Africapolis.org est un site Internet lancé le 22 novembre 2018 dans le cadre du huitième sommet Africités à Marrackech. Il a été réalisé conjointement par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) de l’OCDE et l’institut e-Geopolis. L'objectif est de cartographier au plus près le phénomène urbain en Afrique où la population est en train de devenir à majorité urbaine.
D’ici à 2050, la population africaine sera de 2,5 milliards de personnes. Sur les 1,3 milliard supplémentaires, 900 millions vivront en ville. Ce qui signifie que les villes vont absorber 70 % de la croissance démographique. Pour Laurent Bossard, le directeur du CSAO, « la transition urbaine sera en charge de la transition démographique et cette transition se passera plus ou moins bien selon que les villes et ceux qui les gèrent en auront la capacité » (voir son interview dans Le Monde du 22 novembre 2018 où il présente en même temps l'intérêt de ce nouveau site).
Le site Africapolis vise deux objectifs principaux :
mettre à disposition des information fiables couvrant l’ensemble des agglomérations urbaines en Afrique (aussi bien les grandes métropoles que les villes petites ou intermédiaires qui sont très nombreuses).
définir l'urbain et pouvoir suivre les dynamiques urbaines, l'évolution des zones bâties, la densification, la transition urbaine telles qu'on peut les appréhender dans le contexte africain.
L'Afrique compte déjà 11 métropoles de plus de 5 millions d'habitants, mais près de 7 000 agglomérations de moins de 100 000 habitants. Le seuil qui a été retenu pour définir une "agglomération" est de 10 000 habitants (on sort de la notion de "ville" au sens classique pour considérer la population agglomérée).
Les données d’Africapolis reposent sur un vaste répertoire de recensements de l’habitat et de la population, de registres électoraux et d’autres sources officielles concernant la population, dont certaines remontent au début du XXe siècle. La régularité, le niveau de détail et la fiabilité de ces sources varient d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre. Des images satellitaires et aériennes sont utilisées pour recueillir des informations sur le terrain, notamment les zones bâties et la localisation précise des foyers de peuplement. Les registres officiels de la population et les données du recensement constituent l'élément le plus important. Dans certains cas, les derniers relevés disponibles remontent à 30 ans ou plus, et souvent à plus de 10 ans. Compte tenu du rythme des dynamiques démographiques et urbaines, ces périodes sont considérables.
Africapolis, comme e-Geopolis au niveau mondial, a été conçu pour fournir une base de données standardisées et géolocalisées sur les dynamiques d'urbanisation en Afrique afin de rendre les données sur les villes africaines comparables entre pays et dans le temps. Dans cette première version du site, les données des 50 pays sont disponibles pour l'année 2015avec la possibilité de remonter jusqu'en 1950. Africapolis comble une lacune majeure en intégrant 7 225 petites villes et villes intermédiaires de 10 000 à 300 000 habitants (dont 6 737 agglomérations de 10 000 à 100 000 habitants, où vivent 180 millions d’Africains).
Le site est disponible en français et en anglais. L'interface de consultation est relativement simple. En cliquant sur le menu "Analyses" on peut obtenir des définitions et des mises au point très pédagogiques. Le menu "Explore" permet de choisir le pays et la ville que l'on veut étudier (il faut néanmoins connaître le pays avant d'accéder à la liste des villes !).
L'interface de consultation du site Africapolis
Une fiche signalétique donne la population urbaine du pays, son nombre d'agglomérations, la population de l'agglomération choisie, sa densité urbaine, sa surface bâtie, son évolution démographique depuis 1950 et même ses caractéristiques en nombre de cellules de Voronoï. A un niveau plus général, on peut comparer les pays entre eux, leur niveau d'urbanisation, leur nombre d'agglomérations ou encore leur population métropolitaine. Les analyses peuvent être conduites à différentes dates entre 1950 et 2015 (déplacer le curseur sur la ligne de temps "Timeslider").
L'accès aux informations peut également s'effectuer directement à partir de la carte interactive. En cliquant sur un pays au choix, ces contours passent en surbrillance orange et les données s'affichent en fonction de la ville sur laquelle on déplace la souris. La taille des cercles est proportionnelle à la population. Pour mieux faire ressortir la typologie proposée, ces cercles se distinguent par des couleurs différentes (ce qui donne à la carte un aspect quelque peu bariolé). L'avantage est de pouvoir faire ressortir la hiérarchie urbaine du premier coup d'oeil. Voici par exemple la hiérarchie des agglomérations au Maroc avec Casablanca au premier rang (plus de 2 millions) et Marrakech, Tanger, Rabat et Fez au second rang (entre 1 et 2 millions). Le tableau récapitulatif à droite de l'écran fournit le nombre d'agglomérations au sein des 6 rangs proposés.
En zoomant sur la carte, l'extension des périmètres bâtis apparaît à l'écran. Voici par exemple la tâche urbaine de Casablanca en rouge (plus de 2 millions d'habitants) avec ses agglomérations satellites en bleu (moins de 100 000 habitants) et en violet (entre 10 000 et 30 000 habitants). En zoomant davantage, on distingue nettement le tissu urbain avec la trame viaire.
