Comment le changement climatique a déjà commencé à affecter certaines régions du monde


Signalé sur Maps Mania, 24 avril 2019

Le site Buzzfeed a publié le 22 avril 2019 deux cartes interactives qui montrent comment le changement climatique commence à affecter certaines régions du monde. 
http://www.buzzfeednews.com/article/peteraldhous/climate-change-maps-ice-sea-level-rise

La première carte représente le réchauffement climatique depuis 1950. En cliquant sur la carte , on affiche un graphique qui indique l'évolution de la température moyenne depuis 1880 à l'endroit choisi (on peut utiliser également le menu "Search).


Une deuxième carte témoigne de l'augmentation du niveau de la mer dans les différents océans, en comparant le niveau moyen de la mer en 2008-2010 à celui de 1993-1995. Plus le bleu est foncé sur la carte, plus le niveau de la mer est monté sur cette période. Le graphique permet d'afficher le niveau moyen de la mer pour chaque année depuis 1993 avec les variations en millimètres. En moyenne, le niveau de la mer monte d’environ 3 millimètres par an, mais les variations sont importantes d’un lieu à l’autre, en raison notamment de l’interaction des courants et de la géographie côtière, ainsi que des variations de l’attraction gravitationnelle. Près des Philippines, le niveau de la mer augmente cinq fois plus vite que la moyenne mondiale.


Voici une simulation qui montre à long terme l'impact de la remontée du niveau marin :



Le déplacement prévu des espèces animales en Amérique du Nord en raison du réchauffement climatique :
http://blog.nature.org/science/2016/08/19/migration-in-motion-visualizing-species-movements-due-to-climate-change/

Lien ajouté le 2 août 2019
Lien ajouté le 24 octobre 2019

Un rapport de l'Alliance nationale pour la recherche en environnement (AllEnvi) permet de faire le point sur les effets de la hausse du niveau des océans et de proposer différents scénarios globaux d'adaptation.

Liens ajoutés le 17 décembre 2019

Le site Climate Central fournit une carte mondiale de l'élévation projetée du niveau de la mer en 2050. Celle-ci utilise des données mondiales sur l'altitude, les marées et les probabilités d'inondations côtières pour prédire quelles zones sont susceptibles d'être inondées en fonction des scénarios de réchauffement climatique. La carte ne prend pas en compte les risques liés aux inondations intérieures, à l'érosion côtière, à l'augmentation des précipitations et des débits fluviaux.

Liens ajoutés le 12 février 2020

Lien ajouté le 19 mars 2024

En 2020, le site ProPublica a cartographié les zones à risque qui menaceront les Américains au cours des 30 prochaines années, en combinant des données climatiques et des projections d'incendies de forêt réalisées par les chercheurs du Service des forêts des États-Unis et d'autres organismes. La chaleur à elle seule ne déterminera pas le sort des Américains. Une nouvelle analyse climatique prévoit comment l'humidité et la chaleur se conjugueront pour former des températures « humides » qui perturberont le quotidien. L'ensemble de ces facteurs entraînera de profondes pertes économiques, voire un exode massif des Américains fuyant la détresse dans une grande partie du sud et des régions côtières du pays. Parallèlement, le nord du Midwest et les Grandes Plaines bénéficieront d'une productivité agricole accrue, d'une économie florissante et d'un niveau de vie général amélioré.



Liens ajoutés le 24 novembre 2025

« Plus de 5 500 sites industriels toxiques aux États-Unis pourraient être inondés d’ici 2100 » (Reporterre).

L’analyse, portant sur 47 600 installations côtières, montre que près de 80 % des sites à risque se concentrent dans sept États : Floride, New Jersey, Californie, Louisiane, New York, Massachusetts et Texas. Sous un scénario de fortes émissions, plus d’un cinquième des stations d’épuration, raffineries et anciens sites militaires, un tiers des centrales électriques et plus de 40 % des ports et terminaux liés aux combustibles fossiles seraient exposés à un événement centennal d’inondation. D’ici 2050, près de 3 800 sites devraient déjà faire face à ces menaces. Lien vers l'étude scientifique :

Cushing, LJ, Ju, Y., Karasaki, S. et al. (2025). « Sea level rise and flooding of hazardous sites in marginalized communities across the United States » [Élévation du niveau de la mer et inondations de sites dangereux dans les communautés marginalisées des États-Unis]. Nature Communications 16, 9711, https://doi.org/10.1038/s41467-025-65168-2

L’élévation du niveau de la mer (ENM) accroît le risque d’inondation des sites côtiers qui utilisent et produisent des substances dangereuses. Les auteurs évaluent si les populations marginalisées aux États-Unis sont plus susceptibles d’être touchées par les inondations, liées à l’ENM, de sites dangereux pouvant entraîner des rejets de contaminants. Ils ont identifié 5 500 installations exposées au risque d’une inondation centennale d’ici 2100 dans un scénario de maintien de niveaux élevés d’émissions de gaz à effet de serre. Ces installations comprennent des centrales électriques côtières, des stations d’épuration, des infrastructures d’énergies fossiles, des sites industriels et d’anciens sites militaires. Sept États (Louisiane, Floride, New Jersey, Texas, Californie, New York et Massachusetts) concentrent près de 80 % des installations à risque. En contrôlant la densité de population et le comté, une augmentation d'un écart-type de la proportion de ménages linguistiquement isolés, de résidents du quartier s'identifiant comme hispaniques, de ménages dont les revenus sont inférieurs à deux fois le seuil de pauvreté fédéral, de ménages sans véhicule, de non-votants et de locataires est associée à une probabilité de 19 à 41 % plus élevée d'avoir un site à risque d'inondation liée à l'élévation du niveau de la mer dans un rayon de 1 kilomètre. Les résultats mettent en évidence la nécessité d'une planification en cas de catastrophe, d'une prise de décision en matière d'utilisation des terres, ainsi que de stratégies d'atténuation qui tiennent compte des risques inéquitables et des menaces potentielles pour la santé posées par l'élévation du niveau de la mer.

Lien ajouté le 23 avril 2026

Perkins-Kirkpatrick, SE, Gregory, CH, Vanos, JK et al.  (2026). « Deadly heat stress conditions are already occurring » [Des conditions de stress thermique mortel se produisent déjà]. Nature Communications, 17, 2590. https://doi.org/10.1038/s41467-026-70485-1

Et si nos limites étaient plus basses que prévu ? Les limites de la survie humaine face au stress thermique ont été jusqu'ici définies par une exposition de 6 heures à une température humide de 35°C. Le modèle HEAT-Lim, récemment développé et basé sur la physiologie, démontre que les seuils de stress thermique environnemental peuvent être plus bas et plus secs qu'on ne le pensait. Les chercheurs ont utilisé HEAT-Lim pour déterminer si les seuils de non-survie ont été dépassés lors de six événements historiques caractérisés par des conditions climatiques extrêmes et/ou une forte mortalité liée à la chaleur. Les résultats montrent que des conditions non viables se produisent lors des vagues de chaleur actuelles, toutes inférieures à 35°C de température humide. Le dépassement régulier des seuils létaux pour les personnes âgées directement exposées lors de ces événements est préoccupant. De plus, des conditions extrêmement chaudes et sèches s'avèrent tout aussi mortelles que des conditions chaudes et humides. Pour les futures évaluations climatologiques, les chercheurs insistent sur l'importance d'utiliser des méthodes physiologiques de plus en plus précises pour évaluer le risque de stress thermique potentiellement mortel.

