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Comparer la skyline des grandes villes à partir de la modélisation 3D de leurs bâtiments


Nadia Kelm, d'origine ukrainienne, s'est intéressée d'abord à la ville de Kiev dont les bâtiments les plus nombreux ont été construits en hauteur, comme dans la plupart des villes d'Europe de l'Est bâties à l'époque soviétique. Ces immeubles d'habitation, souvent dotés de plus de 10 étages, sont implantés dans et autour de la ville.

The storeys of loneliness :

Son idée est qu'au delà de 10 étages, on ne plus percevoir le visage des personnes au sol. Ce qu'elle appelle "les étages de solitude". Les habitants des immeubles de grande hauteur ont moins de relations entre eux, ils vivent plus repliés, comme hors sol. "La hauteur optimale pour que l’être humain se sente à l’aise est le 7ème étage au maximum. C'est un étage auquel on peut encore reconnaître les personnes au sol, identifier un visage familier". Noter que ce point de vue s'inscrit dans la théorie urbaine, selon laquelle il vaut mieux favoriser les immeubles "à taille humaine".

Nadia Kelm a voulu ensuite comparer avec d'autres villes en Europe et dans le monde, où les immeubles de grande hauteur sont construits plutôt dans le centre et correspondent davantage à des bureaux.

Kiev, Minsk et Moscou ont une skyline assez similaire, qui correspond au modèle urbain soviétique des années 1960 et 1970. Au contraire, New York, Londres et Tokyo qui sont les principaux centres financiers du monde, ont leurs quartiers d’affaires en centre-ville et des quartiers résidentiels de moindre hauteur en périphérie. La skyline des villes en Europe est plus diversifiée. Il y a souvent des gratte-ciels, mais ils sont généralement isolés (sauf à Paris et Varsovie). La hauteur moyenne des bâtiments est inférieure à celle qu'on trouve en Asie. La diversité et la taille humaine de ces villes les rendent agréables à vivre.

L'auteure aboutit à une modélisation 3D des villes qui permet de comparer la skyline des grandes villes du monde. Sa méthode et les résultats sont exposés sur Citygraph :




Comme le rappelle le site Géoconfluences, la skyline (littéralement "ligne d'horizon") désigne « la silhouette urbaine dessinée sur l’horizon par les gratte-ciels d’un centre-ville, et tend à être assimilée à la ville dans son ensemble dans les représentations collectives » (voir lexique).

On la retrouve souvent dans les manuels scolaires pour évoquer la silhouette caractéristique des grandes métropoles mondiales (voir par exemple la skyline de Londres sur le site Le Manuel Scolaire). L'aspect spectaculaire est renforcé lorsque la skyline est représentée en 3D, ce qui explique que nombre d'éditeurs scolaires n'hésitent pas à mettre ces photographies de skyline en "une" de couverture dans leurs manuels de géographie (voir cette sélection qui montre qu'elle est devenue un topos de la géographie scolaire).

Un exercice assez classique de la géographie scolaire consiste à comparer la skyline d'une ville européenne à une ville américaine ou encore d'une ville d'Afrique noire à une ville sud-américaine, de manière à montrer les différences d'organisation spatiale en fonction de l'histoire, de la culture, du modes d'organisation sociale ou du niveau de développement. Outre que ces différences reposent parfois sur des simplifications ou des stéréotypes, ces coupes correspondent à des profils théoriques difficiles à appliquer à tel ou tel exemple de ville. Mais du moins l'intérêt est-il d'essayer de modéliser les espaces urbains et d'en donner une appréhension globale pour les élèves. Une manière aussi de les rendre plus lisibles et de les aider à décrypter les paysages urbains, à condition d'associer ces coupes schématiques à des vues paysagères.

Coupes schématiques extraites du site HG Sempai




Si cet exercice est un peu passé de mode (sans doute en raison de la place relativement modeste accordée à la lecture de paysage dans la géographie scolaire), on en retrouve malgré tout des traces aujourd'hui dans la manière de comparer les plus hauts gratte-ciels, dans l'idée que ces immeubles de grandes hauteurs constituent des haut-lieux de la mondialisation et qu'ils reflètent la puissance et le rayonnement des grandes métropoles (toujours cette tentation de vouloir faire dans le réalisme !). L'exemple de New York emblématique des métropoles d'Amérique du Nord revient souvent dans les manuels scolaires aux côtés d'autres métropoles plus récentes (Shanghaï, Singapour, Dubaï...)

Evolution de la skyline de New York sur un siècle (source : Visual Capitalist)


Liste des 10 plus hauts gratte-ciels du monde  - source : My Modern Met (Photo credit: tier1dc.blogspot.com)



Pour New York, les données des bâtiments sont téléchargeables sur le site open data de la ville :
http://data.cityofnewyork.us/Housing-Development/Building-Footprints/nqwf-w8eh





Les buldings les plus hauts dans 100 pays au monde
(source : AlansFactoryOutlet.com)


Lien ajouté le 27 novembre 2021
Lien ajouté le 10 octobre 2025

Quel âge a le paysage urbain de votre ville ? (Brilliant Maps).  La carte montre la décennie pendant laquelle les 50 plus hauts immeubles de chaque ville (y compris ceux en construction) ont été achevés des années 1950 années 2020. De nombreuses petites villes américaines ont des skylines plus anciennes, notamment dans la Rust Belt, tandis que les villes canadiennes sont plus récentes.