Les plus grandes agglomérations par pays en Afrique
Quarante-cinq des 50 zones urbaines ayant la plus forte densité d'habitants au kilomètre carré se trouvent en Égypte. Quelques 90% des agglomérations les moins connectées se trouvent dans le Sahara et le désert du Kalahari. La carte fonctionne comme un diagramme de Voronoï dans lequel la taille de chaque cellule dépend de la distance entre deux agglomérations, toutes deux comprises dans la cellule. Les grandes cellules indiquent un réseau urbain moins dense.
Les agglomérations les moins connectées entre elles (diagrammes de Voronoï)
Voici une présentation du site Africapolis sous la forme d'une vidéo :
Le
site Africapolis peut s'avérer très utile pour conduire des études
comparatives sur les villes africaines. Les données et les analyses sont
tout-à-fait intéressantes à mobiliser dans le cadre de la question de
géographie au CAPES : l'Afrique du Sahel et du Sahara à la Méditerranée
(voir notre sélection de ressources cartographiques), mais aussi dans des études de cas à conduire à différentes échelles.
La cartographie en ligne est de qualité bien que la fenêtre
cartographique soit un peu réduite à l'écran par rapport à l'interface
de consultation des données.
Les données statistiques sont téléchargeables au format xls par pays et par agglomérations. Un jeu de données cartographiques est fourni en téléchargement au format shp pour utilisation dans un SIG. Il comprend uniquement le bâti urbain. Il faut donc importer les contours des pays africains et ensuite géolocaliser les villes en utilisant les coordonnées géographiques indiquées dans le fichier agglomérations (import de la couches points en format délimité csv ou txt dans QGIS ou dans tout autre SIG). Voici un aperçu des données utilisables.
Lien ajouté le 3 février 2019
Un GIF saisissant montrant l'évolution de l'urbanisation en Afrique de l'Ouest entre 1950 et 2040. Réalisé par le SWAC ou Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest (CSAO)
Among the five largest urban agglomerations in #Africa are four familiar hubs of global business, media & policy making: Cairo, Lagos, Johannesburg and Kinshasa. Africa's 3rd largest urban area with 8.5 million inhabitants - Onitsha, Nigeria is not a familiar household name. pic.twitter.com/NuuyPv6Q2F
Les images satellitaires de la NASA enregistrées entre 2012 et 2019 font apparaître 767 nouvelles villes africaines prises pour la première fois à partir de leurs lumières la nuit. La carte superpose ces images à la carte des 7600 agglomérations urbaines recensées par Africapolis.
🏙️ The pace of #urbanisation in Africa is without precedent. In the next 30 years, #Africa’s population is projected to double to 2.5 billion people & its urban areas will be home to an additional 9⃣5⃣0⃣ million people. Are cities & governments ready? 👉 https://t.co/ZM1MItOzinpic.twitter.com/jRj6cWRhY9
— OECD ➡️ Better policies for better lives (@OECD) March 4, 2020
La vie du ciment en Afrique - Matière grise de l’urbain est le dernier livre de la géographe Armelle Choplin. La force du livre tient à la capacité de l’auteur à nous démontrer comment interroger la brique et le béton permet de saisir la production de l’urbain en Afrique de l’Ouest : « le ciment permet d’examiner la production capitalistique de la ville, c’est-à-dire les liens entre ville et capitalisme, marchandisation du foncier et de l’immobilier urbain et processus d’accumulation des richesses (lire ce compte-rendu par Isabelle Baraud-Serfaty)
Le livre est disponible en version papier mais aussi en version numérique gratuite. Une interview de l’auteur (d'une durée de 34 minutes) est également disponible en podcast.
En complément : Armelle Choplin et Martin Lozivit, « Mettre un quartier sur la carte : Cartographie participative et innovation numérique à Cotonou (Bénin) », Cybergeo : European Journal of Geography
[En ligne], Espace, Société, Territoire, document 894, 2019 http://journals.openedition.org/cybergeo/32152
The theme for #Day23 of the #30DayMapChallenge is #GHSL. Using the GHS Urban Centres Database and focussing on countries in Africa, I've mapped the distance between each urban centre and the nearest 20 urban centres to it. pic.twitter.com/4Wafs56PZz
Lien pour accéder directement à ce rapport de l'OCDE qui comprend des données intéressantes, not. sur la scolarisation en fonction de la taille des villes en Afrique "Africa’s Urbanisation Dynamics 2022. The Economic Power of Africa’s Cities"https://t.co/jtK1h1lvaQpic.twitter.com/Ok6xJDYQDX
Un défi majeur pour l’Afrique est d’évaluer la capacité de ses villes à tirer parti des réseaux mondiaux pour favoriser le développement local. Cependant, cette évaluation est compliquée par l’absence d’un cadre et de critères unifiés, ce qui rend difficile la comparaison des villes africaines entre elles et avec les autres villes dans le monde. Par conséquent, la première étape consiste à rendre les villes africaines comparables. Dans cet article, sont présentés les enjeux de ces délimitations pour les 54 pays africains. La méthodologie est expliquée et sont présentés les résultats de l'adaptation du concept des Grandes Régions Urbaines (LUR) (Rozenblat, 2020) qui englobent les territoires régionaux urbanisés autour des principales villes africaines. Au total, 304 grandes régions urbaines africaines ont pu être délimitées. Elles sont composées de 5 522 unités locales administratives – LAU. La délimitation des LURs rend les zones urbaines d'Afrique comparables à d'autres zones urbaines dans le monde, ce qui permettra d'évaluer dans les prochaines étapes leur intégration dans les réseaux urbains mondiaux par les entreprises multinationales qui, selon notre échantillon, sont situées à plus de 98 % dans ces LURs délimitées.