Articles connexes







La liberté de la presse dans le monde selon Reporters sans frontières


L’édition 2019 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) montre que la liberté de la presse recule en Europe et dans le monde. Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias. 

Pour accéder à la carte de Reporters sans frontières (en français) : http://rsf.org/fr/classement
 

Le classement est établi selon un indice composite, le World Press Freedom Index qui prend en compte le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures soutenant la production de l’information (voir la méthodologie).

Les pays sont colorés en fonction de leur classement. Les pays de couleur jaune pâle sont jugés « satisfaisants ». Les pays de couleur orange sont considérés comme « problématiques ». Les pays rouges sont dans une  « situation difficile » et les pays noirs sont dans une « situation très difficile ». En cliquant sur un pays au choix, on affiche son rang de classement, son score global et son évolution depuis 2018. Le site fournit en outre des analyses par continent. Les données sont téléchargeables au format CSV. La page archives permet d'accéder aux données des années précédentes avec possibilité de remonter jusqu'en 2002, date du premier rapport de RSF.
Extrait du rapport 2019 :

Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation “bonne” (zone blanche) ou “plutôt bonne” (zone jaune) contre 26% l’année dernière. Les Etats-Unis (48e), où un climat toujours plus hostile s’est installé au-delà des propos de Donald Trump, perdent trois places en 2019 et basculent dans la zone orange, ce qui signale une situation problématique.

Plusieurs régimes autoritaires perdent des places au classement. C’est le cas du Venezuela (148e, -5 places), où les journalistes ont été confrontés aux arrestations et violences infligées par les forces de l’ordre. Et de la Russie (149e, -1 place), où le Kremlin a accentué la pression contre internet et les médias indépendants, à coup d’arrestations, de perquisitions arbitraires et de lois liberticides. Le Vietnam (176e), talonné par la Chine (177e, -1), perd également une place. Dans la Corne de l’Afrique, l’Erythrée atteint l’antépénultième place (178e, +1), malgré la pacification de ses relations avec l’Ethiopie, tandis que le Turkménistan (180e, - 2) est désormais dernier, à la place de la Corée du Nord (179e, +1).

Les plus fortes dégradations affectent des régions en principe vertueuses. Cette année, c’est la zone Amérique du Nord et du Sud qui enregistre la plus grande dégradation de son score régional (+3,6%). Ce mauvais résultat n’est pas seulement dû aux piètres performances des Etats-Unis, du Brésil et du Venezuela. Le Nicaragua (114e), qui dévisse de 24 places, subit l’une des baisses les plus significatives en 2019. Les journalistes nicaraguayens qui couvrent les manifestations anti-gouvernement Ortega, considérés comme des opposants, sont fréquemment agressés.

L’Union européenne et les Balkans enregistrent la deuxième plus forte dégradation du Classement (+1,7%). Dans cette zone qui reste celle où la liberté de la presse est la mieux respectée et qui est en principe la plus sûre, les journalistes doivent aujourd’hui faire face aux pires menaces : le meurtre à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie (111e), des attaques verbales et physiques notamment en Serbie ou au Monténégro (104e, -1), ou un niveau inédit de violences lors des manifestations de “gilets jaunes” en France (32e, +1), au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps. La stigmatisation des journalistes s’affiche aussi désormais de façon décomplexée : en Hongrie (87e, -14), les responsables du parti de Viktor Orban refusent de répondre aux questions des journalistes qui ne travailleraient pas pour des médias considérés comme des “amis du Fidesz”. En Pologne, ce sont les médias publics transformés en instruments de propagande qui permettent, de façon de plus en plus intensive, d’exercer des pressions sur les journalistes.


Cette carte peut être confrontée à celle de la Banque mondiale (Doing Business) qui établit chaque année un classement des pays libres dans le monde en fonction de 6 indicateurs (économiques, politiques et personnels) : http://i.redd.it/sp07qm12g9p01.png





 



Articles connexes


Cartographie des journalistes tués ou emprisonnés dans le monde

Carte de l'indice de perception de la corruption (Transparency International)



Notre-Dame de Paris au coeur de la fabrique de l'image et de l'information


L'incendie spectaculaire qui a complètement détruit la toiture et la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 a donné lieu à une importante production de photographies, de plans, de cartes, d'infographies, d'images de drone... En voici une sélection thématique qui permet d'évaluer les dégâts, d'envisager les possibilités de reconstruction, mais aussi d'interroger le rôle de l'image et de l'information à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux.


1) Images et traitement médiatique de l'information

Notre-Dame de Paris : émotion et stupeur en une des journaux partout dans le monde :  JDD
Notre-Dame de Paris ravagée par un incendie, émotion internationale : Agence France Presse

"Notre-Dame, notre drame" : Libération, France24, LCI, L'Express

Notre-Dame de Paris : « C'est le cœur de la nation qui est en flammes » : Le Figaro

La cathédrale des cathédrales : La Vie

De la fragilité du monde : Reporterre

Le rôle clé des médias en ligne dans le traitement de l’information : Upday

Moins de 5 heures après le début de l’incendie de Notre-Dame, Wikipédia avait déjà un article en 32 langues sur le sujet : Zdnet.

Incendie de Notre-Dame : les théories du complot et fake news se multiplient : BFM TV et AFP Factuel 

Notre-Dame de Paris, défigurée mais encore debout, sera "rebâtie" promet Macron : Agence France Presse

Hommages en dessins : Le Figaro, France Info, Huffington Post, Pure Break, CNews 

Images et caricatures de presse  : Le Canard enchaîné,  Charlie Hebdo, France TV Info,  Ouest France, Médiapart

Attaque de la mosquée de Bayonne : comment la thèse (erronée) de l'incendie criminel de Notre-Dame s'est propagée : France Info


2) Images et évaluation des dégâts liés à l'incendie

Images prises par un drone de la police et utilisées par les pompiers pendant l'incendie : Numérama

Une vue aérienne en 3D de Notre-Dame-de-Paris après l’incendie : Gigarama

Une image de drone en haute définition prise à la verticale montrant l'ampleur des dégâts : Stéphane Larue

Images avant / après l'incendie : France TV info

Infographies montrant les parties détruites, souvent accompagnées de commentaires décomposant les étapes de l'incendie :
Les Echos
, Statista, Le Monde, Le Journal de Montréal, New York Times, Graphic News, The Guardian, AFP, Reuters, Reddit.

Une sélection d'infographies en 3D issues de différents journaux : Inconsolata


Pourquoi Notre-Dame de Paris était une poudrière : une infographie animée en 3D par le New York Times

Une story map sur la plateforme d'Arcgis (en anglais) : ESRI

Les vitraux de Notre-Dame à en très haute résolution (24 giga pixels) : Gigascope

L'incendie de Notre-Dame a contaminé le site avec des nuages ​​de poussière toxique et a exposé des écoles, des crèches, des parcs publics à des niveaux alarmants de plomb : une infographie du New York Times. Les retombées de plomb liées à l’incendie ont été cartographiées grâce au miel des abeilles parisiennes (CNRS)




3) Images et plans anciens : l'histoire de la cathédrale

Sélection d'images et plans anciens : Gallica et BNF

La charpente en chêne (appelée "la forêt") était constituée de 1 300 arbres dont certains remontaient au XIIe siècle : site officiel de Notre-Dame

Les plus vieilles photographies de la cathédrale : un daguerrotype de 1838 (lire cet article) et un autre de 1842 lors des funérailles du duc d'Orléans montrent la cathédrale avant la construction de la flèche par Viollet-le-Duc dans les années 1860.