Quel âge a le skyline de votre ville ? (États-Unis et Canada) - Source : MapPorn


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Atlas de l'Anthropocène : un ensemble de données sur la crise écologique de notre temps


Atlas de l'Anthropocène par François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio. Préface de Jan Zalasiewicz, postface de Bruno Latour. Presses de Sciences Po, Hors collection, 2019.




« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d’appeler un Atlas, le rapport des forces s’est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l’on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n’est plus la Terre que l’on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l’on domine, que l’on possède et que l’on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s’inverse à nouveau : paraît un “Atlas” qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » (extrait de la postface de Bruno Latour)

Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.

Interview de François Gemenne pour Libération (18 octobre 2019) :
« L’anthropocène nous oblige à regarder plus loin que nos frontières et plus loin dans le temps » 

Lien ajouté le 26 septembre 2025

La 3e édition de l'Atlas de l'Anthropocène a été publiée le 2 septembre 2025. Il s'agit d'une édition revue et enrichie. Les visualisations ont été mises à jour et sont proposées dans des versions différentes des précédentes (démographie, diplomatie environnementale, plastiques, grandes invasions, pêche industrielle...). De nouveaux thèmes apparaissent : géoingénierie, blocages à l'action, empreinte carbone de la finance, voiture électrique...


Lien ajouté le 4 avril 2026

« La planète des hommes. À propos de : Laurent Testot, Perrin Remonté, Notre empreinte sur Terre »  (La Vie des Idées).

Laurent Testot et Perrin Remonté (cartographe) proposent un atlas pour comprendre l’Anthropocène. L’Anthropocène désigne l’idée que les activités humaines modifient la planète à une échelle comparable aux forces naturelles. Concept débattu, il structure pourtant les sciences sociales en montrant que les sociétés transforment désormais les conditions biophysiques globales. L’atlas répond à une difficulté majeure, celle de représenter des phénomènes interconnectés à l’échelle mondiale. Il combine cartes et textes pour relier données climatiques, économiques et démographiques, rendant visibles des interactions habituellement dispersées. La cartographie devient un outil explicatif. Par exemple, les cartes des pesticides en France montrent des usages intensifs dans le Bassin parisien ou les régions viticoles. Elles relient pratiques agricoles, exposition des populations et coûts sanitaires et environnementaux. L’ouvrage met en évidence un système d’interdépendances. Les flux de carbone, d’azote ou les transformations océaniques relient des espaces éloignés. Les sociétés ne peuvent plus être étudiées isolément, mais comme parties d’un système Terre globalisé. Il révèle aussi une géographie inégale des responsabilités. Les régions industrialisées concentrent les émissions, tandis que les territoires vulnérables subissent davantage les impacts. Cette dissymétrie alimente les débats autour du "Capitalocène". Les cartes montrent enfin que les ressources deviennent stratégiques. Énergie, terres agricoles ou minerais structurent de nouvelles rivalités entre États. La contrainte écologique transforme les rapports de puissance et les équilibres géopolitiques mondiaux. L’atlas offre une vision globale des transformations planétaires, mais souligne une limite. Comprendre ne suffit pas à agir. Les réponses politiques restent incertaines face à des interdépendances complexes, révélant un monde en transition profonde. 

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Quand la route maritime de l'Arctique fait de nouveau l'actualité


Deux fait d'actualité sont venus en 2019 relancer la question géopolitique des routes maritimes du Grand Nord : d'une part la proposition du président des Etats-Unis Donald Donald Trump d'acheter le Groenland au Danemark et d'autre part l'annonce de la société CMA-CGM, 3e compagnie maritime au monde, de ne jamais naviguer en Arctique.

Ces deux événements d'actualité peuvent fournir une très bonne accroche pour aborder plusieurs thèmes (la mondialisation, les transports maritimes, les frontières, les tensions et conflits) qui figurent dans les programmes de géographie en collège-lycée et en lycée professionnel. Voici une liste de ressources qui permettent de préparer des cours et de trouver des documents, notamment des cartes pour étudier à la fois les acteurs et les enjeux.


1) Sur les enjeux géoéconomiques et les transports maritimes

Deux fils Twitter proposés par Mikaa Mered (@FranceArctique), spécialiste des enjeux géopolitiques de l'Arctique et membre de l'ILERI, permettent une première mise au point, documents à l'appui. 

