Étudier la métropolisation et les dynamiques urbaines en France avec les données INSEE


L'INSEE a livré le 13 juin 2019 deux publications qui permettent d'étudier la métropolisation et les dynamiques urbaines en France :

Forte d’un sixième de la population française, l’agglomération parisienne dépasse très nettement les autres agglomérations françaises en nombre d’habitants. Cette primauté de la capitale dans la hiérarchie urbaine se traduit par une organisation particulière de l’armature urbaine qui l’entoure, laissant peu de place aux grandes villes. La première publication permet de situer Paris et les grandes agglomérations au sein de la hiérarchie urbaine française, notamment en abordant la notion de rang-taille (document 1) ainsi que la répartition des emplois selon la distance à Paris (document 2) :


L’espace d’influence de l’agglomération parisienne s’étend au-delà de la région Île-de-France, sur douze départements des régions Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France et Normandie. Au sein de cet espace, les territoires sont plus développés et plus liés à l’Île-de-France à l’Ouest et au Nord. Les territoires limitrophes à l’Île-de-France bénéficient de dynamiques de développement plus favorables que ceux qui sont plus éloignés des limites de la région parisienne, en lien avec des relations plus intenses avec celle-ci, même si cet effet s’estompe depuis la crise économique. Plus loin, l’influence de Paris se combine à celles d’autres facteurs aussi bien internes à l’Île-de-France qu’externes. D’une part, les villes de plus de 100 000 habitants les moins éloignées de Paris structurent également l’espace, le fragmentant en plusieurs systèmes urbains n’ayant que peu de relations entre eux. D’autre part, aux marges de cet espace, les territoires au Nord et à l’Ouest et au Sud et à l’Est s’opposent, les premiers disposant d’un maillage urbain dense appuyé par les agglomérations lilloise, nantaise et rennaise, les autres formant le pan septentrional de la diagonale aux faibles densités.

Les deux cartes suivantes permettent d'appréhender les relations entre les unités urbaines en fonction de l'intensité des échanges domicile-travail (document 3) ainsi que les dynamiques d'emploi qui sont très liées au degré de métropolisation des zones concernées (document 4) :


La deuxième publication de l'INSEE vient compléter l'étude en apportant des éléments d'analyse spatiale. La carte suivante met en évidence un gradient de distance dans la répartition des unités urbaines : Paris n'est entouré que de petites unités urbaines. Plus on s'en éloigne, plus on trouve des pôles urbains de taille importante.


Les réseaux d’échanges de navettes domicile-travail interurbains s’appuient sur les villes de premier rang à la proximité de Paris. Ces dernières jouent ainsi le rôle de « villes portes » pour l’influence métropolitaine parisienne sur une partie des territoires de leur environnement :



L’influence de l’agglomération parisienne s’étend au-delà de l'Île-de-France, et davantage vers le nord-ouest que vers le sud-est. La carte de synthèse permet de mettre en évidence le dynamisme du bassin parisien en termes d'emploi-population, qui contraste avec les régions environnantes : 



Notions mobilisées et rappel des définitions (selon l'INSEE) : 
  • unité urbaine : elle repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

  • zone d’emploi : c'est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main-d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Le découpage en zones d’emploi constitue une partition du territoire adaptée aux études locales sur le marché du travail.

  • métropolisation : peut s’entendre comme un phénomène de concentration de richesses humaines et matérielles. Cette concentration des biens, des échanges et des personnes s’organise sur des aires très vastes, souvent discontinues. L’étalement sur des territoires de plus en plus étendus à travers l’habitat, le commerce, l’emploi, les loisirs, etc. représente une des caractéristiques de la métropolisation et s’accompagne d’une fragmentation des territoires urbains en activités spécifiques, favorisant l’émergence de réseaux de villes.

Les données et les cartes proposées dans ces deux publications de l'INSEE peuvent être utilisées dans le cadre du Programme de géographie - classe de Première qui entre en vigueur à la rentrée 2019 :

Thème 1 : La métropolisation : un processus mondial différencié (12-14 heures)
Question spécifique sur la France. La France : la métropolisation et ses effets.
"La métropolisation renforce le poids de Paris (ville primatiale) et recompose les dynamiques urbaines. L’importance et l’attractivité des métropoles régionales métropolitaines et ultra-marines tendent à se renforcer, mais de façon différenciée, de même que la concurrence qu’elles se livrent."

