Climat : un élève sur dix a vu sa scolarité perturbée en 2025 (UNICEF)


Tempêtes, inondations et vagues de chaleur ont perturbé la scolarité de plus de 171 millions d’enfants à travers le monde en 2025, soit près d’un élève sur dix, selon une analyse publiée par l’UNICEF le 10 septembre 2026. 

Intitulé Learning Interrupted (« Apprentissages interrompus »), ce rapport porte sur 106 pays et territoires et met en évidence l’impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’éducation. Les tempêtes sont le premier facteur mondial, avec environ 109 millions d'élèves concernés, devant les inondations (au moins 70 millions) et les vagues de chaleur (environ 50 millions). Fermetures d’écoles, suspension des cours, journées raccourcies, enseignement à distance : les perturbations prennent des formes multiples. Dans certains cas, les établissements sont directement endommagés, tandis que les déplacements de population et l’augmentation de l’absentéisme peuvent accroître le risque de décrochage scolaire. 

« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne font pas qu’interrompre les leçons : ils détruisent des écoles, déracinent des familles et écartent durablement de la salle de classe les enfants les plus vulnérables, en particulier les filles », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell.

Perturbations scolaires liées au climat (carte réalisée à partir des données statistiques du rapport de l'UNICEF).
Pour certains pays, les estimations ont été ajustées pour tenir compte du sous-dénombrement dans des contextes de crise.

Les pays les plus pauvres sont les plus durement touchés

Si les perturbations ont touché les élèves de tous les niveaux de revenus, les trois quarts d'entre eux vivent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, selon l'UNICEF, car les systèmes éducatifs y manquent souvent des ressources nécessaires pour préserver l'apprentissage lors des urgences liées au climat. Par exemple, au Pakistan – l’un des pays les plus touchés selon l’étude – les graves inondations de mousson du mois d’août ont retardé la rentrée scolaire de plus de 28 millions d’élèves, ce qui en fait l’une des plus importantes perturbations de l’éducation liées au climat enregistrées en 2025. De même, en Égypte, une puissante tempête de Khamsin (vent et poussière) a provoqué une suspension nationale des cours pendant une journée en avril, touchant également plus de 28 millions d'élèves.

Les filles les plus vulnérables

Le rapport constate que les filles sont plus susceptibles que les garçons d'abandonner leurs études lorsque les aléas climatiques perturbent ou ferment les écoles. Lorsque les écoles et les installations sanitaires sont endommagées, et que les familles sont déplacées et perdent leurs revenus, les filles se voient généralement confier des responsabilités supplémentaires en matière de soins et de collecte d'eau. Ces pressions peuvent également accroître le risque de mariage forcé d'enfants , ce qui rend très difficile le retour des filles à l'école une fois les établissements rouverts. 

Conséquences à long terme

« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne se contentent pas de perturber les cours, ils détruisent les écoles, déracinent les familles et excluent définitivement les enfants les plus vulnérables, notamment les filles, des salles de classe », a souligné Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. À moins que des mesures claires ne soient prises pour les aider, les élèves qui ont subi des perturbations scolaires liées au climat en 2025 pourraient perdre au total au moins 200 milliards de dollars de revenus sur toute leur vie, selon le rapport. À l'échelle macroéconomique, les pertes d'apprentissage et les taux d'abandon scolaire plus élevés peuvent réduire la productivité de la main-d'œuvre, ralentir la croissance économique et rendre plus difficile pour les pays de réduire la pauvreté. 

Parmi les pays d'Asie du Sud, l'Inde a enregistré le plus grand nombre d'élèves touchés. Les tempêtes et autres catastrophes climatiques qui ont frappé différents États ont perturbé la scolarité de 26 millions d'élèves. La crise de l'éducation liée au climat ne concerne plus seulement les pays pauvres ou vulnérables au changement climatique. Dans plusieurs pays européens, les vagues de chaleur, les tempêtes et les inondations ont perturbé la scolarité de millions d'élèves.

Des solutions concrètes à mettre en oeuvre

Parallèlement, le rapport met en lumière des solutions concrètes qui contribuent déjà à protéger l'apprentissage des aléas climatiques, notamment l'intégration de la résilience climatique dans la planification nationale de l'éducation, le renforcement des infrastructures scolaires, la garantie de la continuité de l'apprentissage pendant et après les perturbations, et l'intégration de l'éducation au climat dans les programmes scolaires afin de doter les enfants et les jeunes des compétences nécessaires pour s'adapter à un monde en mutation. 

Fort de ces approches éprouvées, l'UNICEF appelle les gouvernements et les partenaires à intensifier leurs efforts et à protéger l'éducation des pires conséquences des aléas climatiques : 

  • Renforcer la résilience climatique des systèmes éducatifs pour assurer la continuité de l'apprentissage en cas d'urgence.
  • Accroître les financements nationaux et internationaux pour la résilience du système éducatif.
  • Investir dans des infrastructures éducatives résilientes face au changement climatique pour protéger les élèves et les enseignants. 
  • Donner aux enfants et aux jeunes les connaissances et les compétences nécessaires pour renforcer leur résilience et impulser l'action climatique.
  • Renforcer les systèmes de données sur le climat et l'éducation pour mieux anticiper les perturbations, y répondre et s'en remettre.

