Journée mondiale de la population : 8 milliards d'habitants en 2022

"Atteindre une population mondiale de huit milliards est un jalon numérique, mais nous devons toujours nous concentrer sur les personnes. Dans le monde que nous nous efforçons de construire, 8 milliards de personnes signifient 8 milliards d'opportunités de vivre une vie digne et épanouie." (António Guterres, secrétaire général de l'ONU)

En 1989, le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a recommandé de faire du 11 juillet la Journée mondiale de la population. Cette journée, issue de la Journée des cinq milliards, célébrée le 11 juillet 1987, a pour objet d’appeler l’attention sur l’urgence et l’importance des questions de population, notamment dans le cadre des plans et programmes généraux de développement et sur la nécessité de trouver des solutions.

La population de la Terre va dépasser les 8 milliards d’habitants en novembre 2022 selon le nouveau rapport de l’ONU sur la population mondiale. Selon le département onusien auteur de la prévision, la population mondiale croît actuellement à son rythme le plus lent depuis 1950. La population mondiale pourrait atteindre malgré tout 8,5 milliards en 2030 et 9,7 milliards en 2050. Un possible pic à environ 10,4 milliards de personnes pourrait être atteint dans les années 2080 avant un maintien à ce niveau jusqu'en 2100. Alors qu'une chute nette de la fécondité est constatée dans plusieurs pays dits développés, l'augmentation de population attendue dans les prochaines décennies sera concentrée pour plus de la moitié dans huit pays. Il s'agit de la République démocratique du Congo, de l'Egypte, de l'Ethiopie, de l'Inde, du Nigeria, du Pakistan, des Philippines et de la Tanzanie. Le Covid-19 a provoqué une surmortalité de 14,9 millions d’individus en 2020 et en 2021.

Le rapport publié par l'ONU s'appuie sur les perspectives démographiques de 2019. Il comprend de nombreuses données et cartes accompagnées de graphiques. Il permet de montrer différents scénarios de prévision par région d'ici 2100. 

Pour compléter

Tableau de bord de la population mondiale sur le site du Fonds des Nations Unies pour la population

Fichiers de données sur la population sur le site du Département des affaires économiques et sociales

Comprendre l'imperceptible. Agir pour résoudre la crise oubliée des grossesses non intentionnelles (rapport de l'UNFPA)

Lien ajouté le 18 novembre 2022


Lien ajouté le 12 juillet 2024

Lien ajouté le 7 février 2026

Christophe Guilmoto et Alain Vaguet, « L’Union Indienne, première population de la planète », Espace populations sociétés, hors-série 2 | 2025, http://journals.openedition.org/eps/16335

Le démographe Christophe Guilmoto (IRD) et le géographe Alain Vaguet (Université de Rouen) analysent la trajectoire démographique de l’Union indienne. Ils montrent comment l’Inde devient la 1ère population mondiale tout en restant marquée par de fortes inégalités spatiales et sociales. Avec environ 1,4 milliard d’habitants en 2024, l’Inde dépasse la Chine. Sa population a été multipliée par quatre depuis 1947. Cette croissance massive n’a pas bloqué le développement économique, mais elle s’accompagne de vulnérabilités sanitaires, sociales et nutritionnelles persistantes. La répartition de la pop est très contrastée. La moitié des Indiens vit sur 1/4 du territoire, surtout dans les plaines fertiles du Nord. La densité moyenne atteint près de 485 habitants/km², avec des records dans la plaine du Gange, contre des espaces peu peuplés au Rajasthan ou au Cachemire. La transition démographique indienne est lente et progressive. La mortalité baisse fortement depuis un siècle, faisant passer l’espérance de vie d’environ 25 ans au début du XXe siècle à 70 ans aujourd’hui. La fécondité diminue régulièrement mais sans rupture brutale. La croissance démographique ralentit. Le taux d’accroissement est proche de 1%, soit environ 10 millions d’habitants supplémentaires par an. La fécondité nationale est passée sous le seuil de renouvellement, mais la jeunesse de la population maintient la hausse jusqu’au milieu du siècle. L’urbanisation progresse mais reste modérée. Environ 31% des Indiens vivent en ville. Les grandes métropoles comme Delhi dépassent 30 millions d’habitants, tandis que la moitié des urbains vit dans des villes de moins de 100.000 habitants, révélant une urbanisation diffuse et inégale. Les conditions sanitaires se sont améliorées mais restent très inégales. La mortalité infantile est 12 fois plus faible au Kerala qu’au Bihar. La pandémie de Covid-19 a révélé ces fragilités avec plus de 4 millions de décès estimés, malgré une population globalement jeune. Le pays bénéficie d’un bonus démographique. La part des adultes en âge de travailler augmente fortement et atteindra un pic vers 2030. Cependant, ce potentiel est limité par le faible taux d’activité féminine, autour de 28%, bien inférieur à celui de l’Asie orientale. Les mobilités internes st importantes mais surtout locales. Près de 500M de personnes sont concernées par des migrations de courte distance, souvent liées au mariage ou au travail saisonnier. Les migrations interna concernent environ 32M d’Indiens, surtout vers le Golfe et l’Amérique du Nord. La démographie indienne se caractérise par une forte inertie. Les projections prévoient un pic autour de 1,7 milliard d’habitants vers 2065, puis un lent déclin. Les enjeux futurs sont surtout régionaux, opposant un Sud plus riche mais vieillissant à un Nord jeune et très peuplé. 

Articles connexes

Cartes et données sur la population mondiale (Population & Sociétés, 2024)