Rapport du Giec 2021 : le changement climatique actuel est « sans précédent »


Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a publié  lundi 9 août 2021 le premier volet de son sixième rapport consacré aux éléments scientifiques les plus récents concernant l'évolution du climat. "L'influence humaine a réchauffé le climat à un niveau sans précédent depuis au moins 2 000 ans", alertent ses membres. Depuis son rapport publié en 2014, le Giec se fait l'écho d'une situation qui ne s'est pas améliorée.

1) La température mondiale devrait atteindre +1,5°C dès 2030

Le Giec précise que le climat se réchauffe à un « rythme sans précédent », jamais connu depuis au moins 2.000 ans. Dans tous les scénarios envisagés (du plus optimiste ou plus pessimiste), la température mondiale devrait atteindre +1,5°C ou +1,6°C par rapport à l'ère pré-industrielle autour de 2030. Soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec il y a trois ans. La crise climatique s’aggrave dans toutes les régions, à des niveaux sans précédent. Un rappel dramatique que le dérèglement climatique, loin de se résumer à des chiffres et à des projections, est déjà une nouvelle normalité, celle d’une planète en surchauffe.

Il s’agit du premier rapport du Giec à ne pas exclure des points de basculement (voir cet article Climate tipping points : too risky to bet against), qu’il s’agisse de l’instabilité de la calotte glaciaire en Antarctique ou de la déstabilisation de l’AMOC, la circulation méridienne de retournement Atlantique (la circulation des courants océaniques de l’Atlantique, parmi lesquels le Gulf Stream). Il montre aussi que la capacité des forêts, des sols et des océans à absorber les émissions de CO2 risque de s’affaiblir. Ces puits ont jusqu’à présent absorbé 56 % de nos émissions anthropiques. Avons-nous déjà passé des points de rupture ? Le rapport du GIEC ne le conclut pas. Le scientifique suédois Johan Rockström estime qu’il y a des « raisons d’espérer » même si « nous ne voyons, jusqu’à présent, aucun signe crédible que nous allons parvenir » à limiter le réchauffement à 1,5 °C. « Mon évaluation est également que nous n’avons pas encore franchi un point de basculement majeur. Malheureusement, nous disposons de plus en plus de preuves scientifiques que nous nous en rapprochons, qu’il s’agisse de la déstabilisation de l’ouest de la calotte antarctique, de l’AMOC, de l’Arctique ou des récifs coralliens. Cela signifie-t-il que la planète entière a franchi une sorte de point de non-retour ? La réponse est non. » (Le Monde, 9 août 2021).







2) Un atlas interactif régional des risques climatiques

En même temps que son rapport 2021, le Giec  dévoile, pour la première fois, un atlas régional des risques climatiques. Cet atlas interactif permet de visualiser par soi-même les conséquences du réchauffement climatique dans chaque région du globe. 

Interface de l'Atlas régional des risques climatiques (IPPC - Giec)


Cet atlas en ligne comporte de nombreuses fonctionnalités : possibilité de modifier le type de projection, de sélectionner certaines régions, de dupliquer la fenêtre pour faire des comparaisons, d'exporter les cartes (au format NetCdf, Png ou Geotiff) ou de créer des liens directs sur le site (voir présentation des principales fonctionnalités de l'atlas sur le site Cartolycée).

Le jeu de données est tout aussi riche avec de nombreuses variables disponibles concernant les températures, les précipitations, les vents (mini et maxi selon les saisons), la couche d'ozone, les émissions de particules fines, etc... Différents modèles sont mis à disposition avec des scénarios à + 1,5, +2, +3 ou +4°C, sur des échelles de temps que l'on peut comparer à court (2021-2040), moyen (2041-2060) et long terme (2081-2100).

Prévisions de réchauffement climatique à moyen terme (2041-2060) et long terme (2081-2100) 



Les figures exportées de l'Atlas interactif (format Png et Pdf) sont la propriété du Giec et sont protégées par les lois sur la propriété intellectuelle. Les données sous-jacentes (formats NetCDF et GeoTIFF) sont mises à disposition dans le cadre des activités du Centre de distribution des données du GIEC (GIEC-DDC) sous licence internationale Creative Commons 4.0

Atlas interactif :
http://interactive-atlas.ipcc.ch

Accès aux données du rapport :
http://catalogue.ceda.ac.uk/uuid/ae4f1eb6fce24adcb92ddca1a7838a5c

Résumé par régions et par types d'espaces (zones urbaines, espaces insulaires...) :
http://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/#Regional

Accès aux données sur Github :
http://github.com/IPCC-WG1/Atlas

Codification des régions qui ont servi à agréger les données :
http://github.com/IPCC-WG1/Atlas/blob/main/reference-regions/reference_regions.png







Lien ajouté le 21 janvier 2022


Liens ajoutés le 3 mars 2022




Lien ajouté le 13 avril 2022

Lien ajouté le 25 juillet 2021


Lien ajouté le 9 septembre 2022

Lien ajouté le 5 novembre 2022
Lien ajouté le 7 mars 2026

G. Foster, S. Rahmstorf (2026). « Global Warming Has Accelerated Significantly » [Le réchauffement climatique s'est considérablement accéléré]. Geophysical Research Letters, vol. 53, n°5, 16 mars 2026, https://doi.org/10.1029/2025GL118804

