Célébration de la Journée des SIG 2019 (#GISday et #PostGISday)


Signalé par GISLounge (11 novembre 2019). GIS Day and PostGIS Day Coming Up

Chaque année, la Journée des SIG est célébrée le mercredi de la Semaine de sensibilisation à la géographie. La Journée des SIG (#GISday) a été célébrée pour la première fois en 1999. Cette année, elle se déroulera le mercredi 13 novembre 2019 et marquera le 20e anniversaire de sa création. La Journée des SIG a été lancée par la société ESRI, qui propose une série d'événements pour fêter cette journée. De nombreux établissements d’enseignement, organismes gouvernementaux et sociétés dans le secteur du géospatial organisent des manifestations lors de cette journée consacrée aux SIG. Vous pouvez retrouver ces événements sur le site GISday.com.



Mais il existe également le #PostGISDay pour célébrer les applications et les outils SIG open source.

Si vous êtes actif sur Twitter, vous pouvez participer tous les mercredis au #GISChat où des professionnels de l'information géographique discutent de divers sujets liés aux SIG. 


L'occasion d'explorer une série d'activités pédagogiques fournies par ESRI pour initier les élèves et les étudiants aux SIG dans le cadre de ses GeoInquieries :


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Appel à participation au Printemps des Cartes 2020, Montmorillon (14-17 février 2020)


Le Festival Printemps des Cartes qui se déroulera pour sa 3ème édition du 14 au 17 mai 2020 à Montmorillon, se prépare dès maintenant !

Appel à participation aux passionnés, citoyens, professionnels et scientifiques.

La cartographie est un univers multiple où sciences et techniques rencontrent le sensible, l’humain et les enjeux de société au travers des savoirs, des cultures. La carte rassemble petits et grands, écoliers, curieux, habitants, amateurs, professionnels et scientifiques : géographes, historiens, explorateurs, artistes, plasticiens, marins et navigateurs, aménageurs du territoire…

Nous avons le plaisir de vous transmettre ci-joint la présentation du Festival, le dossier dédié aux intervenants ainsi qu’un modèle de fiche de proposition d’intervention (une fiche par proposition et intervenant).



Documents :

PRESENTATION FESTIVAL 2020 MONTMORILLON A4

Festival Printemps des cartes – je participe en 2020 -FICHE PROPOSITION

Festival Printemps des cartes – je participe en 2020 DOSSIER INTERVENANT

Voici les étapes de la construction du programme du Festival :

2 décembre 2019 : date limite de propositions d’interventions par mail à destination de : Samuel ARLAUD, samuel.arlaud@univ-poitiers.fr, Matthieu LEE, matthieu.lee@univ-poitiers.fr et Céline NAULEAU, celine.nauleau@emf.ccsti.eu

15 janvier 2020 : retours vers les intervenants et élaboration du programme prévisionnel.

15 février 2020 : publication du programme définitif.




Tchernobyl : la météo nationale a-t-elle truqué des cartes en 1986 ? Retour sur une polémique sur fond de complotisme


CheckNews, la rubrique de décryptage de l'information du journal Libération, réalise un très bon dossier sur le nuage nucléaire qui aurait été repoussé par le cyclone des Açores au moment de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.


"Jean-Pierre Pernot, le présentateur du JT de TF1, affirme que Météo France a déplacé, en avril 1986, un anticyclone sur une carte pour tromper les citoyens sur les conséquences du nuage radioactif. C'est faux. Mais un reportage météo diffusé le 30 avril 1986 suggérait bien qu'un anticyclone ferait barrage au nuage..."


"On pourrait, là, parler de tromperie. Même si, là aussi, les choses sont plus complexes... Ce hiatus entre l’information visuelle et celle, écrite, est à l’image de la communication, à la fois minimaliste et brouillonne, qui fut celle des autorités. Il explique peut-être la fracture entre ceux qui, trente ans après, demeurent persuadés qu’on a voulu faire croire que le nuage n’avait pas touché la France, et ceux qui dénoncent à l’inverse une théorie complotiste."

