
Le procédé de l'« imitation de carte » (map imitation) a été étudié par Sacha Schlumpf et ses collègues. Voir cet article :
Schlumpf, S., Gartner, G., Engelhardt, Y., and Lennox, J. (2024). Space as a Metaphor – Design Guidelines and Evaluation of Map Imitation [L'espace comme métaphore – Lignes directrices pour la conception et l'évaluation de l'imitation de cartes], Abstr. Int. Cartogr. Assoc., 7, 146.
L'imitation de carte est un type de visualisation de données où les données sont affichées sur une visualisation ressemblant à une carte. Bien que des imitations de cartes existent depuis le XVIIe siècle, les exemples d'imitations de cartes complètes sont rares. L'inspiration de cette recherche est l'atlas d'Hermann et Leuthold (2003). Aucune imitation de carte complète n'a jamais été testée dans une étude utilisateur, bien qu'il existe des recherches sur des couches individuelles d'imitations de cartes (Hogräfer et al., 2020). Par imitation complète, on entend une visualisation avec plusieurs couches et éléments visuels d'une carte conventionnelle. Par conséquent, cette recherche contribue au domaine en fournissant une procédure pour la production d'une imitation de carte complète, ainsi qu'en testant la perception et la compréhension de l'utilisateur. En raison de l'absence d'un terme commun, une nouvelle définition de l'imitation de carte est donnée. Dans cette recherche, l'imitation de carte est définie comme une visualisation de type carte utilisant des données non géospatiales, créée à partir de données individuelles sur des coordonnées non géospatiales, mais conçue pour ressembler à une carte à l'aide d'éléments cartographiques.
Hermann, M., & Leuthold, H. (2003). Atlas der politischen Landschaften. Ein weltanschauliches Porträt der Schweiz. Vdf Hochschulverlag Ag.
L'Atlas des paysages politiques examine les mentalités politiques régionales en Suisse. Il montre le pays dans une perspective nouvelle et inhabituelle. Les villes, régions et villages sont présentés comme des paysages politiques dans un système de coordonnées idéologiques. Entre les pôles "gauche", "droite", "libéral" et "conservateur", ils se situent comme des "îles", des "montagnes" et des "fossés" et montrent quelles sont les valeurs entre la ville et la campagne, les régions industrielles et touristiques ou Zones germanophones et francophones. C'est ainsi que vous pouvez créer une carte politique de la Suisse. Une partie introductive explique comment les facteurs économiques et culturels influencent la formation des valeurs et comment, au cours de la mondialisation, de nouvelles différences de mentalité émergent tandis que d'autres disparaissent. Dans des portraits approfondis, toutes les caractéristiques des cantons sont décrites et comparées les unes aux autres. "Pourquoi les Franches-Montagnes agricoles sont-elles positionnées à gauche, alors que l'arrière-pays industrialisé de Glaris est positionné à droite ?" ou "Pourquoi l'écart entre l'Argovie et Zurich se creuse-t-il alors que le Mittelland se rapproche ?" sont des questions qui seront explorées. Voir un aperçu de l'atlas sur Google Books.
Atlas politique de la Suisse (Office fédéral de la statistique)
L'Atlas politique de la Suisse contient tous les résultats des élections au Conseil national depuis 1919 et des référendums fédéraux depuis 1866.
« Yachts, SUV, entreprises polluantes… Les ultra-riches aggravent la crise climatique à une vitesse inédite » (Vert).
Lien ajouté le 12 janvier 2026
« Pollucrates. En dix jours, les 1 % les plus riches ont épuisé leur budget carbone pour 2026 » (Libération).
L’ONG Oxfam alerte que dès aujourd'hui, 10 janvier 2026, les 1% les plus riches ont épuisé leur budget carbone annuel. Ils émettent en moyenne 75 t de CO2 par an, contre 2,1 t compatibles avec l’objectif climatique. Les émissions des ultra-riches sont 37 fois supérieures au seuil soutenable, en raison de modes de vie très carbonés et d’investissements dans les énergies fossiles. Pour rester sous +1,5°C, leurs émissions devraient chuter de 97% d’ici 2030. L’exemple de Bernard Arnault illustre cet écart extrême. Avec plus de 8.000 t de CO2 par an, son budget carbone est épuisé dès le 1er janvier... Oxfam appelle à taxer fortunes, super-yachts, jets privés et grandes entreprises polluantes.
Lien ajouté le 29 janvier 2026
Le « carbofascisme », un néologisme discuté pour décrire des politiques autoritaires climaticides (Le Monde).
