L'histoire par les cartes : Cortès et la fin de l’empire aztèque (13 août 1521)


Le 13 août 2021, le Mexique a commémoré les 500 ans de la chute de Tenochtitlán, la capitale de l’empire aztèque qui a été prise par le conquistador espagnol Hernan Cortez et ses troupes le 13 août 1521. Retour en cartes et en images sur un événement qui continue à faire débat.


Tableau du XVIIe siècle représentant le siège de Tenochtitlán (source : Wikipedia, domaine public)

Le 22 mai 1521, les forces espagnoles et leurs alliés autochtones ont commencé à assiéger la puissante capitale aztèque de Tenochtitlán, où se trouve aujourd'hui la ville de Mexico. La bataille a duré près de trois mois, se terminant par la chute de l'empire aztèque et la consolidation du pouvoir de l'Espagne dans une grande partie de l'Amérique du Nord. Aujourd'hui, la ville de Mexico célèbre le 500e anniversaire de la conquête avec des événements qui mettent en évidence les manières complexes dont elle a façonné la société du pays. La commémoration historique s’est transformée en polémique après que le président Andrés Manuel Lopez Obrador a demandé à nouveau des excuses à l’Espagne pour les violences et les violations des droits de l’homme commises pendant la conquête et la colonisation espagnoles.

« Qu'est-ce que représente vraiment la Conquista ? Qu'est-ce qu'on nous en a dit ? Qui a gagné  et qui a perdu ? » se demande l'archéologue guatémaltèque Margarita Cossich. « C'est tellement plus complexe que de simplement parler des méchants contre des gentils, des Espagnols contre des groupes autochtones. »

L'empire aztèque et ses provinces tributaires en 1519 (MapPorn)


Comme presque tous les grands États mésoaméricains, l'empire aztèque s'appuyait largement sur des méthodes indirectes pour établir une influence politique sur ses États sujets. Ce type d'administration politique avait tendance à encourager la sécession et les rébellions : lors de la mort d'un roi de Tenochtitlán, c'était une tradition pour les provinces aztèques lointaines d'arrêter de payer les impôts, le nouveau roi devant reconquérir ces régions pour prouver son pouvoir. Cortés a pu conquérir Tenochtitlán en partie grâce à des alliances avec des peuples indigènes que les Aztèques avaient opprimés. Ces groupes ont fourni des milliers de soldats pour le combat, rejoignant les 900 Espagnols de la troupe de Cortès. 

A partir de 1519, Cortès prend l'ascendant sur l'empereur Moctezuma grâce notamment à La Malinche qui assure les traductions entre les émissaires et lui. Durant quasiment un an, les Aztèques hésitent sur la conduite à tenir. Obligé de fuir la capitale aztèque en 1520, Cortès revient quelques mois plus tard pour l’assiéger. Malgré une résistance menée par le nouvel empereur, Cuauhtémoc, la ville est détruite par les Espagnols. Le 13 août 1521, l’empereur est capturé et l’empire aztèque définitivement vaincu. Un facteur clé de la bataille fut la propagation de la variole dans la ville. Au moins la moitié des 300 000 habitants de la ville sont probablement morts avant l'entrée des Espagnols, laissant l'empereur aztèque Cuauhtémoc avec "peu de troupes ayant la force de se battre".

La défaite des Aztèques a ouvert la voie à la poursuite des conquêtes espagnoles. Les Espagnols semblaient tellement convaincus que ce modèle fonctionnait bien que Pedro de Alvarado était sur le point de lancer une expédition en Chine depuis le port d'Acapulco lorsqu'il s'est retrouvé impliqué dans une autre bataille dans l'ouest du Mexique où il est décédé en 1541. La domination espagnole du Mexique a véritablement contribué à créer un monde global, en reliant le monde transatlantique au monde transpacifique et à tous les continents habités. Elle a donné le coup d'envoi à ce que nous appelons aujourd'hui la mondialisation.

L’ouvrage L'Aigle et le Dragon de Serge Gruzinski montre à quel point il n’est pas aisé d’écrire une histoire symétrique des rencontres au XVIe siècle. La démesure alimente ainsi les débuts de la mondialisation : « l’émergence d’une sphère globale (…) les premiers balbutiements d’une synchronisation planétaire, l’avènement d’une conscience-monde et d’un imaginaire planétaire"..."Si “clash de civilisations” il y a eu, ce n’est donc que dans la perspective d’une histoire globale que cette formule peut avoir un sens. »

Le plan de Tenochtitlán - 1524
(source : Newberry’s American Indian and Indigenous Studies digital database)


Cette carte de Tenochtitlán accompagnait la deuxième lettre d'Hernán Cortes envoyée au roi d'Espagne Charles Quint. Cortes a écrit ses lettres en 1520, mais elles n'ont été publiées qu'en 1524 à Nuremberg (Allemagne). C'est la première image que les Européens ont vue de la ville de Mexico (Tenochtitlán) écrite sur la carte "Temixtitan", la capitale de l'empire aztèque au XVIe siècle. A gauche figure une représentation du golfe du Mexique, avec la Floride tout à gauche et le Yucatan représenté comme une île. Dans ces lettres, le conquistador espagnol Hernán Cortés mettait en avant ses exploits et décrivait les habitants et les merveilles de la nouvelle terre qu'il avait conquise. La date de la carte est très importante (octobre 1520. Au moment où elle est publiée en février 1524, la ville de Tenochtitlán était déjà en ruines à cause de la guerre de conquête. 

