Cartes et données sur le recul du trait de côte en France


Le recul du trait de côte affecte l’ensemble des milieux littoraux et n’épargne aucune région française, outre-mer compris. L’évolution passée du trait de côte sur au moins 50 ans, montre que près de 900 km de côte sont observées en recul et que ce recul concerne majoritairement les côtes basses sableuses (680 km) sur l’emprise étudiée (hors secteurs portuaires et estuaires). La conséquence du recul du trait de côte est la disparition, souvent définitive (à l’échelle humaine), des terrains et des enjeux situés à proximité au bord de mer. Une étude du Cerema (2019) sur l’évaluation prospective des enjeux affectés par le recul du trait de côte tente de fournir les premiers ordres de grandeurs des enjeux potentiellement impactés en France. Selon plusieurs scénarios, le nombre de logements (maison et appartement) possiblement atteints par le recul du littoral en 2100 serait compris entre environ 5000 et 50000 en métropole et dans les DROM, pour une valeur immobilière estimée entre 0,8 et 8 milliards d’euros (estimation à enjeux et à valeurs constants). Bien d’autres enjeux sont aussi menacés comme les activités économiques ou les infrastructures de transport.

La loi dite « Climat et résilience » (2021) comporte un important volet sur le recul du trait du trait de côte. Elle prévoit en particulier que les communes (242 communes listées par décret en 2023 + 75 communes ajoutées dans le décret de 2024) réalisent une carte locale d’exposition de leur territoire au recul du trait de côte. Cette cartographie a pour objectif de délimiter les zones exposées au recul du trait de côte (ZERTC). Le décret distingue entre moyen et long terme. La zone exposée au recul du trait de côte à l’horizon de 30 ans est encadrée par une liste limitative des travaux, constructions et installations pouvant être autorisés dans ses espaces urbanisés, dans ses espaces non urbanisés ou dans les secteurs occupés par une urbanisation diffuse. La zone exposée au recul du trait de côte à un horizon entre 30 et 100 ans  est, quant à elle, encadrée par des obligations de démolition et de remise en état de terrains pour certaines constructions et extensions, lorsque le recul du trait de côte est tel que la sécurité des personnes ne pourra plus être assurée au delà de 3 ans. S'y ajoutent des obligations d’anticipation financière du coût de ces actions de démolition et de remise en état préalables à la mise en œuvre de projets. Son intégration dans les documents locaux d’urbanisme permet la mobilisation des outils fonciers offerts par cette loi. Sa réalisation est subventionnée jusqu’à 80 % par l’État.


Le BRGM propose une cartographie des zones exposées à l'élévation du niveau de la mer à marée haute. Le site s’appuie sur une analyse pré-calculée de la topographie pour identifier, à très haute résolution, les zones qui pourraient être soumises à la submersion marine sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer. L'application en ligne proposée par le BRGM permet de faire des simulations des zones exposées en fonction de la montée du niveau marin (de 0,5 à 4 mètres). Les calculs et la visualisation sont disponibles à une résolution de 25 m sur de grandes emprises (échelles inférieures à 1/20 000ème) et à une résolution de 1 m ou 5 m en zoomant (échelles entre 1/20 000ème et 1/1 000ème). Les données sont téléchargeables au format image et shapefile.

Source : Zones exposées à l'élévation du niveau de la mer à marée haute (BRGM)

Article scientifique : 

Tellez-Arenas, A., Quique, R., Boulahya, F., Le Cozannet, G., Paris, F., Le Roy, S., Dupros, F. and Robida, F., 2018. « Scalable Interactive Platform for Geographic Evaluation of Sea-Level Rise Impact Combining High-Performance Computing and WebGIS Client ». In Communicating Climate Change Information for Decision-Making, p. 163-175, Springer, Cham. https://doi.org/10.1007/978-3-319-74669-2_12