Lire l'article sur Libération « La météo nationale a-t-elle truqué des cartes en 1986 comme l'affirme Jean-Pierre Pernaut ? »

Voir également : « Le nuage s’arrête à la frontière » : de Tchernobyl à Rouen, itinéraire d’un mensonge qui n’en était pas un (Le Parisien)


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Un défi cartographique de 30 jours en novembre 2019 (#30DayMapChallenge)

Appel à tous les cartographes enthousiastes !

Topi Tjukanov a lancé un défi cartographique en novembre 2019. Il s'agit de créer une carte par jour à partir des thèmes ci-dessous. Aucune restriction sur les outils. Seule règle : toutes les cartes doivent être créées par vous. Tweetez ensuite votre création cartographique avec le hashtag #30DayMapChallenge


Chaque jour, un défi cartographique est centré sur un sujet ou un figuré différent.

En consultant Twitter avec le hashtag #30DayMapChallenge, il est possible d'avoir accès à de nombreuses productions cartographiques qui donnent une idée des possibilités offertes aujourd'hui par les outils de visualisation et de traitement de l'information géographique.










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Quand le Petit Larousse donnait une représentation illustrée de la géographie (1922)


L'origine de ce billet nous est fourni par Bruno Charlier (@BrunoStartrekk), à la recherche d'atlas d'autrefois qui aimaient à définir les termes géographiques à partir d'illustrations. L'occasion de revenir sur les méthodes d'enseignement de la géographie et l'importance de la nomenclature à l'époque...






"L'espace commence ainsi, avec seulement des mots, des signes tracés sur la page blanche. Décrire l'espace : le nommer, le tracer, comme ces faiseurs de portulans qui saturaient les côtes de noms de ports/caps/criques" (Georges PEREC, Espèces d'espaces. Journal d'un usager de l'espace, Galilée, Paris, 1974). Voir des extraits ou l'ouvrage complet.










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Les systèmes d'information géographique. Principes, concepts et méthodes (Armand Colin)


Christina Aschan-Leygonie, Claire Cunty, Paule-Annick Davoine, Les systèmes d'information géographique. Principes, concepts et méthodes, Cursus Géographie, Armand Colin, 2019 (site de l'éditeur).

Cet ouvrage apporte aux étudiants les notions clés et méthodes indispensables à la maîtrise des systèmes d’information géographique (SIG). Il présente les fondamentaux de l’information géographique, les traitements et les analyses qui sont au coeur des projets SIG. Il montre comment les SIG peuvent répondre à des problématiques spatiales portant aussi bien sur des phénomènes géographiques discrets ou continus que sociaux ou environnementaux.

Un véritable outil pédagogique, illustré par de multiples exemples, une centaine de figures, des focus thématiques, des conseils, des définitions et des questions de révision.


Les auteures

Christina Aschan-Leygonie est maître de conférences à l'Université Lumère Lyon 2, chercheure à UMR 5600 Environnement Ville et Société.

Claire Cunty est maître de conférences à l'Université Lumère Lyon 2, chercheure à UMR 5600 Environnement Ville et Société.

Paule-Annick Davoine est professeure ds Universités à l'Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine, Université Grenoble-Alpes, chercheure à l'UMR PACTE et membre associée du LIG, équipe Steamer.

Table des matières

- De la "réalité" du terrain à l'information géographique dans les SIG 
- Fondamentaux de l'information géographique 
- Intégration de données géographiques dans les SIG 
- Visualisation, interrogation et enrichissement de l'information géographique 
- Traitements spatiaux de l'information géographique 
- Aperçu de l'analyse spatiale avec les SIG

Un manuel clair et pédagogique

Dès l'introduction, les auteures soulignent l'importance de l'information géographique qui est au coeur de la géographie, de l'aménagement, l'environnement, l'urbanisme et s'étend à de nombreux domaines ou activités économiques. La maîtrise et la connaissance des SIG ne doivent pas être subordonnées à l'apprentissage d'un logiciel. Un SIG est d'abord un système structuré d'informations avec des données qui ont été au préalable acquises et stockées avant d'être interrogées, traitées, analysées et visualisées. 