Pyramide en faveur d'une éducation résiliente au climat qui tient compte du niveau de responsabilité individuel et collectif (schéma traduit à partir du rapport de l'UNICEF)

Ces quatre piliers offrent une approche globale pour une éducation résiliente face au climat. Les politiques, la planification et le financement créent un environnement propice ; des infrastructures et des systèmes éducatifs résilients protègent l’apprentissage et renforcent la préparation ; tandis que les compétences vertes et le leadership permettent aux enfants et aux jeunes de mener des actions climatiques et de contribuer à des sociétés plus résilientes et plus durables.

Références

Rosa Pietroiusti et al. (2026). « Age-specific exposure to human-induced increases in humid heat  » [Exposition spécifique de l'âge aux augmentations de chaleur humide induites par l'homme]. Science Advances 12, eaeb3232, https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aeb3232

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique et subiront des effets de plus en plus marqués tout au long de leur vie. Les auteurs montrent ici que les enfants sont déjà exposés de manière disproportionnée par rapport aux générations plus âgées, car nombre d'entre eux vivent dans les régions les plus touchées par l'aggravation du stress thermique lié à l'humidité. En combinant des données démographiques avec un cadre d'attribution à l'échelle mondiale, ils constatent qu'au rythme actuel du réchauffement climatique, 2,8 à 3 fois plus d'enfants âgés de 0 à 9 ans que d'adultes âgés de 60 à 69 ans sont exposés à au moins 20 jours supplémentaires de stress thermique attribuables au changement climatique anthropique, selon les réanalyses (3,0 [3,0 à 3,1]) et les modèles climatiques (2,8 [2,4 à 3,0]). En moyenne, les enfants subissent 9 à 10 jours de stress thermique supplémentaires attribuables au changement climatique que les personnes âgées de 60 à 69 ans (réanalyses : 9 [6 à 9] ; modèles : 10 [6 à 13]), et cette différence est probablement sous-estimée, car les enfants passent plus de temps à l'extérieur. Cette disparité intergénérationnelle persiste à mesure que le stress thermique global s'intensifie sous l'effet du réchauffement climatique de 1,5°C et 2°C, soulignant la nécessité de politiques d'atténuation et d'adaptation pour protéger les enfants des risques sanitaires liés à la chaleur.

Liu, Sable​ W. Ding (2026). « The UNICEF Children's Climate Risk Index : From Measurement to Policy  » [L’indice des risques climatiques pour les enfants de l’UNICEF : de la mesure à la politique]. Children & Society, 40, n°4 : 878-884 . https://doi.org/10.1111/chso.70022.

Élaboré par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et ses collaborateurs, l'Indice des risques climatiques pour les enfants (IRCE) constitue un cadre mondial essentiel pour évaluer et réduire l'impact des risques climatiques sur les enfants. En replaçant le changement climatique dans le contexte des droits de l'enfant, l'IRCE sert d'instrument politique fondé sur des données probantes pour traduire les principes normatifs de la Convention relative aux droits de l'enfant en actions nationales et internationales. Cet article analyse les caractéristiques conceptuelles, méthodologiques et politiques de l'IRCE, ainsi que son intégration aux politiques et actions nationales et internationales, notamment les initiatives de l'UNICEF. Il souligne le potentiel de l'IRCE pour orienter les politiques de réduction des risques de catastrophe, de protection sociale et d'éducation, afin de renforcer la résilience des enfants face aux risques climatiques. Certaines limites de l'IRCE, telles qu'une inclusion institutionnelle restreinte, une participation limitée des enfants et des lacunes dans les données, sont également identifiées. À partir de ces constats, cet article propose des pistes pour renforcer l'IRCE et appelle à des efforts scientifiques et politiques accrus pour promouvoir une connaissance et une gouvernance du climat centrées sur l'enfant.

Adwoa Kumiwa, Asare Afrane et Adeladza Kofi Amegah (2025). « Climate change impacts on child health in Africa : time for action » [Impacts du changement climatique sur la santé infantile en Afrique : il est temps d'agir], Environmental Research : Health 3 033002, https://iopscience.iop.org/article/10.1088/2752-5309/adf08c (en accès ouvert).

La crise climatique affecte de manière disproportionnée les enfants en Afrique et dans d'autres régions en développement du monde, où la rareté des ressources et les carences en infrastructures accentuent leur vulnérabilité aux aléas climatiques. Selon l'UNICEF, les enfants de la quasi-totalité des pays africains sont exposés à un risque élevé, voire extrêmement élevé, lié aux changements climatiques. Ces changements constituent une grave menace pour la santé infantile en Afrique, en raison de la conjugaison de multiples vulnérabilités qui engendrent des défis sans précédent. Afin de prioriser les actions face aux risques climatiques pesant sur les enfants en Afrique, il est essentiel d'identifier les zones les plus touchées et les facteurs de vulnérabilité. C'est dans ce contexte que, les auteurs mettent en lumière les principaux problèmes de santé infantile liés au climat en Afrique, recensent les lacunes de la recherche et proposent des stratégies d'intervention pour protéger la santé des enfants sur le continent.

