Les cartes humoristiques sont devenues assez courantes dans les médias et sur Internet. Le fil twitter ci-dessous donne des pistes de lecture concernant ces cartes-caricatures, que l'on retrouve souvent en illustrations dans les manuels scolaires. L'objectif est d'en décrypter les symboles et d'en donner une approche critique en confrontant les visions. A l'ère d'Internet et des réseaux sociaux, ces dessins humoristiques circulent de plus en plus. Ils renvoient souvent les uns aux autres dans un jeu de miroir complexe, de sorte qu'il n'est plus possible de les prendre isolément comme on le ferait dans un commentaire classique de document. L'expansion de la Chine en Asie du Sud-Est fournit un bon exemple pour étudier ces représentations et en dégager des visions géopolitiques.
Les dessins de Nath Paresh reviennent souvent dans la presse. Il est caricaturiste au National Herald en Inde et ses dessins sont distribués aux États-Unis par Cagle Cartoons (vision indo-américaine)https://t.co/oBhjr725FB pic.twitter.com/0Z5oFEfwrB
— Sylvain Genevois (@mirbole01) May 22, 2023
Les parties du corps émergées du dragon correspondent aux îlots convoités par la Chine. Assez intéressant de voir ici Taiwan assimilé aux îles de la mer de Chine méridionale. La caricature de Nath Paresh est reprise par un journal japonaishttps://t.co/WR6AIpPtWQ
— Sylvain Genevois (@mirbole01) May 22, 2023
Evolution de la situation géopolitique et de la réprésentation des menaces : l'enjeu n'est pas seulement militaire, il concerne aussi les activités de pêche (allusion ici à la rivalité sino-vietnamienne + incapacité de l'ASEAN à réguler les conflits)https://t.co/DCnLfD0ZXl pic.twitter.com/IAUxyJamyN
— Sylvain Genevois (@mirbole01) May 22, 2023
A confronter avec des dessins humoristiques permettant de jouer sur d'autres stéréotypes que le dragon : la muraille de Chine ou encore le panda...https://t.co/CuvMqid7e9https://t.co/KUs8L5JFNU pic.twitter.com/8t4G1P83Nm
— Sylvain Genevois (@mirbole01) May 22, 2023
Les visions géopolitiques peuvent être intéressantes à décrypter à travers ces dessins humoristiques dès lors qu'on s'emploie à les contextualiser et en dégager des pistes d'interprétation en les confrontanthttps://t.co/fk0vWabFUShttps://t.co/JgC7zuvNNa pic.twitter.com/NW7KpEX1Uy
— Sylvain Genevois (@mirbole01) May 22, 2023
L'occasion de rappeler ce dessin satirique diffusé lors du G7 de 2021 où le sommet international était déjà accusé de vouloir réprimer la Chine. Voir la caricature et ses symboles décryptés sur ce sitehttps://t.co/745SlqBOkD
— Sylvain Genevois (@mirbole01) May 22, 2023
Tse Tsan-Tai a représenté chaque pays occidental par un animal pour en montrer la brutalité. Voir la lecture des symboles proposée par @Propagandopolis https://t.co/FvPq7xCB8B
— Sylvain Genevois (@mirbole01) September 17, 2023
L'artiste hongkongais exilé Ah To a mis à jour cette carte « Situation en Extrême-Orient » pour refléter les réalités de 2022. Il peut être intéressant de comparer les symboles pour montrer le renversement de la situation géopolitique un siècle aprèshttps://t.co/8c1lDDNv7P pic.twitter.com/mggBTjOdDE
— Sylvain Genevois (@mirbole01) September 17, 2023
"Le néo-colonialisme de la Chine revisité" (sic)
— Sylvain Genevois (@mirbole01) April 13, 2024
Avec à nouveau un dessin de Nath Paresh (CAI-NYT)https://t.co/brCorkikOt pic.twitter.com/kZqrEJYnvV
Lien ajouté le 13 avril 2026
« Le soft power chinois illustré par les caricatures de China Daily : une esquisse de nouvel ordre mondial » (The Conversation).
Stéphane Aymard (Université de La Rochelle) analyse le soft power chinois à travers les caricatures du journal China Daily, organe lié au PC. Il montre comment ces images construisent une représentation du monde favorable à Pékin et participent à un projet d’influence globale. Diffusé à 900.000 exemplaires dont 600.000 à l’étranger, China Daily s’adresse à un public international. Les caricatures, environ 300 sur un an, constituent un outil visuel efficace pour toucher diplomates, expatriés et opinions publiques hors de Chine. Les dessins valorisent une Chine bienveillante, moderne et ouverte. Ils mettent en avant sécurité, innovations technologiques, tourisme et culture. Cette mise en scène construit une image attractive destinée à renforcer l’influence culturelle et politique du pays. À l’inverse, les États-Unis sont systématiquement dépeints négativement. Ils apparaissent comme brutaux, unilatéraux et en déclin. Cette opposition structure un récit géopolitique où la puissance américaine perd sa centralité au profit de la Chine. L’Europe et le Japon sont également critiqués. L’Europe est souvent représentée comme affaiblie, tandis que le Japon devient une cible récurrente. Cette hiérarchisation visuelle traduit une recomposition symbolique des rapports de puissance. Le commerce international occupe une place centrale. La Chine se présente comme garante du libre-échange face au protectionnisme. Elle apparaît comme un acteur stabilisateur dans une économie mondiale présentée comme menacée par d’autres puissances. Les enjeux environnementaux et éthiques sont mobilisés. Les caricatures évoquent climat, technologies ou société, en montrant une Chine responsable et soucieuse du bien commun. Ces thèmes universels renforcent la crédibilité du discours à l’échelle mondiale. L’ensemble dessine un nouvel ordre mondial centré sur la Chine. Cette stratégie de communication, à la frontière entre information et propagande, vise à influencer les perceptions globales et à affirmer la place de Pékin dans la mondialisation.
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