Au cœur de la ville se trouvait une zone sacrée entourée d’un mur. Dans l’enceinte se trouvaient plus de soixante-dix bâtiments et ceux-ci étaient entourés d’un mur décoré d’images de serpents, appelés "coatepantli". Les archéologues essaient toujours de déterminer exactement à quoi ressemblait cette zone sacrée et comment elle a évolué au fil du temps. La plus grande structure que les Espagnols ont appelé Templo Mayor (temple principal) était dédiée aux dieux Huitzilopochtli et Tlaloc. D’une hauteur de 27 mètres, elle se composait de deux pyramides à degrés s’élevant côte à côte sur une immense plate-forme. Elle dominait à la fois la Cité Sacrée et la ville entière. 

A explorer : une reconstitution en 3D de la ville de Tenochtitlán. Cette reconstitution de la ville de Tenochtitlan, capitale de l’empire aztèque, restitue la ville telle qu’elle était lorsque les Espagnols l’ont conquise. Par la suite elle a été détruite, son lac asséché, et elle est devenue Mexico, capitale du Mexique.

Sources

  • La chute de l'empire aztèque (Wikipédia)

  • L'empire aztèque et ses provinces tributaires en 1519 (MapPorn)

  • Aire maximum approximative des territoires tributaires de la Triple alliance (Wikipédia)

  • Le plan de Tenochtitlán - carte de Nuremberg de 1524 (Newberry’s American Indian and Indigenous Studies digital database). Téléchargeable également sur Wikipédia. Voir ce commentaire détaillé de la carte (en anglais).

  • Deuxième lettre narrative d'Hernán Cortés contenant le premier plan jamais publié de la cité aztèque de Tenochtitlán (Bibliothèque numérique mondiale). Traduction en français par Désiré Charnay en 1896 (Gallica)

  • L'Aigle et le Dragon. Démesure européenne et mondialisation au XVIe siècle. Par Serge Gruzinski (Non fiction)

  • Conversation avec un métis de la Nouvelle-Espagne : une autre vision de la conquête du Mexique par Serge Gruzinski (Sciences et Avenir)

  • La conquête du Mexique dans l'art. Cinq siècles pour montrer comment la chute de Tenochtitlán a marqué l'identité culturelle du pays (El Pais).

  • Mexique : la demande d'excuses du président à l'Espagne pour la colonisation fait polémique (RFI)

  • Tenochtitlán, de la cité précolombienne à Mexico, capitale de la Nouvelle-Espagne - séance pédagogique (Clionautes)

  • Mexico-Tenochtitlan, vie et mort de la capitale des Aztèques (Archeologue.com)

  • La Controverse de Valladolid (EHNE)



Comment expliquer les disparités territoriales de vaccinations Covid-19 en France ?


En queue de classement durant les premières semaines de vaccination, la France est passée 9ème début août 2021 pour la part de population ayant reçu au moins une dose de vaccin Covid-19 (cf données et graphiques sur VaccinTracker et OurWorldinData). Malgré l'instauration du pass sanitaire, les écarts restent importants selon les tranches d'âge et les catégories sociales. On observe également des fractures sur le plan géographique. La France du Sud est beaucoup moins vaccinée. Les inégalités sont très marquées dans les grandes métropoles. Avec des taux de vaccination bien inférieurs à celui relevé à l'échelle nationale, les territoires ultra-marins, sont également en proie à une forte reprise épidémique. Quels peuvent être les facteurs de ces disparités géographiques ?

Sur la base des données de l’Assurance-maladie, Emmanuel Vigneron, géographe de la santé à l’université de Montpellier, a dressé à une très fine échelle une carte inédite de la couverture vaccinale. Le chercheur a calculé pour chaque territoire un indice comparatif de vaccination qui neutralise statistiquement l’effet de l’âge des populations locales pour faire ressortir d’autres paramètres influant sur le taux de vaccination. Les données calculées par Emmanuel Vigneron mettent en évidence une France divisée sur le plan de la vaccination entre Nord-Ouest et Sud-Est, entre centres urbains et périphéries, ainsi qu’entre communes riches et pauvres. Cette analyse des disparités de vaccinations proposée a été reprise dans différents médias, mais les interprétations varient assez largement.

  • Covid-19 : en France, une triple fracture vaccinale (Le Monde). Voir les cartes.
  • Pourquoi la défiance vaccinale est-elle plus forte dans le Sud de la France ? Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach (Fondation Jean Jaurès)
  • Covid-19 : "Entre le nord et le sud de la France, des disparités territoriales sur l’opposition à la vaccination" (Lucie Guimier - Tribune dans Le Monde)
  • Vaccination: la France fracturée, des disparités régionales et sociales importantes (BFM-Tv). Voir cette vidéo.
  • Une étude tente de comprendre pourquoi le sud de la France se vaccine moins que le nord (France Inter)
  • Moins de vaccination dans les territoires ruraux ou défavorisés (La Gazette des communes)
  • Emmanuel Vigneron : "Une vraie démocratie sanitaire passerait par l’élection d’un parlement sanitaire" (Marianne)
  • La pandémie de Covid-19, regards croisés de géographes (Géoconfluences)








Pour prolonger 

Comprendre la défiance envers le vaccin pour sortir de l’épidémie de Covid (Frustration Magazine)

Visualizing Global Attitudes Towards the COVID-19 Vaccines (Visual Capitalist)

Stopping the spread Reaching herd immunity through vaccination (Reuters)


Lien ajouté le 9 septembre 2021

Comment expliquer les écarts de vaccination en France ? Tentative d'explication en moins de 5 minutes par Archipel (@BoussoleGeo), à partir de la carte du géographe de la santé Emmanuel Vigneron et de plusieurs études sociologiques. http://www.youtube.com/watch?v=oDH-mYiL8dM




Lien ajouté le 10 décembre 2021

Lien ajouté le 26 janvier 2022

Cartes et données sur la progression des vaccinations contre la Covid-19 en France et dans le monde