Itinéraire pratique de l'étranger dans Paris (1848) : Bibliothèque du Congrès

Notre-Dame, le coeur de Paris. Documents d'archives de l'INA notamment lors du 800e anniversaire de la cathédrale en 1963.

Vues anciennes de Notre-Dame par le compte Twitter des Archives nationales : plan de l'île de la Cité en 1610, photos aériennes de 1955. Affiches publicitaires d'Air France.

Notre-Dame de Paris : les dates qui ont marqué l’histoire de la cathédrale en 12 photos : Géo

De la Reine Margot à la Libération, Notre-Dame ou l’église de la nation : Libération

Notre-Dame de Paris, joyau gothique : revue L'Histoire

Comment Notre-Dame est devenue un monument national - entretien avec Yann Potin pour la revue L'Histoire

Notre-Dame, une émotion patrimoniale (entretien avec Nathalie Heinich) : La Vie des Idées

Notre-Dame : un incendie et ses instrumentalisations. Interview de Julien Théry, historien spécialiste du Moyen-Age : Le Media TV

Un thread sur Twitter racontant la longue histoire de la cathédrale à partir d'images (par Actuel Moyen Age) :
L'incendie de Notre-Dame de Chartres en 1836 : Retronews

La cathédrale de Reims détruite... et reconstruite : The Huffington Post

Incendie de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes en 1972 : le temps de l'émotion n'est pas celui de la reconstruction : En Envor

Comment la cathédrale a t-elle été représentée au fil des siècles – avant, pendant et après Victor Hugo ? Bibliothèque nationale de France

Dossiers du site France Archives sur l'histoire de Notre-Dame : un joyau architectural ; le parvis, un lieu de vie ; l'église des Parisiens et des Rois Très Chrétiens.


4) Images et plans pour la reconstruction

Plan simplifié pour expliquer les différentes parties de la cathédrale : L'Histoire de France

Plan en sections 3D : Imgur

Notre-Dame de Paris : les reconstitutions en 3D peuvent aider à la reconstruction : Le Monde

Sur des disques durs américains, le modèle en 3D le plus précis de Notre-Dame. Voir aussi la vidéo du National Geographic : L'Internaute

Non, le jeu vidéo « Assassin’s Creed Unity » ne servira pas à reconstruire Notre-Dame de Paris : Le Monde

La tech au secours de Notre-Dame : le fantasme et la réalité : Le Point
Les joueurs PC peuvent récupérer une copie du jeu vidéo Assassin's Creed Unity gratuitement : Numerama

De l’émotion à la reconstruction d’un patrimoine mondial : The Conversation

Notre-Dame, c'est "l'incendie de trop" : pourquoi les historiens de l'art et spécialistes du patrimoine sont en colère : FranceTvInfo

Les projets qui devraient « réenchanter » l’île de la Cité d’ici à 2040 : Le Parisien

Notre-Dame de Paris : pour ou contre la reconstruction de la flèche de Viollet-le-Duc à l'identique ? LCI

Notre-Dame de Paris : toit végétalisé, flèche de cristal... les architectes ont déjà des plans : MSN


5) Ressources pédagogiques

Ressources pédagogiques et articles sélectionnés sur le site Eduscol

Ressources proposées par le Café pédagogique

L'actualité à hauteur des enfants, n°231 d'1jour1actu sur Notre-Dame en téléchargement libre.

Notre-Dame de Paris en flammes : quand l'émotion parcourt le monde ("L'information sans frontières à l'école", CLEMI)

Notre-Dame de Paris, source de la littérature et des arts : LeVif.be et Techno-Sciences

De Victor Hugo à Assassin's Creed, comment Notre-Dame s'est enracinée dans notre imaginaire culturel : France Inter

Notre-Dame de Paris, le roman de Victor Hugo (1831) en e-book libre et gratuit : CRDP de Strasbourg

L’hommage de Victor Hugo à Notre-Dame de Paris : Mediapart

La cathédrale humaine par Paul Le Bohec (inspiré par Célestin Freinet) :
"Ce qu'il faut viser, c'est l'élévation harmonieuse, l'assise solide qui permettra à la flèche de monter et de braver le temps. Et nous ne pourrions mieux comparer notre projet qu'à la structure merveilleuse des cathédrales moyenâgeuses."

Lien ajouté le 10 décembre 2022
Lien ajouté le 12 juillet 2023
Lien ajouté le 5 mars 2024
Lien ajouté le 11 janvier 2026

« Pourquoi reconstruisons-nous les monuments à l'identique » (The Conversation).

En 2019, la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris « à l'identique » des matériaux d'origine et de leur mise en œuvre a été présentée comme une nécessité technique, historique et parfois même mystique. Or ce type d'attitude, relativement récent, mérite d'être diffusé en tant que fait culturel qui interroge le rapport de nos sociétés à leur histoire. La reconstruction de tout ou partie du patrimoine disparu at-elle trouvé un nouveau départ ? Le patrimoine-spectacle, qui est aussi patrimoine-science a trouvé son public, mais il ne s'applique qu'à des édifices iconiques de l'histoire nationale. Peut-être marque-t-il la fin de cette expansion patrimoniale énoncée par les experts dans les années 1990, de l'historienne Françoise Choay , qui y voyait le signe d'un « narcissisme collectif », au directeur de l'architecture et du patrimoine François Barré qui s'inquiétait de l' abus patrimonial . Quoiqu'il en soit, le patrimoine-spectacle-et-science peut dès maintenant être localisé en emblème du champ culturel patrimonial des années 2020.

Lien ajouté le 7 février 2026

« « Ce n’est pas très français de changer les choses » : comment les vitraux de Claire Tabouret jettent un nouveau regard sur Notre-Dame » (The Guardian).

La restauration de Notre-Dame s’inscrit dans un débat patrimonial des plus vif. L’artiste Claire Tabouret est choisie pour créer 6 vitraux contemporains, incarnant la “contemporary gesture” voulue par Emmanuel Macron pour ce monument historique. Sélectionnée parmi plus de 100 candidats, Claire Tabouret introduit l’art contemporain dans un édifice médiéval. Ce choix révèle une tension classique entre conservation patrimoniale et création, au cœur des politiques culturelles françaises et des représentations de l’identité nationale. Les vitraux remplacent des fenêtres du XIXe siècle, hautes de 7 mètres. Leur valeur est surtout historique. Leur remplacement, estimé à 4 millions d’euros, a suscité pétitions et recours juridiques, illustrant la conflictualité sociale autour des usages du patrimoine. Le thème imposé est la Pentecôte. Tabouret s’inscrit dans la tradition iconographique chrétienne tout en renouvelant les formes. Elle mobilise des paysages, des groupes humains et des couleurs vives pour produire des images lisibles par tous. La fabrication est confiée à l’atelier Simon-Marq, fondé il y a près de 400 ans à Reims. Chaque vitrail est composé d’environ 50 pièces. Le projet articule ainsi savoir-faire artisanal ancien et création artistique contemporaine. Le débat révèle des conceptions opposées du patrimoine. Certains défendent une cathédrale figée dans un état idéalisé. D’autres rappellent que Notre-Dame est un édifice stratifié, transformé à chaque époque, du Moyen Âge au XIXe siècle. Pour Tabouret, le patrimoine vivant suppose un dialogue entre les époques. Refuser toute transformation reviendrait à nier l’histoire même du monument. Cette approche rejoint une lecture géographique du patrimoine comme production sociale située. L’affaire des vitraux montre que Notre-Dame est à la fois un lieu de mémoire, un symbole national et un espace de débats contemporains. Le patrimoine apparaît ici comme un enjeu culturel, politique et territorial, inscrit dans le temps long. 

