Etudier la métropolisation et les dynamiques urbaines en France avec les données INSEE


L'INSEE a livré le 13 juin 2019 deux publications qui permettent d'étudier la métropolisation et les dynamiques urbaines en France :

Forte d’un sixième de la population française, l’agglomération parisienne dépasse très nettement les autres agglomérations françaises en nombre d’habitants. Cette primauté de la capitale dans la hiérarchie urbaine se traduit par une organisation particulière de l’armature urbaine qui l’entoure, laissant peu de place aux grandes villes. La première publication permet de situer Paris et les grandes agglomérations au sein de la hiérarchie urbaine française, notamment en abordant la notion de rang-taille (doc. 1) ainsi que la répartition des emplois selon la distance à Paris (doc. 2) :


L’espace d’influence de l’agglomération parisienne s’étend au-delà de la région Île-de-France, sur douze départements des régions Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France et Normandie. Au sein de cet espace, les territoires sont plus développés et plus liés à l’Île-de-France à l’Ouest et au Nord. Les territoires limitrophes à l’Île-de-France bénéficient de dynamiques de développement plus favorables que ceux qui sont plus éloignés des limites de la région parisienne, en lien avec des relations plus intenses avec celle-ci, même si cet effet s’estompe depuis la crise économique. Plus loin, l’influence de Paris se combine à celles d’autres facteurs aussi bien internes à l’Île-de-France qu’externes. D’une part, les villes de plus de 100 000 habitants les moins éloignées de Paris structurent également l’espace, le fragmentant en plusieurs systèmes urbains n’ayant que peu de relations entre eux. D’autre part, aux marges de cet espace, les territoires au Nord et à l’Ouest et au Sud et à l’Est s’opposent, les premiers disposant d’un maillage urbain dense appuyé par les agglomérations lilloise, nantaise et rennaise, les autres formant le pan septentrional de la diagonale aux faibles densités.

Les deux cartes suivantes permettent d'appréhender les relations entre les unités urbaines en fonction de l'intensité des échanges domicile-travail (doc. 3) ainsi que les dynamiques d'emploi qui sont très liées au degré de métropolisation des zones concernées (doc. 4) :


La deuxième publication de l'INSEE vient compléter l'étude en apportant des éléments d'analyse spatiale. La carte suivante met en évidence un gradient de distance dans la répartition des unités urbaines : Paris n'est entouré que de petites unités urbaines. Plus on s'en éloigne, plus on trouve des pôles urbains de taille importante.


Les réseaux d’échanges de navettes domicile-travail interurbains s’appuient sur les villes de premier rang à la proximité de Paris. Ces dernières jouent ainsi le rôle de « villes portes » pour l’influence métropolitaine parisienne sur une partie des territoires de leur environnement :



L’influence de l’agglomération parisienne s’étend au-delà de l'Île-de-France, et davantage vers le nord-ouest que vers le sud-est. La carte de synthèse permet de mettre en évidence le dynamisme du bassin parisien en termes d'emploi-population, qui contraste avec les régions environnantes : 



Notions mobilisées et rappel des définitions (selon l'INSEE) : 
  • unité urbaine : elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

  • zone d’emploi : c'est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main-d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Le découpage en zones d’emploi constitue une partition du territoire adaptée aux études locales sur le marché du travail.

  • métropolisation : peut s’entendre comme un phénomène de concentration de richesses humaines et matérielles. Cette concentration des biens, des échanges et des personnes s’organise sur des aires très vastes, souvent discontinues. L’étalement sur des territoires de plus en plus étendus à travers l’habitat, le commerce, l’emploi, les loisirs, etc. représente une des caractéristiques de la métropolisation et s’accompagne d’une fragmentation des territoires urbains en activités spécifiques, favorisant l’émergence de réseaux de villes.

Les données et les cartes proposées dans ces deux publications de l'INSEE peuvent être utilisées dans le cadre du Programme de géographie - classe de Première qui entre en vigueur à la rentrée 2019 :

Thème 1 : La métropolisation : un processus mondial différencié (12-14 heures)
Question spécifique sur la France. La France : la métropolisation et ses effets.
"La métropolisation renforce le poids de Paris (ville primatiale) et recompose les dynamiques urbaines. L’importance et l’attractivité des métropoles régionales métropolitaines et ultra-marines tendent à se renforcer, mais de façon différenciée, de même que la concurrence qu’elles se livrent."