L'apport de la cartographie et des SIG pour évaluer l'accès aux vaccins contre le Covid-19

La cartographie des épidémies entre peur de la contagion et efforts de prévention. Exemple à travers la diffusion du coronavirus

La rhétorique derrière les cartes de propagande sur le coronavirus

La carte, objet éminemment politique : la carte des départements "en alerte" Covid-19

Quand la crise du Covid-19 bouleverse le marché de l'immobilier aux Etats-Unis

Utiliser l'outil de cartographie CartoSanté des Agences régionales de santé (ARS)


Étudier la progression de l'étalement urbain aux Etats-Unis depuis 2001


Source : Where America’s developed areas are growing : Way off into the horizon (The Washington Post, 10 août 2021)

Le Washington Post a cartographié la progression de l'étalement urbain (urban sprawl) depuis 2001 aux États-Unis. Cet étalement est lié à différents facteurs : développement industriel, boom des villes lié au développement de la fracture hydraulique, résidences de retraités, etc... Les banlieues s'étendent en Arizona et au Nevada alors que les industries se déplacent vers la Sun Belt, des communautés de retraités apparaissent en Floride à mesure que la génération des baby-boomers vieillit et des puits de pétrole et de gaz naturel ont émergé dans le Dakota du Nord et dans l'ouest du Texas. Le Texas abrite à lui seul19 des 25 comtés qui ont connu la forte expansion urbaine en pourcentage. 

Cet étalement est assez sensible à l'évolution des prix du logement. L'étalement urbain de ce siècle a déjà contribué à l'urbanisation de l'équivalent de 5 nouveaux Delaware aux États-Unis. Une croissance urbaine débridée peut entraîner des problèmes en termes d'aménagement et de d'environnement. 

L'urban sprawl est plus marqué au Texas, en Floride et en Californie, mais concerne aussi les villes de taille moyenne du Midwest.




On peut sélectionner une ville ou un comté au choix, ce qui permet de faire des comparaisons. Les données sont issues de l'U.S. Geological Survey  (images Landsat à 30m de résolution).



Lien ajouté le 16 août 2021


Lien ajouté le 17 novembre 2022


Lien ajouté le 17 décembre 2022


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Étudier les mobilités résidentielles des jeunes Américains à partir du site Migration Patterns

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Le « redlining » : retour sur une pratique cartographique discriminatoire qui a laissé des traces aux Etats-Unis

Data visualisations pour étudier l'expansion urbaine

Un atlas de l'expansion urbaine à partir de 200 villes dans le monde

Cartes et données sur la taxonomie urbaine en Europe


10 raisons pour lesquelles « la qualité des données spatiales est plus importante que jamais »


Source : Ten Reasons Why Spatial Data Quality Matters More Now Than Ever (Geography Realm, 10 février 2021)

Joseph Kerski est géographe et travaille au sein du département éducation chez ESRI. Il oeuvre depuis de nombreuses années pour intégrer l'usage des géotechnologies dans l'enseignement et la formation. Dans cet article publié sur le site Geography Realm consacré à l'actualité de la géographie et de la cartographie, il revient sur la question de l'importance des données et met en avant 10 raisons pour lesquelles « la qualité des données spatiales est plus importante que jamais ». Ces conseils sont agrémentés de nombreux exemples et peuvent être consultés sous la forme d'un diaporama : Why Data Quality Still Matters, Now More Than Ever

1. Les cartes sont souvent jugées fiables

On a tendance à croire facilement les cartes. Même aujourd'hui à l'ère du numérique où les cartes peuvent être intégrées et transformées de nombreuses manières, elles ont tendance à faire autorité.

2. Les cartes sont faciles à créer

De nos jours, toute personne ayant accès au Web peut créer une carte, partager des couches de données et créer des cartes et des tableaux de bord multimédias. Tout le monde peut accéder à des outils de crowdsourcing. Il faut avoir conscience des limites de ces données et poser un regard critique à la fois sur les données, les méthodes et les outils.

3. Les cartes peuvent rendre 
des publications plus crédibles et « amusantes » 

Les cartes sont souvent attachées à des messages « fun ». Le danger avec certains de ces messages est de croire à des histoires simplement parce qu'elles incluent des cartes et des graphiques. Les cartes et les données diffusées à la faveur de l'épidémie de Covid-19 en sont un bon exemple (cf infodémie). 

4. Les cartes modélisent la réalité

Les cartes ne sont pas la réalité, mais des représentations de la réalité. Très utiles, certes, mais seulement des représentations. 

5. Nous sommes potentiellement tous des créateurs de cartes

Aujourd'hui, nous ne sommes plus de simples consommateurs de cartes, nous sommes tous des créateurs potentiels de cartes. Soyez critique vis-à-vis des données, même lorsque ce sont les vôtres (cf l'exemple de traces GPS qu'on a soi-même enregistrées sans réfléchir à la nature et à l'usage de ces données). 

6. Vérifiez soigneusement vos sources de données

Allez au-delà de la simple lecture des métadonnées pour vérifier minutieusement vos sources de données, même si cela représente un travail supplémentaire.

7. L'échelle de la carte compte

L'échelle compte toujours. Lorsque vous zoomez sur vos données à l'aide d'outils SIG, la précision des données n'augmente pas pour autant. Cela semble évident, mais il convient de rappeler que les données sont collectées à des échelles spécifiques, même si elles ont tendance à être produites à des échelles plus grandes pour montrer des détails. 

8. Adaptation à votre utilisation

Il est de la responsabilité du producteur de données de fournir suffisamment d'informations pour que l'utilisateur final puisse déterminer si les données sont adaptées à son utilisation. 