Articles connexes

Découvrir Paris à travers les grands classiques de la littérature

Une cartographie historique du Paris populaire de 1830 à 1980

La cartographie des déchets plastiques dans les fleuves et les océans


Environ 8 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans. Ce plastique constitue un danger pour la vie marine et pour la santé des personnes. Les déchets de plastique non collectés ou intentionnellement déversés dans les fleuves se retrouvent dans les océans. Des études commencent à être conduites afin de cartographier les zones concernées et déterminer l'origine de ce plastique.

Litterbase est une organisation qui rassemble des études scientifiques sur les niveaux de pollution plastique présents dans les océans du monde. Litterbase fournit un aperçu des résultats de plus de 1900 études sur la quantité et la composition des déchets et leur effet sur les environnements marins. OpenLittermap constitue un projet de cartographie collaborative pour recenser et collecter les déchets plastiques à l'échelle mondiale.


L'une des façons de combler ces lacunes dans nos connaissances consiste à modéliser la densité de la pollution dans les océans à partir des résultats d'études scientifiques. L'agence Dumpark a produit  Sailing Seas of Plastic, une carte par densité de points qui indique la concentration estimée de plastique flottant dans les océans sur la base des résultats de 24 expéditions effectuées entre 2007 et 2013 et de modèles de dérive des vents et des courants marins. 

Chaque point représente 20 kg de plastique flottant. Selon la carte, 550 milliards de pièces de plastique dérivent sur les mers du monde. Les données proviennent d'un modèle lagrangien de suivi des particules qui simule 30 années d'intrants, de transports et d'accumulation de débris de plastique flottants dans le monde. Le modèle suit les trajectoires des particules plastiques de la terre à la mer et estime la taille relative de chacun des cinq grands gyres de plastique présents dans les océans Pacifique Nord, Atlantique Nord, Indien, Atlantique Nord et Atlantique Sud.

La visualisation inclut également un diagramme alluvial (de Sankey) qui indique la quantité de débris de plastique selon les  pays et leur contribution à chacun des cinq grands gyres. Ce diagramme révèle que la Chine est de loin le plus gros pollueur des océans dans le monde, suivie de près par l'Europe. L'idée selon laquelle la Chine est à l'origine d'une grande partie de la pollution par le plastique est corroborée par les campagnes de nettoyage.



L'organisation Ocean Cleanup estime qu'entre 1,15 et 2,41 millions de tonnes de plastiques déversées dans les océans proviennent des cours d'eau. Les deux tiers proviennent des fleuves d'Asie. Pour aider à expliquer comment et où le plastique finit dans les océans du monde, Ocean Cleanup a publié une carte interactive, River Plastic Emissions to the World’s Oceans.
http://www.theoceancleanup.com/sources/

« Où sont produits les déchets plastiques mal gérés et quelles sont les pistes de changement possibles ? » (The Ocean Cleanup). En 2019, une équipe d'Ocean Cleanup a cherché à établir un  bilan massique des déchets plastiques dans les océans. Une évaluation mondiale de la production de déchets plastiques a été publiée dans la revue de sciences humaines et sociales Nature Palgrave Communications. L'article intitulé « Scénarios futurs pour la production et l'élimination des déchets plastiques à l'échelle mondiale » présentait une méthode numérique nouvelle et améliorée pour prédire la production de déchets plastiques à partir d'indicateurs économiques et démographiques. Une carte en haute résolution de la répartition des déchets plastiques à partir de plusieurs ensembles de données mondiaux incluant des statistiques nationales sur les déchets solides municipaux, ainsi que des données sur la répartition de la population et du produit intérieur brut (PIB), a été mise en libre accès. Voir la carte interactive.

Une représentation visuelle montrant où les déchets plastiques se déversent dans l'environnement (source : The Ocean Cleanup)


Le National Geographic a créé une story map pour savoir où va le plastique que nous jetons. Il identifie le fleuve Yangtsé comme le fleuve le plus pollué au monde. La majeure partie de la pollution du Yangtsé finit par se retrouver dans le Pacifique via la mer de Chine : http://www.nationalgeographic.com/magazine/2018/06/the-journey-of-plastic-around-the-globe/

Prolongements

« Pollution plastique planétaire : quelles responsabilités et solutions ? » Notre-Planete-info, 6 mars 2019.
http://www.notre-planete.info/actualites/348-pollution-plastique-responsables-solutions

D'ici 2030, la production mondiale de déchets plastiques pourrait augmenter de 41 % et la quantité accumulée dans l'océan pourrait doubler. En cause, notre système de production, d'utilisation et d'élimination du plastique, système défaillant dans lequel aucun acteur n'est tenu pour responsable. Dans son dernier rapport "Pollution plastique, à qui la faute ?", le WWF tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme et formule des propositions pour sortir de cette crise mondiale.

« Pollution plastique des océans : les pays membres du G7 divisés ». Sciences et Avenir, 11 juin 2018.
http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution-plastique-des-oceans-les-pays-membres-du-g7-divises_124856

Le Japon et les États-Unis ont refusé de signer une charte contre la pollution plastique des océans, lors du sommet du G7, organisé au Canada.

Le site Septième Continent organise des expéditions scientifiques et fournit des ressources pédagogiques afin de comprendre et réduire la pollution des océans par les plastiques.
http://www.septiemecontinent.com/pedagogie/

95% des déchets plastiques proviennent de 10 fleuves dans le monde selon une étude récente :
https://www.defendevropa.com/2019/news/95-of-the-plastic-in-the-oceans-comes-from-third-world-countries/



Pays ayant interdit les sacs plastiques dans le monde (The Economist)


Lien ajouté le 4 novembre 2019

« À Java, les poubelles débordent » (Visionscarto). L’emploi de matières plastiques s’accroît inexorablement sur la planète. Cependant, les pays consommateurs des produits manufacturés ou emballés se trouvent incapables de limiter et recycler leurs déchets. Les plus riches se débarrassent du problème en exportant ces plastiques — recyclables ou non — vers les pays d’Asie. Depuis que la Chine a fermé ses frontières en 2018, ce sont les pays les plus pauvres, comme la Malaisie, la Thaïlande, ou encore l’Indonésie, qui héritent de ce marché mondial. Un reportage d’Aude Vidal.

Lien ajouté le 6 mars 2021
Lien ajouté le 20 janvier 2022
Lien ajouté le 3 mai 2025

Zhao, S., Kvale, K.F., Zhu, L. et al. (2025). « The distribution of subsurface microplastics in the ocean » [La répartition des microplastiques sous la surface de l'océan]. Nature 641, 51–61. https://doi.org/10.1038/s41586-025-08818-1

Les microplastiques sont présents dans toute la colonne d’eau, pas seulement en surface des océans. Leur abondance peut atteindre 13 500 particules/m³ jusqu’à 6 800 m de profondeur. L’océan devient ainsi un réservoir majeur de pollution plastique. Les gyres subtropicaux, comme ceux du Pacifique Nord et de l’Atlantique Sud, concentrent les microplastiques dans les 100 premiers mètres. Ces zones d’accumulation s’étendent en profondeur, mais surtout pour les particules de grande taille. Les zones côtières (moins de 200 milles nautiques) présentent des concentrations jusqu’à 30 fois supérieures à celles du large. Cette surconcentration est liée à la proximité des sources terrestres et à la sédimentation rapide dans les eaux turbides. L’abondance des microplastiques décroît avec la profondeur, mais reste importante jusqu’à 6 800 m, notamment dans des zones de forte productivité ou de sédimentation rapide. Des flux horizontaux transportent les microplastiques vers les pôles, notamment dans l’Arctique, alimenté par l’Atlantique Nord et les fleuves eurasiens. Ces flux montrent l’intégration des plastiques aux grands courants océaniques.