L'objectif n'est pas de proposer un nouveau manuel de cartographie. Michèle Béguin et Denise Pumain ont déjà publié un tel manuel chez Armand Colin, qui est bien connu depuis de nombreuses années par les étudiants et les enseignants (La représentation des données géographiques. Statistique et cartographie, 4e édition en 2017). Il s'agit davantage de mettre à disposition les outils intellectuels pour manier de l'information géographique numérique en mobilisant toutes les opérations de traitement spatial et attributaire offertes par les SIG. Les méthodes de l'analyse spatiale sont clairement présentées et expliquées de manière à démystifier les SIG, encore trop souvent assimilés à des outils lourds et complexes à manier, réservés aux professionnels. 

Nul doute que ce manuel pratique va contribuer à démocratiser l'accès aux SIG et à outiller la démarche géographique qui reste l'objectif fondamental. Savoir construire un projet SIG mobilise de nombreuses compétences qui, in fine, visent à apporter des réponses en fonction des questions que l'on pose sur un territoire.


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En complément



Les territoires de l'anthropocène (cartes thématiques proposées par le CGET)

 
Le changement climatique entraîne des risques aggravés de catastrophes naturelles : inondations, feux de forêts, tempêtes… Les activités humaines perturbent les équilibres naturels, en particulier depuis la révolution industrielle. ces perturbations entraînent de nouveaux risques sanitaires, économiques et sociaux pour les populations humaines (#anthropocene). Le CGET propose, à travers une série de cartes, d'étudier quels sont les territoires les plus exposés.

Les territoires de l'anthropocène : à consulter sur le site du CGET.



  • Les territoires à l'ère de l'anthropocène : des milieux sous pression
  • Les territoires à l'ère de l'anthropocène : une transition écologique...
  • Agenda 21 : démarche intégrée des collectivités pour un développement...
  • Artificialisation des sols
  • Fréquence des catastrophes naturelles
  • Pollution des eaux souterraines
  • Émissions de gaz à effet de serre
  • État de conservation des habitats naturels
  • Abondance des populations d'oiseaux communs spécialistes
  • Les espaces naturels protégés
  • Agriculture biologique
  • Les espaces naturels protégés
  • Pollution de l'air
  • Production et consommation d'électricité
  • Consommation et production d'énergie renouvelable
  • Prise en compte de la biodiversité par les SCoT
  • Pollution des sols
  • L'exposition des populations aux risques climatiques
Toutes ces cartes sont téléchargeables en haute définition. 

En complément

La cartothèque du CGET fait peau neuve : plus de 1800 cartes et infographies, issues des travaux de l'Observatoire des territoires et de bien d'autres, sont désormais à disposition du grand public et des spécialistes, sur des thématiques aussi diverses que l’emploi, les services au public, l’industrie, les ruralités, le cadre de vie, les mobilités, etc. La recherche se fait par mot clé, ou à partir des quatre filtres proposés (par thème, par échelle de territoire, par série et par année). Les cartes sont toutes téléchargeables en haute définition. Dans le cadre du Grand débat national, le CGET a mis à disposition des kits cartographiques « Mon territoire en cartes » à l'échelle des EPCI.



Bienvenue (?) dans l'Anthropocène ! par Michel Lussault, directeur de l’Ecole Urbaine de Lyon :
http://medium.com/anthropocene2050/bienvenue-dans-lanthropoc%C3%A8ne-dc8c8c097a5c
 

Carte d'Europe avec la date où chaque pays a été occupé pour la dernière fois (Map Porn)


Cette carte partagée sur le forum MapPorn indique, pour chaque pays européen, la date où il a été occupé pour la dernière fois et par quel autre pays. 

