Atlas du permafrost arctique


Le permafrost ou pergélisol, occupe le quart des terres émergées de l’hémisphère nord. Il est aujourd’hui sujet à de profonds changements en raison du réchauffement climatique. L'Atlas du permafrost arctique constitue une somme de connaissances sur le sujet, avec de nombreuses cartes, illustrations, images de drone et photographies. 

Arctic permafrost Atlas (à télécharger en anglais - version numérique)


Plus de 150 scientifiques ont contribué à l'Atlas avec des données, des commentaires, des analyses. Il s'agit d'une collaboration entre de nombreux partenaires dans le cadre du
 projet Nunataryuk, destiné à rassembler des connaissances de pointe sur les pergélisols et les impacts du dégel sur les communautés humaines de l'Arctique. L'Atlas est disponible en version papier et en version numérique.

Plan

  • Earth’s Freezer: Introduction to Permafrost
  • Awakening Giant: Permafrost and Climate Change
  • Moving Grounds: Permafrost Changes
  • Arctic Ripples: Impacts of Permafrost Thaw
  • Holding Tight: Adaptation to Permafrost Thaw
  • Going South: Permafrost in Other Areas
  • Over the Horizon
Bases de données utilisées
Lien ajouté le 22 août 2024
Lien ajouté le 9 février 2026

« Sur les traces du changement climatique en Arctique. Manuel à l’usage des enseignants du primaire et du collège » (OCE).
L’Office for Climate Education (OCE) présente « Sur les traces du changement climatique en Arctique », un guide pédagogique à destination des enseignants du primaire et du début du secondaire (7 à 15 ans), pour explorer l’Arctique, le pergélisol et les grands enjeux climatiques actuels. Ce manuel clé-en-main accompagne les enseignants dans la mise en œuvre d’activités interdisciplinaires fondées sur la démarche d’investigation, la pédagogie de projet, et la collaboration entre élèves de différentes cultures. À travers des activités de classe variées (ateliers scientifiques, échanges culturels, analyses de données), les élèves y découvrent le rôle essentiel de l’Arctique dans la régulation du climat mondial, les conséquences du dégel du pergélisol, et la richesse des cultures française et nord-canadienne. Le manuel s’appuie sur les résultats du projet scientifique international PRISMARCTYC, mené conjointement par des chercheurs en France, au Canada et ailleurs.

Lien ajouté le 25 février 2026

« Evolution de l’épaisseur et du volume de la banquise en Arctique de 1979 à 2026 » (© Zacharie Labe).
Zacharie Labe, climatologue, propose une animation cartographique montrant l’évolution de l’épaisseur et du volume de la banquise en Arctique. Bien que les observations de l’épaisseur de la banquise soient rares, il utilise ici le modèle océanique et de banquise PIOMAS (Zhang et Rothrock, 2003) pour visualiser l’épaisseur et le volume de la banquise en janvier de 1979 à 2026. 

Lien ajouté le 25 mars 2026

« Suivi des flux d'eau douce arctiques depuis l'espace » (Agence spatiale européenne).
Des chercheurs de l’Université de Pérouse, en collaboration avec le CNR italien et l’ESA, analysent les flux d’eau douce arctiques depuis l’espace. Leurs travaux révèlent comment le cycle de l’eau se transforme sous l’effet du réchauffement. À l’échelle du bassin arctique, les fleuves drainent chaque année environ 4.760 km³ d’eau douce vers l’océan. Près de 80% de ces flux proviennent des bassins eurasiens, ce qui souligne le rôle majeur des grands fleuves sibériens dans le climat global. Les chercheurs montrent que le suivi des débits devient difficile sur le terrain. Les stations hydrométriques disparaissent dans ces espaces isolés. Les satellites offrent une solution pour observer en continu des territoires vastes et peu accessibles. Le modèle STREAM combine plusieurs données spatiales. Gravité terrestre, humidité des sols, neige et précipitations. Cette approche permet de reconstituer les écoulements quotidiens sur toute la région arctique entre 2003 et 2022. Les résultats remettent en cause une idée simplifiée. Le réchauffement ne rend pas uniformément l’Arctique plus humide. Certaines régions voient leurs débits augmenter, tandis que d’autres, comme le bassin du Mackenzie au Canada, enregistrent une baisse. Cette diversité spatiale s’explique par plusieurs facteurs. Hausse des températures, modification des précipitations, fonte du pergélisol et évolution du manteau neigeux. Le cycle de l’eau arctique se transforme de manière différenciée selon les régions. Les satellites deviennent des outils déterminants pour comprendre ces dynamiques. Les missions GRACE ou Sentinel permettent de mesurer les variations de masse d’eau. Les futures missions offriront une précision accrue pour suivre ces transformations. L’étude montre que le cycle hydrologique arctique se reconfigure à l’échelle régionale, avec des contrastes marqués entre bassins. Ces évolutions influencent les océans, les écosystèmes et le climat global sur le long terme.

