Atlas de l'Anthropocène par François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio. Préface de Jan Zalasiewicz, postface de Bruno Latour. Presses de Sciences Po, Hors collection, 2019.
« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la
Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator
publie en 1538 ce qu'il décide d’appeler un Atlas, le rapport des forces
s’est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches,
imprimées sur du papier, quelque chose que l’on feuillette et que le
cartographe tient dans sa main ; ce n’est plus la Terre que l’on a sur
le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l’on domine, que l’on
possède et que l’on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après,
voilà que la situation s’inverse à nouveau : paraît un “Atlas” qui
permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de
prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat
de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver écrasé par Celle
que personne ne peut porter sur ses épaules. » (extrait de la postface de Bruno Latour)
Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.
Interview de François Gemenne pour Libération (18 octobre 2019) :
« L’anthropocène nous oblige à regarder plus loin que nos frontières et plus loin dans le temps »
Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.
Interview de François Gemenne pour Libération (18 octobre 2019) :
« L’anthropocène nous oblige à regarder plus loin que nos frontières et plus loin dans le temps »
Lien ajouté le 26 septembre 2025
La 3e édition de l'Atlas de l'Anthropocène a été publiée le 2 septembre 2025. Il s'agit d'une édition revue et enrichie. Les visualisations ont été mises à jour et sont proposées dans des versions différentes des précédentes (démographie, diplomatie environnementale, plastiques, grandes invasions, pêche industrielle...). De nouveaux thèmes apparaissent : géoingénierie, blocages à l'action, empreinte carbone de la finance, voiture électrique...
Lien ajouté le 4 avril 2026
« La planète des hommes. À propos de : Laurent Testot, Perrin Remonté, Notre empreinte sur Terre » (La Vie des Idées).
Laurent Testot et Perrin Remonté (cartographe) proposent un atlas pour comprendre l’Anthropocène. L’Anthropocène désigne l’idée que les activités humaines modifient la planète à une échelle comparable aux forces naturelles. Concept débattu, il structure pourtant les sciences sociales en montrant que les sociétés transforment désormais les conditions biophysiques globales. L’atlas répond à une difficulté majeure, celle de représenter des phénomènes interconnectés à l’échelle mondiale. Il combine cartes et textes pour relier données climatiques, économiques et démographiques, rendant visibles des interactions habituellement dispersées. La cartographie devient un outil explicatif. Par exemple, les cartes des pesticides en France montrent des usages intensifs dans le Bassin parisien ou les régions viticoles. Elles relient pratiques agricoles, exposition des populations et coûts sanitaires et environnementaux. L’ouvrage met en évidence un système d’interdépendances. Les flux de carbone, d’azote ou les transformations océaniques relient des espaces éloignés. Les sociétés ne peuvent plus être étudiées isolément, mais comme parties d’un système Terre globalisé. Il révèle aussi une géographie inégale des responsabilités. Les régions industrialisées concentrent les émissions, tandis que les territoires vulnérables subissent davantage les impacts. Cette dissymétrie alimente les débats autour du "Capitalocène". Les cartes montrent enfin que les ressources deviennent stratégiques. Énergie, terres agricoles ou minerais structurent de nouvelles rivalités entre États. La contrainte écologique transforme les rapports de puissance et les équilibres géopolitiques mondiaux. L’atlas offre une vision globale des transformations planétaires, mais souligne une limite. Comprendre ne suffit pas à agir. Les réponses politiques restent incertaines face à des interdépendances complexes, révélant un monde en transition profonde.
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