Une carte sur les investissements de la Chine dans les secteurs de l'IA et de la surveillance :
http://chinatechmap.aspi.org.au/#/map/
Le site de l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a entrepris de recenser les projets de la Belt and Road Initiative (BRI) conduit par la Chine. Le projet Mapping China’s Tech Giants vise à documenter les entreprises, les secteurs, les partenariats qui interviennent dans le domaine de l'Intelligence artificielle (IA) et de la surveillance.
Sur cette carte, on trouve plus de 26 000 points de données permettant de géolocaliser plus de 2 500 points de présence chinoise à l'étranger. Le but est de "donner aux décideurs politiques, aux universitaires, aux journalistes, aux représentants du gouvernement et aux lecteurs intéressés une vue globale de l'internationalisation des géants chinois des technologies".
En avril 2019, l'ASPI avait déjà cartographié les entreprises travaillant dans les secteurs d'Internet, des télécommunications et de la biotechnologie, notamment Huawei, Tencent, Alibaba, Baidu, Hikvision, China Electronics Technology Group (CETC), ZTE, China Mobile, China Telecom, China Unicom, Wuxi AppTec Group et BGI. Cet ensemble de données a été mis à jour et de nouveaux points de données ont été ajoutés pour ces entreprises, notamment concernant les connexions 5G, les villes intelligentes, les laboratoires de R&D et les data centers.
A cette première base de données viennent désormais s'ajouter 11 autres entreprises et organisations : iFlytek, Megvii, ByteDance (qui possède TikTok), SenseTime, YITU, CloudWalk, DJI, Meiya Pico, Dahua, Uniview et BeiDou. SenseTime, par exemple, est l’une des start-ups IA les plus riches au monde. iFlytek est une société de reconnaissance vocale partiellement détenue par l'État. Meiya Pico est une société de criminalistique et de sécurité numérique qui a fait la une des médias en 2019 grâce à son application mobile de surveillance MFSocket. DJI est spécialisé dans les technologies de drones. BeiDou, qui n'est pas une entreprise, désigne le système de navigation par satellite du gouvernement chinois.
Avec cette base de données, l'International Cyber Policy Center de l'ASPI souhaite combler "un manque de données quantitatives et qualitatives accessibles au public, en particulier en anglais, concernant les activités à l'étranger de ces entreprises technologiques clés. Certaines entreprises chinoises divulguent peu d'informations dans des domaines qui affectent pourtant la sécurité, la confidentialité, la liberté d'expression et la censure. TikTok a notamment attiré la colère des régulateurs du monde entier, notamment en Indonésie, en Inde, au Royaume-Uni et aux États-Unis, où la société a conclu un règlement de 5,7 millions de dollars avec la Federal Trade Commission pour violation de la loi sur la protection de la vie privée en ligne des enfants.
Présentation et méthodologie du projet Mapping China’s Tech Giants :
Accès aux données téléchargeables au format csv :
https://docs.google.com/spreadsheets/d/1QY2zt02oRour9a5hrK64_Ienszh2FgOmMwAODH4uXIw/gviz/tq?tqx=out:csv
https://docs.google.com/spreadsheets/d/1QY2zt02oRour9a5hrK64_Ienszh2FgOmMwAODH4uXIw/gviz/tq?tqx=out:csv
Lien ajouté le 30 mai 2021
#China's digital presence in #Africa is rising - Belt and Road Initiative also comes with investments in new technologies, locking in African countries to Chinese tech standards for long-term pic.twitter.com/rHa4Ef1MmT
— Agathe Demarais (@AgatheDemarais) March 5, 2021
Lien ajouté le 14 janvier 2026
« Les États-Unis et la Chine sont en retard sur l’Europe en matière d’adoption de l’IA » (Le Grand Continent).
« Les États-Unis et la Chine sont en retard sur l’Europe en matière d’adoption de l’IA » (Le Grand Continent).
Selon le dernier rapport de Microsoft, publié le 8 janvier, l’Europe devance les États-Unis et la Chine en matière d’utilisation de l’intelligence artificielle générative. En France, en Espagne et en Irlande, plus de 40 % de la population y a déjà eu recours au cours du deuxième semestre 2025, contre moins de 30 % aux États-Unis et 16 % en Chine. Malgré des investissements considérables dans les infrastructures de l’intelligence artificielle par les États-Unis et la Chine — centres de données, nouvelles capacités de production d’électricité, laboratoires de recherche… —, c’est en Europe que l’IA générative est la plus utilisée.