Le premier thread concerne la question des routes maritimes et notamment du Passage du Nord-Est (PNE) qui, pour l'instant, est loin de constituer une route maritime fiable et sécurisée. Pour l'auteur, la décision de la CMA-CGM relève plutôt du "greenwashing" et s'inscrit dans la logique de continuer à passer par la Méditerranée où elle a beaucoup investi ces dernières années.

Ce point de vue peut être complété par un article d'Adeline Descamp dans Le journal de la marine marchande : Arctique : l'annonce de CMA CGM était-elle vraiment nécessaire ? 

Le deuxième thread traite plus spécifiquement de la place du Groenland sur cette route stratégique et l'intérêt des Etats-Unis à défendre leurs intérêts dans cette région (voir l'émission de France Culture, "Le shopping territorial des Etats-Unis, une vieille habitude")

En réalité il n'existe pas un, mais au moins trois passages, le passage du Nord-Est (par la Russie) et celui du Nord-Ouest (par le Canada) étant les deux principaux.



Cet intérêt accru pour la Passage du Nord-Est (PNE) fait suite à un événement qui a largement été relayé par les médias. En 2018, un gros porte-conteneur de 200 mètres de long et 35 mètres de large de la société MAERSK a emprunté pour la première fois le PNE pour relier Vladivostock à Saint-Pétersbourg (voir cette carte montrant le raccourci par rapport à la route classique). Si l'enjeu est de taille pour ce géant danois du transport maritime, cela reste pour l'instant un test et ne concerne pas d'autres porte-conteneurs de cette taille. De fait la route par l'océan Arctique est plus courte, mais plus coûteuse. 

Source : « Les routes maritimes arctiques, une concurrence encore lointaine » (The Conversation). En septembre 2018, un porte-conteneurs Maersk a emprunté le « passage du Nord-Est ». Quel est l’intérêt de cette route pour ces géants du transport maritime ? 

Comme le montre Pauline Pic (Naviguer en Arctique, Géoconfluences) "la navigation arctique se heurte à de nombreuses difficultés liées tant aux conditions météorologiques qu'à la volonté du Canada et de la Russie de contrôler les passages. De plus, selon les liaisons, ces routes ne sont pas toujours les plus courtes du fait du déplacement du centre de gravité de l'activité portuaire mondiale vers le sud. Malacca, Suez et Panama sont loin d'être détrônés".

Pour traiter de l'importance relative du trafic maritime dans cette région, il peut être intéressant d'utiliser le site Marine Traffic, qui fournit en temps réel des informations sur l'emplacement et le déplacement des navires dans le monde (voir présentation du site dans ce billet). On voit sur la carte que la route par l'Arctique reste peu fréquentée et qu'il s'agit de navires de pêche et de cargos plus que de porte-conteneurs qui nécessitent des conditions de navigabilité et de sécurité plus importantes. Dans un article de 2011, Frédéric Lasserre relève un manque d'enthousiasme pour le transit arctique et un intérêt limité des compagnies maritimes.

L'enjeu n'est pas seulement marchand. Le réchauffement climatique facilite l’accès aux ressources naturelles. Le sous-sol est riche en minerais divers et en terres rares. La course au pétrole, gaz, diamants, nickel, or, fer, uranium est engagé depuis longtemps, bien que les conditions d'extraction et d'exploitation de ces sources d'énergie et matières premières ne soient pas faciles. Le Groenland constitue un enjeu pour une partie de ces ressources. Lire l'article : "Les ressources convoitées du Groenland" (Le Monde) assorti d'une carte très complète  :



L'Arctique, un espace riche en hydrocarbures : une carte de synthèse à télécharger sur le site HG Sempai ainsi que des ressources rassemblées dans un pearltrees.


2) Sur les enjeux géoenvironnementaux

Comme de nombreux espaces "vierges" (cf l'Amazonie), l'Arctique est souvent perçu comme un espace de conquête et de front pionnier que l'homme viendrait perturber en bouleversant les grands équilibres naturels. Si la défense de l'environnement constitue une question importante, on remarque que les enjeux géoenvironnementaux sont souvent instrumentés. Lire par exemple cet article "Les dessous géopolitiques de la protection de l'ours polaire" (site Géoconfluences).

Sur les différents risques de pollution (dont le risque nucléaire), voir la carte de l'Arctique nucléaire Philippe Rekacewicz (Le Monde diplomatique, 2000)



Norilsk, avec ses mines et son complexe métallurgique, figure parmi les 10 villes les plus polluées au monde. Voir cette présentation de l'Environmental Justice Atlas.


3) Sur les enjeux géostratégiques et les systèmes d'acteurs

L'océan Arctique est souvent présenté comme le théâtre d'une nouvelle Guerre froide. Lire par exemple "L'Arctique, champ de bataille entre Chine, Russie et États-Unis" (Slate, 2017).

S'il s'agit effectivement d'un espace d'affrontement sur le plan géopolitique et géostratégique, il convient de prendre en compte les aspects géoéconomiques et géoenvironnementaux qui sont souvent mêlés à eux (voir cette story map de L'Echo qui résume assez bien les rivalités sur les différents plans).