Autres ressources INSEE :

Meyniel C., « Trois systèmes territoriaux dans la région pour autant de dynamiques d’emploi et de population », Insee Analyses Centre-Val de Loire n° 42, février 2018.

Bigot I., Dardaillon B., Fichot C., Letournel J., Moisan M., « Les systèmes urbains en Normandie : aires urbaines, métropoles, réseaux d’échanges », Insee Dossier Normandie n° 6, juillet 2017.

Cacheux L., Creusat J., Eichwald A., « Les dynamiques socio-économiques du Grand Est dans son environnement régional et transfrontalier », Insee Dossier Grand Est n° 4, décembre 2016.

Creusat J., Morel-Chevillet H., « La hiérarchie des villes en France métropolitaine sur trente ans : stabilité globale et reclassements », La France et ses territoires, Édition 2015, Insee Références, avril 2015

En contrepoint, lire le billet d'Olivier Bouba-Olga : Métropoles rayonnantes ou métropoles repoussantes ?
http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2019/06/20/metropoles-rayonnantes-ou-metropoles-repoussantes/

Lien ajouté le 5 septembre 2019

L'INSEE a conduit une étude sur la période 2006-2016 et noté que les emplois se concentrent dans 9 grandes métropoles dynamiques (Paris, Toulouse, Lyon, Nantes, Bordeaux, Montpellier, Marseille, Rennes, Lille). Le nombre de navetteurs par EPCI augmente en moyenne de 1,2% par an à l'échelle de l'ensemble du territoire national (données disponibles en téléchargement).
http://www.insee.fr/fr/statistiques/4204843



Lien ajouté le 7 septembre 2019
 

Lien ajouté le 25 janvier 2021


Lien ajouté le 5 novembre 2021


Articles connexes

Étudier les mobilités en France à partir de données récentes (Statistiques locales de l'INSEE)



La carte, objet éminemment politique : la cartographie des inégalités urbaines à Marseille

Perspectives des ressources mondiales 2019. Des ressources naturelles pour l’avenir que nous voulons


Le Panel international des ressources regroupe 40 experts internationaux mandatés par le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) afin de fournir des analyses indépendantes sur la consommation de ressources naturelles et ses impacts environnementaux à l'échelle mondiale.

Ces experts publient chaque année un rapport Perspectives des ressources mondiales qui témoigne de la pression sur les ressources et propose des actions à mettre en oeuvre pour y faire face. Le rapport  2019 est disponible en français (résumé pour les décideurs) et en anglais (version plus complète) : http://www.resourcepanel.org/reports/global-resources-outlook


Depuis 50 ans, la consommation mondiale de ressources a triplé alors que, sur la même période, la population a doublé et le produit intérieur brut (PIB) a quadruplé. Depuis 1970, l’extraction de sable, de gravier et d’argile a même été multipliée par cinq. L’extraction et la production mondiales de ressources (renouvelables et non renouvelables) se sont même accélérées depuis le début des années 2000.

Cette croissance est tirée principalement par les pays en développement, à la fois pour répondre à leur demande interne (construction d’infrastructures, consommation des habitants…) et pour nourrir les activités industrielles qui exportent dans les pays riches. Mais les habitants des pays riches consomment toujours 60 % de ressources en plus que ceux des pays en développement, et 13 fois plus que ceux des pays à faible revenu.

Les auteurs estiment que l’extraction et le traitement des ressources naturelles sont responsables de plus de 90 % de la perte de biodiversité et du stress hydrique sur la planète, et d’environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Si ces tendances se poursuivent à l’avenir, la consommation mondiale de matières pourrait plus que doubler entre 2015 et 2060, pour atteindre 190 milliards de tonnes (contre 92 milliards en 2015). La superficie de terres cultivées pour l’agriculture augmenterait de 20 % ; les émissions de gaz à effet de serre, de 42 % à cet horizon.


