Elections fédérales au Canada : l'intérêt de représenter les résultats électoraux sous forme de cartogrammes


Signalé par Maps Mania, 2019 Canadian elections maps (22 octobre 2019)

Le Parti libéral de Justin Trudeau a remporté le plus grand nombre de sièges lors des élections canadiennes d'octobre 2019, mais il a perdu sa majorité. Les conservateurs ont remporté le vote populaire, mais n'ont pas obtenu assez de sièges pour former un gouvernement. Les libéraux cherchent maintenant à former un gouvernement, éventuellement avec l'aide du Nouveau parti démocratique (NDP), un parti de gauche.


Pour consulter les résultats des élections de 2019 au Canada :

Lors des dernières élections américaines et britanniques, de nombreuses cartes électorales utilisaient des flèches pour montrer les déplacements de voix. Ces cartes avec des flèches sont très utiles pour visualiser les scores des différents partis d'une élection à l'autre (voir par  exemple cette carte des mid-terms elections aux États-Unis).

L’un des problèmes majeurs de ces cartes par aplats de couleur est l’énorme taille de certaines circonscriptions électorales au Canada. Ces circonscriptions rurales surpassent en taille les petites circonscriptions que l'on trouve dans les villes canadiennes.

Pour résoudre cette difficulté, Jens von Bergmann propose une représentation sous forme de cartogramme : http://observablehq.com/@mountainmath/canadian-election-bubble-animiation

Le cartogramme présente chaque circonscription électorale sous la forme d'un cercle de taille égale. Il permet de voir plus clairement le nombre de sièges remportés par chaque parti (l'orange sur ce cartogramme n'est pas aussi dominant que sur les cartes en aplats). Cliquer sur la vidéo ci-dessous pour voir l'animation.


Luke Andrews propose une autre représentation sous forme de cartogramme où chaque circonscription électorale a la même forme géométrique et la même taille : http://electoralcartogram.ca/


Ce qui donne un aperçu plus facile des sièges remportés par chaque parti par rapport aux cartes de résultats électoraux fournies par les organes de presse. L'indication des Grands Lacs et des États-Unis ainsi que l’étiquetage des provinces permettent de surmonter en partie le manque de familiarité avec ce type de cartogramme, quelque peu déroutant par rapport à une carte géographique.


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Les résultats des élections européennes du 26 mai 2019 en cartes et en graphiques

La carte des résultats aux élections législatives en Espagne (scrutin du 28 avril 2019)

 


SandDance, l'outil d'exploration visuelle open source de Microsoft


Cette nouvelle version de SandDance a été entièrement réécrite pour devenir un composant intégrable qui fonctionne avec les chaînes d’outils JavaScript actuels. Pour ceux qui ne connaissent pas SandDance, il s’agit d’un système d’exploration et de présentation des données qui permet de faire des "visualisations unitaires".

SandDance, outil d'exploration visuelle open source (source : Microsoft)


SandDance fournit des visualisations 2D et 3D, des diagrammes à barres, des diagrammes de dispersion, des diagrammes empilés, des diagrammes de densité. L'un des principaux intérêts de l'outil est de permettre de passer rapidement d'un graphique à l'autre et du graphique à la carte (ou inversement). Les possibilités de géo-visualisation sont nombreuses et les transitions entre les types de représentation sont fluides.
 
Doté de nombreux paramètres, SanDance peut être testé en ligne à travers l'exemple des élections américaines : http://sanddance.js.org/app/

L'outil est disponible sur GitHub.


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L'évolution du vote des Français sur la période 1999-2019 sur le site du Politoscope


Le Politoscope est une initiative de l’Institut des Systèmes Complexes de Paris Ile-de-France (ISC-PIF, laboratoire CNRS). A l'heure du numérique, son but est de permettre au “grand public” de plonger dans les masses de données générées sur les réseaux sociaux lors des élections, grâce à des outils et méthodes d’analyses produites par la recherche. 

En 2018, le Politoscope a rendu une étude décortiquant la Présidentielle de 2017 vue par Twitter. En 2019, il a produit des analyses dans le cadre du Grand Débat National. Désormais, le site propose également un outil en ligne permettant de visualiser l'évolution du vote des Français sur la période 1999-2019.

Le Politoscope v 1.4.19 :



L'application de data visualisation permet de visualiser les résultats des élections européennes et présidentielles de toutes les communes de la France métropolitaine (à l'exclusion des communes d'outre-mer). La carte représente soit les listes arrivées en tête pour les élections européennes, soit les candidats arrivés en tête au 1er tour pour les élections présidentielles.

L'utilisateur choisit d'abord une année de référence (1999, 2002, 2004, 2007, 2009, 2012, 2014 ou 2019), puis une commune au choix. L'outil se démarque des outils de cartographie plus classique dans la mesure où il n'y a pas de contours et la représentation se fait uniquement en mode point avec des figurés proportionnels, ce qui facilite les comparaisons d'une année à l'autre.