Spatial distribution of the African Large Urban Regions (LUR) - Source : Cybergéo
Lien ajouté le 16 février 2026
« Croissance rapide de la population en Afrique de l’Ouest : les quatre défis que la région doit relever » (The Conversation)
Serge Rabier de l'Agence Française de Développement (AFD) analyse la croissance démographique rapide en Afrique de l’Ouest. Il montre qu’une population très jeune peut devenir un levier de développement si quatre défis structurels sont relevés. En 2050, l’Afrique comptera 2,4 milliards d’habitants. En Afrique de l’Ouest et centrale, 33% ont 10-24 ans en 2025. Près de la moitié des habitants ont moins de 20 ans. Cette jeunesse massive transforme villes, marchés du travail et systèmes sociaux. La transition démographique reste inachevée. La fécondité demeure élevée. Au Mali, 53% des femmes sont mariées avant 18 ans. En zone rurale, les femmes ont jusqu’à 5,9 enfants contre 2,7 à Dakar. L’éducation des filles réduit fortement la fécondité. Selon Guttmacher, 23% des femmes de 15-29 ans ont un besoin non satisfait de contraception. Les systèmes de santé sont sous-financés. Les normes sociales et le coût scolaire freinent la poursuite des études, surtout en milieu rural et pour les filles. Le défi de l’emploi est central. Entre 2025 et 2040, 93 millions de jeunes Nigérians et 13 millions d’Ivoiriens entreront sur le marché du travail. Le chômage officiel des jeunes est de 8,7%, mais le sous-emploi atteint 35%. L’informalité domine. L’urbanisation s’accélère. La population urbaine passera de 54 à 130 millions entre 2020 et 2050. Le nombre d’agglomérations de plus de 10.000 habitants passera de 900 à 1.700. Le foncier et les infrastructures deviennent des enjeux majeurs. Les mobilités régionales sont fortes. En 2020, la Côte d’Ivoire et le Nigeria concentraient 51% des migrants internationaux d’Afrique de l’Ouest. D’ici 2050, 32 millions de personnes pourraient être déplacées par les effets climatiques. Le vieillissement reste modeste mais progresse. Les plus de 60 ans représenteront 8% en 2050. Or seulement 20% de la population est couverte par une protection sociale. La dynamique démographique reconfigure ainsi emploi, villes et solidarités.
Lien ajouté le 25 mars 2026
« Les villes africaines sont diverses et dynamiques, mais elles sont confrontées à de nombreux défis. Comment les rendre plus saines ? » (The Conversation).
Elaine Nsoesie, chercheuse à Boston University, et Blessing Mberu, sociologue à l’APHRC, analysent la santé urbaine en Afrique. Leur article montre comment l’urbanisation rapide transforme les conditions de vie et les inégalités dans des villes très diverses. À l’échelle continentale, environ 46% des 1,3 milliard d’Africains vivent en ville. Cette part pourrait atteindre 50% à 65% d’ici 2050. L’Afrique connaît ainsi la croissance urbaine la plus rapide au monde, ce qui reconfigure profondément les territoires. Les chercheurs insistent sur la diversité des villes africaines. Lagos, Nairobi ou Dakar présentent des trajectoires distinctes. Cette hétérogénéité empêche toute généralisation et impose une analyse fine des contextes locaux et des formes d’urbanisation. Les déterminants sociaux de la santé structurent les inégalités. Habitat précaire, accès limité à l’eau et à l’assainissement, pollution ou insécurité alimentaire se combinent dans les quartiers informels, devenus centraux dans l’urbanisation africaine. Les mobilités urbaines illustrent ces enjeux. Les transports facilitent l’accès aux soins et à l’éducation, mais génèrent aussi pollution et accidents. Des systèmes spécifiques émergent comme les boda boda ou matatu, adaptés aux contraintes locales. Les dynamiques démographiques renforcent ces transformations. En 2020, près de 60% de la population africaine a moins de 25 ans. Cette jeunesse urbaine est particulièrement exposée aux enjeux de santé, notamment en matière de maladies chroniques. Les études de cas montrent des réponses locales. Amélioration de la qualité de l’air à Kampala, innovations en santé mentale à Yaoundé ou urbanisme à Nairobi. Ces solutions reposent sur l’intégration des populations et l’adaptation aux contextes locaux. En définitive, les villes africaines sont à la fois des espaces de contraintes et d’innovation. Les conditions de santé dépendent de l’organisation urbaine, des politiques publiques et des dynamiques sociales propres à chaque territoire.
Lien ajouté le 17 avril 2026
« Loyers exorbitants et quatre heures de trajet domicile-travail : la misère de la crise du logement à Lagos » (The Guardian).
