Source : « Un mystérieux internaute trafique une carte open source en faveur de la Chine. La cartographie numérique comme champ de bataille politique » (Korii.slate.fr, 2 mai 2021)
"En novembre 2020, Nick Doiron a été interpellé par un article du New York Times détaillant, photos satellite à l'appui, comment la Chine avait construit un village le long de la frontière contestée avec le Bhoutan voisin. Afin d'en savoir plus, Nick Doiron s'est rendu sur OpenStreetMap, une plateforme de cartographie open source reposant sur les contributions de bénévoles, à l'instar de Wikipédia. Il a alors constaté que quelqu'un d'autre avait déjà documenté le village bien avant l'article du New York Times et que des détails vus nulle part ailleurs avaient été ajoutés..."
Pour en savoir plus : lire la suite de l'article
Cette tentative de "caviardage cartographique" à l'avantage de la Chine dans OpenStreetMap fournit un bon exemple de la manière dont la cartographie devient un champ de bataille politique. Mais cela laisse des traces comme le montre la source de l'article repris par Korii.slate.fr.
La source de l'article : The mysterious user editing a global open-source map in China’s favor (Rest of World).
Pour remonter à l'article publié dans le New York Times : Beijing Takes Its South China Sea Strategy to the Himalayas (New York Times)
Lien ajouté le 24 mars 2022
Levente Juhasz, Tessio Novack, Hartwig H. Hochmair & Sen Qiaop (2020). Cartographic Vandalism in the Era of Location-Based Games—The Case of OpenStreetMap and Pokémon GO [Le vandalisme cartographique à l'ère des jeux géolocalisés : le cas d'OpenStreetMap et de Pokémon GO], ISPRS Int. J. Geo-Inf. 2020, 9(4), 197, https://www.mdpi.com/2220-9964/9/4/197
Les données cartographiques générées par les utilisateurs sont de plus en plus utilisées par l'industrie technologique pour la cartographie en arrière-plan, la navigation et au-delà. Un exemple est l’intégration des données OpenStreetMap (OSM) dans des applications web et pour smartphones largement utilisées, telles que Pokémon GO (PGO), un jeu populaire pour smartphone en réalité augmentée. En raison de la popularité croissante d'OSM, le public mondial qui utilise OSM via des applications externes est directement exposé à des modifications malveillantes qui représentent du vandalisme cartographique. De nombreux rapports faisant état de vandalisme obscène et antisémite au sein de l’OSM ont fait surface dans les médias populaires au fil des ans. Ces nouvelles négatives liées au vandalisme cartographique mettent à mal la crédibilité des cartes générées en collaboration. De même, les fournisseurs de cartes commerciales (par exemple, Google Maps et Waze) sont également sujets au carto-vandalisme grâce à leur mécanisme de crowdsourcing qu'ils peuvent utiliser pour maintenir leurs produits cartographiques à jour. En utilisant PGO comme exemple, cette recherche analyse les modifications nuisibles dans OSM provenant des lecteurs PGO. Plus spécifiquement, cet article analyse les caractéristiques spatiales, temporelles et sémantiques du carto-vandalisme PGO et discute de la manière dont la communauté cartographique le gère. Nos résultats indiquent que les modifications les plus nuisibles sont rapidement découvertes et que la communauté détecte et corrige plus rapidement ces modifications nuisibles au fil du temps. Le carto-vandalisme lié aux jeux dans OSM s'est avéré être une activité sporadique à court terme de la part d'individus, tandis que la tâche de réparer le vandalisme est poursuivie de manière persistante par un groupe d'utilisateurs dédié au sein de la communauté OSM.
Lien ajouté le 13 septembre 2023
Ajout de noms non appropriés sur le projet controversé d’une nouvelle autoroute dans le Tarn (A69)
— Sylvain Genevois (@mirbole01) September 13, 2023
Un cas intéressant de détournement politique d'OpenStreetMap montrant l'importance des processus de validation de l'info géo dans la carto collaborativehttps://t.co/fmB7qxUN3t pic.twitter.com/Hmy402CFtN
Lien ajouté le 30 janvier 2024
OSM a introduit une limite de débit pour les nouveaux arrivants pour limiter le vandalisme cartographique
— Sylvain Genevois (@mirbole01) January 30, 2024
HeiGIT (Institut de Heidelberg sur les technologies de la géoinformation) a conduit une étude pour savoir d'où venaient ces tentatives de caviardagehttps://t.co/mlFNgozOtd pic.twitter.com/paYiauUPG8
Lien ajouté le 17 juin 2024
Suite à une série de vandalisme de grande ampleur, les fonds de carte produits par OpenStreetMap ont été impactés
— Sylvain Genevois (@mirbole01) June 20, 2024
Le fond France est le plus impacté. Les requêtes sont redirigées temporairement vers le fond internationalhttps://t.co/AYUkajlWSr
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