Quels sont les États qui ont le plus contribué au réchauffement climatique dans l’histoire ?

 

SourceAnalysis : Which countries are historically responsible for climate change ? (CarbonBrief)


Quels sont les États qui ont le plus contribué au réchauffement climatique dans l’histoire ?@CarbonBrief publie une analyse qui cherche à établir la responsabilité nationale des émissions historiques de CO2 de 1850 à 2021. Il s'agit pour la première fois d'inclure toutes les sources de CO2. 
 



La responsabilité historique du changement climatique est au cœur des débats sur la justice climatique. Cependant, l'attribution des responsabilités est loin d'être simple. Ce qu'illustre bien le graphique ci-dessous, qui décompose le total des émissions de chaque pays en fonction de leur provenance :  l'utilisation des combustibles fossiles (en gris) ou le changement d'affectation des terres et  l'exploitation forestière (en vert). Le top 3 des pays cumulant le plus d'émissions de CO2 sur la période 1850-2021 sont les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Si l'on tient compte des émissions dues à la déforestation, le Brésil et l'Indonésie ont une responsabilité importante. La France arrive au 12e rang.


L'idée de responsabilité nationale pose d'autres problèmes, notamment la taille, la richesse et l'intensité carbone inégales des populations actuelles par rapport à celles des générations précédentes. L'analyse de Carbon Brief aborde la question de la prise en compte de la taille relative des populations de deux manières différentes. La première approche prend les émissions cumulées d'un pays chaque année et les divise par le nombre de personnes vivant dans le pays à l'époque, attribuant implicitement la responsabilité du passé à ceux qui vivent aujourd'hui. La deuxième approche prend les émissions par habitant d'un pays chaque année et les additionne au fil du temps, avec le résultat, à partir de 2021. Cela donne un poids égal aux émissions par habitant des populations d'hier et d'aujourd'hui (voir les données et la méthodologie). Ces deux approches donnent des résultats différents et soulignent le défi d'interpréter les émissions cumulées par habitant.

Lien ajouté le 8 novembre 2021

Lien ajouté le 7 mai 2025

Schöngart, S., Nicholls, Z., Hoffmann, R. et al. « High-income groups disproportionately contribute to climate extremes worldwide » [Les groupes à revenus élevés contribuent de manière disproportionnée aux phénomènes climatiques extrêmes à l'échelle mondiale]. Nature Climate Change, https://doi.org/10.1038/s41558-025-02325-x

Cette étude publiée dans la revue Nature Climate Change le 7 mai 2025 révèle que les 10 % les plus riches de la planète ont un impact carbone deux fois plus important que tout le reste de la population réuni. Le rapport montre que ces personnes sont responsables des deux tiers du réchauffement climatique observé depuis 1990 et de l’augmentation des événements tels que les vagues de chaleur et les sécheresses.

Ces effets sont particulièrement notables dans les régions tropicales vulnérables telles que l’Amazonie, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique australe, des territoires qui, historiquement, ont moins contribué que les autres aux émissions mondiales. En combinant données économiques et simulations climatiques, les chercheurs ont pu retracer les émissions des différents groupes de revenus mondiaux et évaluer leur contribution à des extrêmes climatiques spécifiques. Ils constatent que les émissions des 10 % d’individus les plus riches aux États-Unis et en Chine multiplient, à elles seules, de deux à trois fois les extrêmes de chaleur dans les régions vulnérables.

Lien ajouté le 25 mars 2026

« Les États-Unis ont causé 10 000 milliards de dollars de dommages climatiques depuis 1990, selon une étude » (The Guardian).

Oliver Milman présente une étude menée par Marshall Burke et publiée dans la revue Nature. Elle estime les coûts économiques mondiaux des émissions depuis 1990 et révèle leur impact spatialement inégal.  Les résultats montrent que les États-Unis ont causé environ 10.000 milliards de dollars de dommages climatiques depuis 1990, devant la Chine avec 9.000 milliards. Le calcul relie émissions cumulées et ralentissement de la croissance économique mondiale. Ces dommages ne sont pas répartis équitablement. Environ 25% des pertes touchent les États-Unis eux-mêmes, mais une grande part se diffuse vers d’autres territoires, révélant une géographie globale des impacts climatiques et des interdépendances économiques. Les pays du Sud sont les plus affectés. Les émissions américaines auraient causé environ 500 milliards de dollars de pertes en Inde et 330 milliards au Brésil, illustrant une vulnérabilité accrue des économies tropicales. Le mécanisme est cumulatif. Une hausse progressive des températures réduit la productivité, dégrade la santé et freine l’économie. Sur 30 ans, ces effets s’additionnent et produisent un impact massif, comparé à une "accumulation lente mais continue". Gernot Wagner souligne que le coût social du carbone augmente plus vite que les émissions. Investir dans la réduction des émissions permettrait donc d’éviter des pertes économiques bien supérieures à long terme. Frances Moore nuance toutefois ces estimations. Les pertes monétaires sous-estiment les effets réels car un dollar perdu n’a pas le même impact selon les niveaux de richesse, accentuant les inégalités socio-spatiales. Cette étude met en évidence une géographie du climat marquée par une dissociation entre lieux d’émission et lieux d’impact. Elle pose la question d’une responsabilité différenciée et d’une justice climatique à l’échelle mondiale. 

Lien ajouté le 2 avril 2026

« Le Canada annonce un plan 3,8 milliards de dollars pour la protection de la nature » (RFI). 

Le Canada engage 3,8 milliards de dollars pour protéger la biodiversité. L’objectif consiste à passer de 14% à 30% d’espaces protégés d’ici 2030, dans le cadre de la COP15. Une trentaine de zones seront créées, sur une surface équivalente à la Libye. L’action se déploie dans plusieurs milieux ciblés : l’Arctique avec des aires marines pour les ours polaires, les forêts boréales protégées, ou encore les cours d’eau avec des saumons fragilisés par pollution et surpêche. Le retrait des filets abandonnés limite aussi les pressions. Le plan révèle des tensions. Greenpeace dénonce une prise en compte insuffisante des peuples autochtones et pointe la contradiction avec l’exploitation pétrolière et minière. La protection progresse, mais dépend encore fortement des arbitrages économiques. 

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