Valentine Benjamin analyse la crise du logement à Lagos, mégapole d’environ 22 millions d’habitants. La croissance éco et démo y est rapide, mais elle dépasse largement les capacités du parc immobilier, créant un déséquilibre durable entre offre et demande. La pression démographique est continue. Environ 6.000 nouveaux habitants arrivent chaque jour, contre 3.000 départs. Cette croissance nette accélérée alimente une demande massive de logements, que ni les politiques publiques ni les promoteurs ne parviennent à absorber. Les loyers augmentent à un rythme spectaculaire. Sur le mainland, des logements loués 500.000 nairas atteignent désormais 2,5 millions en deux ans. Sur l’île, certains loyers ont triplé, alors que le salaire minimum annuel reste autour de 840.000 nairas. Cette inflation immobilière provoque une ségrégation socio-spatiale marquée. Les classes moyennes et salariées sont progressivement repoussées vers les périphéries, voire hors de l’État de Lagos, tandis que les quartiers centraux deviennent des espaces élitistes. Les mobilités quotidiennes explosent. De nombreux actifs effectuent jusqu’à 4 heures de trajet par jour. Cette contrainte spatiale transforme les conditions de vie, accentue la fatigue et révèle une dissociation croissante entre lieux de travail et lieux d’habitation. La crise repose sur un déficit structurel estimé à plus de 3,4 millions de logements selon Taibat Lawanson. La production immobilière reste insuffisante face à une urbanisation rapide et peu planifiée. Les habitants développent des stratégies d’adaptation. Colocation, habitats précaires ou mobilités alternées se diffusent. Certains dorment sur leur lieu de travail ou vivent en périphérie en semaine, illustrant une recomposition contrainte des pratiques d’habiter. Le marché immobilier renforce ces déséquilibres. Les promoteurs privilégient des logements haut de gamme, plus rentables, dans un contexte de prix fonciers élevés et de faibles incitations à produire du logement accessible pour les classes populaires. Les locations de courte durée aggravent la pénurie. En transformant des logements en biens touristiques via des plateformes comme Airbnb, les propriétaires réduisent l’offre disponible pour les habitants, ce qui accentue mécaniquement la hausse des loyers. Lagos incarne une urbanisation sous tension, où dynamisme économique et crise résidentielle coexistent. L’attractivité métropolitaine repose sur des mobilités longues et des inégalités accrues, révélant les limites d’un modèle urbain peu régulé.
Les incendies qui ont ravagé le nord de la Californie en 2018 ont fait un bilan très lourd : 77 morts et plus de 1 000 disparus, au moins 60 000 ha de forêt réduits en cendres, 11 000 habitations brûlées (bilan provisoire au 20 novembre 2018). Il s'agit de l'incendie le plus meurtrier qu'est connu la Californie pour l'année 2018. Un panache de fumée a recouvert cet état jusqu'à la ville de San Francisco.
Des incendies attisés par des vents importants avaient déjà frappé la Californie l'an dernier mais plus au nord (dans la région viticole). En 2018, les feux de forêt se sont étendus aux espaces urbains, la ville de Paradise a été en grande partie ravagée par les flammes. Les pompiers déploient beaucoup d'efforts pour essayer de maîtriser des incendies qui se propagent sur plusieurs fronts. Alors que "Camp fire" ravage le nord de la Californie, deux autres incendies "Woolsey fire" et "Hill fire" se sont déclarés plus au sud vers Los Angeles.
Image satellite du "Camp Fire"
le 8 novembre 2018 fournie par la NASA
Le panache de fumées s'étend à une grande partie de la Californie le 16 novembre 2018
Josh Edelson, photographe indépendant basé à San Francisco, en a fait un reportage photographique et donné des images d'une beauté terrifiante sur le site de l'AFP (le "paradis perdu").
Les médias ont largement relayé les images satellites et les photographies concernant cette catastrophe. Le site Futura Sciences a recensé les images satellites prises par les différentes agences spatiales. Déjà en 2017 les satellites Sentinel (Copernicus) avaient fourni des images sur les incendies en Californie également visibles depuis la Station Spatiale Internationale (ISS).
La NASA permet de voir l'évolution des incendies en temps réel sur le site EOSDIS Worldview. FIRMS USA/Canada, un partenariat entre la NASA et le service forestier de l'USDA, propose des images et des données en téléchargement pour l'ensemble des incendies qui ont lieu sur le territoire des Etats-Unis dans le cadre de l'Active Fire Mapping Program.
ESRI fournit une cartographie du périmètre des incendies, des zones
d'évacuation, ainsi que des informations permettant un suivi de la catastrophe à Camp Fire. Une carte de suivi de l'ensemble des feux aux Etats-Unis est accessible également sur Wilde Fire Information Map.
CAL FIRE, le site officiel de suivi des incendies en Californie, donne des informations et des cartes en temps réel.
Concernant le suivi de la qualité de l'air, consulter le site Purple Air.
Le professeur Alistair M. S. Smith décrypte les causes des feux toujours
plus nombreux et meurtriers, et propose des solutions pour s’en
prémunir (article paru dans Le Monde du 17 novembre 2018).
En France, les incendies de forêt sont devenus également un problème préoccupant en raison du réchauffement climatique, de l'extension des périmètres bâtis et du manque de prévention dans ce domaine. Lire cet article de The Conversation à propos des leçons à tirer des feux d'incendie en France en 2017.
