Cartes et données sur la géographie de la délinquance à l'échelle communale


Source : Géographie de la délinquance à l'échelle communale - Interstats Analyse N°44 (1er mars 2022).

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie régulièrement des données sur les actes de délinquance commis par communes. La délinquance n’est pas répartie de manière uniforme sur le territoire métropolitain, selon les enregistrements effectués par les services de police et de gendarmerie pour dix grandes catégories de crimes et délits (dont 3 sur les atteintes aux personnes).

La carte du nombre de crimes et délits par catégories reflète principalement la carte des densités de population : un biais assez connu en cartographie statistique. 


En métropole en 2021, 1% des communes concentrent entre 50 % des cambriolages ou des coups et blessures volontaires intrafamiliaux et 85 % des vols violents sans arme. 46 des 50 plus grosses communes de métropole sont parmi les 100 les plus touchées par 9 ou 10 formes de délinquance étudiées. À l’inverse, 15 % des communes n’enregistrent aucun fait pour la sélection complète de 10 indicateurs.  42 % des communes n’ont enregistré aucun vol sans violence contre des personnes. Cette part monte à 95 % pour les vols avec armes. 

Rapporté à leur population, les communes de plus de 100 000 habitants sont plus exposées à la délinquance que les autres. Une loi rang-taille presque parfaite qui voudrait que l'insécurité soit proportionnée à la taille de la commune ? Dans le détail, des écarts intéressants à observer selon le type de délinquance comme le montre le graphique ci-dessous.




Les cambriolages sont répartis de manière relativement homogène entre les communes de différentes tailles. Paris se situe dans la moyenne nationale. De quoi relativiser un peu les discours sur l'insécurité urbaine touchant uniquement les grandes métropoles.



Pour télécharger les données

Liens ajoutés le 30 janvier 2026

Bases statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales (data.gouv.fr)

Afin de favoriser l’ouverture des données sur la délinquance et l’insécurité, le SSMSI met à disposition, 3 bases de données annuelles (communale, départementale et régionale) sur les principaux indicateurs des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie nationales, toutes les trois selon le lieu de commission. Ces bases ont vocation à être enrichies au fur et à mesure que les données pour d’autres indicateurs seront fiabilisées. Depuis janvier 2025, l’indicateur relatif aux tentatives d’homicides a été intégré à l’échelon départemental et régional. Depuis mars 2025, un indicateur relatif aux escroqueries et des amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants ont été ajoutés à l’échelon communal. Depuis juillet 2025, l’indicateur des « coups et blessures volontaires sur personne de 15 ans ou plus » a été remplacé par deux nouveaux indicateurs : les « violences physiques intrafamiliales » et les « violences physiques hors cadre familial ». Les données diffusées sont limitées aux communes pour lesquelles plus de 5 faits ont été enregistrés pendant 3 années successives. 

Atlas départemental de la délinquance enregistrée en 2025 (à télécharger en pdf, 165 Mo)

« Insécurité et délinquance en 2025 : une première photographie » (Ministère de l'Intérieur)

Dans le détail, les violences physiques repartent à la hausse (+5 %) en 2025 après une année de quasi-stabilisation (+1 %). L’évolution 2025 reste cependant inférieure à l’évolution en moyenne par an depuis 2016 (+8 %). Cette croissance est observée tant pour les violences intrafamiliales (+5 %) que celles commises hors cadre familial (+5 %). Dans le même temps, les violences sexuelles progressent nettement (+8 %), comme en 2024 (+7 %), mais en léger ralentissement par rapport aux dix dernières années (hausse d’en moyenne 11 % par an). Les viols et tentatives de viol enregistrés s’accroissent encore rapidement (+9 %). Sur l’année 2025, le nombre de victimes d’homicide augmente très légèrement (+1 %) pour s’établir à 982 victimes. Les tentatives d’homicide poursuivent leur progression (+5 %), mais avec un rythme de hausse inférieur à celui observé depuis 2016 (+8 % par an), et en ralentissement par rapport aux trois années précédentes. Les infractions liées aux stupéfiants progressent nettement en 2025, que ce soit pour l’usage (+6 %) ou le trafic (+8 %). Ces hausses confirment les croissances observées en 2024 qui s’expliquaient en partie par l’augmentation du nombre de mis en cause pendant les mois de juillet et août 2024, en lien avec la mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Ces augmentations s’inscrivent dans une tendance haussière observée depuis 2020 : + 14 % en moyenne par an pour l’usage de stupéfiants porté par la mise en place des amendes forfaitaires délictuelles et +7 % pour le trafic de stupéfiants. Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement poursuivent également leur hausse en 2025 (+8 %), s’inscrivant dans le rythme des hausses continues depuis 2016 (+7 % en moyenne par an), malgré une croissance ralentie en 2024 (+1 %). Les évolutions sur les vols sont contrastées. Si les vols avec armes diminuent nettement (‑7 %) en 2025, après plusieurs années de quasi-stabilité, les vols violents sans arme et les vols sans violence contre des personnes sont en légère hausse (+2 % chacun), après avoir baissé les deux années précédentes. Notamment, les vols violents sans arme augmentent pour la première fois depuis 2016. En 2025, 13 % des vols sans violence contre des personnes ont été commis dans les transports en commun. Les cambriolages de logement, les vols de véhicule, les vols dans les véhicules présentent des profils très similaires : après un creux observé en 2020 et 2021, le nombre de délits s’accroît pour ces indicateurs jusqu’en 2023/2024, et diminue en 2025. Sur la dernière année, les vols de véhicule et les vols dans les véhicules baissent nettement (‑9 % chacun), revenant à un niveau proche de celui observé pendant la crise sanitaire. Les cambriolages de logement baissent de 3 % en 2025. Les vols d’accessoires sur véhicule sont plus volatiles et diminuent très légèrement (‑1 %) en 2025, après une année de hausse (+4 %).

« Violences physiques en hausse, vols de véhicule en baisse : les chiffres contrastés de la délinquance en 2025 » (Le Monde).

"Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie une première « photographie » des infractions enregistrées par les services de police et de gendarmerie en 2025. La question est aussi ancienne que celle de la statistique : les chiffres donnent-ils à voir la réalité, en traduisent-ils seulement une fraction et, surtout, comment les interpréter ? La première « photographie » de la délinquance enregistrée en 2025 dessine les contours d’un bilan contrasté, dressé avec les précautions d’usage. Logiquement, ces données proviennent avant tout de l’activité des services de police et de gendarmerie et, plus particulièrement, des plaintes qui y sont déposées. Or, celles-ci n’offrent qu’une vision partielle de la masse des infractions véritablement commises. Ainsi, en matière de violences sexistes et sexuelles, le taux de dépôt de plainte n’atteint-il que 6 % d’après les estimations du SSMSI ; celui des violences physiques s’établit à 21 %."

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