Le rapport envisage deux scénarios :
  • Le scénario Tendances historiques, qui suppose le maintien des tendances historiques, prévoit que l’utilisation mondiale de matières augmentera de 110 pour cent par rapport aux niveaux de 2015 pour atteindre 190 milliards de tonnes en 2060, et que l’utilisation des ressources passera de 11,9 tonnes à 18,5 tonnes par habitant. Cette augmentation de l’utilisation des ressources se traduirait par des pressions considérables sur les systèmes d’approvisionnement en res-sources et par des niveaux de pressions et d’impacts environnementaux supérieurs.
  • Le scénario Vers un développement durable montre que la mise en œuvre de politiques d’utilisation efficace des ressources et de consommation et de production durables favorise une croissance économique plus forte, améliore le bien-être, contribue à une répartition plus équitable des revenus et réduit l’utilisation des ressources dans l’ensemble des pays. Ce scénario suppose de découpler l’utilisation des ressources naturelles et ses impacts environnementaux de l’activité économique et du bien-être de l’homme afin de pouvoir assurer la transition vers un avenir durable. 


Les informations et les documents proposés dans ce rapport peuvent être utilisés dans le cadre du Programme de géographie classe de Seconde qui entre en vigueur à la rentrée 2019 :

Thème 1 : Sociétés et environnements : des équilibres fragiles (12-14 heures)
Des ressources majeures sous pression : tensions, gestion.

"L’étude des sociétés face aux risques et l’étude de la gestion d’une ressource majeure (l’eau ou les ressources énergétiques) permettent d’analyser la vulnérabilité des sociétés et la fragilité des milieux continentaux et maritimes. Les enjeux liés à un approvisionnement durable en ressources pèsent de manière croissante et différenciée."


Articles connexes :

Resource Watch, un portail intégré pour visualiser des jeux de données en vue d'assurer "un avenir durable" à la planète

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Qualité de l'air et centrales thermiques au charbon en Europe : quelle transition énergétique vraiment possible ?

La cartographie des centrales électriques dans le monde



Organiser un mapathon ou une séance de cartographie participative en classe


La cartographie participative est une pratique pédagogique innovante. Aux intérêts bien connus de la sortie de terrain géographique, elle ajoute des dimensions technique et citoyenne. Les élèves y sont initiés à des compétences professionnelles relevant de la topographie et de la géomatique (relevés de terrain, cartographie, notion de base de données…). Ils contribuent en outre directement à un bien commun qu’ils utilisent probablement déjà sans le savoir, ce qui peut constituer un facteur de motivation supplémentaire : l’exercice n’est plus seulement circonscrit au sein de la classe, leurs contributions sont directement répercutées à l’ensemble des utilisateurs d’OpenStreetMap.


Organiser une séance de cartographie participative est une expérience d'apprentissage qui permet de contribuer à des projets d'intérêt collectif sous licence libre. Cet article est un guide pour préparer et organiser une séance, avec des conseils pour la mise en œuvre.

Lire la suite de l'article proposé par Jean-François Perrat sur le site Géoconfluences :
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/programmes/outils/mapathon-carto


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Game of Thrones : on peut calculer les distances sur la carte de Westeros


A Game of Thrones Distance Calculator. Signalé par Maps Mania (10 juin 2019)

Une calculateur de distance permet désormais d'indiquer la distance entre deux points quelconques sur le continent Westeros. De quoi mesurer les lieux et les distances parcourus par les personnages au cours des nombreux épisodes de la célèbre série télévisée, Game of Thrones : http://got.nebulagames.net/

La carte a été créée par Mark Alicz à partir d'indices tirés des romans de George R. R. Martin. Samwell Tarly, l'ami le plus proche de Jon Snow, nous dit dans "Une tempête d'épées" que le mur fait "cent lieues de long". Martin lui-même nous dit qu'une "lieue, c'est trois miles". Par conséquent, le mur fait trois cents miles de long. Mark Alicz peut donc utiliser la longueur du mur pour calculer toutes les distances entre différents points sur une carte de Westeros.

Si vous cliquez deux fois sur le calculateur de distance de Game of Thrones, une fenêtre d’informations s’ouvrira et indiquera la distance entre les deux points. Ainsi, par exemple, le trajet parcouru entre Winterfell et King's Landing est de 1645,29 milles à vol d'oiseau.



