« Si la nature dessinait une carte du monde, à quoi ressemblerait-elle ? » (Bioregions 2023)


« Si la nature dessinait une carte du monde, à quoi ressemblerait-elle ? ». Nous sommes habitués à voir le monde divisé en pays, États et provinces, mais il existe une autre façon de voir et de mieux comprendre la planète dans laquelle nous vivons. One Earth présente un nouveau cadre biogéographique appelé Bioregions 2023, qui délimite 185 biorégions organisées au sein des principaux domaines biogéographiques du monde. 

Une nouvelle carte de la Terre créée en croisant des biomes avec des structures géologiques
 à grande échelle et des groupements écorégionaux (source : Bioregions 2023)

Télécharger la carte (6 Mo). Crédit : Karl Burkart, One Earth

Les biorégions et les espèces emblématiques associées à chacune peuvent être explorées via un navigateur interactif en 3D.

Une biorégion est une zone géographique définie non pas par des frontières politiques mais par des systèmes écologiques. Une biorégion est plus petite qu’un domaine biogéographique mais plus grande qu’une écorégion ou un écosystème. Sur Terre, le cadre biorégional le plus répandu est le « biome » (parfois appelé « écozone »), une vaste communauté de plantes et d'animaux adaptés aux conditions climatiques spécifiques que l'on retrouve sur divers continents. Il existe 14 principaux types de biomes.

Cartes à télécharger en haute résolution (format jpeg) :

One Earth est une organisation à but non lucratif qui s'efforce d'accélérer l'action collective pour résoudre la crise climatique. Les solutions à la crise climatique existent déjà, et les dernières recherches scientifiques menées par One Earth montrent que "l'on peut atteindre l'objectif critique de 1,5°C grâce à trois piliers d'action collective" :
  • Une transition juste vers une énergie 100 % renouvelable ;
  • Protection et restauration de la moitié des terres et des océans de la planète ;
  • Un passage à des systèmes alimentaires à consommation zéro nette.

Lien ajouté le 9 mai 2024

Lien ajouté le 15 septembre 2026

« Entretien. Instaurer des éco-régions ? Le projet de Jean-Luc Mélenchon serait "inadapté" selon ce géographe breton » (Ouest-France). L’une des mesures phares de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2027 consiste à remplacer les régions actuelles par des « éco-régions » calquées sur les bassins versants, pour mieux répondre à la crise climatique. Le géographe breton Yves Lebahy, spécialiste de l’aménagement maritime et littoral, décrypte cette idée et soumet une contre-proposition.

Le géographe Yves Lebahy, spécialiste breton de l’aménagement maritime et littoral, juge inadapté le projet d’"éco-régions" calquées sur les bassins versants. Il défend une géographie qui articule milieux, sociétés, héritages et pratiques locales plutôt qu’un découpage naturel. Pour Lebahy, les bassins versants sont utiles pour penser l’eau, mais trop vastes pour devenir des régions politiques cohérentes. Loire-Bretagne, Seine ou Rhône-Loire rassemblent des territoires très différents. Une même unité hydrographique ne crée ni histoire, ni culture, ni projet commun. L’idée n’est pas nouvelle. Dès le XVIIIe siècle, certains projets voulaient fonder les limites administratives sur les grands systèmes hydrographiques. Ils furent écartés au profit d’autres découpages, mieux adaptés à l’organisation politique du pays et au renforcement du pouvoir central.  Lebahy préfère l’échelle du "pays", au sens de Vidal de la Blache. Plus resserrée, elle permet de croiser usages de l’eau, agriculture, économie, paysages et vie sociale. L’adaptation climatique se joue alors dans des territoires vécus, connus par leurs habitants et plus faciles à gouverner. La Bretagne offre un exemple concret. Après-guerre, la disparition d’une partie des talus bocagers a accéléré l’écoulement vers la mer. Selon Lebahy, une goutte d’eau tombée en amont du bassin de la Vilaine mettait environ 8 jours à atteindre la mer ; elle n’en mettrait plus que 3 aujourd’hui.  Un aménagement local peut donc transformer le fonctionnement hydrologique d’un bassin. Reconstituer haies et talus ralentit le ruissellement, favorise l’infiltration et peut atténuer sécheresses ou inondations. Pour Lebahy, l’action concrète compte plus qu’un vaste redécoupage administratif. Face aux sécheresses, incendies, inondations et tensions sur l’eau, Lebahy doute qu’un État très centralisé puisse réagir assez vite. Il plaide pour davantage de responsabilités locales. Selon lui, la transition écologique suppose que les habitants redeviennent acteurs de leur territoire.  L’échelle d’action est donc décisive. Un bassin versant éclaire les flux d’eau, mais ne résume jamais à lui seul un territoire. Pour Lebahy, l’adaptation climatique exige surtout des décisions locales capables d’articuler milieux, activités, héritages, solidarités et démocratie.

Articles connexes

Données SIG sur les écorégions terrestres (Resolve et OneEarth)

Une carte animée des biomes anthropogéniques ou anthromes à l'échelle mondiale (Anthroecological Lab)