Lien ajouté le 5 mars 2026
« Comment la Chine développe l'économie de basse altitude » (The Conversation)
Fabien M. Gargam (Université Paris-Saclay) analyse l’essor de "l’économie de basse altitude" chinoise. Ce secteur regroupe drones, taxis volants et eVTOL opérant sous 3.000 m et devient une nouvelle frontière industrielle et territoriale. L’économie de basse altitude correspond aux activités aériennes situées sous 3.000 m. Drones logistiques, agriculture de précision ou taxis volants structurent un nouvel espace productif. La Chine en fait une industrie stratégique afin d’exploiter son vaste espace aérien intérieur. Le marché connaît une croissance rapide. Il dépasse déjà 500 milliards de yuans, soit environ 62 milliards d’euros. Les projections atteignent 1.000 milliards de yuans en 2026 et 3.500 milliards de yuans en 2035, soit près de 432 milliards d’euros. La stratégie chinoise combine deux logiques économiques. L’avantage du premier entrant permet d’imposer des technologies et des standards. L’avantage du dernier entrant consiste à apprendre des expériences étrangères et à réduire les coûts d’innovation. L’industrie automobile électrique soutient ce développement. Environ 85% de la chaîne industrielle des véhicules volants provient de technologies déjà utilisées dans les voitures électriques intelligentes. Cette convergence réduit fortement les coûts industriels. La Chine s’appuie aussi sur la puissance de son marché intérieur. DJI domine entre 70 et 85% du marché mondial des drones grand public et plus de 50% des applications industrielles. Cette base économique facilite la diffusion des innovations aériennes. Le pays bénéficie également d’avantages structurels. Sa chaîne d’approvisionnement en batteries est la plus complète au monde et ses réseaux numériques 5G facilitent les opérations aériennes automatisées. L’espace national de 9,6 millions de km² offre un vaste laboratoire. L’économie de basse altitude devient ainsi un nouveau champ de compétition technologique. En combinant innovation, réglementation adaptée et marché domestique immense, la Chine cherche à structurer un système de transport aérien léger capable de transformer mobilités et logistiques.
Lien ajouté le 9 avril 2026
Nowmay Opalinski (2026). « Données à l’Est, calcul à l’Ouest » : l’infrastructure numérique de l’IA comme enjeu territorial en Chine, Hérodote, n°200, 50 ans de géopolitique, https://shs.cairn.info/revue-herodote-2026-1-2-page-225
L’intelligence artificielle constitue en Chine un enjeu fondamentalement territorial, dont la maîtrise repose sur l’organisation spatiale de la puissance de calcul. L’analyse de l’initiative « Données à l’Est, calcul à l’Ouest » met en évidence la manière dont le Parti-État chinois intègre les infrastructures de l’IA aux instruments classiques de l’aménagement du territoire, en articulant centres de données, réseaux de connectivité et systèmes énergétiques à l’échelle nationale. Cette stratégie vise à déconcentrer les capacités de calcul, à corriger les déséquilibres régionaux entre littoral et intérieur et à sécuriser une ressource devenue critique pour le développement économique et la sécurité nationale. L’organisation fonctionnelle Est-Ouest des flux de données et d’énergie s’inscrit dans la continuité des grandes politiques chinoises d’intégration infrastructurelle. La comparaison avec le modèle américain, fondé sur l’allocation marchande des infrastructures, souligne à la fois l’originalité et les tensions internes de cette approche planifiée. L’IA apparaît ainsi comme un nouveau vecteur de territorialisation du numérique et de recomposition des rapports de force.
Liens ajoutés le 2 septembre 2026
La Chine est devenue une puissance d'innovation. Mais où se concentre l'innovation en Chine ? Compte tenu de la taille du pays, toute analyse de ses capacités technologiques nécessite des données infranationales précises. C'est le principe de l'Atlas de l'innovation en Chine. Combinant des données publiques sur les infrastructures, l'économie, la production de la recherche, les données d'entreprises et d'autres indicateurs personnalisés, l'Atlas de l'innovation en Chine dresse un tableau extrêmement détaillé de l'innovation, des politiques et des capacités technologiques en Chine aujourd'hui.
L'Atlas de l'innovation en Chine constitue un guide des lieux et des raisons de l'innovation et de la technologie en Chine. Il s'agit d'un outil de recherche opérationnel, et non d'un index définitif. Son but est de répondre honnêtement à une question : où se situe réellement un secteur prioritaire en Chine, au niveau préfectoral, à partir des registres publiés par l'État ou les organismes de recherche eux-mêmes ? Il analyse cette question à l'échelle de la préfecture – les quelque 370 villes-préfectures qui constituent la véritable unité de la géographie industrielle chinoise – pour l'ensemble des 369 préfectures, et fonde sa réponse exclusivement sur les données publiées par l'État et les organismes de recherche. Il s'agit d'un ensemble de données sourcées et reproductibles, et non d'une carte sélectionnée à des fins éditoriales.
Les domaines représentés concernent l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les biotechnologies, la robotique, l'économie de vol à basse altitude (drones), les véhicules à énergies nouvelles et les véhicules autonomes. En outre, des cartes permettent de localiser les centres de données, les zones de développement, les universités et les infrastructures énergétiques.
La Chine est passée d'une vision du climat comme un frein à son développement à celle d'un nouveau moteur de croissance économique. En 2010, elle a identifié les « nouvelles industries énergétiques » parmi les « industries émergentes stratégiques » qu'elle jugeait essentielles pour l'avenir. Depuis, ses exportations de technologies propres ont explosé, dépassant les 200 milliards de dollars par an. Extrait d'un nouvel article pour High Capacity sur la prise de conscience climatique de la Chine et ses implications pour l'IA.
Exportations de la Chine en technolgies propres (source : High Capacity)
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