Le réseau national des observatoires du trait de côte fournit des chiffres-clés sur le littoral et l'érosion. D’après l’Indicateur national de l’érosion côtière (INEC), établi en 2018 par le Cerema, sous le pilotage du ministère en charge de l’écologie : 20% du trait de côte est en recul, équivalent à un linéaire d’environ 920 km ; les côtes basses sableuses évoluent plus que les autres types de côte et 37% sont en recul, équivalent à un linéaire d’environ 700 km ; une surface d’environ 30 km² a été perdue au niveau des secteurs en recul en 50 ans. Tous les départements français sont concernés par le recul du trait de côte, sur des linéaires plus ou moins importants. Ainsi 5 départements (Seine-Maritime, Charente-Maritime, Gironde, Hérault et Bouche-du-Rhône) possèdent au moins de 50 % de leurs côtes en recul, alors que les 4 départements bretons, la Loire-Atlantique, la Corse-du-Sud, la Martinique et Mayotte ont moins de 10 % de valeurs en recul. Les fascicules locaux de la « Synthèse des connaissances des côtes françaises » sont publiés gratuitement sur la plateforme documentaire du Cerema.

Évolution du trait de côte d'après les données de l'indicateur national de l’érosion côtière INEC (source : Cerema)

Pour compléter

« Qu’est-ce que le trait de côte des cartes géographiques ? » (The Conversation).

Éric Chaumillon, chercheur en géologie marine (Université de La Rochelle), montre que la définition est plus complexe qu’il n’y paraît, car il ne s’agit pas d’une référence immuable au cours du temps. Le trait de côte est situé à l’interface entre l’atmosphère, l’hydrosphère (mers et océans) et la lithosphère (les roches et les sédiments), ce qui en fait un lieu extrêmement dynamique. Le trait de côte peut reculer, quand il y a une érosion des roches ou des sédiments, ou avancer, quand les sédiments s’accumulent.
Par conséquent il est nécessaire de le mesurer fréquemment. Il existe tout un arsenal de techniques, depuis l’utilisation des cartes anciennes, l’interprétation des photographies aériennes et des images satellitaires, les mesures par laser aéroporté, les mesures topographiques sur le terrain et les mesures par drones. Les évolutions des côtes sont très variables et impliquent de nombreux mécanismes. En France, selon des estimations du CEREMA, 19 % du trait de côte est en recul. Sans rentrer dans le détail de toutes les solutions existantes, on peut noter que la communauté scientifique qui étudie les littoraux appelle à davantage recourir aux solutions fondées sur la nature (SFN). En simplifiant, on peut dire qu’il s’agit de tirer parti des propriétés des écosystèmes sains pour protéger les personnes, tout en protégeant la biodiversité.

« Projection du trait de côte et analyse des enjeux au niveau national. Échéance à 5 ans » (rapport d'étude du Cerema, février 2024).

Afin de contribuer aux réflexions engagées en 2023 au sein du Comité National Trait de Côte (CNTC), le Cerema, sous le pilotage d’une mission d’inspection et des services du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), étudie les enjeux qui pourraient être menacés à l’avenir par le recul du trait de côte sur les littoraux de métropole et d’outre-mer. Dans le cadre de cette étude, le Cerema vient en appui de la mission d’inspection afin de contribuer à la réalisation d’un inventaire des biens exposés au recul du trait de côte d’ici les 5 prochaines années. Les tempêtes, sources potentielles de reculs événementiels du trait de côte, étant imprévisibles à court terme, l'étude se base sur des hypothèses de recul convenues avec la mission d'inspection. Une première étape de pré-identification à l'échelle nationale a permis d’identifier les bâtiments potentiellement concernés. Les services territoriaux de l'État ont ensuite été sollicités pour enrichir cet inventaire grâce à leur expertise locale. L'analyse consolidée de l'inventaire révèle qu'environ un millier de bâtiments, de toutes sortes, pourraient être touchés par le recul du trait de côte à l'échelle nationale dans les 5 prochaines années. La valeur vénale des bâtiments identifiés, principalement résidentiels et commerciaux, est estimée à environ 240 M€. Ces estimations ne concernent pas la Guyane et Mayotte où les spécificités de ces territoires ne permettent pas le déploiement complet de la méthode.

« Projection du trait de côte et analyse des enjeux au niveau national. Horizons 2050 et 2100 » (rapport d'étude du Cerema, février 2024).