La Grande-Bretagne n'a jamais été occupée depuis la fusion de l'Angleterre, du Pays de Galles et de l'Écosse qui est à l'origine du Royaume-Uni en 1707. La politique de neutralité de la Suisse lui a valu de pas avoir été occupée par une puissance étrangère depuis 1815. La date de 1243 pour l'empire ottoman ne doit pas faire oublier qu'il a été occupé en 1918. 

Les pays d'Europe de l'Est ont subi "l'occupation" (disons plutôt la sphère d'influence) soviétique après 1945. La date de 1991 peut sembler étonnante pour l'Allemagne (avec deux status différents). Que dire de la Pologne occupée par l'Allemagne et par l'Union soviétique pendant la 2e Guerre mondiale (seul le dernier occupant a été retenu) ? L'occupation plus récente de la Crimée par la Russie n'est pas indiquée (un problème peut-être lié au choix de l'échelle nationale ?). Plus globalement la carte pose la question de ce que l'on entend par "occupation" et quelle signification est-on en mesure de dégager en ne prenant en compte que la dernière date ?

Carte d'Europe avec la date où chaque pays a été occupé pour la dernière fois (MapPorn)


Cette  carte suscite beaucoup d'intérêt, mais aussi des interrogations du fait de la construction de sa légende (notamment la distinction entre Alliés de la 2e GM et URSS ou la catégorie très indistincte "autres pays") ainsi que par les dates indiquées (très disparates dans leurs critères de choix). Elle a été utilisée en 2014 au moment de l'annexion de la Crimée par la Russie pour montrer qu'il fallait remonter assez loin pour voir des conquêtes et des occupations territoriales sur le continent européen. A l'exception de l'ex Yougoslavie, une règle s'est instaurée selon laquelle il faut respecter l'intégralité territoriale de chaque pays européen (principe de souveraineté rappelé par l'article 2 de la Charte des Nations Unies).






Plus que la dernière date d'occupation, ne vaudrait-il pas mieux prendre en compte le nombre de fois et la durée pendant laquelle chaque pays a été "occupé" ou "envahi" partiellement ou complètement ? (voir par exemple la liste des pays ayant subi une invasion par période historique sur Wikipedia). D'autres cartes plus simples et plus lisibles cherchent à déterminer, pour un pays donné, quels autres pays européens l'ont envahi.

Les pays européens qui ont envahi la Pologne (source : Brilliant Maps)


En complément : 1000 ans de frontières en Europe (Vividmaps)

On retrouve en partie le même type d'approche comparative discutable dans les cartes qui cherchent à comparer les pays "envahis", "colonisés", "sous la sphère d'influence" ou "la domination temporaire" d'une puissance européenne ou d'une autre (voir par exemple cette série de cartes).

Les pays envahis ou colonisés par la France (source : Reddit)

Les pays envahis ou colonisés par le Royaume-Uni (source : MapPorn



Territoires ayant appartenu au Portugal ou à l'Espagne (Wikipedia)



Pays ayant été déjà colonisés ou contrôlés par l'Europe (source : Vox)



Articles connexes

Map Porn, un réseau social pour partager et commenter des cartes sur Internet

Que valent toutes ces cartes sur Internet qui comparent des pays par leur taille ?

L'Atlas historique mondial de Christian Grataloup en partenariat avec la revue L'Histoire

La rubrique Cartes et atlas historiques du blog Cartographie(s) numérique(s)

 

 

Un siècle de cartes de compagnies aériennes


Mark Ovenden, Maxwell Roberts. Airline Maps. A Century of Art and Design. Penguin Random House, 2019 :
http://www.penguinrandomhouse.com/books/600815/airline-maps-by-mark-ovenden-and-maxwell-roberts/


Dans cet ouvrage paru en octobre 2019, les deux auteurs reviennent sur 100 ans d'histoire à travers les reproductions en couleur de cartes et d’affiches produites par les compagnies aériennes. L'ouvrage montre comment les cartes aériennes n'ayant a priori aucune utilité pratique ont pu servir de supports publicitaires et contribuer, à travers leurs images stylisées, à rapprocher les différentes cultures et à raccourcir les distances, l'invention des avions à réaction rendant la Terre encore plus petite. En même temps que les itinéraires se sont multipliés, les cartographes et les graphistes ont cherché de nouveaux procédés pour afficher de grandes quantités d'informations.