Autres ressources INSEE :

Meyniel C., « Trois systèmes territoriaux dans la région pour autant de dynamiques d’emploi et de population », Insee Analyses Centre-Val de Loire n° 42, février 2018.

Bigot I., Dardaillon B., Fichot C., Letournel J., Moisan M., « Les systèmes urbains en Normandie : aires urbaines,métropoles, réseaux d’échanges », Insee Dossier Normandie n° 6, juillet 2017.

Cacheux L., Creusat J., Eichwald A., « Les dynamiques socio-économiques du Grand Est dans son environnement régional et transfrontalier », Insee Dossier Grand Est n° 4, décembre 2016.

Creusat J., Morel-Chevillet H., « La hiérarchie des villes en France métropolitaine sur trente ans : stabilité globale et reclassements », La France et ses territoires, Édition 2015, Insee Références, avril 2015


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La carte du monde des villes de plus de 100 000 habitants

Data visualisations pour étudier l'expansion urbaine

Un atlas de l'expansion urbaine

 

 

Perspectives des ressources mondiales 2019. Des ressources naturelles pour l’avenir que nous voulons.


Le Panel international des ressources regroupe 40 experts internationaux mandatés par le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) afin de fournir des analyses indépendantes sur la consommation de ressources naturelles et ses impacts environnementaux à l'échelle mondiale.

Ces experts publient chaque année un rapport Perspectives des ressources mondiales qui témoigne de la pression sur les ressources et propose des actions à mettre en oeuvre pour y faire face. Le rapport  2019 est disponible en français (résumé pour les décideurs) et en anglais (version plus complète) : http://www.resourcepanel.org/reports/global-resources-outlook


Depuis 50 ans, la consommation mondiale de ressources a triplé alors que, sur la même période, la population a doublé et le produit intérieur brut (PIB) a quadruplé. Depuis 1970, l’extraction de sable, de gravier et d’argile a même été multipliée par cinq. L’extraction et la production mondiales de ressources (renouvelables et non renouvelables) se sont même accélérées depuis le début des années 2000.

Cette croissance est tirée principalement par les pays en développement, à la fois pour répondre à leur demande interne (construction d’infrastructures, consommation des habitants…) et pour nourrir les activités industrielles qui exportent dans les pays riches. Mais les habitants des pays riches consomment toujours 60 % de ressources en plus que ceux des pays en développement, et 13 fois plus que ceux des pays à faible revenu.

Les auteurs estiment que l’extraction et le traitement des ressources naturelles sont responsables de plus de 90 % de la perte de biodiversité et du stress hydrique sur la planète, et d’environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Si ces tendances se poursuivent à l’avenir, la consommation mondiale de matières pourrait plus que doubler entre 2015 et 2060, pour atteindre 190 milliards de tonnes (contre 92 milliards en 2015). La superficie de terres cultivées pour l’agriculture augmenterait de 20 % ; les émissions de gaz à effet de serre, de 42 % à cet horizon.


Le rapport envisage deux scénarios :
  • Le scénario Tendances historiques, qui suppose le maintien des tendances historiques, prévoit que l’utilisation mondiale de matières augmentera de 110 pour cent par rapport aux niveaux de 2015 pour atteindre 190 milliards de tonnes en 2060, et que l’utilisation des ressources passera de 11,9 tonnes à 18,5 tonnes par habitant. Cette augmentation de l’utilisation des ressources se traduirait par des pressions considérables sur les systèmes d’approvisionnement en res-sources et par des niveaux de pressions et d’impacts environnementaux supérieurs.
  • Le scénario Vers un développement durable montre que la mise en œuvre de politiques d’utilisation efficace des ressources et de consommation et de production durables favorise une croissance économique plus forte, améliore le bien-être, contribue à une répartition plus équitable des revenus et réduit l’utilisation des ressources dans l’ensemble des pays. Ce scénario suppose de découpler l’utilisation des ressources naturelles et ses impacts environnementaux de l’activité économique et du bien-être de l’homme afin de pouvoir assurer la transition vers un avenir durable. 