S'agissant du risque incendie, les modalités de gestion et de prévention des risques diffère des autres types de catastrophes. Le risque incendie est notamment moins facile à cartographier et à modéliser (voir cet article de Sciences et Avenir).
Les incendies ont repris en Californie en août 2020. La carte interactive des activités d'incendie de l'Université de Californie fournit des informations sur les dernières activités des incendies de forêt. La carte utilise des systèmes de télédétection par satellite pour localiser les foyers en activité. Elle fournit également des informations sur les périmètres d'incendie à partir d'informations sur le terrain et de capteurs aériens.
On peut également consulter la carte des incendies de forêt du Los Angelès Times établie à partir des données satellites de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de Calfire.
Le système ALERTWildfire utilise des caméras en direct pour détecter, localiser et confirmer les incendies de forêt. Le système peut également être utilisé pour surveiller le comportement du feu et aider les pompiers à lutter contre les incendies au sol.
The Age of the Megafire. Une data visualisation assez spectaculaire de Reuters Graphics pour montrer l'ampleur grandissante des feux en Californie de 1975 à nos jours https://t.co/Zs78VKOZhShttps://t.co/NdTQEdhV6C
C'est sans fin. Le violent incendie « Oak fire » continue de s’étendre en Californie près de Yosemite et de ses célèbres séquoias géants. Combattu par 2 000 pompiers, il a brûlé 5 500 hectares de forêt et entraîné l'évacuation de plus de 6 000 personnes https://t.co/oFmnPs0SYe
Réchauffement climatique et géopolitique. La grave sécheresse qui sévit aux États-Unis et au Mexique met en danger les relations bilatérales établies depuis 1906 par des accords de coopération concernant la gestion de l'eau du Colorado et du Rio Grandehttps://t.co/MaRpqup471pic.twitter.com/xyvdqgT4OL
« Swamped by public outcry, state withdraws controversial wildfire risk map » (OPB).
En Oregon, la cartographie du risque d'incendie fait polémique auprès des propriétaires. Le département des forêts de l'Oregon a été inondé de plaintes en juillet 2022 après avoir publié une carte des risques d'incendie de forêt à l'échelle des parcelles. La carte de l'Oregon Wildfire Risk Explorer, créée par l'Oregon State University dans le cadre d'une nouvelle politique sur les incendies de forêt dirigée par le projet de loi 762 du Sénat, décrivait le risque d'incendie de forêt au niveau de chaque propriété. Cette cartographie s'inscrit dans un ensemble de mesures de prévention contre les feux de forêt que les législateurs des États ont adopté en 2021 en réponse aux incendies de forêt qui ont brûlé 4000 maisons et plus d'un million d'acres en 2020. Les propriétaires ont déclaré avoir peur ne plus être couverts par leur assurance habitation ou de voir leurs primes d'assurance doubler.
Cal Mukumoto, directeur du département des forêts de l'Oregon, a déclaré dans un communiqué que l'agence avait entendu plus de 2 000 personnes. Il a indiqué que l'État avait précipité la publication de la carte pour respecter la date limite du 30 juin imposée par la législature et n'avait pas laissé suffisamment de temps pour la sensibilisation et l'engagement locaux que « les gens voulaient, avaient besoin et méritaient ». Le Département des forêts de l'Oregon a également retiré les avis qu'il avait envoyés aux personnes dans les zones à risque élevé ou extrême. "Nous allons immédiatement commencer à travailler avec l'Oregon State University sur certaines améliorations visant à améliorer la précision des affectations de classification des risques en fonction de ce que nous avons entendu des propriétaires jusqu'à présent", indique le communiqué de Mukumoto. Un nouveau processus d'appel a été lancé de manière à réviser la carte. Le site de l'Oregon Wildfire Risk Explorer reste toujours accessible avec des informations générales sur les zones de risque incendie, mais avec une notification importante selon laquelle "la carte est en cours de mise à jour" (sic). Au delà de l'anecdote, l'histoire révèle la difficulté à informer les populations sans alarmer et à faire passer des mesures de prévention en matière de lutte contre le risque feux de forêt.
La carte publiée en juin 2022 (et retirée en août) décrivant le risque d'incendie de forêt en Ohio au niveau de la propriété (source : Oregon Wildfire Risk Explorer)
Des incendies de grande ampleur, attisés par des vents violents, ont de nouveau ravagé Los Angelès début janvier 2025. Le bilan provisoire sélève à 24 morts auxquels s'ajoutent des dizaines de disparus. 192 000 civils doivent encore évacuer le secteur. Les dégâts sont catastrophiques, avec plus de 10 000 bâtiments endommagés ou détruits. L'ampleur de la destruction est estimée à 57 milliards de dollars. Les pertes assurées causées par les incendies de forêt en Los Angeles sont estimées être les plus coûteuses de tous les temps. La catastrophe menace de bouleverser l’équilibre fragile entre le risque climatique et l’assurance habitation en Californie.