Lien ajouté le 6 décembre 2025

« Les systèmes de réutilisation et de retour pourraient contribuer à éliminer la pollution plastique en 15 ans, selon un rapport ». Selon une étude de Pew Charitable Trusts, la pollution plastique devrait plus que doubler à l'échelle mondiale d'ici 2040 si aucune mesure n'est prise (The Guardian).

Le rapport du PEW Research Center montre que 66 Mt de pollution plastique pénètrent chaque année dans l’environnement et que ce total pourrait doubler d’ici 2040. Il relie cette dynamique à une production fossile en hausse et à des flux de déchets mondiaux dépassant les capacités de gestion. Les chercheurs d’Oxford et Imperial College révèlent que la production mondiale passera de 450 Mt à 680 Mt en 2040, bien plus vite que les capacités de gestion des déchets. Le packaging reste le principal moteur. En 2025, il représente 33% des déchets plastiques mondiaux. À Édimbourg, en Écosse, des passants déambulent devant des poubelles débordantes et des piles de sacs-poubelle en plastique, en pleine grève des éboueurs. Sans intervention, d'ici 2040, la quantité de plastique produite chaque année augmentera au moins deux fois plus vite que les capacités de gestion des déchets. L’étude estime que, sans action, la pollution atteindra 280 Mt par an, soit l’équivalent d’un camion de déchets par seconde. Les auteurs soulignent les impacts multiples. maladies, ingestion animale, contamination chimique, et pressions accrues sur sols, eaux et littoraux. Winnie Lau (Preventing Ocean Plastics) montre que réemploi et consigne pourraient réduire de 97% la pollution liée aux emballages. Ces systèmes retireraient deux tiers des déchets à la source, complétés par des interdictions ciblées et des substitutions par carton, verre ou métal. Les risques sanitaires sont majeurs. Plus de 16 000 substances chimiques sont ajoutées au plastique. Certaines sont associées à des perturbations hormonales, à la baisse de fertilité, à des troubles du développement ou à des risques accrus de cancers et maladies métaboliques. Le rapport conclut que des politiques coordonnées peuvent réduire la pollution de 83%, les émissions de 38% et les impacts sanitaires de 54% d’ici 2040, tout en économisant 19 milliards $/an. Une transformation possible si États et industriels s’engagent. 

Source de l'étude : « Briser la vague de plastique 2025. Évaluation du système mondial et stratégies pour une transformation profonde »  (PEW Research Center).

Lien ajouté le 25 janvier 2026

« Pourquoi retrouve-t-on sans cesse des oignons et des frites sur les côtes du sud de l'Angleterre ? Voici l'explication scientifique »  (The Conversation).

L'océanographe Simon Boxall (University of Southampton) analyse les échouages récents d’oignons et de frites sur la côte sud anglaise. Ces cargaisons perdues révèlent les dynamiques océaniques et le trafic maritime mondial. En décembre 2025, 16 conteneurs tombés du Baltic Klipper puis 24 autres lors de la tempête Goretti ont libéré légumes et marchandises. Pour les scientifiques, ces objets agissent comme des traceurs permettant d’observer courants, marées et dérive côtière en temps réel. Le transport maritime repose massivement sur la conteneurisation. Plus de 250 millions de conteneurs circulent chaque année et plus de 80% des biens domestiques ont voyagé par mer. Les pertes restent rares. En moyenne 1.274 conteneurs perdus par an sur dix ans. Certains naufrages ont nourri la recherche. En 1992, 28 800 jouets en plastique tombés dans le Pacifique ont dérivé pendant plus de dix ans. Suivis par Curt Ebbesmeyer, ils ont amélioré les modèles de circulation océanique jusqu’en Arctique. Les pertes ne sont pas toujours anodines. En 2007, le MSC Napoli a perdu 114 conteneurs dans la Manche. Produits chimiques, engrais ou acides ont menacé les écosystèmes. Les conteneurs semi-submergés représentent aussi un danger majeur pour la navigation. Les porte-conteneurs géants privilégient la rapidité. Un navire de 400m peut transporter 25 000 conteneurs, empilés en hauteur. En tempête, les forces dépassent parfois les systèmes de fixation, surtout en bord de pont, rendant la perte inévitable. La Manche concentre les risques. C’est l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, régulièrement touchée par des tempêtes. Le port de Southampton, capable d’accueillir les plus grands navires, rend ces échouages visibles sur les côtes anglaises. Le changement climatique renforce tempêtes et incertitudes. Dès janvier 2026, de nouvelles règles imposent la déclaration obligatoire des pertes de conteneurs. Sans empêcher les accidents, elles améliorent le suivi, la responsabilité et la gestion des impacts côtiers. 

Lien ajouté le 7 février 2026

Konik Alexander, Osadchiev Alexander, « Spreading and mixing of large river plumes in the World Ocean » [Propagation et mélange des grands panaches fluviaux dans l'océan mondial], Frontiers in Marine Science, volume 13 - 2026, https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2026.1714561

Des chercheurs à l’Institut Shirshov d’océanologie et au Moscow Institute of Physics and Technology analysent la dispersion des grands panaches fluviaux. Dix grands fleuves sont comparés pour comprendre comment leurs eaux douces se mélangent à l’océan. Les panaches fluviaux sont des masses d’eau douce en surface issues du mélange entre débits continentaux et eau salée. Bien que minces, ils couvrent de vastes surfaces. Ensemble, ils occupent saisonnièrement 7 à 21% des plateaux continentaux océaniques, soit plusieurs millions de km². Les auteurs exploitent la réanalyse océanique GLORYS12 sur 1993-2022. Les dix fleuves étudiés, dont l’Amazone, le Mississippi ou le Changjiang, représentent environ un tiers du débit continental mondial vers l’océan, à toutes les latitudes. Les résultats montrent de forts contrastes spatiaux. L’Amazone et la Lena forment les plus grands panaches, jusqu’à 550.000 km². À l’inverse, le Saint-Laurent ou l’Orénoque génèrent des panaches réduits, inférieurs à 15.000 km² malgré des débits importants. La structure verticale varie fortement. Certains panaches sont peu profonds, 15 à 25 m pour l’Amazone, avec une stratification marquée. D’autres, comme le Changjiang ou le Saint-Laurent, s’enfoncent jusqu’à 70-100 m sous l’effet d’un mélange vertical intense. Le décalage temporel entre crue fluviale et extension maximale du panache renseigne sur le temps de résidence de l’eau douce. Il varie de 4 à 6 mois pour l’Amazone ou le Mississippi, jusqu’à 10-11 mois pour le Gange-Brahmapoutre ou le Saint-Laurent. Trois types de panaches sont distingués. Les panaches advectifs dominés par l’écoulement horizontal. Les panaches mixtes combinant advection et mélange vertical. Les panaches fortement mélangés, où l’eau douce est rapidement diluée près des embouchures. Cette typologie éclaire le devenir des apports continentaux. Les régimes de mélange conditionnent les échanges de nutriments, de carbone et de sédiments, et influencent la productivité côtière. Les panaches fluviaux apparaissent comme des interfaces majeures entre continents et océans.