Les informations et les documents proposés dans ce rapport peuvent être utilisés dans le cadre du Programme de géographie classe de Seconde qui entre en vigueur à la rentrée 2019 :

Thème 1 : Sociétés et environnements : des équilibres fragiles (12-14 heures)
Des ressources majeures sous pression : tensions, gestion.

"L’étude des sociétés face aux risques et l’étude de la gestion d’une ressource majeure (l’eau ou les ressources énergétiques) permettent d’analyser la vulnérabilité des sociétés et la fragilité des milieux continentaux et maritimes. Les enjeux liés à un approvisionnement durable en ressources pèsent de manière croissante et différenciée."


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Organiser un mapathon ou une séance de cartographie participative en classe


La cartographie participative est une pratique pédagogique innovante. Aux intérêts bien connus de la sortie de terrain géographique, elle ajoute des dimensions technique et citoyenne. Les élèves y sont initiés à des compétences professionnelles relevant de la topographie et de la géomatique (relevés de terrain, cartographie, notion de base de données…). Ils contribuent en outre directement à un bien commun qu’ils utilisent probablement déjà sans le savoir, ce qui peut constituer un facteur de motivation supplémentaire : l’exercice n’est plus seulement circonscrit au sein de la classe, leurs contributions sont directement répercutées à l’ensemble des utilisateurs d’OpenStreetMap.


Organiser une séance de cartographie participative est une expérience d'apprentissage qui permet de contribuer à des projets d'intérêt collectif sous licence libre. Cet article est un guide pour préparer et organiser une séance, avec des conseils pour la mise en œuvre.

Lire la suite de l'article proposé par Jean-François Perrat sur le site Géoconfluences :
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/programmes/outils/mapathon-carto


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Game of Thrones : on peut calculer les distances sur la carte de Westeros


A Game of Thrones Distance Calculator. Signalé par Maps Mania (10 juin 2019)

Une calculateur de distance permet désormais d'indiquer la distance entre deux points quelconques sur le continent Westeros. De quoi mesurer les lieux et les distances parcourus par les personnages au cours des nombreux épisodes de la célèbre série télévisée, Game of Thrones : http://got.nebulagames.net/

La carte a été créée par Mark Alicz à partir d'indices tirés des romans de George R. R. Martin. Samwell Tarly, l'ami le plus proche de Jon Snow, nous dit dans "Une tempête d'épées" que le mur fait "cent lieues de long". Martin lui-même nous dit qu'une "lieue, c'est trois miles". Par conséquent, le mur fait trois cents miles de long. Mark Alicz peut donc utiliser la longueur du mur pour calculer toutes les distances entre différents points sur une carte de Westeros.

Si vous cliquez deux fois sur le calculateur de distance de Game of Thrones, une fenêtre d’informations s’ouvrira et indiquera la distance entre les deux points. Ainsi, par exemple, le trajet parcouru entre Winterfell et King's Landing est de 1645,29 milles à vol d'oiseau.



Selon Google Maps, l'itinéraire pédestre de Paris à Moscou est de 1 718 miles (donc légèrement plus long que le trajet entre Winterfell et King's Landing). Google dit que cette promenade prendrait 563 heures. Donc, si vous marchiez 10 heures par jour, il vous faudrait 56 jours pour effectuer le voyage. Quand Robert Baratheon, seigneur des sept royaumes de Westeros, arrive à Winterfell, sa femme, Cerci, se plaint : "Nous roulons depuis des mois, mon amour. Les morts peuvent attendre." De toute évidence, le roi voyagea très lentement avec une grande caravane et passa probablement beaucoup de temps à dîner en chemin. On veut donc bien croire que cela a pris quelques mois au roi et à sa caravane pour parcourir 1 645 km sur la route Kingsroad (pour information, le trajet entre Winterfell et Castle Black at the Wall est de 2199 km).