Chaque commune est représentée par un cercle dont le diamètre est fonction de sa population. Les couleurs représentent les nuances politiques des listes ou des candidats arrivé(e)s en tête. Le graphique à barres représente la liste ou le candidat arrivé(e) en tête par groupe de communes. Toutes les communes sont regroupées par nombre d'habitants. L'outil Politoscope utilise la plateforme observablehq. Le code et les données sont disponibles sur GitHub.


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La carte, objet éminemment politique : la question kurde


Massées à la frontière, les forces armées turques ont commencé à envahir le nord-est de la Syrie le 9 octobre 2019. Leur objectif : repousser les combattants kurdes et instaurer une zone de sécurité. Cette intervention dénommée "Opération source de paix" risque en réalité de se traduire par une crise humanitaire pour le peuple kurde.

Le président turc Erdogan présente la carte de la zone tampon qu'il entend créer en Syrie. En jaune, le territoire autonome kurde de Syrie. La ligne rouge fixe les limites de l'intervention turque. © DON EMMERT - AFP

Les Kurdes, qui ont été le fer de lance du combat contre Daesh, ont payé un lourd tribut lors de la guerre en Syrie. Ils sont à l'origine d'une expérience politique singulière dans le Rojava (Etat semi-indépendant du Kurdistan syrien constitué principalement de 3 cantons, Afrin, Kobané et Cezire). Mais Ankara considère les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde syrienne comme « terroriste », en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). 


I) Les Kurdes, un peuple sans Etat

Entre 25 et 35 millions de Kurdes habitent les zones montagneuses situées aux frontières de la Turquie, de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran et de l’Arménie. Ils constituent le quatrième groupe ethnique le plus important du Moyen-Orient mais jamais ils n’ont obtenu un Etat national permanent. La promesse d’un Etat kurde faite par le traité de Sèvres en 1920 après la Première guerre mondiale, sur les ruines d’un empire ottoman vaincu, a été effacée par le traité de Lausanne de 1923. Depuis toute velléité d’indépendance d’un Etat national kurde a été refusée.




Il est difficile de définir les limites et la configuration du ou plutôt des Kurdistans. Le Kurdistan autonome irakien a été créé en 1992 à la suite de la guerre du Golfe après l’invasion du Koweït par l’armée de Saddam Hussein. L’oppression des Kurdes dans les quatre États-nations (Turquie, Syrie, Irak, Iran), plus ou moins forte selon les circonstances, est un phénomène récurrent, variable selon les périodes.


Explication, en cartes et en images (vidéo Le Monde, 2017)

Carte : les Kurdes, un peuple à cheval sur quatre pays (BFM, 2014)

Michel Bruneau et Françoise Rollan, « Les Kurdes et le(s) Kurdistan(s) en cartes », Anatoli, 8 | 2017, mis en ligne le 22 mars 2018.

Les Kurdes et le Kurdistan par les cartes : du traité de Sèvres à la guerre contre l’État islamique (Les clés du Moyen-Orient, 2014).



2)  Pourquoi une zone de sécurité dans le nord de la Syrie ?

Le président Erdogan, inquiet de l'extension des zones kurdes à sa porte, a déjà mené entre 2016 et 2018 trois opérations militaires en Irak et en Syrie pour contrer les Kurdes. En janvier 2019, le président américain Donald Trump a twitté qu’il souhaitait créer une « safe zone de 20 miles », soit un peu plus de 30 kilomètres. Erdogan a accentué sa volonté de mettre en place une telle zone de sécurité, en avançant qu’elle pourrait permettre la relocalisation d’un à trois millions de réfugiés syriens, selon la taille de la zone. Le retrait annoncé par Trump des troupes américaines de Syrie semble désormais laisser le champ libre à une nouvelle intervention militaire de la Turquie qui s'est rapprochée de la Russie.

 
 


Beaucoup craignent, à l’image du New York Times, que “si les Kurdes sont contraints de se défendre contre les Turcs, il est probable qu’ils déplaceront leurs forces qui se battent actuellement contre Daech”. Autre risque : “Les combattants kurdes qui surveillent les quelque 10 000 prisonniers islamistes qui se trouvent dans des centres de détention kurdes” risquent eux aussi d’être envoyés sur le front et de laisser ces djihadistes sans surveillance.

Les Kurdes face à Daech (L'Histoire).

Les jihadistes durablement renforcés par l’offensive turque en Syrie (Le Monde).

Les camps syriens, « bombes à retardement » jihadistes (Libération).

Vu d’Ankara, les trois fronts du conflit kurde (Le Monde, 2018).