Les récentes années de chaleur record ont relancé le débat sur une éventuelle accélération du réchauffement climatique. Des analyses antérieures ont conclu que cette accélération (c’est-à-dire une augmentation du rythme de réchauffement) n’avait pas encore atteint un niveau de confiance de 95 %, compte tenu de la variabilité naturelle des températures. Les auteurs ont neutralisé l’influence estimée de trois principaux facteurs de variabilité naturelle : El Niño, le volcanisme et les variations solaires. Les données ainsi corrigées, et donc moins « bruitées », montrent une accélération du réchauffement climatique avec un niveau de confiance supérieur à 98 %, ce dernier ayant été plus rapide au cours des dix dernières années que durant toute autre décennie précédente. 
L'augmentation de la température mondiale a longtemps été considérée comme relativement stable depuis les années 1970. Cependant, des scientifiques ont récemment commencé à débattre de l'accélération du réchauffement climatique. Il est difficile d'en être certain en raison des fluctuations naturelles du rythme de réchauffement, et jusqu'à présent, aucune accélération statistiquement significative (c'est-à-dire une certitude de 95 %) n'a été démontrée. Dans cette étude, nous soustrayons des données l'influence estimée des phénomènes El Niño, des éruptions volcaniques et des variations solaires, ce qui rend la courbe de température mondiale moins variable. Cette étude révèle alors une accélération statistiquement significative du réchauffement climatique depuis environ 2015. Si cette accélération n'est pas une surprise selon les modèles climatiques, elle n'en demeure pas moins préoccupante et souligne l'insuffisance des efforts déployés jusqu'à présent dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat pour ralentir, puis stopper, le réchauffement climatique.

Lien ajouté le 16 avril 2026

« Comment nous bouleversons le climat » (Le Monde - Les Décodeurs) avec une série de data visualisations sur le sujet. 

Pendant près de deux mille ans, la température moyenne à la surface du globe est restée stable. Au maximum, celle-ci a pu varier de quelques dixièmes de degré. Dès le 20e siècle, la température augmente de manière anormale. Une hausse qui semble s’accélérer dans le temps. Pour étudier ces facteurs anthropiques, les scientifiques du GIEC se sont concentrés sur la période 2010-2019. Sur cette décennie, la température moyenne mondiale dépasse de plus d’un degré celle mesurée dans la période 1850-1900. Pour limiter le réchauffement, le principal enjeu est de décarboner les activités humaines. Ce ne sera pas facile : transports, alimentation, consommation… toutes nos habitudes sont à changer, car celles-ci sont basées sur l’exploitation des énergies fossiles.

Lien ajouté le 26 avril 2026

« Comment le consensus scientifique sur l’influence majeure des humains sur le climat a été établi » (Le Monde). Le consensus autour du réchauffement climatique et de son origine humaine aura mis plus de deux cents ans à s’imposer.

Lara Pino Lerro et Victor Rocher expliquent comment les sciences ont établi l’origine humaine du réchauffement. Depuis deux siècles, mesures, expériences, glaces, satellites et modèles ont transformé une intuition physique en consensus mondial. En 1681, Edmé Mariotte observe que le verre laisse passer la lumière mais retient une partie de la chaleur. Il ignore encore l’infrarouge, découvert en 1800 par William Herschel, mais cette expérience annonce déjà la logique physique de l’effet de serre terrestre. Au XIXe siècle, Joseph Fourier applique cette idée au climat. Les savants cherchent surtout à comprendre les âges glaciaires et les variations longues de la Terre. Le réchauffement n’apparaît pas encore comme une menace, mais plutôt comme un possible avantage. En 1856, Eunice Newton Foote montre que le CO2 accélère le réchauffement, mais son travail reste longtemps oublié. À partir de 1859, John Tyndall démontre l’absorption des infrarouges par le CO2. En 1896, Svante Arrhenius en mesure les effets thermiques. Après 1945, la question climatique devient plus concrète et mieux mesurée. En 1957, Hans Suess et Roger Revelle prouvent que l’océan n’absorbe qu’une partie du CO2. Charles Keeling mesure ensuite la hausse régulière du CO2 atmosphérique, preuve devenue majeure. Dans les années 1970, l’informatique change l’échelle du raisonnement. Les modèles climatiques permettent de comparer climats passés et futurs. Amy Dahan souligne ce saut scientifique, qui montre que les causes naturelles n’expliquent plus le réchauffement observé. La preuve se construit aussi par d’autres sciences. La glaciologie lit dans la glace l’histoire de l’atmosphère. Les satellites écartent l’idée d’un Soleil responsable principal. Peu à peu, des résultats venus de terrains très différents convergent vers l’influence humaine. Dans les années 1980, le doute scientifique devient aussi une stratégie politique. Jean-Baptiste Fressoz rappelle que des groupes pétroliers, dont Exxon, nourrissent le climatoscepticisme au moment où les chercheurs demandent des politiques de réduction des émissions. Créé en 1988 par l’ONU, le GIEC organise le passage entre science et décision publique. Céline Mavrot rappelle que sa prudence garantit sa légitimité. En 2021, il affirme sans équivoque que l’humain réchauffe l’atmosphère, l’océan et les terres émergées. Le consensus climatique est désormais robuste, mais il ne produit pas automatiquement l’action. Aucun grand organisme scientifique ne le conteste depuis 2007, tandis que le PNUE projette encore +2,8°C. 

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Le rapport du GIEC sur l'océan et la cryosphère (septembre 2019)

Les stations de montagne face au changement climatique (rapport de la Cour des comptes)

Comment le changement climatique a déjà commencé à affecter certaines régions du monde

Renforcer l'atténuation, engager l'adaptation (3e rapport du Haut Conseil pour le climat - 2021)