Selon Google Maps, l'itinéraire pédestre de Paris à Moscou est de 1 718 miles (donc légèrement plus long que le trajet entre Winterfell et King's Landing). Google dit que cette promenade prendrait 563 heures. Donc, si vous marchiez 10 heures par jour, il vous faudrait 56 jours pour effectuer le voyage. Quand Robert Baratheon, seigneur des sept royaumes de Westeros, arrive à Winterfell, sa femme, Cerci, se plaint : "Nous roulons depuis des mois, mon amour. Les morts peuvent attendre." De toute évidence, le roi voyagea très lentement avec une grande caravane et passa probablement beaucoup de temps à dîner en chemin. On veut donc bien croire que cela a pris quelques mois au roi et à sa caravane pour parcourir 1 645 km sur la route Kingsroad (pour information, le trajet entre Winterfell et Castle Black at the Wall est de 2199 km).

Le calculateur de distance de Game of Thrones dépend cependant du degré de précision de la carte de Westeros. Nous n'avons aucun moyen de savoir si cette carte est véritablement précise. Nous pouvons seulement nous en remettre à ce qu'en dit George R. R. Martin :

"J’ai souhaité rester vague sur de telles choses. Cela évite d'avoir des fans obsédées par des règles, qui voudraient mesurer des distances sur la carte et pouvoir dire qu'il est impossible que Ned puisse aller d'un lieu X à un lieu Y dans le temps indiqué. Toutefois, si vous voulez vraiment savoir, vous pouvez calculer vous-même les distances. Le mur fait cent lieues de long. Une lieue fait trois miles. Vous pouvez partir de là. Mais si vous observez des erreurs dans les temps de trajet, gardez-les secrètes."


Lien ajouté le 17 mars 2021

Lien ajouté le 6 décembre 2021

Lien ajouté le 2 avril 2022

Lien ajouté le 6 août 2022

Articles connexes






La carte, objet éminemment politique : le monde vu à travers les tweets de Donald Trump


The World Through Tweets of Donald Trump - Worldmapper (3 juin 2019).

Sommes-nous entrés dans l'ère de la diplomatie du tweet ? On peut s'interroger à la suite de l'éditorial du journal Le Monde de décembre 2016 (Trump et la diplomatie du tweet).

Worldmapper a réalisé une étude pour le compte de la bibliothèque Bodleian d'Oxford. Le site a analysé plus de 8 000 tweets depuis l'entrée en fonction de Trump et a créé une carte en anamorphose représentant les pays en fonction du nombre de fois où ils étaient mentionnés sur le compte Twitter du président des Etats-Unis. Plus le pays est grand, plus les tweets publiés sont nombreux.

 


Depuis son entrée en fonction, Trump a écrit 8 300 tweets dont 1 384 évoquent des pays étrangers. La Russie arrive en tête du classement avec 297 mentions (21% des tweets mentionnant des pays étrangers). Puis viennent la Corée du Nord (163), la Chine (158), le Mexique (99), Porto Rico (47), l'Iran (47), la Syrie (44), le Japon (43), le Canada (39) et la France (37) complètent le Top 10. Malgré les relations privilégiées entre les deux pays, le Royaume-Uni vient au 15ème rang, mentionné dans seulement 1,6% des tweets.

Ce cartogramme a été créé par Worldmapper pour l'exposition Talking Maps des bibliothèques Bodleian, qui s'ouvre le 5 juillet 2019. Vous pouvez télécharger les données (une liste des pays et le nombre de tweets de Donald Trump sur chaque pays) sur le site web de Worldmapper :

Worldmapper est une application en ligne qui permet de consulter des cartes par anamorphoses téléchargeables en PDF ou visualisables en animation SVG sur le site.

Par ailleurs, le site Factba.se s'est fixé comme tâche de compiler tout ce que Donald Trump dit dans ses interviews, ses discours et sur Twitter. Dans le cadre de cette mission, il a créé une carte interactive qui permet de voir où Donald Trump se rend et combien de fois il passe en différents endroits. Cette cartographie très précise est produite à partir de l'emploi du temps officiel du président américain.