Le calculateur de distance de Game of Thrones dépend cependant du degré de précision de la carte de Westeros. Nous n'avons aucun moyen de savoir si cette carte est véritablement précise. Nous pouvons seulement nous en remettre à ce qu'en dit George R. R. Martin :

"J’ai souhaité rester vague sur de telles choses. Cela évite d'avoir des fans obsédées par des règles, qui voudraient mesurer des distances sur la carte et pouvoir dire qu'il est impossible que Ned puisse aller d'un lieu X à un lieu Y dans le temps indiqué. Toutefois, si vous voulez vraiment savoir, vous pouvez calculer vous-même les distances. Le mur fait cent lieues de long. Une lieue fait trois miles. Vous pouvez partir de là. Mais si vous observez des erreurs dans les temps de trajet, gardez-les secrètes."


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La carte, objet éminemment politique : le monde vu à travers les tweets de Donald Trump


The World Through Tweets of Donald Trump - Worldmapper (3 juin 2019).

Worldmapper a réalisé une étude pour le compte des bibliothèques Bodleian d'Oxford. Le site a analysé plus de 8 000 tweets depuis l'entrée en fonction de Trump et a créé une carte en anamorphose représentant les pays en fonction du nombre de fois où ils étaient mentionnés sur le compte Twitter du président des Etats Unis. Plus le pays est grand, plus les tweets publiés sont nombreux.

 


Depuis son entrée en fonction, Trump a écrit 8 300 tweets dont 1 384 évoquent des pays étrangers. La Russie arrive en tête du classement avec 297 mentions (21% des tweets mentionnant des pays étrangers). Puis viennent la Corée du Nord (163), la Chine (158), le Mexique (99), Porto Rico (47), l'Iran (47), la Syrie (44), le Japon (43), le Canada (39) et la France (37) complètent le Top 10. Malgré les relations privilégiées entre les deux pays, le Royaume-Uni vient au 15ème rang, mentionné dans seulement 1,6% des tweets.

Ce cartogramme a été créé par Worldmapper pour l'exposition Talking Maps des bibliothèques Bodleian, qui s'ouvre le 5 juillet 2019. Vous pouvez télécharger les données (une liste des pays et le nombre de tweets de Donald Trump sur chaque pays) sur le site web de Worldmapper :

Worldmapper est une application en ligne qui permet de consulter des cartes par anamorphoses téléchargeables en PDF ou visualisables en animation SVG sur le site.

Par ailleurs, le site Factba.se s'est fixé comme tâche de compiler tout ce que Donald Trump dit dans ses interviews, ses discours et sur Twitter. Dans le cadre de cette mission, il a créé une carte interactive qui permet de voir où Donald Trump se rend et combien de fois il passe en différents endroits. Cette cartographie très précise est produite à partir de l'emploi du temps officiel du président américain.

Les pays visités par Donald Trump (sur 872 jours de mandat présidentiel)


Trump a visité principalement les pays du Nord, ignorant totalement l'Afrique et l'Amérique du Sud. Ses visites officielles sont motivées le plus souvent par la volonté d'entretenir des liens politiques, pour entamer ou pérenniser des relations commerciales (Arabie saoudite, Japon, Chine, Vietnam).


Les états américains où s'est rendu Donald Trump (sur 872 jours de mandat présidentiel)



Les lieux où Donald Trump a joué au golf (sur 872 jours de mandat présidentiel)


Après Washington DC où se trouve la Maison Blanche et le Maryland où il prend l'avion (232 déplacements), c'est la Floride qui est l'état américain le plus visité par Donald Trump (109 fois) : c'est là qu'il se rend le plus souvent pour jouer au golf. Mais Trump ne joue pas au golf seulement en Floride. Parmi les sorties de golf présentées sur cette carte figurent 71 visites au Trump National Golf Club de Bedminster, 58 visites au club de golf international de Trump à West Palm Beach et 56 visites au club de golf national de Trump à Potomac Falls. Ajoutez à cela les 14 autres jours enregistrés pour jouer au golf ailleurs et le président a passé 199 jours sur 871 en tant que président à jouer au golf (soit près d'un quart de son mandat).

