Quand on parle de "tournées mondiales" pour des groupes ou des artistes qui se produisent à l'échelle internationale,
voici ce qu'il en est sur un planisphère.
L'auteur de cette carte (kyrychenko17roman), qui l'a déposée sur le forum DataIsBeautiful, a utilisé les données de Wikipedia. Il a recensé 355 "world tours" et plus de 200 artistes musiciens. Il livre ses données au format CSV (plus de 22 000 points géoréférencés, puis regroupés par lieux).
Cette carte par points met en évidence la place prépondérante des pays développés (Europe, États-Unis, Japon, Australie...) au détriment de l'Amérique du Sud, de
l'Afrique et du reste de l'Asie. Les grandes villes mondiales (Londres,
Paris, New York, Tokyo...) arrivent en tête dans l'histogramme à plat
qui accompagne la carte.
On peut supposer que les billets de concert représentent un coût trop élevé pour être accessibles aux populations dans les pays en développement. Les artistes
eux-mêmes hésitent parfois à se produire sur des scènes
éloignées ou dans des salles de concert de moindre importance. Quand un chanteur chinois entame une tournée mondiale, il s'agit généralement de la Chine, de Taïwan, de Hong Kong, des grandes villes d'Asie du Sud-Est et de quelques grandes villes américaines.
L'auteur dit avoir voulu chercher des données "objectives" pour vérifier si la vision du monde véhiculée par la carte suivante (plutôt stéréotypée) correspondait véritablement à la réalité.
L'auteur dit avoir voulu chercher des données "objectives" pour vérifier si la vision du monde véhiculée par la carte suivante (plutôt stéréotypée) correspondait véritablement à la réalité.
Bien que destinée à initier une approche critique, la data visualisation What does "World tour" means ? n'est pas sans comporter des biais. Il
est probable que le terme de "worldtour" ait été cherché en anglais et
finalement que la carte donne à voir uniquement les spectacles donnés en
anglais, à l'exclusion des autres langues (ce qui expliquerait la présence de l'Australie assez bien représentée). Il est utile dans ce cas d'aller consulter la source des données. Se pose aussi la question de
la valeur des points jaunes qui regroupent plusieurs concerts.
Lien ajouté le 30 mars 2020
Lien ajouté le 15 octobre 2020
Combien de fois Metallica s'est produit dans chaque pays ?
— J'adore les cartes (@IFckingLoveMaps) 17 septembre 2020
Source : https://t.co/LBZdokggP3 pic.twitter.com/TW03o2NS1c
Lien ajouté le 20 janvier 2021
Les lieux du tourisme et des loisirs vus à travers les images postées sur Panoramio
Deux cartes par interpolation (#heatmaps) sur les lieux du tourisme mondial et les lieux plus reculés à partir d'images Panoramio (avec fichier kml à télécharger). A consulter sur le site d'Ahti Heinla (World Touristiness Map)
Lien ajouté le 15 décembre 2021
30. Métamatographie ou cartographie métal-llica ? 😉 Performances live de Metallica de 1982 à 2018 🎸… et rien d’autre ne compte… #30DayMapChallenge #QGIS pic.twitter.com/0VnufGoplg
— Evelyn (@evelynuuemaa) 30 novembre 2021
Lien ajouté le 30 septembre 2022
Une carte des villes les plus mentionnées dans les paroles de chansons (source : Music Mapped par le voyagiste Celebrity Cruises). "De Joséphine Baker à Orelsan, quand les chanteurs sont géographes" (Géographie à la carte)
Lien ajouté le 10 novembre 2022
Une carte dessinée à la main par Harold, le père de Brian May, détaillant la première tournée européenne du groupe Queen en 1974 https://t.co/jmL5BRkFB6 #MapPorn pic.twitter.com/FoUpQlOlqE
— MapPorn (@MapPornTweet) 14 octobre 2022
L'utilisation du jet privé par Taylor Swift en 2023 pic.twitter.com/F23E85VUGm
— Brilliant Maps (@BrilliantMaps) 23 juillet 2024
Lien ajouté le 5 janvier 2026
[DOSSIER] Rétrospective 2025 Découvrez les cartes préférées de nos cartographes, qu'ils ont réalisé en 2025. ➡️ La carte du jour : Le Monde de #TaylorSwift
— Légendes Cartographie (@legendescarto96.bsky.social) 11 janvier 2026 à 12:00
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Liens ajoutés le 31 mars 2026
« Avec la venue de Céline Dion à Paris, la ville devient un produit dérivé de ces mégaconcerts » (Le Monde)