Les pays visités par Donald Trump (sur 872 jours de mandat présidentiel)


Trump a visité principalement les pays du Nord, ignorant totalement l'Afrique et l'Amérique du Sud. Ses visites officielles sont motivées le plus souvent par la volonté d'entretenir des liens politiques, pour entamer ou pérenniser des relations commerciales (Arabie saoudite, Japon, Chine, Vietnam).


Les états américains où s'est rendu Donald Trump (sur 872 jours de mandat présidentiel)



Les lieux où Donald Trump a joué au golf (sur 872 jours de mandat présidentiel)


Après Washington DC où se trouve la Maison Blanche et le Maryland où il prend l'avion (232 déplacements), c'est la Floride qui est l'état américain le plus visité par Donald Trump (109 fois) : c'est là qu'il se rend le plus souvent pour jouer au golf. Mais Trump ne joue pas au golf seulement en Floride. Parmi les sorties de golf présentées sur cette carte figurent 71 visites au Trump National Golf Club de Bedminster, 58 visites au club de golf international de Trump à West Palm Beach et 56 visites au club de golf national de Trump à Potomac Falls. Ajoutez à cela les 14 autres jours enregistrés pour jouer au golf ailleurs et le président a passé 199 jours sur 871 en tant que président à jouer au golf (soit près d'un quart de son mandat).

Le site Trump Twitter Archive archive tous les tweets envoyés par Trump. Les messages regroupés par thème permettent des analyses intéressantes dans le temps et dans l'espace.



Le monde vu par Trump selon Pascal Boniface :





A titre de comparaison, une cartographie des voyages officiels d'Emmanuel Macron depuis le début de sa présidence (Les Echos) :
- dans le monde : http://media.lesechos.fr/infographie/voyages_macron/
- en France : http://media.lesechos.fr/infographie/macron_france/

A l'échelle mondiale, une comparaison des voyages officiels des présidents Trump, Poutine, Xi Ping et Erdogan :

Trump : les GAFAM ont-elles pris le pouvoir ? Leçon de géopolitique #21- Le Dessous des cartes | ARTE : https://www.youtube.com/watch?v=7JolqqgCEAY&feature=youtu.be
 
Lien ajouté le 19 janvier 2021

The complete list of Trump's Twitter Insults (2015-2020)
http://www.nytimes.com/interactive/2021/01/19/upshot/trump-complete-insult-list.html
 
Les nouvelles technologies : puissance des géants du numérique. Impuissance des États et des organisations internationales ? Par Julie Mathelin, Laurent Bloch (Diploweb)
http://www.diploweb.com/Video-L-Bloch-Les-nouvelles-technologies-puissance-des-geants-du-numerique-Impuissance-des-Etats-et.html
 
Les tweets qui ont provoqué le plus de réactions pendant les quatre ans de mandat de Donald Trump correspondent en général à des attaques dirigées contre le parti démocrate ou contre des dirigeants étrangers, mais aussi contre Twitter lui-même, qui a commencé progressivement à signaler puis à bloquer les messages "trompeurs" (fake news) du président des Etats-Unis.


Lien ajouté le 4 février 2021

Fréquence hebdomadaire des hashtag "Trump" et "tweets" sur le réseau Twitter entre 2016 et 2021 (source : SMAT)
Pourquoi la modération de Twitter fonctionne-t-elle si mal ? (Le Monde)

Lien ajouté le 12 février 2022
Lien ajouté le 29 août 2024
Lien ajouté le 12 nvembre 2024

Carte commentée. Le monde selon Trump I : cartographie d’une « twiplomatie » par Adèle FORVEILLE, le 12 novembre 2024 (Diploweb). Cette carte en anamorphose reflète les grands axes de la politique étrangère de Donald Trump à la présidence des États-Unis entre janvier 2017 et janvier 2021. Conception et réalisation : Adèle Forveille.

Lien ajouté le 18 mars 2025

« 40.000 tweets en deux ans : la bascule d'Elon Musk sur X disséquée » (Les Echos)
Pour comprendre comment le ton, les méthodes et l'agenda du propriétaire de X se sont métamorphosés, Les Echos  ont passé en revue ses 41.665 tweets sur les deux dernières années. Du costume de businessman à la casquette Maga.