Claire Legros analyse l’usage du néologisme carbofascisme pour qualifier des politiques autoritaires et climaticides. Elle explore ses origines ses usages militants et ses limites pour comprendre les liens entre pv, énergie fossile et trajectoires politiques. Le terme apparaît en 2018 sous la plume de l’historien Jean-Baptiste Fressoz. Il sert à désigner un axe autoritaire et climatosceptique, illustré par Trump ou Bolsonaro, où nationalisme politique et dépendance aux énergies fossiles se renforcent. Ces régimes illibéraux partagent plusieurs traits spatiaux. Priorité donnée à l’extraction, hostilité aux politiques climatiques, répression des mouvements écologistes. Le territoire est pensé comme un réservoir de ressources au service d’une souveraineté énergivore. Des politistes comme Bruno Villalba soulignent toutefois les limites du concept. Trump ou Bolsonaro ne correspondent pas aux critères historiques du fascisme. Surtout, l’expression masque le fait que les démocraties sont elles aussi profondément carbonées. L’article rappelle que les sociétés démocratiques reposent sur des infrastructures énergétiques fossiles. Mobilité, consommation et production inscrivent le carbone dans le quotidien. Les émissions ne relèvent pas seulement d’oligarchies, mais d’un modèle social partagé. Stéphane François insiste sur la dimension nationaliste de ces politiques. Défense de modes de vie énergivores, hiérarchisation des populations à protéger, marginalisation de l’écologie face à la souveraineté économique et identitaire. Le terme "carbofascisme" a une force mobilisatrice. Mais il simplifie une réalité plus structurelle. Les politiques illibérales apparaissent comme une radicalisation d’un modèle démocratique déjà fondé sur l’abondance énergétique. L’analyse invite à penser le climat comme un fait géographique systémique. Le carbone traverse tous les régimes politiques. L’ouvrage "Sans transition" de Jean-Baptiste Fressoz éclaire ces fragilités énergétiques et les menaces qu’elles font peser sur les démocraties.
Lien ajouté le 31 mars 2026
Mallick, B., van den Berg, J., Best, K. et al. « Inherited inequalities: intergenerational gender norms and the non-migration of women in a changing climate » [Inégalités héritées : normes de genre intergénérationnelles et non-migration des femmes dans un contexte de changement climatique]. Humanit Soc Sci Commun 13 , 373 (2026). https://doi.org/10.1057/s41599-026-07094-2
Des chercheurs analysent les liens entre climat, genre et mobilité. Leur travail montre que face aux risques environnementaux, la décision de rester sur place ou partir ne dépend pas seulement du danger, mais aussi des normes sociales héritées. En 2024, 45,8 millions de déplacements internes sont liés aux catastrophes. Pourtant, une partie importante des populations reste. Cette immobilité n’est pas aléatoire. Elle dépend des rôles sociaux, qui répartissent différemment les capacités à partir selon le genre. Dans plusieurs régions exposées, les femmes restent plus souvent sur place. Elles assurent les tâches domestiques, s’occupent des enfants ou des personnes âgées. Ces responsabilités quotidiennes limitent concrètement leur capacité à quitter un territoire en crise. Ces situations s’expliquent aussi par une transmission entre générations. Les normes de comportement, apprises dans la famille, façonnent durablement les choix. Les filles reprennent souvent les pratiques et les contraintes vécues par leurs mères. Les données montrent des écarts marqués face aux risques. Lors du cyclone de 1991 au Bangladesh, 90% des 140.000 morts étaient des femmes. Leur présence au domicile et leur rôle familial expliquent cette exposition plus forte au danger. Rester sur place n’est pas toujours un choix libre. Certaines personnes souhaitent partir mais ne le peuvent pas. D’autres choisissent de rester, par attachement au lieu ou par devoir familial. Les situations combinent contraintes sociales et décisions individuelles. Le cadre IGEN proposé permet de comprendre ces logiques. Il montre que mobilité et immobilité dépendent à la fois des ressources disponibles, des normes sociales et des expériences transmises dans le temps, au sein des familles et des territoires. ’étude met ainsi en évidence que face au changement climatique, tous ne disposent pas des mêmes possibilités d’adaptation. Les trajectoires de mobilité s’inscrivent dans des contextes sociaux qui structurent différemment les réponses aux risques.
Articles connexes
Calculer le bilan carbone de nos déplacements aériens
Un indice de vulnérabilité infranational (SGVI) pour les pays à revenu faible et intermédiaire
La France est-elle préparée aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050 ?Etudier la vulnérabilité environnementale et sociale en Amazonie colombienne à travers un outil de cartographie en ligne
Cartographier les arbres. Entre visions esthétiques et enjeux environnementaux
