française. Réseau diplomatique, atouts dans le monde. Le Monde du 28 janvier 2017 (Dario Ingiusto) : http://www.darioingiusto.com/project/lemonde_france/

La France, grande puissance moyenne face au monde (Alain Nonjon, Notes diplomatiques) :
http://notes-geopolitiques.com/la-france-grande-puissance-moyenne-face-au-monde/

Une cartographie des voyages officiels d'Emmanuel Macron depuis le début de sa présidence (Les Echos) :
http://media.lesechos.fr/infographie/voyages_macron/


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Les frontières maritimes des pays : vers un pavage politique des océans ?


Territorial Map of the World - Rafi Segal & Yonatan Cohen (2013)
http://rafisegal.com/territorial-map-of-the-world/


Pour télécharger la carte en haute résolution :
http://i.redd.it/d7zceju6uvz31.jpg

Cette carte politique du monde montre l'étendue des territoires, à la fois terrestres et maritimes, qui sont entièrement sous le contrôle des nations. Les frontières des pays englobent les zones économiques exclusives (ZEE), dont les ressources appartiennent aux pays limitrophes.

Historiquement les côtes ont toujours été cartographiées comme des entités linéaires séparant les terres des océans. Cependant, le XXe siècle a profondément transformé notre façon de voir et de mesurer le monde. Aujourd'hui, nous envisageons de plus en plus le monde comme un espace continu dans lequel la circulation des personnes et de l'information dépasse les barrières géographiques et politiques. 

Les auteurs, Rafi Segal & Yonatan Cohen, ont conçu cette carte en 2013 de manière à faire prendre conscience de la nécessité d'avoir une approche globale de notre monde, au delà de ses divisions terrestres ou maritimes. Une manière d'aborder la question de nos responsabilités environnementales et de préserver la planète comme un bien commun.

Les délimitations maritimes utilisées pour cette carte sont celles fournies par le Flanders Marine Institute. Il convient de souligner que cette carte n'entérine aucune revendication territoriale, quelle qu'elle soit.


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Un planisphère pour renverser notre regard sur le monde





Un planisphère pour renverser notre regard sur le monde


Watershed of the World - signalé par The Decolonial Atlas (19 novembre 2019)

Cette carte du monde par bassins versants a été élaborée par Jordan Engel en 2019. Elle repose sur une approche bio-régionale avec les noms locaux (endonymes) des bassins versants en fonction de leur fleuve principal. Le but est de se déprendre de la vision classique des pays avec leurs frontières politiques. La projection Eckert IV à surfaces égales permet de conserver les proportions. Le planisphère retourné invite à voir la Terre depuis l'hémisphère sud : une invitation à renverser notre regard sur le monde comme aime à le faire l'Atlas décolonial.


Extrait de la présentation (traduction libre) : 

"De la topographie à l'hydrologie, les moyens de cartographier notre planète ne manquent pas. Et pourtant, nous sommes habitués à une seule carte : la carte politique du monde avec les frontières territoriales. Avec de telles représentations, nous enseignons à nos enfants une histoire simple, celle de la division du monde en États-nations. Ces enfants deviennent ensuite des adultes avec cette carte comme cadre géographique principal. Nous voulions remettre en question ce cadre, tout en gardant quelque chose de coloré et de simple, comme peut l'évoquer une carte politique du monde pour un enfant. Quelque chose qui se voulait à la fois familier et désorientant. C'est pour cela que nous nous sommes tournés vers les bassins versants... Le bio-régionalisme est la reconnaissance de l'interdépendance qui existe entre la terre et l'eau..." 

Les données des bassins versants sont issues de l'Institut fédéral d'hydrologie. Une carte vierge orientée vers le Nord est disponible pour téléchargement ou impression. 



L'Atlas décolonial vise à donner une autre vision du monde, moins européo-centrée. Fait par des bénévoles, ce site vise à interroger les relations entre la Terre, les hommes et les états.

Consulter le site The Decolonial Atlas

 

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Célébration de la Journée des SIG 2019 (#GISday et #PostGISday)


Signalé par GISLounge (11 novembre 2019). GIS Day and PostGIS Day Coming Up

Chaque année, la Journée des SIG (#GISday) se déroule dans le cadre de la Semaine de sensibilisation à la géographie. La journée a été célébrée pour la première fois en 1999. Cette année, elle se déroulera le mercredi 13 novembre 2019 et marquera le 20e anniversaire de sa création. La Journée des SIG a été lancée par la société ESRI, qui propose une série d'événements pour fêter cette journée. De nombreux établissements d’enseignement, organismes gouvernementaux et sociétés dans le secteur du géospatial organisent des manifestations lors de cette journée consacrée aux SIG. Vous pouvez retrouver ces événements sur le site GISday.com.



Mais il existe également le #PostGISDay pour célébrer les applications et les outils SIG open source.