Comment Elon Musk a troqué son costume de businessman pour la casquette MAGA ? (source : Jules Grandin)
Articles connexes



Zoom sur le service Edugéo (IGN) proposé à travers le portail de ressources Eduthèque


La lettre Édu_Num Histoire-Géographie N°44 consacre un numéro spécial au service Edugéo :
http://eduscol.education.fr/site.histoire-geographie/edunum/edunum-histgeo-44

Lorsque Google lance en 2005 son portail géographique Google Earth, c’est un coup de tonnerre dans le monde de la géomatique : des données réservées jusqu’alors à des spécialistes deviennent accessibles via une interface simple à prendre en main. L’IGN réplique avec son Géoportail en 2006 et un groupe de travail se met à l’œuvre (IGN et Ministère de l’Éducation nationale) pour en proposer une déclinaison pédagogique : Édugéo, lancé officiellement le 1er octobre 2008, est disponible gratuitement via Éduthèque depuis novembre 2013.

Le service en ligne Édugéo (également disponible sur tablette) est destiné à apporter aux enseignants et à leurs élèves des données géographiques sur la France métropolitaine et les départements et régions d’outre-mer.

L’intégration du service au portail Éduthèque donne la possibilité d’accéder gratuitement à :

- de nombreuses données cartographiques et photographiques : photographies aériennes récentes et anciennes, données topographiques ; cartes de Cassini ou, cartes littorales, etc. ;

- des outils de croquis en ligne permettant de réaliser des cartes légendées qui peuvent être stockées, modifiées ou complétées à tout moment et à partir de tout poste de travail ;

- un accompagnement pédagogique constitué de cahiers pédagogiques, de croquis à télécharger et de propositions d’usages en classe.


Avec l'esquisse d'une réflexion sur ce qui distingue la carte numérique de la carte papier :

"La carte numérique que l’on consulte sur son écran d’ordinateur, sa tablette ou son smartphone reprend pour partie les codes graphiques de la carte papier traditionnelle née au début du XXe siècle. Celle-ci permet de se situer, de trouver sa route, de repérer des points de passage et des lieux remarquables. Son échelle est fixe et la carte dépliée donne à voir un espace restreint. La carte et le plan papier permettent une lecture de l’espace claire et à échelle fixe. Ils apportent une dimension d’appréhension de l’espace et de compréhension de celui-ci dans sa globalité.

Aujourd’hui l’utilisateur d’une carte numérique est au centre du monde, immédiatement localisé par l’adresse IP de son ordinateur ou les coordonnées transmises par son smartphone : la carte nous guide, nous indique les bons plans du moment pour échapper à l’embarras du quotidien. La carte numérique est multiscalaire, multiforme et apporte quantité d’informations que ni la carte papier ni le terrain ne donnent à voir. Les cartes numériques peuvent entraîner une certaine confusion entre nature et échelle de la carte et niveau de zoom. On observe des effets de seuils qui font passer progressivement d’une carte nationale voire régionale à une carte topographique puis enfin à un plan lorsqu’on veut détailler une zone. On change alors subtilement de mode de représentation, la légende diffère sensiblement. Autre point de vigilance : l’orientation. Même équipé d’un GPS qui nous localise, il est parfois difficile de se repérer sur une carte numérique qui demande donc un apprentissage". 


Lien ajouté le 30 mars 2021

Lien ajouté le 28 février 2021

Lien ajouté le 6 juin 2021

Lien ajouté le 10 août 2021

Lien ajouté le 10 décembre 2021

Lien ajouté le 15 décembre 2021

Lien ajouté le 3 avril 2022


Articles connexes

 

La crise humanitaire au Sahel par The New Humanitarian


Le Sahel en flammes par The New Humanitarian (31 mai 2019).

Le journal The New Humanitarian fait état d’une recrudescence des violences en Afrique de l’Ouest :
  • Augmentation de 7 000% des décès de civils au Burkina Faso, de 500% au Niger et de 300% au Mali entre 2018 et 2019 ;
  • 440 000 personnes déplacées par le conflit, soit cinq fois plus que l'année précédente
  • 1,8 million de personnes confrontées à l'insécurité alimentaire ;
  • 5,1 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire;
  • 157 hommes, femmes et enfants tués en mars 2019 lors d'un attentat au Mali.
Au cours des derniers mois, l'intensification de la violence au Mali, au Burkina Faso et au Niger - trois pays sahéliens aux frontières communes - a entraîné le déplacement de plus de 440 000 personnes et causé 5 000 morts dont des militants ayant des liens avec Al-Qaïda et l'Etat islamique.