1. Traitement médiatique de la catastrophe
« Moi, ça va, mais ma maison : à Los Angeles, la fuite des habitants face à l’enfer des incendies » (Libération)
« C’était une part de mon âme, je suis dévastée : la villa de Laeticia Hallyday détruite par les incendies à Los Angeles » (Le Parisien)
« Les quartiers emblématiques de Los Angeles réduits en cendres » (The Financial Times)
« Évaluation des dégâts causés par les incendies à Los Angeles » (The New York Times)
« Des images satellite avant et après les incendies en Californie montrent des dégâts considérables » (The Guardian)
« Cartographie détaillée des incendies avec origines du feu, périmètres d'incendie et zones d'évacuation obligatoire » (Los Angeles Times)
« Hollywood en feu : les ultrariches découvrent la crise climatique » (Reporterre)
« Quelle est l'ampleur des incendies à Los Angeles par rapport à l'endroit où vous vivez ? » (Call Matters)
« L'État va enquêter sur les raisons pour lesquelles le réservoir de Pacific Palisades était hors d'usage et vide lorsque la tempête de feu s'est déclarée » (Los Angeles Times)
« Comment la Californie combat les incendies depuis le ciel » (Reuters Graphics)
« Incendies à Los Angeles : les vents reprennent, les feux s’étendent et les critiques fusent » (Libération)
« Les Jeux olympiques devraient être annulés : la colère monte contre Los Angeles 2028 » (Le Parisien)
« Après les incendies de Los Angeles, le défi du traitement des débris » (La Croix)
2. Données cartographiques et satellitaires
Images satellites Landsat 8 6 janvier / 14 janvier 2025 (USGS)
« Image Sentinel 2 acquise le 12 janvier 2025 montrant les cicatrices de brûlures des trois incendies de forêt qui ont touché Los Angeles » (Copernicus)
Des cartes et des ensembles de données librement disponibles via le programme de catastrophes de la NASA (NASA)
Données Lidar post-incendie de forêt 2025 pour Los Angeles, Californie (USGS)
« Cartographie détaillée avec niveau d'endommagement des bâtiments » (FEMA)
« Impacts de la sécheresse sur les populations, l'eau et l'agriculture aux Etats-Unis » (ESRI)
« Du carburant pour les incendies en Californie » (NASA)
3. Des incendies de forêt à la question des assurances et du réchauffement climatique
« Les incendies de forêt de janvier 2025 en Californie ont été alimentés par des conditions météorologiques renforcées par le changement climatique d'origine humaine » (Climameter)
« Fréquence et coût des événements météorologiques et climatiques aux Etats-Unis » (NOAA). La Californie arrive en premier pour les incendies de forêt, mais le Texas, la Louisiane et la Floride la dépassent tous risques confondus.
« Les incendies à Los Angeles, une conséquence de la crise climatique » (Courrier International)
« Données cartographiques et de localisation et outils de suivi des feux de forêt » (Kevin Bullock)
« Les avions de lutte contre les incendies déversent de l'eau de mer sur les incendies de Los Angeles : pourquoi l'utilisation de l'eau salée est généralement un dernier recours » (The Conversation)
« Les feux de forêt à Los Angeles poussent le marché de l'assurance californien à ses limites » (Bloomberg)
« Les loyers augmentent plus vite après les catastrophes, mais un programme fédéral peut aider à limiter les excès » (The Conversation)
« Incendies à Los Angeles : le tissu urbain et social en proie aux flammes ». La Cité des anges, qui a souvent été en proie aux flammes, n’a pas su endiguer la catastrophe, qu’ont aggravée la croissance urbaine et les inégalités structurelles au sein de la population (The Conversation)
« Comment les incendies en Californie renforcent le déni climatique de Trump (Reporterre)
« Le mégafeu de Los Angeles est un avertissement adressé à l’ensemble des populations mondiales » Tribune de Michel Lussault (Le Monde)
« Faut-il laisser brûler Los Angeles ? Dans un article datant de 1983, le géographe Mike Davis "proposait des "arguments pour laisser brûler Malibu. Provocation, cynisme ? » (Philosophie Magazine)
« Incendies à Los Angeles : l’impact majeur sur l’eau, l’air, la faune et la flore » (Le Monde)
« Des millions d'Américains se croient à l'abri des incendies de forêt dans leurs villes. Une nouvelle étude révèle le contraire » (The Guardian)
« Le suspect d'un des incendies de Los Angeles en voulait aux riches, selon l'accusation » (TV5 Info Monde).
Lien ajouté le 19 mai 2026
Norlen, CA, Sharma, S. et Escobedo, FJ. « Socio-ecological impacts of the 2025 Los Angeles urban fires on communities, neighborhoods, and homes » [Impacts socio-écologiques des incendies urbains de Los Angeles de 2025 sur les communautés, les quartiers et les habitations]. Nature Communications 17 , 3941 (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-026-71376-1
Les zones habitées sont de plus en plus touchées par les incendies urbains déclenchés par les feux de forêt. Si des indicateurs tels que la superficie brûlée et le nombre de structures détruites sont importants, la recherche néglige souvent la complexité socio-écologique de ces incendies. Les chercheurs ont étéudié les impacts des incendies de Los Angeles de 2025 sur deux communautés à l'échelle du quartier et de la parcelle résidentielle. Des analyses géospatiales et une modélisation économétrique explorent les relations entre la morphologie urbaine, les facteurs socio-démographiques et la destruction des habitations. Les résultats montrent que les caractéristiques socio-écologiques et l'échelle sont essentielles pour comprendre la dynamique des incendies urbains. De plus, de nouvelles populations socio-démographiques sont affectées et les indicateurs de morphologie urbaine sont plus importants que le couvert végétal. Malgré des similitudes avec les incendies urbains des XIXe et XXe siècles, la compréhension de ces incendies urbains réémergents exige des approches transdisciplinaires et des indicateurs spécifiques. L'étude des échelles et de la dynamique socio-écologiques des incendies urbains constitue une étape cruciale pour comprendre et s'adapter aux risques associés à ces catastrophes.
