Une équipe scientifique australienne a produit en 2022 de nouveaux modèles pour actualiser notre compréhension de l'architecture de la Terre. Ces nouveaux modèles de plaques permettent de mieux comprendre la répartition des séismes et des volcans ainsi que les zones de déformation à la surface du globe.
Nouveau modèle de plaques tectoniques avec leurs délimitations (source : Derrick Hasterok, Université d'Adélaïde)
Ce nouveau modèle pour les plaques tectoniques explique la répartition spatiale de 90 % des tremblements de terre et de 80 % des volcans des deux derniers millions d'années, alors que les modèles existants ne permettaient de rendre compte que de 65 % des tremblements de terre. L'étude a permis en outre de faire apparaître plusieurs nouvelles microplaques, dont la microplaque Macquarie qui se trouve au sud de la Tasmanie et la microplaque Capricorne qui sépare les plaques indiennes et australiennes.
Voir l'article scientifique paru en août 2022 : Derrick Hasterok & al. (2022). New Maps of Global Geological Provinces and Tectonic Plates, Earth-Science Review, Volume 231, August 2022.
Découpage des plaques et micro-plaques et répartition des provinces géologiques (source : Earth-Science Review)
Il est important de pouvoir disposer de modèles spatiaux précis des plaques tectoniques et des provinces géologiques afin de pouvoir analyser et interpréter les données géoscientifiques et développer des modèles de composition physique de la lithosphère. L'équipe a produit trois nouveaux modèles géologiques : un modèle de plaques, un modèle de provinces géologiques et un modèle d'orogenèse.
Les données SIG sont disponibles au format vectoriel sur Github. Les modèles sont également accessibles dans la bibliothèque tectonique mondiale sur Zenodo, qui comprend des ensembles de données géophysiques et géochronologiques supplémentaires utiles pour la recherche.
Cette ressource a été repérée grâce aux nombreux liens recensés par le magazine d’actualité scientifique Epsiloon. Voir leur rubrique de veille sur Internet qui englobe des données, des cartes et des atlas. Léa Desrayaud (@Lea_Des), journaliste infographiste pour @Epsiloon_mag publie des cartes et des infographies à partir de ces données scientifiques.
Lien ajouté le 16 février 2026
« Une nouvelle carte redéfinit notre compréhension de la déformation des continents » (COMET).
Des scientifiques ont créé la carte la plus détaillée jamais réalisée montrant comment la plus grande région de mouvements continentaux actifs sur Terre, le plateau tibétain, s'étire, se comprime et se déplace de manière inattendue. Les résultats, publiés dans la revue Science, bouleversent des idées reçues sur la déformation des continents et révèlent que l'intérieur de l'Asie s'explique mieux par un matériau fluide, guidé par de faibles failles. Une carte en haute résolution du plateau tibétain révèle que les failles majeures sont beaucoup plus faibles que prévu, ce qui indique un flux lent à l'échelle du continent plutôt qu'un mouvement de blocs rigides.
Lien ajouté le 16 avril 2026
« Un monde à la dérive : le supercontinent de la Pangée » (Library of Congress).
Julie Stoner, bibliothécaire au département de géographie et de cartographie de la Bibliothèque du Congrès, a entrepris des recherches dansles collections pour trouver des cartes représentant cette immense masse continentale qu'était la Pangée. Les théories scientifiques de la tectonique des plaques et de la dérive des continents, bien que largement connues aujourd'hui, n'ont pas toujours fait l'unanimité et ce n'est que récemment qu'elles ont été largement acceptées. La première suggestion selon laquelle les continents semblaient s'emboîter parfaitement a été formulée il y a 430 ans par le célèbre cartographe Abraham Ortelius dans son ouvrage Thesaurus Geographicus. Trois cents ans plus tard, cette théorie fut reprise par Antonio Snider-Pellegrini, géographe et géologue français. En 1858, il publia « La Création et ses mystères dévoilés » , dans lequel il proposait que les continents aient été autrefois réunis. i d'autres scientifiques de l'époque ont également exploré cette théorie, c'est le météorologue allemand Alfred Wegener qui est devenu le père de la théorie scientifique de la dérive des continents, grâce à la publication en 1912 de trois articles suggérant que les continents se déplacent lentement autour de la Terre. Il a ensuite développé les idées de sa publication initiale dans son ouvrage de 1915, « Die Entstehung der Kontinente und Ozeane » [L'Origine des continents et des océans]. Wegener soutenait que non seulement la forme des masses terrestres prouvait sa théorie, mais que les archives fossiles, les traces de glaciation et les caractéristiques rocheuses distinctives témoignaient de l'existence d'un seul continent dans un passé lointain. La principale faiblesse des travaux de Wegener résidait dans son incapacité à expliquer le mécanisme de la dérive des continents. Il suggérait que les continents se déplaçaient sous l'effet des forces de rotation de la Terre, qui érodaient le fond océanique. Il fallut plusieurs décennies supplémentaires pour que la majorité des scientifiques acceptent la dérive des continents et en découvrent la cause : la théorie de la tectonique des plaques. Les travaux de Marie Tharp et Bruce Heezen dans les années 1960, avec la cartographie du fond océanique et la mise en évidence de l'expansion des fonds marins au niveau de la dorsale médio-atlantique, ont joué un rôle déterminant dans ce changement de paradigme. La carte The dynamic Planet (1994) illustre la complexité des plaques tectoniques et leurs mouvements, témoignant des progrès considérables réalisés depuis la proposition initiale de Wegener en 1912.