Lien ajouté le 31 mars 2026

« Des expériences montrent que le dégel du pergélisol le rend 25 à 100 fois plus perméable » (Phys.org).
Des chercheurs (University of Leeds) montrent comment le dégel du pergélisol transforme les sols arctiques en sources actives de GES. L’objectif est d’expliquer précisément comment ces milieux gelés, longtemps stables, deviennent des systèmes qui libèrent rapidement du carbone vers l’atmosphère. Le pergélisol constitue un immense réservoir de carbone. Il stocke environ 1.700 milliards de tonnes, soit près de trois fois le carbone présent dans l’atmosphère. Sa dégradation représente donc un basculement majeur dans le système climatique global. Les expériences montrent un changement physique spectaculaire. En se réchauffant, le pergélisol devient 25 à 100 fois plus perméable. Les gaz piégés peuvent alors s’échapper plus facilement vers l’atmosphère, notamment le CO₂ et le méthane. Les tests ont été réalisés entre -18°C et +5°C. Le seuil critique se situe entre -5°C et +1°C, où la perméabilité augmente fortement. Cette zone correspond aux conditions actuelles de réchauffement rapide dans les régions arctiques. Le phénomène s’inscrit dans une dynamique d’emballement. L’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du globe. D’ici 2050, jusqu’à 42% du pergélisol pourrait disparaître, libérant des quantités massives de gaz climatiques. L’étude souligne un double risque : l'accélération du réchauffement global et les impacts locaux, comme la libération de radon, gaz radioactif dangereux pour les popu. Le pergélisol apparaît ainsi comme un élément clé de l’équilibre climatique mondial. 

PWJ Glover et al., Mesure de la fraction gazeuse et de la perméabilité aux gaz du pergélisol en dégel sous l'effet du changement climatique, Earth's Future (2026). https://dx.doi.org/10.1029/2025ef007232

Lien ajouté le 23 avril 2026

« Rivières rouillées : l’inquiétude grandit face à l’augmentation de l’acidification des eaux arctiques  » (Yale Environment 360).
Les changements climatiques ont fait fondre le pergélisol et accru les précipitations dans le Grand Nord, produisant de l'acide sulfurique qui colore les rivières et les lacs en jaune ou en orange rouille. Les scientifiques s'efforcent d'évaluer les répercussions sur la faune, les poissons et l'eau potable des communautés autochtones.

Liens ajoutés le 26 septembre 2026

« La disparition des lacs et l'intelligence artificielle aident les scientifiques à cartographier le dégel du pergélisol arctique en temps quasi réel » (The Conversation).

Anna Liljedahl, hydrologue à l’Université d’Alaska Fairbanks, et Ingmar Nitze, chercheur à l’Institut Alfred-Wegener, montrent comment l’IA et les images satellites permettent de suivre presque en temps réel le dégel du pergélisol arctique à partir des lacs. Le pergélisol est un sol gelé pendant au moins 2 années consécutives. Dans l’Arctique, où le réchauffement est 2 à 3 fois plus rapide que la moyenne mondiale, la fonte de sa glace provoque des affaissements qui menacent routes, bâtiments et canalisations. Quand un pergélisol riche en glace dégèle, le sol s’affaisse et forme des mares thermokarstiques. Leur apparition, leur extension ou leur disparition deviennent ainsi des indicateurs visibles, depuis l’espace, de transformations qui se produisent sous la surface. Un lac arctique peut mettre près de 1.000 ans à se former, puis se vider en quelques heures si le dégel ouvre un chenal de drainage. La disparition brutale d’un lac constitue donc un signal particulièrement net d’un dégel actif du pergélisol riche en glace. Les chercheurs combinent photographies aériennes depuis les années 1940, satellites depuis les années 1970 et intelligence artificielle. Le Permafrost Discovery Gateway surveille désormais plus de 4 millions de lacs arctiques et 70 millions de mares en Alaska. Les péninsules de Seward et Baldwin, au nord-ouest de l’Alaska, sont des foyers majeurs de drainage. En 2018, près de 200 des 4.600 lacs suivis ont perdu plus de 25% de leur surface. En juin-juillet 2026, environ 30 autres lacs ont encore été affectés. Toute variation d’un lac ne traduit pourtant pas le dégel : crues printanières, fonte nivale ou barrages de castors modifient aussi les eaux. L’intérêt de l’IA est donc de repérer rapidement les changements, puis de les interpréter avec les données du milieu. En définitive, assurer le suivi des lacs permet de localiser les secteurs où le pergélisol riche en glace devient instable. Ces cartes presque en temps réel peuvent guider l’implantation des bâtiments et anticiper les zones les plus exposées. 

« 4 millions de lacs sur la carte des « lacs perdus » offrent des indices sur le pergélisol arctique » (Mongabay)

Des chercheurs ont créé une carte interactive Lost Lakes, qui permet de suivre en temps quasi réel l'évolution de près de 4 millions de lacs arctiques. Elle montre également comment ces lacs ont évolué depuis 2016. Selon les chercheurs, le suivi de la dynamique lacustre peut fournir des indications précieuses sur le pergélisol sous-jacent. « LostLakes est entièrement gratuit et conçu pour être utilisé à la fois par des experts et des non-experts », a déclaré par courriel à Mongabay Ingmar Nitze, chercheur en télédétection à l'Institut Alfred Wegener en Allemagne, qui a contribué à la création de la base de données. Le pergélisol lui-même est difficile à surveiller directement à grande échelle car il se situe sous terre et les chercheurs doivent généralement creuser pour effectuer des mesures. Cependant, les lacs, qui se forment ou disparaissent souvent en fonction des variations du pergélisol sous-jacent, peuvent être facilement surveillés par imagerie satellitaire. Comprendre le pergélisol peut aider les communautés : les régions où le pergélisol est plus riche en glace peuvent être plus instables et un mauvais choix pour les sites de construction

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