L’évaluation du nombre et de la valeur des enjeux potentiellement atteints par le recul du trait de côte aux horizons 2050 et 2100 repose sur des scénarios élaborés en concertation avec des experts nationaux. Ces scénarios intègrent principalement des hypothèses sur l’évolution du littoral et sur le maintien ou non des ouvrages littoraux pour les échéances temporelles étudiées. De nouveaux jeux de données, créés à l’échelle nationale, permettent de compléter les études existantes et de mettre en œuvre ces scénarios. Le scénario envisagé pour 2050 vise à être réaliste malgré certaines contraintes dues à son échelle nationale. A cet horizon, 5 200 logements et 1 400 locaux d’activité pourraient être affectés par l'érosion côtière, représentant une valeur totale de 1,2 milliard d'euros. Le scénario pour 2100 présente quant à lui une perspective nettement différente, basée sur des hypothèses très défavorables : disparition complète des structures de défense côtière et inondation progressive de toutes les zones topographiquement basses du littoral. Le scénario 2100 illustre ainsi les possibles conséquences de l’inaction face aux effets du changement climatique. Dans ce scénario, le nombre très élevé d’enjeux identifiés invite à une réflexion globale à l’échelle de grands territoires.

« À La Réunion, le dérèglement climatique accélère l'érosion. 50% du littoral réunionnais impacté » (Imaz Press). 

Construction, montée des eaux, réchauffement climatique, pollution… tous ces facteurs sont la cause de l’érosion du littoral réunionnais. Ce phénomène naturel progressif peut être aggravé par l'activité humaine (bétonnisation du littoral, aménagements bloquant pour la dynamique sédimentaire...) et par le changement climatique (hausse du niveau de la mer, atténuation du rôle de barrière des récifs coralliens). 50% du littoral réunionnais est identifié en érosion : 38% en érosion modérée - entre 10 et 20 cm de recul par an (les falaises basaltiques) - et 12% en érosion prononcée - recul de plus de 20 cm par an (les plages et micro-falaises meubles surmontant les cordons de galets). L'État et les collectivités se préparent à l'accélération du phénomène. 

« Recul du trait de côte : pour les élus des littoraux, le compte n’y est pas » (La Tribune). 

Laurence Bottero décrit la colère des élus réunis à Bonifacio face à la stratégie nationale de gestion du trait de côte. En 50 ans, 30 km² ont été perdus par érosion et 950 communes littorales sont concernées, soit 1 Français sur 8. Le phénomène s’amplifie avec le climat. Le président de l’Anel, J.-C. Orsucci, estime que la stratégie 2025-2030 n’est pas à la hauteur. Les élus réclament un fonds dédié, car le défi se chiffre "en milliards d’euros". Les outils existants, Fonds vert ou Barnier, sont jugés inadaptés, l’érosion n’y étant pas incluse. Les élus proposent de nouvelles sources de financement : taxe sur les éoliennes en mer, affectation d’une part des droits de mutation, contribution des plateformes de location touristique. L’objectif est de créer un fonds stable pour affronter l’érosion et sécuriser les rivages. L’érosion côtière a des impacts multiples : disparition de villages menacés comme à Miquelon, fragilisation de la pêche avec l’arrivée ou disparition d’espèces, mise en danger du tourisme littoral. Ces enjeux touchent directement l’économie et l’attractivité des territoires. Le recul du trait de côte est donc un défi géographique, économique et social majeur. Les élus insistent : seule une réponse financière adaptée permettra de protéger durablement les littoraux français, de la Corse à l’outre-mer, face aux pressions climatiques. 

Gueydan, Céline. « (Re)penser les villes littorales par le prisme de l’éthique environnementale ». Droit et Ville, 2025/2 n° 100, 2025. p.67-84.