Le monde vu par Trump selon Pascal Boniface :



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La carte, objet éminemment politique : exemple des élections européennes

De l'intérêt et des limites des cartes par anamorphoses




Zoom sur le service Edugéo (IGN) proposé à travers le portail de ressources Eduthèque


La lettre Édu_Num Histoire-Géographie N°44 consacre un numéro spécial au service Edugéo :
http://eduscol.education.fr/site.histoire-geographie/edunum/edunum-histgeo-44

Lorsque Google lance en 2005 son portail géographique Google Earth, c’est un coup de tonnerre dans le monde de la géomatique : des données réservées jusqu’alors à des spécialistes deviennent accessibles via une interface simple à prendre en main. L’IGN réplique avec son Géoportail en 2006 et un groupe de travail se met à l’œuvre (IGN et Ministère de l’Éducation nationale) pour en proposer une déclinaison pédagogique : Édugéo, lancé officiellement le 1er octobre 2008 et disponible gratuitement via Éduthèque depuis novembre 2013.


Le service en ligne Édugéo (également disponible sur tablette) est destiné à apporter aux enseignants et à leurs élèves des données géographiques sur la France métropolitaine et les départements et régions d’outre-mer.

L’intégration du service au portail Éduthèque donne la possibilité d’accéder gratuitement à :

- de nombreuses données cartographiques et photographiques : photographies aériennes récentes et anciennes, données topographiques ; cartes de Cassini ou, cartes littorales, etc. ;

- des outils de croquis en ligne permettant de réaliser des cartes légendées qui peuvent être stockées, modifiées ou complétées à tout moment et à partir de tout poste de travail ;

- un accompagnement pédagogique constitué de cahiers pédagogiques, de croquis à télécharger et de propositions d’usages en classe.


Avec l'esquisse d'une réflexion sur ce qui distingue la carte numérique de la carte papier :

"La carte numérique que l’on consulte sur son écran d’ordinateur, sa tablette ou son smartphone reprend pour partie les codes graphiques de la carte papier traditionnelle née au début du XXe siècle. Celle-ci permet de se situer, de trouver sa route, de repérer des points de passage et des lieux remarquables. Son échelle est fixe et la carte dépliée donne à voir un espace restreint. La carte et le plan papier permettent une lecture de l’espace claire et à échelle fixe. Ils apportent une dimension d’appréhension de l’espace et de compréhension de celui-ci dans sa globalité.

Aujourd’hui l’utilisateur d’une carte numérique est au centre du monde, immédiatement localisé par l’adresse IP de son ordinateur ou les coordonnées transmises par son smartphone : la carte nous guide, nous indique les bons plans du moment pour échapper à l’embarras du quotidien. La carte numérique est multiscalaire, multiforme et apporte quantité d’informations que ni la carte papier ni le terrain ne donnent à voir. Les cartes numériques peuvent entraîner une certaine confusion entre nature et échelle de la carte et niveau de zoom. On observe des effets de seuils qui font passer progressivement d’une carte nationale voire régionale à une carte topographique puis enfin à un plan lorsqu’on veut détailler une zone. On change alors subtilement de mode de représentation, la légende diffère sensiblement. Autre point de vigilance : l’orientation. Même équipé d’un GPS qui nous localise, il est parfois difficile de se repérer sur une carte numérique qui demande donc un apprentissage". 


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Etudier les formes urbaines à partir de plans cadastraux

Consulter la rubrique Globes virtuels et applicatifs


La crise humanitaire au Sahel (2012-2019) par The New Humanitarian


Sahel in flames par The New Humanitarian (31 mai 2019) 

Le journal The New Humanitarian fait état d’une recrudescence des violences en Afrique de l’Ouest :
  • Augmentation de 7 000% des décès de civils au Burkina Faso, de 500% au Niger et de 300% au Mali entre 2018 et 2019 ;
  • 440 000 personnes déplacées par le conflit, soit cinq fois plus que l'année précédente
  • 1,8 million de personnes confrontées à l'insécurité alimentaire ;
  • 5,1 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire;
  • 157 hommes, femmes et enfants tués en mars 2019 lors d'un attentat au Mali.
Au cours des derniers mois, l'intensification de la violence au Mali, au Burkina Faso et au Niger - trois pays sahéliens aux frontières communes - a entraîné le déplacement de plus de 440 000 personnes et causé 5 000 morts dont des militants ayant des liens avec Al-Qaïda et l'Etat islamique.