Mark  Ovenden et Maxwell Roberts reviennent sur quelques idées intéressantes mises en avant dans leur ouvrage lors d'une interview pour Citylab (The Rise and Fall of the Exuberant Airline Map) :
Ovenden et Roberts ont par ailleurs écrit des ouvrages sur les cartes de transport en commun :

- Mark Ovenden, Transit Maps of the World, 2007 (réédition 2015).

- Maxwell Roberts, Underground Maps Unraveled, 2012.


En complément

Affiches vintage de compagnies aériennes :
http://www.pinterest.fr/dzarail/affiches-compagnies-a%C3%A9riennes-vintage/

Classic Airline Route maps :
http://www.pinterest.fr/johndupont948/classic-airline-route-maps/

Affiches publicitaires d'Air France :
http://www.airfrancelasaga.com/fr/content/publicit%C3%A9 

The history of Imperial Airway :
http://industrialhistoryhk.org/the-history-of-imperial-airways/

Cartes et images de l'Aéropostale :
http://www.pinterest.com/pin/621778292274748132/?lp=true


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La carte, objet éminemment politique : la Réunion au coeur de l'espace "Indo-Pacifique" ?


Emmanuel Macron est venu le 23 octobre 2019 en visite présidentielle sur l'île de la Réunion. Dans un discours très géopolitique, il a tenu à rappeler la position stratégique de la Réunion au coeur de l'espace "Indo-Pacifique". Il a invité à cette occasion les autorités et les entrepreneurs à tirer profit de ce positionnement géographique au coeur de la mondialisation. "Nous pouvons être dans cette région une puissance stabilisatrice. Il s'agit d'assumer un destin commun (…) La région indo-pacifique est l’épicentre du commerce mondial. Cette région est en train d’être le carrefour maritime du monde. Nous souhaitons faire de La Réunion un hub économique".

L'emploi du terme « Indo-Pacifique » peut surprendre tant il est inhabituel pour qualifier la position géographique de la Réunion située au sud-ouest de l'océan Indien, assez éloignée de l'Asie-Pacifique. Au delà du slogan politique, il peut être intéressant de décrypter l'origine et le sens de cette expression.

Discours du président Macron le 23 octobre 2019 au sommet « Choose La Réunion »
"Je crois en cette stratégie indo-pacifique où La Réunion deviendrait l’épicentre"


L'Indo-Pacifique constitue un slogan politique à la mode, mais s'inscrit également dans une vision géopolitique nouvelle que décrypte Pierre Grosser (L’« Indo-Pacifique », au-delà du slogan, The Conversation, 2 avril 2018). Le terme semble employé pour la première fois en 2007 par le Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Parlement indien. L’expression émerge au début des années 2000, à la confluence de plusieurs prises de conscience, en particulier la dépendance asiatique au pétrole moyen-oriental et la volonté de la Chine de jouer un rôle pivot entre l'océan Indien et l'océan Pacifique (stratégie dite du "collier de perles"). « L’Indo-Pacifique serait donc une forme d’endiguement anti-chinois, au moment où l’administration Obama pivote vers l’Asie... Il existe une quatrième logique, à dimension également antichinoise [cf volonté de l'Inde de devenir une puissance "indo-pacifique"]... Du fait de ses possessions insulaires, la France peut elle aussi avoir une conception très extensive de l’Indo-Pacifique, en lien avec notamment l’Inde et l’Australie. »

Face à ces défis, un rapport du Sénat appelle à une « stratégie indo-pacifique française » en lien avec l’Australie. On retrouve une telle orientation stratégique de la France dans un livre blanc publié en 2018 : "Stratégie française en Asie-Océanie à l’horizon 2030 : vers un espace asiatique indopacifique inclusif" (à télécharger sur le site France diplomatie). Comme on peut le remarquer, la Réunion ne figure pas sur la carte de cet "espace indopacifique".