Ce cours de l'Institut Européen des Relations Internationales fait le point sur les principaux enjeux géostratégiques : "Nouveaux conflits : géostratégie arctique"  (IERI, 2013).

RFI a réuni également des archives sonores sur le thème : "L'Arctique, un continent hautement stratégique". Libération note un dégel et de nouvelles tensions qui rendent ces routes de l'Arctique incertaine.

Un des motifs de tensions réside dans le découpage des frontières qui fait l'objet de rivalités et de revendications territoriales : lire "Océan Arctique : des frontières maritimes à l'épreuve d'une nouvelle donne climatique" (site Géoconfluences).

Frontières maritimes dans l’Arctique : le droit de la mer est-il un cadre applicable ? par Frédéric Lasserre (Ceriscope).

Comme le montre Mikaa Mered, il s'agit fondamentalement pour les grandes puissances d'être présentes, de pouvoir surveiller et se projeter militairement dans cette région qui représente un très fort intérêt stratégique.



Les acteurs, nouveaux ou anciens, sont nombreux à s'intéresser à la région Arctique. Parmi ces acteurs figurent non seulement les entreprises, mais également les Etats (y compris la Chine qui est pourtant assez éloignée géographiquement). Voir l'article : "Chine, Japon, Corée : quelles ambitions pour l’Arctique ? Notes de l'ISEMAR, 2016 (avec une carte à télécharger sur le site).

 


Le grand défi de l'Arctique vu par la France : feuille de route de 2015 à télécharger sur le site France Diplomatie. A l'occasion de la réunion informelle des Ministres de la Défense de l'UE à Helsinki en août 2019, le ministère des armées publie pour la première fois un dossier analytique sur les enjeux du Grand Nord : La France et les nouveaux enjeux stratégiques en Arctique. Ce dossier constitue une bonne synthèse des enjeux pour la France et contient un schéma qui permet de voir la complexité des acteurs.


La région est à la recherche d'une nouvelle gouvernance avec la création en 1996 d'un Conseil de l'Arctique, qui regroupe les 8 pays riverains du cercle polaire et dans lequel la Chine a obtenu un rôle d'observateur permanent en 2013. Les rivalités ne sont pas seulement entre pays, mais à l'intérieur de structures fédératives. Malgré tout, la région Arctique est en train d'expérimenter une nouvelle forme de collaboration circumpolaire.



Philippe Rekacewicz a élaboré une carte qui synthétise les principaux enjeux géopolitiques de l'Arctique (Monde diplomatique, 2011) :



Le site d'analyse géopolitique Diploweb fournit des ressources sur cette question :

- une synthèse de Laurence Artaud : "Quelles forces en présence dans l’Arctique ? Ruée vers les matières premières : un nouvel affrontement international ?". L’auteure présente d’abord les enjeux militaires et politiques au XXe siècle, puis les antagonismes des pays riverains, enfin les nouveaux paradigmes du XXIe s liés au changement climatique : le passage du Nord-Est, la souveraineté économique et l’accès aux ressources naturelles.
http://www.diploweb.com/Quelles-forces-en-presence-dans-l-Arctique.html

- une vidéo de la conférence : "L’Arctique est-il - vraiment - stratégique ?" avec  Fabien HERBERT, Jérémie ROCQUES, Joséphine BOUCHER, Laurent MAYET, Michel FOUCHER, Thomas MERLE, (19 octobre 2018). Si la superpuissance arctique, c’est la Russie, ne serait-ce qu’en termes de superficie, de ressources naturelles, d’activités et de présence historique, l’évolution de l’Arctique et de ses perspectives stratégiques dans les années qui viennent sont difficiles à prédire tant elles dépendent d’éléments politiques imprévisibles et de paramètres écologiques.

Les cartes que l'on peut trouver dans les manuels scolaires questionnent également sur la vision de l'Arctique qui est véhiculée dans l'enseignement de la géographie. Voici une petite analyse que nous faisions en 2016 sur le thème de l'Arctique : 

Extrait de Genevois, S. "La cartographie des espaces maritimes au prisme de la géographie scolaire", Actes du Grand Séminaire de l'océan Indien, 2016 (en ligne sur HAL) :

"Dans le programme de Seconde, l’Arctique est présenté comme une « nouvelle frontière » à conquérir, au double sens de front pionnier pour l’exploitation de nouvelles ressources et d’espace-frontière aux délimitations incertaines faisant l’objet de nombreux litiges. L’océan Arctique est aussi cité en référence dans les cartes de manuels de Terminale comme archétype de zone conflictuelle (cf le « partage de l’Arctique »). Il semble intéressant d’analyser les choix faits par les différents manuels, certains s’inscrivant dans une approche géohistorique (double verrouillage de l’Arctique par la glace et par la Guerre froide), d’autres insistant davantage sur les évolutions futures de cet espace-enjeu avec l’ouverture de nouveaux passages au Nord-Ouest et au Nord-Est. 

