L'histoire des SIG open source et de leurs formats ouverts à travers une infographie interactive


De quand datent des applications SIG open source comme Mapserver, QGis ou Geopandas ? Quel est l'inventeur et à quand remontent les formats ouverts que l'on utilise couramment aujourd'hui (geotiff, kml, geojson,...) ? Sur quels langages informatiques reposent les scripts GML, Leaflet, PySAL... ? 

Autant de questions et de réponses que vous pourrez découvrir sur le site Makepath :
http://makepath.com/history-of-open-source-gis/



L'infographie interactive est elle-même en open source et disponible sur GitHub :
http://github.com/makepath/open-source-gis-infographic



L'occasion de découvrir l'importance prise aujourd'hui par le langage Python auquel le site Makepath consacre une page qui passe en revue les nombreuses applications développées à partir de ce langage informatique.


Articles connexes





Consulter la rubrique outils SIG ou fonds de carte SIG du blog Cartographie(s) numérique(s)

L'histoire par les cartes : DicoTopo, un outil pour étudier la toponymie et l’histoire


DicoTopo est le Dictionnaire topographique de la France comprenant les noms de lieux anciens et modernes. Sa couverture géographique et ses fonctionnalités de recherche et de navigation ont été largement enrichies :
http://dicotopo.cths.fr/

Un outil pour la toponymie et l’histoire

Le Dictionnaire topographique de la France recense les noms de lieux attestés sur le territoire français ainsi que les formes anciennes (latines et autres) qu’ils ont revêtues au cours des siècles. Il réunit en une base de données unique l’ensemble des dictionnaires départementaux publiés depuis le XIXe siècle ou demeurés inédits.

DicoTopo couvre pour l'instant 40 départements, le but étant de mettre à disposition l’ensemble des dictionnaires. Cela représente 492 603 lieux et 1 179 107 formes anciennes. Une recherche sur le nom d’une localité ou d’un toponyme  permet d’afficher la fiche du lieu, avec sa géolocalisation, son historique et les lieux-dits. Ici par exemple la fréquence du toponyme "neuville", plutôt présent dans le nord de la France avec des foyers secondaires comme le montre cette heatmap.




En cliquant sur un des toponymes proposés dans la liste de résultats qui s'affiche au bas de la page, on accède au département et à la localité concernés (comme par exemple ici Neuville-sur-Seine). A partir de ce toponyme, on a la possibilité de prolonger les recherches sur d'autres sites (Wikipedia, OpenStreetMap) en lien avec d'autres bases de données (Geonames, Wikidata, Data BNF).




Un référentiel géohistorique

Développé conjointement par les Archives nationales et l'Ecole nationale des Chartes, le site fait autorité par les sources historiques utilisées, même si certains dictionnaires peuvent remonter au XIXe siècle et livrer des interprétations aujourd'hui remises en cause.

La nouvelle application permet d’interroger aujourd’hui 40 dictionnaires départementaux. Si la plupart de ces volumes sont issus de la collection publiée par le CTHS, s’y ajoutent également plusieurs dictionnaires réalisés hors de cette collection (Ardèche, Loire-Atlantique, Oise, Somme...), ainsi qu’un inédit (Creuse). D’autres volumes seront prochainement intégrés.


De nouvelles fonctionnalités de recherche et de navigation

Les données en provenance de ces dictionnaires ont été systématiquement géolocalisées et les fonctionnalités de recherche et de navigation entièrement repensées. En plus des fonctionnalités de recherche (filtres et tris, recherche floue), l’interface offre désormais un volet cartographique permettant de visualiser les résultats d’une recherche sur différents fonds de cartes. Pour chaque lieu, sont offertes des possibilités de rebond vers d'autres  articles, notamment ceux relatifs aux lieux figurant dans la même commune. Un accès direct aux images des dictionnaires imprimés consultables en ligne sur Gallica est également fourni, et pour les communes, un lien vers les principaux référentiels du web (Wikipédia, Data BnF, FranceArchives, etc.). Au total, grâce au liage des entrées et à leur géolocalisation, cette application renouvelle en profondeur les données réunies dans les volumes imprimés, transformant le Dictionnaire topographique de la France en référentiel géohistorique ; une API ouverte et documentée en favorise les réutilisations.

Les données relatives à chaque lieu sont accessibles aux formats JSON API 1.0 et LinkedPlaces, grâce à une API. Elles sont librement réexploitables dans le cadre d'applications web à caractère historique, géographique ou patrimonial.





Articles connexes



Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 ? Rapport IPP (janvier 2021)


Cécile Bonneau, Pauline Charousset, Julien Grenet, Georgia Thebault, Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 ? Rapport IPP n° 30 - Janvier 2021 :
http://www.ipp.eu/publication/janvier-2021-quelle-democratisation-grandes-ecoles-depuis-le-milieu-des-annees-2000/

Ce rapport réalisé par l'Institut des Politiques Publiques (IPP) documente l’évolution du recrutement des classes préparatoires et des grandes écoles depuis le milieu des années 2000. L’étude privilégie une approche quantitative s’appuyant sur un ensemble de données administratives qui n’ont pas jusqu’à ce jour été exploitées de manière systématique. Ces données sont mobilisées pour caractériser l’évolution du profil des étudiants de ces formations selon plusieurs dimensions : leur origine sociale, leur genre, leur origine géographique et leur parcours scolaire antérieur.

Le rapport d'étude (308 pages) montre que les dispositifs « d’ouverture » mis en place par les grandes écoles n’ont pas atteint leurs objectifs :
  • aucune diversification de leur recrutement social
  • inégalités géographiques d’accès très marquées et très stables
  • forte sous-représentation féminine
Cet échec met en lumière les limites de l’approche jusqu’ici privilégiée : un foisonnement d’initiatives locales, sans réelle coordination nationale et rarement évaluées. Les écarts de performances scolaires n’expliquent qu’une partie des inégalités d’accès aux grandes écoles : d’autres facteurs sont en jeu.

