Utiliser le tableau de bord du tourisme de l'UE


Le tableau de bord du tourisme de l'UE propose des visualisations interactives de données et des indicateurs pour étudier l'écosystème touristique européen. Son objectif principal est de «  promouvoir et de suivre les transitions écologique et numérique ainsi que la résilience socio-économique du tourisme européen, et d' aider les décideurs et les opérateurs du secteur à élaborer des politiques et des stratégies fondées sur des données probantes ».

1) Présentation du tableau de bord du tourisme de l'UE

La plateforme fournit un ensemble de descripteurs de base sur les caractéristiques des destinations touristiques en termes de demande, d'offre et de proposition touristique. Elle couvre tous les pays de l'UE, ainsi que l'Islande, la Norvège et la Suisse. Les indicateurs sont répartis selon trois piliers (environnemental, socio-économique et numérique). 

Lancé en 2022, le tableau de bord du tourisme de l'UE a été développé par la Commission européenne, suite à une demande des États membres de l'UE visant à concevoir un outil de suivi de la double transition et de la résilience de l'écosystème touristique. Ce tableau de bord est élaboré en coopération avec Eurostat et en coordination avec les États membres de l'UE. Il contribue à la trajectoire de transition pour le tourisme, fixée en collaboration avec les acteurs publics et privés du tourisme de l'UE afin d'identifier les axes d'action pour la transition écologique et numérique et pour l'amélioration de la résilience du secteur touristique dans l'UE. Le tableau de bord est constamment enrichi de nouveaux indicateurs. La prise en compte de facteurs supplémentaires, tels que le nombre de visiteurs à la journée dans les sites très touristiques, permettrait d'effectuer des analyses encore plus approfondies des impacts d'un tourisme déséquilibré.

2) Piste d'utilisation : la carte d'intensité touristique de l'UE

L'intensité touristique se calcule en divisant le nombre de nuitées dans les hébergements touristiques par la population résidente. Indicateur de la dépendance économique au tourisme, elle peut révéler un surtourisme, une pression accrue sur les ressources et une vulnérabilité aux fluctuations de la demande lorsque ses valeurs sont très élevées. À l'inverse, des valeurs très faibles signalent une faible activité touristique, possiblement due à la faible attractivité de la destination ou à un potentiel de développement touristique inexploité. Les destinations touristiques dont les valeurs de cet indicateur se situent autour de la moyenne de l'UE-27 sont considérées comme ayant une dépendance au tourisme plus équilibrée. Cet indicateur fait partie du pilier socio-économique.

Carte de l'intensité touristique dans l'UE au niveau infra-régional (source : Commission européenne)

La carte (carte interactive et données en ligne) illustre l'intensité touristique au niveau infra-régional. Les 100 destinations les plus touristiques affichent une moyenne de 44 nuitées par habitant, contre 6 nuitées en moyenne dans l'UE. La plupart de ces destinations se situent en Allemagne, en Grèce, en Italie, en France, en Espagne, en Autriche et en Croatie, généralement le long des côtes et dans les zones montagneuses de l'UE. Des pics de 115 à 145 nuitées sont enregistrés en Istrie (Croatie) et sur les îles de Corfou, Kalymnos, Karpathos, Kos et Rhodes (Grèce), ainsi qu'à Fuerteventura et Lanzarote (Espagne). Les pays nordiques présentent également des scores élevés en matière d'intensité touristique. Les destinations les moins touristiques se trouvent dans les pays d'Europe de l'Est.

Pour compléter : 

« Tourisme déséquilibré : quelles destinations européennes sont potentiellement vulnérables ?  » (Commission européenne). De nouvelles données issues du tableau de bord du tourisme de l'UE mettent en lumière des facteurs de risque potentiels tels qu'un nombre trop élevé de visiteurs, la saisonnalité et l'intensité du tourisme.

Batista e Silva, F., Marin Herrera, MA, Rosina, K., Barranco, R., Freire, S., Schiavina, M. (2018) « Analysing spatiotemporal patterns of tourism in Europe at high-resolution with conventional and big data sources » [Analyse des schémas spatio-temporels du tourisme en Europe à haute résolution à l'aide de sources de données conventionnelles et massives]. Tourism Management, 68. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S026151771830044X

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Météo-France renforce l’information infra-départementale de la Vigilance météorologique


Depuis 25 ans, le dispositif de Vigilance météorologique permet d'informer les citoyens, les médias et les pouvoirs publics des dangers météorologiques à venir. Ce dispositif évolue régulièrement, et en 2026, Météo-France franchit une nouvelle étape en introduisant une information géographique plus fine que le département pour les phénomènes Vent, Pluie-inondation, Orages, et Neige-verglas. La Vigilance, le dispositif d’avertissement sur les phénomènes météorologiques dangereux de Météo-France, intégrait déjà des informations infra-départementales pour les phénomènes Avalanches et Vagues-submersion. Cette possibilité s’étend dorénavant pour l'Hexagone et la Corse à quatre nouveaux phénomènes : Vent, Pluie-inondation, Orages, Neige-verglas.