La Déclaration d'Alma-Ata (1978), dans laquelle l'OMS appelait à assurer la "santé pour tous" d'ici l'an 2000, a fait de la santé une priorité mondiale. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), puis les Objectifs de Développement Durable (ODD) ont poursuivi ces aspirations en mettant à nouveau la santé et le bien-être au coeur des objectifs à atteindre. Qu'en est-il du point de vue des progrès réels sachant que beaucoup de pays dans le monde ne bénéficie pas d'une couverture maladie universelle ?
L'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) est un centre de recherche dans le domaine de la santé rattaché à l'université de Washington. Il publie chaque année une enquête GBD (Global Burden Disease) qui évalue le nombre de décès liés aux maladies, violences et autres facteurs de risques de manière à améliorer les systèmes de santé et réduire les disparités entre pays. Une étude très intéressante a été publiée en mai 2018 afin de mesurer l'accès et la qualité des soins de santé pour 195 pays entre 1990 et 2016 (avec pour certains pays une analyse à l'échelle régionale). Les auteurs ont utilisé l'enquête GBD de 2016 et ont isolé 32 facteurs de décès reflétant un problème d'accès et de qualité des soins. Ils ont gradué chaque cause de décès sur une échelle de 0 à 100, 0 étant le premier centile (le plus bas) observé entre 1990 et 2016 et 100 le 99e centile (le plus haut). A partir de l'ensemble des valeurs graduées, ils ont ensuite construit un indice HAQ (Healthcare Access and Quality) et attribué un score global de 0 à 100 pour l’accès et la qualité des soins de santé sur l'ensemble de la période 1990-2016 (cet indice de santé "personnel" n'inclut pas les risques environnementaux et comportementaux).
Tableau des 32 facteurs de décès reflétant l'inégal accès aux soins avec calcul de l'index HAQ moyen (source : The Lancet)
Les chercheurs ont appliqué cette classification au niveau des pays et des régions. Ils ont également comparé les niveaux et les évolutions de l'indice HAQ avec l'indice socio-démographique (SDI), un indice synthétique du développement global. Ils ont aussi examiné les relations entre les scores nationaux de l’indice HAQ et d'autres données corrélées telles que les dépenses totales de santé par habitant. Toutes ces données ainsi que les méthodes utilisées sont fournies dans un rapport scientifique de 176 pages téléchargeable en libre accès (37 Mo).
Evolution de l'accès et de la qualité des soins sur la période 1990-2016 (source : The Lancet)
Cette carte témoigne d'évolutions très contrastées. En 2016, les performances de l'indice HAQ allaient de plus de 96 pour l'Islande, la Norvège et les Pays-Bas, à moins de 23 pour la République centrafricaine, la Somalie et la Guinée-Bissau. Le rythme des progrès réalisés a pu varier entre 1990 et 2016, avec des améliorations nettement plus rapides pour de nombreux pays d'Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud-Est, plusieurs pays d'Amérique latine ayant vu les progrès stagner après des avancées considérables. Sachant que l'accès et la qualité des soins reflètent directement la situation économique, sociale et politique des différents pays, cette carte peut fournir un bon point de départ pour des études plus ciblées concernant les causes qui peuvent expliquer ces évolutions et ces disparités.
Indice HQA par pays et par région 1990-2016 (source : The Lancet)
Cette série de cartes permet de conduire des comparaisons intéressantes par pays et par régions. Les pays développés comme le Japon ou les Etats-Unis observent peu de disparités à l'intérieur de leur territoire. Au contraire, la Chine et l'Inde affichent des écarts importants. Pour la Chine, l'écart va de 91 à Beijing à 48 au Tibet (environ 43 points de différence) tandis que l’Inde, avec un indice globalement plus bas, affiche une disparité cependant moindre (30 points), qui va de 64 à Goa à 34 à Assam. Au Mexique, les écarts dans l'indice HAQ ont quelque peu diminué entre 1990 et 2016, tandis qu'au Brésil, les disparités ont légèrement augmenté entre les États au cours de cette période. La performance de l'indice HAQ témoigne de liens étroits avec le développement global, les pays à indices socio-démographiques (SDI) moyens ou élevés obtenant généralement des scores plus élevés et des gains plus rapides pour les maladies non transmissibles.
Répartition des pays en fonction de la corrélation entre HAQ et SDI (source : The Lancet)
On observe que, dans tous les pays en développement, des progrès substantiels ont été enregistrés dans le domaine de la santé, particulièrement en ce qui concerne les maladies qui peuvent être combattues par la vaccination. Globalement, la performance nationale de l'indice HAQ est associée positivement à des niveaux plus élevés de dépenses de santé par habitant, mais ces relations sont assez hétérogènes, en particulier dans les pays à SDI faible ou moyen.