Schéma expliquant les conséquences néfastes du changement climatique sur la santé des enfants
en Afrique (source : Kumiwa, Afrane et Kofi Amegah, 2025)

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Climate Change Explorer, un outil cartographique pour visualiser les projections climatiques



Géographie de la gouvernance des mobilités en France à partir des AOM


Benoit Conti et Mariane Thébert (2026). Géographie de la gouvernance des mobilités en France : la Loi d’orientation des mobilités au prisme des déplacements pendulaires, Cybergeo : European Journal of Geography, Espace, Société, Territoire, document 1109, http://journals.openedition.org/cybergeo/43116

Cet article examine la recomposition de la gouvernance des mobilités en France suite à la mise en œuvre de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) de 2019. Deux échelles sont analysées : celles des autorités organisatrices de la mobilité (AOM), qui couvrent désormais l’ensemble du territoire, et celles des bassins de mobilité, nouveau périmètre de coordination des AOM. L’article examine ces périmètres politiques et techniques au regard des déplacements pendulaires afin de restituer dans leur variété les enjeux de gestion de ces mobilités. L’analyse, réalisée sur la France continentale, repose sur une démarche quantitative conduite à partir des données de mobilité pendulaire du recensement de la population (Insee). Une typologie en quatre profils d’AOM permet de qualifier la diversité des enjeux à considérer entre actifs stables, sortants et entrants. Les AOM issues de la LOM sont caractérisées par l’extraversion des flux domicile-travail mais présentent aussi des profils marqués. Étonnamment, l’intérêt pour le statut d’AOM est plus forte chez les communautés de communes échangeant le plus d’actifs avec l’extérieur, traduisant l’importance d’interagir en qualité d’interlocuteur légitime avec la Région. Toutefois, les bassins de mobilité n’offrent pas toujours de périmètre de coopération adéquat au regard des profils identifiés, et les réflexions sur les enjeux de coordination entre intercommunalités et Régions ouvrent des pistes de recherche sur les conditions du dialogue entre planification territoriale et gestion des mobilités.

Les quatre classes d’AOM au regard des pratiques de mobilité (source : Conti et Thébert, 2026)


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The arrogance of space : un outil cartographique pour montrer la place allouée à l'automobile en milieu urbain

Vers une loi universelle des mobilités urbaines ? (Senseable City Lab - MIT)

De villes en villes. Atlas des déplacements domicile-travail interurbains


L'évolution du revêtement des routes dans le monde


Randhawa, S., Randhawa, G., Langer, C. et al.  (2026). The changing surface of the world’s roads [L’évolution du revêtement des routes dans le monde]. Nature Communications, 17, 9345.  https://doi.org/10.1038/s41467-026-76234-8

Des chercheurs de l’Université de Heidelberg ont cartographié l’état des routes dans le monde. À partir d’images satellites et de l’IA, ils montrent que leur qualité éclaire le développement, les inégalités et les vulnérabilités territoriales. L’étude cartographie 95,5% des 9,2 millions de kilomètres des grands axes routiers entre 2020 et 2024, à une résolution de 3-4 mètres grâce aux images PlanetScope. Les chercheurs distinguent les routes revêtues et non revêtues et estiment leur largeur, de manière à suivre l’évolution concrète des infrastructures. La carte mondiale fait apparaître une forte fracture spatiale. Les routes étudiées sont revêtues à 97,4% en Europe et Asie centrale et 96,9% en Amérique du Nord, contre 63,1% en Afrique subsaharienne. L’inégalité concerne surtout les campagnes, bien moins équipées que les villes. Le lien entre routes rurales et développement humain apparait clairement. La part de routes revêtues est fortement corrélée à l’indice de développement humain dans les campagnes (r=0,74), davantage que dans les villes (r=0,54), où les réseaux sont déjà presque entièrement revêtus. Entre 2020 et 2024, le revêtement progresse dans une grande partie du monde, mais à des rythmes très inégaux. Les hausses les plus fortes se concentrent dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Asie du Sud et du Sud-Est, révélant des espaces de rattrapage rapide. Les routes non revêtues ne sont pas seulement un signe de retard. Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du Sud ou d’Asie du Sud-Est, elles restent indispensables aux liaisons entre villes. Leur fragilité peut donc menacer la continuité des échanges et des réseaux. Les études locales révèlent ces écarts à grande échelle. Au Ghana, 84,6% des grands axes sont revêtus, contre 44,9% des routes urbaines et 5% des voies de desserte. Au Pakistan, la surface et la largeur des routes servent aussi à repérer les secteurs vulnérables aux inondations. L’état des routes révèle les inégalités territoriales, l’accessibilité et la résilience. Les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une corrélation, non d’une causalité : toutes les routes n’ont pas à être revêtues, et les besoins diffèrent selon les territoires.