Le rapport contient des graphiques qui mettent en évidence les inégalités d'accès selon l'origine sociale, géographique et le genre. Deux cartes traitent des inégalités d'accès géographiques par départements (pages 101 et 102). 





L’analyse des inégalités territoriales d’accès aux grandes écoles fait ressortir des contrastes marqués : dans la plupart des départements situés au nord, au nord-est et au centre de la France, moins de 4 % des individus scolarisés en troisième en 2005-2006 ont accédé à une grande école. À l’inverse, les taux d’accès aux grandes écoles sont supérieurs à 7 % dans la plupart des départements franciliens (à l’exception notable de la Seine-Saint-Denis), dans le Finistère, en Île-et-Vilaine, dans le Rhône, la Haute-Garonne, la Loire-Atlantique, les Pyrénées-Atlantiques, la Gironde, l’Aveyron, les Alpes-Maritimes et le Puy-de-Dôme.




Écart Parisiens/non-Franciliens. Parmi les élèves de la cohorte de troisième 2005-2006, seuls 5,1 % des non-Franciliens ont accédé à une grande école contre 13,9 % des Parisiens, soit un différentiel de 8,8 points de pourcentage qui représente un écart relatif de 63 %. Les différences de composition sociale et de performances scolaires moyennes entre départements ne parviennent à expliquer qu’une petite partie de cet écart (1,8 point de pourcentage, soit 20 % de l’écart total). Le pouvoir explicatif de ces deux facteurs est plus faible encore (10 %) lorsqu’on cherche à expliquer l’avantage dont bénéficient les élèves parisiens pour l’accès aux 10 % des grandes écoles les plus sélectives. Ces résultats indiquent que les inégalités géographiques d’accès aux grandes écoles renvoient à des causes largement extérieures à l’origine sociale et aux performances scolaires des élèves, à l’image de la forte concentration spatiale des classes préparatoires et des grandes écoles en Île-de-France, qui tend à pénaliser les élèves non franciliens dans l’accès à ces formations.

En France, comme dans la majorité des pays européens, les régions capitales concentrent les populations étudiantes. Le CGET a consacré des analyses accompagnées de cartes et de graphiques dans la publication :

Regards sur les territoires (2017) "Partie V : Éducation et enseignement supérieur, approches territoriales" (page 101 et suiv.)

Près du quart des nouveaux bacheliers changent d’académie pour débuter leurs études supérieures :



L'histoire par les cartes : cartes et ressources sur la Commune de Paris


A l'occasion de l'anniversaire des 150 ans de la Commune de Paris, Max Swing propose une carte des rues portant les noms de communard(e)s ainsi que les rues Adolphe Thiers, en France et dans les territoires d'outre-mer inclus. 

En cliquant sur la carte, on accède à des fiches détaillées sur le Dictionnaire Maitron et sur le site des Ami.e.s de la Commune. Les données sont téléchargeables au format KMZ.



150 ans de la Commune de Paris : Sur les traces de la révolution de 1871 encore visibles dans la capitale. Du Père Lachaise au Trocadéro, lieux, monuments, sculptures, témoignent de la révolution parisienne de 1871 (France 24).
http://www.20minutes.fr/paris/3001191-20210318-150-ans-commune-paris-traces-encore-visibles-capitale

Plan de Paris avec indication exacte des maisons et monuments incendiés, des batteries et barricades construites en Mai 1871 et numérotage des Bastions de l'Enceinte, carte de la Commune de Paris (source : Gallica)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8494157x.r=barricades?rk=107296;4


Des cartes narratives et interactives (Le Dictionnaire biographique Maitron)

À l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la Commune et de la parution du livre La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l’événement, les lieux, coordonné par Michel Cordillot aux Éditions de l’Atelier, l’équipe du Maitron propose une série de contenus interactifs pour arpenter le Paris de la Commune et (re)découvrir les biographies de ses protagonistes :



Recensement des victimes des grandes répressions politiques françaises du XIXe siècle. Jean-Claude Farcy a entrepris de recenser les victimes de l’insurrection de juin 1848 et des poursuivis à la suite du Coup d’État du 2 décembre 1851. Concernant la répression judiciaire de la Commune de Paris (1871-1880), des cartes sont disponibles en même temps que les données :

http://communards-1871.fr/

Chrono-cartographie de la Commune de Paris de 1871 par Léopold Lambert (carte de 2014, mise à jour en 2021) : https://thefunambulist.net/magazine/the-paris-commune-and-the-world/the-paris-commune-and-the-world-introduction


La ligne pointillée noire indique l'ancien contour de la limite de Paris jusqu'en 1860. Les avenues plus sombres indiquent les transformations urbaines radicales d'Haussmann. Les rectangles noirs indiquent les barricades de la Commune. Le chemin blanc et les flèches indiquent le parcours de l'armée des Versaillais pendant la Semaine sanglante (21-28 mai). Les zones grises hachurées indiquent les quartiers où des bâtiments ont été incendiés, soit du fait des bombardements de Versaillais, soit du fait des incendies des Communards. 