Au fur et à mesure qu'ils gagnent du terrain, les djihadistes utilisent les conflits entre groupes ethniques, mettant en question tout le tissu social de la région. Les cycles de violence intercommunautaire font maintenant plus de victimes et déracinent plus de personnes que les attaques djihadistes directes. Cette expansion rapide des djihadistes a surpris de nombreux experts, responsables de l'ONU ou des Etats. Des centaines de milliers de personnes vivent maintenant avec l'aide de ONU, tandis que 1,8 million de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire grave. Au total, 5,1 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire.

La crise humanitaire au Sahel en trois cartes et une chronologie interactive (2012-2019) :
http://www.thenewhumanitarian.org/in-depth/sahel-flames-Burkina-Faso-Mali-Niger-militancy-conflict







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Cartographier l'Afrique (du Sahel et du Sahara à la Méditerranée)

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Football : cartographie de tous les pays affrontés par les Bleus dans leur histoire


Carte interactive : tous les pays affrontés par les Bleus dans leur histoire (signalé par L'Equipe - 1er juin 2019).

La carte des adversaires historiques de l'équipe de France révèle logiquement un tropisme européen, où l'Angleterre, l'Italie, la Suisse, l'Allemagne et les Pays-Bas reviennent de manière récurrente dans la programmation des matches. À l'Est, les Bleus avaient déjà découvert un nouvel adversaire, la Moldavie, cette saison, et il n'y a guère qu'en ex-Yougoslavie (Kosovo, Macédoine, Monténégro) qu'il lui reste des sélections à rencontrer. 

Les autres continents recèlent plus de terrains inconnus pour l'équipe de France, notamment l'Afrique et l'Asie du Sud-Est. En Amérique du Sud, le Venezuela reste le dernier grand pays que les Bleus n'ont jamais croisé.

Gentrification et paupérisation au coeur de l'Île-de-France (évolutions 2001-2015)


Une ville-capitale de plus en plus riche, dans une région qui se paupérise. L'Ile-de-France est le territoire le plus inégalitaire de France, montre une étude sur la trajectoire des revenus de ses habitants entre 2001 et 2015.

Télécharger le rapport sur le site IAURIF :
http://www.iau-idf.fr/fileadmin/NewEtudes/Etude_1807/Gentrification_et_pauperisation.pdf


Présentation du rapport : 

La question sociale et son intrication avec la dimension spatiale a fortement ressurgi avec le mouvement des gilets jaunes. Beaucoup d’encre a coulé pour en décrypter les tenants et aboutissements possibles.

Côté social, la hausse continue des dépenses contraintes (logement, remboursement d’emprunt, charges, transports, …) - dont le prix du gasoil n’est qu’un détonateur - le sentiment d’injustice fiscale, et l’absence de perspective pour nombre de ménages ont alimenté la révolte. Elle s’inscrit sur un fond de peur du déclassement des classes moyennes mise en avant de longue date par les travaux de Maurin et Goux, ou ceux de Chauvel, et d’un déterminisme social encore fortement ancré en France. Comme l’ont montré les travaux de France Stratégie et ceux de l’IAU et de l’Insee sur l’Île-de-France, un enfant d’ouvrier a très peu de change de monter dans la hiérarchie sociale. Pierre Rosenvallon note, en effet, que « ce n’est pas la société des exclus, des chômeurs, des Rmistes qui est dans la rue et qui occupe les ronds-points …. c’est la société des petits qui s’exprime, celle du salariat modeste, des petites classes moyennes, des autoentrepreneurs, petits commerçants ou artisans, qui bat le pavé… ». Parmi les participants, quelques retraités côtoient les salariés.