9. Vérifiez vos sources de données

Prenez l'habitude, lorsque vous décrivez vos résultats, d'utiliser la phrase « selon ces données ». Cela vous obligera à continuer à vérifier vos sources et cela rappellera à votre public que vos résultats et conclusions dépendent fortement des données que vous avez utilisées.

10. Faites attention à la qualité des données

La qualité des données affecte vos décisions et, partant, les décisions de ceux qui vous entourent. Les technologies géospatiales sont souvent et à juste titre décrites comme « puissantes ». Prêter attention à la qualité des données participe de la construction d'un monde plus intelligent, plus sain, plus durable et plus résilient.


Pour prolonger

Why GIS in Education Matters (Joseph Kerski, Geospatial World)

GIS and the Data Citizens Project (Esri Community)



Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l’ère numérique

Comment différencier infographie et data visualisation

Rubrique Données du blog


Rendre les bidonvilles visibles sur les cartes : le rôle de la cartographie participative

 
Source : Putting the World’s Slums on the Map (Bloomberg MapLab, 26 juillet 2021)

« Les chercheurs et les habitants se tournent vers des outils de données open source pour combler les lacunes en matière d'informations sur les quartiers informels qui sont souvent laissés de côté sur les cartes officielles. Souvent, ces zones sont représentées dans les systèmes d'information officiels comme des polygones vides nommés « zones informelles » ou « zones en cours de développement ». Plus d'un milliard de personnes vivent dans ces zones urbaines, selon les Nations Unies, et leur nombre augmente très vite avec l'explosion urbaine. De graves lacunes dans l'information géographique rendent ces zones invisibles : contrairement aux zones formelles, les bidonvilles peuvent ne pas avoir leurs rues, leurs services et leurs bâtiments cartographiés sur des plateformes telles que Google Maps »




 

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Quand l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique permettent de repérer des bidonvilles à partir d’images satellitaires et aériennes

Un projet de cartographie participative pour cartographier les écoles en Afrique


Mon école aujourd'hui (#MySchoolToday) est un projet de cartographie participative pour cartographier les écoles notamment leur accessibilité (temps de trajet pour s'y rendre), qui constitue l'un des freins à la scolarisation de tous les élèves, surtout ceux situés en zones rurales. Le projet s'inscrit dans le cadre de la poursuite des Objectifs de Développement Durable en matière d'éducation tels que définis par l'ONU (ODD4). Le projet démarre par l'Afrique mais pourra s'étendre à d'autres continents ou régions dans le monde.


Le projet a reçu le soutien d'Esri, de l'équipe humanitaire d'OpenStreetMap (HOT), de l'IIPE de l'UNESCO et d'autres organisations. Les données de localisation sont dérivées d'OpenStreetMap.

La qualité des données varie selon les régions et de nombreuses écoles ne sont pas répertoriées à travers le monde. SDGs Today ne considère pas la cartographie des emplacements des écoles comme une représentation officielle ou complète de l'état de l'accès à l'éducation dans le monde, mais plutôt comme un exemple du potentiel des données open source pour responsabiliser les ministères locaux de l'éducation et les parties prenantes des objectifs ODD à partir d'informations et de données gratuites et accessibles à tous.

Lien vers le descriptif du projet : 
https://sdgstoday.org/myschooltoday

Accès à l'application cartographique en ligne :
https://sdgstoday.org/version-test/dataset/mapping-school-locations

Guide pour cartographier des écoles dans OpenStreetMap ou dans ArcGIS :
https://irp.cdn-website.com/6f2c9f57/files/uploaded/My%20School%20Today%21%20Participation%20Guide_SDGs%20Today_SDSN%20%28English%29.pdf

Lien ajouté le 25 août 2021

Série d'articles du journal Le Monde "Pygmées en lutte"

50 ans de changements des conditions de vie au Royaume-Uni en cartes (1961-2011)


Source : Census unearthed : explore 50 years of change from 1961 (Office for National Statistics)

L'Office for National Statistics (ONS) du Royaume-Uni a comparé les données du recensement de 1961 avec celles de 2011 afin de mettre en évidence la manière dont la vie a changé sur un demi siècle en Angleterre et au Pays de Galles. L'analyse porte sur les changements démographiques, la propriété du logement et le statut matrimonial. 



Selon le recensement de 1961, environ 7 % des habitants d'Angleterre et du Pays de Galles n'avaient pas de toilettes intérieures. Dans certaines zones rurales, plus de 50 % des foyers n'avaient pas de toilettes avec chasse d'eau à l'intérieur. En 1961, la majorité de la population vivait dans un logement en location et seulement 42 % des ménages étaient propriétaires de leur logement. En 2011, la majorité des personnes possédaient leur propre logement en Angleterre et au Pays de Galles (64 %).

Il y a 60 ans, le mariage était beaucoup plus répandu qu'en 2011. En 1961, 68 % des personnes âgées de 16 ans et plus étaient mariées et seulement 0,8 % étaient divorcées. En 2011, le nombre de personnes mariées était tombé à 49 % et 9 % étaient divorcés. La population du Royaume-Uni a également vieilli depuis 1961. Dans presque toutes les régions d'Angleterre et du Pays de Galles, la proportion de personnes de plus de 75 ans a augmenté.

La comparaison des recensements de 1961 et 2011 par l'Office for National Statistics a été rendue possible par la numérisation des recensements. Ce processus de numérisation a été effectué par reconnaissance optique de caractères (OCR). L'OCR a pu numériser environ 95 % des chiffres et des lettres dans les déclarations de recensement originales. Un projet de science citoyenne a ensuite été développé pour numériser les 5 % restants de caractères non lisibles par OCR.