Commune de Paris : les premières photos manipulées ? (Le Monde)
Première insurrection massivement photographiée, la Commune de Paris a révélé aux Français l’extraordinaire pouvoir de ces images à la fois proches de la réalité et subtilement manipulables.
http://www.lemonde.fr/politique/video/2021/03/14/commune-de-paris-les-premieres-photos-manipulees_6073049_823448.html


Une liste de liens à découvrir vers des ressources dans ces deux fils Twitter à dérouler :



La Commune de Paris vue par des auteurs de manuels scolaires de 1962 à 2019 @clioweb2




Lien ajouté le 30 novembre 2021

Articles connexes

L'histoire par les cartes : la guerre de 1870-1871 (LaContempo.fr)

L'histoire par les cartes : une cartographie historique du Paris populaire de 1830 à 1980


Cartographie dynamique des lumières de la mer par Franck Schmirler

 

Franck Schmirler a utilisé le recensement des balises en mer effectué par OpenStreetMap de manière à créer une géovisualisation originale. On y voit scintiller toutes les lumières de la mer. C'est à la fois fascinant et poétique !


Des phares aux bouées, 44 000 balises sont enregistrées actuellement à l'échelle mondiale dans la base de données d'OpenStreetMap. Bien que les informations représentées aient été soigneusement compilées, la carte n'est en aucun cas adaptée à la navigation ou à la localisation géographique. 

Les données des balises proviennent d'OpenStreetMap et sont disponibles sous la Licence Open Database. Une copie des données est disponible sur demande. Dans l'application, il est possible de choisir entre différents fonds de carte OpenStreetMap. En outre, les symboles des cartes marines d'OpenSeaMap peuvent être réutilisés. L'application est disponible sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 (CC BY-SA).

Lien ajouté le 11 juillet 2025

Cartes des phares de France, de Grèce, d'Italie, d'Espagne, du Portugal et de nombreux autres pays (Brilliant Maps). Ces cartes de phares de divers pays sont le fruit de l'imagination de researchremora sur Instagram, alias Terence sur Twitter .


L'histoire par les cartes : les cartes de la Société de documentation industrielle, un inventaire du patrimoine industriel de la France de l'entre-deux-guerres

 

Fin 2020 et début 2021, le fonds cartographique du site Gallica de la Bibliothèque nationale de France s'est enrichi d'une série de cartes sur la France industrielle de l'entre-deux-guerres. Ces cartes font partie d'une série dirigée par la Société de documentation industrielle et éditée au format aigle (105 cm x 75 cm) entre 1925 et 1932.

Ce fonds cartographique, constitué d'une 20e de cartes, était destiné à dresser un inventaire de l'industrie française à l'échelle du territoire national concernant les principales régions industrielles. Remarquables par leur manière de codifier les informations et de décrire au plus près les activités industrielles, ces cartes constituent aujourd'hui un corpus exceptionnel pour étudier non seulement le patrimoine industriel français, mais aussi l'évolution des techniques cartographiques dans l'entre-deux-guerres.

1) L'accès aux cartes industrielles de France (1925-1932) sur le site Gallica de la BnF

Liste des cartes de la Société de documentation industrielle (Strasbourg, Paris) recensées sur Data BnF :
http://data.bnf.fr/fr/15290801/societe_de_documentation_industrielle_paris__strasbourg/

Pour retrouver plus facilement les cartes industrielles diffusées sur Gallica, Loïc Hay (@LoicHayles a regroupées sous la forme d'une collection. Cette galerie donne un accès direct à chacune des cartes avec son descriptif et permet également un téléchargement en haute résolution :
http://airtable.com/embed/shri8xEhKBzKVFZ5V/tblt7PylPH8utMJED?viewControls=on


Géoréférencement et tuilage avec Map Warper, puis assemblage en cascade dans uMap de 8 cartes numérisées de la Société de documentation industrielle (Grande banlieue et Région parisienne - 1927) :

Liste des publications de la Société de documentation industrielle (Paris, Strasbourg) recensées sur Worldcat :

Voir pour le détail la documentation concernant l'API IIIF de récupération des images de Gallica :
http://api.bnf.fr/api-iiif-de-recuperation-des-images-de-gallica

Page de la BnF regroupant des sources sur l'histoire des entreprises et des cartes industrielles : 
http://gallica.bnf.fr/html/und/droit-economie/cartes-industrielles-et-commerciales?mode=desktop

2) Une série de cartes commandée par la Société de documentation industrielle et son directeur Jean Majorelle

A l'origine de cette série de cartes industrielles, on trouve Jean Majorelle (1893-1974), ingénieur des Mines et polytechnicien qui était passionné par la géographie et les cartes. L'auteur est connu pour être un géographe spécialiste des énergies et pour avoir participé à l'Atlas de France dont il assura la 2e édition en tant que co-président de la Société française de Cartographie avec André Libault. Il a également été vice-président de l'Association des Géographes Français (AFG). Auparavant Jean Majorelle a dirigé la Société de documentation industrielle dont le siège a d'abord été à Strasbourg puis à Paris. Son objectif était de fournir un répertoire des industries à l'échelle des départements et de documenter les grands centres industriels à une échelle allant du 1:200000 au 1:20000. 

La série a été élaborée de 1925 à 1932. La première réalisation en 1925 concerne la carte de l'Alsace dont l'objectif était d'« établir la carte des clients existants et possibles d'une houillère ». Par la suite, le projet s'est largement ouvert à la question des infrastructures industrielles, de leurs implantations, de leur diversité, de leurs liens avec les territoires et le reste du tissu économique. Chaque carte était accompagnée d'un répertoire dressant l'inventaire précis des entreprises visitées (ces répertoires n'ont pas été numérisés par la BNF, mais doivent probablement faire partie des archives de la Société de documentation industrielle). Jean Majorelle a contribué lui-même à la carte du Nord et du Pas de Calais ainsi qu'à celle de la Savoie. 