Julie Stoner, bibliothécaire au département de géographie et de cartographie de la Bibliothèque du Congrès, a entrepris des recherches dansles collections pour trouver des cartes représentant cette immense masse continentale qu'était la Pangée. Les théories scientifiques de la tectonique des plaques et de la dérive des continents, bien que largement connues aujourd'hui, n'ont pas toujours fait l'unanimité et ce n'est que récemment qu'elles ont été largement acceptées. La première suggestion selon laquelle les continents semblaient s'emboîter parfaitement a été formulée il y a 430 ans par le célèbre cartographe Abraham Ortelius dans son ouvrage Thesaurus Geographicus. Trois cents ans plus tard, cette théorie fut reprise par Antonio Snider-Pellegrini, géographe et géologue français. En 1858, il publia « La Création et ses mystères dévoilés » , dans lequel il proposait que les continents aient été autrefois réunis. i d'autres scientifiques de l'époque ont également exploré cette théorie, c'est le météorologue allemand Alfred Wegener qui est devenu le père de la théorie scientifique de la dérive des continents, grâce à la publication en 1912 de trois articles suggérant que les continents se déplacent lentement autour de la Terre. Il a ensuite développé les idées de sa publication initiale dans son ouvrage de 1915, « Die Entstehung der Kontinente und Ozeane » [L'Origine des continents et des océans]. Wegener soutenait que non seulement la forme des masses terrestres prouvait sa théorie, mais que les archives fossiles, les traces de glaciation et les caractéristiques rocheuses distinctives témoignaient de l'existence d'un seul continent dans un passé lointain. La principale faiblesse des travaux de Wegener résidait dans son incapacité à expliquer le mécanisme de la dérive des continents. Il suggérait que les continents se déplaçaient sous l'effet des forces de rotation de la Terre, qui érodaient le fond océanique. Il fallut plusieurs décennies supplémentaires pour que la majorité des scientifiques acceptent la dérive des continents et en découvrent la cause : la théorie de la tectonique des plaques. Les travaux de Marie Tharp et Bruce Heezen dans les années 1960, avec la cartographie du fond océanique et la mise en évidence de l'expansion des fonds marins au niveau de la dorsale médio-atlantique, ont joué un rôle déterminant dans ce changement de paradigme. La carte The dynamic Planet (1994) illustre la complexité des plaques tectoniques et leurs mouvements, témoignant des progrès considérables réalisés depuis la proposition initiale de Wegener en 1912.
Lien ajouté le 13 mai 2026
Karolytė R, Daly MC, Vivian-Neal P, Hillegonds D, Li L, Sherwood Lollar B and Ballentine CJ (2026). « The Southwestern Rift of Africa : isotopic evidence of early-stage continental rifting » [Le rift sud-ouest de l'Afrique : preuves isotopiques d'un rifting continental précoce]. Front. Earth Sci.,
Le sous-sol de la Zambie commence peut-être à se fracturer très lentement. Les gaz remontant des sources chaudes prouvent que des fluides du manteau traversent déjà la croûte terrestre, signe possible d’un futur découpage tectonique de l’Afrique. Le signal déterminant vient de l’hélium. Dans les sources du rift, les rapports 3He/4He atteignent 0,14-0,17 R/Ra, contre 0,022 hors rift. Cette différence indique que des fluides du manteau remontent par des fractures profondes, depuis 40 à 160km, jusqu’aux eaux chaudes de surface. Le Kafue appartient à une zone d’extension longue d’environ 2.500km, de la Tanzanie à la Namibie. Ce n’est pas un accident local, mais un seuil tectonique potentiel qui pourrait, à très long terme, relier le rift est-africain à l’Atlantique et redessiner l’Afrique australe. La méthode transforme des bulles en preuves géologiques. Les chercheurs ont prélevé les gaz de 8 puits et sources géothermales, dont 6 dans le rift et 2 dans le socle voisin. Le contraste spatial est net, car seules les failles portent la signature du manteau, et non les sources hors rift. Les eaux du rift contiennent 1,5-15% de CO₂ et beaucoup d’azote, avec 84,4-97,6% de N₂. Cette chimie raconte un rifting précoce, où les fractures mobilisent les fluides de la croûte avant que le volcanisme ne s’impose dans le paysage et ne rende la rupture visible. Mike Daly rappelle qu’un rift peut devenir une limite de plaque, mais qu’il peut aussi s’arrêter avant la rupture. En #Zambie, l’absence de volcanisme, la faible sismicité et les sources chaudes décrivent une ouverture lente, encore presque silencieuse, inscrite dans les failles. L’intérêt est aussi territorial. Les premiers stades du rifting peuvent offrir chaleur géothermique, hélium et hydrogène, moins dilués par les gaz volcaniques. Pour la Zambie, ces failles deviennent des indices tectoniques et de possibles leviers économiques locaux à explorer. La prudence demeure, car l’étude porte sur un seul secteur d’un système immense.
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