L’accès à l’eau, enjeu de la guerre turque en Syrie (Reporterre, 16 octobre 2019).


3) Pourquoi les Kurdes n'ont jamais eu un Etat indépendant ?

Trump, Erdoğan, les Kurdes et la Syrie : les réalités derrière la rhétorique (Blog Limes on line, en italien avec une cartographie de Laura Canali qui permet de résumer les rapports de force sous forme de schéma systémique).

Géopolitique schématique de la Turquie : un organigramme du Monde diplomatique qui permet de restituer la complexité des relations entre les pays du Moyen-Orient.

Retrait des troupes américaines de Syrie : quelles conséquences ? Le point de vue de Didier Billion (IRIS)

Kurdes de Syrie : le crépuscule du Rojava (France Culture) avec une série de cartes montrant l'évolution depuis 2012.

En Turquie, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) est considéré comme une organisation terroriste. Le PKK a des liens avec le Parti Démocratique des Peuples (HDP) qui a obtenu 14 % des voix aux élections législatives de 2015. Outre l'objectif de repousser les réfugiés syriens dans cette zone de sécurité, l'intervention turque en Syrie a également des visées de politique intérieure.


Kurdes : un combat pour l’indépendance (Les cartes du Monde)

Un croquis proposé par Christophe Chabert montre le "baril de poudre" qu'est devenu le Moyen-Orient (Mind the Map)

Avec l’intervention turque, comprendre le rôle des principaux acteurs en Syrie (Le Figaro). L'article propose un cartogramme qui montre l’évolution des rapports de force entre Washington, Ankara, Moscou et Téhéran.

Gérard Chaliand : « La revendication d’autonomie kurde s’est affirmée tardivement » (L'Humanité, 16 octobre 2019).

Les Kurdes, d’un statut de peuple marginalisé à celui d’acteurs stratégiques incontournables (Les clés du Moyen-Orient, 2019).

Turquie, Irak, Iran et Syrie redoutent le rêve kurde (Le Monde diplomatique, 2009).


1989-2019 : les 30 ans de la chute du mur de Berlin


Erigé en août 1961, le mur de Berlin a séparé physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant plus de vingt-huit ans. Il constitue le symbole le plus marquant d'une Europe divisée par le rideau de fer. L'affaiblissement de l'Union soviétique, la perestroïka conduite par Mikhaïl Gorbatchev et la détermination des Allemands de l'Est qui ont organisé de grandes manifestations, ont provoqué le la chute du mur de Berlin, suscitant l'admiration incrédule du « Monde libre » et ouvrant la voie à la réunification allemande (voir article sur Wikipedia). Aujourd'hui, il reste peu de traces de cette construction, symbole de la Guerre froide. Mais les cartes ainsi que certains indices visibles dans le paysage permettent encore de retrouver des traces du fameux "mur de la honte".

Une carte du mur de Berlin en 1963 avec le tracé du mur et ses barbelés (à télécharger sur le site MapPorn


Le site Berlin Wall Map propose une carte interactive avec les secteurs d'occupation et les points de passage.

Berlin ouest représenté comme un trou dans la carte de l'Allemagne de l'est (sur le site Brillant Maps)


Le tracé du mur sur Google Map (site officiel de la ville de Berlin).

Une application SIG en ligne pour visualiser le mur de Berlin avec le détail des rues et des bâtiments.

Une infographie permet de restituer année par année le nombre de victimes et d'arrestations de personnes ayant cherché à franchir le mur (sur le site Sputnik News).

Le plan de métro de Berlin à l'époque du mur présente une curieuse physionomie avec sa coupure ESt-Ouest. Pacha Omelekhin en a donné une représentation non officielle en forme de tête de chien.


Finalement c'est encore de nuit que l'on perçoit le mieux le contraste qui existe encore dans le tissu urbain entre les deux anciens secteurs de Berlin (est et ouest) comme en témoigne cette image satellite de la NASA (source : How one NASA image tells dozens of stories, youtu.be/ZYGd-llxHJE)



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La carte, objet éminemment politique : les interventions des Etats-Unis et de la Russie dans les élections à l'étranger (1946-2000)


L'ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016 (affaire du Russiagate) a marqué l'actualité politique et constitué un précédent. Jusque-là les deux grandes puissances s'abstenaient en général d'intervenir dans les affaires intérieures de l'autre. Ce qui ne signifie pas qu'elles ne s'immisçaient pas dans les élections dans les autres pays. De l'Europe à l'Amérique centrale ou à l'Asie, ces formes d'ingérences électorales ont constitué une des dimensions importantes de la Guerre froide jusqu'à nos jours. Will Geary a élaboré une carte animée qui recense les cas connus d’ingérence électorale américaine et soviétique entre 1946 et 2000.