L'auteur a documenté en détail la méthode suivie pour dresser chacune de ces cartes industrielles dans un article des Annales de géographie « Une application de la cartographie à la documentation économique. Les cartes de la Société de documentation industrielle », publié en 1927. On dispose donc du contexte et du modèle mis au point pour produire cette série de cartes :

  • Choix des fonds de carte (du département au plan de la ville industrielle)

En principe le choix consistait à dresser une planche par département, sauf pour les départements les plus industrialisés qui ont fait l'objet de plusieurs planches (Alsace = 2 planches, Lorraine = 2 planches, Nord et Pas de Calais = 4 planches,  Paris et sa banlieue = 4 planches). Jean Majorelle reconnaît que la division par département est "peu conforme à la vie économique du pays", mais du moins permet-elle de restituer les informations à un même niveau administratif qui est bien souvent celui des recensements économiques. Les planches sont au format grand aigle (75 x 105 cm), mais certaines sont encore plus grandes. Ce qui en fait de véritables cartes murales. Sur l'écran d'un ordinateur, elles nécessitent  de zoomer si on veut découvrir tous les détails. Les fonds contiennent beaucoup d'informations, y compris la planimétrie et le relief : il s'agit de pouvoir restituer "tout le cadre de la vie industrielle" et de "donner des repères sûrs", même si la carte est chargée ! 
  • Choix des échelles cartographiques

Les fonds de cartes sont ceux du Service Géographique de l'Armée (cartes de 1:200 000 type 1912, cartes 1:50000 et plans directeurs 1:20000). Les cartons au 1:50000 et 1:20000 permettent de donner des détails concernant les centres industriels les plus importants. Certaines planches contiennent jusqu'à 8 ou 10 cartons d'échelles différentes. Les plans ont parfois nécessité la mobilisation d'un géomètre (comme le plan de Lyon dont les relevés ont été faits par M. Saint-Denis, géomètre à Lyon).

  • Choix des symboles pour représenter les établissements industriels

    La légende se répartit en 5 grandes divisions (comprenant chacune 15 à 20 symboles détaillés). Les usines sont indiquées en teintes vives avec un code couleur commun à toutes les cartes : 

    - En noir : énergie, combustibles, fluides.

    - En rouge : fer et métaux (industrie métallurgique)

    - En sépia : chimie, cuir, auxiliaires (industries chimiques)

    - En violet : étoffes, vêtements, papier (industrie textile et du papier)

    - En bleu : construction, ameublement, bois (industries du bois, du cuir, du bâtiment et diverses)

    - En vert : alimentation.

La production cartographique s'est étalée sur plusieurs années, nécessitant un énorme travail d'enquête sur le terrain pour identifier chaque type d'entreprise. Le projet prévoyait initialement la réalisation de 60 cartes (on en retrouve une 20e sur le site de Gallica). Les autres cartes n'ont probablement pas pu être réalisées sans doute à cause de la guerre, mais aussi du fait que dès 1931 est lancé un autre projet cartographique de grande ampleur : l'Atlas de France qui ne sera finalement publié qu'en 1946. Georges Chabot rendra hommage à Jean Majorelle, vice-président de l'Association des Géographes français, qui "se mit au service de l'oeuvre avec une foi communicative et souriante" (L'Information géographique, 1959, 23-3, p.138)

3) De nouvelles manières de classer et de représenter les activités industrielles

Manifestement à partir des années 1920-30, la manière de cartographier les activités industrielles se codifie et se standardise. Jean Majorelle justifie ainsi le choix de symboles conventionnels :

« Sur la plupart des cartes industrielles parues jusqu’à présent, surtout à l’étranger, les signes conventionnels avaient été choisis de façon rappeler l'industrie à laquelle ils se rapportaient (cheminées, cornues, marteaux et pics entrecroisés, etc). De là, l’emploi de signes toujours assez compliqués difficiles à graver, nécessitant une grosseur assez sensible et qui, pour des industries voisines, se différenciaient souvent très peu. Le principe adopté a été au contraire ici celui d’une véritable algèbre, le signe ne rappelant en rien l’industrie qu’il représente, la seule qualité qui lui est demandée est d'être simple, facile à graver et parfaitement clair » (Majorelle, 1927).

Carte industrielle du Rhône - Éditeur : Société de Documentation industrielle (1932) (source : Gallica)


Extrait de la légende montrant le détail de la classification industrielle


Si on compare ces cartes des années 1930 à des cartes antérieures beaucoup plus figuratives, on mesure le chemin parcouru en termes de symbolisation et codification. A la fin du XIXe et encore au début du XXe, la tradition cartographique consistait en général à représenter les établissements industriels avec une grande variété de vignettes iconiques. On en trouve un exemple assez caractéristique avec la carte de Lyon industriel publié par Jean Muzy (vers 1911-1912 ? la date du plan n'est pas précisée sur le site des Archives de Lyon). Le plan reproduit bien l'enchevêtrement d'usines dans la ville, avant l'essor de la chimie à Gerland au sud de Lyon dans les années 1930. Le plan est antérieur d'environ 20 ans à la carte du Rhône industriel (1932). L'échelle n'est pas la même, la manière de représenter les établissements industriels est totalement différente. 

Lyon industriel par Jean Muzy (vers 1911-1912). Carte indiquant les principales usines et manufactures de l'agglomération lyonnaise (source : Archives municipales de Lyon)



Extrait de la légende montrant le détail de la classification des établissements industriels



Maître adjoint à l'école professionnelle de Voiron (Isère) qui enseigne les savoirs techniques et professionnels et prépare à l'insertion professionnelle, Jean Muzy s'intéresse à l'implantation des entreprises dans son département. Il est l'auteur de cartes industrielles de la Loire et de l'Isère (voir notamment sa "Carte de l'Isère industriel, agricole et pittoresque" publiée en 1889 puis rééditée en 1897 où l'on trouve de nombreux syndicats industriels et agricoles représentés par des symboles en poignées de main dans un style XIXe très mutualiste). 