Lien ajouté le 24 mai 2026

Kelly M, Cordova M, Jobling S, « Food and beverage plastics dominate global shorelines : A harmonized rank-based assessment of usage types to guide interventions » [Les plastiques issus de l'alimentation et des boissons dominent les littoraux du monde entier : une évaluation harmonisée et hiérarchisée des types d'utilisation pour orienter les interventions]. One Earth, 2026, https://www.cell.com/one-earth/fulltext/S2590-3322(26)00113-2

Sur les littoraux, les déchets les plus fréquents sont les emballages alimentaires, bouteilles, couvercles et bouchons en plastique. La pollution ordinaire devient un fait côtier mondial. Les chercheurs ont compilé plus de 5.300 relevés issus de 355 études. Leur carte couvre 94 pays, puis estime 18 autres situations. Résultat frappant. Les plastiques liés à l’alimentation et aux boissons apparaissent sur les côtes de 93% des pays étudiés. Richard Thompson, spécialiste des déchets marins à l’Université de Plymouth, souligne que ce sont les objets quotidiens qui dominent. Même dans des pays dotés d’une gestion avancée des déchets, les plastiques à usage unique restent les principaux marqueurs du rivage. Les autres déchets sont moins universels. Les sacs plastiques apparaissent dans 39% des pays, les cigarettes dans 38%. L’Asie se distingue par la forte présence des sacs. Les interdictions ne suffisent pas toujours quand l’application reste faible ou que les déchets circulent. Les microplastiques n’étaient pas comptés, mais ils proviennent souvent de grands objets fragmentés. Cette lecture rappelle qu’un emballage abandonné n’est pas seulement un déchet visible. Il devient une pollution durable, mobile, parfois invisible, transportée par les mers. Tamara Galloway, écotoxicologue à Exeter, propose de parler de valeur plastique perdue. Réduire la pollution suppose de réserver le plastique aux usages essentiels et de généraliser les contenants réutilisables. Les emballages plastiques alimentaires et de boissons constituent « le déchet côtier le plus courant au monde ».

Lien ajouté le 24 septembre 2026

« Comment les « avalanches » sous‑marines transportent les plastiques jusqu'aux abysses » (The Conversation)

Des chercheurs de l'Université de Lorraine et de l'ENS de Lyon étudient le voyage des plastiques vers les abysses. Leurs travaux montrent que des "avalanches" sous-marines transportent les microplastiques des marges continentales vers les grands fonds océaniques. Les plastiques flottant à la surface ne représentent qu'une faible part de ceux rejetés en mer. Une partie du plastique "manquant" emprunte les courants de turbidité. Ces écoulements chargés de sédiments peuvent parcourir des centaines de kilomètres à près de 20km/h. Ces courants naissent notamment de glissements sous-marins, de crues ou des marées. Ils descendent du plateau continental vers les profondeurs en suivant le relief. Dans certaines régions, jusqu'à 100 épisodes surviennent par an, creusant des canyons et déposant des turbidites. La géographie des dépôts confirme ce transport. En mer Tyrrhénienne, les chercheurs observent une forte correspondance entre les zones riches en microplastiques et les routes des courants profonds. Le modèle simple de plastiques coulant verticalement depuis la surface est ainsi remis en cause. Une étude publiée en 2025 apporte une preuve directe dans le canyon de Whittard, à 300km des côtes britanniques. Les courants de turbidité y fonctionnent comme des "autoroutes" pour les microplastiques et les entraînent à plus de 3.000m de profondeur dans l'océan Atlantique. Le transport n'est pas uniforme. Les courants trient les déchets selon leurs propriétés. Fibres textiles souples et particules rigides st ainsi piégées à des profondeurs diff. Des expériences en laboratoire montrent que les tourbillons de l'écoulement poussent les particules vers l'aval. Ce mécanisme crée un risque écologique particulier. Les mêmes courants acheminent oxygène, nutriments et matière organique vers des fonds riches en biodiversité. Les microplastiques s'y accumulent donc au contact des écosystèmes et pourraient ensuite circuler dans les chaînes alimentaires. Les gds fonds ne sont donc pas isolés des pollutions produites à terre et sur les littoraux. Canyons et courants relient les espaces côtiers aux abysses sur des centaines de kilomètres. Comprendre ces circulations devient essentiel pour localiser et protéger les écosystèmes exposés. 

Articles connexes


La baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : un révélateur des écarts entre les revenus ?


Signalé par @gmapsmania (15 avril 2019).

L'espérance de vie baisse au Royaume-Uni et aux États-Unis. Une série de cartes thématiques permet de montrer que la baisse de l’espérance de vie est liée à l’augmentation du fossé entre les revenus.

Pour consulter l'article du site Maps Mania qui recense de nombreux liens :
http://googlemapsmania.blogspot.com/2019/04/why-are-we-dying-younger.html 




"Un cartogramme comparant les espérances de vie à l'échelle mondiale peut engendrer une autosatisfaction présomptueuse ou susciter un sentiment de culpabilité compassionnelle " (Mark Monmonier, Comment faire mentir les cartes, réédition 2019). Voir ce billet.


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Évolution contrastée de l'espérance de vie en Europe (1992-2019)


Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l'ère numérique


Avec l'essor de la cartographie en ligne, de l'infographie, de l'imagerie 3D et des nouvelles techniques de géovisualisation, y aurait de nouvelles façons de faire mentir les cartes ?

La réédition de l'ouvrage de Mark Monmonier est l'occasion de s'interroger sur les façons, anciennes ou nouvelles, de « faire mentir les cartes » comme nous invite à le faire le titre de son célèbre ouvrage. La première édition  publiée en 1991 et traduite en 1993 s'est vue ajouter, dans la traduction française, un sous-titre assez ambigu Du mauvais usage de la géographie, qui a pu faire penser qu'il s'agissait seulement de dénoncer les dérives de la cartographie à travers ses usages grand public. 

Mark Monmonier affirmait au contraire : « Non seulement le mensonge est facile avec les cartes, mais il est même essentiel ». Autrement dit loin d'être une dérive, le "mensonge" serait consubstantiel à la carte, un attribut essentiel et inhérent au processus de re-présentation. Si on voulait filer la métaphore, on pourrait dire qu'il y a plusieurs façons de mentir : par facilité, par arrangement, par exagération, par omission... Il existe de petits et de grands mensonges. Comme les blancs de la carte, il y a également tous ces petits oublis, ces mensonges "blancs" dont on pense qu'ils ne portent pas à conséquence pour l'interlocuteur, du moins en apparence. Les mensonges, petits ou grands, sont particulièrement répandus dans notre société de l'information et de la communication qui cherche souvent à marquer les esprits, à frapper l'opinion, à jouer sur nos imaginaires. Mais on ne peut pas éduquer avec des mensonges : cela empêche d'exercer sa pensée critique et de s'émanciper. La métaphore vaut pour la cartographie qui mérite décryptage et sens critique.


