La carte, objet éminemment politique. Le Népal va imprimer sa nouvelle carte officielle sur un billet de banque

 

Le Népal a annoncé l'impression d'un billet de 100 roupies avec une carte montrant les territoires controversés de Lipulekh, Limpiyadhura et Kalapani. L'Inde prétend que ces territoires frontaliers lui appartiennent.

Nepal To Issue New Rs 100 Currency Note Featuring Updated Map, Including Disputed Areas With India (source : © India Times)

Le 18 juin 2020, le Népal a modifié sa Constitution pour incorporer trois régions d'importance stratégique : Lipulekh, Kalapani et Limpiyadhura. L'Inde a vivement réagi, dénonçant « l'acte unilatéral » et qualifiant « d'intenable » l'« élargissement artificiel » des revendications territoriales du Népal.

Nepal To Print New Currency Notes Featuring Disputed Areas With India (source : © Le Matinal)

La polémique sur la frontière indo-népalaise s'est ravivée en 2019 lorsque l'Inde a publié une carte révisée incorporant le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh. À cette époque, l'Inde présentait Kalapani comme faisant partie du district de Pithoragarh. Cela a incité le Népal à manifester de vives protestations contre New Delhi. Plus de six mois plus tard, la chambre haute du Parlement népalais a adopté à l'unanimité le projet de loi d'amendement de la Constitution prévoyant l'inclusion de la nouvelle carte politique du pays dans son emblème national.

Le problème en lui-même remonte au début du XIXe siècle, lorsque les Britanniques dirigeaient l’Inde et que le Népal formait un ensemble de petits royaumes sous le règne du roi Prithvi Narayan Shah : Mapping the history of Kalapani dispute between India and Nepal (source : India Times).

Voici la carte du Népal telle qu'elle apparaissait jusque-là sur le billet de 100 roupies comparée à la nouvelle carte officielle du Népal depuis 2020 :



Pour accéder à la nouvelle carte officielle du Népal depuis 2020, consulter le site Nepal In Data.

Lien ajouté le 8 décembre 2025

« Un billet de 100 roupies népalaises ravive un différend frontalier avec l’Inde » (Courrier international).

Le billet de banque, mis en circulation par la banque centrale du Népal le 27 novembre 2025, est orné d’une carte nationale actualisée incluant un territoire revendiqué par les deux pays. Ce territoire contesté couvre la région de Kalapani, incluant des villes comme Kalapani, Lipulekh et Limpiyadhura, sur environ 335 km2 à la frontière nord-ouest du Népal avec l’Inde. Le Népal le revendique, mais il est occupé par l’armée indienne depuis 1962. New Delhi considère qu’il fait partie intégrante de l’État d’Uttarakhand. Au Népal, alors que les principaux partis sont divisés sur de nombreux points, la question frontalière demeure un rare sujet de consensus. Les analystes estiment que ce billet de banque pourrait avoir un impact positif au niveau national, même s’il engendre de nouvelles tensions dans les relations entre Katmandou et New Delhi. “Malgré les risques géopolitiques, à Katmandou, nombreux sont ceux qui perçoivent cette carte comme une question de fierté nationale qui transcende les considérations économiques.” Ces cinq dernières années, le différend cartographique s’est intégré au débat public et aux campagnes politiques népalaises, la majorité des Népalais soutenant cette initiative.

Lien ajouté le 24 mai 2026

« Un billet de 100 roupies népalaises ravive un différend frontalier avec l’Inde » (Courrier international).

Jarmila Ptáčková et Uddhab Pyakurel , « Hiérarchies de mobilité transfrontalière à la frontière sino-népalaise » ,  European Bulletin of Himalayan Research, 65 | 2026, consulté le 20 mai 2026 , consulté le 23 mai 2026, http://journals.openedition.org/ebhr/3675.

La région de l’Himalaya où le plateau tibétain rencontre le Népal constitue un corridor stratégique pour les routes commerciales entre l’Inde et le Tibet. La perméabilité des frontières locales dans cette région a traditionnellement été essentielle à la survie des communautés vivant dans les zones reculées des plus hautes chaînes de montagnes du monde. Cependant, depuis la délimitation des États modernes, la territorialité s’exerce par l’imposition d’un nombre croissant de réglementations visant à contrôler les déplacements transfrontaliers. Avec la croissance économique de la République populaire de Chine (RPC) et sa confiance politique grandissante, les anciennes négociations bilatérales sur le contrôle des frontières se transforment en décisions chinoises unilatérales. Conformément à l’objectif de sécurisation à long terme de sa frontière, la Chine a renforcé les mesures restrictives le long de celle-ci. Cet article étudie les transformations des dispositifs réglementaires encadrant la mobilité le long de l’ancienne frontière Népal–Tibet et de l’actuelle frontière Népal–Chine, ainsi que les recompositions des hiérarchies décisionnelles associées à l’influence croissante de la Chine dans la région. Il se concentre notamment sur la période de fermeture totale de la frontière durant la pandémie de COVID-19, que la Chine est parvenue à prolonger pendant quatre ans, et sur la manière dont cette situation a affecté les règles de mobilité transfrontalière ainsi que la vie et les moyens de subsistance des populations frontalières.

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