La dernière production de l'Office statistique anglais est impressionnante sur le plan technique et statistique (voir notamment les données et les graphiques qui apparaissent directement en cliquant sur les cartes interactives). Seul bémol, la vue globale apparait brouillée du fait de la transparence sur une couche d'arrière-plan trop chargée, pertinente seulement après zoom.

Les données du recensement de 1961 sont disponibles sur Nomis (Official labor market statistics)

Les limites des districts de 1961 sont téléchargeables à partir du portail de l'ONS.

Pour faire des comparaisons avec les données de 2011, on peut mapper les données du recensement de 2011 sur les districts de 1961 à l'aide de ce fichier de l'ONS. Malheureusement, les districts de 1961 ne correspondent pas parfaitement aux limites d'aujourd'hui.

Pour visualiser et télécharger les cartes anciennes de l'Ordnance Survey, il est possible d'utiliser le site de la National Library of Scotland et de faire des comparaisons directement dans cet outil de visualisation en ligne.


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Rapport du Giec 2021 : le changement climatique actuel est « sans précédent »


Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a publié  lundi 9 août 2021 le premier volet de son sixième rapport consacré aux éléments scientifiques les plus récents concernant l'évolution du climat. "L'influence humaine a réchauffé le climat à un niveau sans précédent depuis au moins 2 000 ans", alertent ses membres. Depuis son rapport publié en 2014, le Giec se fait l'écho d'une situation qui ne s'est pas améliorée.

1) La température mondiale devrait atteindre +1,5°C dès 2030

Le Giec précise que le climat se réchauffe à un « rythme sans précédent », jamais connu depuis au moins 2.000 ans. Dans tous les scénarios envisagés (du plus optimiste ou plus pessimiste), la température mondiale devrait atteindre +1,5°C ou +1,6°C par rapport à l'ère pré-industrielle autour de 2030. Soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec il y a trois ans. La crise climatique s’aggrave dans toutes les régions, à des niveaux sans précédent. Un rappel dramatique que le dérèglement climatique, loin de se résumer à des chiffres et à des projections, est déjà une nouvelle normalité, celle d’une planète en surchauffe.

Il s’agit du premier rapport du Giec à ne pas exclure des points de basculement (voir cet article Climate tipping points : too risky to bet against), qu’il s’agisse de l’instabilité de la calotte glaciaire en Antarctique ou de la déstabilisation de l’AMOC, la circulation méridienne de retournement Atlantique (la circulation des courants océaniques de l’Atlantique, parmi lesquels le Gulf Stream). Il montre aussi que la capacité des forêts, des sols et des océans à absorber les émissions de CO2 risque de s’affaiblir. Ces puits ont jusqu’à présent absorbé 56 % de nos émissions anthropiques. Avons-nous déjà passé des points de rupture ? Le rapport du GIEC ne le conclut pas. Le scientifique suédois Johan Rockström estime qu’il y a des « raisons d’espérer » même si « nous ne voyons, jusqu’à présent, aucun signe crédible que nous allons parvenir » à limiter le réchauffement à 1,5 °C. « Mon évaluation est également que nous n’avons pas encore franchi un point de basculement majeur. Malheureusement, nous disposons de plus en plus de preuves scientifiques que nous nous en rapprochons, qu’il s’agisse de la déstabilisation de l’ouest de la calotte antarctique, de l’AMOC, de l’Arctique ou des récifs coralliens. Cela signifie-t-il que la planète entière a franchi une sorte de point de non-retour ? La réponse est non. » (Le Monde, 9 août 2021).







2) Un atlas interactif régional des risques climatiques

En même temps que son rapport 2021, le Giec  dévoile, pour la première fois, un atlas régional des risques climatiques. Cet atlas interactif permet de visualiser par soi-même les conséquences du réchauffement climatique dans chaque région du globe. 

Interface de l'Atlas régional des risques climatiques (IPPC - Giec)


Cet atlas en ligne comporte de nombreuses fonctionnalités : possibilité de modifier le type de projection, de sélectionner certaines régions, de dupliquer la fenêtre pour faire des comparaisons, d'exporter les cartes (au format NetCdf, Png ou Geotiff) ou de créer des liens directs sur le site (voir présentation des principales fonctionnalités de l'atlas sur le site Cartolycée).

Le jeu de données est tout aussi riche avec de nombreuses variables disponibles concernant les températures, les précipitations, les vents (mini et maxi selon les saisons), la couche d'ozone, les émissions de particules fines, etc... Différents modèles sont mis à disposition avec des scénarios à + 1,5, +2, +3 ou +4°C, sur des échelles de temps que l'on peut comparer à court (2021-2040), moyen (2041-2060) et long terme (2081-2100).

Prévisions de réchauffement climatique à moyen terme (2041-2060) et long terme (2081-2100) 



Les figures exportées de l'Atlas interactif (format Png et Pdf) sont la propriété du Giec et sont protégées par les lois sur la propriété intellectuelle. Les données sous-jacentes (formats NetCDF et GeoTIFF) sont mises à disposition dans le cadre des activités du Centre de distribution des données du GIEC (GIEC-DDC) sous licence internationale Creative Commons 4.0

Atlas interactif :
http://interactive-atlas.ipcc.ch

Accès aux données du rapport :
http://catalogue.ceda.ac.uk/uuid/ae4f1eb6fce24adcb92ddca1a7838a5c

Résumé par régions et par types d'espaces (zones urbaines, espaces insulaires...) :
http://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/#Regional

Accès aux données sur Github :
http://github.com/IPCC-WG1/Atlas

Codification des régions qui ont servi à agréger les données :
http://github.com/IPCC-WG1/Atlas/blob/main/reference-regions/reference_regions.png