La juriste Céline Gueydan (INU Champollion) analyse les villes littorales face au recul du trait de côte. Elle montre comment l’éthique environnementale éclaire les choix juridiques et territoriaux d’adaptation à l’érosion côtière. Le recul du trait de côte est un phénomène naturel amplifié par le changement climatique et l’anthropisation. Il touche environ 20% des côtes françaises, avec un recul moyen de 50 cm par an et jusqu’à plusieurs mètres sur les côtes sableuses. Les villes littorales sont particulièrement exposées. La densité de population y est 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale. À l’horizon 2050, 5 200 logements et 1 400 locaux d’activités seraient affectés, malgré une forte attractivité résidentielle. L’auteure distingue trois éthiques environnementales. L’éthique de réaction vise à résister par des ouvrages de défense. En 2024, 16 000 digues et enrochements couvrent près de 70% du littoral, avec une efficacité souvent limitée. L’éthique d’adaptation cherche à encadrer l’urbanisation. Zonages, bande des 100 m et cartes d’exposition à 30 et 100 ans limitent les constructions futures. Ces outils gèrent le risque sans transformer profondément les villes existantes. La loi Climat et Résilience renforce cette adaptation. Elle introduit des zones d’exposition, un droit de préemption spécifique et des démolitions obligatoires lorsque la sécurité ne peut plus être assurée, mais uniquement pour les constructions récentes. Les outils juridiques demeurent inégalement mobilisés. En 2024, seules 317 communes sont inscrites sur la liste nationale, alors que près de 500 sont exposées. Cette sélection crée de fortes inégalités territoriales face au risque. Le financement constitue un frein majeur. La relocalisation n’est pas indemnisée par les assurances ni par le Fonds Barnier. Les collectivités et les ménages supportent donc des coûts élevés, comme l’a illustré le cas de l’immeuble Le Signal à Soulac. Penser les villes littorales implique un choix éthique. Passer de la réaction à la transition suppose d’accepter le recul, de transformer l’urbanisme et de repenser durablement le rapport entre sociétés urbaines et milieux côtiers. 

« Comment le Finistère et les Côtes-d’Armor se penchent sur l’avenir des routes côtières menacées » (Le Télégramme).

Bruno Salaun analyse l’avenir des routes littorales en Bretagne. Le Finistère et les Côtes-d’Armor anticipent les effets combinés de l’érosion côtière, du recul du trait de côte et des submersions marines sur leurs infrastructures routières. En Bretagne, au moins 400 km de côtes sont concernés par le recul du trait de côte, parfois à un rythme supérieur à 0,5 m par an. Cette dynamique fragilise directement des routes départementales construites au plus près du rivage, souvent sans marge de repli. Dans le Finistère, trois routes concentrent les inquiétudes. Les RD887 à Crozon, 64A à Locquirec et 40 à Penhors font l’objet d’études avec les intercommunalités pour protéger populations et mobilités face aux risques de submersion et d’inondation. Les élus reconnaissent une limite physique. Stéphane Le Doaré souligne qu’il faudra accepter le recul de la mer et envisager des scénarios à 30, 50 ou 100 ans, incluant déviation, déplacement des routes ou abandon partiel, afin d’éviter l’isolement économique et résidentiel. Dans les Côtes-d’Armor, la RD768 à Beaussais-sur-Mer illustre ces arbitrages. Cette route-digue supporte 8.000 véhicules par jour. La surélévation de la digue pourrait la protéger environ vingt ans, laissant du temps pour concevoir une solution durable. À l’échelle locale, Bruno Salaun décrit le cas de la RD201 entre Saint-Malo et Cancale. Cette route littorale est régulièrement recouverte de sable. En janvier 2025, 260 tonnes ont dû être retirées pour rétablir la circulation. Les données scientifiques montrent un recul du massif dunaire d’environ 1 m tous les cinq ans à l’anse du Guesclin. Selon les projections du Département d’Ille-et-Vilaine, cette dynamique rend la route intenable à moyen terme et conduit à sa fermeture programmée en 2035. Le projet ne se limite pas à la fermeture. Il vise la renaturation de dizaines d’hectares entre mer et marais, tout en maintenant des activités agricoles, l’accès à la plage et aux sentiers, grâce à des mobilités douces et collectives. La concertation a rassemblé plus de 410 contributions et une centaine de participants. Malgré les craintes liées aux déplacements et au tourisme, une majorité soutient la restauration écologique, d’autant que les enrochements existants se dégradent et n’offrent plus de protection durable. Des solutions transitoires sont testées. Des parkings rétrolittoraux reliés par pistes cyclables réduisent le stationnement anarchique. L’effacement progressif de la RD201 pourrait devenir un modèle breton d’adaptation anticipée des territoires côtiers. 

« Face à la mer qui monte : entre ombrelle et tractopelle ». Par Bernard Kalaora, socio-anthropologue (AOC)

Pourquoi rester rivés, contre vents et marées, à une illusion de maîtrise totale face à l’érosion des littoraux ? En lieu et place des mesures de colmatage tentant de pallier ou prévenir les dégâts causés par les tempêtes, apprendre à renoncer est le meilleur moyen de s’adapter, politiquement, socialement et économiquement, en acceptant de regarder en face l’inéluctable avancée des mers et océans. La mer monte. Elle ne redescendra pas, tout du moins à l’échelle des temps géologiques. Tout le monde le sait, mais chacun le dit à sa façon – et cette façon de dire révèle déjà une manière de concevoir le monde, ses institutions et ses attachements. L’été 2025 a donné une illustration parfaite de ce contraste.

