Le Haut Conseil pour le climat publie son troisième rapport annuel. Il épingle la lenteur de la baisse des émissions de gaz à effet de serre de la France et l’insuffisance de ses efforts, surtout dans les transports.
Le rapport "Renforcer l'atténuation, engager l'adaptation" fait le point sur la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre de la France et de ses régions et sur la mise en œuvre des politiques et mesures pour les réduire, dans un contexte européen. Dans ce rapport, un regard est porté sur les impacts du réchauffement climatique et les politiques d'adaptation.
Le Haut Conseil pour le climat, voulu par Emmanuel Macron pour apporter un éclairage indépendant sur la politique climatique du gouvernement, a passé au crible l’année 2019. Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont baissé de 1,9 % pendant ce millésime, une performance insuffisante pour tenir l’objectif de -40 % d’ici 2030 (par rapport à 1990). D’autant plus insuffisante que l’Union européenne est tombée d’accord au mois d’avril 2021 pour renforcer son ambition climatique : la baisse des émissions de gaz à effet de serre du continent devra atteindre 55 % en 2030 (toujours par rapport à 1990).
Télécharger le rapport complet
Télécharger le fascicule annexe de cartes
Ce fascicule de cartes et de graphiques comporte des infographies très utiles sur le plan pédagogique. Elles permettent d'étudier les effets du changement climatique et les efforts d'adaptation à différentes échelles (régionale, nationale et européenne). Des séries de cartes permettent d'aborder différentes scénarios d'évolution en comparant les températures moyennes sur un temps long (1976-2100).
Lien ajouté le 19 septembre 2021
Renforcer l'atténuation, engager l'adaptation (3e rapport du Haut Conseil pour le climat - 2021). Résumé pour le grand public.
Lien ajouté le 14 avril 2026
« Adaptation : l’incrémental local ne suffit plus ! » (Institut Avant-garde).
L'économiste Romain Schweizer (Université de Paris-Dauphine) montre que l’adaptation climatique est devenue incontournable. Les ajustements locaux et progressifs ne suffisent plus. Il faut des transformations profondes et durables. L’Accord de Paris de 2015 visait à contenir le réchauffement sous 2°C et si possible 1,5°C. Or la température mondiale a déjà gagné environ 1,6°C, et le seuil de 2°C pourrait être franchi dès les années 2030 selon les trajectoires actuelles. En France, le chgement climatique n’est plus une menace lointaine. Le pays s’est déjà réchauffé d’environ 1,7°C. Les effets st visibles dans le quotidien. Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, avec la 1/2 des 47 épisodes recensés depuis 1947 concentrés après 2010. Les records montent vite. La canicule de 1976 avait marqué les esprits avec 40°C. Ce seuil a été largement dépassé avec 46°C relevés à Vérargues en 2019. En 2023, deux vagues de chaleur en juin puis en août ont entraîné 19.000 morts prématurées, dont beaucoup à Paris. La chaleur s’articule avec la sécheresse. En 2022, 43% des cours d’eau de l’Hexagone étaient à sec. Les déficits de pluie ont varié de 10 à 50%. Cette année-là, 343 communes ont été ravitaillées par camions-citernes et 196 ont dû distribuer de l’eau en bouteille. Les effets touchent aussi l’agriculture et les logements. En 2022, les pertes agricoles ont atteint 10 à 20%, avec déclenchement du régime des calamités dans 44 départements. Plus de 10 millions de maisons individuelles sont très exposées au retrait-gonflement des argiles. Les forêts sont elles aussi fragilisées. Au-delà des incendies, la hausse des températures et la modification des pluies favorisent ravageurs et maladies. L’inventaire forestier de 2025 indique une hausse de 125% de la mortalité des arbres entre 2015 et 2023 par rapport à 2005-2013. Les projections à +3°C montrent un basculement d’échelle. En France, les pics de chaleur pourraient être quatre fois plus nombreux et certaines villes pourraient atteindre 50°C. Les sécheresses agricoles seraient dix fois plus fréquentes et 70% plus longues que dans le climat actuel. L’auteur distingue trois formes d’adaptation. La réponse réactive gère l’urgence. L’adaptation incrémentale prolonge les ajustements. L’adaptation structurelle transforme le système. C’est cette dernière qui agit sur les causes profondes des vulnérabilités et réduit durablement l’exposition. L’exemple du maïs éclaire bien cette typologie. Pomper davantage d’eau en période de sécheresse est une réponse réactive. Construire des méga-bassines relève de l’incrémental. Remplacer le maïs par le sorgho et revoir élevage, alimentation et revenus agricoles devient structurel. Cette démonstration conduit à une critique forte. Les solutions seulement techniques ou locales peuvent enfermer les territoires dans des mal-adaptations coûteuses. Digues, climatisation ou stockage de l’eau peuvent gagner du temps, mais aussi accroître la vulnérabilité à long terme. Une adaptation efficace doit être systémique, articulée à l’atténuation et pilotée par un État stratège capable d’arbitrer, financer et coordonner. L’auteur plaide ainsi pour des services publics, des biens communs et des institutions d’entraide renforcés.
Articles connexes
Rapport du Giec 2021 : le changement climatique actuel est « sans précédent »
Rapport annuel 2023 du Haut conseil pour le climat « Acter l’urgence, engager les moyens »
La France est-elle préparée aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050 ?