Cartographie des initiatives mondiales en faveur des droits de la nature


Alex Putzer, John Cook & Ben Pollock (2025). « Putting the rights of nature on the map. A quantitative analysis of rights of nature initiatives across the world – Second Edition » [Mettre en carte les droits de la nature. Une analyse quantitative des initiatives relatives aux droits de la nature dans le monde – Deuxième édition], Journal of Maps, volume 21, 2025, https://doi.org/10.1080/17445647.2024.2440376

Cet article actualise une cartographie antérieure des initiatives mondiales en faveur des droits de la nature. Cette édition l'enrichit, non seulement en intégrant davantage d'initiatives, mais aussi en actualisant les moyens de documentation et d'illustration de ce mouvement en constante évolution. Ces ajustements sont le fruit de discussions avec des experts et des militants du monde entier. L'article montre que, malgré l'émergence continue de nouvelles organisations et initiatives, on observe des signes révélateurs de coalescence et de bureaucratisation conformément à la théorie des quatre étapes des mouvements sociaux de Blumer. De ce fait, des organisations majeures comme l’Alliance mondiale pour les droits de la nature (GARN) ou l’Earth Law Center (ELC) ont vu leur influence et leur rayonnement s’accroître. L’influence durable des premières initiatives pionnières se manifeste par l’utilisation récurrente d’expressions juridiques spécifiques, telles que le « droit au débit » des rivières ou le « droit à l’existence » plus général des écosystèmes. En analysant, interprétant et affinant les catégories, tout en présentant des informations plus détaillées et en préservant la concision et la clarté du texte original, les auteurs ont cherché à mieux représenter ce mouvement.

Les droits de la nature. Un mouvement en expansion (source : Putzer et al., 2025)

La collecte de données pour la carte initiale s'est achevée en juillet 2021. Depuis, le mouvement n'a cessé de prendre de l'ampleur. En mai 2024, 94 initiatives supplémentaires avaient été recensées, portant le total à 495, réparties dans 40 pays et territoires. Les Amériques restent en tête avec plus des deux tiers des initiatives (la répartition étant presque égale entre l'Amérique du Nord à 33,7 % et l'Amérique latine à 33,4 %, cette dernière étant susceptible de prendre la tête dans un avenir proche). 12,1 % des initiatives sont internationales. L'Europe représente 9,9 %, l'Océanie 6,3 %, l'Asie 3,4 % et l'Afrique 1,2 %. Sachant que plus de 80 % de la population mondiale vit en Asie et en Afrique, ces pourcentages particulièrement faibles révèlent un manque de recherche persistant concernant la documentation des alternatives non occidentales à la conception des droits de la nature.

Le jeu de données « Droits de la nature » est à télécharger au format CSV depuis le site de l’Eco Jurisprudence Monitor. EJM est une plateforme en ligne et en accès libre qui recense les initiatives relatives aux droits de la nature ainsi que des ressources connexes destinées aux militants, juristes, décideurs politiques et chercheurs.

Lien ajouté le 16 avril 2026

« Les droits de l'homme et les droits de la nature sont des piliers essentiels d'un développement véritablement durable 
» (The Conversation).

Dans ce contexte, l’approche fondée sur les droits humains et celle fondée sur les droits de la nature sont essentielles à un développement véritablement durable. Cela implique de reconnaître la nature – les écosystèmes et les entités naturelles – comme sujet de droit. Aujourd'hui, plus de 650 initiatives reconnaissant les droits de la nature ont été recensées. Sans ces approches, le système actuel exacerbe les inégalités et menace l'habitabilité de la planète. Il devient donc urgent que la communauté internationale en général, et les acteurs du développement en particulier, accordent la priorité absolue aux approches fondées sur les droits de l’homme et les droits du vivant dans la mise en œuvre du Programme 2030. Les droits de la nature sont de puissants leviers pour renforcer les droits de l’homme et vice versa, comme l’a récemment reconnu l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à travers l’adoption de plusieurs résolutions. C’est précisément ce qu’affirme la Décision de Kunming-Montréal sur la biodiversité (COP15) , qui appelle à agir pour soutenir la Terre Mère, c’est-à-dire à adopter une « approche écocentrique et fondée sur les droits, propice à la mise en œuvre d’actions visant à établir des relations harmonieuses et complémentaires entre les êtres humains et la nature, à promouvoir la durabilité de tous les êtres vivants et de leurs communautés, et à éviter la marchandisation des fonctions environnementales de la Terre Mère ».

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