Son plan de Lyon était exécuté à une échelle de 1:10000 avec d'innombrables vignettes iconiques pour symboliser chaque type de bâtiment industriel (pour plus de détails, voir ce fil twitter initié par @ferocias et @DamienPeterman). La maison d'édition n'est autre que le célèbre éditeur lithographe Monrocq à Paris, connu aussi pour l'édition des cartes en couleurs de Vidal-Lablache. La liste cumulée des figurés ponctuels en légende, mais plus encore la variété, la taille et la couleur des caractères pour la nomenclature forcent le respect. Le résultat est aussi sublime qu'illisible. C'est une carte à lire plus qu'à voir. Le style de carte à zoomer de très près ! Même en se reportant à la légende, on s'y perd un peu entre les nombreux figurés ponctuels, différenciés uniquement par leur couleur. La carte vaut surtout par la beauté et la précision du dessin. Elle mériterait d'être numérisée et intégrée à un SIG pour pouvoir jouer sur les types de figurés et être comparée avec d'autres cartes industrielles du XIXe et du XXe siècles.

On peut s'interroger si ce type de carte n'a pas inspiré toute une série de cartes scolaires aussi bien sur le fond (primauté accordée à la géographie économique) que sur la forme (abondance des figurés ponctuels et des symboles iconiques).



Une autre tradition cartographique encore plus illustrative est issue des plans panoramiques qui se diffusent à partir de la fin du XIXe siècle, en lien avec l'essor de la photographie aérienne (voir ce fil Twitter de @mosieurj). Il s'agit de vues panoramiques à vol d'oiseau avec les principaux monuments urbains et industriels. La source est l'Administration des plans monumentaux de France. La précision du tracé des bâtiments industriels est exceptionnelle avec en plus le nom de chaque entreprise. Comme le souligne @DamienPeterman, « l'industrie et le commerce étaient des thèmes valorisés dans l'image des villes (au même titre que le patrimoine monumental), y compris à destination des voyageurs !  » 


Nouveau plan de Rouen monumental, industriel et commercial gravé par H. Rollet, édité par MM Schneider Fres et publié par l'Administration des Plans monumentaux de France (source : Gallica



Plan monumental d'Armentières publié en 1893 par l'Administration des Plans monumentaux de France  (source : Gallica)



4) Un inventaire exceptionnel pour étudier la France industrielle de l'entre-deux-guerres

Les "cartes industrielles de la France" sont célébrées par la plupart des géographes et des historiens de l'époque. Il faut dire que la production cartographique de la Société de documentation industrielle est considérable et réputée pour son sérieux. Elle produit en 1925 une carte du territoire de la Sarre, placé sous mandat de la Société des Nations et pour lequel la France a reçu la propriété des mines de charbon après la défaite de l'Allemagne. S'y ajoutent des cartes sur les ports et façades maritimes : la carte du Rhône maritime (Bouches du Rhône) en 1928, deux plans du port de Strasbourg en 1926 et 1933. Lucien Febvre rend compte de l'intérêt de ces cartes . « On aimerait que l'échelle soit constante, alors qu'elle varie du 40 000e au 20 000e, mais les documents sont à jour, ce qui offre un avantage inappréciable, s'agissant d'installations qui se modifient sans cesse ». (Lucien Febvre, Annales ESC, 1932).

L'ambition de Jean Majorelle était de doter la France d'un inventaire industriel aussi exhaustif que possible. « Les cartes industrielles apparaissent donc essentiellement comme des documents d'ordre pratique, utiles surtout aux industriels et aux commerçants : il n'est pas défendu cependant de penser que l'important travail d'information qu'elles comportent peut servir de base à des études d'un ordre plus élevé et d'envisager les matériaux ainsi réunis comme la base d'un travail scientifique de plus large envergure sur les conditions géographiques de l'industrie française. » (Majorelle, 1927)

Cet inventaire était l'occasion de réfléchir à l'implantation des activités industrielles au moment où celles-ci étaient en train de connaître de profonds changements par rapport au XIXe siècle. Entreprise donc un peu vaine, mais en même temps essentiel pour saisir les permanences et les changements. Jean Majorelle y tenait tout particulièrement si l'on en juge par les nombreux articles et communications qu'il délivre à l'époque. En 1931, l'auteur présente par exemple une communication au Congrès de l'AFG dont le titre est : "Essai sur la localisation des industries en France, avec présentation des cartes de la Société de Documentation industrielle". 

Cette cartographie d'inventaire semble avoir quelque peu vieilli aujourd'hui, mais connaît un regain d'intérêt avec les possibilités d'analyse offertes par les SIG. Ces cartes peuvent notamment être utilisées pour l'étude de l'histoire et du patrimoine industriels, mais aussi pour le repérage de sites industriels  anciens à dépolluer.