État et dynamique des infrastructures routières mondiales : revêtement en 2024 et évolution de 2020 à 2024 d'après les données de PlanetScope (source : Randhawa et al., 2026


L’ensemble de données mondial sur les surfaces routières généré et analysé dans cette étude est librement accessible sur la plateforme Humanitarian Data Exchange (HDX) sous licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 (CC BY-NC 4.0). D’autres ensembles de données utilisés dans cette étude sont accessibles au public auprès des sources citées dans le texte principal. Les images satellites PlanetScope utilisées pour l’entraînement et la validation du modèle ont été obtenues dans le cadre d’un accord de licence de recherche et d’éducation avec Planet Labs PBC. En raison de ces conditions de licence, les images Planet ne peuvent être redistribuées.

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Le salaire des enseignants dans l'Union européenne, de l'école primaire au lycée


Source : Valentin Ledroit, «  Le salaire des enseignants dans l'Union européenne, de l'école primaire au lycée », 1er septembre 2026 (Toute l'Europe).

Dans l’Union européenne, les salaires des enseignants diffèrent fortement selon les pays. Entre le Luxembourg, où ils figurent parmi les plus élevés, et la Bulgarie, où ils restent modestes, l’écart est considérable. Où se situe la France dans ce panorama ? En France, 11,6 millions d'élèves reprennent le chemin de l'école à la rentrée 2026. C'est également le cas pour les quelque 851 000 enseignants de l'Hexagone. À quelques mois de l'élection présidentielle, de nombreux candidats ont proposé d'augmenter les salaires des professeurs, notamment pour combler l'écart avec leurs voisins européens. D'un État membre à l'autre, les conditions salariales des enseignants sont en effet très différentes.

Salaire statutaire annuel brut d'un enseignant (en euros) pour l'année scolaire 2024/2025, au niveau lycée

Source : Eurydice. Le comparatif utilise la Classification internationale type de l'éducation, et plus particulièrement les niveaux suivants : ISCED 1 (primaire), ISCED 2 (collège) et ISCED 3 (lycée). Pour les pays membres n'utilisant pas l'euro (Danemark, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie et Suède), les conversions ont été effectuées avec le taux donné par la BCE le 31 août 2026.

Des disparités fortes en début de carrière

Selon les chiffres publiés par la Commission européenne pour l’année scolaire 2024/2025 (dernières données Eurydice disponibles), un enseignant bulgare en école primaire gagne environ quatre fois moins que son collègue allemand en début de carrière. En France (12e du classement européen), les enseignants du primaire gagnent, en début de carrière, 32 264 euros bruts par an, ce qui les place entre Chypre (26 553 €) et l'Espagne (35 030 €). Le niveau de rémunération est identique, de l'école primaire au lycée, dans une majorité d'États membres (14 au total). Le site Eurydice de l'UE permet de faire des comparaisons en fonction de l'évolution dans la carrière.

Des évolutions disparates

Les évolutions salariales au cours de la carrière ne sont pas non plus les mêmes selon les pays. C'est à Chypre que l'augmentation de salaire est la plus conséquente, avec une hausse de 143 % dans l'enseignement primaire. En France, un enseignant du primaire verra sa rémunération annuelle augmenter de 61 % après 34 ans de carrière en moyenne. Mais cette évolution est loin d'être régulière. Après 10 ans d'ancienneté, l'augmentation n'est que de 10 %, puis de 13 % après 15 ans.  Les niveaux de rémunération affichés ne tiennent pas compte du temps de travail effectif dans chaque État membre. Ces chiffres correspondent toutefois au temps d'enseignement réglementaire, et non au temps de travail total des enseignants, qui comprend également la préparation des cours, la correction des copies, les réunions ou encore les échanges avec les familles. En France, une étude de la DEPP (le service statistique public de l'éducation) publiée en 2025 estime ainsi que les enseignants du second degré à temps plein ont travaillé en moyenne 1 632 heures sur l'ensemble de l'année scolaire 2022-2023. 

Une corrélation avec le PIB par habitant

Le niveau de salaire des enseignants est le plus souvent corrélé au niveau de PIB par habitant : plus ce dernier est élevé, plus le salaire moyen des enseignants tend à l'être également. Toutefois, même en ajustant ces salaires en fonction de la richesse par habitant, le classement évolue peu.

Pour compléter

«  Bac +3, master ou simple baccalauréat… quel est le niveau de qualification requis chez nos voisins européens ?  » (Toute l'Europe). 
Si 12 pays de l'UE demandent un niveau licence pour enseigner à l'école primaire, comme l'Autriche, la Belgique ou encore le Danemark, 14 autres pays de l'UE exigent un niveau master. C'est notamment le cas de l'Allemagne, de l'Italie et de la Suède. Pour pallier les difficultés de recrutement des professeurs en France, les concours d'enseignants sont désormais accessibles aux étudiants de licence 3. 

