Adapt’Canicules. Identifier les vulnérabilités des quartiers populaires face aux canicules


Le site Adapt’Canicules permet d'analyser le risque caniculaire des quartiers prioritaires de la politique de la ville pour 137 agglomérations de l’hexagone. Développée par RésO Villes, l'application permet d’évaluer la vulnérabilité aux canicules et d'identifier les priorités d’actions à engager sur les quartiers les plus fragiles.

Quelles sont les vulnérabilités des populations ?

Pour comprendre comment se répartissent les vulnérabilités des populations à la canicule dans un territoire urbain, le site identifie les facteurs de vulnérabilité suivants. On pourrait en choisir d'autres, mais ils sont tout de même assez pertinents (ils figurent en tous les cas parmi les données carroyées à 200m de l'INSEE) :

  • La pauvreté,
  • Les enfants en bas âge (0-3 ans),
  • Les plus de 65 ans et la situation résidentielle,
  • Les conditions de logement.

Est-ce que l’environnement urbain est favorable en cas de canicule ?

Si l’exposition d’un territoire au risque est inégale, est-ce que ses différents secteurs fournissent des qualités d’environnement et de proximité d’équipements qui peuvent aider à minimiser ou accompagner les habitants lors de fortes chaleurs ? Les auteurs ont cherché à analyser pour chacun des territoires si l’environnement urbain est favorable en cas de canicule, en ce qui concerne en particulier :

  • Le couvert arboré
  • L’accessibilité à des lieux extérieurs source de fraîcheur
  • L’accessibilité à des lieux de soin
  • La proximité à des lieux d’information
  • L’accessibilité à des lieux intérieurs frais

Le croisement des indicateurs de vulnérabilité sociale et environnementale permet d’obtenir un indicateur synthétique (voir le détail de la méthodologie avec les différents indicateurs utilisés).

Une cartographie interactive est proposée pour les risques caniculaires, pour l'instant disponible pour les agglomérations suivantes :

Ressources complémentaires
Lien ajouté le 9 décembre 2025

« Webinaire : Face au changement climatique, quelles stratégies d’adaptation dans les QPV ?  » (Youtube).

Le Réseau national des Centres de ressources Politique de la ville (RNCRPV) a proposé un webinaire sur les stratégies d’adaptation pour les Quartiers prioritaires de la ville face au changement climatique. Il s'est tenu le 3 décembre 2025. Dans un contexte où les « impacts » sociaux du changement climatique sont de mieux en mieux identifiés (exposition aux pollutions, îlots de chaleur, inondations, feux de forêts…), les acteurs du champ du social sont amenés à intégrer des stratégies d’adaptation dans les mesures de prévention et de lutte contre les inégalités. Ainsi, des outils et des analyses multifactorielles sont développés pour caractériser les vulnérabilités spécifiques des quartiers prioritaires face au changement climatique et prioriser l’action publique. À partir de ces constats, des solutions d’adaptation fondées sur la nature sont développées. Celles-ci découlent d’un accompagnement global des territoires.
Le replay de ce webinaire s’adresse aux acteurs de la politique de la ville, de la transition écologique, aux bailleurs sociaux et aux associations. Il permet de partager les avancées, analyses, questionnements, besoins sur ce sujet et de contribuer à préciser les enjeux et conditions de développement de politiques d’adaptation au changement climatique des quartiers prioritaires.


Lien ajouté le 7 février 2026

Zekun Li et al., « Évaluation de l’équité sociale et des risques liés à la chaleur urbaine grâce à l’apprentissage automatique d’images de télédétection : une étude de cas à Pittsburgh », Sustainable Cities and Society (2026). https://phys.org/news/2026-02-pittsburgh-links-dark-roofs-roads.html

Des chercheurs analysent à travers l'exemple de Pittsburgh comment la couleur, le matériau et la répartition des surfaces urbaines influencent l’intensité de la chaleur et la distribution sociale des risques climatiques. Ils montrent que les choix d’aménagement façonnent les inégalités environnementales. L’étude montre que 55% de la ville est couverte de surfaces imperméables. Toits, routes et parkings représentent l’essentiel, et 52% de ces surfaces sont sombres. Cette dominante matérielle modifie fortement le bilan thermique urbain. Les températures de surface estivales atteignent des niveaux extrêmes. Le maximum observé dépasse 68,5°C dans des quartiers industriels peu végétalisés. À l’inverse, les zones boisées restent proches de 18°C, illustrant l’effet refroidissant de la végétation. Les quartiers historiquement marqués par le redlining sont plus exposés. Ils comptent 12,6% de surfaces sombres en plus et sont en moyenne 2,6°C plus chauds l’été. L’héritage des politiques urbaines passées pèse encore sur les conditions climatiques locales. L’analyse statistique précise les mécanismes. Chaque augmentation de 1% de surfaces sombres élève la température de surface estivale d’environ 0,18°C. À l’inverse, 1% de surface végétalisée réduit la température moyenne de près de 0,19°C. Les auteurs croisent données thermiques et indice de vulnérabilité sociale. Les corrélations sont modestes mais réelles. Les zones les plus chaudes concentrent davantage de populations socialement vulnérables, révélant une inégalité socio-climatique diffuse à l’échelle urbaine. La méthode mobilise l’imagerie satellitaire haute résolution et l’apprentissage automatique. Elle permet de classer les surfaces en catégories simples. Surfaces sombres, claires ou végétalisées. Ce langage opérationnel facilite le passage de la science à l’action publique. La lutte contre les îlots de chaleur passe par des choix matériels ciblés. Réduire les surfaces sombres et renforcer la végétation peut atténuer la chaleur et corriger des inégalités héritées. Les surfaces urbaines deviennent un levier de justice climatique.

Articles connexes

Ilots de chaleur et inégalités urbaines en France


Cartographier les inégalités en France à partir des données carroyées de l'INSEE