La dimension territoriale a aussi été largement mise en avant, et souvent de façon caricaturale, opposant deux France, celle des métropoles qui « gagnent » et celle de la périphérie qui « perd », sans considérer l’hétérogénéité de ces dits territoires et la diversité des espaces qui les constituent. La hausse du coût du carburant touche avant tout ceux qui doivent utiliser leur voiture pour aller travailler ou se déplacer au quotidien. Ils résident, pour la plupart, dans des territoires où les transports en commun sont peau de chagrin et notamment les couronnes périurbaines éloignées de pôles d’emploi. Les travaux de l’IAU ont quantifié l’impact de l’éloignement du centre de la région sur le recours à la voiture : dans les espaces mal desservis situés hors de l’agglomération de Paris, 86 % des actifs utilisent leur voiture, pour seulement un quart dans l’hyper-centre (Paris et quelques communes limitrophes). Cette dépendance automobile résulte pour partie des politiques urbaines mises en place dans les années 70, favorisées par l’État à travers ses dispositifs d’aide à l’accession à la propriété. Divers observateurs ont toutefois noté la stabilité du poids des dépenses liées à l’essence depuis 1990, au contraire de celle des logements en forte hausse notamment en Île-de-France d’où est d’ailleurs parti le mouvement des gilets jaunes, pointant un autre enjeu : celui des captifs des transports en commun qui ne peuvent accéder à un emploi stable faute de détenir une voiture.

Cette étude sur la géographie sociale en Île-de-France et son évolution depuis le début des années 2000 contribue à sortir de ces oppositions frontales et globalisantes « métropole » versus « espace périphérique ou rural ». Elle donne à voir la structuration sociale du territoire francilien en partant de l’échelle communale, voire du quartier (iris) et souligne la lente évolution de ce paysage social. La région est un espace systémique où le devenir de chaque territoire est en prise à un jeu de forces qui tend à une polarisation des espaces les plus aisés et les plus pauvres.

Ce rapport contient beaucoup de cartes et de graphiques qui peuvent être utiles pour étudier l'évolution de l'aire urbaine de Paris, ses dynamiques sociales, ainsi que la question des inégalités urbaines.

Pour compléter :

Cartoviz est l'outil de cartographie en ligne de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France (IAURIF). Beaucoup de jeux de données sont disponibles sur ce site avec notamment des portraits de territoire. A compléter par les cartes en haute résolution à télécharger dans la cartothèque du site.
http://cartoviz.iau-idf.fr/


 

Receuil de cartes électorales #Européennes 2019


Comme à chaque élection, les élections européennes de 2019 ont donné lieu à une série de cartes diverses et variées, efficaces visuellement, originales, mais parfois non adaptées. Voici un petit recueil de "cartes" glanées sur le Web.

Quel type de cartes ? 

Le premier point saillant qui ressort de cette recension est une certaine uniformité des modes de représentation cartographique mobilisés, avec en fer de lance la carte choroplèthe (aplats de couleur) qui occupe une place prépondérante dans les pratiques des data(journalistes) et ce, malgré ses nombreux défauts. La seule autre forme de carte recensée est le cartogramme (à l'échelle des départements).

Que représenter ? 

Le choix principal se porte avant tout sur la liste arrivée en tête. On trouve ensuite le score par liste ou encore l'évolution du vote entre les deux derniers scrutins (2014 et 2019). Étrangement et malgré une mobilisation qui reste malgré tout assez faible même si elle a progressé un peu en 2019, les questions de participation et d'abstention sont peu abordées et assez peu traitées à travers des cartes.

Quelle échelle et quelle maille choisir ? 

Concernant l'échelle des cartes, la grande majorité des cartes sont à l'échelle de la France (à l'exception notable du journal Zeit online qui propose une cartographie du vote à la maille communale à l'échelle de toute l'UE).  Les médias de presse quotidienne régionale et quelques sites Open Data proposent des cartes à l'échelle des régions ou des communes.

Pour la France, le niveau communal est largement plébiscité. Quelques cartes proposent des résultats au niveau des départements ou des périmètres des bureaux de votes, mais à la marge.

Mais le point le plus caractéristique de cette collection 2019 de cartes électorales est le passage des cartes statiques aux cartes dynamiques et interactives où le lecteur peux zoomer, se déplacer et cliquer sur la carte pour avoir plus d'informations.