L’océan Arctique semble être devenu un objet géographique à part entière malgré les difficultés à en tracer des limites précises. Certaines cartes de manuels continuent d’indiquer l’isotherme 10°C en juillet comme critère classique de délimitation de la zone polaire, en y ajoutant la limite maximale de fonte de la banquise (limite elle-même changeante selon les années et qui reste incertaine à prévoir pour les décennies à venir). Emerge ainsi progressivement un espace délimité, découpé, approprié avec le découpage de la ZEE, avec le tracé de nouveaux périmètres de souveraineté (territoires adhérant au Conseil de l’Arctique) ou la création de nouveaux espaces de gouvernance (Programme scientifique d’évaluation et de surveillance de l’Arctique…). 

Les enjeux semblent souvent à une échelle qui dépasse la zone considérée, l’Arctique étant in fine ramené à un objet de préoccupation environnementale (cf « un patrimoine menacé ») symbolisé par l’ours polaire à la dérive sur son morceau de banquise. La cartographie utilisée peine à représenter ces enjeux multi-échelles. L’exploitation future des ressources ainsi que la mise en circulation de cet espace relèvent également de potentialités incertaines comme en témoignent les titres de certaines cartes : « Comment préserver durablement l’Arctique ? » ou encore « L’eldorado arctique : entre réalités et espoirs »."

Références

Les mondes polaires : quels enjeux aujourd’hui… et demain. Entretien avec Mikaa Mered pour la Société de Géographie :
http://socgeo.com/2019/03/06/les-mondes-polaires-quels-enjeux-aujourdhui-et-demain/

Frédéric Lasserre, « Des autoroutes maritimes polaires ? Analyse des stratégies des transporteurs maritimes dans l’Arctique », Cybergeo :
http://journals.openedition.org/cybergeo/23751

Pauline Pic et Frédéric Lasserre, « Un paradigme arctique de sécurité ? Pour une lecture géopolitique du complexe régional de sécurité. », L’Espace Politique, 33 | 2017-3 :
http://journals.openedition.org.e/espacepolitique/4475

Le Conseil de l’Arctique face aux convoitises : coopération ou compétition ? CDEM :
http://www.irsem.fr/data/files/irsem/documents/document/file/2333/infoveilles-44.pdf

Enseigner la mer, ressources pédagogiques proposées par le réseau CANOPE :
http://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/N-9135-13379.pdf

Lien ajouté le 25 octobre 2019

« Arctique. La Russie compte cinq îles en plus (et des glaciers en moins) » (Courrier International). La fonte de la banquise modifie la carte du monde connu. En 2019, la Russie a annoncé avoir découvert et revendiqué cinq nouvelles îles au large de l’archipel de la Nouvelle-Zemble. Elles ont été révélées par la fonte des glaces. Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaces, les mers du Grand nord russe livrent de nouveaux secrets : des îles jusqu’alors inconnues, sur lesquelles le pays a très vite affirmé sa souveraineté.

Lien ajouté le 26 septembre 2019
Liens ajoutés le 15 novembre 2019

L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique (Les Cafés Géo, le 25 octobre 2019). L’Arctique est aujourd’hui au cœur des programmes de géographie. Ce compte-rendu fait une bonne synthèse pour des enseignants qui souhaitent mettre à jour leurs connaissances sur le sujet et enrichir les études de cas qu’ils pourront mener, en complément des scénarios proposés par  l’académie de Créteil sur « L’Arctique, une nouvelle frontière pour la Russie » ou celui de l’académie de Nice sur un espace à protéger ou à aménager.

L'enjeu de l'Arctique n'est pas nouveau. Déjà dans les années 1930, avec le développement de l'aviation, il devient une nouvelle route et une nouvelle frontière à conquérir.
Liens ajoutés le 11 décembre 2019
Liens ajoutés le 17 décembre 2019

La région circumpolaire nord, une carte en haute résolution issue de l'Atlas du Canada (2008) :
http://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/e40c35/north_circumpolar_region/

Une carte de l'Arctique pendant la 2e Guerre mondiale par Richard Edes Harrison (1942) :
http://www.davidrumsey.com/luna/servlet/s/p0x280


Liens ajoutés le 15 janvier 2020
Liens ajoutés le 27 février 2020

Liens ajoutés le 1er février 2021
Lien ajouté le 25 avroil 2021
Lien ajouté le 6 juin 2021
Lien ajouté le 3 août 2021
Lien ajouté le 17 août 2021
Lien ajouté le 13 décembre 2021

« Fronts et frontières en Arctique, quelle singularité ? »
Lien ajouté le 26 mars 2025

« Création de zones de destruction ASW ». Un article de 1987 de James Stavridis (US Navy) identifiait déjà l'Arctique comme une zone stratégique en cas de conflit nucléaire. La carte qui accompagne l'article sur le site de l'US Naval Institute est digne d'un jeu de stratégie.

