Le projet
Other Cartographies a pour but d'archiver et mettre en valeur la contribution des femmes à la cartographie :
http://othercartographies.com/archive
L'initiative du projet démarré en 2017 revient à Kiara M Firpi Carrión qui est née et a grandi sur l'île de Porto Rico. L'auteure
vit actuellement à Madrid où elle conduit une thèse de doctorat après
avoir obtenu un master en communication architecturale.
Manifeste du site
Other Cartographies (traduction libre) :
Tout au long de l'histoire, les femmes ont été reconnues pour leurs réalisations à un moment précis, mais souvent effacées du contexte historique. Bien que les mouvements pour l'égalité des droits aient connu un certain essor depuis le 20ème siècle sur le plan interdisciplinaire, les femmes cartographes sont restées invisibles. De nombreux auteurs ont montré l'oubli des femmes dans différentes disciplines. Ce site a pour objectif de mettre en lumière les contributions des femmes au monde de la cartographie. La cartographie a joué un rôle fondamental dans la compréhension du territoire et des différents espaces. Le fait que le patriarcat ait éclipsé le travail des femmes cartographes les a conduites à formaliser une nouvelle approche de manière à ce que les groupes subalternes puissent être étudiés et représentés sur les cartes. Cette impuissance a donné aux femmes le courage d'exprimer la géographie dans des perspectives différentes. Les leurs.
Pour compléter
Les femmes cartographes dans l'histoire. Un fil Twitter à dérouler :
Lien ajouté le 11 octobre 2021
Lien ajouté le 16 juin 2022
Lien ajouté le 17 mars 2023
Liens ajoutés le 24 janvier 2026
Gladys West, mathématicienne américaine dont les travaux ont posé les bases du GPS moderne, est morte en janvier 2026 à l’âge de 95 ans. Longtemps restée dans l’ombre, cette pionnière a pourtant permis l’émergence de l’une des technologies les plus utilisées au monde (
Presse Citron).
En mémoire de Gladys West, qui a utilisé Einstein pour créer le GPS (
Big Think).
Avant l'avènement de l'ère spatiale, le seul moyen de déterminer sa position était d'utiliser une carte et de faire correspondre le terrain où l'on se trouvait avec la carte indiquant l'endroit où l'on devait se trouver. Avec l'avènement des réseaux de satellites, plusieurs satellites survolant la Terre pouvaient désormais être visibles simultanément par un observateur, lui fournissant des données essentielles lui permettant de déterminer sa position. Toutefois, pour y parvenir, il fallait tenir compte des effets de la relativité restreinte et générale, ainsi que d'une connaissance précise et en temps réel des propriétés gravitationnelles en tout point de la surface terrestre. Voici comment la légendaire Gladys West a rendu cela possible.
Liens ajoutés le 27 janvier 2026
Parmi les
76 femmes scientifiques dont le nom va être inscrit sur la tour Eiffel, figure le nom d'Anita Conti, pionnière de l'océan qui dressa les premières cartes de pêche alors qu’on ne disposait dans l'entre-deux-guerres que de cartes de navigation
"Anita Conti, pionnière de l’écologie, sa vie en BD" (
TV5 Monde).
Anita Conti fut la première océanographe française. Elle fut aussi l'une des premières écologistes à une époque où la défense de l'environnement était loin d'être à la mode. Elle condamnait déjà des pratiques alors répandues, comme la pêche intensive et le gaspillage qui déciment les mers et les océans du monde.
Liens ajoutés le 9 février 2026
Louis Dall'Aglio, « Carte à la une. Des femmes dans l'exploration du Monde (Xe – XXe siècle) »,
Géoconfluences, février 2026.
À l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février, cette carte à la une revient sur le rôle des femmes dans l’entreprise de connaissance géographique du monde, et en particulier dans l’exploration occidentale.
« Les femmes cartographient le monde depuis des siècles – et aujourd'hui, elles prennent la parole pour les peuples exclus de ces cartes » (
The Conversation).
Melinda Laituri (Université d’État du Colorado) retrace l’histoire longue des femmes dans la cartographie. Elle montre comment leurs apports, longtemps invisibilisés, deviennent aujourd’hui centraux pour représenter des sociétés plus justes et inclusives. Les femmes cartographient le monde depuis des siècles – et aujourd'hui, elles prennent la parole pour les peuples exclus de ces cartes. Les femmes sont passées du statut de cartographes utilisant leur corps pour représenter des cartes à celui de dirigeantes façonnant le domaine de la cartographie. Des figures féminines sont mobilisées pour représenter les territoires. Des cartes anthropomorphes comme Europa Regina au XVIe siècle utilisent le corps féminin pour symboliser le pouvoir, la domination ou la vulnérabilité des États, révélant des rapports politiques et culturels au territoire. Sur le plan technique, les femmes contribuent très tôt. Dès le IVe siècle, une carte chinoise est brodée sur soie par une femme. À l’époque moderne, elles colorient, gravent et publient des cartes, souvent sous anonymat ou initiales pour masquer leur genre. Les ruptures viennent avec la guerre et la technologie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les « Military Mapping Maidens » produisent des milliers de cartes et développent la photogrammétrie. Plus tard, Evelyn Pruitt forge le terme télédétection et Gladys West contribue au GPS. Avec les SIG et les technologies numériques, l’accès des femmes à la cartographie s’élargit fortement depuis les années 1970. Formation, emploi et recherche deviennent plus accessibles, même si le secteur reste largement dominé par les hommes à l’échelle mondiale. De nombreuses données spatiales ignorent les besoins des femmes, en matière de santé, de sécurité ou de mobilités quotidiennes. Cette lacune renforce les inégalités, notamment lors des catastrophes ou dans la planification urbaine. Des réseaux comme African Women in GIS, GeoChicas ou Women in GIS cherchent à combler ces absences. En diversifiant les producteurs de cartes, la cartographie devient un outil de justice spatiale, capable de rendre visibles les populations longtemps laissées hors des cartes.
Articles connexes
L'Atlas de Woodbridge et la première carte des isothermes à l'échelle mondiale (1823)
La carte impossible (1947), un court métrage d'animation très pédagogique d'Evelyn Lambart pour montrer pourquoi les projections cartographiques sont trompeuses