«  Crise d’attractivité : le rapport qui appelle à revaloriser le métier enseignant » (Café pédagogique). 
La question salariale est au centre de la rentrée, et cela continue avec le rapport de France stratégie publié lundi 31 août. Dans son rapport sur le niveau scolaire, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan décrit un métier sous tension, marqué par la baisse du nombre de candidats, la charge de travail, un sentiment de faible reconnaissance et une formation jugée insuffisante. « En France, le métier d’enseignant fait partie des métiers où le niveau de tension psychologique est le plus élevé. » : le rapport propose de profiter de la baisse démographique pour agir sur les rémunérations, la formation et les conditions d’exercice.

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Une typologie des communes pour décrire le système éducatif (DEPP-MEN)

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Etudier les établissements scolaires en lien avec la politique de la ville : intérêt et limites

Les territoires de l’éducation : des approches nouvelles, des enjeux renouvelés

Habitez-vous une ville du quart d'heure ?


L'outil Ma ville du quart d'heure, développé par Julien Bracquart, représente le nombre et le type d'activités présentes à proximité de tout lieu du territoire en France métropolitaine. La carte permet de lister les services présents à un quart d'heure à pied autour de chaque rue. L'évaluation de l'accessibilité des services du quotidien s'inspire du concept d'urbanisme de proximité, créé par le chercheur Carlos Moreno. Un survol des rues et des services apporte des informations complémentaires. Des statistiques sur la population viennent compléter ce tableau. Le profil choisi peut être : par défaut, avec enfant(s), touriste, personne âgée avec un niveau de mobilité normal ou réduit. La carte est personnalisable pour permettre à chacun de découvrir les lieux qui lui correspondent et éventuellement vivre sans voiture.

Quelle offre de services à un quart d'heure à pied à Rennes ? (source : mavilleduquartdheure.fr)


Par comparaison, l'accessibilité à pied des personnes âgées (source : mavilleduquartdheure.fr)


Les villes-centres offrent des niveaux de service plus élevés par rapport aux couronnes périurbaines, mais on observe des disparités entre aires urbaines. L'intérêt de cette application en ligne est d'une part de mettre en évidence le nombre de services manquants (de 1 à 4 ou plus) et d'autre part de pouvoir sélectionner le type de services (boulangerie, café-restaurant, commerce alimentaire, bureau de poste, pharmacie...). Les résultats peuvent être affichés au niveau des rues ou par rapport au bâti résidentiel, avec la densité du bâti rendue par des cercles proportionnels.

Analyse de cartes déclassifiées de la CIA des années 1940 à 2010 (Brilliant Maps)


Les cartes de la CIA constituent une collection exceptionnelle. Ces cartes ont été déclassifiées (plus de 12 millions de documents déclassifiés au total). Elles sont accessibles au public depuis 2016 sur le compte Flickr de la CIA et à partir du catalogue des Archives nationales des États-Unis (plus de 3000 documents mis en ligne). Toutes les cartes sont désormais du domaine public. Ces cartes, généralement classées top secret, étaient produites par le Centre de cartographie de la CIA, créé en 1941 pour fournir des cartes, des analyses géographiques et des recherches afin de soutenir le travail de l'Agence, de la Maison Blanche, des hauts responsables politiques et de la communauté du renseignement dans son ensemble. Conçues pour la planification de guerre, elles renseignent aussi sur les populations, les matières premières, les risques naturels et les trafics en tous genres. Elles présentent une grande variété d'informations, notamment sur la géographie, les frontières, les zones urbaines, les villes, et contiennent des données sociologiques, culturelles et ethniques sur les populations. 

Au cours de l'année 2026, le site Brilliant Maps a mis en ligne une série de cartes déclassifiées de la CIA classées par décennie, en les accompagnant de commentaires afin de pouvoir analyser leur contenu et le contexte de leur production. Elles sont décrites comme suit : « Le Centre de cartographie de la CIA apporte une contribution essentielle à la sécurité de notre nation, en fournissant aux décideurs politiques des informations cruciales qui ne peuvent tout simplement pas être transmises par les seuls mots ». Ces cartes, produites dans le contexte de la Guerre Froide et souvent liées à des zones de tensions ou de conflits, apportent des éléments de compréhension essentiels. Elles reflètent en même temps l'esprit de leur époque.

Cartes des missiles à Cuba de 1962 (source : compte Flickr de la CIA)


La liste ci-dessous donne le détail de ces cartes classées par décennie de 1940 à 2010 et commentées sur le site Brilliant Maps :

