Tempêtes et submersions historiques : l'IRSN dévoile sa nouvelle base de données


L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ouvre au grand public sa base de données, riche de plus de 800 événements sur 5 siècles, recensant les tempêtes et les submersions historiques sur le littoral Manche et Atlantique.

Interface cartographique de la base de données tempêtes et submersions historiques (IRSN)


Dans le cadre des évaluations de sûreté des sites nucléaires localisés en bord de mer et de leur protection contre le risque de submersion, l’IRSN réalise des estimations statistiques des niveaux marins extrêmes. La prise en compte des niveaux d’eau historiques et notamment exceptionnels par leur intensité, observés localement ou régionalement, permet d’améliorer la fiabilité des modèles statistiques afin de réduire les incertitudes associées aux estimations (Comment réduire le risque de submersion marine des centrales nucléaires ?).

L’IRSN a ainsi développé la base de données BDD TSH (Base De Données Tempêtes et Submersions Historiques) qui recense tout type de documents relatifs à des tempêtes ou des submersions historiques sur le littoral de la France métropolitaine (hors Méditerranée) et de pays voisins. La base de données recense plus de 800 événements dont les plus anciens datent du début du XVIe siècle. Grâce à des requêtes, il est possible d’extraire rapidement les informations relatives aux niveaux d’eau ou impacts mentionnés dans les sources. Les données disponibles dans la base sont entièrement publiques, la BDD TSH est soumise à la licence open source.

La base de données a pour vocation de compiler les informations liées à des évènements anciens non mesurés par les marégraphes (évènements dits historiques). Les évènements plus récents étant présents dans les séries de mesure, ils sont moins représentés dans la base de données.

En parallèle à l'élaboration de cette base de données, un groupe de travail pluridisciplinaire s'est constitué en 2016 avec des ingénieurs, chercheurs, statisticiens et historiens appartenant à différents organismes (Artelia, BRGM, Cerema, CUFR Mayotte, EDF, IRSN, Météo-France, Shom, Sonel, Université de Poitiers...). Un axe majeur de travail est l'analyse et la quantification des niveaux marins atteints lors d'événements de tempêtes et de submersions marines, reposant notamment sur les données disponibles dans la BDD TSH.

La base de données est accessible via une interface graphique et les données sont disponibles en format brut sur la page data.gouv.fr de l’IRSN.

Découvrir la base de données Tempêtes et Submersions Historiques

En savoir plus sur le GT « Tempêtes et Submersions historiques »

En savoir plus sur le Behrig (Bureau d'expertise en hydrogéologie et sur les risques d'inondation, météorologiques et géotechniques).

Lien ajouté le 19 février 2026

Pouzet, P., Frifra, A., et Maanan, M. (2026). « First steps of a historical storm track model based on climate reanalysis data for understanding the spatial footprint of recorded storm impacts » [Premiers pas d’un modèle historique de trajectoire des tempêtes basé sur des données de réanalyse climatique pour comprendre l’empreinte spatiale des impacts des tempêtes enregistrées]. Remote Sensing and Spatial Information Sciences, XLVIII-4/W17-2025, 263–270, https://doi.org/10.5194/isprs-archives-XLVIII-4-W17-2025-263-2026, 2026.

Dans le contexte du changement climatique, la compréhension de la dynamique des tempêtes extratropicales est cruciale pour anticiper les risques liés à l'élévation du niveau de la mer, car les aléas côtiers devraient être plus fréquents dans les décennies à venir. Cette étude présente les premières étapes d'un modèle innovant de reconstruction des trajectoires de tempêtes, basé sur les rafales de vent issues des données de réanalyse ERA5, et non uniquement sur la pression atmosphérique. En se concentrant sur l'intensité du vent, le prototype du modèle permet d'identifier des « trajectoires d'impact » qui correspondent mieux aux dommages observés le long du littoral atlantique français. Le cadre méthodologique comprend quatre étapes principales : le traitement des données ERA5, la détection des structures de vents violents, la modélisation et le lissage des trajectoires, et la cartographie interactive. Pour valider l'approche, sept tempêtes historiques majeures ont été analysées : Xynthia (2010), Lothar et Martin (1999), Daria et Herta (1990), la « Grande Tempête » de 1987 et la tempête de février 1974. Les trajectoires modélisées ont été comparées aux données géomorphologiques (dépôts sédimentaires et dendrochronologie) et à des sources historiques telles que des documents écrits et des articles de presse, révélant une forte cohérence spatiale. Les résultats soulignent l'intérêt de combiner les données de réanalyse climatique aux archives environnementales pour mieux comprendre la dynamique des tempêtes passées. Cette approche interdisciplinaire pourrait améliorer la précision temporelle des reconstitutions de tempêtes et s'appliquer aux périodes pré-instrumentales. La phase initiale de ce modèle offre un potentiel important pour l'évaluation des changements à long terme des régimes de tempêtes et contribuera à l'amélioration des projections des risques côtiers futurs dans le contexte actuel du changement climatique.