Lien ajouté le 21 janvier 2022


Liens ajoutés le 3 mars 2022




Lien ajouté le 13 avril 2022

Lien ajouté le 25 juillet 2021


Lien ajouté le 9 septembre 2022

Lien ajouté le 5 novembre 2022
Lien ajouté le 7 mars 2026

G. Foster, S. Rahmstorf (2026). « Global Warming Has Accelerated Significantly » [Le réchauffement climatique s'est considérablement accéléré]. Geophysical Research Letters, vol. 53, n°5, 16 mars 2026, https://doi.org/10.1029/2025GL118804

Les récentes années de chaleur record ont relancé le débat sur une éventuelle accélération du réchauffement climatique. Des analyses antérieures ont conclu que cette accélération (c’est-à-dire une augmentation du rythme de réchauffement) n’avait pas encore atteint un niveau de confiance de 95 %, compte tenu de la variabilité naturelle des températures. Les auteurs ont neutralisé l’influence estimée de trois principaux facteurs de variabilité naturelle : El Niño, le volcanisme et les variations solaires. Les données ainsi corrigées, et donc moins « bruitées », montrent une accélération du réchauffement climatique avec un niveau de confiance supérieur à 98 %, ce dernier ayant été plus rapide au cours des dix dernières années que durant toute autre décennie précédente. 
L'augmentation de la température mondiale a longtemps été considérée comme relativement stable depuis les années 1970. Cependant, des scientifiques ont récemment commencé à débattre de l'accélération du réchauffement climatique. Il est difficile d'en être certain en raison des fluctuations naturelles du rythme de réchauffement, et jusqu'à présent, aucune accélération statistiquement significative (c'est-à-dire une certitude de 95 %) n'a été démontrée. Dans cette étude, nous soustrayons des données l'influence estimée des phénomènes El Niño, des éruptions volcaniques et des variations solaires, ce qui rend la courbe de température mondiale moins variable. Cette étude révèle alors une accélération statistiquement significative du réchauffement climatique depuis environ 2015. Si cette accélération n'est pas une surprise selon les modèles climatiques, elle n'en demeure pas moins préoccupante et souligne l'insuffisance des efforts déployés jusqu'à présent dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat pour ralentir, puis stopper, le réchauffement climatique.

Lien ajouté le 16 avril 2026

« Comment nous bouleversons le climat » (Le Monde - Les Décodeurs) avec une série de data visualisations sur le sujet. 

Pendant près de deux mille ans, la température moyenne à la surface du globe est restée stable. Au maximum, celle-ci a pu varier de quelques dixièmes de degré. Dès le 20e siècle, la température augmente de manière anormale. Une hausse qui semble s’accélérer dans le temps. Pour étudier ces facteurs anthropiques, les scientifiques du GIEC se sont concentrés sur la période 2010-2019. Sur cette décennie, la température moyenne mondiale dépasse de plus d’un degré celle mesurée dans la période 1850-1900. Pour limiter le réchauffement, le principal enjeu est de décarboner les activités humaines. Ce ne sera pas facile : transports, alimentation, consommation… toutes nos habitudes sont à changer, car celles-ci sont basées sur l’exploitation des énergies fossiles.

Lien ajouté le 26 avril 2026

« Comment le consensus scientifique sur l’influence majeure des humains sur le climat a été établi » (Le Monde). Le consensus autour du réchauffement climatique et de son origine humaine aura mis plus de deux cents ans à s’imposer.

Lara Pino Lerro et Victor Rocher expliquent comment les sciences ont établi l’origine humaine du réchauffement. Depuis deux siècles, mesures, expériences, glaces, satellites et modèles ont transformé une intuition physique en consensus mondial. En 1681, Edmé Mariotte observe que le verre laisse passer la lumière mais retient une partie de la chaleur. Il ignore encore l’infrarouge, découvert en 1800 par William Herschel, mais cette expérience annonce déjà la logique physique de l’effet de serre terrestre. Au XIXe siècle, Joseph Fourier applique cette idée au climat. Les savants cherchent surtout à comprendre les âges glaciaires et les variations longues de la Terre. Le réchauffement n’apparaît pas encore comme une menace, mais plutôt comme un possible avantage. En 1856, Eunice Newton Foote montre que le CO2 accélère le réchauffement, mais son travail reste longtemps oublié. À partir de 1859, John Tyndall démontre l’absorption des infrarouges par le CO2. En 1896, Svante Arrhenius en mesure les effets thermiques. Après 1945, la question climatique devient plus concrète et mieux mesurée. En 1957, Hans Suess et Roger Revelle prouvent que l’océan n’absorbe qu’une partie du CO2. Charles Keeling mesure ensuite la hausse régulière du CO2 atmosphérique, preuve devenue majeure. Dans les années 1970, l’informatique change l’échelle du raisonnement. Les modèles climatiques permettent de comparer climats passés et futurs. Amy Dahan souligne ce saut scientifique, qui montre que les causes naturelles n’expliquent plus le réchauffement observé. La preuve se construit aussi par d’autres sciences. La glaciologie lit dans la glace l’histoire de l’atmosphère. Les satellites écartent l’idée d’un Soleil responsable principal. Peu à peu, des résultats venus de terrains très différents convergent vers l’influence humaine. Dans les années 1980, le doute scientifique devient aussi une stratégie politique. Jean-Baptiste Fressoz rappelle que des groupes pétroliers, dont Exxon, nourrissent le climatoscepticisme au moment où les chercheurs demandent des politiques de réduction des émissions. Créé en 1988 par l’ONU, le GIEC organise le passage entre science et décision publique. Céline Mavrot rappelle que sa prudence garantit sa légitimité. En 2021, il affirme sans équivoque que l’humain réchauffe l’atmosphère, l’océan et les terres émergées. Le consensus climatique est désormais robuste, mais il ne produit pas automatiquement l’action. Aucun grand organisme scientifique ne le conteste depuis 2007, tandis que le PNUE projette encore +2,8°C. 