  • Carte des dialectes allemands de 1942
  • Carte du front russe de 1942
  • Carte de la Tunisie de 1943
  • Carte de la Chine de 1944
  • Carte des camps de concentration allemands de 1944
  • Carte de densité de population de l'Allemagne en 1944
  • Carte des positions ennemies à Okinawa en 1944
  • Carte des zones d'occupation de Berlin en 1945
  • Carte routière de l'Indochine de 1945
  • Carte de l'autosuffisance alimentaire du Japon en 1945
  • Carte de la Corée et de la Mandchourie de 1945
  • Divisions administratives de la Corée en 1945 (source : CIA)
  • Carte du contrôle japonais du Pacifique de 1945 (source : CIA)
  • Carte de Taegu de 1945 de la CIA
  • Carte de la Venise Giulia (Italie) de 1945, fournie par la CIA
  • Carte des zones de Corée de 1946 de la CIA
  • Le président Roosevelt contemplant un globe terrestre de l'OSS
  • Carte des divisions administratives de l'Afrique en 1950
  • Carte du commerce international de 1950
  • Carte topographique du bassin méditerranéen des années 1950
  • Carte de l'Indochine de 1951
  • Carte pétrolière du Moyen-Orient de 1951
  • Carte du PIB de l'URSS en 1953
  • Carte des revendications territoriales en Antarctique de 1956
  • Carte des chemins de fer chinois de 1957
  • Carte de l'Indonésie de 1957
  • Carte de l'Islande de 1958
  • Carte de la Corne de l'Afrique de 1959
  • Carte de l'Indochine de 1961 avec le président Kennedy
  • Carte des frontières du Honduras britannique de 1961
  • Carte des missiles de Cuba de 1962
  • Carte des zones communistes de Chine de 1963
  • Carte de la frontière Chine-Inde de 1963
  • Carte des forces soviétiques à Cuba en 1963
  • Carte du Sikkim de 1965
  • Carte de Bogota de 1966
  • Carte d'Aden de 1967
  • Carte de la Thaïlande centrale de 1967
  • Carte des régions climatiques de Birmanie de 1968
  • Carte des zones de culture du riz et de la population du Cambodge en 1968
  • Carte de l'Allemagne de l'Est de 1969
  • Carte de Berlin-Est/Berlin-Ouest des années 1960
  • Carte de la CIA du président Nixon de 1970
  • Carte de l'Empire khmer de 1970
  • Carte de l'Afghanistan de 1971
  • Carte de la mer de Chine orientale de 1971
  • Carte des bantoustans de 1973
  • Carte d'Anshan de 1974
  • Carte d'Israël de 1975
  • Carte du Bophuthatswana de 1977
  • Carte de profil de Cuba en 1977
  • Carte du Sud-Liban de 1977
  • Carte de l'Empire centrafricain de 1978
  • Carte de la population africaine de 1979
  • Carte des lignes du Sinaï de 1979
  • Carte des zones du Sinaï de 1979
  • Carte topographique dessinée à la main par la CIA
  • Carte de la CIA de 1975 du DCI Colby
  • Carte du centre de Moscou de 1980
  • Carte de la Yougoslavie de 1981
  • Carte de développement des ressources en eau en Jordanie de 1982
  • Carte des réfugiés afghans au Pakistan en 1982
  • Carte de la Cité du Vatican de 1984
  • Carte 3D de la vallée du Panjshir en Afghanistan en 1985
  • Carte de la péninsule coréenne de 1987
  • Carte des transports de la Tanzanie de 1988, créée par la CIA
  • Carte des ressources pétrolières et gazières indonésiennes des années 1980
  • Carte de la CIA du président Ronald Reagan
  • Carte de la CIA du vice-président George H.W. Bush, 1985
  • Carte mondiale de la culture de la coca en 1989
  • Carte de la République de l'Union soviétique de 1991
  • Carte des gisements de charbon en Chine de 1992
  • Carte ethnoreligieuse du Caucase de 1993
  • Carte du pétrole et du gaz ukrainiens de 1996
  • Carte ethnolinguistique afghane de 1997
  • Carte de la Bosnie de 1997 créée par la CIA
  • Carte de 1997 du vol 007 de Korean Airlines en 1983
  • Carte des dégâts causés par l'ouragan Mitch en Amérique centrale en 1998
  • Carte du Kosovo de 1998 créée par la CIA
  • Carte de l'Afghanistan de 1999
  • Carte des secteurs de la KFOR de 1999
Cartes déclassifiées de la CIA datant des années 2000
  • Carte de la région arctique de 2000
  • Carte de la région centrale des Balkans en 2000
  • Carte de l'ouragan Mitch (1998), édition 2000
  • Carte 3D de la vallée de Konar en Afghanistan (2001)
  • Carte des régions kurdes de 2002
  • Carte de Bagdad de 2003
  • Carte de la région du Cachemire de 2003
  • Carte de référence de la Syrie (2004)
  • Carte de Singapour de 2005
  • Carte de la culture de la coca au Pérou en 2006
  • Carte de la population birmane de 2007
  • Carte administrative de l'Albanie de 2008
  • Carte physiographique de l'Albanie de 2008
  • Carte 3D du plateau du Golan (2009)
  • Carte de la CIA du Camp David, 29 septembre 2001
  • Carte de la frontière nord de l'Afghanistan et du Pakistan en 2010
  • Carte de profil de l'Afghanistan en 2012
  • Carte de densité de population de l'Afrique en 2012
  • Carte comparative des zones et des projections de 2012
  • Projections cartographiques : Mercator versus la taille réelle de chaque pays
  • Carte topographique 3D de la frontière afghane de 2013
  • Carte de l'éducation en Afrique de 2013
  • Carte du World Factbook Asie de 2013
  • Carte de la population d'éléphants de 2013
  • Carte du trafic de l'ivoire de 2013
  • Carte des revendications séparatistes des groupes du nord-est de l'Inde en 2013
  • Carte du paludisme en Asie du Sud 2013
  • Carte de référence de la Cisjordanie de 2013
  • Carte 3D de la bataille du Liban de 2014
  • Carte de la culture de la coca en Colombie en 2015
  • Carte de répartition de l'eau au Mexique
Pour compléter :
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Utiliser le tableau de bord du tourisme de l'UE