Dans l'introduction à la réédition de l'ouvrage de Monmonier, Christian Grataloup appelle à une vigilance cartographique à l’ère d’une omniprésence renouvelée des cartes dans nos environnements quotidiens. Depuis les années 1980-90, avec les travaux de cartographie critique de Mark Monmonier, de Brian Harley ou de Denis Wood, la cartographie est entrée dans l'ère du soupçon. Il ne faudrait pas pour autant tomber dans l'approche hyper-critique qui consisterait à se défier systématiquement de toutes les cartes puisque toutes mentiraient d'une certaine façon. Comme le notait Yaïves Ferland dès 1997 :

« Tout le monde sait maintenant qu’il existe cinq sortes de mensonges : les petits, les gros, les statistiques, les cartes et les arguments de vente. En paraphrasant Sir Winston Churchill, avec l’aide de Mark Monmonier (1991), on en vient à couvrir à peu près tout les maux dont les cartographes seraient coupables, en tant que communicateurs de réalités géographiques par des représentations graphiques. »

L'apport principal de Monmonier et Harley est de nous avoir montré qu'il fallait apprendre à se défaire du réalisme apparent de la carte, à prendre conscience des formes de pouvoir et de domination qu'elle peut exercer. S'il n'y a point d'objectivité de la carte, ce n'est pas pour autant qu'elle n'obéit pas à certaines règles. Mark Monmonier distinguait, parmi les formes de "mensonges", ceux liés aux choix sémiologiques et ceux correspondant davantage à la volonté de manipuler ou de convaincre. Parmi ces éléments, figure notamment le choix :
  • de la projection cartographique
  • de l'échelle de représentation
  • de la taille, de la forme ou de la couleur des figurés
  • du message que le cartographe souhaite délivrer...
Dans l'épilogue de son ouvrage, Mark Monmonier invite à dépasser l'opposition entre les cartes qui se contentent de "pieux mensonges" et celles qui cherchent à manipuler l'opinion. Et l'auteur de conclure par un avertissement concernant la versatilité de la carte, en particulier dans les journaux : « lorsqu'une carte doit avoir un double rôle d'informer et d'impressionner son public, elle risque de plus en plus de déformer la réalité de ce qu'elle prétend représenter... Les cartes ayant un double rôle ne sont pas intrinsèquement mauvaises. Certaines d'entre elles, parfaitement exactes, existent avant tout pour donner une allure de vérité aux faits, tandis que d'autres ne sont là qu'à titre décoratif... Les cartes, comme les bâtiments, souffrent lorsque le concepteur place la forme au dessus de la fonction... S'il n'est pas maîtrisé par un savant aux intentions honnêtes, le pouvoir des cartes peut échapper à tout contrôle. » (p. 280-283).

Maarten Lambrechts (@maartenzam), data journaliste et consultant en visualisation, s'est appuyé sur l'approche critique de Monmonier pour analyser les cartes que l'on peut trouver aujourd'hui sur Internet. Son constat est intéressant : ces cartes numériques "mentent" pour les mêmes raisons, mais aussi pour de nouvelles raisons non forcément mises en avant dans la première édition de l'ouvrage de Monmonier (d'où les compléments ajoutés dans la réédition de 2019 concernant les cartes numériques, les images satellitaires et la cartographie en ligne).

Maarten Lambrechts, The essential lies in news maps, 8 February 2019
http://datajournalism.com/read/longreads/the-essential-lies-in-news-maps


L'auteur recense plusieurs problèmes récurrents dans les cartes que l'on peut trouver dans les médias ou sur Internet  :
  • Les cartes de localisation utilisées sur Internet ou dans les reportages sont généralement trop petites pour être lisibles. A quoi bon vouloir étudier un espace si on ne peut d'abord le localiser ? Parmi la règle des 5 W (What, Who, Where, When, Why), la question "Où" est essentielle, sachant que la capacité à (géo)localiser ne préjuge pas d'une autre capacité encore plus importante, celle de situer par rapport à un ensemble plus large, ce qui est plus difficile et suppose d'avoir soi-même quelques repères et connaissances géographiques.
  • Les cartes et images issues de globes virtuels ainsi que les infographies produites dans les médias comportent souvent des vues obliques ou en 3D, difficiles à orienter si on n'est pas familier des lieux ; les images aériennes et satellitaires sont difficiles à distinguer. Souvent drapées sur un modèle numérique de terrain, elles donnent l'illusion du réel. En l'absence de dates précises, elles sont difficilement interprétables. 
  • Les cartes visant à comparer des espaces par leur taille (voir notre recension de map size comparison) ont tendance à proliférer. Mais là encore, la zone utilisée pour la comparaison doit être familière. A quoi bon comparer l'étendue des glaces qui se détachent de l'Antarctique à celle du Delaware si on n'a aucune idée de la superficie de cet état américain ?
  • Les cartes-images de comparaison avant / après sont souvent prises dans des conditions différentes (cf notre présentation). Avez-vous remarqué que le soleil brille toujours après une catastrophe, cela veut-il dire qu'on exclut généralement les régions qui sont sous les nuages ?
  • Les cartes par aplats de couleur qui utilisent des valeurs brutes au lieu de pourcentages (cf rappel des règles de la sémiologie sur Néocarto).
  • La projection cartographique utilisée par Google Maps ou dans des SIG a longtemps été la projection Mercator, très déformante. Depuis 2018, Google Maps l'a remplacé par un globe : le Groenland a cessé (enfin !) d'être plus grand que l'Afrique. Il vaut mieux utiliser des projections plus récentes comme par exemple les projections Robinson, Winkel-Tripel ou Equal Earth. 
  • Les cartogrammes et autres infographies censées simplifier la compréhension d'un phénomène finissent par le complexifier si elles sont trop sophistiquées. L'esthétique ne doit pas l'emporter sur la clarté des explications.
Comme le rappelle Maarten Lambrechts, les cartographes doivent prendre des décisions et faire des choix pour rendre leurs cartes claires et utiles. Ce faisant, ils omettent ou simplifient des choses, soulignent des éléments, en mettent d’autres en arrière-plan. Ce que résumait Mark Monmonier en affirmant : « Une seule carte n'est qu'un nombre infini de cartes pouvant être produites pour la même situation ou à partir des mêmes données » . Et l'auteur de rappeler dans une formule célèbre :

« Les cartes sont comme le lait : l’information est une denrée périssable et il est prudent de vérifier sa date de validité »
Mark Monmonier (1993)

Une chose est sûre : à l'ère du numérique, il convient de continuer à décrypter les cartes, à déchiffrer l'information, à interroger les sources de données, à analyser leurs traitements et à décoder les nouvelles formes de data- ou de géo-visualisation.


Références

Le site web de Mark Monmonier (avec bibliographies et ressources) :
http://www.markmonmonier.com/

Monmonier, Mark (2019). Comment faire mentir les cartes [How to Lie with Maps]. Édition revue et augmentée. Préface de Christian Grataloup. Traduction (Anglais) : Denis-Armand Canal

Monmonier Mark (1991). Comment faire mentir les cartes, ou du mauvais usage de la géographie. Chicago. [Traduction française par Denis-Armand Canal. Paris : Flammarion, 1993, 233 p.]
Voir le CR fait par Yves Guermond dans L'Espace géographique (1994)

Monmonier, Mark (2015). The History of Cartography. Cartography in the twentieth century, Chicago Press Book, vol.6.

Réédition de "Comment faire mentir les cartes" de Mark Monmonier, site Géoconfluences.



Bahoken, F. (2020). La carte thématique, objet scientifique source de manipulations, Cause commune n° 14/15, janvier/février 2020.
http://www.causecommune-larevue.fr/la_carte_thematique_objet_scientifique_source_de_manipulations
 Bord, Jean-Paul (dir). La face cachée des cartes. Cartes et géomatique, n° 235-236 - mars-juin 2018.