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Comment le changement climatique a déjà commencé à affecter certaines régions du monde

Renforcer l'atténuation, engager l'adaptation (3e rapport du Haut Conseil pour le climat - 2021)

Quand la crise du Covid-19 bouleverse le marché de l'immobilier aux Etats-Unis


Source : « The Great Reshuffling Is Changing How Far Americans Are Willing to Commute » (Zillow)

Le confinement et l'essor du télétravail ont eu un impact important sur le marché immobilier aux Etats-Unis. Les propriétaires ont commencé à modifier leurs attentes et leurs priorités en matière de logement. L'entreprise américaine d'annonce immobilière Zillow a cherché à savoir où les prix des logements augmentaient le plus rapidement, afin de déterminer où les Américains souhaitaient désormais résider. Selon Zillow, l'abordabilité du logement est devenu le principal moteur des récentes augmentations des prix de l'immobilier. Le temps de trajet n'est plus le facteur déterminant pour décider où l'on souhaite vivre.

Avec la flexibilité du travail à domicile, les gens sont moins intéressés par les logements en centre-ville à proximité des centres d'emploi. Cela se vérifie dans les régions métropolitaines les plus chères où les prix de l'immobilier ont le moins augmenté. Cependant, ce n'est pas le cas des zones métropolitaines moins chères où les prix de l'immobilier continuent d'augmenter à un rythme accéléré. L'analyse par l'entreprise Zillow des prix de l'immobilier montre que les Américains ont eu tendance, du fait du confinement, à déménager dans des endroits plus abordables en dehors des centres-villes ou à leur proximité. 

Interface de l'application cartographique en ligne

Sur son site, le portail immobilier américain Zillow propose une carte interactive qui permet de comparer la valeur médiane des logements en fonction des temps de trajet dans les grandes villes américaines. On choisit une métropole (parmi les 35 proposées) et aussitôt s'affiche une couche isochrone montrant les temps de trajet et les prix médians des logements. Les différents zones représentent des pas de dix minutes concernant les déplacements à partir du centre-ville. Les couleurs reflètent le prix médian des logements dans ces zones isochrones.


Valeur médiane des logements en fonction des distances-temps à Boston (source : © Zillow)



Variation du prix des logements entre 2019 et 2021 à Boston (source : © Zillow)



Comparaison entre métropoles US

En reliant les valeurs des logements aux temps de trajet fournis par l'entreprise HERE Technologies, Zillow a découvert qu'il y avait deux événements apparemment distincts qui se produisaient en fonction du marché immobilier. Dans les métropoles où le prix de l'immobilier est plus élevé, la proximité du centre-ville est échangée contre des temps de trajet plus longs et dans les métropoles où il est moins élevé, les trajets plus courts vers les centres-villes sont davantage appréciés. La valeur des maisons dans un rayon de 20 minutes de trajet jusqu'aux quartiers centraux des affaires dans des villes comme New York, Boston, San Francisco et Washington DC, a moins augmenté entre avril 2019 et avril 2021 et a même chuté à San Francisco, New York et Boston. À Seattle, les foyers situés entre 50 et 60 minutes de trajet du centre-ville ont augmenté de 39,6 % au cours des deux années analysées, contre seulement 12,2 % pour les foyers situés à seulement 10 minutes de trajet du centre-ville. À New York, les maisons encore plus éloignées du cœur de Big Apple – celles à 80-90 minutes – sont celles qui ont le plus augmenté en valeur, en hausse de 25,7% par rapport à 2019. A l'inverse, le coût d'un logement à New York à 10  minutes de trajet du centre a diminué de 73 673 $ entre 2019 et 2021. La valeur médiane d'un logement situé entre 10 et 20 minutes de trajet a diminué de près de 10 % au cours de la même période.

Mais là où le marché immobilier est moins moins cher, notamment à Baltimore, Cleveland, Detroit et Indianapolis, les maisons situées à 20 minutes de trajet du centre-ville ont davantage augmenté en valeur. Dans de nombreux cas, ces marchés sont plus tentaculaires et décentralisés, et la valeur des logements dans le centre-ville est généralement inférieure à celle des banlieues. La baisse de la valeur des logements urbains peut être liée également à l'héritage historique de politiques urbaines, tel le redlining, qui a fait baisser la valeur des maisons dans de nombreux noyaux urbains pendant des années. Mais comme le montrent ces données, ces centres-villes connaissent un certain renouveau urbain arrive. À Détroit, la valeur des logements situés à moins de 10 minutes du principal centre d'emploi a bondi de plus de 100 000 $ entre 2019 et 2021 (de 124 467 $ à 225 695 $), ce qui montre que la demande pour des lieux plus centraux augmente. Et la maison typique située à moins de 10 minutes de trajet du centre-ville de Cleveland coûte désormais 72,5% de plus qu'en 2019.

Valeur médiane des logements en fonction des distances-temps à Détroit (source : © Zillow)



Variation du prix des logements entre 2019 et 2021 à Détroit (source : © Zillow)

La flexibilité qui accompagne le travail à distance pourrait être en partie à l'origine de cette évolution du marché immobilier, mais cette tendance était déjà en marche bien avant la pandémie. Dès 2017, on observe des taux plus élevés de "navetteurs inversés" (personnes vivant dans les zones urbaines et se rendant dans les zones suburbaines et rurales) en raison de la faible abordabilité de ces centres urbains par rapport aux banlieues environnantes.