ers un espace asiatique indopacifique inclusif ?
Carte issue du livre blanc
"Stratégie française en Asie-Océanie à l’horizon 2030"


Une plaquette "La France et la sécurité en Indopacifique", diffusée par le Ministère de la Défense, comporte une carte à une échelle plus large montrant la présence française dans les deux océans (Indien et Pacifique) :


La France en Indo-Pacifique à travers sa ZEE, ses ressortissants et ses investissements directs
(source : Ministère de la Défense) 



Le président Macron évoque sa vision d'un "espace indo-pacifique inclusif", un "espace d'amitiés". "De la Réunion à Mayotte en passant par la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les Terres australes et antarctiques et j’en oublie, nous avons plus d’un million de citoyens français, des terres françaises, plus de 8 000 soldats français qui sont déployés, nous avons une vraie force maritime présente (nous sommes la deuxième marine à nous déployer dans la région proche ici) et donc une vraie légitimité à dire, faire, proposer dans un contexte où, il faut bien le dire, l’inquiétude a parfois été là, les oppositions allaient croissantes, où la présence chinoise inquiétait d’autres puissances. Et ce dialogue productif que nous avons avec la Chine dans lequel nous investissons beaucoup eh bien ne doit pas nous empêcher d’être et de devenir pleinement un partenaire stratégique dans la région des autres puissances" (Voyage officiel du Président Macron au Japon, juin 2019).

D'autres analystes en font une lecture plus conflictuelle sur le plan géopolitique. On peut se reporter par exemple à la mise au point faite par Thomas Marrier d’Unienville sur le site Diploweb  ("L’océan Indien, nouveau centre du monde ?") ou encore


Voir également : L’Indo-Pacifique, théâtre de lutte d’influence entre les États-Unis et la Chine (RFI).

Crise en vue en Indo-Pacifique – Stratégie américaine, dépenses militaires, défense collective (Asie21).

Selon cette organisation principalement francophone, "l’identité indianocéanique constitue le socle du développement de la région... Désormais, l’Indianocéanie se lit sur les cartes du monde comme une région au croisement de deux incontournables pôles de croissance, l’Asie et l’Afrique. Aux portes de la région, les îles indianocéaniques ont également su multiplier les partenariats en direction de l’Afrique australe et orientale, régions continentales avec lesquelles elles ont des affinités économiques et culturelles"





La France peine encore à sortir d'une vision utilitaire des territoires ultramarins, mis dans la position de servir ses intérêts et d'assurer sa présence à travers le monde. C'est une vision que l'on retrouve souvent dans les cartes qui évoquent la puissance de la France à l'échelle mondiale, notamment à travers sa ZEE présentée comme un véritable "empire maritime". Il vaudrait mieux parler plus modestement de domaine maritime, sauf à penser que la ZEE est devenue un instrument d'hégémonie, un outil stratégique au service de la puissance.




Avant de venir à la Réunion, le président Emmanuel Macron a pris la peine de faire une escale aux îles Éparses, “territoire extrêmement stratégique” de son propre aveu. Sur une plage déserte de l'île Glorieuse, il y a défendu "notre biodiversité à protéger" (voir la vidéo). Ce que l'on peut interpréter comme un acte de souveraineté ("Ici c'est la France") dans le cadre de son premier déplacement dans l’océan Indien en tant que président. Grâce à ces îles, la France bénéficie d’une zone économique exclusive de 640 000 km2 dans la région et le canal du Mozambique, que l’on soupçonne riche en hydrocarbures. Cette réaffirmation de la souveraineté française semble constituer un coup d'arrêt aux négociations concernant une éventuelle co-gestion ou une restitution des îles Éparses à Madagascar.

"Macron sur les îles Éparses, un déplacement hautement symbolique" (Huffpost)

"Iles éparses : La cogestion ou la restitution exclue par la France" (Madasikara)

Macron aux îles Eparses, un affront pour les Malgaches  (Le Monde)




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