Étudier l'expansion de la Chine en Asie du Sud-Est à travers des cartes-caricatures


Les cartes humoristiques sont devenues assez courantes dans les médias et sur Internet. Le fil twitter ci-dessous donne des pistes de lecture concernant ces cartes-caricatures, que l'on retrouve souvent en illustrations dans les manuels scolaires. L'objectif est d'en décrypter les symboles et d'en donner une approche critique en confrontant les visions. A l'ère d'Internet et des réseaux sociaux, ces dessins humoristiques circulent de plus en plus. Ils renvoient souvent les uns aux autres dans un jeu de miroir complexe, de sorte qu'il n'est plus possible de les prendre isolément comme on le ferait dans un commentaire classique de document. L'expansion de la Chine en Asie du Sud-Est fournit un bon exemple pour étudier ces représentations et en dégager des visions géopolitiques.









Lien ajouté le 13 avril 2026

« Le soft power chinois illustré par les caricatures de China Daily : une esquisse de nouvel ordre mondial » (The Conversation).

Stéphane Aymard (Université de La Rochelle) analyse le soft power chinois à travers les caricatures du journal China Daily, organe lié au PC. Il montre comment ces images construisent une représentation du monde favorable à Pékin et participent à un projet d’influence globale. Diffusé à 900.000 exemplaires dont 600.000 à l’étranger, China Daily s’adresse à un public international. Les caricatures, environ 300 sur un an, constituent un outil visuel efficace pour toucher diplomates, expatriés et opinions publiques hors de Chine. Les dessins valorisent une Chine bienveillante, moderne et ouverte. Ils mettent en avant sécurité, innovations technologiques, tourisme et culture. Cette mise en scène construit une image attractive destinée à renforcer l’influence culturelle et politique du pays. À l’inverse, les États-Unis sont systématiquement dépeints négativement. Ils apparaissent comme brutaux, unilatéraux et en déclin. Cette opposition structure un récit géopolitique où la puissance américaine perd sa centralité au profit de la Chine. L’Europe et le Japon sont également critiqués. L’Europe est souvent représentée comme affaiblie, tandis que le Japon devient une cible récurrente. Cette hiérarchisation visuelle traduit une recomposition symbolique des rapports de puissance. Le commerce international occupe une place centrale. La Chine se présente comme garante du libre-échange face au protectionnisme. Elle apparaît comme un acteur stabilisateur dans une économie mondiale présentée comme menacée par d’autres puissances. Les enjeux environnementaux et éthiques sont mobilisés. Les caricatures évoquent climat, technologies ou société, en montrant une Chine responsable et soucieuse du bien commun. Ces thèmes universels renforcent la crédibilité du discours à l’échelle mondiale. L’ensemble dessine un nouvel ordre mondial centré sur la Chine. Cette stratégie de communication, à la frontière entre information et propagande, vise à influencer les perceptions globales et à affirmer la place de Pékin dans la mondialisation. 

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