Les ingérences électorales des Etats-Unis et de la Russie à l'étranger (1946-2000)
Cliquer sur la vidéo pour lancer l'animation à partir de Vimeo
Cette carte disponible en grand format a été sélectionnée pour les Awards 2019. Son auteur, Will Geary (@wgeary), est déjà connu dans le domaine des data visualisations, notamment pour sa cartographie des ventes d'armes des Etats-Unis et de la Russie sur la période 1950-2017.  

Le choix de la projection en octaèdre de Waterman (1996), inspirée de la projection de Cahill (1909) dite "en papillon", permet de minimiser les coupures et de rapprocher les continents. Elle est souvent utilisée pour représenter la globalisation du monde (voir par exemple l'Atlas de Sciences Po 2018 qui recourt largement à la projection Waterman). Ce choix est particulièrement pertinent ici pour mettre en évidence les "chasses gardées" des Etats-Unis et de la Russie à l'échelle mondiale.

De même l'animation permet de mettre en lumière les grandes phases d'intervention, du partage initial des sphères d'influence à la diversification des formes et des terrains d'ingérence aujourd'hui. Les discours politiques en voix off viennent donner de la force à cette "narration cartographique". Les enregistrements audio correspondent à des extraits de discours politiques de trois présidents américains :
- Harry Truman, "A Public Man Must Live in the Present" (1955)
- Ronald Reagan, "Evil Empire" speech (1983)
- George H.W. Bush in response to shoot-down of Iranian passenger flight by US Navy (1988)

Les données utilisées pour cette carte proviennent de :
Dov H. Levin (2016). “Partisan Electoral Interventions by the Great Powers : Introducing the PEIG Dataset” Conflict Management and Peace Science. Le jeu de données est disponible sur demande à partir d'un formulaire : http://dovhlevin.com/datasets

Il conviendrait d'actualiser la carte en prenant en compte les interventions électorales après 2000.


Prolongements

Affaire du Russigate, Wikipedia

Ingérence russe dans l'élection américaine : ce que dit le rapport du renseignement américain, Libération, 7 janvier 2017.

Enquête russe : le procureur Mueller réaffirme que son rapport n'exonère pas Trump, France 24, juillet 2019.

Quand Washington manipulait la présidentielle russe, Le Monde diplomatique, mars 2019.

De la carte "papillon" de J. S. Cahill à la projection en octant de Steve Waterman : histoire d'une projection cartographique délaissée dont on (re)découvre tout l’intérêt. Un thread à lire


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Une typologie des communes pour décrire le système éducatif (DEPP-MEN)


Dans le cadre des débats actuels autour de la ruralité, la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du Ministère de l'Education Nationale (MEN) propose une typologie des communes pour caractériser les territoires, à des fins d’étude et de pilotage du système éducatif.

1) Une typologie des communes pour décrire le système éducatif - Note d'information de la DEPP n°19.35 - octobre 2019 (à consulter)

Cette démarche inclut une définition du rural et de l’urbain, et propose également des distinctions au sein de ces deux sous-ensembles. Neuf types de communes sont définis pour la France métropolitaine, en combinant trois zonages et outils de l’Insee : deux se rapportent à la morphologie de la commune (zonage en unités urbaines et grille de densité), le troisième aux liens fonctionnels que les communes entretiennent entre elles, et avec les grands pôles urbains, au sens des trajets domicile-travail (zonage en aires urbaines). A ce stade, cette typologie ne couvre pas les départements d'outre-mer, la grille de densité n'étant pas disponible pour trois d'entre eux (Guadeloupe, Guyane et Mayotte).

Le travail statistique a visé à produire des catégories de communes suffisamment homogènes, au sens des valeurs prises sur des indicateurs scolaires fréquemment associés à la ruralité
  • existence d’une école publique sur le territoire de la commune, 
  • taille de cette école
  • appartenance à un réseau pédagogique intercommunal (RPI)
 Typologie des communes rurales et urbaines (source : DEPP-MEN)


Six habitants sur dix et autant d’élèves résident dans les communes urbaines denses et très denses. Dès que la commune est très peu dense, la proportion d’élèves n’ayant pas d’école publique dans leur commune devient élevée et dépasse 45 %. La proportion d’élèves scolarisés dans un réseau pédagogique intercommunal (RPI) y atteint ou dépasse 30 %, alors qu’elle est inférieure à 15 % dans les autres types de communes. En revanche, la proportion d’élèves dans une école publique à 1 ou 2 classes ne fait pas apparaître de césure marquée.

Les territoires se distinguent également selon les conditions socio-économiques, induisant un contexte familial plus ou moins favorable à la réussite des élèves. Ce contexte peut être résumé par un indice de position sociale, qui est attribué aux familles des parents d’élèves à partir de leurs professions. La différenciation des territoires selon le contexte socio-économique reflète avant tout la proximité des grandes villes. Ces dernières sont plus dynamiques en termes de créations d’emploi, et concentrent les fonctions d’encadrement et à forte valeur ajoutée. Les familles de milieux sociaux favorisés y sont surreprésentées.