"Si l’on considère l’hémisphère Nord comme une vaste cible composée de trois zones de destruction, la cible sera les bastions sous-marins soviétiques autour du pôle Nord"


Lien ajouté le 26 avril 2025

« L’Arctique et au-delà ». L’Institut polaire norvégien propose une nouvelle carte de l'Arctique. 


Cette carte d’une grande précision donne une projection plus fidèle du Grand Nord. On y découvre en particulier le Mollo Deep à l’ouest du Svalbard, qui est le point le plus profond mesuré de la mer de Barents. L'occasion d'aller découvrir la cartothèque de l'Institut polaire norvégien, en particulier sur le Svalbard qui est au coeur des enjeux actuels. Pour compléter, l'Institut de l'Arctique publie une série d'articles sur les enjeux planétaires de l'Arctique (approche géopolitique) 

Lien ajouté le 12 janvier 2026

« Avec le réchauffement de l'Arctique, la course au contrôle de la région s'intensifie » (The Conversation).

Klaus Dodds (Middlesex University) analyse la montée des rivalités géopolitiques en Arctique. Il montre comment le réchauffement accéléré, les ressources et les enjeux de sécurité transforment la région en espace stratégique disputé, notamment autour du Groenland. Le réchauffement rapide de l’Arctique ouvre de nouvelles routes maritimes et rend accessibles des ressources énergétiques et minières. Cette recomposition spatiale attire les grandes puissances qui réinterprètent la région comme un levier de puissance et non plus comme une périphérie lointaine. Les États-Unis affirment que le Groenland est vital pour leur sécurité. Pourtant, depuis 70 ans, ils disposent déjà d’une large liberté militaire via l’accord de défense de 1951 avec le Danemark, notamment dans le nord-ouest de l’île, sans véritable contrainte politique. La guerre en Ukraine a profondément fragmenté l’Arctique. La suspension du Conseil de l’Arctique en 2022 a mis fin à une coopération scientifique et environnementale majeure, séparant désormais la région en blocs russo-asiatiques et euro-américains. Cette rupture limite les échanges scientifiques circumpolaires. Les chercheurs occidentaux n’ont plus accès aux terrains russes, alors que l’Arctique est central pour observer le climat, les océans et les écosystèmes polaires à l’échelle globale. La région entre dans une logique de sphères de domination. Les ambitions américaines, la militarisation russe et les intérêts chinois renforcent l’instabilité, plaçant les États arctiques européens dans un arc de crise allant du Svalbard à la Baltique. Les effets sont aussi humains et environnementaux. Fonte du pergélisol, écosystèmes fragilisés et pressions sur les populations autochtones s’intensifient, tandis que les tensions géopolitiques réduisent les capacités de gouvernance collective. L’Arctique n’est plus un espace de coopération pacifique mais un front stratégique majeur. Le réchauffement climatique agit comme accélérateur de rivalités, mettant en jeu souveraineté, sécurité et savoir scientifique dans une région clé du système mondial. L’Arctique n’est plus un espace de coopération pacifique mais un front stratégique majeur. Le réchauffement climatique agit comme accélérateur de rivalités, mettant en jeu souveraineté, sécurité et savoir scientifique dans une région clé du système mondial. 

Lien ajouté le 31 mars 2026

« Le Canada investit dans l’Arctique, devenu stratégique » (Le Monde).

Eliott Dumoulin analyse le tournant arctique du Canada. L’article montre comment Ottawa renforce sa présence dans le Nord, entre stratégie militaire, développement économique et adaptation climatique, dans une région longtemps marginalisée. L’Arctique canadien couvre un espace immense, sept fois la France, mais peu peuplé, environ 150.000 habitants. Des localités isolées comme Cambridge Bay, 1.900 habitants, dépendent encore des liaisons maritimes et aériennes, révélant un déficit d’intégration territoriale. Le Canada annonce 35 milliards de dollars canadiens d’investissements. 32 milliards sont destinés à la défense. Cela traduit une revalorisation stratégique de cet espace longtemps périphérique dans les politiques nationales. La militarisation progresse. Exercices Nanook, bases avancées, modernisation d’aérodromes. Les rangers parcourent des milliers de kilomètres. L’objectif est de contrôler un espace difficile, marqué par l’isolement et des conditions extrêmes. Le réchauffement redéfinit les logiques spatiales. L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale. Le passage du Nord-Ouest devient plus navigable, raccourcissant les routes entre Europe et Asie et renforçant l’attractivité géopolitique. Un projet de corridor vers Grays Bay illustre cette mutation. Route, mines et port en eau profonde doivent connecter les ressources, or et zinc, aux marchés mondiaux. L’Arctique devient un espace productif intégré aux flux internationaux. Les rivalités internationales renforcent cet intérêt. Face aux ambitions américaines et à la présence russe, le Canada coopère avec l’OTAN. Toutefois, les experts soulignent que la fonction militaire sert aussi à la sécurité civile et aux secours. Cette transformation suscite des tensions locales. Les habitants oscillent entre opportunités économiques et inquiétudes face à la militarisation. L’Arctique apparaît comme un territoire en recomposition, entre marges isolées et nouvel espace stratégique.

