Contrairement à la pauvreté monétaire, l'Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM) mesure les privations que subissent directement les individus au quotidien dans des domaines aussi essentiels que la santé (sous-alimentation, mortalité infantile), l'éducation (fréquentation scolaire, nombre d'années de scolarité) ou encore le niveau de vie (accès à l'eau potable, à l'électricité, à l'assainissement, à un logement convenable). Pour rappel, la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde constitue le premier Objectif de développement durable (ODD). L'Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) est l'une des mesures reconnues par l'ONU pour rendre compte des progrès accomplis dans ce sens. À mi-parcours du Programme 2030, en septembre 2023, l'Assemblée générale des Nations Unies a réaffirmé l'importance de l'ODD 1 en déclarant que « l'éradication de la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, y compris l'extrême pauvreté, constitue le plus grand défi mondial et une condition indispensable au développement durable ».
La mise à jour de l'Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle 2026 a été réalisée en partenariat avec l’OPHI (Oxford Poverty and Human Development Initiative) et le Bureau du Rapport sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Cette mise à jour décrit l’ampleur et la profondeur de la pauvreté multidimensionnelle dans 108 pays en développement.
I) L'Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) : un indicateur composite à comprendre
L'Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) est un indicateur de pauvreté multidimensionnelle qui couvre plus de 100 pays dans le monde. Il est calculé à partir des données des enquêtes démographiques et de santé (EDS), des enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS), du Projet panarabe pour la santé familiale (PAPFAM) et des dernières enquêtes nationales. L'IPM comporte trois dimensions et dix indicateurs (voir le détail des indicateurs). Chaque dimension a le même poids, de même que chaque indicateur au sein d'une même dimension. Toute personne dont le score est inférieur au seuil de privation est considérée comme privée pour l'indicateur concerné. L'IPM mondial est élaboré selon la méthode d'Alkire et Foster. Ainsi, l'information essentielle utilisée par l'IPM est le profil des privations subies par chaque personne.
L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) mondial 2026 utilise les données comparables les plus récentes disponibles pour 108 pays : 21 pays à faible revenu, 45 pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, 39 pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et 4 pays à revenu élevé. Ces pays abritent 6,3 milliards d’habitants, soit environ 92 % de la population des régions en développement, dont 1,2 milliard (18,9 %) vivent dans la pauvreté. Les valeurs de l’IPM mondial, l’incidence et l’intensité de la pauvreté, ainsi que les indicateurs qui le composent, sont ventilés pour 1360 régions infranationales dans 100 pays, ainsi que par groupe d’âge, zone rurale ou urbaine et sexe du chef de ménage.
Dans l'Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM), une personne est considérée comme multidimensionnellement pauvre (ou pauvre selon l'IPM) si elle est privée de ressources dans au moins un tiers des indicateurs pondérés de l'IPM. Autrement dit, une personne est considérée comme pauvre selon l'IPM si son score de privation pondéré est égal ou supérieur au seuil de pauvreté de 33,33 %.
L'IPM est calculé en multipliant l'incidence de la pauvreté (H) par l'intensité moyenne de la pauvreté (A). Plus précisément, H représente la proportion de la population multidimensionnellement pauvre, tandis que A représente la proportion moyenne des dimensions dans lesquelles les personnes pauvres sont privées de ressources. Ainsi IPM = H × A reflète à la fois la part de la population vivant dans la pauvreté et le degré de privation dont elle souffre.
Un ratio de pauvreté est également estimé à partir de deux autres seuils de pauvreté. Une personne est considérée comme vulnérable à la pauvreté si elle est privée de ressources dans 20 à 33,32 % des indicateurs pondérés. Une personne est considérée comme vivant dans l'extrême pauvreté si elle est privée de ressources dans au moins 50 % des indicateurs pondérés.
Part de la population soumise à la pauvreté multimensionnelle et à moins de 3 dollars par jour (source : © OPHI)
La déprivation peut être observée par indicateur et par région à l'intérieur d'un même pays, ce qui permet de conduire des comparaisons entre régions rurales et urbaines.
Part de la population en état de déprivation en Inde par indicateur et par région rurale/urbaine (source : © OPHI)
Source :
OPHI et PNUD (2026). « Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle 2026 : Mise à jour statistique » , Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) et Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). A télécharger en version PDF.
L'Afrique subsaharienne a le plus fort pourcentage de pauvreté multidimensionnelle (51,4 %, soit environ 616 millions de personnes) - Source : OPHI - PNUD
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