Les parcours des élèves se différencient également suivant le type de territoire, ce qui tient en partie au contexte socio-économique, aux conditions d’accès à l’offre scolaire et aux perceptions des familles vis-à-vis des études. Neuf ans après leur entrée en sixième, les élèves issus des communes rurales éloignées ont moins fréquemment obtenu un baccalauréat général ou technologique (46 % pour les élèves résidant dans des communes éloignées très peu denses) alors que cette proportion atteint 60 % pour les élèves qui résidaient en sixième dans une commune urbaine très dense.


 Niveau de diplôme neuf ans après l’entrée en sixième, selon le type de commune
de résidence en sixième en %
(source : DEPP-MEN)



La proportion de jeunes en difficulté de lecture atteint son maximum pour les jeunes résidant dans des petites villes (13 %, dont 6 % de difficultés sévères). Elle est relativement élevée dans les communes rurales éloignées et les bourgs (entre 12 % et 13 %). C’est dans les communes urbaines périphériques peu denses qu’elle est la plus faible (9 %, dont 4 % de jeunes en difficultés sévères). Les écarts entre types de territoires sont toutefois modérés, et doivent être interprétés avec précaution, car ils peuvent être influencés par les migrations résidentielles. Une partie des jeunes qui poursuivent des études supérieures, ou accèdent à un emploi, vont résider en ville.

Les données sont téléchargeables au format XLS.


2) Une mesure de l’éloignement des collèges - Note d'information de la DEPP n°19.36 - octobre 2019 (à consulter)

La DEPP publie par ailleurs une autre note d'information qui concerne l’éloignement des collèges, y compris pour les départements d'outre-mer. L'indicateur synthétique tient compte pour un établissement donné :
  • du profil de la commune de résidence des élèves (rurale, urbaine, dense ou peu dense...)
  • de l’offre scolaire alentour aussi bien en lycée (distances à la formation de seconde générale et technologique, à la formation de seconde professionnelle, au Centre de formation en apprentissage les plus proches) qu’en collège (distances à la Segpa, aux dispositifs ULIS, UPE2A, aux sections linguistiques, etc.).
  • de l’offre culturelle (bibliothèques, cinémas-théâtres) et sportive (bassins de natation, gymnases).
Si les collèges les moins éloignés se situent, très majoritairement, dans les grandes agglomérations, les collèges les plus éloignés se situent en outre-mer, le long de la diagonale allant des Ardennes jusqu’aux Landes, ainsi qu’en zone de montagne. Pour la plupart, ces collèges éloignés sont implantés dans une commune rurale. Les collèges les plus éloignés sont plutôt homogènes socialement. Ils se caractérisent par des moyens en enseignement plutôt supérieurs à la moyenne, en raison notamment de leurs effectifs plus faibles. Les résultats au Diplôme National du Brevet y sont légèrement meilleurs ; mais les différences concernant l’orientation des élèves sont plus marquées, en faveur de la voie professionnelle, en particulier de l’apprentissage.

 Les données sont téléchargeables au format XLS.



Plusieurs enseignements ressortent de cette étude. Les collèges les moins éloignés se situent tous à Paris et dans la petite couronne. La plupart des collèges les plus éloignés sont ruraux. Les collèges les plus éloignés se situent notamment le long de la ligne allant des Ardennes jusqu’aux Landes. L’homogénéité sociale est plus grande pour les collèges les plus éloignés. Dans les collèges éloignés, le passage en seconde générale et technologique est moins fréquent. L’ancienneté des enseignants est plus faible dans les collèges les moins éloignés.




Festival international de géographie 2019. Les migrations (thème de la 30e édition)




Du 4 au 6 octobre 2019 à Saint-Dié-des-Vosges, les géographes vont plancher sur un thème d'actualité « Migrations » et sur la région invitée, Les Caraïbes.

Télécharger le programme détaillé


Cartographie et enseignement de la géographie 

Plusieurs contributeurs du blog Cartographie(s) numérique(s) seront présents au FIG 2019 et y présenteront des ateliers pédagogiques : 
  • Mathieu Merlet et Cédric Ridel (AEFE), Étudier les enjeux et les acteurs des migrations internationales avec la cartographie numérique (2nde GT)

  • Cyrille Chopin (académie de Rouen). Évaluer et proposer des pistes pour réduire les émissions de dioxyde de carbone générées par les migrations pendulaires dans l’aire urbaine havraise dans le cadre de l’enseignement de SNT (2nde GT)
D'autres ateliers sont organisés à partir d'outils numériques (Edugéo, narration multimédia, web radio...). Télécharger le programme des ateliers pédagogiques numériques

En outre des conférences et tables rondes sont consacrées à la question de la représentation cartographique des migrations et à la place des ressources numériques dans la géographie scolaire :
  • Cartographier les migrations Conférence avec Catherine Wihtol de Wenden, CNRS (CERI), Olivier Clochard, géographe à Migrinter, CNRS, Université de Poitiers animée par un inspecteur d’académie de Nancy-Metz. La mode est aux Atlas, cartes et graphiques pour enseigner et représenter les migrations, mais que veut-on montrer quand on a recours à ce mode de communication ? Quels sont les biais et est-ce plus difficile d’analyser de façon graphique ?
     