Au fur et à mesure qu'ils gagnent du terrain, les djihadistes utilisent les conflits entre groupes ethniques, mettant en question tout le tissu social de la région. Les cycles de violence intercommunautaire font maintenant plus de victimes et déracinent plus de personnes que les attaques djihadistes directes. Cette expansion rapide des djihadistes a surpris de nombreux experts, responsables de l'ONU ou des Etats. Des centaines de milliers de personnes vivent maintenant avec l'aide de ONU, tandis que 1,8 million de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire grave. Au total, 5,1 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire.

La crise humanitaire au Sahel en trois cartes et une chronologie interactive (2012-2019) :
http://www.thenewhumanitarian.org/in-depth/sahel-flames-Burkina-Faso-Mali-Niger-militancy-conflict






Lien ajouté le 19 mai 2026

« Au Sahel, la difficile équation entre la terre, l’eau et les populations » (The Conversation). Pour analyser les conflits dans le Sahel, il faut commencer par une arithmétique simple : il y a de plus en plus de monde, et de moins en moins d’eau sur des terres qui se réduisent.

Christian Bouquet (Sciences-Po Bordeaux) rappelle que les conflits sahéliens se lisent d’abord dans une équation spatiale simple. Il y a plus d’habitants, moins d’eau et des terres disponibles qui reculent. Le puits devient alors un lieu de rencontre, de survie, de négociation et parfois de violence. Le 25 avril 2026, un conflit autour d’un puits a tué 42 personnes dans le Wadi Fira, à l’est du Tchad. Deux familles s’opposaient, l’une issue d’éleveurs transhumants, l’autre de cultivateurs sédentaires. L’eau révèle ici une frontière sociale fragile et disputée. Dans tout le Sahel, les tensions agro-pastorales se multiplient quand troupeaux, champs et puits se superposent. International Crisis Group estime que ces conflits ont causé plus de 1.000 morts et près de 2.000 blessés entre 2021 et 2024, signe d’une crise diffuse. Le Sahel est le rivage du désert. Capot-Rey le définissait par l’isohyète 200 mm et le cram-cram, graminée des marges arides. Sous 250 mm de pluie bien répartie, même le mil devient difficile. La limite agricole est donc une limite écologique, sociale et vécue. Depuis 1970, la baisse des pluies resserre l’espace disponible. Selon Monique Mainguet, l’isohyète 200 mm a glissé de 250 km vers le sud depuis 1900. Sur près de 6.500 km de Sahel, au moins 1,5 million de km² ont été retirés aux usages pastoraux et agricoles. Dans cet espace rétréci, la population a presque quadruplé en cinquante ans. Elle passe de moins de 40 millions dans les années 1970 à 135 millions en 2020, et pourrait atteindre 330 millions en 2050. La pression sur l’eau, les terres et les itinéraires augmente. Les migrations climatiques s’ajoutent aux déplacements forcés par les conflits. Les éleveurs descendent chercher l’herbe, les cultivateurs attendent une pluie plus incertaine, et les zones méridionales n’ont pas été préparées à recevoir ces populations fragilisées. Des pistes existent, comme l’irrigation, les nappes, le fourrage ou une stabulation partielle. Dans les polders du lac Tchad, on faisait trois récoltes par an, 7 à 8 coupes de Pennisetum et 90 kg d’embouche en six mois.

Liens ajoutés le 26 mai 2026

« La région du Sahel est plus instable que jamais : les forces étrangères ne font qu'alimenter le cycle de violence » (The Conversation).