Si vous êtes actif sur Twitter, vous pouvez participer tous les mercredis au #GISChat où des professionnels de l'information géographique discutent de divers sujets liés aux SIG. 


L'occasion d'explorer une série d'activités pédagogiques fournies par ESRI pour initier les élèves et les étudiants aux SIG dans le cadre de ses GeoInquieries :




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Appel à participation au Printemps des Cartes 2020, Montmorillon (14-17 mai 2020)


Le Festival Printemps des Cartes qui se déroulera pour sa 3ème édition du 14 au 17 mai 2020 à Montmorillon, se prépare dès maintenant !

Appel à participation aux passionnés, citoyens, professionnels et scientifiques.

La cartographie est un univers multiple où sciences et techniques rencontrent le sensible, l’humain et les enjeux de société au travers des savoirs, des cultures. La carte rassemble petits et grands, écoliers, curieux, habitants, amateurs, professionnels et scientifiques : géographes, historiens, explorateurs, artistes, plasticiens, marins et navigateurs, aménageurs du territoire…

Nous avons le plaisir de vous transmettre ci-joint la présentation du Festival, le dossier dédié aux intervenants ainsi qu’un modèle de fiche de proposition d’intervention (une fiche par proposition et intervenant).



Documents :

PRESENTATION FESTIVAL 2020 MONTMORILLON A4

Festival Printemps des cartes – je participe en 2020 -FICHE PROPOSITION

Voici les étapes de la construction du programme du Festival :

2 décembre 2019 : date limite de propositions d’interventions par mail à destination de : Samuel ARLAUD, samuel.arlaud@univ-poitiers.fr, Matthieu LEE, matthieu.lee@univ-poitiers.fr et Céline NAULEAU, celine.nauleau@emf.ccsti.eu

15 janvier 2020 : retours vers les intervenants et élaboration du programme prévisionnel.

15 février 2020 : publication du programme définitif.




Tchernobyl : la météo nationale a-t-elle truqué des cartes en 1986 ? Retour sur une polémique sur fond de complotisme


CheckNews, la rubrique de décryptage de l'information du journal Libération, réalise un très bon dossier sur le nuage nucléaire qui aurait été repoussé par le cyclone des Açores au moment de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.


"Jean-Pierre Pernot, le présentateur du JT de TF1, affirme que Météo France a déplacé, en avril 1986, un anticyclone sur une carte pour tromper les citoyens sur les conséquences du nuage radioactif. C'est faux. Mais un reportage météo diffusé le 30 avril 1986 suggérait bien qu'un anticyclone ferait barrage au nuage..."


"On pourrait, là, parler de tromperie. Même si, là aussi, les choses sont plus complexes... Ce hiatus entre l’information visuelle et celle, écrite, est à l’image de la communication, à la fois minimaliste et brouillonne, qui fut celle des autorités. Il explique peut-être la fracture entre ceux qui, trente ans après, demeurent persuadés qu’on a voulu faire croire que le nuage n’avait pas touché la France, et ceux qui dénoncent à l’inverse une théorie complotiste."

Lire l'article sur Libération « La météo nationale a-t-elle truqué des cartes en 1986 comme l'affirme Jean-Pierre Pernaut ? »

Voir également : « Le nuage s’arrête à la frontière » : de Tchernobyl à Rouen, itinéraire d’un mensonge qui n’en était pas un (Le Parisien)


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Un défi cartographique de 30 jours en novembre 2019 (#30DayMapChallenge)

Appel à tous les cartographes enthousiastes !

Topi Tjukanov a lancé un défi cartographique en novembre 2019. Il s'agit de créer une carte par jour à partir des thèmes ci-dessous. Aucune restriction sur les outils. Seule règle : toutes les cartes doivent être créées par vous. Tweetez ensuite votre création cartographique avec le hashtag #30DayMapChallenge


Chaque jour, un défi cartographique est centré sur un sujet ou un figuré différent.

En consultant Twitter avec le hashtag #30DayMapChallenge, il est possible d'avoir accès à de nombreuses productions cartographiques qui donnent une idée des possibilités offertes aujourd'hui par les outils de visualisation et de traitement de l'information géographique.












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L'origine de ce billet nous est fourni par Bruno Charlier (@BrunoStartrekk), à la recherche d'atlas d'autrefois qui aimaient à définir les termes géographiques à partir d'illustrations. L'occasion de revenir, à travers des échanges sur Twitter, sur les méthodes d'enseignement de la géographie et l'importance de la nomenclature à l'époque...






"L'espace commence ainsi, avec seulement des mots, des signes tracés sur la page blanche. Décrire l'espace : le nommer, le tracer, comme ces faiseurs de portulans qui saturaient les côtes de noms de ports/caps/criques" (Georges PEREC, Espèces d'espaces. Journal d'un usager de l'espace, Galilée, Paris, 1974). Voir des extraits ou l'ouvrage complet.











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