Cette étude permet de fournir une compréhension assez fine des progrès réalisés et des défis encore à relever si l'on veut améliorer l'accès aux soins de santé dans le monde. Malgré des gains substantiels depuis 2000, de nombreux pays en difficulté sur le plan socio-démographique (avec un SDI faible ou moyen) sont confrontés à des défis considérables.
Evolution comparée du HAQ par pays et par région(source : The Lancet)
Le site IHME fournit en outre un outil de comparaison statistique et cartographique très riche et très efficace :Global Burden of Disease (GBD) Compare permet d'analyser les niveaux de santé et les tendances du monde en un
seul outil interactif. L'interface semble au départ un peu complexe. Un conseil : utiliser le bouton bleu "Take tour" pour avoir un premier aperçu des possibilités offertes par cet outil de data visualisation.
Dans un premier temps, on peut explorer le classement des maladies et leur évolution entre 1990 et 2017. Les boutons à gauche de l'écran permettent de varier le type de graphique de répartition.
Il est possible ensuite de se concentrer sur un indicateur et de jouer sur les variables en fonction de l'âge, du sexe, du pays d'origine, de son niveau socio-démographique (SDI bas ou élevé). Voici par exemple la carte des décès par maladies cardio-vasculaires dans le monde en 2017 :
Les données sont téléchargeables au format CSV, les graphiques au format PNG. Utiliser le menu "Visualizations" pour afficher des cartes. Il est possible de mener des analyses régionales pour les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et le Nigéria. Pour l'Afrique, des analyses peuvent être conduites dans le domaine de l'éducation. Concernant les Objectifs de Développement Durable (ODD), l'outil interactif permet de représenter les données sous forme de carte et de prendre des pays en référence pour les comparer à l'évolution générale. Exemple ici avec la carte de la mortalité infantile dans le monde et son évolution comparée au Bangladesh, au Brésil, en Indonésie et en Ouganda.
Au total l'outil interactif GBD Compare fournit un grand nombre de pistes pour explorer, analyser, comparer des données concernant la santé. Les possibilités de croisement entre cartes et graphiques sont très nombreuses et font penser à un autre outil équivalent Gapminder, tout aussi efficace pour dégager des dynamiques mais qui possède cependant moins de données sur la santé.
Lien ajouté le 10 juillet 2024
Une typologie en 7 niveaux d'accessibilité décrite dans cet article. Trois critères principaux : - classement des communes selon leur niveau d'accessibilité - évolution récente - besoins potentiels de soins selon la populationhttps://t.co/hPU12hnYWR 2/ pic.twitter.com/sXeTfKBMZK
« Les déserts de soins maternels s'étendent sur de vastes régions des États-Unis » (Steven Ponce).
Aux États-Unis, 4 comtés sur 10 ne disposent ni de cliniciens en obstétrique ni de maternité, formant ainsi des zones blanches contiguës à travers les Grandes Plaines et le Sud rural. Une carte choroplèthe à l'échelle des comtés révèle que 4 comtés américains sur 10 ne disposent d'aucun service de maternité : ni obstétriciens, ni maternités. Élaborée à partir des fichiers HRSA Area Health Resources Files (AHRF) 2022-2023 et d'une classification adaptée de March of Dimes (2024), la carte montre que ces déserts de soins maternels forment des zones régionales continues à travers les Grandes Plaines et le Sud rural, et non des lacunes isolées ; une observation que seule la géographie peut révéler.
« Les économies fragiles des hôpitaux ruraux aux Etats-Unis. Qu'est-ce qui différencie les soins de santé dans les petites villes ? » (Reuters).
Sarah Slobin analyse la fragilité des hôpitaux ruraux aux Etats-Unis. Dans ces territoires peu denses, les distances, le vieillissement et la pauvreté structurent un accès aux soins plus difficile, révélant de fortes inégalités spatiales de santé. Près de 90% du territoire américain est rural et environ 60 millions d’habitants y vivent. Ces populations sont plus âgées, moins assurées et disposent de moins de médecins, ce qui dégrade les indicateurs de santé et renforce les vulnérabilités territoriales. Selon Michael Topchik, plus de 40% des 2.000 hôpitaux ruraux fonctionnent à perte, ce qui traduit une fragilité économique structurelle. Depuis 2005, plus de 100 ont fermé, accentuant l’isolement sanitaire et accélérant le déclin démographique de nombreuses petites villes. Le Kansas illustre ces tensions. À Manhattan, un seul hôpital assure les urgences pour tout un comté, obligeant parfois à parcourir plus d’une heure pour accéder à des soins spécialisés, ce qui redéfinit les mobilités médicales. Les contraintes économiques expliquent cette fragilité. Faible population, coûts fixes élevés et dépendance aux financements publics limitent l’offre de soins. Certains services disparaissent, comme la maternité, signalant un déclin progressif du système local. Les chercheurs comme Tyler Page montrent que ces hôpitaux forment un système complexe, dépendant des politiques publiques et des assurances. Leur affaiblissement transforme durablement les territoires ruraux.