Références

Liste des cartes de la Société de documentation industrielle (Strasbourg, Paris) recensées sur Data BNF
http://data.bnf.fr/fr/15290801/societe_de_documentation_industrielle_paris__strasbourg/

Pour retrouver plus facilement les cartes industrielles diffusées sur Gallica, Loïc Hay les a regroupées sous la forme d'une collection

Fonds des archives d'entreprises conservés aux Archives nationales

Majorelle Jean. Une application de la cartographie à la documentation économique. Les cartes de la Société de documentation industrielle. Annales de Géographie, t. 36, n°203, 1927. pp. 451-455.
http://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1927_num_36_203_8979

Jean Majorelle (1893-1974). Hommage rendu par Georges Chabot dans les Annales de Géographie
http://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1975_num_84_463_19810_t1_0351_0000_1

Lucien Febvre. Six cartes et plans publiés par la Société de Documentation Industrielle. In: Annales d’histoire économique et sociale. 4ᵉ année, N. 18, 1932. pp. 617-618.
http://www.persee.fr/doc/ahess_0003-441x_1932_num_4_18_1376_t1_0617_0000_2

Paul Leuilliot. Les industries de la France du Nord et de l'Est. Note bibliographique. L'Information Géographique. Année 1936 1-3 pp. 117-118.
http://www.persee.fr/doc/ingeo_0020-0093_1936_num_1_3_4719

Lyon industriel. Carte indiquant les principales Usines et Manufactures de l'agglomération lyonnaise.1S/282. Archives de Lyon
http://recherches.archives-lyon.fr/ark:/18811/fj17qzx6rbwm/8bcc8b91-b6db-468a-a497-9d4913e5754e

Présentation et synthèse du patrimoine industriel de la ville de Lyon
http://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/presentation-et-synthese-du-patrimoine-industriel-de-la-ville-de-lyon/0acf86dc-059e-4362-bebd-958d9ed9ac47

Inventaire historique de Sites Industriels et Activités de Service (BASIAS)
http://www.georisques.gouv.fr/articles-risques/basias

Pollutions des sols, SIS et anciens sites industriels (Géorisques) 
http://www.georisques.gouv.fr/risques/sites-et-sols-pollues/accueil

Carte des productions industrielles et agricoles en France en 1824 (carte économique de l'âge pré-statistique)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8491640f/f1

Carte de répartition des professions en Grande Bretagne par secteurs industriels (1851)
https://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/mpzpcv/occupations_of_great_britain_from_the_census_of/

Lien ajouté le 8 avril 2021

Lien ajouté le 17 octobre 2021

Lien ajouté le 3 août 2022

Lien ajouté le 13 décembre 2022

Lien ajouté le 12 décembre 2023
Lien ajouté le 25 avril 2024

« D’où vient cette carte de l’industrie de la Loire produite par les Allemands en 1940 ? » (If Saint-Etienne). Léopold Denis, collectionneur de cartes, a par hasard mis la main sur une étonnante carte datée de 1940. La carte est signée de l’État-major allemand. Elle a en fait été produite, ou plutôt reproduite, à partir d’une carte identique française réalisée en 1932 comme l'indique le cadre en légende. Simple traduction ou mise à jour rigoureuse 8 ans plus tard ? On peut retrouver la version originale française de 1932 sur le site Gallica de la BNF (Bibliothèque nationale de France) où elle est facilement consultable et zoomable ». 

Cette carte n'est pas un cas isolé. Il semble que l'État-major allemand ait réédité toute la série de cartes françaises de la Société de documentation industrielle de Jean Majorelle, produites entre 1925 et 1932. Seule la légende a été traduite, de sorte que les cartes ont pu être imprimées très vite dès le début de l'Occupation allemande en juin 1940. Editée en masse probablement pour être distribuées, ces cartes ont été acheminées à Berlin. A la fin de la guerre, elles ont été récupérées par les Alliés et envoyées aux Etats-Unis. La collection Steven Statharos de cartographie thématique allemande sur la Seconde Guerre mondiale en reprend plusieurs exemples dans l'ouvrage Heute Deutschland! Morgen die Welt ! 

Jean Majorelle explique dans un article des Annales de géographie (1927) qu'il a voulu choisir des symboles conventionnels pour représenter les différents types d'activités industrielles. Le symbole de la svastika ne semble donc pas revêtir de sens particulier sur cette carte de la Loire industrielle, même si le même symbole repris en 1940 sur une carte éditée par l'Etat-major allemand résonne différemment avec la mention "Anschluss" (cf territoires industriels désormais occupés par l'Allemagne nazie).



Pour information, l’Institut géographique national (IGN) a été créé le 27 juin 1940, en remplacement du Service géographique de l'armée (SGA), pour éviter qu'avions, cartes et matériel de levés ne tombent aux mains de l'ennemi allemand. Au service des citoyens et de l'intérêt public, le rôle de l'IGN est alors "d'exécuter dans le domaine géodésique, topographique et cartographique tous les travaux d'intérêt général".

Articles connexes

L'histoire par les cartes

Numérisation des archives de la Société de Géographie sur Gallica


L'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen et la cartographie des sites Seveso en France


L'IGN lance une opération de recensement des bornes de propriété avec l'application ALEA


Source : « Ensemble, localisons les bornes de propriété » (IGN France)

Le cap de 85 000 bornes signalées (novembre 2024) a déjà été franchi dans le cadre de la campagne IGN de recensement des bornes de propriété. Propriétaires fonciers, élus, forestiers, agriculteurs ou encore promeneurs se sont déjà largement mobilisés pour retrouver ces repères dont certains datent de plusieurs siècles. De nombreuses bornes restent à découvrir ! Ensemble, localisons-les et sauvegardons la trace de ce précieux patrimoine.


Pourquoi recenser les bornes ?

Les bornes matérialisent la limite de propriété. Connaître leur position précise, c’est disposer de points de calage indispensables pour améliorer l’exactitude géographique du plan cadastral. C’est ce qui permet par exemple de les superposer parfaitement avec des images aériennes IGN, comme il est possible de le faire sur le Géoportail.
 
Recenser les bornes, c’est aussi contribuer à sauvegarder un patrimoine précieux ! La trace de nombreuses bornes a déjà été perdue. Votre collaboration est essentielle pour nous aider à conserver la mémoire de l’emplacement de ces repères parfois très anciens.

Quels sont les différents types de bornes ?

À l’origine, les bornes étaient constituées essentiellement de pierre. On en trouve aussi en béton, en métal ou en plastique. Certaines sont composées de plusieurs matériaux, avec par exemple une tête en résine de béton et un ancrage métallique.