  • Les ressources numériques dans les concours d’enseignement : EDUGEO, GEOIMAGES
    Table ronde avec Jean- Louis Leydet (DAN de l’académie d’Aix Marseille), Laurent Carroué (IGEN), Catherine Biaggi (IGEN présidente du CAPES Externe d’histoire-géographie)

  • Les frontières dans les nouveaux programmes avec Christian Grataloup, professeur émérite, université Paris-Diderot, Frédéric Miotto, Charlotte, Rousset, géographe et Delphine Papin, cartographe au journal Le Monde  

  • Changement global et migrations environnementales. Table ronde – Rendez-vous du développement durable avec François Gemenne, géographe, université de Liège et Sciences PO Paris et Bernadette Merenne-Schoumaker, géographe, université de Liège animée par Michel Hagnerelle, Inspecteur Général honoraire

  • Ateliers cartographiques interactifs "Viens faire ta carte". Approches du croquis en classe et dans l’évaluation avec Guillaume Fourmont, rédacteur en chef de la revue Carto, Olivier Godard, professeur d’histoire-géographie, créateur et responsable du concours Carto Christophe Marchand, IA-IPR d’histoire-géographie, académie de Strasbourg.

  • La cartographie des phénomènes migratoires par le journal Le Monde avec Francesca Fattori et Mathilde Costil, journalistes-cartographes, Le Monde. Le journal Le Monde a publié de nombreuses cartes sur la « crise de migrants », pour en raconter les différentes facettes. Quels sont les choix opérés par le service infographie pour traduire en cartes cette question ? Voir par exemple Comprendre la crise des migrants en Europe, en cartes, graphiques et vidéos.
  •  
Présentation du thème

Par Olivier Clochard, membre du laboratoire Migrinter et directeur du festival, auteur d'un Atlas des migrants en Europe : géographie critique des politiques migratoires (deuxième édition), Paris, Armand Colin (lire des extraits)

Depuis les années 2000, les États répondent aux « crises migratoires » par une augmentation des dispositifs sécuritaires. Ces processus engendrent des mouvements protectionnistes et la montée des populismes, et font que la liberté d’aller et venir des personnes est remise en cause. C’est le cas de l’Union européenne, à la fois sur le plan opérationnel et dans les discours, conduisant aussi à fragiliser ses principes fondateurs. La circulation des femmes et des hommes apparaît alors différenciée et inégalitaire, productrice d’exclusion autant que d’inclusion. Pourquoi une personne serait-elle plus légitime à se déplacer qu’une autre ? Question à laquelle les rencontres de la 30e édition du FIG – à l’appui de travaux scientifiques et artistiques, œuvres littéraires – apporteront des éléments de réponses ou de réflexions afin de réaffirmer les idées et valeurs humanistes. Le progrès humain est un combat.


Les 6 thèmes scientifiques du FIG 2019

1. Routes de la migration d’hier et d’aujourd’hui


Chaque route a une profondeur historique. Elle rend compte des interactions socio-spatiales, et plus largement des échanges ou des rapports de domination entre les acteurs de la migration. Sur la route, la multiplicité des moyens par lesquels les migrants contournent les obstacles, se saisissent des opportunités et se connectent à différents collectifs, questionne l’évolution des normes sociales et juridiques qui s’entremêlent ou s’opposent, à l’échelle d’une ville, d’un camp ou d’une frontière.
Table-ronde « Migrations vers l’Europe et politiques européennes », samedi 5 octobre à 15 h 30, Espace Georges-Sadoul. Avec Gildas Simon, Olivier Clochard, François Héran et Claire Rodier, animée par Emmanuel Laurentin.