Lien ajouté le 21 avril 2026

« Microbes dévoreurs de carburant, produits chimiques et incendies : la course pour découvrir de nouvelles façons de contenir les marées noires dans l’Arctique » (The Guardian).

Gloria Dickie présente des recherches menées notamment par Eric Collins (Université du Manitoba). L’étude analyse les défis du nettoyage des marées noires en Arctique, dans un contexte de trafic maritime en forte hausse.  Le trafic s’intensifie rapidement. En 2025, au moins 100 navires « fantômes » ont circulé sur la route maritime du Nord, contre 13 en 2024. Beaucoup sont des pétroliers vieillissants, parfois non conçus pour la glace, ce qui augmente fortement les risques d’accident. L’Arctique est un milieu extrêmement fragile. Le froid transforme le pétrole en substances épaisses, proches de la mélasse, qui peuvent couler, se fixer à la glace ou s’enfouir dans les sédiments, compliquant fortement les opérations de récupération. Les techniques classiques sont peu efficaces. Les barrages flottants et les dispositifs de récupération fonctionnent mal en présence de glace. L’éloignement, les conditions extrêmes et le manque d’infrastructures rendent les interventions lentes et incertaines. Les scientifiques testent des solutions innovantes. Au Canada, une expérience a introduit 130 litres de diesel dans un bassin glacé avec des bactéries capables de le dégrader. Si elles agissent, leur efficacité reste lente, avec des résultats visibles après plusieurs semaines. D’autres méthodes posent des dilemmes. Les dispersants chimiques fragmentent le pétrole mais peuvent perturber les écosystèmes marins. La combustion élimine les nappes mais produit du carbone noir, accélérant la fonte de la glace et modifiant les équilibres climatiques. Malgré des investissements de plusieurs millions sur 15 ans, les progrès restent limités. Les technologies actuelles sont proches de celles d’il y a une décennie, alors que les carburants évoluent vers des formes encore plus complexes à traiter en cas de pollution. Ce décalage est déterminant. L’ouverture de nouvelles routes maritimes liée au recul des glaces précède les capacités de protection. L’Arctique apparaît ainsi comme un espace stratégique où s’accumulent vulnérabilités environnementales et risques industriels.

Lien ajouté le 25 septembre 2026

« Tactiques de la flotte noire russe sur la route maritime du Nord » (The Maritime Executive).

La route maritime du Nord devient un axe stratégique pour la Russie. La fonte des glaces facilite le transport de pétrole et de GNL le long de ses côtes arctiques. Moscou cherche ainsi à relier Baltique, Arctique et Extrême-Orient tout en gardant ce corridor sous son contrôle. Cette route réduit l'exposition des cargaisons russes aux interceptions et éloigne les exportations de certains terminaux visés par l'Ukraine. Elle sert le projet russe de "corridor de transport transarctique", destiné à mieux intégrer les façades occidentale et orientale du pays. Au débouché de l'Ienisseï, le nouveau terminal de Sever Bay doit exporter les productions de Vostok Oil et d'Arctic LNG 2. Situé au sud de Dikson, il est relié aux gisements par un nouvel oléoduc de 500 miles, soit environ 800km, construit à travers la toundra arctique. La Russie adapte aussi sa flotte aux contraintes polaires. Les méthaniers Arc7 Aleksey Kosygin et Pyotr Stolypin sont conçus pour emprunter la route du Nord. Le premier a rejoint Sever Bay dès décembre 2025. Mais ces navires et des pétroliers navettes sont déjà sous sanctions. La protection offerte par l'Arctique s'arrête donc avec le corridor russe. Pour livrer la Chine, l'Asie du Sud-Est et d'autres marchés, les cargaisons sanctionnées doivent ensuite masquer leur origine grâce aux pratiques de la "flotte fantôme", notamment les transbordements de navire à navire. Ces transferts STS se déplacent vers l'Extrême-Orient. Jusqu'ici, les pétroliers utilisaient notamment la baie russe de Nakhodka, proche de la base navale de Fokino. SynMax a désormais repéré 4 pétroliers sanctionnés réalisant des transferts en pleine mer du Japon, près de la Corée du Nord. Les opérations observées se déroulaient à 65 milles nautiques à l'est de Chongjin. Mirabel transférait du pétrole à Lumin, tandis que Jagger approvisionnait Navistar. Pavillons omanais, sierra-léonais, russe et camerounais illustrent l'internationalisation des circuits de contournement. L'Arctique russe recompose les flux énergétiques. Sever Bay et la route du Nord déplacent vers l'est une partie des exportations puis la "flotte fantôme" prend le relais vers l'Asie. Routes polaires, ports et transferts en mer dessinent une nouvelle géographie des sanctions.