Pour certaines situations météorologiques, il est désormais possible de mieux préciser au sein d’un département les secteurs géographiques concernés par les conditions météorologiques les plus sévères.

Deux niveau d'information par département et infra-départementale (source : MeteoFrance)


Le système actuel "avait clairement montré ses limites !", commente Sébastien Brana, du site @infoclimat. "La météo n’a que faire des limites administratives, cela fait dix ou quinze ans que la communauté météo attendait cette évolution. Cela demandera plus de travail aux prévisionnistes mais ils ont les outils pour le faire, avec des modèles météo aux mailles très fines. Il restera une part d’incertitude et il sera toujours impossible de dire, précisément, à quel endroit une tornade va survenir."  Reste à voir "comment cela va être décliné, en termes d’alerte, par les préfectures" (source : Le Paisien). 

Cette nouveauté est un outil supplémentaire d’aide à la décision pour les autorités de gestion de crise. Elles peuvent ainsi mieux localiser les zones exposées au danger les plus sévères, et adapter l’alerte et les moyens de secours. C’est aussi une avancée pour la prévention des risques et la sensibilisation des citoyens pour adopter les bons comportements lors d’événements météorologiques intenses.

Les travaux menés conjointement par Météo-France et Santé publique France visent à étendre l’information infra-départementale aux phénomènes Canicule et Grand Froid, à partir de l'été 2027. Cette extension tiendra compte notamment des spécificités des départements de montagne et des zones côtières.

L'information infra-départementale est disponible sur le site vigilance.meteofrance.fr (vue par phénomène) et sur l'application mobile Météo-France. Elle figure également sur la double carte de Vigilance, téléchargeable en version PDF depuis le site de Vigilance.

Comment accéder à l'information infra-départementale ? (source : MeteoFrance)

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Redessiner le monde pour mieux le comprendre : le pouvoir politique des contre-cartes


Source : Patty Heida, « Redessiner le monde pour mieux le comprendre : le pouvoir politique des contre-cartes » (The Conversation, 3 août 2026).

Patty Heyda (Washington University, Saint Louis) montre que les cartes façonnent autant qu’elles représentent les territoires. Le géographe Mark Monmonier rappelle qu’en sélectionnant l’information, le cartographe peut orienter la lecture du monde.  Une carte est donc un récit spatial autant qu’un outil d’orientation. Les gouvernements, entreprises ou empires choisissent ce qu’ils montrent et ce qu’ils taisent. En 1956, la carte routière de Shell consacrée à San Diego valorisait l’automobile tout en effaçant les transports publics. La cartographie peut aussi produire de l’exclusion. Dans les années 1930, les cartes américaines du "redlining" classaient comme risqués les quartiers afro-américains de presque toutes les grandes villes. Elles ont ainsi contribué à fermer l’accès au crédit immobilier et à la propriété. Patty Heyda propose l’inverse avec les "contre-cartes". 

Son Radical Atlas of Ferguson superpose des données rarement rapprochées pour rendre visibles les rapports de force. Près du lieu où Michael Brown fut tué en 2014, plusieurs firmes du Fortune 500 bénéficient d’aides publiques locales. Changer de données change aussi le regard porté sur un territoire. À Ferguson, les cartes classiques localisent vols et cambriolages dans les quartiers noirs. Heyda y ajoute les fraudes liées aux crédits subprimes de 2008. La géographie du "risque" se déplace alors vers les acteurs financiers. La recartographie révèle également des inégalités d’accès. Dans le quartier majoritairement afro-américain où Michael Brown fut tué, aucun bureau de vote n’est implanté. Une voie ferrée surélevée et un corridor fluvial compliquent en plus l’accès à l’hôtel de ville et aux autres bureaux. Les contre-cartes changent enfin d’échelle et de temporalité. Le cartographe Andrew Middleton reprend d’anciennes cartes routières de Shell et représente les routes que la montée du niveau marin pourrait submerger. Un même support relie mobilité, énergie fossile et changement climatique. L’étude au final montre que cartographier, c’est hiérarchiser des lieux, des données et des acteurs. En réintroduisant ce qui avait été omis, les contre-cartes dévoilent les inégalités, les exclusions et les pouvoirs politiques qui structurent les territoires. 

Extrait de la carte « L'île de la Tortue décolonisée : cartographie des noms autochtones à travers l’Amérique du Nord »
(source : The Decolonial Atlas - CC BY-NC-ND)

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