Le tableau de bord du tourisme de l'UE propose des visualisations interactives de données et des indicateurs pour étudier l'écosystème touristique européen. Son objectif principal est « de  promouvoir et de suivre les transitions écologique et numérique ainsi que la résilience socio-économique du tourisme européen, et d' aider les décideurs et les opérateurs du secteur à élaborer des politiques et des stratégies fondées sur des données probantes ».

1) Présentation du tableau de bord du tourisme de l'UE

La plateforme fournit un ensemble de descripteurs de base sur les caractéristiques des destinations touristiques en termes de demande, d'offre et de proposition touristique. Elle couvre tous les pays de l'UE, ainsi que l'Islande, la Norvège et la Suisse. Les indicateurs sont répartis selon trois piliers (environnemental, socio-économique et numérique). 

Lancé en 2022, le tableau de bord du tourisme de l'UE a été développé par la Commission européenne, suite à une demande des États membres de l'UE visant à concevoir un outil de suivi de la double transition et de la résilience de l'écosystème touristique. Ce tableau de bord est élaboré en coopération avec Eurostat et en coordination avec les États membres de l'UE. Il contribue à la trajectoire de transition pour le tourisme, fixée en collaboration avec les acteurs publics et privés du tourisme de l'UE afin d'identifier les axes d'action pour la transition écologique et numérique et pour l'amélioration de la résilience du secteur touristique dans l'UE. Le tableau de bord est constamment enrichi de nouveaux indicateurs. La prise en compte de facteurs supplémentaires, tels que le nombre de visiteurs à la journée dans les sites très touristiques, permettrait d'effectuer des analyses encore plus approfondies des impacts d'un tourisme déséquilibré.

2) Piste d'utilisation : la carte d'intensité touristique de l'UE

L'intensité touristique se calcule en divisant le nombre de nuitées dans les hébergements touristiques par la population résidente. Indicateur de la dépendance économique au tourisme, elle peut révéler un surtourisme, une pression accrue sur les ressources et une vulnérabilité aux fluctuations de la demande lorsque ses valeurs sont très élevées. À l'inverse, des valeurs très faibles signalent une faible activité touristique, possiblement due à la faible attractivité de la destination ou à un potentiel de développement touristique inexploité. Les destinations touristiques dont les valeurs de cet indicateur se situent autour de la moyenne de l'UE-27 sont considérées comme ayant une dépendance au tourisme plus équilibrée. Cet indicateur fait partie du pilier socio-économique.

Carte de l'intensité touristique dans l'UE au niveau infra-régional (source : Commission européenne)

La carte (carte interactive et données en ligne) illustre l'intensité touristique au niveau infra-régional. Les 100 destinations les plus touristiques affichent une moyenne de 44 nuitées par habitant, contre 6 nuitées en moyenne dans l'UE. La plupart de ces destinations se situent en Allemagne, en Grèce, en Italie, en France, en Espagne, en Autriche et en Croatie, généralement le long des côtes et dans les zones montagneuses de l'UE. Des pics de 115 à 145 nuitées sont enregistrés en Istrie (Croatie) et sur les îles de Corfou, Kalymnos, Karpathos, Kos et Rhodes (Grèce), ainsi qu'à Fuerteventura et Lanzarote (Espagne). Les pays nordiques présentent également des scores élevés en matière d'intensité touristique. Les destinations les moins touristiques se trouvent dans les pays d'Europe de l'Est.

La carte est également consultable par année à partir du serveur de données d'Eurostat.

Pour compléter : 

« Tourisme déséquilibré : quelles destinations européennes sont potentiellement vulnérables ?  » (Commission européenne). De nouvelles données issues du tableau de bord du tourisme de l'UE mettent en lumière des facteurs de risque potentiels tels qu'un nombre trop élevé de visiteurs, la saisonnalité et l'intensité du tourisme.

