L'histoire par les cartes : une série de 14 films documentaires sur les cartes portulans (BNF)


La Bibliothèque nationale de France (@laBnF) et CNRS images présentent « Au cœur des cartes », une série de courts films documentaires sur les cartes portulans, ces cartes marines manuscrites sur parchemins, outils essentiels à partir du XVe siècle pour la maîtrise des mers et la diffusion des résultats des explorations européennes.

De la carte marine la plus ancienne connue – la Carte Pisane – jusqu’aux cartes hollandaises du XVIIe siècles, en passant par le somptueux Atlas Miller, quatorze cartes conservées à la Bibliothèque nationale de France sont présentées en détail et rassemblées dans cette galerie thématique.

Plus de 4 000 cartes anciennes sont accessibles par le moteur de recherche Gallica (avec un accès par continent et par siècle). Une page donne un accès direct aux portulans, globes et cartes du monde entier classés par région (Europe, France, Afrique, Amériques, Japon). A signaler aussi une belle exposition sur les cartes marines. Voir également les ouvrages et cartes de Jean-Dominique de Cassini.

Liens ajoutés le 22 avril 2024

Autre carte inspirée des portulans, la carte de Piri Reis (1513) dont on ne conserve que la partie montrant la frange atlantique de l'Europe et de l'Afrique. Sans indication de longitude, cette carte circulaire semble conçue sur un centre hypothétiquehttps://t.co/c6B7gAVbeP pic.twitter.com/ek6OVdEqGY
Lien ajouté le 27 juin 2024
Liens ajoutés le 25 mars 2026

« Copying-lineages of portolan chart metrics and implications of their pre-medieval origin » [Lignées de copie des métriques des cartes portulans et implications de leur origine pré-médiévale], International Journal of Cartography, "Incertainy in Cartography"volume 11, 2025, https://doi.org/10.1080/23729333.2024.2349974

Sept cartes et atlas portulans (dont la carte anonyme de Rex Tholomeus) réalisés entre 1311 et 1538 ont fait l'objet d'une analyse cartométrique. Les résultats indiquent que leur géométrie n'a pas été améliorée au fil du temps et que la précision des cartes de Pietro Vesconte (1311-1313) n'a jamais été surpassée. Ces cartes et atlas portulans semblent être des mosaïques composées de sous-sections, chacune présentant des métriques et des niveaux de précision variables, en moyenne deux fois supérieurs à ceux des zones méditerranéennes et de la mer Noire qu'elles couvrent (dans leur ensemble). Il est fort improbable qu'il s'agisse d'authentiques productions de la fin du Moyen Âge, ce que confirment également les sources historiques. Leur inclinaison antihoraire correspond bien à l'inclinaison de la ligne Gibraltar-Antioche sur les cartes modernes qui se rapprochent des projections de Ptolémée Ier et Ptolémée II centrées sur Gibraltar, ainsi qu'à l'inclinaison du méridien pour les régions de Gênes. Si les cartographes italiens de la fin du Moyen Âge avaient acquis une collection de cartes ou de plans antérieurs au Moyen Âge, il est théoriquement possible qu'ils aient pu obtenir la géométrie typique des cartes portulans en combinant graphiquement leurs copies manuscrites de cartes régionales à grande échelle en projection de Mercator ou de type Mercator, en utilisant comme modèle une carte à petite échelle en projection conique ou pseudoconique (sur laquelle la convergence des méridiens est affichée).

Roel Nicolai, « The origin problem of nautical cartography: the importance of evidence and method » [Le problème de l'origine de la cartographie nautique : l'importance des preuves et de la méthode], International Journal of Cartography, "Incertainy in Cartography", volume 11, 2025, https://doi.org/10.1080/23729333.2024.2352822

L'origine des cartes marines, ou cartes portulans, constitue le plus grand défi de l'histoire de la cartographie. Affirmer que les grandes questions ont trouvé réponse et que la recherche peut donc se concentrer sur les détails est infondé. L'opinion majoritaire considère encore les cartes portulans comme des créations médiévales. Bien qu'il n'existe aucune preuve historique étayant cette origine médiévale, des éléments la contredisant existent. En l'absence de documents historiques, l'analyse quantitative (cartométrique) est une technique relativement récente qui peut révéler de nouveaux faits concernant ces cartes. L'analyse cartométrique a montré que les cartes portulans sont des assemblages de cartes régionales précises. Ces dernières concordent étonnamment bien avec une carte moderne en projection de Mercator. Leur correspondance avec cette projection, ainsi que leur précision, sont incompatibles avec une origine médiévale. Ce constat soulève une énigme qui continue d'alimenter les débats sur ce sujet fascinant.

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