Desbois, Henri (2015). La carte et le territoire à l’ère numérique, Socio, 4 | 2015, http://socio.revues.org/1262

Ferland, Yaïves (1997). Les défis théoriques posés à la cartographie. Colloque "30 ans de sémiologie graphique" (Paris, 12-13 décembre 1997). Revue du Comité Français de Cartographie, n°156, juin-août 1998.
http://www.lecfc.fr/new/articles/156-article-8.pdf


Gould, Peter, Bailly, Antoine (1995). Le pouvoir des cartes - Brian Harley et la cartographie. Economica.

Harley, J. B. (2002). The New Nature of Maps : Essays in the History of Cartography. The Johns Hopkings University Press, Baltimore and London.

Joliveau Thierry, Noucher Matthieu, Roche Stéphane (2013). La cartographie 2.0, vers une approche critique d’un nouveau régime cartographique. Information géographique, Armand Colin, 77 (4), pp.29-46.
Joncheray, Mathilde (2019). Peut-on croire les cartes ? Rencontres Littéraires "Les Idées mènent le Monde", Pau, http://www.youtube.com/watch?v=FauY-q5n6Rk

Lambert, Nicolas (2018). Cartographie radicale. Blog Néocarto :
http://neocarto.hypotheses.org/15
 
Lambert, Nicolas (2020). Cartographie et sémiologie graphique. Suffit-il de respecter la sémiologie graphique pour qu’une carte dise le « vrai » ? Une carte ne doit-elle pas aussi interpeller, provoquer une réaction, inciter à agir ? (Une mise au point efficace à travers une vidéo de 8 mn) 
http://www.youtube.com/watch?v=EKO4qpAzZNY&feature=youtu.be

Noucher, Matthieu (2015). De la trace à la carte et de la carte à la trace. Pour une approche critique des nouvelles sources de fabrique cartographique. Marta Severo, Alberto Romele. Traces numériques et territoires, Presses des Mines.

Noucher Matthieu, Hirt Irène et Arnauld de Sartre Xavier (2019). « Mises en chiffres, mises en cartes, mises en ordre du monde. », EspacesTemps.net [En ligne], Traverses http://www.espacestemps.net/articles/mises-en-chiffres-mises-en-cartes-mises-en-ordre-du-monde/

Retaillé D. (2019). « Sous le calque, la carte », EspacesTemps.net
Wood, Denis (2010). Rethinking the Power of Maps, New York / London, The Guilford Press.


Pour compléter

La collection de "persuasive maps" de la Cornell University Library
http://persuasivemaps.library.cornell.edu/
Plus de 800 cartes de propagande classées par thème et par époque. Il s'agit d'un ensemble de cartes "persuasives" destinées principalement à influer sur l'opinion publique plutôt qu'à communiquer des informations géographiques. Les cartes de cette collection abordent un large éventail de messages : religieux, politiques, militaires, commerciaux, moraux et sociaux (voir une sélection sur le site du National Geographic). Ces cartes sério-comiques que l'on a pu connaître au début du XXe siècle redeviennent aujourd'hui à la mode.

Pour Nicholas Carr, il faut se méfier des fake maps comme des fake news. L'auteur est connu pour son approche critique d'Internet à travers l'ouvrage qu'il a publié en 2001, Ce qu'Internet fait à nos cerveaux. L'essayiste tient le blog Rough Type où il consacre plusieurs articles aux mensonges cartographiques. Il prend l'exemple d'Uber qui n'a pas hésité à utilisé des cartes mensongères. Le site Radionova complète avec d'autres exemples, notamment Google Maps qui produit différentes cartes des frontières en fonction des pays.
http://www.nova.fr/radionova/79384/episode-mensonges-cartographiques

Les cartes "deep fake" pourraient vraiment gâcher votre perception du monde. Des chercheurs ont appliqué des techniques d'intelligence artificielle pour que certaines parties de Seattle ressemblent à Pékin sur des images satellites.
http://www.wired.com/story/deepfake-maps-mess-sense-world/

Sortir de la carte. Comment les cartes formatent notre vision du territoire. Extrait du mémoire de fin d'études d'Hugo Poirier (2017) : http://www.en-dehors.fr/sortir-de-la-carte.html
« Les cartes détiennent un pouvoir particulier : celui de ne jamais mentir. Ou plutôt, elles s'arrangent pour qu'on les croie sur parole. Si quelqu'un est perdu, on supposera qu'il avait la tête ailleurs, on mettra en cause son piètre sens de l'orientation ou son incapacité à déchiffrer correctement un plan. Mais la carte ne sera pas mise en défaut, puisqu'elle ne se trompe jamais. Depuis l'école primaire, nous sommes éduqués à nous fier aux cartes : elles sont objectives, car tracées à partir de relevés techniques précis et selon des principes mathématiques fiables... Sortir de la carte passerait alors peut-être par le fait de retrouver une prise sur le support. Malgré l'écran, avoir la possibilité de plier, déchirer, raturer, corriger, surligner cette représentation figée et partielle du territoire. Laisser sa marque sur la carte pour la déborder. »

De « fausses » cartes pour dire le « vrai ». Par Pierre Singaravélou, Fabrice Argounès et Christian Grataloup dans le cadre du Printemps des cartes de Montmorillon (Libération, 25 avril mai 2019). Puisque la carte trahit toujours le territoire, pourquoi ne pas se pencher sur les cartes fictives, périmées, utopiques ou imaginaires qui en disent davantage sur notre vision du monde et permettent d’imaginer d’autres sociétés possibles ?
http://www.liberation.fr/debats/2019/04/25/de-fausses-cartes-pour-dire-le-vrai_1723374

The "colonial cartography" par Apoorva Tadepalli. Un article sur la manière dont la cartographie hier comme aujourd'hui "colonise" nos représentations :
http://reallifemag.com/colonial-cartography/

"Power and Responsibility : Maps and Journalism". Comment les cartes et le journalisme ont le pouvoir d’informer et en même temps de façonner notre perception du monde :
http://www.directionsmag.com/article/8799

"Researcher explores what causes maps to go viral on the web". Anthony Robinson, géographe à l'Université de Pennsylvanie, s'intéresse aux raisons pour lesquelles certaines cartes deviennent virales sur Internet :
http://phys.org/news/2018-08-explores-viral-web.html

De l'Antiquité à Google Maps, la cartographie miroir du pouvoir (France Culture) :
http://www.franceculture.fr/histoire/de-lantiquite-google-maps-la-cartographie-miroir-du-pouvoir

Espace public : Google a les moyens de tout gâcher. Comment Google Maps délimite nos "centralités d'intérêt" et ce qu'il faudrait faire pour reprendre du pouvoir sur la ville face à l’omnipotence cartographique de la firme de Mountain View.http://visionscarto.net/espace-public-vs-google

Illusions à la carte par Cécile Marin, Le Monde Diplomatique (juillet 2020).
Rien n’est plus facile que de faire dire aux courbes et aux cartes ce qu’on oserait à peine affirmer avec des mots. Voici quelques exemples de petits arrangements avec les nombres ou de ruses de visualisation utilisés ici ou là pour masquer une opinion subjective d’un vernis de neutralité. 

Pourquoi les cartes vous manipulent ? Une vidéo de 12mn par @BoussoleGeo
http://neocarto.hypotheses.org/12399
 






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