Le géographe Rémy Knafou, spécialiste du tourisme (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) analyse les mégaconcerts comme un cas d’hypertourisme. Il montre comment ces événements transforment les villes en produits touristiques mondialisés, concentrant flux, capitaux et images. Le phénomène repose sur une double concentration : spatiale, dans des lieux emblématiques comme Paris, et temporelle, avec des séries de concerts sur quelques semaines. Les données illustrent cette logique. 180000 spectateurs pour Taylor Swift à Paris en 2024, dont un tiers d’étrangers et 20% d’Américains. Les mobilités internationales deviennent centrales, organisant des flux massifs vers quelques métropoles mondialisées. Ces événements génèrent des retombées économiques importantes. À Munich, les concerts d’Adele ont rapporté 540 millions d’euros. À Paris, 450000 spectateurs sont attendus pour Céline Dion, confirmant le rôle des grandes villes comme pôles d’économie touristique. Mais cette attractivité repose sur une mise en scène. Les lieux patrimoniaux, comme la tour Eiffel, deviennent des supports promotionnels. La ville est mobilisée comme décor global, ce qui interroge la marchandisation des biens communs urbains. Le modèle économique repose aussi sur la rareté artificielle. Billetterie limitée, tirages au sort et forte médiatisation créent un désir mondial. Cette logique, portée par des plateformes globales, structure une véritable industrie du spectacle touristique. Rémy Knafou souligne également les limites environnementales. Faire venir des centaines de milliers de spectateurs génère des mobilités aériennes massives, en contradiction avec les objectifs climatiques. L’hypertourisme accentue ainsi les tensions entre économie et écologie. Ces mégaconcerts illustrent une nouvelle phase de mondialisation touristique. Les villes entrent en compétition pour capter ces flux, au prix d’une intensification des pressions économiques, sociales et environnementales sur les espaces urbains.
« Céline Dion à Paris : un cas d'école de l'hypertourisme » (Rémy Knafou sur Linkedin). L’annonce incontournable de la prochaine venue de Céline Dion à Paris illustre le fonctionnement de l’hypertourisme contemporain :
• L'événement lui-même (10 concerts sur une durée d’un mois) constitue une dramaturgie planétaire du lieu : Paris n’est pas seulement choisie en raison de la capacité d’accueil record de Paris-La Défense Aréna en Europe (jusqu’à 45 000 places), mais est convoquée comme décor mondial, comme signe absolu de prestige et d'universalité. La tour Eiffel, privatisée le temps de reportages, devient un écran publicitaire géant pour un événement commercial. Le lieu est instrumentalisé au service d’un spectacle à dimension planétaire.
• La logique de la résidence, sur le modèle initié il y a plusieurs décennies à Las Vegas, concentre les flux sur un point unique et fait pleinement participer l’événement à l’économie du tourisme. Les artistes les plus renommés à l’échelle mondiale se contentent de plus en plus de quelques séries de méga-concerts vers lesquels convergent des spectateurs du monde entier (180 000 spectateurs pour les 4 concerts de Taylor Swift à Paris, en 2024). 450 000 spectateurs sont espérés à Paris, avec les concerts de Céline Dion et la ville devient un produit dérivé des concerts avec, à la clé, de très importantes retombées économiques touristiques, estimées à plusieurs centaines de millions d'euros. Inutile de rappeler que faire voyager les spectateurs plutôt que les artistes ne contribue pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
• La rareté artificielle comme moteur de désir mondial : l’annonce hyper-médiatisée de ces concerts (avec tirages au sort pour avoir le droit d’acheter un billet) crée délibérément une pénurie pour maximiser le désir, le prix et la portée médiatique mondiale de l'événement. Ce tourisme y apparaît comme une industrie du désir lié à une mise en scène mondialisée.
On peut citer également l'exemple de résidence de Shakira qui, en Europe, a choisi Madrid avec 11 concerts du 18 septembre au 11 octobre 2026 dans une installation temporaire, le stade Shakira, financé par Iberdrola (LaguiaGo).
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