Un inventaire en trois étapes

La localisation des bornes, notamment des plus anciennes souvent enfouies, cassées parfois mais ayant résisté à l’épreuve du temps. Votre participation est essentielle à ce stade ! Le positionnement GPS précis des bornes inventoriées : en suivant vos signalements, un géomètre pourra se rendre sur le terrain pour déterminer très précisément leur emplacement.

Comment participer ? 

Pour signaler la position des bornes, c’est très simple ! Téléchargez sur votre smartphone l’application ALÉA disponible gratuitement sur Google Play et l’App Store. Veillez à activer la fonction localisation de votre téléphone et à autoriser l'accès aux images, puis sélectionnez ensuite Bornes. Trois clics suffisent pour effectuer un signalement !
L’IGN à la recherche des bornes cadastrales

France 3 Rhône Alpes - le journal du 19/20 (08 juillet 2020)


Lien ajouté le 8 février 2022

Lien ajouté le 17 novembre 2024

Articles connexes

Depuis le 1er janvier 2021, l'IGN rend ses données libres et gratuites 

Etudier les villes moyennes en France en utilisant les cartes au 1/25 000 du Géoportail

L'histoire par les cartes : les essais nucléaires français en Polynésie et au Sahara


Enquête sur les essais nucléaires en Polynésie française (Disclose et Interprt, 9 mars 2021)

Disclose et Interprt, en collaboration avec le programme Science & Global Security de l’université de Princeton, aux Etats-Unis, ont enquêté pendant deux ans sur les conséquences des essais atmosphériques en Polynésie française. A l’aide de milliers de documents militaires déclassifiés, de centaines d’heures de calculs par ordinateur et de plusieurs dizaines de témoignages inédits, cette enquête démontre pour la première fois l’ampleur des retombées radioactives qui ont frappé ce territoire vaste comme l’Europe. Elle dévoile également comment les autorités françaises ont tenté de dissimuler l’impact réel de cette campagne dévastatrice pour la santé des populations civiles et militaires.



Le projet Mururoa Files (Mururoa files)

Ce projet éditorial est né de la rencontre entre le collectif de chercheurs et d’architectes Interprt et le média d’investigation Disclose. L'objectif était simple et inédit : écrire les pages manquantes de l’histoire des essais nucléaires en Polynésie française. Pour conduire cette enquête internationale, ils se sont associés au chercheur Sébastien Philippe. Membre du programme Science and Global Security de l’Université américaine de Princeton, sa tâche a été d’analyser scientifiquement, une à une, toutes les données émises à l’époque par l’Armée française. Cette plateforme interactive expose des informations soustraites au débat public par les autorités françaises depuis un demi-siècle. Entre 1966 et 1996, la France a procédé à 193 essais nucléaires en Polynésie française. En trente ans, le programme a laissé des traces dans la société polynésienne, dans les corps de ses habitants et de nombreux vétérans, dans l’environnement de ce territoire vaste comme l’Europe.

Interview. Essais nucléaires en Polynésie : « C’est désormais à la société civile de se saisir de ce travail », confie Tomas Statius, co-auteur de « Toxique : enquête sur les essais nucléaires français en Polynésie » (Outre-mer 360°)

Essais nucléaires : en Polynésie française, l’explosion atomique qui ne s’est pas passée comme prévu (France Culture)

La cellule investigation de Radio France, en partenariat avec Disclose, montre que l’État français a menti sur un essai nucléaire effectué en juillet 1974 en Polynésie française. 110 000 personnes ont potentiellement été touchées par son nuage atomique.

Du nouveau sur les essais nucléaires français du Sahara (Histoire coloniale, 15 février 2014)

Une carte de l’armée française de 1960, déclassifiée en 2013 et publiée par Le Parisien, montre que les retombées radioactives du premier essai nucléaire français dans le Sahara algérien, baptisé Gerboise bleue, ont été beaucoup plus importantes qu’on ne l’avait admis jusqu’à présent, s’étendant à toute l’Afrique de l’ouest et au sud de l’Europe.


Essais nucléaires : Alger hausse le ton après un long silence (Le Monde, 21 janvier 2021)

Le gouvernement algérien demande à Paris d’assumer ses responsabilités pour les dégâts sanitaires et environnementaux causés par les essais nucléaires au Sahara.

France-Algérie : les essais nucléaires au cœur des questions mémorielles (Le Point, 13 février 2021)

61 ans après le premier essai nucléaire français dans le Sahara algérien, la question des indemnisations et de la décontamination des sites est toujours d’actualité.

Des traces d'essais nucléaires retrouvées dans le Jura (France 3, 28 février 2021)

Quand un nuage de sable jaune orangé nous rappelle le passé. 60 ans après les tirs nucléaires en Algérie, ces traces d’essais nucléaires nous reviennent comme un boomerang. Du sable ramassé dans le massif du Jura a été analysé par un laboratoire près de Rouen en Normandie. On y retrouve des traces des essais nucléaires français au Sahara au début des années 60.


Lien ajouté le 18 mars 2021

Depuis la première explosion d'essai nucléaire le 16 juillet 1945, au moins huit pays ont réalisé 2056 essais nucléaires sur des dizaines de sites d'essais, notamment à Lop Nor en Chine, sur les atolls du Pacifique, dans le Nevada, en Algérie où la France a mené ses premiers essais nucléaires, à l'ouest de l'Australie où le Royaume-Uni a fait exploser des armes nucléaires, l'Atlantique Sud, Semipalatinsk au Kazakhstan en ce qui concerne la Russie...