1) Cartes dynamiques et interactives


Carte interactive de France Info


https://www.francetvinfo.fr/elections/resultats-europeennes-2019-neuf-cartes-pour-comprendre-les-resultats-en-france-et-en-europe_3462651.html

 

Carte interactive de LCI

https://www.lci.fr/politique/carte-interactive-europeennes-2019-quels-enseignements-tirer-de-la-carte-des-resultats-regions-par-regions-larem-rn-eelv-lr-2122461.html

 


Carte interactive du Monde

 

Carte interactive de Géoclip

https://france-decouverte.geoclip.fr/#c=indicator&i=europe2019.l1&t=A01&view=map31

 

Carte interactive de Ouest France

https://www.ouest-france.fr/elections/europeennes/carte-resultats-des-elections-europeennes-comment-t-vote-dans-votre-commune-6369729
 

Carte interactive du Télégramme

 

Carte interactive du Midi Libre

https://www.midilibre.fr/2019/05/26/elections-europeennes-la-carte-des-resultats-en-region-et-en-france,8222584.php
Carte interactive de Sud Ouest 

Carte interactive du Figaro

https://www.lefigaro.fr/fig-data/resultats-europeennes-2019/?insee=35238

Carte interactive de l'Indépendant

https://www.lindependant.fr/2019/05/25/pyrenees-orientales-la-carte-interactive-des-resultats-des-elections-europeennes,8221316.php

 

Carte interactive de Koumoul

https://koumoul.com/reuses/resultats-aux-elections-europeennes-2019

 

Carte interactive de Europe 1 

https://www.europe1.fr/politique/carte-europeennes-les-resultats-departements-par-departements-3901139


Cartes interactives du Monde sur Paris
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/05/28/les-resultats-des-europeennes-2019-a-paris-en-dix-cartes_5468692_4355770.html


2) Cartes statiques

 

Liste en tête

 


http://www.leparisien.fr/politique/europeennes-le-vote-des-francais-resume-en-une-carte-27-05-2019-8080575.php 





 

Score d'une liste


3) Cartogrammes

 

Ce cartogramme représente les résultats des élections européennes du 26 mai 2019 par département, chacun est représenté par un cercle proportionnel à sa population légale de 2019.
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/05/27/elections-europeennes-les-resultats-par-departement-rapportes-a-la-population_5468085_4355770.html

 

Les anamorphoses





En anamorphoses :
https://twitter.com/lacxrx/status/1133116057995096065

4) Pistes pour explorer d'autres modes de représentation 

 

Cartes avec WebGL


Articles connexes :

La carte des résultats aux élections législatives en Espagne (scrutin du 28 avril 2019)

Cartographie électorale, gerrymandering et fake-news aux Etats-Unis

La carte, objet éminemment politique

 

 

L'exposition Mapping out : quand les artistes s'emparent de l'imaginaire des cartes


L'exposition Mapping Out est organisée par Studios on the Park à Paso Robles (Californie, 30 mai - 30 juin 2019) : http://www.studiosonthepark.org/galleries-exhibitions/exhibition-details.php?id=391

Extrait de la présentation :

"Cette exposition est inspirée par la portée illimitée de la cartographie. Les cartes sont nos points de repère vers le passé, le présent et le futur. Elles nous incitent à explorer, à rêver et à interpréter le monde à partir de perspectives uniques et individuelles. Les cartes sont une représentation visuelle de ce qui se trouve autour, au-dessus, au-delà et en dessous. Les cartes nous ancrent et nous libèrent. Surtout, une carte peut libérer l'imagination et nous inciter à regarder au-delà du présent et du conventionnel. Ce faisant, les cartes nous incitent à enquêter sur l'inconnu et à marquer le monde de notre empreinte. Mapping Out vous invite à partager une exploration des interprétations artistiques de notre monde du point de vue de la cartographie".

Des artistes à découvrir : cliquer sur le nom des artistes pour accéder à leur site.

 This Is Our Freedom © Claire Brewster

 


Archipelago II (Cityspace #137) © Emilie Garfield