Batista e Silva, F., Marin Herrera, MA, Rosina, K., Barranco, R., Freire, S., Schiavina, M. (2018) « Analysing spatiotemporal patterns of tourism in Europe at high-resolution with conventional and big data sources » [Analyse des schémas spatio-temporels du tourisme en Europe à haute résolution à l'aide de sources de données conventionnelles et massives]. Tourism Management, 68. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S026151771830044X

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Météo-France renforce l’information infra-départementale de la Vigilance météorologique


Depuis 25 ans, le dispositif de Vigilance météorologique permet d'informer les citoyens, les médias et les pouvoirs publics des dangers météorologiques à venir. Ce dispositif évolue régulièrement, et en 2026, Météo-France franchit une nouvelle étape en introduisant une information géographique plus fine que le département pour les phénomènes Vent, Pluie-inondation, Orages, et Neige-verglas. La Vigilance, le dispositif d’avertissement sur les phénomènes météorologiques dangereux de Météo-France, intégrait déjà des informations infra-départementales pour les phénomènes Avalanches et Vagues-submersion. Cette possibilité s’étend dorénavant pour l'Hexagone et la Corse à quatre nouveaux phénomènes : Vent, Pluie-inondation, Orages, Neige-verglas.

Pour certaines situations météorologiques, il est désormais possible de mieux préciser au sein d’un département les secteurs géographiques concernés par les conditions météorologiques les plus sévères.

Deux niveau d'information par département et infra-départementale (source : MeteoFrance)


Le système actuel "avait clairement montré ses limites !", commente Sébastien Brana, du site @infoclimat. "La météo n’a que faire des limites administratives, cela fait dix ou quinze ans que la communauté météo attendait cette évolution. Cela demandera plus de travail aux prévisionnistes mais ils ont les outils pour le faire, avec des modèles météo aux mailles très fines. Il restera une part d’incertitude et il sera toujours impossible de dire, précisément, à quel endroit une tornade va survenir."  Reste à voir "comment cela va être décliné, en termes d’alerte, par les préfectures" (source : Le Paisien). 

Cette nouveauté est un outil supplémentaire d’aide à la décision pour les autorités de gestion de crise. Elles peuvent ainsi mieux localiser les zones exposées au danger les plus sévères, et adapter l’alerte et les moyens de secours. C’est aussi une avancée pour la prévention des risques et la sensibilisation des citoyens pour adopter les bons comportements lors d’événements météorologiques intenses.

Les travaux menés conjointement par Météo-France et Santé publique France visent à étendre l’information infra-départementale aux phénomènes Canicule et Grand Froid, à partir de l'été 2027. Cette extension tiendra compte notamment des spécificités des départements de montagne et des zones côtières.

L'information infra-départementale est disponible sur le site vigilance.meteofrance.fr (vue par phénomène) et sur l'application mobile Météo-France. Elle figure également sur la double carte de Vigilance, téléchargeable en version PDF depuis le site de Vigilance.

Comment accéder à l'information infra-départementale ? (source : MeteoFrance)

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Redessiner le monde pour mieux le comprendre : le pouvoir politique des contre-cartes


Source : Patty Heida, « Redessiner le monde pour mieux le comprendre : le pouvoir politique des contre-cartes » (The Conversation, 3 août 2026).

Patty Heyda (Washington University, Saint Louis) montre que les cartes façonnent autant qu’elles représentent les territoires. Le géographe Mark Monmonier rappelle qu’en sélectionnant l’information, le cartographe peut orienter la lecture du monde.  Une carte est donc un récit spatial autant qu’un outil d’orientation. Les gouvernements, entreprises ou empires choisissent ce qu’ils montrent et ce qu’ils taisent. En 1956, la carte routière de Shell consacrée à San Diego valorisait l’automobile tout en effaçant les transports publics. La cartographie peut aussi produire de l’exclusion. Dans les années 1930, les cartes américaines du "redlining" classaient comme risqués les quartiers afro-américains de presque toutes les grandes villes. Elles ont ainsi contribué à fermer l’accès au crédit immobilier et à la propriété. Patty Heyda propose l’inverse avec les "contre-cartes". 

Son Radical Atlas of Ferguson superpose des données rarement rapprochées pour rendre visibles les rapports de force. Près du lieu où Michael Brown fut tué en 2014, plusieurs firmes du Fortune 500 bénéficient d’aides publiques locales. Changer de données change aussi le regard porté sur un territoire. À Ferguson, les cartes classiques localisent vols et cambriolages dans les quartiers noirs. Heyda y ajoute les fraudes liées aux crédits subprimes de 2008. La géographie du "risque" se déplace alors vers les acteurs financiers. La recartographie révèle également des inégalités d’accès. Dans le quartier majoritairement afro-américain où Michael Brown fut tué, aucun bureau de vote n’est implanté. Une voie ferrée surélevée et un corridor fluvial compliquent en plus l’accès à l’hôtel de ville et aux autres bureaux. Les contre-cartes changent enfin d’échelle et de temporalité. Le cartographe Andrew Middleton reprend d’anciennes cartes routières de Shell et représente les routes que la montée du niveau marin pourrait submerger. Un même support relie mobilité, énergie fossile et changement climatique. L’étude au final montre que cartographier, c’est hiérarchiser des lieux, des données et des acteurs. En réintroduisant ce qui avait été omis, les contre-cartes dévoilent les inégalités, les exclusions et les pouvoirs politiques qui structurent les territoires. 

Extrait de la carte « L'île de la Tortue décolonisée : cartographie des noms autochtones à travers l’Amérique du Nord »
(source : The Decolonial Atlas - CC BY-NC-ND)

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