Sources des données et méthodologie

Les données sont celles du Census Bureau (2016) pour les codes postaux et le nombre d'employés par mile carré et de HERE Technologies pour les temps de déplacement dans chacune des 35 plus grands métropoles des Etats-Unis. Les centroïdes des codes postaux ont été utilisés comme lieu de destination pour les temps de trajet. Les temps de trajets vont de moins de 10 minutes à 90 minutes et reprennent les isolignes fournies par HERE. Les estimations de la valeur des logements sont issues des données de Zillow (Zestimates), ce qui permet de tirer une valeur médiane pour chaque tranche de temps de trajet. Les valeurs des logements sont calculées au 1er mai 2021 et comparées aux valeurs des logements au 1er mai 2019 afin de pouvoir calculer le taux de variation sur une période de deux ans. Les temps de trajet sont basés sur les trajets quotidiens le lundi 24 mai 2021 à 8h00, heure locale.

Pistes de scénarios pour travailler sur les mobilités résidentielles

L'outil de cartographie en ligne proposé par Zillow peut être utilisé comme un jeu de simulation et servir de base de réflexion pour travailler sur les mobilités résidentielles et l'abordabilité financière du logement comme facteur de transformation des espaces urbains. Différents scénarios peuvent être testés en examinant à la fois le temps de trajets et le prix de l'immobilier, et en comparant la situation d'une métropole à l'autre. Voici quelques propositions (parmi d'autres) :

  • Scénario 1
    Je souhaite m'éloigner du centre-ville à New York, Boston, San Francisco ou Washington DC (ou dans une autre ville au choix) tout en restant dans la même ville. A quelle distance-temps du centre-ville puis-je résider si je souhaite trouver un logement un tiers (voire la moitié) moins cher ?

  • Scénario 2
    Je souhaite me rapprocher du centre-ville à New York, Boston, San Francisco ou Washington DC (ou dans une autre ville au choix). Est-ce réalisable avec un budget plus élevé / moins élevé ?  Est-ce plus cher / moins cher en 2021 qu'en 2019 ? Devrais-je me contenter d'habiter seulement à proximité du centre, voire en première couronne ?

  • Scénario 3
    Je souhaite habiter à moins de 10 mn du centre-ville et avoir un logement malgré tout abordable, quitte à changer de ville de résidence. Quelle(s) ville(s) puis-je choisir aux Etats-Unis ?

  • Scénario 4
    Idem au scénario 3, mais en utilisant les graphiques fournis sur le site et en affinant l'analyse pour dégager des typologies de métropoles.

Temps de trajet jusqu'au centre-ville et coûts du logement (source : © Zillow - Here)
(Utiliser la liste déroulante pour changer de métropole)



En complément

Données sur l'évolution des prix du marché immobilier aux Etats-Unis :


Liens ajoutés le 17 août 2021
Lien ajouté le 29 août 2021
Lien ajouté le 2 avril 2022
Lien ajouté le 11 mai 2022
Lien ajouté le 14 août 2022
Lien ajouté le 30 août 2022
Lien ajouté le 20 septembre 2022

Where might I Live ? est un site pour vous aider à trouver un endroit où vivre heureux. Sur les 3143 comtés qui composent les États-Unis, parviendrez-vous à choisir les critères qui vous correspondent ? (niveau de précipitations, criminalité, impôts, emplois, transport, écoles, pollution, coût de la vie, soins médicaux, croissance démographique, tendance politique).

Lien ajouté le 4 juin 2025

Where the World Wants to Work: the most popular countries for moving abroad [Où les gens veulent travailler : les pays les plus populaires pour s'installer à l'étranger]. La société spécialisée dans les transferts d'argent, Remitly a analysé les données de recherche sur Internet pour identifier les destinations les plus populaires auprès des habitants de 101 pays à travers le monde. En analysant le volume de recherche mensuel moyen des expressions couramment associées à la recherche d'un déménagement à l'étranger et en les classant par lieu le plus recherché dans chaque pays, elle a pu identifier les destinations les plus populaires sous forme de carte.

Lien ajouté le 30 novembre 2025


Zillow, le plus grand site d'annonces immobilières du pays, a discrètement supprimé une fonctionnalité qui affichait les risques liés aux conditions météorologiques extrêmes pour plus d'un million d'annonces de vente de maisons. En 2024, son site web a commencé à publier des scores de risque climatique à partir des données de la société de modélisation des risques First Street. Ces scores visaient à quantifier le risque d'inondations, d'incendies de forêt, de vents violents, de fortes chaleurs et de mauvaise qualité de l'air. Cependant, des agents immobiliers se sont plaints de leur impact négatif sur les ventes. Certains propriétaires ont protesté contre ces scores, mais ont constaté qu'il leur était impossible de les contester. 
Les annonces immobilières sur Zillow affichent désormais des liens hypertextes vers le site web de First Street, permettant aux utilisateurs de consulter les scores de risque climatique d'un bien immobilier. Cette évolution met en lumière une tension croissante au sein du secteur immobilier. Le réchauffement climatique accroît les risques d'incendies, d'inondations et autres catastrophes naturelles pour les habitations, mais prévoir avec précision quelles maisons sont les plus vulnérables – et donc susceptibles de se vendre moins cher – s'avère complexe. Les modèles de First Street ont démontré que des millions de propriétés supplémentaires sont exposées au risque d'inondation, au-delà des estimations gouvernementales. D'autres sites de ventes immobilières, tels que Redfin.com, Realtor.com et Homes.com, affichent des données similaires à First Street, ainsi que des évaluations de facteurs comme l'accessibilité piétonne, les transports en commun et la qualité des écoles. Dans de nombreux États, les vendeurs ne sont pas tenus de divulguer si une maison a été inondée récemment ou si elle est vulnérable aux incendies de forêt. D'autres sources de données, comme les cartes des zones inondables de l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA), ont été critiquées pour leur obsolescence.

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