« Montées des eaux. Pourquoi la Bretagne doit-elle reculer ? » (France3 Bretagne).

Les conséquences principales du changement climatique, c'est l'augmentation du niveaux des océans. En Bretagne, cette élévation du niveau marin est déjà visible et contribuera au phénomène d'érosion des côtes dans le futur. Certaines routes ou zones agricoles seront sous l'eau. Habitants et activités du bord de mer vont devoir s'adapter.

« L’un des risques de la montée des eaux, c’est qu’on n’ait pas le temps de s’adapter ». Par Gonéri Le Cozannet, ingénieur (Le Monde).

Malgré les efforts faits pour ralentir le réchauffement climatique, la montée des eaux va se poursuivre et de plus en plus de territoires seront concernés par le phénomène. Pourquoi le réchauffement climatique fait-il monter le niveau de la mer ? Quels seront les impacts sur nos vies de cette réalité future ? Comment s’organiser pour faire face aux submersions marines ?

« Montée des eaux, face à l’amer » (France Culture).

Avec la fonte des glaces terrestres et la dilatation des eaux, le niveau des océans ne cesse inéluctablement de grimper. Submersions, érosion des côtes, pertes économiques, déplacements de populations et dégradation durable des écosystèmes côtiers… Comment se protéger de la montée des eaux ? Même avec une réduction rapide des émissions, la montée des eaux se poursuivra pendant des siècles. Les sociétés doivent donc agir sur deux fronts : limiter le réchauffement pour contenir l’ampleur du phénomène, et s’adapter en repensant l’aménagement du littoral, entre protections, transformations et relocalisations nécessaires.

« L'atout majeur de la Nouvelle-Orléans à l'ère du changement climatique » (The New York Times).

Le fruit le plus ingénieux de cette réflexion est le Plan directeur côtier, la grande stratégie unifiée de la Louisiane pour la restauration du littoral, la création de terres et le recul des eaux, élaborée après l'ouragan Katrina. L'aspect le plus impressionnant de ce plan directeur n'est ni son coût annoncé de 50 milliards de dollars (probablement assez sous-estimé), ni son cadre résolument tourné vers l'avenir : il est renouvelé tous les cinq ans, ce qui en fait un plan quinquennal à perpétuité. Ce n'est pas non plus son ambition quasi-genétique de faire surgir des terres émergées des eaux montantes, en exploitant la force du Mississippi pour créer des dizaines de milliers d'hectares de terres afin de se prémunir contre les futures tempêtes. Non, le plus impressionnant dans ce plan, c'est son honnêteté. Car ses auteurs reconnaissent ouvertement que, même dans le meilleur des cas, il échouera.

Lien ajouté le 16 février 2026

Le site Conspiracy of Cartographers propose une série de cartes "rétrofuturistes" simulant la montée des eaux sur des cartes anciennes. A découvrir : les exemples de détournement d'une carte vintage de la Shell Oil Cie des années 1950.  Retrofuture versus Petrofuture !

Petrofuture. Map of San Francisco and Vinicity (source : Conspiracy of Cartographers)


Lien ajouté le 18 février 2026

« Recul du trait de côte : de nouvelles communes du littoral, listées par décret, s'engagent dans l'adaptation de leur territoire » (Géolittoral)

Le décret du 13 février 2026 actualise la liste des communes dont l'action en matière d'urbanisme et la politique d'aménagement doivent être adaptées aux phénomènes d'érosion du littoral. Ces territoires volontaires s’engagent notamment à élaborer une carte locale d'exposition au recul du trait de côte et à l’intégrer à leur document d'urbanisme (articles L.121-22-1 à 12 du Code de l'urbanisme). Disponible sur Géolittoral, une carte animée présente l'évolution des communes concernées depuis 2022, reflet de l'engagement croissant des collectivités :
- décret d'avril 2022 : 126 communes
- décret modificatif de juillet 2023 : 242 communes
- décret modificatif de juin 2024 : 317 communes
- décret modificatif de février 2026 : 371 communes


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