Articles connexes

Le site Marine Traffic permet de visualiser la densité des routes maritimes





Rapport mondial des Nations Unies 2019 sur la mise en valeur des ressources en eau


Le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2019 est téléchargeable en français sur le site de l'UNESCO : http://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000367276_fre


Un stress hydrique de plus en plus élevé

La consommation d'eau a augmenté d'environ 1% par an dans le monde depuis les années 1980, sous l'effet conjugué de la croissance démographique, du développement socio-économique et de l'évolution des modes de consommation. La demande mondiale en eau devrait continuer à augmenter à un rythme similaire jusqu'en 2050, représentant une augmentation de 20 à 30% supérieure au niveau actuel d'utilisation de l'eau, principalement en raison de la demande croissante des secteurs industriel et domestique. Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays connaissant un stress hydrique élevé et environ 4 milliards de personnes connaissent une grave pénurie d’eau pendant au moins un mois de l’année. Les niveaux de stress continueront à augmenter à mesure que la demande en eau augmentera et que les effets du changement climatique s'intensifieront.

Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique physique élevé. Bien qu’au niveau mondial le stress hydrique ne se situe qu’à 11 %, 31 pays sont confrontés à un stress hydrique compris entre 25 % (soit le seuil minimal de stress hydrique) et 70 %. Dans 22 pays, le stress hydrique est de plus de 70 %, ce qui veut dire que ces pays subissent un fort stress hydrique. 



 
« Que personne ne soit laissé pour compte »

Le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, publié le 19 mars 2019 lors de la 40e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et conjointement à la Journée mondiale de l'eau, montre à quel point l'amélioration de la gestion et de l'accès aux ressources en eau, les services d’approvisionnement et d’assainissement sont essentiels pour remédier aux diverses inégalités sociales et économiques, de manière à ce que « personne ne soit laissé pour compte ».

 Couvertures mondiale et régionale des services d’assainissement, 2015 (%)


Certes, des progrès ont été accomplis durant la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). En 2015, 181 pays avaient atteint une couverture de plus de 75 % pour les services élémentaires d’eau potable. En outre, la part de la population mondiale utilisant au moins un service élémentaire d’eau potable est passée de 81 % en 2000 à 89 % en 2015. Néanmoins, environ trois personnes sur dix (2,1 milliards de personnes, soit 29 % de la population mondiale) sont privées d’accès à un service d’eau potable géré en toute sécurité, tandis que 844 millions de personnes n’ont même pas accès à un service élémentaire d’eau potable.

L’eau potable et l’assainissement sont des droits fondamentaux de l’homme, car ils sont indispensables au maintien de moyens de subsistance sains et essentiels au maintien de la dignité de tous les êtres humains.


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Etudier les risques de pénurie d'eau dans le monde avec l'Atlas Aqueduct du WRI



Mise à jour de la base de données sur la couverture du sol aux Etats-Unis (NLCD)


L'United States Geological Survey (USGS) a publié en mai 2019 une mise à jour de la base de données nationale sur la couverture du sol (NLCD) aux Etats-Unis, qui détaille les modifications enregistrées sur la période 2001-2016 :
http://www.usgs.gov/news/new-land-cover-maps-depict-15-years-change-across-america





Les données sont basées sur des images Landsat à 30 mètres de résolution. Les modifications peuvent être visualisées à travers une grille de 1 x 1 km sur l’ensemble des 48 états. Depuis 2011, deux paires d'images Landsat sont utilisées, ce qui améliore la précision de l'image spectrale composite. La classification a été construite à partir de 16 classes thématiques allant de l'eau aux terres agricoles en passant par les prairies, la forêt, les zones urbanisées... 

Au cours de cette période de 15 ans (2001-2016), 7,6% du territoire américain a changé au moins une fois de couverture du sol. Les principaux changements concernent l'ouest et le sud-est des Etats-Unis, en raison de l'exploitation forestière, de l'impact des incendies de forêt, de l'augmentation des terres agricoles et de l'urbanisation.




Les régions de l'Alaska, d'Hawaï et de Porto Rico n'ont pas été mises à jour, mais le seront dans un proche avenir. La prochaine couverture NLCD est prévue pour 2021. Les images Landsat 7 seront alors intégrées au jeu de données (Landsat 5 ayant été désactivé en 2013).

Toutes les données sont téléchargeables sur le site de la NLCD (National Land Cover Database) ou consultables directement en ligne à travers un visualisateur.

Les données de la NLCD peuvent être utilisées dans de nombreux domaines : étude de l'impact des incendies de forêt, surveillance de la santé des écosystèmes, suivi des indicateurs de biodiversité et du changement climatique, développement urbain, aménagement, etc..


Lien ajouté le 19 novembre 2019

Stockage du carbone dans les sols et réchauffement climatique. Vers un "peak soil" ?
http://reseauactionclimat.org/stockage-carbone-sol-rechauffement-climatique/

Lien ajouté le 9 août 2021

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