Nina Wilén (Lund University) analyse les interventions étrangères au Sahel. Ses recherches montrent qu’après plus de dix ans de lutte antijihadiste, la région est plus fragmentée, militarisée et violente qu’avant. En avril 2026, plusieurs grandes villes maliennes subissent des attaques coordonnées d’une coalition jihadiste et séparatiste. À Kidal, dans le nord du Mali, des soldats russes sont escortés hors de la ville après négociation, image forte d’un ordre sécuritaire fragile. Le Sahel a changé de partenaires sans sortir de la violence. Au Mali, la Russie remplace Barkhane et Takuba dès 2022. La France avait engagé 5.000 soldats de 2014 à 2022, et les forces spéciales européennes 1.000 hommes entre 2020 et 2022. Le réalignement gagne la région. Au Burkina Faso, après deux coups d’État en 2022, les troupes françaises partent début 2023 et 200 Russes arrivent. Au Mali, la mission de paix de l’ONU, forte de 13.000 personnes, est expulsée après dix ans de présence. Nina Wilén montre que la sécurité devient une ressource politique. Les juntes invoquent la menace jihadiste pour durer au pouvoir et réprimer. La Russie y trouve une vitrine antioccidentale en Afrique, tandis que les Occidentaux justifient leur retour par l’instabilité. Les interventions ont renforcé les armées comme acteurs politiques. En faisant des crises du Sahel un problème surtout militaire, les budgets, le statut et le pouvoir des forces nationales ont grandi, alors même que l’insécurité progressait dans les campagnes et les villes. L’action de Wagner a aggravé les fractures locales. Entre décembre 2021 et juillet 2022, 71% de son implication dans la violence politique au Mali vise des civils. Ces attaques nourrissent les griefs et facilitent le recrutement des groupes jihadistes. Le Sahel apparaît comme un espace de survie des régimes, d’expansion jihadiste et de rivalité entre Russie et démocraties occidentales. Si les juntes négocient demain avec les groupes armés, de nouveaux pouvoirs hybrides pourraient émerger.

« Comment la violence endémique a fait du Nigéria un foyer d'insécurité au Sahel – cartographie  ». Les données révèlent l'ampleur et la répartition géographique des attaques dans le pays le plus peuplé d'Afrique (The Guardian).

Le journal The Guardian consacre un long format cartographique qui donne à voir et analyse le Nigéria comme un foyer sahélien de conflictualités. Les cartes font voir l’étalement des violences, du nord désertique aux campagnes disputées. Le Sahel apparaît comme une zone de transition fragile, entre Sahara et savanes soudaniennes. Son cœur reçoit 150 à 850 mm de pluie par an. Crise climatique, croissance démographique, crises alimentaires et instabilité politique y épaississent les tensions territoriales, déjà très vives. Le Global Terrorism Index 2026 décrit un déplacement du centre mondial du terrorisme. En 2007, le Sahel pesait moins de 1% des morts. Depuis trois ans, il en concentre environ la moitié. La violence se déplace vers des marges rurales où les États contrôlent mal l’espace.  Les données d’Acled rendent visible l’accélération régionale. Les violences d’acteurs non étatiques passent d’environ 5.800 incidents en 2020 à plus de 15.000 en 2024, puis 14.473 en 2025. La carte dessine un Sahel fragmenté par des foyers armés qui débordent les frontières. Dans cet ensemble, le Nigeria ressort avec une intensité singulière. En 2025, il compte le plus grand nombre de groupes armés impliqués dans la violence politique parmi les États sahéliens. Les civils vivent entre opérations militaires, bandits, milices et groupes djihadistes. Au nord-ouest, les bandits enlèvent, pillent et imposent des taxes aux villages. Plus au sud, sur six États jusqu’à la frontière du Bénin, les conflits opposent éleveurs peuls et agriculteurs autochtones pour la terre, l’eau, les pâturages et les routes de transhumance. Le nord-est reste marqué par Boko Haram et l’ISWAP, engagés depuis près de vingt ans dans l’insurrection djihadiste. Mais l’ouest inquiète aussi. L’attaque de Woro et Nuku, au moins 160 morts en février, signale une diffusion vers le sud de violences longtemps plus septentrionales. Les experts soulignent surtout le vide de gouvernance. Le Nigeria compte 36 États, 774 collectivités, 230.000 militaires et 370.000 policiers, soit 1 agent pour 600 habitants. Dans ces marges peu administrées, l’espace devient armé et disputé.

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Frontières et conflits en Afrique du Nord et de l’Ouest