2. Expériences et lieux de la migration

L’expérience migratoire traduit une diversité de situations vécues au cours de la migration. L’évolution des contextes politiques, mais aussi la démocratisation de l’usage des nouvelles technologies renforcent la pluralité des vécus. Par leurs mobilités, leurs installations, leurs pratiques et leurs initiatives, les migrants participent à l’évolution des territoires. Cette expérience migratoire est aussi celle de la personne qui accueille et vit la rencontre avec l’Autre. Les enjeux autour de la présence des migrants sont multiples, ils convoquent de nombreux acteurs qui interviennent dans la production concrète de lieux migratoires (camps, centres de rétention administrative, cite de transit, lieux d’accueil citoyen...).
Table ronde « Santé et migration », samedi 5 octobre à 9 h, Espace Georges-Sadoul. Avec Anne-Cécile Hoyez, chargée de recherche CNRS, et Simeng Wang, sociologue

3. Migrations et mobilisations

Entre solidarité et méfiance, hostilité et accueil, repli et ouverture, les mobilisations coexistent ou se confrontent dans des espaces différemment concernés par les migrations. Dans ces contextes, l’action associative, institutionnelle, citoyenne se déploie autour de ces mobilités pour répondre a des objectifs différents. L’importance des réseaux familiaux, communautaires et amicaux vient élargir le spectre des acteurs impliqués et révèle les formes multiples de la mobilisation autour des migrations.
Table ronde « L’accueil dans l’exil », vendredi 4 octobre à 13 h 30 à l’Espace Georges-Sadoul, avec Camille Guenebeaud, Chowra Makaremi, Stéphanie Besson, animée par Mathilde Mathieu.

4. Arts en migration et sur les migrations

Qu’elles soient mobilisées par les individus au cours de leur migration, utilisées comme des medias de retranscription des expériences migratoires, ou mises au profit de la construction d’un patrimoine culturel et mémoriel, les productions artistiques donnent à comprendre les déplacements de population. Aujourd’hui, les nombreuses œuvres artistiques existantes sur ce sujet éclairent tant
les réalités que les imaginaires migratoires qui sont parfois au fondement des mouvements humains.
Table ronde « Migrations en images », samedi 5 octobre à 13 h 30, à l’Espace Georges-Sadoul. Avec William Berthomière, Constance de Gourcy, David Lessault, animée par Taina Tevonen

5. Enseigner les migrations internationales

Les migrations représentent un objet d’étude important dans la géographie scolaire et universitaire. Parce qu’elles convoquent d’autres disciplines – histoire, sociologie, droit, etc. – et parce qu’elles sont aussi soumises à de fortes fluctuations sociales, leur enseignement implique d’élaborer des grilles de lecture et des méthodes pédagogiques variées (images, cartographies innovantes, retour d’expériences, témoignages, etc.). L’expérimentation d’une approche pluridisciplinaire décloisonne une pratique pédagogique ancrée dans le nationalisme méthodologique et dans les courants de pensée disciplinaires. Table ronde « Étudier les migrations à l’université : pourquoi faire ? », dimanche 6 octobre à 11 h 30 à l’IUT. Avec Sarah Mekdjian, Adelina Miranda, Gaëtan Cognard. Animée par Thibaud Sardier.

6. Les Caraïbes, région invitée

Qu’entend-on précisément par la Caraïbe ? Concerne-t-elle seulement les iles ? Faut-il y adjoindre la Colombie, le Venezuela, le Mexique, la Louisiane ou encore la Floride ? De même, qu’en est-il des territoires situés hors de la Mer des Caraïbes mais historiquement et culturellement rattachés à la région (le Suriname par exemple) ? Et comment parler de bloc régional, quand les lignes de fractures
sont si nombreuses : langues différentes au sein d’un même territoire et entre les territoires, origines diverses des populations, statuts politiques différents ? Déjà dévastées par la culture coloniale de la plantation, puis par un tourisme nord-sud, les Caraïbes sont particulièrement menacées par le changement climatique. Comment réinventer l’usage de ces îles ? Comment sortir de l’émiettement territorial et de la dépendance subie d’un grand nombre d’îles et de petits Etats, pour engager cette Méditerranée américaine sur la voie du développement durable ?


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Mad Maps, "l'atlas qui va changer votre vision du Monde" par Nicolas Lambert et Christine Zanin


Mad Maps, l'atlas qui va changer votre vision du Monde est un ouvrage élaboré par Nicolas LAMBERT et Christine ZANIN et publié en septembre 2019 chez Armand Colin.



"Planisphères déformés, reliefs inversés, frontières qui disparaissent, couleurs décalées… Attention, les 60 cartes de Mad Maps risquent bien de faire voler en éclats bon nombre de vos certitudes : le nord est-il toujours en haut ? Les continents existent-ils vraiment ? La France est-elle réellement en Europe ? Et si tout cela n’était finalement qu’une question de représentations ?"

Ceci n'est pas un atlas, mais une invitation ludique, pédagogique, parfois critique, dans l'univers infini de la cartographie : non pas en montrant le Monde par des cartes (comme le font les atlas traditionnels), mais en montrant comment les cartes peuvent "dire" le Monde. Styles graphiques, couleurs, polices de caractères, projections, échelles sont ici démultipliés pour rendre compte du foisonnement possible des représentations cartographiques, et surtout de leur impact sur notre vision du Monde. 