Le site Atomic Archive fournit une cartographie de l'ensemble de ces sites d'essais nucléaires :


Lien ajouté le 8 juin 2021

Sebastian Grevsmühl. Nucléaire : Visualiser la contamination nucléaire de la planète pendant la Guerre froide. Béatrice Delaurenti & Thomas Le Roux. De la contagion, Editions Vendémiaire, pp.257-263, 2020.

Aujourd'hui, des polluants d'origine anthropique, à commencer par les microplastiques, sont partout sur notre planète, déposés dans les glaces des régions polaires, dispersés dans la haute atmosphère, transportés jusqu'aux abysses océaniques. Nos savoirs scientifiques sur la distribution globale de ces polluants ne datent pas d'hier et nos connaissances sur la contamination du monde ont déjà connu un développement considérable tout au long du xix e siècle avant de se prolonger ensuite. Le suivi, la surveillance et les études sur les nombreux essais nucléaires pendant la Guerre froide, dont il sera question ici, n'en sont qu'une très récente manifestation. Néanmoins, il s'agit là d'une étape historique cruciale car elle aboutit à la réalisation de premières cartes globales d'une contamination nucléaire du monde, celles-ci rendant visibles et palpables certains effets d'une possible guerre nucléaire. Plus important encore, ces nouvelles vues planétaires ont renforcé notre vision de l'ensemble de la biosphère comme un espace écologique radicalement interconnecté. Ils ont ainsi solidifié des savoirs environnementaux globaux qui forment les piliers de nos craintes environnementales actuelles.

Lien ajouté le 12 janvier 2022
Lien ajouté le 15 mars 2022
Lien ajouté le 9 avril 2022
Lien ajouté le 30 septembre 2022
Lien ajouté le 19 mai 2023
Lien ajouté le 6 avril 2024

Les atolls au risque de l’atome (Géographie à la carte, France Culture). C'est l'une des conséquences inattendues et dramatiques de la montée des eaux et de l’augmentation de la fréquence des tempêtes dans le Pacifique : les atolls de Mururoa, Fangataufa et Hao, qui ont servi à partir de 1964 aux essais nucléaires aériens et souterrains français, pourraient être submergés ou dévastés, avec pour effet le rejet dans la mer des déchets radioactifs entreposés et enfouis sur ces îles.

Lien ajouté le 22 février 2025

L'ASNR publie un rapport sur "L'évaluation de l’exposition radiologique des populations tahitiennes aux retombées atmosphérique de l'essai nucléaire Centaure" (17 juillet 1974) Cartes et données à l'appui www.irsn.fr/sites/defaul...

[image or embed]

— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 22 février 2025 à 13:36
Lien ajouté le 21 novembre 2025

Philippe Pelletier (2025). De Hiroshima à Fukushima. Guerre, nucléaire et politique au Japon, Presses universitaires de Lyon, https://books.openedition.org/pul/69361 (ouvrage en open access).

Hiroshima et Fukushima sont deux lieux intimement marqués par le nucléaire, deux lieux emblématiques aussi de la relation singulière du Japon au nucléaire, qu’il soit militaire ou civil. Si les deux événements – la bombe de 1945, l’accident de 2011 – sont connus de tous, ils ont rarement été rapprochés dans une même analyse. C’est ce que propose ici Philippe Pelletier, dans une perspective géohistorique originale. S’appuyant sur de nombreuses sources japonaises, l’auteur retrace les dynamiques à l’œuvre au Japon depuis les années 1930, en relation avec les États-Unis. Il démontre ainsi que c’est bien à la persistance d’un « village nucléaire » où se côtoient depuis près d’un siècle les mêmes cercles politiques, industriels, scientifiques et militaires que l’on doit le développement d’un électronucléaire civil forcément lié à la question de la guerre et du nucléaire militaire.

Liens ajoutés le 26 janvier 2026

Les armes chimiques utilisées par la France pendant la guerre d’Algérie : une histoire occultée (The Conversation).
Le film documentaire de Claire Billet Algérie, sections armes spéciales vient jeter une lumière crue sur l’utilisation massive de gaz asphyxiants par la France durant la guerre d’Algérie – des faits largement méconnus qui, du fait de l'amnistie générale incorporée dans les accords d’Évian, ne peuvent être jugés. L’historien Christophe Lafaye, dont les travaux se trouvent à l’origine du documentaire, revient ici en détail sur ces années de guerre chimique.

Christophe Lafaye (2024). La guerre chimique en Algérie (1954-1962) : traces et stigmates du conflit, Les violences et leurs traces, Transversales, 25 | 2024.

Armes chimiques pendant la guerre d’Algérie (Wikipédia)
Les armes chimiques sont utilisées, pendant la guerre d’Algérie, par les Forces armées françaises et ce en dépit du protocole de Genève pourtant signé par la France. Il s'agit en particulier du gaz CN2D, contenant de la diphénylaminechlorarsine pour « neutraliser » les grottes et du napalm sur les forêts et villages. Les difficultés d'accès aux archives militaires françaises rendent difficile le travail d’identification des sites concernés et la détermination du nombre des victimes civiles et militaires algériennes. À partir des années 1950, l’armée française effectue des tirs d’essais d’armes chimiques et bactériologiques à l'Oued Namous. Avec l'accord d'Houari Boumédiène, l’armée française a conservé ce site d’essais d’armes chimiques au moins jusqu'en 1978. En 2021, Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, critique le refus des autorités françaises de fournir à l'Algérie les cartes topographiques qui donnent les sites « des déchets polluants, radioactifs ou chimiques non-découverts à ce jour ».

Articles connexes

Bomb Blast, un outil pour cartographier l'impact d'une explosion nucléaire

MissileMap et NukeMap : deux sites pour cartographier l'impact de missiles à longue portée