TABLE DES MATIERES

Etes-vous prêt à PERDRE LE NORD ?
L'aventure cartographique - La Terre est-elle vraiment ronde ? - Altitudes - Planète mer - Un Monde sans dessus dessous - Sacré Mercator - La vraie taille des continents - Le vrai visage de la France - Ubiquité - Le centre du Monde - Et pourtant elle tourne ! - Longitude - Jamais son mon globe ? -

Etes-vous prêt à VOIR L'INVISIBLE ?
Voyage en démographie - Les continents - Voir sous l'eau - Murs invisibles - Hexagone ? - Aide à la décision - Décrypter le Monde - Big foot - Un flux sans gains ? - Faire mentir les cartes - Voyage au centre de l'Europe - L'impossible carte de l'Empire - Quand le temps déforme l'espace - Rendre visibles les invisibles - Du "fake" à la réalité

Etes-vous prêt à BOUGER LES LIGNES ?
No borders - Mauvais genre - Faites GAFA vous ! - Une carte à dormir debout - Historytelling - Dégoogliser la carto - "Battir" la paix - Make our planet great again - Défense de zone - Red is dead - Cartographie radicale - La butte rouge migratoire - L'humain d'abord - All you need is love

Etes-vous prêt à CHANGER DE REGARD ?
Le Monde vu par Ulysse - Le Monde vu par George Orwell - Le Monde vu par un astronomie - Le Monde vu par les requins - Le Monde vu par une artiste - Le Monde vu par un platiste - Le Monde bu par un voyageur - Le Monde vu par un propagandiste - Le Monde vu par un geek - Le Monde vu par un futuriste - Le Monde vu par un rêveur

Etes-vous prêt à JOUER AUX CARTES ?
Origami - Des départements carrés - Oucarpo - L'art de la guerre - Diviser pour mieux régner - Carte blanche

LES AUTEURS  

Nicolas LAMBERT : ingénieur de recherche CNRS en cartographie à l’UMS RIATE, enseigne à l’université Paris Diderot-Paris 7. Auteur du blog Neocarto Twitter : @nico_lambert

Christine ZANIN : maître de conférences HDR en géographie, enseigne la cartographie et les méthodes quantitatives à l’université Paris Diderot-Paris 7. Elle est membre du bureau du Comité Français de cartographie, du comité de l’Association international de cartographie comme représentante de la France et membre de l’Association des géographes cartographes.

Nicolas LAMBERT & Christine ZANIN sont par ailleurs auteurs d'un Manuel de cartographie. Principes, méthodes, applications. Paris : Armand Colin, coll. « Cursus : Géographie », 224 p. http://mappemonde.mgm.fr/122aval1/


PRESENTATION DE L'ATLAS




EXTRAITS

La carte “Longitude” (page 35) est une carte imaginaire de “La Grande Île Uzion”, prétexte pour Nicolas Lambert pour laisser s’exprimer son goût pour la paronymie (rapport lexical entre deux mots dont la graphie ou la prononciation sont très proches). Enfin dans ce cas, plutôt la paronymie étendue aux toponymes, la topo-paronymie.

Longitude, concentré de Calembourg (57387) cartographique.
https://neocarto.hypotheses.org/6607


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La cartographie des inégalités à travers l'Indice de privation multiple au Royaume-Uni (rapport 2019)


Depuis le début des années 2000, le Royaume-Uni publie chaque année un rapport concernant les "indices de privation" : http://www.gov.uk/government/statistics/english-indices-of-deprivation-2019

Ces indices de privation sont construits à partir de différents indicateurs : revenu, emploi, éducation, formation, santé, conditions de vie... Un indice de privation multiple (Index of Multiple Deprivation) permet de synthétiser l'ensemble de ces indicateurs. Cet indice s'inscrit dans la même approche que l'Indice de pauvreté multidimensionnelle : il s'agit d'un indice composite destiné à mettre en évidence la pauvreté, perçue comme "une situation de manques multiples et synchronisés" (lire cet article sur l'IPH).

Les données sont collectées à l'échelle locale par aire statistique de 1500 habitants en moyenne. Chaque aire statistique est classée de 1 à 10, de la plus démunie à la moins. L'analyse peut être conduite à l'échelle de chaque région et pour chaque domaine. Il en ressort une cartographie très précise des inégalités au Royaume-Uni, à la fois dans le temps et dans l'espace.





Les statistiques 2019 peuvent être visualisées à travers une interface cartographique avec représentation des données en 2D ou en 3D : https://parallel.co.uk/imd/

Rob Radburn a repris ces données pour les représenter sous forme de data visualisations :
http://public.tableau.com/profile/robradburn#!/vizhome/IMD2019/IMD2019



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